Décembre était arrivé, apportant avec lui ses flocons de neige qui firent la joie de nombreux étudiants. Cela signifiait également que les vacances de Noël approchaient à grands pas, un soulagement pour tous. En effet, les sixième année étaient débordés de travail et même Albus, qui avait l'habitude d'avoir plusieurs longueurs d'avance sur tous ses camarades, commençait à ramer sérieusement. La majorité des conversations était donc tournée vers le temps neigeux qui avait fait son arrivée, laissant une couche de plusieurs centimètres de poudre blanche dans le parc, et les devoirs qui plombaient le moral de tous.

Juliet, Rose et Albus avaient donc perdu tout le temps libre qu'ils avaient et qui ne leur permettait pas de mener leur petite enquête, au plus grand plaisir de Juliet. Cette dernière s'était réjouie que ses amis aient enfin eu une autre préoccupation que leur liste d'ingrédients. Elle fut même soulagée en voyant Albus courir se rendre à la bibliothèque ou à la suite d'un professeur pour lui accorder un délai pour l'un de ses devoirs. Et cela la convainquait qu'il était plus concerné pour lui-même que pour les Lloyd, ou pour leur dispute.

Pour Juliet, les journées étaient bien remplies également : après une journée de cours parsemée d'heures passées à la bibliothèque, elle avait un jour sur deux une séance de Quidditch qui se révélait un peu plus désastreuse à chaque fois, ses soirées consistaient soit au travail avec Rose et Albus, tous les trois cachés derrière d'énormes piles de livre en salle commune, soit en l'apprentissage de sortilèges jusqu'à des heures tardives avec Cameron. Même elle, qui avait moins de mal à se lever le matin que Victoria ou Rose, devait lutter contre ses paupières qui se fermaient toutes seules après avoir été réveillée par leur réveil matinal.

Pendant ces quelques jours, Rose et Albus avaient appris à éliminer les noms « James Potter » et « Aaron Lloyd » de leur vocabulaire s'ils ne voulaient pas assister à une crise d'arrachage de cheveux de la part de Juliet. Leur amie devenait très irritable en la présence de l'un ou de l'autre et en cette période de surmenage, les deux cousins prenaient des pincettes en choisissant leur sujet de conversation pendant leurs repas. Il était même arrivé à Rose de calmer Juliet en lui disant à quel point Cameron lui apparaissait presque sympathique face à toutes ces personnes qui se révélaient cette année. Et Juliet devait bien admettre que Cameron était un bon dérivatif à son stress.

Cette nouvelle semaine avait également permis de répandre la nouvelle concernant Rebecca Morris. L'assistante de Rusard avait beaucoup fait parler d'elle : certains garçons venaient exprès à la bibliothèque dans l'unique but de la regarder tandis que les filles s'extasiaient devant sa garde robe si exotique. Juliet ne savait toujours pas si elle devait s'en méfier, elle la croisait tous les jours dans l'antre de Pince, mais il lui était arrivé de presque se retrouver nez à nez avec elle à trois heures du matin en rentrant d'un de ses cours particuliers avec Cameron. Cette situation ne lui plaisait pas et Juliet la trouvait un peu trop perspicace à traîner autour de la tour de Gryffondor.

— C'est qui ? Andrea ? demanda Fred au petit déjeuner en se penchant au dessus de l'épaule de Juliet.
— Sans aucun doute, sa chouette me regarde toujours avec son air impérieux, regarde, lui répondit-elle en désignant du menton la chouette couleur sable de sa soeur.

Fred acquiesça lentement, pas certain de remarquer ce que Juliet reprochait à l'animal, puis il se tourna vers ses amis tandis que Juliet s'empressait de décacheter son enveloppe sous le regard peu amène de la chouette posée sur une miche de pain. A côté, Albus était inlassablement suspendu à ses fiches de potions qu'il avait rédigé des semaines auparavant, en attente de son examen. Rose quant à elle était calme et détendue, ses mains entourant son mug de chocolat chaud, elle fixait d'un oeil rêveur la neige tomber du faux plafond de la Grande Salle. Déjà pas très enthousiaste à la perspective de la journée qui l'attendait, le moral de Juliet s'enfonça un peu plus au fur et à mesure de sa lecture.

Visiblement, Andrea s'était faite deux amies à Beauxbâtons, Jessica et Schéhérazade, mais à cela s'ajoutait la fatigue suite aux essais à la clinique et leur cousine démoniaque. Valentine était une peste, ce n'était pas nouveau. Cependant, les années avaient passé et ses défauts de petite fille pourrie gâtée s'étaient accentués. Résultat, elle était la coqueluche de l'académie française et tout le monde était à ses pieds, et personne ne devait faire exception. Juliet n'était pas surprise, d'autant plus qu'elle avait perdu son autre cousin dans son entreprise. Damien était tombé sous la sphère malveillante de Valentine et c'était le plus grand regret de Juliet.

En repensant à Damien, Juliet eut un pincement au coeur. Il avait longtemps été le seul à la comprendre et à se sentir différent dans cette famille où tout se devait d'être irréprochable. Pourtant, leurs points communs ne les avaient pas empêché de ne plus se voir qu'aux soirées mondaines ou repas familiaux obligatoires, et si Juliet et Damien ne s'étaient plus vraiment adressé la parole depuis le départ de la jeune fille à Poudlard. Elle percevait la mélancolie dans le regard de son cousin autant qu'elle la ressentait. Et malheureusement, l'attitude de James à son encontre lui avait rappelé cette sombre histoire.

Alors quand Albus lui avait clairement dit qu'elle avait été sous la coupe de James depuis qu'elle était entrée à Poudlard, Juliet l'avait très mal pris. Tout ce qu'elle entreprenait, elle le faisait pour elle et non pas pour suivre un gourou. Oui, elle ne pouvait pas le nier, James avait été un exemple pour elle quand elle hésitait à dire qu'elle aimait le vol sur balais, que partir explorer une partie inconnue du château lui procurait des frissons de plaisir. A onze ans, James avait représenté pour Juliet le grand-frère qui l'entraînait dans ses plans pas toujours très sûrs, mais elle s'en fichait, puisqu'elle aimait ça.

Et puis, s'il ne l'avait pas forcée à venir avec lui dans ce verger chez les Weasley, elle ne serait probablement pas considérée comme la Poursuiveuse la plus douée de Poudlard. La gamine qu'elle était alors n'avait rien à regretter, quoiqu'en pensait Albus aujourd'hui. Après tout, lui aussi avait ses tords. Il ne pouvait pas la juger alors qu'il s'était lui-même rendu ridicule à vouloir prouver à tout le monde qu'il était digne d'être le fils de Harry Potter.

Soudain, l'arrivée d'une autre chouette l'arracha de ses souvenirs pour l'intriguer un peu plus. La chouette hulotte qui lui apportait une nouvelle lettre appartenait à l'école et de toutes les lettres qu'elle recevait, aucune d'entre elles ne provenait de Poudlard en général. Sa curiosité attisée, Juliet prit la lettre et l'oiseau s'envola presque aussitôt, donnant au passage un coup d'aile malheureux au bol de céréales de Fred.

Bonne chance pour cet après-midi.

Oblige-le à te donner un Optimal, pour moi.

Cameron

Juliet se retint de sourire niaisement. Elle s'était donné énormément de mal à travailler ses sortilèges informulés et bien qu'elle ne réussisse pas à chaque fois à les exécuter à la perfection, elle s'était améliorée de jour en jour. La fatigue s'accumulait, bien sûr, mais rien ne valait la joie qu'elle ressentait en lançant un sortilège sans avoir à prononcer la formule à haute voix. Et puis, Cameron était un très bon professeur. Juliet se demandait comment il avait pu l'aider en quelques semaines alors qu'elle avait pataugé pendant des années. Quelque part, elle se disait qu'il lui faisait prendre confiance en elle...

Les joues légèrement roses, elle le chercha du regard à la table des Serpentard où, sans surprise, il ne se trouvait pas. A la place, William Leighton la gratifia d'un sourire entendu. Finalement, Rose, Juliet et Albus quittèrent la Grande Salle pour se rendre à leur cours de défenses contre les forces du Mal, Juliet toujours dans ses pensées.

— Par le slip liberty de Merlin, Juliet ! s'exclamait Rose en sortant de leur cours de métamorphose, dans l'après-midi. Tu lui as carrément cloué le bec, à ce Lloyd ! Je t'en prie, continue de passer autant de temps avec Cameron !

Juliet eut un sourire contrit : elle était certainement heureuse d'avoir réussi son examen pratique, mais à côté, voir les yeux exorbités de son professeur lui avait fait peur sur le coup.

— Ouais, grogna Albus en traînant des pieds, c'est quoi son secret ? Pourquoi tu réussis avec lui et pas avec nous ?
— Je ne sais pas, admit Juliet en haussant les épaules. Mais c'est le résultat qui compte, non ? Allez, Albus, tu sais très bien que sans ton aide, je n'aurais jamais eu assez de BUSE pour passer en année supérieure...

Juliet appuya ses propos d'un petit coup dans son épaule et fut soulagée de constater qu'Albus avait quitté sa petite moue vexée. Intérieurement, elle jubilait tandis que les trois amis se quittaient à nouveau pour se rendre à leur cours respectif. Tout en pensant à Cameron, un vague sourire sur les lèvres, elle empruntait machinalement le chemin la menant à la salle de divination. Arrivée à sa destination sans encombre, elle se rappela un peu trop tard qu'elle n'avait pas fait attention à ce qu'elle faisait et qu'elle aurait très bien pu tomber sur les affreux de Poufsouffle. La semaine passée, son application à ne jamais se retrouver seule dans les couloirs de l'école avait plutôt bien marché : tout ce qu'elle avait récolté était les regards noirs de ces derniers à l'heure du diner un samedi soir.

— … c'est impressionnant, déjà, racontait Kenny Clarks, avachi sur sa chaise. Un Malefoy qui suit le cours d'étude des moldus, ça doit hérisser le poil de tous les ex-mangemorts, si vous voulez mon avis. Et maintenant, j'ai entendu dire que Weasley et lui s'assoient ensemble pendant ce cours, vous vous rendez compte ?

Assis au fond de la classe de divination, lui, Juliet, Victoria et Barbara tentaient d'établir des prédictions à l'aide de leurs précédentes cartes du ciel, mais c'était sans compter Kenny, qui passait son temps à pérorer sur tout Poudlard en dessinant une armée de mini-trolls sur son parchemin. Même Victoria, qui adorait les cancans, semblait être agacée par son compère de toujours qui ne faisait aucun effort pour l'aider. De leur côté, Juliet et Barbara avaient déjà ouvert quatre livres, posé une dizaine de questions au professeur Trelawney et la Serdaigle ne comptait plus le nombre de fois où elle redressait ses lunettes du bout de son nez.

— Juliet, t'en penses quoi toi ? Rose est ta meilleure pote, non ?
— Tu ne veux pas travailler, un peu ? répondit Juliet, un doigt posé sur sa carte tandis qu'elle écrivait de l'autre main, une ride de concentration entre les deux sourcils.
— Pas vraiment, non, soupira Clarks, je suis persuadé que la réponse c'est que Jupiter me rend agressif.
— N'importe quoi, commenta Barbara Hopkins sans lui accorder le moindre regard. Qu'est-ce-que tu fais ici, Clarks ?

Juliet tenta d'oublier la présence de Kenny alors qu'il continuait ses spéculations concernant Rose. Cependant, Juliet savait ce qu'il en était. Rose appréciait Scorpius Malefoy parce qu'il ne la jugeait pas par rapport à ses parents. Certes, ils se parlaient plus que les années précédentes, mais Rose lui avait confié il y quelques jours qu'ils s'étaient découvert de nombreux communs : bien que leurs parents ne soient pas connus pour la même raison, ils en avaient tous les deux souffert à leur façon et partager leur point de vue avait apporté beaucoup de bien à Rose.

En débarquant à Poudlard, Juliet ne connaissait pas la mauvaise réputation des Malefoy, ni ce pourquoi Scorpius avait été la cible de moqueries. Avec regret, Juliet se souvenait très clairement de James qui avait même été l'un des premiers instigateurs de ce mouvement anti-Malefoy. Les gens avaient eu tendance à le juger pour les actions de sa famille et avant qu'on ait appris à le connaître, seule Andrea s'était approchée de lui, elle aussi rejetée par ses pairs. Au contraire, Rose avait tout de suite été acceptée par ses camarades, on avait même cherché à se rapprocher d'elle uniquement car elle était la fille de Ron et Hermione Weasley.

Quoiqu'il en soit aujourd'hui, Rose et Scorpius étaient devenus amis, partageant bien plus qu'un chocolat ou une table au cours d'étude des moldus. Mais ça, Kenny Clarks n'avait pas besoin de le savoir.

Le cours se termina enfin avec les bavardages incessants de Kenny et même après les avoir salué, Juliet croyait encore percevoir les bourdonnements de sa voix dans sa tête. Puis, Barbara s'enquit une nouvelle fois de comment allait Albus et Juliet se retrouva seule. Comme par habitude, elle se dirigea vers la bibliothèque. Elle avait une heure de libre avant son cours de botanique et avec le travail qu'elle avait, se coucher une heure plus tôt serait plutôt un signe encourageant.

Cependant, c'était sans compter un autre type de bourdonnement que Juliet aurait pu oublier ces derniers jours. Cinq septième années débouchèrent du couloir en face d'elle et avec horreur, Juliet constata qu'elle n'avait aucun moyen de prendre la fuite. Plantée raide comme un piquet au milieu du corridor, Juliet fut prise de panique.

— Hardy ! s'exclama Cruikshank avec un large sourire. Ta cheville va mieux ?
— Ça en a tout l'air en tout cas, ajouta une autre en s'avançant vers la Gryffondor. Tiens, tiens... pas de Cameron Lloyd à l'horizon. T'aurait-il abandonnée lui aussi ?
— Je ne suis pas seule, dit Juliet entre ses dents, essayant de garder son sang froid.
— Ce n'est pas ce que je vois, reprit la Poufsouffle, suivie de ses amis. Tu sais, passer ton temps avec Lloyd ne va que t'éloigner des autres, tu t'en rends compte ? Oh oui, il te défend, mais quand il n'est pas là, qui vole à ton secours ? Hein, qui ?
— Personne, acheva Mia Cruikshank, quinze jours plus tôt.
— Elle n'est pas seule, figurez-vous.

Les Poufsouffe, surpris, tournèrent simultanément leur regard derrière Juliet quand la voix masculine se fit entendre. Et en se retournant, Juliet fut presque soulagée de trouver Kenny Clarks et Victoria Finnigan, baguette à la main, l'air décidés à en découdre. Victoria s'avança alors et lança un bref regard sévère à Juliet avant de s'adresser aux septième années.

— Vous n'êtes pas les seuls à être loyaux les uns envers les autres, dit-elle froidement.
— Et tu crois que trois petits sixième années feront le poids contre nous ?
— Oh que oui ! Et je sais aussi certaines choses à ton sujet qui feraient friser tes si beaux cheveux… ou te faire virer de ton équipe, la défia Victoria, baguette levée.
— C'est ce qu'on verra ! répliqua la Poufsouffle en dégainant sa baguette magique.

Cette dernière fut instantanément suivie de ses amis, rendant la situation aussi ridicule que dans un autre moment que celui-ci, Juliet en aurait rit volontiers. Bientôt rejointe par Kenny Clarks, elle sortit elle-même sa baguette, plus pour accompagner ses camarades que pour autre chose. Trop reconnaissante pour l'avouer à voix haute, elle ne voulait pas se défiler une nouvelle fois. Victoria envoyait des regards noirs aux Poufsouffle, prête à bondir au moindre signe d'attaque.

Mais au moment où la tension montait à son comble entre les Poufsouffle et les Gryffondor, une voix les rappela à l'ordre derrière les cinqs étudiants alignés les uns à côté des autres :

— Que se passe-t-il ici ?

Juliet fut la première à voir de qui il s'agissait et telle ne fut pas sa surprise quand, bouche bée, Audrey Collins s'avança vers eux.

— Qu'est-ce-que vous faites, là ? Kelly ? Mia ? demanda Collins, ahurie, dont le regard faisait des aller-retours entre Mia Cruikshank et Juliet.

La dénommée Kelly rabaissa aussitôt son bras quand Collins l'eut interpellée. Interdite, elle la fixait comme une petite fille venant de commettre une énorme bêtise. Entre eux, Victoria et Kenny échangèrent un regard empli d'incompréhension.

— Tout va bien, Audrey. On réglait juste quelques différents, se justifia faiblement Kelly.
— Des différents qui la concernent ? persiffla Collins, les mains sur les hanches.
— On a voulu t'aider, tu sais, dit Mia sur un ton défensif.

Audrey plissa les yeux, mécontente, puis se détourna de ses amis pour s'intéresser à Juliet qui tenait toujours sa baguette dans sa main moite. Elles se défièrent quelques instants du regard avant que la Poufsouffle ne se détache du groupe de ses amis en s'approchant des sixième années. Tout en ne brisant pas leur contact visuel, Audrey Collins s'arrêta en face de Juliet.

— Il faut qu'on parle. Tes gardes du corps me donnent leur permission ? demanda-t-elle d'un ton mauvais en désignant Victoria et Kenny d'un mouvement de tête dédaigneux.

Juliet, incapable de voir une autre solution à celle directe d'une confrontation entre elle et Collins, ne put qu'acquiescer sans dire un mot. C'était sûrement mieux comme ça, au lieu de subir les coups bas de ses amis qui apparemment n'agissaient que de leur propre chef et qui n'avaient même pas parlé de cette fâcheuse histoire à leur soit disant meilleure amie.

Alors Juliet esquissa un léger sourire de remerciement à Victoria tandis qu'elle tournait les talons, immédiatement suivie de Audrey Collins, la fille qui lui avait valu de nombreuses larmes plus d'un mois auparavant. Elle ne savait pas ce qu'elle voulait bien lui dire, surtout que James et elle n'étaient plus ensemble désormais. Quand elles entrèrent toutes les deux dans un couloir adjacent, Juliet se força à paraître sûre d'elle, malgré le fait qu'Audrey Collins l'intimidait bien plus qu'elle ne se l'admettait.

— Alors, lança enfin Juliet d'une voix froide. Vas-y, lâche-toi, dis ce que tu as à dire, je sais que tu en meurs d'envie.

Audrey haussa les sourcils, puis croisa les bras, l'air impénétrable.

— Te présenter des excuses est au delà de mes forces, avoua-t-elle sombrement. Et je crois bien que même en essayant, je n'arriverais jamais à t'apprécier. Mais je ne peux pas te coller ma rupture sur le dos.

Adossée contre le mur, Juliet n'en revenait pas. Où était passée la Poufsouffle jalouse et prête à tout pour garder James près d'elle ? Cette fille, devant elle, qui admettait qu'elle n'était pas complètement la cause de leur séparation ne pouvait pas s'appeler Audrey Collins.

— Je ne suis pas au courant de ce que mes amis t'ont fait, continua Collins sur le même ton plat, mais rassure-toi, tu ne les verras plus.

En remarquant l'absence de réaction de la Gryffondor, Audrey lui lança un dernier regard dénué de toute émotion et fit demi-tour, sans rien ajouter.

— C'est tout ? s'étonna Juliet sous elle ne savait quelle impulsion.
— Que veux-tu que je te dise ?
— Oh, j'en sais rien, répondit Juliet en reprenant de la vigueur. Tu as quand même passé des années à m'insulter pour être amie avec James. Aujourd'hui, tu as enfin l'occasion de te venger de moi et tu... tu fais comme si rien ne s'était passé ?
— Parce que tu préfères qu'on se batte et que tu finisses à l'infirmerie ? Encore ? Crois-moi, ce n'est pas l'envie qui manque. Je crois que je t'en voudrais toujours d'être restée aussi proche de lui quand j'avais besoin de lui, en entier. Et je n'ai jamais eu toute son attention.
— Qu'est-ce-que tu veux dire ?

Audrey Collins la détailla de haut en bas, la jaugeant sans qu'elle ne montre ce qu'elle pensait réellement.

— Laisse-tomber, Hardy. File le parfait amour avec Lloyd et ne m'adresse plus la parole, on s'en sortira aussi bien l'une que l'autre.

Et elle s'en alla.


— Elle n'a rien dit de plus ? s'étonna Rose, sa plume en sucre dans la main.

Juliet secoua la tête, l'air grave. Elle avait eu beau remuer dans tous les sens sa conversation avec Collins le reste de la journée, elle n'arrivait pas à comprendre pourquoi la septième année avait paru si résignée, elle qui avait mis tant d'efforts à lui mener la guerre pendant toutes ces années. Et visiblement, en voyant la mine stupéfaite de Rose quand elle le lui avait raconté, elle n'était pas la seule à être surprise du comportement flegmatique de la Poufsouffle. Ce n'était pas la première fois qu'on lui reprochait sa relation avec James, mais l'entendre de la part de Collins prenait une toute autre dimension.

— Et toi, tu en penses quoi ? demanda Rose à Albus, assis dans le fauteuil à côté d'elles.

Albus haussa les épaules sans lever les yeux vers elle, se contentant de poursuivre la traduction de ses Runes anciennes comme s'il n'avait pas été interrompu. Juliet et Rose échangèrent un regard entendu : Albus avait été anormalement silencieux alors que décrypter les gens était une de ses spécialités. Malgré tout, Juliet ne chercha pas à insister. Leur conversation qu'ils avaient eu à propos d'elle et de son modèle James était encore de l'ordre du tabou et elle n'avait aucune envie qu'Albus remette le sujet à l'ordre du jour. Ni Albus, ni Juliet n'avaient fait part de leur dispute à Rose.

Les deux filles se remirent au travail à la lumière tamisée de la salle commune de Gryffondor. Elles étaient arrivées tôt après le dîner et ainsi elles avaient pu bénéficier de la meilleure place de la salle commune : auprès de la cheminée. Fatigué, Albus s'était écroulé à leurs côtés un peu plus tard après qu'il soit rentré de son club d'échec. Et en ce temps frais et neigeux, les couloirs de l'école étaient bien trop glaciaux pour s'y attarder. Le petit plaisir de Juliet, Rose et Albus était donc de se blottir auprès du feu de cheminée crépitant de leur pièce favorite tout en regardant la neige tomber au dehors.

Un peu plus tard dans la soirée pourtant, Juliet et Cameron avaient prévu de se rejoindre et ce court moment de bien-être serait bientôt remplacé par un autre sentiment de satisfaction. En attendant, Juliet essayait tant bien que mal de prendre de l'avance dans son travail. Étrangement, les professeurs semblaient s'être donné le mot pour les surcharger avant les vacances prévues dans un peu moins de trois semaines et cela les empêchait de pouvoir se réjouir de la neige dans le parc. Car Juliet l'avouait elle-même, faire des batailles de boules de neige avec ses amis était une de ses activités favorites.

— J'en ai maaarre, se plaignit soudain Rose en lâchant sa plume et son parchemin sur le sol. Je crois que je vais aller me coucher.
— Hé, Rose ! l'interpella Hugo, quelques mètres plus loin accompagné de quelques quatrième années. Si t'as fini, tu veux bien venir ? Nat ne sait pas quoi offrir à Lily pour Noël, on a besoin de l'avis d'une fille ! Aux dernières nouvelles, t'en es une, nan ?

Rose, blasée, rangea lentement ses affaires sous le regard amusé de Juliet. Puis elle lui souhaita une bonne soirée avec un clin d'oeil et traîna des pieds en direction de son petit frère. Juliet en avait également assez de passer des soirées à travailler comme une malade, aussi se permit-elle de s'octroyer une petite pause à observer les alentours. Il n'était pas très tard et le couvre-feu était à peine dépassé, ce qui signifiait que c'était l'heure de pointe chez les Gryffondor.

Comme tous les jours, toutes les places assises étaient occupées, la rumeur des conversations faisait vaguement penser à celle de la Grande Salle, les tintements des couverts en moins. Au brouhaha ambiant s'ajoutaient les objets qui volaient d'un point à un autre, une sixième année qui passait son temps à chanter et qui était persuadée de percer dans le monde de la musique une fois sortie de Poudlard et des petits groupes se lançaient parfois des défis, qui entraînaient très souvent des grands cris d'acclamation dans chaque clan. Ce soir, les filles de troisième année affrontaient les garçons de la même année et leur défi consistait à garder en bouche le plus grand nombre de Chocogrenouilles sans les mâcher.

Le nez froncé, Juliet se détourna du spectacle du garçon qui était en train de recracher une petite dizaine de Chocogrenouilles frétillantes à même le sol. Rapidement, elle tomba sur James, légèrement à l'écart de son groupe d'ami, qui jouait d'un air distrait avec sa baguette magique. Juliet ne lui avait pas adressé la parole depuis le fameux diner où il lui avait clairement dit qu'il ne voulait plus la voir.

En plus de ses paroles vexantes, James s'était mis à n'assister qu'à un entrainement de Quidditch sur deux. Fred tentait autant que possible de le remettre sur la bonne voie, mais apparemment, il avait du également subir ses foudres et il avait finalement laissé Macmillan lui faire la morale, le menaçant même de le virer de l'équipe s'il continuait à prendre les séances d'entraînement à la légère.

Poussant un profond soupir, Juliet se détourna de lui pour tomber sur Albus, dont le regard perçant la fixait, son attention détournée de ses runes.

— Un problème ?
— Aucun, répondit-il simplement avant de se remettre à sa traduction.

Toujours aussi suspicieuse à propos de ce qu'Albus pouvait bien penser, Juliet se remit elle aussi à la rédaction de son devoir, sachant que dans une heure, son esprit serait bien loin de toutes ses préoccupations actuelles.


Le souffle coupé, Juliet s'était plaquée contre le mur, derrière une armure. Pétrifiée à l'idée de se faire attraper alors qu'elle venait de sortir de la salle commune de Gryffondor, elle regarda passer Rebecca Morris, le nez dans son livre. Quand enfin elle tourna à l'angle du couloir, elle s'autorisa à reprendre sa respiration. Depuis quelques temps, la moindre rencontre malheureuse la terrorisait : l'idée de se retrouver à nouveau menacée par Maisie, de tomber seule à seul face à Aaron Lloyd ou même de se faire lâchement attaquer par les Poufsouffle lui faisait tellement peur qu'elle avait honte de se prétendre Gryffondor.

Les mains tremblantes, Juliet reprit son chemin en longeant les murs et portraits au passage, attentive à la moindre présence. L'époque où elle se montrait insouciante sans prendre de précaution semblait révolue : à chaque hululement de chouette ou apparition soudaine de fantôme, Juliet se retenait de hurler tellement elle était prise au dépourvu. Et ce type de comportement ne correspondait pas du tout à celui qu'elle avait adopté les années précédentes.

— Juliet !

La jeune fille sursauta, son coeur faisant un bond dans sa poitrine. La silhouette de Cameron se découpa dans l'obscurité tandis qu'il sortait d'une tapisserie. Soulagée, Juliet tenta vainement de calmer les battements erratiques de son coeur, sa frayeur ajoutée à la joie de retrouver son Serpentard favori ne jouant en sa faveur.

— Tu m'as fait peur, lui reprocha Juliet dans un murmure presque inaudible. Je croyais qu'on devait se rejoindre dans la salle habituelle ?
— On ne va pas travailler ce soir, lui confia-t-il tout bas. On a mérité une pause, tu ne crois pas ? Mais on ne peut pas rester ici, en montant j'ai croisé Rusard qui traînait à l'étage du dessous. Suis-moi.

Sans se poser de questions, Juliet s'engouffra dans le passage secret à la suite de Cameron. L'escalier étroit dissimulé menait à l'étage inférieur, ils furent tous les deux extrêmement prudents lorsqu'ils débouchèrent dans le couloir du quatrième étage qui donnait sur la bibliothèque. Juliet jura même avoir entendu des voix quand Cameron la prit par la main, jugeant qu'elle ne marchait pas assez vite à son goût. Pourtant, en tournant à l'angle du couloir, Juliet fut certaine d'avoir vu deux personnes qui débarquaient de l'autre côté. Loin d'être les seuls à se balader dans le château ce soir-là, Juliet se contenta de suivre Cameron en lui faisant confiance.

Au bout de plusieurs minutes de course silencieuse, le Serpentard s'arrêta enfin devant une grande fenêtre, l'air très intéressé par ce qui se trouvait au dehors.

— Méfie-toi des hiboux, lui conseilla Cameron tout à coup en se détournant de la fenêtre.
— Pourquoi ?

Cameron l'ignora avant de repartir à grands pas. Juliet s'empressa de le suivre, réellement intriguée par ce qu'il venait de lui dire. Mais le jeune homme ne s'arrêta qu'une fois avoir passé une nouvelle porte et alla s'asseoir sur le rebord d'une fenêtre. Juliet se demanda vaguement si cet endroit était fiable et qu'aucun professeur ne risquait de les surprendre, mais ce couloir délaissé et dont toute la façade était couverte de fenêtre se présentait plutôt paisible à première vue. Alors Juliet s'assit à côté de Cameron, interrogative.

— Tu ne t'es jamais demandée pourquoi mon père ne s'était jamais montré sous sa forme d'animagus ? Ça me semble assez évident pour un professeur de métamorphose.

Juliet tomba des nues : en première année, certains élèves de sa classe l'avaient interrogé à ce sujet et Aaron Lloyd leur avait répondu qu'il voulait préserver son secret, nourrissant ainsi l'admiration d'un bon nombre de ses étudiants. L'idée de connaître sa forme d'animagus était progressivement sorti de l'esprit de la jeune fille au fil des années. Ainsi, il pouvait se transformer en hibou à volonté ? Réprimant des frissons dus à la fraîcheur des lieux et pas seulement, Juliet resserra son écharpe rouge et jaune autour de son cou.

— Pratique, hein ? soupira Cameron en sortant un paquet de cookies de la poche de sa cape.

Songeuse, Juliet médita ces révélations en grignotant un de ces biscuits.

— Depuis cette affaire avec ta soeur, reprit Cameron en émiettant un cookie, j'ai l'impression qu'il a redoublé de prudence concernant ses projets personnels. Et il commence à faire peur à Maisie.
— Comment ça ? s'étonna Juliet en s'efforçant d'imaginer une Maisie Lloyd craintive - sans succès. Je suis certaine que Maisie n'a jamais peur de rien, même un épouvantard reculerait devant elle.

Cameron arrêta d'écraser son biscuit qui produisait de petits crépitements. Juliet se rendit compte qu'elle avait été un peu trop audacieuse et qu'agir ainsi avec lui pouvait être une erreur. Il n'était pas à l'aise pour parler de lui et s'attaquer à une cause qui le touchait de très près était risqué de la part de la Gryffondor.

— Je sais qu'elle n'a pas été très indulgente avec toi, mais ce n'est pas une raison pour dire une telle chose, répondit froidement Cameron.

Juliet blêmit.

— Elle a ses torts, poursuivit-il d'une voix plus douce, mais les choses n'ont pas été faciles pour nous ces dernières années. Quand ma mère est partie de la maison, Maisie lui en a énormément voulu, et elle lui en veut toujours d'ailleurs. Ça fait trois ans qu'elles ne se sont plus adressé la parole.

Puis, Cameron éclata d'un rire froid que Juliet ne lui connaissait pas.

— Je ne sais même pas pourquoi je te raconte ça.
— Pourquoi pas ? Tu peux me faire confiance.

Cameron se retourna vers Juliet en fronçant les sourcils.

— Tu as peut-être aussi besoin de quelqu'un à qui te confier, après toutes ces années, dit-elle lentement en ne déviant pas le regard bleu perçant du Serpentard.
— Mais toi et moi, on est différents, répliqua Cameron, parler de ce que tu ressens, de tes journées ou de tes problèmes à quelqu'un te fait du bien, mais c'est l'inverse pour moi. Pourquoi crois-tu que je n'aime pas me lier aux gens ? Exposer tes faiblesses au monde entier ne fait que te rendre plus vulnérable.
— Alors pourquoi tu arrives à me parler de ta famille ?

Juliet ne put s'empêcher d'avoir un petit sourire en détournant le regard, devant l'expression de surprise de Cameron. Il restait un mystère pour elle. Parfois, elle admettait ne pas comprendre la réserve d'Albus, mais en y réfléchissant, la retenue impressionnante de Cameron était probablement l'une des raisons qui l'avait attirée, au début. La prudence dont avait fait preuve Cameron pendant toutes ces années lui avait donné cet air attachant, de celui qu'on a envie de protéger, de découvrir et de faire sortir de ses sentiers battus.

S'il refusait tout contact avec quiconque pour se préserver lui-même, ils n'en seraient vraisemblablement pas là où ils en étaient ce soir. Il ne l'aurait pas aidée, elle, une Gryffondor qu'il se serait contenté d'ignorer si elle l'avait laissé tomber après l'avoir invité à Pré-au-Lard. Juliet était sûrement incapable de se battre en duel comme lui le faisait, mais au moins, elle s'était rendue compte plus tôt que Cameron n'était pas si acariâtre qu'il le laissait croire à tout Poudlard et à sa famille.

— Tu n'es pas détestable, et tu n'es pas un monstre non plus, loin de là, reprit Juliet d'une petite voix.

Cependant, Juliet remarqua que le Serpentard n'eut pas l'air de prendre très bien sa dernière remarque, alors elle demeura silencieuse, soucieuse de ne pas l'offenser.

— Puisqu'on est dans les révélations, je dois aussi t'avouer que j'ai très souvent eu des envies de meurtre quand je t'entendais dans les couloirs la nuit. Vous étiez insupportables, toi et ton petit groupe de Gryffondor bienheureux... Mais tu t'es améliorée depuis, s'empressa-t-il d'ajouter en voyant Juliet lui faire les gros yeux.

Juliet eut beau se mordre la lèvre pour réprimer son sourire, elle ne put que répondre à celui de Cameron, même si ce revirement de comportement la déstabilisait légèrement.

Puis soudain, un bruit sourd provoquant un petit tremblement au sol se fit ressentir, sans que l'on puisse déterminer exactement la provenance de la mini-secousse. Juliet, affolée tout à coup, se leva d'un bond inspectant les deux extrémités du couloir. Personne.

— On devrait rentrer, suggéra Cameron en se levant à son tour, suspicieux.
— Qu'est-ce-que c'était ?
— Je ne sais pas, mais si on reste dans le coin, on pourrait se faire prendre à cause de ça. Et Tourdesac nous a déjà à l'oeil, tous les deux.

Juliet remercia intérieurement la pénombre qui dissimulait ses joues devenues écarlates et donna le change en allant ouvrir la porte pour sortir. De l'autre côté, les choses paraissaient tout aussi calmes et rien n'avait bougé du tapis rouge usé qui longeait le couloir en passant par l'unique portrait représentant un moine qui grognait, réveillé par le bruit étrange. Juliet, suivie de près par Cameron, s'avança à pas de loup vers l'autre porte donnant sur leur unique sortie. Enfin, un caquètement bien connu les arrêta à un mètre de leur but.

— C'est pas vrai, grogna Cameron. Il ne manquait plus que lui.
— Gugus, je suis là ! s'exclama Peeves de sa voix insupportable. Toi aussi t'as entendu le boum ?! Ahahah !
— ATTENDS ICI QUE JE T'ATTRAPE SALE VERMINE ! s'égosillait un Rusard à bout de souffle.

Sans rien prévoir, la porte derrière laquelle se trouvaient Juliet et Cameron s'ouvrit à la volée et Cameron eut juste le temps de la tirer violemment sur le côté alors que le battant n'aille la heurter de plein fouet. La respiration coupée sous le choc, Juliet vit Peeves, l'esprit frappeur de l'école, voleter joyeusement droit devant lui sans les avoir remarqué, Rusard à ses trousses. Il soufflait comme un boeuf, claudiquant comme jamais à la suite de son pire ennemi.

A moitié planqués derrière la porte grande ouverte, Juliet regardait disparaître le vieux concierge à l'autre bout du couloir tandis que Cameron ne relâchait pas la pression autour du bras de la jeune fille.

Waouh, fit Juliet une fois que les caquètements de Peeves se furent suffisamment éloignés. On a eu chaud cette fois.

Cameron acquiesça tout en reprenant ses esprits mais remarquant qu'il ne la lâchait toujours pas, Juliet s'apprêta à l'entraîner quand elle croisa ses yeux bleus trop saisissants. Même dans la pénombre, quelque chose l'interpellait dans son regard, cette même lueur qui l'avait tant perturbée presque trois mois plus tôt. Alors, Juliet céda à ses pulsions qu'elle-même était bien incapable de toujours comprendre. Elle se dressa sur la pointe des pieds et sans se poser de questions plus longtemps, elle embrassa Cameron.

A son contact, Cameron se figea d'emblée, mais cela ne dura qu'un court instant. Très vite, il répondit au baiser de Juliet qui passa ses bras autour de son cou, portée par le trop plein d'émotions qu'elle venait de ressentir. Ce qu'elle s'était imaginé était bien fade face à la réalité. Les lèvres de Cameron étaient biens plus douces que ce qu'elle avait pu imaginer.

Envahie par son exaltation, Juliet eut du mal à quitter son rêve éveillé quand un bruit semblable à celui qui s'était produit cinq minutes auparavant vint briser la quiétude du moment. Doucement, Cameron repoussa la Gryffondor, un léger sourire aux lèvres mais néanmoins alerte. Puis, sans qu'ils n'aient eu le temps de se concerter, le bruit sourd accompagné de petites secousses fut alors suivi d'un boucan tonitruant. Sous leurs pieds, le sol en pierre était sujet à un véritable tremblement de terre.

Après avoir échangé un bref regard paniqué avec Cameron, Juliet fut certaine qu'un éboulement s'était produit quelque part dans le château.