Bonjour à tous,

Voici la suite. La première confrontation entre Hermione et Bellatrix et la suite de notre enquête. J'espère que ce chapitre vous plaira, n'hésitez pas à m'en faire un retour.

Des bisous:)

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La malédiction de Morrigan.

Chapitre 2 : Memoriam Sigilum - partie 2

La pièce avait perdu quelques degrès en quelques secondes, tant l'atmopshère s'était refroidie. Le bureau d'Hermione était à présent chargée d'une tension, que la jeune femme pouvait presque toucher. Elle était si palpable, que l'auror, qui était entré dans le bureau, pour annoncer la venue du gardien, trouva une excuse, sans véritable fondement, pour en sortir rapidement. La porte se referma derrière lui et le silence se fit. Un silence pesant.

Hermione posa son regard sur Bellatrix Black. Lieutenant de Voldemort. Celle qui avait fait du sortilège doloris sa marque, son sacerdoce. Celle, qui avait tortuté jusqu'à la folie les parents de Neville. Celle qui avait tué Sirius Black. Celle qui l'avait coincée contre un mur, cette fameuse nuit, au manoir des Malfoy, qui avait murmuré contre ses lèvres tout ce qu'elle allait lui faire si elle n'avouait pas, et qui lui avait fait tout ce qu'elle avait promis, parce qu'Hermione n'avait eu rien à avouer. Cette scène se rejouait dans ses rêves chaque nuit depuis deux ans et demi. Lorsque le sommeil l'enveloppait, elle sentait de nouveau la douleur dans ses membres, elle entendait son rire, elle goûtait le sang dans sa bouche, mais surtout, surtout, elle percevait cet éclat dément et étrange dans les yeux de sa tortionnaire. Etrange, car il lui avait semblé ,pendant un court instant, que cette lueur était dissemblable à Bellatrix, qu'elle ne faisait pas partie d'elle. Hermione n'avait su comment expliquer ce sentiment qu'elle avait eu tout d'abord. Mais il l'obsédait depuis. Oui, Bellatrix Black l'intriguait, était même devenue un spectre hantant ses pensées et ses songes, à cause de cet éclat dans ses yeux noirs. Et chaque nuit, alors qu'elle se réveillait couverte de sueur, elle y repensait inlassablement, incapable de trouver le sommeil, jusqu'au matin. Elle en ignorait la raison et ça la rendait dingue.

Et, à présent, Elle était là, devant Hermione, l'air fier, malgré l'état de son aspect, amaigrie par le régime de la prison. Toujours ce regard hautain. Cet orgueil, propre aux Black, lissait sa préstance et on en oubliait presque son apparence de détenue. Elle était si magnifique, de cette beauté blafarde et sombre, celle qu'on ne voit que dans le chaos d'une âme tourmentée. Et le tourment, ça, elle le lisait dans le regard de Bellatrix. L'ex-gryffondore frissonna doucement. Pas par peur, non, elle n'avait plus peur, ou plutôt, savait que son courage était plus puissant que son effroi, ce combat là, elle l'avait déjà mené. Elle ne sut le motif de ce murmure, qui courait sur sa peau, si ce n'est que des sentiments contradictoires se bousculaient dans son esprit, si bien qu'elle n'arrivait à les nommer ou à les ressentir complètement. Son coeur, battant dans ses tempes, traduisait bien ce chaos, avec ce rythme cacophonique.

« Vous souhaitiez nous voir Lestrange. »

La voix d'Harry lui parvint mais comme s'il avait parlé à travers une porte fermée. Se reprenant légèrement, Hermione interrompit le cours du torrent de pensées qui l'envahissait, menaçant de la noyer dans ce tourbillon infernal.

« C'est Black. » Sa voix. Cette voix. Si grave lorsqu'elle parlait calmement, mais si stridente lorsque ce rire de démente franchissait ses lèvres, si oxymorique, comme l'ensemble de son être.

L'ancienne gryffondore, vit Harry se lever brusquement et s'approcher de Bellatrix, un éclat de colère dans le regard. Elle se leva à son tour, contourna son bureau et posa sa main sur le bras de son ami.

« Je refuse que vous partagiez son nom ! » cracha-t-il.

La mangemort eut un ricannement sarcastique : « C'est lui qui ne voulait pas partager le nôtre Potter, et mon cousin n'était pas digne de porter le patronyme des Black. »

Hermione retint Harry par le bras. Elle comprenait ce qu'il ressentait, la mort de Sirius avait brisé le coeur de tous ceux qui l'avaient connu, mais personne n'avait été plus affecté que son filleuil. Elle se souvenait de la douleur de ses pleurs. Lui qui avait enfin retrouvé un lien familial sain, qui s'était senti aimé. Il avait perdu un ami, un frère, un père surtout. A cause de Bellatrix Lestrange.

« Harry non ! C'est futile. »

Ce dernier s'interrompit dans son mouvement, sa conscience reprenant le pas sur sa colère. La mangemort lança un sourire satisfait au jeune homme, mais il n'était plus un enfant qui laisse sa colère prendre le pas sur ses gestes. Il n'était plus, non plus, l'adolescent à fleur de peau qu'il avait pu être. Il se contint donc et se contenta de jeter un regard assassin à celle qu'il haïssait plus que tout.

« Je vois qu'on est devenu quelqu'un de civilisé. Pour répondre à ta question Potter, non je ne souhaite pas « vous » voir. Je veux parler à Granger. J'ai des informations qui peuvent l'intéresser, des informations graves et importantes. Mais je dois m'entretenir seule avec elle. »

Le coeur d'Hermione loupa un battement, comme un looping d'une montagne russe. La perspective de rester seule avec Bellatrix ne l'enchantait pas et ce pour plusieurs raisons et en même temps… tant d'occasions d'éclaircir ce mystère, cette inconnue dans l'équation, d'en savoir plus, de revoir cette lueur ou …Avant que la jeune femme puisse répondre, car elle était tout de même la principale intéressée, Harry s'exclama avec toute la hargne dont il était capable.

« Il en est hors de question ! »

« Harry. » soupira-t-elle. N'ayant toujours pas lâché son bras, elle pressa un peu son biceps dans un geste imperceptible, mais rassurant. Il se retourna vers elle, l'inquiétude se lisant dans ses yeux verts, même à travers les verres de ses lunettes, qu'elle avait tant de fois réparées.

« Non Hermione, elle est trop dangereuse. » Son ton était presque suppliant.

Hermione se décida à employer ce ton de meneuse un peu supérieur. Celui qu'elle utilisait lorsque les garçons ne voulaient pas écouter : « Elle est enchaînée ! Et puis je n'ai plus 15 ans ! Tu doutes encore de mes capacités après tout ce temps ? »

Il leva les yeux au ciel : « Bien sûr que non ! C'est juste... »

« Harry fais-moi confiance. ». Elle soutint son regard.

« Je reste. » Soupira-t-il.

« Dans ce cas je peux retourner à Askaban, non pas que mon emploi du temps soit des plus chargés, mais tant pis, vous ne saurez jamais ce qui menace votre petit monde utopique et stupide. »

Répondit Bellatrix en regardant ses ongles nonchalament, son mouvement faisant frotter sa chaîne sur le plancher du bureau dans un bruit lourd et mat.

« Très bien… mais s'il y a le moindre problème... »

« Je crie promis. »

Elle lança un regard sur les geôlliers qui gardaient encore la mangemort en joue :

« Laissez-nous s'il vous plaît. ».

Tous se retirèrent. Laissant Hermione seule avec celle qui hantait ses cauchemars, comme ses rêves depuis leur confrontation chez les Malfoy, et leur combat lors de la bataille de Poudlard. Mais les rôles étaient inversés, c'était l'ex-gryffondore qui était en position de force à présent. Il ne lui faudrait pas l'oublier. La joute verbale s'annonçait rude, elle le soupçonnait, s'en doutait, le savait même. Autant garder sa contenance. Bellatrix Black avait besoin d'elle… et elle avait besoin de Bellatrix Black.

Le temps sembla s'arrêter et le silence se fit total dans la pièce, alors que les deux femmes se toisaient du regard. Ce combat muet dura quelques secondes avant que la mangemort ne rompe le silence.

« Je vois qu'on se met bien Sang-de-Bourbe. Enquêtrice en cheffe ? Rien que ça ? Quelle mascarade ! »

Hermione ne se laissa pas impressionner et répliqua.

« L'enquêtrice en cheffe vous fait une faveur en acceptant de vous parler, alors je serais vous, j'éviterais de la contrarier, surtout depuis la position dans laquelle vous êtes Madame Black. ».

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Bellatrix s'était alors tue. Non pas qu'elle eût été épatée par le courage de la jeune femme, ou qu'elle eût pu considérer, une seule petite seconde, que son interlocutrice eût gagné leur petite joute, mais parce que Granger l'avait appelée « Black ». Une marque de considération, qui la troubla plus qu'elle ne l'aurait pu le deviner et qu'elle ne l'avouerait jamais. Inclinant légèrement la tête sur le côté, un petit sourire en coin, la mangemort fixa l'ex-gryffondore, l'examinant un peu plus en détails, intriguée, à présent. Sa robe de sorcière, bordeau et noire, lui tombait jusqu'aux mollets, et se mariait avec le brun de son regard noisette. Un regard dans lequel elle avait peiné à chercher les réponses, il y avait de cela deux ans. Ses cheveux, si en désordre jadis, étaient attachés en catogan sur sa nuque, sans doute pour faciliter la lecture des documents d'enquête, en évitant que des mêches fougueuses, comme leur maîtresse, ne viennent entraver son champ de vision. Sa machoire auparavant si fine, était un peu plus franche, mais avait toujours cette ligne mince au niveau du menton, ses joues étaient également un peu plus creusées et son front plus lisse, sans doute moins contrariée que la dernière fois qu'elles s'étaient retrouvées vraiment face à face. Il faut dire que la perspective de mourir sous la torture devait quelque peu importuner. La petite Granger avait changé, mûri, cela se ressentait aussi dans son attitude et son maintien, elle avait gagné en assurance. Ou peut-être était-ce simplement parce qu'elle se trouvait en position de force cette fois-ci.

Pour l'instant

Un frisson la traversa. Ce murmure revenait. Plus présent, encore que le matin même. Présage, sans doute, de quelque événement funeste. Attendant son heure, comme il avait été là, latent dans son esprit durant ces jours et ces nuits passées à tenter de voir la lumière de la lune à travers les barreaux de sa cellule, le sentant là, tapis dans l'ombre, se faisant juste assez présent pour qu'elle ne l'oublie pas, même il s'était fait plus discret, dès lors que la mangemort était entrée dans le bureau de l'exe-gryffondore.

Granger dut remarquer que quelque chose clôchait, car Bellatrix perçut son froncement de sourcils. Elle était si expressive du regard qu'on pouvait lire ses émotions, comme un livre ouvert sur une table. Fascinant.

« Oh ne t'en fais pas Sang-de-Bourbe. Je ne vais pas me mettre à hurler comme une démente et te sauter à la gorge. »

Dommage…

Et elle frémit de nouveau, le murmure engendrant un début de migraine, véritable coup de fouet, violent, intense et brûlant dans son crâne, mais heureusement assez fugace pour que Bellatrix reprenne contenance. Contenance qui s'évapora aussitôt qu'elle entendit la jeune femme répondre.

« Je ne pensais pas à ça. Je me demandais simplement si vous aviez mal en vous voyant grimacer. » .

Cela avait dit d'un ton dénué de sarcasme. Elle en fut destabilisée, pour la deuxième fois en quelques minutes. Hermione Granger la traitait différemment des autres. Alors qu'elle était celle qui avait le plus de raisons de la haïr et de l'humilier ici. Beaucoup aurait profité de voir Bellatrix Black enchaînée à leurs pieds, pour venger les dizaines de personnes, qu'elle avait tuées et torturées. Mais pas Hermione. Cette petite était décidément unique en son genre. Captivante. Ce qui fut d'autant plus déconcertant, c'est lorsque Bellatrix réalisa que le murmure avait cessé son attaque sournoise sur son esprit. Comme si la bienveillance de la jeune femme avait été capable de le museler, bandage posé sur la meurtrissure causée par la blessure du fouet... Pourquoi ? Interrogation qui ne cessait de la tourmenter depuis le manoir, depuis plus de deux ans. Voilà qu'elle avait encore la preuve de cet étrange phénomène. Mais Black refusait de laisser transparaître ses questions et sa surprise. Hors de question que Granger se croie pouvoir la dominer dans cet échange !

« Magnanime de ta part de t'inquiéter de mon sort. » renifla-t-elle alors avec dédain. « Mais passons aux choses sérieuses. J'ai besoin de te parler oui. Et crois-moi si j'avais pu éviter je l'aurais fait, pour notre soulagement et plaisir à toutes les deux. »

La jeune femme ne releva pas. Elle se contenta de s'appuyer contre le bureau derrière elle, s'asseyant presque, en croisant les bras sur sa poitrine. Patientant, lorgnant avec intérêt la mangemort. Intérêt que cette dernière était heureuse de voir dans les yeux de son interlocutrice. Crois-moi Granger, j'ai de quoi désaltérer ta soif maladive, tu vas aimer et tu m'en seras redevable.

Bellatrix prit une inspiration, si son intuition était juste, l'enquêtrice en cheffe trouverait son compte dans les informations qu'elle s'apprêtait à lui partager.

«Un souvenir m'est revenu. Par fragments, certains passages sont encore flous dans mon esprit, mais je sais qu'il est important. Qu'il est l'augure de quelque chose de puissant. C'est un sortilège qui l'a provoqué, ou plutôt déverrouillé, cela veut dire que c'était une chose que l'on souhaitait cacher. Pourquoi ? Et quel degès d'importance peut-il avoir, cela je l'ignore encore, mais je pense que tu peux m'aider à le découvrir. Et surtout, il concerne d'autres mangemorts que vous traquez. Les Avery. »

Une lueur brilla dans les yeux d'Hermione. C'était plus que de l'intérêt. Elle était pendue à ses lèvres. Par Merlin que c'était grisant ! Elle était là, en tenue de bagnard, enchaînée, face à une Sang-de-Bourbe, comble de l'avanie pour la mangemort qu'elle était. Et pourtant, elle se trouvait être celle qui détenait le savoir. Savoir, que la jeune femme semblait vouloir avidement posséder, puisqu'elle interrompit le silence dramatique d'un ton faussement détaché, mais encore une fois, ses yeux, si profonds et expressifs, trahissaient son désir d'en savoir davantage.

« Continuez. »

Avec un sourire en coin, Bellatrix poursuivit. Elle raconta comment, le matin même, un filament doré, certainement le fruit du sortilège, qu'elle avait mentionné, avait déverrouillé un souvenir en elle, un souvenir qu'elle ne soupçonnait pas, que ses parents n'avaient jamais mentionné, alors qu'ils y étaient bien présents.

« Je ne vois pas le rapport avec Avery. »

« J'y viens ! » S'agaça la mangemort. « Dans ce souvenir, mon père me tient la main. Tout ceci ressemble à un rituel, il y a des runes dessinées au sol et sur les murs. Mais il n'est pas seul il y a les Avery. » La détenue put voir la jeune femme retenir son souffle : elle avait vu juste. Ses informations intéressaient l'enquêtrice et c'était sa monnaie d'échange, contre son aide.

« Avery Senior est un enfant, il n'a pas l'air de jouer un rôle là dedans. Mais le vieux sénile, quoiqu'il était encore dans la fleur de l'âge à l'époque, lui me tient l'autre bras et avec mon père, ensemble, ils prononcent une incantation : « Memoriam Sigilum ». »

« Memoriam Sigilum ? »

« Je ne parle pas assez clairement peut-être ? Ou tu es devenue sourde ? »

La jeune femme leva les yeux au ciel avant de se détacher de son bureau, de faire quelques pas, plongée dans ses réflexions, le regard au loin, puis de poser, de nouveau, son regard intrigué sur Bellatrix.

« Une incantation ? »

« Ma parole ! Arrête de répéter ce que je dis comme si t'étais un putain d'oiseau qui parle ! »

« Un perroquet ? Ils ne parlent pas tous forcém... »

« Peu importe ! C'est pas le moment d'étaler ta science, j'ai pas demandé un cours ! Oui c'est une incantation magique et pour répondre à la question qui te brûle les lèvres, non je ne sais pas ce qu'elle signifie. »

Elle vit Hermione baisser les bras et soupirer une injure, la frustration se peignant sur ses traits. Bellatrxi s'y attendait. Elle avait toute l'attention de l'enquêtrice et elle détenait la clef :

« Mais, je sais où on peut dégoter toutes les informations qui la concernent. » termina Black. « Et si tu veux pouvoir les trouver, Sang-de-Bourbe, tu vas avoir besoin de moi, parce que le seul bouquin existant qui peut nous aider, se trouve dans la bibliothèque du manoir Lestrange. ».

Le silence se fit dans la pièce. Bellatrix pouvait voir le cheminement des réflexions de la jeune femme dans ses yeux. Elle pesait le pour et le contre. Black attendit patiemment, prenant un air nonchalent, alors que le fer de ses lourdes chaînes pesait sur ses poignets, lui brûlant la peau. Elle n'avait pas bougé depuis le début de la conversation. Parce qu'elle savait qu'au moindre mouvement suspect, elle serait éconduite. C'était sa seule chance. Sa seule chance de savoir pourquoi les voix revenaient, pourquoi les voix se taisaient lorsqu'Hermione Granger se tenait devant elle et surtout sa seule chance de pouvoir sortir de ce trou à rats qu'était Azkaban. Pouvoir revoir la lune, avoir son visage baigné de lumière astrale, sentir le vent dans ses cheveux, manger autre chose qu'un ragoût infect et ne plus sentir la morsure des coups de matraque des gardiens sur ses muscles et ses os.

Elle avait besoin de Granger, autant que Granger avait besoin d'elle.

« Pourquoi moi ? » demanda finalement la jeune femme en la regardant dans les yeux. La mangemort soutint ce regard franc et expectatif, si pur, si déchiffrable. Bellatrix ne pouvait pas lui dire la vérité, parce qu'elle-même n'en était pas certaine, mais aussi, parce qu'il était hors de question que Granger ait un quelconque pouvoir sur elle. Alors elle dissimula ses raisons.

« Parce que tu as besoin de ces renseignements sur les mangemorts qui sont liés à ce souvenir et à ce qu'il cache, parce que je sais que ta soif d'intrigue et aussi importante que la mienne et parce que Potter est trop sot pour pouvoir résoudre ce mystère. Cela ne me ravit pas Sang-de-Bourbe au contraire, mais ça tombe sur toi car tu es la seule à pouvoir accepter mon marché. »

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« Je ne sais pas Miss Granger... » soupira Kingsley en plissant le front.

Le Ministre n'était pas emballé par l'idée. Hermione s'y était attendue, c'était d'ailleurs pour cela qu'elle avait préparé tout un argumentaire pour le convaincre. Mais il restait réticent, même si son refus initial avait à présent laissé la place au doute.

« C'est dangereux. Bellatrix Lestrange était l'une des plus puissantes mangemorts de Lord Voldemort. Si elle est gardée dans les quartiers de Haute Sécurité ce n'est pas pour rien. »

« Je le sais bien Monsieur le Ministre. J'ai pesé le pour et le contre croyez-moi. Je ne serais pas venue vous voir si cela n'avait pas été le cas. Mais ce souvenir est trop intriguant pour qu'on le laisse filer, mon intuition... »

« Nous ne pouvons pas baser nos enquêtes sur des intuitions Miss Granger, je pensais que vous-même, plus que quiconque, le comprendriez. » l'interrompit-il en levant la main.

Hermione serra les dents. Il fallait qu'il consente à ce qu'elle parte pour cette mission, absolument. Mais elle n'avait pas joué sa dernière carte, pas encore.

« Monsieur. Ce n'est pas tout, lorsque Harry a tué, pas par choix, Avery Senior, un filament doré s'est échappé de son crâne et s'est envolé. Nous savons qu'au même moment, ou presque, Bellatrix Black a vu ce même sortilège apparaître devant elle et l'a touchée. Si vous ne croyez pas aux intuitions, moi je ne crois pas aux coïncidences ! C'est la seule piste que nous ayons pour cette enquête. »

Shackelbot lança une oeillade en direction d'Harry qui se trouvait derrière son amie, adossé à la bibliothèque de l'immense bureau du Ministre de la Magie. Lui non plus n'avait pas été bien enthousiaste, lorsqu'Hermone lui avait exposé son plan. Mais il avait accepté d'aller l'aider plaider sa cause auprès de Kingsley. Même si depuis le début, il ne disait pas grand-chose. Hermione le vit donc hôcher la tête, il confirmait ainsi les dires de sa supérieure. Le Ministre soupira alors en s'enfonçant dans son fauteuil.

« Très bien. Mais Potter vous accompagne. S'il y a le moindre problème vous en serez tenus pour responsables tous les deux. »

L'enquêtrice en cheffe sourit, soulagée. Elle remercia Kingsley et se dirigea d'un pas précipité vers la sortie. Il n'y avait pas temps à perdre. Le survivant lui emboîta le pas. Mais la voix grave et caverneuse de l'ancien auror les interrompit dans leur mouvement.

« Hermione, Harry. »

Ils lui lancèrent un regard. Ce n'était plus le Ministre qui parlait, mais l'ancien membre de l'Ordre et leur ami cher.

« Soyez prudents... »