Bonjour bonjour !

Merci de continuer à lire cette petite histoire !

Réponse aux reviews :

Lilajolie : Wahou merci beaucoup pour ces beaux compliments, je suis ravie que ça te plaise, et que tu ne trouves pas ça trop cliché, c'est compliqué à faire avec le BDSM, et puis compliqué de faire commencer les choses lentement ahah J'aime aussi beaucoup cette version de Rivaille, j'espère que j'arriverais à tenir son personnage un peu fatigué et sexy à la fois, il y aura quelques petites révélations aussi dans quelques chapitres, j'espère qu'elles te plairont et te toucheront ! Prend soin de toi, à tout vite !

Corrosif : Ahahah oui tout va bien, et je me suis bien reposée, merci beaucoup j'espère qu'il en va de même pour toi ! Merci pour tes reviews, je les adore ! A bientot j'espère !

Je vous souhaite une bonne lecture de ce chapitre 11 !


Chapitre 11 - Attente


Rapport 04

Le troisième jour de l'expérience a été assez concluant. Il ne fait maintenant plus aucun doute que les aspects pédagogiques de l'expérience conviennent en tous points au titan, et que la réussite de l'opération ne fait plus aucun doute, sauf erreur grossière de ma part.

Il semble cependant que Jaeger soit un peu trop docile vis-à-vis de l'arrangement. Je m'attendais à bien plus d'insubordinations de sa part. Il est tout à fait probable qu'il ait accepté le marché uniquement en vue de s'enfuir à la première occasion. Qu'il essaie.

Caporal Rivaille Ackerman.


toc toc toc

Eren attendit quelques instants devant la porte close de son caporal après y avoir toqué, essayant de se calmer en fixant son regard sur une ligne plus foncée qui striait le bois de la porte. Il avait mal dormi.

À partir de l'instant où, après avoir débarrassé la table du repas de la veille et avoir fini la vaisselle, il s'était jeté sur son lit, il n'avait cessé de tergiverser sur les évènements de la soirée et les émotions qu'ils lui inspiraient, jusqu'aux premières lueurs de l'aube.

En fait, cette insomnie avait presque eu des allures de dispute entre deux parts de lui même. Et pour une fois, il ne s'agissait pas de sa part « humaine » et de sa part « titan », c'était bien plus trouble que ça. Il était plus question selon lui de la part « Eren », celle qui le fustigeait à chaque fois qu'il s'écartait de son but premier, auquel il s'était résolu il y avait de cela plusieurs mois, et qui combattait ardemment une part qu'il n'avait encore jamais connu de lui-même, mais qu'il avait décidé d'appeler La Pénible, tant elle lui tapait sur le système.

La Pénible, il le sentait, avait beaucoup plus de force juste après une entrevue avec Rivaille. Comme si ce dernier exerçait une sorte d'attraction sur l'esprit du titan, qui envoyait très très loin certains aspects de sa personnalité, comme sa colère ou son impulsivité. Et alors, c'était La Pénible qui gagnait du terrain dans son esprit. Elle le plongeait dans une sorte de calme résolu, qui ne se décidait à partir qu'au bout de quelques heures de combat intérieur acharné. C'était proprement insupportable.

Il était énervé et en même temps terrifié par cette part inconnue : il ne savait pas d'où elle provenait, ni comment l'arrêter. Et le pire dans cette situation, c'était que lorsque La Pénible s'imposait… Et bien c'était presque agréable. Totalement agréable en fait. Se dit amèrement le titan plissant les yeux. Il en avait conclu que c'était pour cela qu'il était si difficile pour lui de sortir rapidement de cet état de béatitude étrange. Mais il fallait qu'il arrive à contrôler cette part de lui, voire à la supprimer. Parce s'il commençait à se laisser aller à ce genre de chose, ils n'auraient plus aucune chance de survivre. Et de toute façon, il serait bientôt temps de déguerpir, il estimait que sa guérison serait complète dès le lendemain matin, pour peu qu'il reste plutôt tranquille toute la journée.

Il fut tiré de ses pensées lorsque la lourde porte s'ouvrit sur les appartements de son caporal, et que ses yeux furent happé par le regard froid de ce dernier. Le titan tenta tant bien que mal de reprendre ses esprits, et de se préparer à contrôler ses émotions en entrant dans la pièce pour y subir sa punition.

Rivaille le regarda intensément quelques instants, sans rien dire. Le titan déglutit difficilement mais parvint tant bien que mal à soutenir son regard acéré, il ne lui avait pas ordonné de baisser les yeux après tout. Le silence pesant s'étira encore, et le jeune homme se surpris une nouvelle fois à détailler les traits de son supérieur. À son grand étonnement, les lourdes cernes qui caractérisaient à elles seules le visage de Rivaille semblaient s'être quelque peu atténuées. Il avait toujours l'air d'un fou acariâtre qui ne fermait pas l'oeil de la nuit, mais ses traits semblaient tout de même un peu moins tirés, et le titan ne put s'empêcher de réfléchir à la raison de ce changement. Sa chambre était-elle plus calme que celle qu'il occupait dans les mêmes quartiers qu'Hanji ? Avait-il prit quelque chose pour dormir ? Si oui, il était tenté de lui demander quoi, tant sa nuit à lui avait été mouvementée. Soudain, le sourcil droit de son caporal se souleva imperceptiblement, et il prit enfin la parole :

« Tu as l'air fatigué. »

« Vous, moins. » Rétorqua t-il sans réfléchir avant de se mordre la lèvre. C'était vraiment perturbant cette diarrhée verbale qui le prenait dès lors qu'il se trouvait en présence de l'autre homme. Il fallait qu'il fasse attention, la cravache n'était jamais loin. Il jeta une minuscule oeillade au fameux placard sur sa gauche alors qu'il se remémorait l'outil, ce qui n'échappa pas au soldat qui le scrutait.

« Pas aujourd'hui. » Prononça t-il simplement, et Eren sentit ses joues chauffer. Quel con.

Mais avant qu'il ne puisse s'auto-insulter d'avantage, Rivaille reprit la parole :

« Pour l'heure, je voudrais que tu me montres ta position d'attente. »

La titan cligna des yeux plusieurs fois, comprenant difficilement ce dont son caporal était en train de parler. Une position d'attente ? C'était pas son truc ça.

« À chaque fois que tu attendras mon arrivée dans une des pièces de l'aile ouest, ou dès que je te le demanderai, tu prendras ta position d'attente. C'est cela que nous allons travailler ce matin. Et si tu es sage, nous ferons un petit jeu. » exposa le caporal calmement.

Eren se demanda pour la millionième fois ou diable avait-il débarqué, mais ne put empêcher son rythme cardiaque de partir au galop à la mention de « jeu ». Un jeu ? À la place de la punition ? Quel genre de jeu ? Il se gifla mentalement pour calmer le frisson quelque peu obscène qui venait de le parcourir de part en part.

Très bien, se dit-il en avisant son supérieur d'un oeil amusé. Voyons cette position. D'un pas nonchalant, il se détourna de Rivaille et fit deux pas vers le fauteuil moelleux placé en face de la cheminée, avant de s'affaler dessus en croisant les jambes. Voilà.

« Tu t'es cru chez ta mère là ? » Pesta le caporal en lui lançant un regard courroucé.

Eren grinça des dents. Son supérieur parlait donc bien d'une position de soumission. Il se redressa, droit comme un I, et toisa le caporal en fronçant les sourcils. Ce dernier fit un pas vers le titan, et croisa les bras sur sa poitrine sans le quitter des yeux un instant.

« J'aurais pensé que tu avais plus de deux heures de mémoire active. » Grinça Rivaille avant de soupirer : « Nous pouvons commencer par la position que tu as prise hier soir. »

Le titan sentit une onde de honte résonner jusque dans ses tempes mais essaya de n'en rien laisser paraître. Il lança simplement un regard noir lourd de sous-entendus à son supérieur, avant de plier ses jambes et de s'installer à genoux sur le parquet. Il combattit de toutes ses forces son envie de balayer les jambes du caporal avec son tibia afin de le faire s'écraser par terre et attendit, le coeur battant.

« Très bien Neko. » Le félicita le soldat avant de faire quelques pas autour de lui, pour finalement se positionner dans son dos.

Eren retint à grand peine un glapissement lorsqu'il sentit une poussée dans le creux de son dos, vraisemblablement administrée par la pointe de la botte de son caporal, et qui le fit se redresser brusquement, créant une vague d'inconfort dans toute sa colonne vertébrale. Puis, il sentit deux mains froides se saisir de ses poignets, avant que le caporal ne lui ramène les bras derrière le dos, en les croisant comme s'il était un prisonnier menotté. La respiration d'Eren se fit plus laborieuse lorsque la main droite du caporal parcourut ensuite son dos, son épaule et sa clavicule, avant de se placer sous son menton pour lui relever la tête.

« Détends tes épaules. » Ordonna Rivaille en un souffle qui fit se dresser les cheveux du bas de sa nuque.

Le titan s'exécuta, et suivit du coin de l'oeil son supérieur se replacer devant lui en le regardant intensément, comme s'il l'analysait de la tête aux pieds. Eren était déjà relativement mal à l'aise vis-à-vis de sa posture, mais ce ne fut rien comparé à l'instant où son dominant lui demanda d'une voix ferme :

« Ecarte les jambes. »

Cette fois, Eren laissa échapper une exclamation de surprise qui se transforma en quinte de toux. Lui qui pensait que ça ne pouvait pas être pire. Il se mordit les joues afin d'éviter de se mettre à insulter son vis-à-vis. Patience, patience. Obéis gentiment jusqu'à ce soir, et demain tu es libre. Se convainquit-il intérieurement en prenant grand soin d'éviter le regard de celui qui le surplombait. Il prit une inspiration tremblante et mit quelques centimètres de distance entre ses genoux qui commençaient déjà à lui faire mal, comprimés contre la surface dure du parquet.

Il sentit les faibles vibrations des pas du caporal se rapprochant de lui et ferma les yeux par réflexe, attendant une gifle qui ne vint pas. À la place, une pression sur l'intérieur de sa cuisse le fit lever un sourcil, et ses yeux s'ouvrirent brusquement pour tomber sur la jambe de Rivaille qui, de façon totalement décomplexée, appuyait avec sa botte sur l'intérieur de son genou, comme pour l'intimer à augmenter l'écartement de ses cuisses. Bordel mais ça va s'arrêter quand cet enfer ? Se dit le titan en poussant un grognement agacé avant d'obéir et de mettre une bonne distance entre ses genoux, en tentant de rester droit, comme un piquet planté dans le sol.

Il eut une vue imprenable sur l'imperceptible rictus de son supérieur alors que celui-ci se penchait vers lui pour appuyer de ses deux mains sur les épaules du titan, qui reposa ses fesses contre ses talons. Eren dut avouer que la position était cent fois plus tenable de cette façon, mais ne se détendit pas pour autant et resta sur ses gardes alors que le caporal circulait autour de lui, comme s'il le regardait sous toutes les coutures.

« Garde la tête droite. » Reprit le plus âgé d'une voix morne. « Et creuse ton dos. Encore. Voilà, parfait. »

Eren réalisa tout à coup qu'il se trouvait approximativement dans la même position que lors de sa première rencontre avec Rivaille. C'était il y avait plus de 5 ans, alors qu'il comparaissait au tribunal militaire juste après sa première transformation en titan. Il serra les poings en se rappelant exactement à quel point le caporal lui avait cassé la gueule à coups de pied. Oui, c'était la même position. En plus obscène cependant, réalisa t-il en imaginant à quoi il ressemblait. À genoux, jambes écartées, les mains derrière le dos qu'il avait cambré du plus qu'il pouvait, obéissant bêtement à son supérieur sans se rendre compte de l'allure dépravée que lui donnait cette posture. Il se jura intérieurement de réduire au silence n'importe quelle personne qui le surprendrait dans cette position un jour, caporal inclus.

« Tu est agréable à regarder dans cette position. » Prononça la voix froide de Rivaille, et le titan eut l'impression que quelque chose venait de craquer dans son abdomen.

C'était un compliment ? Hallucina Eren en regardant son caporal avec une incompréhension non dissimulée.

« Tu n'as pas l'habitude d'entendre quelqu'un te dire que tu es beau n'est ce pas ? » Continua Rivaille sur le même ton, légèrement teinté d'amusement face à l'expression du jeune homme.

Ce dernier secoua la tête. Il se sentait tout drôle, sans trop savoir pourquoi. Il n'aurait jamais pu penser que son supérieur le trouvait attirant, ça ne faisait pas partie de sa façon de voir les choses. Pour le titan, tout cela dès le départ n'avait été qu'une manoeuvre pour au pire le manipuler, au mieux l'aider, et il considérait cette toute nouvelle position d'attente comme une forme de punition et d'humiliation, mais il n'aurait jamais pu penser que Rivaille pourrait ne serait-ce qu'apprécier la vue. Il sentit son corps se relâcher petit à petit, et une onde de peur le traversa lorsqu'il se rendit compte que La Pénible menaçait de faire son grand retour. Il secoua de nouveau la tête pour essayer de retrouver ses sensations habituelles, mais quelque chose vint lui caresser la tête doucement, comme une brise, et il se détendit de nouveau presque immédiatement.

Non mais c'est de la sorcellerie à ce niveau là. Grogna t-il dans sa tête alors que la main de son caporal quittait le haut de son crâne, non sans déclencher en lui un petit pincement entre les poumons. Rivaille se recula de quelques pas.

« Je veux que tu restes comme ça pendant que je termine mes dossiers. Ce sera ta punition pour m'avoir manqué de respect hier soir. Je veux que tu te concentres pour rester immobile et ne pas faire de bruit. Tu as bien compris ? » Ordonna le caporal d'une voix ferme.

Le titan ne sut quoi faire d'autre que hocher la tête, bien qu'il se demanda comment il allait pouvoir garder cette position plus de dix minutes.

Le caporal fit un mouvement d'assentiment, et alla rejoindre son bureau placé à quelques mètres de là, avant de s'assoir confortablement dans son fauteuil et d'attraper une grosse liasse de feuilles froissées. Le titan cligna plusieurs fois des yeux, encore abasourdi par l'ordre de son caporal.

C'était ça la punition ? Ça n'avait pas l'air si terrible, en tout cas pas autant que trente claques sur les bras. Eren sentit une pointe de déception se nicher dans son ventre, mais décida de l'ignorer prodigieusement et se mit à observer la fenêtre, pensif. À en juger par la taille da l'amoncellement de papiers, le caporal en aurait au moins pour une bonne heure de travail. Le jeune homme était persuadé qu'il ne pourrait jamais tenir aussi longtemps dans cette position, mais un profond sentiment de défi lui donna envie d'y arriver, juste pour ennuyer son supérieur. Si il y arrivait, peut être qu'il échapperait à une vraie longue séance de torture due à son comportement de la veille…

Ses jambes commençaient déjà à tirer à cause de leur écartement. Il se dit un instant qu'il pouvait peut être parvenir à se déplacer légèrement sur le côté pour donner un peu de répit à ses muscles endoloris, mais il se réfréna bien vite en se rappelant qu'un Ackerman pouvait sans doute entendre une mouche voler à plus de dix mètres de distance, et qu'il ne donnait pas cher de sa peau si jamais il se faisait surprendre en plein délit de mouvement par le caporal. Concentre toi, concentre toi. Se répéta t-il en essayant de se focaliser sur le bleu du ciel qui poignait aux grandes fenêtre de l'appartement.

Au bout de quelques instants, il parvint à mettre le doigt sur un petit bruit, qui ne s'arrêtait que par intermittence depuis qu'il avait commencé à fixer la fenêtre. C'était la plume de Rivaille, qui grattait la surface crissante des papiers qu'il remplissait sans interruption, hormis pour reprendre de l'encre. On aurait dit un petit grincement de pas d'insectes sur le sol. Au début, Eren essaya de faire abstraction du son répétitif et agaçant, mais très vite, les grattements secs commencèrent à envahir son esprit, puis son corps, comme une musique lancinante. D'un coup, il ne sentit plus la douleur qui infusait ses jambes, ni le tiraillement de ses bras repliés derrière lui. Il se sentit cotonneux, comme si il flottait à quelques centimètres au dessus du sol. Il avait l'impression que ses poumons se remplissaient d'air chaud, et que sa tête se faisait dodeliner de gauche à droite au rythme d'une houle marine particulièrement douce. Il perdit la notion du temps et de l'espace, il se sentait juste là.

Et puis, trop vite, des vibrations agaçantes le tirèrent de son rêve éveillé. Il sentit son corps s'écraser sur lui-même alors que quelque chose touchait son épaule, et il cligna des yeux plusieurs fois.

Rivaille était devant lui, accroupi et les coudes posés sur ses genoux. Eren se dit qu'il ressemblait vaguement à un parent inquiet pour son enfant, et reprit petit à petit ses esprits, et sa capacité à entendre ce que lui disait son supérieur :

« -ne idée de combien de temps tu es resté comme ça ? » Demandait le caporal, et Eren décela quelque chose d'inhabituel dans sa voix. Il comprit vaguement la question, et secoua la tête négativement en grimaçant sous la sensation de vertige.

« Une heure et vingt minutes. » Répondit Rivaille, en passant son bras derrière le dos du titan pour le relever.

Comment ça une heure et vingt minutes. Il se fout de ma gueule c'est pas possible. Se dit Eren alors qu'il poussait sur ses jambes endormies, mais une pique de douleur lui vrilla les genoux et lui fit comprendre que Rivaille ne mentait pas. Il glapit sous la sensation, alors que ses bras se refermaient instinctivement sur tout support disponible près de lui pour lui éviter de tomber par terre. Le support en question renifla, et affermit sa prise autour de la taille du jeune homme pour le maintenir debout.

« Attends. Laisse toi faire. » Dit-il simplement, avant de faire quelques pas sur le côté pour assoir le titan dans un des fauteuils du coin salon.

Eren comprenait très peu ce qui était entrain de se passer, mais dès lors que ses cuisses rencontrèrent la surface moelleuse du fauteuil, une onde de soulagement le parcouru, doublée cependant d'une autre décharge de douleur qui lui fit contracter ses mains sur ce qu'il réalisa être les épaules de son supérieur. Ce dernier lui attrapa les jambes doucement pour les tendre devant lui, et il prit ses mains dans les siennes pour les décrocher de son uniforme et les poser sur les accoudoirs.

« Reste ici. » Ordonna t-il avant de se détourner du titan et de partir vers la cuisine.

Eren obéit sans se poser de question, et souffla bruyamment en sentant d' immenses fourmis se mettre à lui grignoter les jambes, de la pointe de ses orteils jusqu'à sa hanche. Il sursauta lorsqu'il vit le caporal surgir devant lui, un verre d'eau à la main. Le titan déglutit alors que le verre s'approchait de son visage, et il avala goulument tout le liquide tandis que le verre se penchait tout seul contre ses lèvres. Eren fit un petit sourire lorsque le contenant quitta son visage pour se faire déposer sur le guéridon à sa droite. Il sentit un poids sur son côté droit et décida d'y jeter un coup d'oeil, et se fit emprisonner par deux prunelles froides.

« Comment tu te sens ? » Demanda son supérieur, projetant un souffla chaud sur ses joues, qui frissonnèrent.

Le titan hocha la tête en fermant les yeux. Il n'était pas sûr de pouvoir parler, mais réalisa qu'il n'en avait même pas envie.

Il entendit un reniflement sur sa droite, et sentit qu'il fallait peut être qu'il arrive à émerger de son état comateux. Il essaya de lever une main pour la porter à son visage, et se frotta les yeux pour essayer d'en faire partir le rideau de flou qui s'y était apposé. Il réalisa petit à petit où il se trouvait mais surtout qui était posté à côté de lui, et grogna :

« Il s'est passé quoi ? »

« Tu as très bien suivi mes directives pour une fois. » Répondit Rivaille d'une voix goguenarde, et Eren serra les dents.

Il fixa de ses yeux encore brumeux ceux de son supérieur sans rien dire.

« Tu t'es concentré sur ton corps et tu t'es mis à planer. C'est normal. » Expliqua finalement le caporal au bout de quelques minutes de silence.

Eren ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais rien ne vint. Il était encore sous le choc de ce qui venait de se passer. Il ne savait pas comment ni pourquoi, mais il trouva que les mots de son caporal étaient plutôt bien choisis. Planer, c'était sans doute ça. Avant qu'il n'ait pu formuler une nouvelle question, Rivaille reprit la parole :

« Prends le temps de redescendre et étire toi. Pour aujourd'hui, je veux que tu t'occupes de la petite chambre attenante à la tienne, au fond du couloir, droite. Une fois que tu l'auras terminée, tu pourras utiliser ton temps libre comme tu l'entends, dans la limite des règles. Tu ne quittes pas cette aile. Pas de transformation. À 19 heures, tu te mettras en position d'attente dans la grande pièce de plaisance où nous avons dîné hier soir. C'est compris ? »

Le titan hocha la tête, résolu et encore un peu étourdi. Il fronça les sourcils lorsqu'il vit que son caporal ne bougeait pas du fauteuil. Habituellement, il dictait ses ordres juste avant de quitter la pièce, mais là il n'en était rien, il continuait de fixer Eren d'un regard impénétrable. Finalement, Rivaille leva sa main droite et la posa sur la joue du jeune homme qui retint son souffle. Le caporal reprit la parole, avec ce timbre si étrange tant il semblait presque doux aux oreilles du titan :

« Si tu restes aussi sage toute la journée, tu auras bien mérité une récompense. »

En terminant sa phrase, Rivaille fit voyager son pouce de la pommette d'Eren jusqu'à sa lèvre inférieure, qu'il caressa quelques instants avant de se lever et de partir.