Époque inconnue
Le temps était une constante qu'Harry n'avait jamais vraiment prise en compte avant cette nuit là. Quand il était jeune, c'était simplement la chose qui le retenait dans le sombre placard des Dursley, tout en étant celle qui le protégeait de Dudley, lorsqu'il était en classe. Le temps l'avait apaisé quand il sortait seul le soir ou, au contraire, l'avait accablé lorsqu'il se retrouvait contraint d'attendre le départ de Marge. Autrefois, le temps ne passait jamais assez vite quand il s'imaginait partir de chez son oncle et sa tante tout en étant source d'inquiétude quand il songeait à tout ce que l'avenir lui réservait.
Après son entrée à Poudlard, le temps avait filé, plus vite que le vent, dispersé entre les cours, les amis et les ennuis. Il s'était soudainement compté en minutes, quand il s'agissait d'attendre une fin de cours. Ou en heures quand il devait rédiger un devoir d'Histoire de la Magie. Ou encore en secondes face à l'Avada Kedavra de Voldemort.
Et puis il y avait eu le Retourneur de Temps. Cet artefact avait appris à Harry l'éternité, ainsi que la beauté éphémère de l'instant présent. Il lui avait offert des possibilités infinies, tout en lui enseignant le poids des conséquences de ses choix. Il avait été un ami et une tentation, un bijou et une malédiction.
Aujourd'hui, la fine clef qui résidait entre ses mains lui apprenait une nouvelle leçon : Celle de voir le temps comme étant un fleuve sauvage et indomptable, qui ne se laissait pas faire lorsque l'on tentait de le dresser. Harry se sentait maintenant comme le rescapé d'un naufrage, qui avait misérablement échoué sur la rive d'une époque inconnue et dangereuse. Le temps prenait une nouvelle dimension, se comptant maintenant en années, peut-être même en décennies.
Et le jeune sorcier n'avait strictement aucune idée de ce qu'il devait faire de son présent.
A l'extérieur, la nuit était étonnamment douce. Le ciel étoilé s'étendait à perte de vue, nullement caché par les quelques nuages qu'Harry avait laissé à son époque. Le quart de lune croissant était la seule lumière à illuminer l'immensité de l'océan. Le vent qui soufflait sur la cote avait une légère odeur saline qui s'infiltrait dans la cabane.
Le paysage qui l'avait accueillit n'étaient pas si différent de celui qu'il avait quitté. Il faisait toujours la même température. Il faisait toujours nuit. La maison qui l'entourait avait toujours les mêmes meubles, même si les trous du toit n'existaient plus, et qu'un confortable feu de cheminée ronronnait à côté de lui. S'il ignorait toujours l'époque dans laquelle il avait atterrit, c'était réconfortant de savoir qu'au moins, son voyage dans le temps ne se comptait pas en centaine d'années.
Harry soupira finalement et détourna son regard de la fenêtre pour le poser sur la clef qu'il serrait fermement entre ses doigts. Cette dernière brillait faiblement à la lueur de la lune, dévoilant à son propriétaire toute sa finesse et sa beauté. Même maintenant, même après ce long et difficile voyage, la clef semblait toujours frêle et fragile, comme si elle pouvait se casser d'une seule caresse.
Elle était désormais tout ce qui restait du Retourneur de Temps d'Harry. Unique souvenir de ce voyage entre les époques, seule preuve des origines du jeune sorcier.
Soudain, Hedwige brisa la songerie du jeune homme d'un doux hululement intrigué, attirant l'attention de ce dernier sur elle. L'intelligente chouette s'était échappée de sa cage lorsque celles-ci s'était renversée au sol, peu après leur atterrissage. Elle n'avait aucune trace de blessures et seul l'épuisement semblait être la cause du dodelinement récurant de sa tête. En revanche, elle semblait attendre patiemment un geste de son maitre, le fixant de ses grands yeux d'ambre pleins d'intelligence. Ce dernier lui sourit alors et rangea finalement la clef ouvragée dans sa bourse de galion avant de se relever pour rejoindre son amie.
- Ca va aller ma belle, murmura-t-il en lui proposant son bras pour qu'elle grimpe dessus.
La Harfang des neiges acquiesça d'un nouveau hululement rassuré et s'installa confortablement sur l'épaule de son maitre. Le jeune sorcier lui donna un doux sourire avant de tourner de nouveau la tête vers le ciel étoilé et de reprendre une expression plus grave. Il avait beau avoir essayé de rassurer Hedwige, il n'avait aucun moyen de réellement savoir si tout irait bien pour eux. Au contraire, leur avenir semblait bien plus sombre que jamais maintenant qu'ils étaient seuls et isolés, sans personne pour leur venir en aide si jamais quelque chose leur arrivait.
Mais Harry préférait ne pas penser à ça. S'il se perdait dans le doute et la peur maintenant, alors qu'il n'était seulement qu'au début de son voyage, les épreuves à venir n'en seraient que plus difficiles. Il se raccrocha alors à la puissante détermination qui l'avait mené à prendre la douloureuse décision de quitter son époque, et rajusta son sac sur ses épaules avant d'attraper la cage de sa chouette et son balai.
Il trouverait un moyen de devenir un sorcier capable de faire face à Voldemort. Et, surtout, il arriverait à sauver Sirius et Dumbledore de la mort qui leur était promise.
Sur ses pensées, il prit son envol dans l'ombre de la nuit.
Jour 1
Le lendemain matin, le soleil se leva tôt dans le ciel, illuminant la voute céleste des magnifiques couleurs de l'aurore. Avec lui venait le doux chant des oiseaux et la caresse chaleureuse mais aveuglante des rayons de l'astre solaire. Sur la baie de Cardigan, la mer de l'Irlande se teintait lentement d'un tendre rose tandis que le remous des vagues chantait doucement sur la plage, enveloppant le sable telle une couverture marine. Il n'était pas rare d'y croiser quelques crabes qui charriaient l'écume de la mer, courant maladroitement sous l'œil avisé des quelques mouettes qui y avaient élu domicile. Le vent, lui, portait le mélange du parfum salin de l'eau et celui sauvage de ces vastes plaines qui dominaient les falaises avant que celle-ci ne s'échouent dans les flots.
Harry, pour sa part, regardait avec attention le spectacle qu'offrait ce jour levant. Emmitouflé dans son sac de couchage, frigorifié par la courte nuit qu'il avait passé après avoir fuit son lieu d'atterrissage, le jeune sorcier avait pourtant une conscience aiguë de ce que ce jour lui offrait. De ce que ce présent lui donnait. De cet espoir que le voyage dans le temps avait fait naitre. C'était la promesse que cette beauté ne serait jamais éphémère et qu'il pourrait offrir un meilleur avenir au monde, loin de la cruauté et de la violence de Voldemort. C'était le premier jour qu'il passait dans cette nouvelle réalité et il avait encore tout à créer et à construire ici. Semblable à cette nature sauvage, Harry avait la possibilité de créer un château sur cette terre inhabitée et fertile. Et, plus que jamais, il avait conscience du pouvoir et du potentiel qu'il avait entre les mains, juste parce qu'il avait utilisé ce puissant artéfact qu'était le Retourneur de Temps.
Il pouvait devenir qui il voulait. Faire ce qu'il voulait. Il n'avait plus d'impératifs, les gens n'attendaient plus rien de lui. Il s'était détaché de toutes les routes qu'on avait tracés pour lui et il pouvait dorénavant vagabonder sur ces vastes plaines juste parce qu'il en avait la volonté, l'envie et la liberté de le faire.
Et cette sensation était incroyable et angoissante. Enivrante et terrifiante. Pleine d'espoir et d'insécurité. C'était se sentir seul et en même temps, se sentir libre. C'était tenir son destin entre ses mains tout en n'ayant aucune idée de quoi en faire.
Lorsqu'Harry quitta la grotte dans laquelle il avait élu domicile pour se reposer, il était à la fois fatigué de sa courte nuit et, en même temps, rempli d'un espoir qui lui donnait la force d'avancer. Il installa son balai à son sac à dos et tient la cage d'Hedwige avec précaution pour la laisser se reposer. Sur ses épaules, ses affaires semblaient lourdes comme une montagne, trop lourdes pour ses jambes de sorcier non entrainées. Mais la volonté d'Harry était suffisante pour qu'il puisse franchir les vastes plaines d'un pas mesuré afin de se diriger vers les habitations qu'il avait vu se dessiner sur la côte un peu plus tôt dans la nuit.
Il s'agissait d'un village côtier modeste, situé entre deux grandes collines boisées. Il était habité par de nombreuses maisons colorées, placées le long d'une route qui longeait une petite plage avant de serpenter vers l'intérieur du pays. Quelques restaurants faisaient face à la mer, dégageant une merveilleuse odeur d'œuf brouillé qui fit grogner le ventre du jeune homme de faim. Non loin de l'un d'entre eux, quelques bateaux à moteurs attendaient de prendre le large, tous alignés sur le sable, le nez tourné vers l'eau. Le village entier était gardé par une statue de bronze située en hauteur, une sorte de voyageur capé qui transportait avec lui quelques outils.
Harry descendit finalement vers les maisons, suivant un petit sentier fait de terre et de galets qui serpentait au cœur d'une végétation sauvage. Il termina son voyage en descendant un ancien escalier de pierres brutes et prit le temps d'admirer la plage ainsi que la ligne d'horizon dessinée par la mer. Le bruit des vagues était comme une mélodie apaisante qui semblait bercer le jeune homme et ce dernier se surprit à vouloir s'arrêter ici quelque temps pour simplement profiter de ce paysage serein et calme.
Autour de lui, quelques villageois sortaient déjà de leurs maisons. Parfois, ils étaient habillés de jeans solides, de robes d'été et abordaient des couleurs chatoyantes propres à une mode révolue à l'époque d'Harry. Cependant, ce dernier ne put que soupirer de soulagement quand, en regardant les locaux, il ne voyait pas de grandes différences de tenues entre lui et eux. Au moins, il n'était pas à une époque si éloignée de la sienne et il pouvait se fondre facilement dans la masse.
Cédant finalement à l'appel de la délicieuse odeur de nourriture, Harry s'installa à l'intérieur de l'un des cafés-restaurant qui bordaient la mer. Il choisit une place qui lui permettait de voir la plage et l'angle de la rue et, rapidement, il put enfin manger à sa faim.
- Un jeune homme comme toi doit bien se nourrir avant de repartir, commenta simplement la femme qui le servit avec une bonhomie qui rappelait à Harry celle de Mrs Weasley.
Le jeune homme lui répondit d'un sourire fatigué et engloutit la première bouchée de son repas avec plaisir. Il la remercia chaleureusement et s'apprêtait à lui demander la date du jour lorsque, soudain, il perçut du coin de l'œil une étrange scène qui le fit se stopper net dans sa lancée.
A l'angle de la rue se trouvait trois silhouettes colorées qui, même pour lui, semblaient détonner dans ce paysage rural et touristique. Il s'agissait de deux hommes à la carrure impressionnante en pleine discussion avec l'un des habitants du petit village. L'un d'entre eux avait de fins cheveux blonds et semblait prendre des notes sur un calepin. L'autre était doté d'une masse de cheveux bruns soigneusement coiffés et se chargeait de poser des questions.
Harry sentit cependant son cœur s'arrêter de battre lorsqu'il constata que les deux hommes portaient une longue robe de moldues, qui n'était manifestement pas taillée pour eux. A la ceinture, ils abordaient un étui discret qu'Harry identifia comme étant celui d'une baguette de sorcier.
- Vous savez, ici, c'est un village touristique, on voit beaucoup d'étrangers, entendit-il soudainement. Mais je n'ai vu personne d'aussi original que vous et vos collègues, je peux vous l'assurer.
A l'entente de la voix féminine, Harry tourna vivement la tête vers la porte d'entrée, la peur balayant son cœur. Là, il vit deux autres hommes qui parlaient avec la serveuse du café. L'un d'entre eux n'avait même pas prit la peine de s'habiller en Moldu et abordait une lourde cape de sorcier qui le drapait majestueusement. Au vu de sa tenue, de sa prestance et de son regard aiguisé, Harry ne put ignorer qu'il était devant le chef des Aurors lui-même.
Ce dernier sembla échanger quelques mots avec la serveuse, et son collègue, un homme plus petit et plus vif, en profita pour se glisser à l'intérieur de la salle. Sans hésiter, Harry ramena sous sa table son sac de voyage, sa chouette et son balai avant de les cacher de sa cape d'invisibilité. Mais, malgré la vivacité de ses actions, le jeune homme était terrorisé. Son cœur battait si fort dans sa poitrine que c'était comme s'il l'entendait battre dans ses oreilles. La peur paralysait chacun de ses muscles et ses yeux parcouraient l'entièreté de la pièce avec nervosité, cherchant une issue qui lui permettrait de s'enfuir. Car il savait que si l'un de ces sorciers le reconnaissait comme étant le voyageur temporel…
Dans son époque d'origine, Harry avait passé beaucoup de temps à la bibliothèque de Poudlard pour connaitre les sentences réservées à ceux qui avait illégalement utilisé un Retourneur de Temps. Si aucune de ses sources n'avait décrit ce qui arrivait vraiment au voyageur temporel qui était attrapé, toutes lui promettaient un destin guère enviable, à tel point que certains livres racontaient même qu'Azkaban était préférable.
Maintenant, Harry était plutôt sûr qu'il préférerait ne jamais connaitre la réponse à cette question.
Mais le jeune sorcier qui accompagnait le chef des aurors vérifiait chaque table méthodiquement, sa baguette vaquant d'un moldu à l'autre pour les rendre confus et obtenir des réponses. Il s'approchait lentement mais surement d'Harry et ce dernier était terrorisé, trop pour même songer à utiliser la magie devant tant d'aurors. Il savait que cette fois, Dumbledore ne lui viendrait pas en aide. Hermione ne proposerait pas un plan brillant. Ron ne ferait pas diversion pour faciliter leur fuite. Il n'y avait que lui pour compter sur lui.
Et il était prit au piège comme un rat.
- Robards, coupa le vieux sorcier et le plus jeune se tourna vers lui en se mettant au garde à vous. Vous êtes sur que c'est la bonne zone et que vous ne vous êtes pas encore trompé ? demanda-t-il avec un agacement perceptible dans sa profonde voix
Le plus jeune hocha plusieurs fois la tête, et se précipita vers son supérieur, un masque de sérieux et de bonne volonté gravé sur son visage.
- Oui monsieur, j'ai bien vérifié avant d'arriver ici. La zone est plutôt large mais le Voyageur est bien ici.
Ainsi donc, le Ministère était vraiment bien après Harry. L'utilisation du Retourneur de Temps n'était pas passé aussi inaperçue que ce qu'il avait espéré et, de toute évidence, sa présence laissait des traces derrière elle qui permettait aux Aurors de le localiser plus ou moins. Peut-être moins que plus, d'ailleurs, car ces derniers n'avaient pas réussi à trouver la grotte dans laquelle il avait passé la nuit, pas plus qu'ils ne le percevaient maintenant, alors que leur cible n'était qu'à quelques mètres d'eux.
Mais cela ne protégeait pas Harry, loin de là. Il suffisait d'un seul coup d'œil de la part du vieux sorcier pour que sa peur ne le trahisse et qu'il ne soit attrapé pour de bon et livré à il ne savait quoi. Mais, étonnamment, celui-ci ne jeta même pas un coup d'œil dans la pièce et se contenta de soupirer lourdement, agacé.
- Nous n'avons vraiment pas que ça à faire de trouver une aiguille dans une fichue botte de foin. Surtout pas maintenant, avec tous les dégâts que fait Voldemort.
Harry se tendit de nouveau à la mention du nom de son ennemi mortel et se força à manger son plat pour espérer paraitre plus détendu qu'il ne l'était réellement. Voldemort... Il était donc à une époque où le Seigneur des Ténèbres était déjà une menace pour le Ministère, mais où la peur de son nom ne s'était pas encore instaurée ?
- Robards, confie l'enquête à Altmann et McKinnon, décida finalement le vieil homme en tournant les talons pour prendre le chemin de la sortie. Je veux qu'ils nous trouvent ce fichu voyageur temporel et qu'ils le ramènent au Département des Mystères, de gré ou de force, et de préférence plus vif que mort. Rappelle aussi le reste des troupes, j'aimerais porter assistance à ceux qu'on a laissés sur la dernière maison visitée par les Mangemorts.
La voix de l'homme mourut dès que la porte se referma sèchement derrière lui. Harry, lui, resta figé encore quelques instants, les mains tremblantes fermement vissées sur sa fourchette. Mais dès qu'il vit les quatre sorciers quitter le village, le jeune homme n'attendit pas plus longtemps et sauta sur ses pieds pour régler rapidement l'addition et quitter la région sur son balais sans attendre une seconde de plus.
Dorénavant, Harry savait qu'il était pisté et traqué par le Ministère. Il ne savait toujours pas quand il était, pas où il était, mais ce qu'il savait maintenant, c'était qu'il devait s'éloigner d'ici et trouver un refuge qui saurait le protéger de l'attention des Aurors.
Parce que sa vie en dépendait.
Jour 2
Les parcs nationaux du nord de l'Angleterre semblaient tous sauvages et déserts, s'étendant à perte de vue dans un océan émeraude. La pluie tombait doucement sur le visage d'Harry, persistante mais pas aussi froide que ne l'était le crachin de l'hiver. Elle était au contraire apaisante, lavant son cœur de la peur et de la solitude qui l'habitait. Elle était une compagnie, tout autant qu'elle était une couverture qui le cachait des yeux des autres. Et ici, dans ce royaume de la nature où nulles âmes ne vivaient, Harry se sentait plus protégé qu'il ne l'avait jamais été auparavant.
Cependant, tout comme le ciel, qui, maintenant, était obscurcit par les nuages, l'avenir du jeune sorcier ne semblait plus aussi lumineux qu'il l'avait été dans la matinée. La terre sauvage qui l'avait accueillit avait soudainement révélé les dangers qu'elle cachait, des dangers qui cherchaient à le nuire de la même manière qu'ils l'auraient fait à sa propre époque. A quoi bon être libre si Voldemort pouvait toujours le tuer d'un sort ? A quoi bon disposer de temps supplémentaire si les Aurors pouvaient à tout instant l'emprisonner dans les sombres salles du Département des Mystères… ?
Le Département des Mystères…S'il y avait bien un endroit qu'Harry ne voulait plus jamais visiter de sa vie, c'était bien le Département des Mystères. Les hautes étagères de la salle des Prophéties hantaient toujours ses cauchemars, semblables à de grandes et dangereuses arches d'où s'échappaient le râle des morts et du destin. Et Harry ne pouvait pas empêcher son esprit d'imaginer ce que le Ministère voulait faire de lui s'il était un jour ramené là bas… Et si le cerveau qu'il avait vu nager dans l'une des cuves était en réalité celui de son homologue plus adulte, séparé de son corps pour que ses connaissances du futur soient les plus concrètes possibles. Et si le râle qu'il avait entendu de l'autre coté du voile était le sien, envoyé là bas en digne punition pour avoir enfreint les lois qui régissaient le temps ?
Comment pouvait-il seulement se sentir en sécurité quelque part si, à n'importe quel moment, il pouvait être trainé dans un endroit aussi effrayant que ne l'était le Département des Mystères ? Là où tout était possible, indépendamment de la logique et des frontières de l'imagination ?
A chaque fois que son esprit imaginait ce qu'il risquait de vivre dans les sous-sols du Ministère, la terreur resserrait son emprise autour de son cœur, le poussant à s'accrocher à son balai et à aller toujours plus loin. Il craignait qu'un seul arrêt sur la terre ferme soit suffisant pour être retrouvé par les deux aurors qui avaient été envoyés à sa poursuite. Il craignait d'être condamné à ne plus jamais voir la lumière du jour se lever, à ne plus jamais revoir ses amis et à ne plus jamais être capable de sauver ses proches.
Et il avait d'autant plus peur qu'il était désormais seul. Il n'avait plus personne à protéger. Plus personne pour l'aider. Plus personne pour lui donner la force de dépasser ses sentiments, ses doutes et ses peurs, même dans les pires moments. Alors il continuait à voler et à se raccrocher à la liberté. Il continuait à voler, dominé par la peur de perdre cet avenir qu'il avait tout juste entraperçu, un peu plus tôt dans la journée.
Et il continua à voler, même lorsque le jour toucha à sa fin et que les températures chutèrent au fur et à mesure que le soleil disparu à l'horizon. Il brava bientôt l'obscurité de la nuit et défia la fatigue qui menaçait de submerger son corps. Cependant, Harry ne put poursuivre son voyage que quelques heures de plus avant que l'épuisement, le froid et la faim n'eurent finalement raison de lui. Lorsqu'il se résolu enfin à atterrir au milieu d'un petit village moldu perdu au milieu du parc national du Lake District, le quart de lune se levait gentiment pour percer les lourds nuages gris qui peuplaient le ciel.
L'endroit où il s'était stoppé était pittoresque. D'anciennes maisons en pierres côtoyaient de grandes demeures blanches, sans doute récentes ou rénovées. La bourgade ne comportait que quelques habitations et était lovée au cœur d'un vallon, entre une petite rivière d'eau claire et d'incroyables collines sauvages. Au croisement d'une route, près de l'entrée du village, se trouvait un panneau de signalisation bicolore assez ancien portant le nom de Dockray. Si Harry ne parviendrait pas à localiser ce lieu sur la carte du Royaume unis, il savait en revanche qu'il se situait non loin de l'Écosse, là où il espérait y trouver une cachette sûre.
L'hôtel touristique se trouvait dans une grande maison blanche, au cœur du village. L'entrée était confortable et chaleureuse, signant avec un traditionalisme anglais de riche facture. La femme qui l'accueillit le fit avec chaleur, même si elle semblait se poser des questions sur ses étranges bagages. Heureusement, elle resta silencieuse et laissa Harry prendre place dans l'une de ses chambres.
La pièce était confortable bien que rudimentaire. Un grand lit occupait tout l'espace disponible, semblant si douillet que le jeune homme se surprit soudainement à vouloir se lover à l'intérieur et à ne plus se réveiller avant au moins une année entière. Dans la pièce, il y avait aussi un accès à une petite salle d'eau qui semblait relativement récente. Et, sur le mur du fond, se trouvait une grande fenêtre de plein pied donnant sur la route, couverte par un lourd rideau aux motifs colorés qu'Harry aimait beaucoup.
Cet endroit n'était pas vraiment l'idée que le jeune homme se faisait d'un lieu où il serait en sécurité mais, pour la nuit, il saurait s'en contenter. Il ferma alors la porte à clef derrière lui et soupira profondément de fatigue. Maintenant qu'il pouvait relâcher sa garde, il sentait l'épuisement peser lourdement sur ses épaules. Seule l'eau chaude d'une douche salvatrice lui permit de détendre ces muscles raidis par le long voyage et le stress causé par sa situation nouvelle.
Une fois propre, Harry ouvrit simplement la fenêtre pour Hedwige avant de finalement s'effondrer du sommeil du juste sur le confortable lit de l'hôtel.
Mais hélas, sa nuit ne dura pas plus de quelques heures. Il faisait encore sombre dehors lorsque, soudainement, le tapotement effréné d'un bec contre une vitre brisa le silence, poussant Harry hors de son sommeil. L'espace d'un instant, le jeune homme fut tenté d'ignorer le bruit pour continuer à dormir mais lorsqu'il entendit sa belle Hedwige insister encore et encore pour rentrer à l'intérieur de la pièce, il céda enfin à son appel et se releva.
- Qu'est-ce qu'il y a Hedwige ? grommela le sorcier d'une voix épuisée tout en ouvrant la fenêtre.
L'air était frais à l'extérieur, réveillant un peu le jeune sorcier. Certaines étoiles jouaient avec les lourds nuages de pluie tandis qu'un petit vent s'amusait à emmêler ses cheveux. La chouette s'engouffra finalement par l'ouverture pour se poser sur l'épaule de son maitre avant de pincer douloureusement son oreille.
- Aïe ! Doucement ! Qu'est-ce que… ?
- … Quelqu'un avec d'étranges affaires ? Une cape comme la notre, un bâton, un crapaud, un chapeau pointu ?
La voix d'une femme raisonnait dans la nuit, sérieuse et mystérieuse. Harry sentit tout son corps se figer alors que son regard fut brusquement attiré par un faisceau de lumière en contrebas. Sur le palier, au niveau de la porte d'entrée, se trouvait trois silhouettes. L'une d'entre elle était la femme qui l'avait accueillit, un peu plus tôt dans la soirée. Elle était vêtue d'une longue robe de chambre et d'un bonnet de nuit assez ringard, et tenait entre ses mains une vielle lanterne à huile. Elle faisait face à deux autres personnes, une femme et un homme. La première avait de magnifiques cheveux couleur de feu tandis que son collègue, qui avait une tête de plus qu'elle, avait une apparence sévère mais soignée.
Tous deux portaient une tenue classique d'Auror et gardaient fermement la main sur leur baguette.
- Il y avait bien ce gamin qui voyageait avec un balais mais il ne m'a pas semblé si étrange que ça, songea la femme.
Harry sentit instantanément son sang se glacer dans ses veines. Il allait être attrapé. S'il ne faisait rien, il allait être attrapé par le Ministère. La vision du cerveau barbotant dans un étrange liquide lui revient en mémoire, sombre promesse de ce qu'il allait devenir s'il ne fuyait pas dès maintenant. Le jeune homme se tourna alors vers sa chambre et attrapa ses affaires, son sac et son balai, prenant garde à ne rien oublier derrière lui. Il jeta finalement un dernier coup d'œil à l'extérieur et vit à ce moment là les deux aurors entrer dans l'hôtel, sans doute en route vers sa chambre.
Poussé par la peur et l'adrénaline, Harry ouvrit en grand la fenêtre et enjamba son balai pour le lancer à pleine vitesse vers les cieux. Ce ne fut que lorsqu'il fut caché par les lourds nuages de pluie qu'il se sentit de nouveau en sécurité, même s'il ne stoppa pas sa fuite pour autant. Il préféra au contraire voler le plus loin possible de Dockray afin de s'éloigner de ces deux sorciers chargés de le traquer.
Jour 4
La vie en cavale était difficile. Pour Harry, elle signifiait se nourrir de boites de conserves froides, perché sur une branche d'arbre, à l'affut du moindre bruit. Elle consistait à braver les nombreuses tempêtes de pluies qui balayaient les côtes d'Écosse. Elle rimait avec passer sa nuit à chercher une cachette dans les aspérités d'un rocher. C'était la faim qui rongeait les entrailles. C'était le froid qui gelait les os. C'était la soif qui n'était étanchée que par les gouttelettes d'eau. C'était la solitude et le silence qu'Hedwige peinait à combler. Et, surtout, c'était la peur, la terreur et l'angoisse qui restaient à ses cotés, tapies dans son ombre, rappel constant du danger qu'il courait.
Et il y avait aussi la fatigue. Elle s'exprimait dans les courbatures qui tendaient chaque muscle de son corps. Dans le mal de tête qui tambourinait constamment contre ses tempes. Ou dans ces précieuses secondes perdues quand il peinait à rouvrir les yeux après avoir eu le malheur de les fermer trop longtemps.
En vérité, depuis qu'Harry avait entamé ce voyage dans le temps, jamais encore il n'avait pu s'offrir une véritable nuit de sommeil. Les aurors le retrouvaient toujours quand il avait le malheur de rester plus de quatre heures au même endroit. Heureusement, le jeune homme parvenait à chaque fois à leur filer entre les doigts, grâce à la vigilance de sa précieuse Hedwige et à la vitesse de son fidèle Éclair de Feu.
Mais il avait conscience qu'il s'en tirait toujours de justesse. Il ne devait sa survie qu'à sa légendaire chance qui lui permettait de sortir vivant de toutes les situations périlleuses dans lesquelles il se retrouvait. Combien de temps pourrait-il vraiment jouer à ce jeu du chat et de la souris… ? Combien de temps pourrait-il encore fuir alors que chaque nouvelle rencontre entre lui et ses poursuivants les amenaient un peu plus près du jeune homme.
Comme ce jour, où Harry avait presque vu sa fin se dessiner sous ses yeux.
Le sorcier se souviendrait certainement de ce moment toute sa vie. C'était le quatrième jour après son voyage dans le temps, s'il s'en référait au nombre de nuits difficiles qu'il avait traversées. A cet instant là, la fatigue était devenue tellement intense qu'il avait du prendre des pauses régulières pour éviter de s'endormir à bord de son balai. Comme il finit par comprendre qu'il ne devait jamais rester à un même endroit trop longtemps, il avait alors découpé ses nuits en siestes, se contentant de quatre courtes heures pour répondre à tous ses besoins vitaux.
Seulement Harry avait beaucoup de sommeil à rattraper, trop pour qu'il ne puisse réellement se contenter du peu de temps qu'il s'accordait. Ce jour là, le corps du jeune homme avait réclamé son du, et ce dernier n'avait pas trouvé la force de lutter contre pour se réveiller avant l'arrivée de ses poursuivants. Et ce, malgré l'éclatant soleil qui brillait haut dans le ciel, dominant les pâles nuages qui traversaient la voute céleste.
Harry avait trouvé refuge dans une immense forêt, non loin de Poudlard. Les arbres y étaient si grands qu'ils cachaient presque la lumière du jour et leurs troncs étaient si larges que l'on pouvait facilement se glisser à l'intérieur si l'on était aussi mince que lui. C'était d'ailleurs là qu'il s'était lové pour se reposer. Au cœur des grandes racines d'un séquoia, dissimulé derrière une masse de buissons sauvages. Il avait caché toutes ses affaires sous sa cape d'invisibilité, à coté de l'entrée de sa cachette. Autour de lui, la pierre et la nature se mélangeaient en un ensemble magnifique qui lui semblait infranchissable. Et la sérénité des lieux avait rapidement eu raison de la peur et de la méfiance du jeune homme, qui avait finit par s'endormir dans un profond sommeil.
Ce fut la sensation d'un danger proche qui le tira de ses doux rêves. Il constata rapidement qu'Hedwige n'était étonnamment pas à ses cotés, et que la forêt autour de lui s'était faite bien silencieuse. Les oiseaux ne chantaient pas, les petits animaux ne courraient pas autour de lui et les arbres mêmes semblaient retenir leur respiration.
Mais avant même qu'Harry ne put songer à quitter les lieux, le bruit d'un pas lourd sur les feuilles le coupa dans son élan. Il fut bientôt suivit par le bruissement de buissons que l'on traversait et le sifflement caractéristique d'un sort utilisé pour écarter les branches basses des arbres. Sans aucun doute, des sorciers étaient présents ici et Harry n'eut pas besoin de réfléchir longtemps pour comprendre qu'il s'agissait encore une fois de ses poursuivants.
La peur le saisit une nouvelle fois à ce constat, resserrant son étreinte autour de lui comme si elle voulait l'étouffer, renforcée par l'épuisement de son esprit et de son corps. Il se remémora vivement de chaque salle du Département des Mystères et sentit son corps entier se tendre, et se préparer à fuir pour éviter ce funeste destin. Mais cette fois, il était bel et bien prisonnier, sans aucune issue pour s'en sortir. Son balais et son sac étaient sous sa cape d'invisibilité, trop loin pour qu'il ne puisse les attraper. De même, sortir de sa cachette ne ferait que le mettre à découvert.
Il était piégé dans le refuge de fortune qu'il avait trouvé.
Au travers des branches qui le protégeaient encore, Harry put bientôt distinguer la chevelure de feu de cet auror que le jeune homme avait appris à reconnaitre et à craindre. Il s'agissait d'une petite femme agile et nerveuse, qui avait de magnifiques yeux bleus océan. Elle était sérieuse, soigneuse et méthodique dans son travail, même si elle respirait la joie de vivre dans sa manière de bavarder constamment.
Elle était suivit d'un auror à la peau brune, bien plus sévère et plus consciencieux qu'elle. Lui était toujours silencieux mais il avait un regard acéré qu'Harry ne voulait jamais croiser. Il ne doutait pas que dans un combat face à cet homme, jamais il ne pourrait gagner. Cet adversaire avait l'air bien trop expérimenté et bien trop vif pour perdre face à un gamin comme lui.
- Ca fait un moment qu'il est là, non ? demanda ce dernier d'une voix profonde et concentrée, tout en balayant chaque centimètre carré du regard.
- Oui, répondit la femme en avançant entre les arbres tout en regardant une sorte d'étrange appareil. S'il est partit, il l'a fait à notre approche. D'habitude, quand on arrive, la trace est moins fraiche.
L'artefact qu'elle tenait ressemblait à un scutoscope enfermé dans une surface en verre qui rappelait à Harry les magnifiques cartes du ciel bombées de Sinistra. Deux antennes étranges sortaient de l'appareil, semblant danser sur le son d'une mélodie que le jeune homme n'entendait pas. Mais de toute évidence, c'était grâce à ça que le Ministère arrivait à le traquer.
- Toujours pas de trace de magie ? demanda l'homme en relevant la tête pour tenter de percevoir la potentielle présence d'Harry entre les branches des arbres.
- Non toujours pas, répondit sa collègue, songeuse. Il y a juste la trace résiduelle du Retourneur de temps. De toute évidence, il n'a pas encore utilisé sa baguette.
L'homme soupira profondément et quitta bientôt le champ de vision d'Harry pour faire le tour des arbres et fouiller certains buissons à la recherche de la moindre trace de sa cible. Sans le savoir, il passa très près du sac du jeune homme et ce dernier sentit une goutte de sueur couler le long de sa tempe. Actuellement, il avait la sensation que sa vie ne tenait qu'à un fil, qu'à une maladresse, qu'à un bruit.
- C'est à se demander si c'est vraiment un sorcier, grommela l'homme d'un ton rageur. Pourquoi il n'utilise pas sa baguette ?
Harry écarquilla les yeux à ces mots et ses doigts se resserrèrent un peu plus sur sa baguette de houx. Jusque là, il n'avait effectivement jamais fait de magie pour survivre, ne comptant que sur sa cape d'invisibilité et sur son balai pour s'en tirer. Cela avait-il vraiment eu une influence sur sa capacité à échapper au Ministère ?
- La femme de l'hôtel a dit que c'était un adolescent. Il doit sans doute avoir peur que la Trace ne signale sa position, raisonna la voix de la femme, à raison d'ailleurs, mais elle fut coupée par son collègue.
- C'est stupide. Comme si une Trace pouvait voyager dans le temps.
- Peut-être qu'il s'est juste bien renseigné alors, reprit la femme en soupirant avant de rejoindre l'homme de l'autre coté de l'arbre. Je ne suis pas dans son esprit mais je trouve ça plutôt malin de sa part de ne pas lancer de sorts. Après tout, c'est parce qu'on piste les signatures magiques que nous avons pu attraper des voyageurs temporels autrement plus âgés et dangereux que lui….
- Tais-toi, McKinnon. S'il est encore là, il peut t'entendre, coupa l'homme d'une voix autoritaire et le silence reprit place dans la forêt, un silence seulement coupé par le bruit des pas des aurors sur les feuilles d'arbres fraichement tombées.
L'esprit d'Harry était en ébullition sous l'importance des informations qu'il avait involontairement reçues mais le jeune homme essaya de ne pas se focaliser dessus et de garder son attention entièrement tournée vers les deux aurors. Ces derniers avaient le nez en l'air pour percer les feuillages des arbres ou cherchaient une trace de son passage dans les crevasses des rochers. Le plus âgé finit même par regarder au cœur des racines des arbres voisins, se rapprochant inexorablement du refuge d'Harry.
Il finit même par déplacer quelques branches qui cachaient le fugitif aux yeux du monde et ce dernier ne put que regarder, impuissant, les bottes de l'auror se rapprocher de lui. Il pouvait presque saisir le moment où l'homme allait le stupéfixier, avant de l'emmener au Ministère. Il pouvait presque entendre le chef des aurors l'interroger. Il pouvait presque voir les employés du Département des Mystères le trainer derrière eux pour le faire descendre dans les entrailles du grand bâtiment anglais.
Jamais son cœur n'avait battu aussi fort et, pourtant, il avait vu Voldemort renaitre de ses cendres, juste devant ses yeux.
- Altman, tu vois bien que seul un enfant de quatre ans pourrait se cacher dans ces racines, raisonna finalement la voix de McKinnon, ce qui arrêta net son collègue dans ses recherches. La zone que l'on a à fouiller est encore grande. Il vaudrait mieux aller voir plus loin.
- J'espère juste qu'on aura arrêté ce fichu gamin avant de perde sa trace, grommela l'auror d'une voix basse, mais il était si près d'Harry que celui-ci ne put qu'entendre cette phrase.
Altman finit alors par se redresser et contourna de nouveau l'arbre pour rejoindre sa collègue. Harry les entendit s'éloigner, tendant l'oreille au moindre de leur bruit et à la moindre de leur conversation. Ce ne fut que lorsqu'il les jugea suffisamment loin qu'il sauta discrètement sur ses pieds avant d'aller attraper son sac, son balais et sa cape, et de filer le plus loin possible de cette zone maudite où il avait faillit être attrapé.
Ce ne fut qu'une fois au dessus de Pré-Au-Lard qu'Harry put enfin s'autoriser à réfléchir sur ce qu'il avait appris de cette mésaventure. D'une part, il avait enfin la preuve que le Ministère avait définitivement un moyen de le retrouver, et que jamais il n'aurait la paix tant qu'il aurait sur lui cette étrange trace résiduelle du Retourneur de temps. Mais, de toute évidence, cette magie finirait par s'affaiblir et disparaitre, sinon les aurors ne chercheraient pas cette « signature magique » qui pourrait leur permettre de le traquer plus précisément.
La seconde chose qu'Harry comprenait, c'était qu'il ne devait en aucun cas faire de la magie. C'était parce qu'il ne s'y était pas risqué avant, par peur d'alerter ses poursuivants à cause de la Trace placée sur les sorciers mineurs, qu'il s'en était sortit jusqu'à maintenant. Il devait donc agir de la même façon que les derniers jours pour espérer enfin avoir la paix.
Mais le jeune homme avait surtout conscience que, plus que jamais, il s'en était sortit de justesse. Au fond de lui, il le savait, ce n'était qu'une question de jour avant d'être trop fatigué pour se réveiller à temps.
Et il n'avait toujours aucune idée de ce qu'il devait faire pour assurer son avenir dans cette nouvelle et dangereuse époque…
La suite dans deux semaines !
A bientôt
