Chapitre X
De Pélagiad à Coeurébène
Alinor ne prévoyait pas de revenir de sitôt à Pélagiad, surtout pas de nuit.
En passant dans les larges rues de la petite ville fortifiée, Alinor tint fermement la poignée de son épée d'argent. Elle était sur le qui-vive, s'attendant à chaque instant qu'un assassin jaillisse de la pénombre d'une ruelle pour les attaquer.
Elle s'en désola presque : jamais elle n'aurait pensé en arriver là en étant une Disciple de Stendarr. Devenir l'ennemie de mages peu éthiques ou de monstres ne la dérangeait pas mais se faire agressée parce qu'elle défendait les Mortels des Abominations ? Cela lui paraissait toujours inconcevable.
« Ne soyez donc pas si paranoïaque, lui chuchota Almasea. On dirait que vous vous attendez à ce qu'un assassin surgisse pour nous tuer. Il n'y a rien de tel à Pélagiad.
— Vous pourriez être étonnée… répliqua Alinor. La dernière que je suis venue ici, un membre de la Confrérie Noire m'a agressé. »
Les yeux rouges de la devineresse s'écarquillèrent de surprise à cette information, avant que son visage se fige dans une expression soucieuse et réfléchie.
Alinor ne chercha pas à savoir le fond de ses pensées et ouvrit la porte de la Taverne de Michemin. Elle entra aussi nonchalamment et distraitement possible dans l'auberge pour ne pas attirer l'attention et scruta la salle, bondée en cette heure tardive.
Son regard se posa sur une silhouette familière, qui balançait sa chaise en arrière pour tranquillement poser ses pieds sur la table en buvant une bouteille de matze.
Alinor cligna des yeux, incrédule. Il était bien dans cette taverne, exactement là où n'importe qui s'attendait à le trouver…
Ce voleur est décidément très stupide…
Elle ne pensait pas qu'il y avait pire que les coupe-jarrets de Cyrodiil en terme d'idiotie mais ce Dunmer n'était pas mal dans son genre non plus. Elle soupira doucement et resserra son emprise sur son épée en s'approchant de la table de Nels Llendo, ignorant délibérément les regards suspicieux lancés dans sa direction.
Dans une plénitude complète, le brigand n'ouvrit les yeux que lorsque l'ombre d'Alinor fut sur lui. Il jeta un regard réprobateur à la personne venue le déranger, jusqu'à ce qu'il remarque de qui il s'agissait.
« Oh, ma belle étincelle, susurra-t-il de sa voix suave et confiante. Qu'est-ce qui vous amène ici ? »
Il fallut tous les efforts du monde à Alinor pour ne pas tirer son épée et la pointer sous le menton du brigand. Ainsi, plutôt que de risquer d'alerter toute la garde de Pélagiad, elle le foudroya du regard et répondit sèchement :
« Rendez-moi ce que vous m'avez pris, voleur.
— Ce que j'ai pris ? Hé bien, je reconnais qu'il se peut que je vous ai volé votre coeur mais c'est le destin de bien des femmes qui rencontrent le séduisant Nels Llendo et… »
Tant pis pour être discrète…
Alinor leva la pointe de son bâton de verre qui vint effleurer le cou du malandrin, qui se tut comme presque toute la salle. Puis, comme s'il s'agissait d'un évènement courant, tous se remirent à discuter avec allégresse comme si de rien n'était.
« Je suis sûre que ceci va vous faire retrouver la mémoire, siffla Alinor avec énervement. Regardez cette arme. Êtes-vous certain de ne pas vous rappeler avoir volé la gemme noire qui l'ornait et… »
Une main se posa sur le manche du bâton et l'écarta doucement du cou du Dunmer. D'un seul coup d'œil, Almasea força les quelques curieux qui regardaient la scène à retourner à leurs occupations avant de murmurer :
« Je ne pense pas que nous ayons besoin d'en arriver là, Alinor.
— Je suis bien d'accord », ajouta maladroitement Nels Llendo en massant son cou.
La Bréton tressaillit pendant qu'un sentiment de culpabilité l'envahit. Elle n'aimait décidément pas comment elle perdait ainsi le contrôle d'elle-même depuis quelques temps, à cause de cette infâme île et de tous ses dangers qui la forçaient à être sans cesse sur le qui-vive.
Elle soupira et déclara :
« Contentez-vous de me remettre ce que vous m'avez volé et nous partirons.
— Pourquoi pensez-vous donc que je l'ai ? rétorqua Nels Llendo. Peut-être l'ai-je déjà vendu ? Ou bien que ce qui vous a été volé n'a jamais été en ma possession… »
Avant qu'Alinor puisse répliquer, Almasea prit la parole :
« Nous n'avons pas le temps pour vos petits jeux, aigrefin. Rendez-lui ce qui lui appartient ou je m'assurerai que vous soyez remis par la Légion impérial aux Ordonnateurs ; pour un séjour durable au Ministère de la Vérité… »
À cette menace, Nels Llendo pâlit. Il déglutit et posa sa bouteille vide pour s'asseoir plus convenablement.
« Doucement, ma dame. Nous ne sommes pas obligés d'en arriver là… »
Alinor arqua un sourcil, auquel Almasea répondit par un sourire qui voulait dire ''je vous expliquerai plus tard''.
« Je l'espère bien, déclara la devineresse avec autorité. Alors ? Cette gemme noire ?
— Pas si vite, déclara Nels Llendo, qui semblait avoir repris ses esprits. Je suis en position de force, ici. Vous savez qu'elle vaut une fortune, cette gemme noire ? J'ai pensé qu'il était juste que je me rémunère après que vous ayez rompu votre part du marché lors de notre altercation avec la Camonna Tong, ma belle étincelle.
— Vous l'avez vendu ? s'indigna Alinor.
— Peut-être que oui, peut-être que non ? Peut-être la gemme est cachée là où seul moi peux la trouver…
— Ou peut-être mentez-vous, interrompit froidement Alinor. Si on vous assomme et qu'on vous fouille, je suis sûre que nous la trouverons.
— Êtes-vous vraiment prête à tenter votre chance, ma belle étincelle ? »
Elle serra les dents.
« Que l'Oblivion vous emporte, cracha-t-elle. Que voulez-vous ? De l'argent ?
— Peut-être bien… Il me semble que cette gemme a une valeur particulière pour vous, n'est-ce pas ? Que seriez-vous prête à échanger pour que je vous la restitue ? »
En cet instant, Alinor voulut jeter tous les bons préceptes et enseignements de Stendarr par la fenêtre pour intimider ce sale voleur jusqu'à ce qu'il cède et lui rendre la gemme noire.
Elle ferma brièvement les yeux et se répéta mentalement : Venez à moi, Stendarr, car sans vous, je serais sourde à l'essaim des hommes qui murmure à l'oreille de mon peuple, et j'oublierais leur besoin de confort et de sagesse, je pourrais me laisser aller à des rédactions vaines.
Elle considérait que cette prière était particulièrement propice à la situation actuelle qui semblait presque une épreuve placée là par les Divins pour voir si elle la surmonterait en respectant les principes qu'elle avait juré de suivre. Puis, en y réfléchissant mieux, elle était certes en colère contre Nels Llendo mais ne pouvait se résoudre à le détester suffisamment pour vouloir lui faire du mal.
Elle soupira donc et se força à faire un pas en arrière.
« Pour l'amour des Neuf Divins, arrêtez de vous obstiner ! Nous sommes pressées et n'avons pas de temps à perdre avec vous mais je ne quitterai pas cet endroit sans cette gemme noire et vous le savez pertinemment. Donc soit vous me la remettez, soit je vous remet à la garnison impériale de Pélagiad.
— Pour ma part, j'ai tout mon temps, moqua le brigand. Mais je suis curieux, maintenant. Où vous rendez vous, ma belle étincelle ?
— Cela ne vous regarde pas.
— À Longsanglot. »
Alinor jeta un coup d'œil confus à Almasea mais celle-ci lui offrit un sourire énigmatique. La devineresse semblait prévoir quelque chose, alors elle la laissa prendre les devants.
« Longsanglot ? répéta Nels Llendo avec curiosité. Qu'allez-vous faire là-bas ?
— Qui sait ? rétorqua Almasea. Il y a bien des choses à faire à la capitale… »
Le voleur plissa des yeux et frotta distraitement sa barbichette.
« La chance est avec vous, mesdames. Aujourd'hui, le célèbre Nels Llendo se sent d'humeur clémente et va accepter de céder son butin en échange d'un simple service. Je vous rend la gemme noire… si vous me laissez vous accompagner à Longsanglot. Je ne serai pas contre un voyage gratuit à la capitale.
— C'est d'accord mais dès que nous mettrons un pied là-bas, vous remettez à Alinor la gemme noire.
— Bien sûr. Nels Llendo est un Dunmer d'honneur et tient parole. Laissez moi juste rassembler mes affaires et je vous rejoins. »
Elles le regardèrent se lever maladroitement et tituber vers les escaliers. Dès qu'il fut hors de porté, Alinor se pencha vers Almasea et chuchota :
« Comment avez-vous fait cela ? »
Le changement soudain dans l'attitude de Nels Llendo la laissait perplexe. C'était comme si la devineresse avait usé de l'éloquence si particulière et insidieuse des Impériaux pour le faire changer d'avis en une fraction de secondes. S'était-elle servie d'un quelconque sortilège magique sans que personne ne l'ait remarqué ? Était-ce même possible ?
Almasea la dévisagea en silence mais à l'instant où Alinor crut qu'elle allait tout lui dire, la devineresse secoua la tête et répondit simplement :
« Disons que je sais me montrer persuasive. Un avantage de mon rang au sein du Temple de Morrowind. »
Alinor comprit qu'il ne fallait pas insister et dès que Nels Llendo réapparut, ils quittèrent la Taverne de Michemin.
. . .
La route pour Seyda Nihyn n'était pas longue mais fut rallongée par le pas hasardeux et partiellement ivre de Nels Llendo.
Alinor ne pouvait que supposer qu'il était ivre depuis la veille au soir quand ils l'avaient rencontré dans la taverne – voir même avant – et outre l'exaspération qu'elle ressentait, elle ne pouvait s'empêcher de s'interroger sur les raisons de la beuverie du brigand. Il lui semblait qu'elle remontait à cette fameuse nuit où ils avaient attaqué le Club du Conseil mais qu'est-ce qui pouvait tant tourmenter le Dunmer qu'il essayait de noyer son chagrin dans l'alcool ?
Bien que c'était une excellente question à poser, ce n'était pas le meilleur sujet de conversation alors Alinor préféra ne rien dire. Nels Llendo, lui, ne semblait pas apprécier le silence puisqu'il le rompit en disant :
« Hé, ma belle étincelle ! Vous ne m'avez pas dit ce que vous alliez faire à la capitale.
— Cela ne vous regarde pas, rôdeur.
— Aïe, vous me blessez, gémit le bandit en posant une main sur son coeur. Je croyais que nous étions partenaires… »
La Bréton arqua un sourcil, consternée.
« Partenaires, vous dites ? Est-ce pour cela que vous m'avez laissé régler votre note à l'auberge des Huit Plats, en partant comme un voleur au passage ? » répliqua-t-elle sèchement.
Nels Llendo grimaça et passa une main dans ses cheveux.
« Voyons, vous m'en voulez encore pour cette vieille histoire ?
— C'était ce matin. »
Ce fut tout ce qu'ils se dirent jusqu'à arriver à Seyda Nihyn. Alinor songea à faire une halte pour aller s'entretenir avec Sellus Gravius mais y réfléchit mieux et s'en abstenue : bien que l'Empire et les Hlaalu étaient alliés, ces derniers ne semblaient pas apprécier qu'on s'immisce dans leurs affaires.
Ils prirent donc un bateau et longèrent les bords de la Côte de la Mélancolie, passèrent devant l'imposante cité de Vivec et rejoignirent Coeurébène dans le courant de l'après-midi.
Nels Llendo traînait le pas derrière elles, observant furtivement tous ceux qu'ils croisèrent sur le chemin du château.
« Pourquoi êtes-vous si agité ? lui demanda Almasea. Vos méfaits se sont étendus jusqu'ici ? »
Le Dunmer grimaça, ce qui était suffisant comme preuve de sa culpabilité mais il se défendit tout de même en disant :
« Je n'aime pas être entouré de gardes impériaux, voilà tout. Je me tiens à l'écart des places de l'Empire sur Vvardenfell.
— Pourtant Pélagiad est un fort impérial, fit remarquer Alinor. Vous ne l'aviez pas remarqué ?
— Me prenez-vous pour un idiot, ma belle étincelle ? rétorqua Nels Llendo avec un sourire. Pélagiad est un pauvre petit hameau ennuyeux où même les gardes sont paresseux et ivres. Une planque parfaite pour les criminels en tout genre. Son seul défaut est d'être si paisible qu'il n'y a guère de monde à détrousser, ce qui nous force à nous rabattre sur les voyageurs naïfs qui passent près de Pélagiad. Ils ne réalisent qu'après qu'ils ont été dépouillés et évidemment lorsqu'ils sont bien trop loin de Pélagiad pour envisager de revenir sur leurs pas pour se plaindre aux gardes… »
La Disciple de Stendarr roula des yeux et s'adressa à la devineresse :
« Pourquoi nous rendons-nous au château ? Doit-on demander une permission spéciale pour quitter les quais de Coeurébène ? »
Almasea lui sourit mais ne lui répondit pas.
Ils gravirent les marches menant au château et traversèrent le pont qui donnait sur les portes de la Salle du Grand Conseil, dans laquelle ils entrèrent.
Alinor ne passait jamais par ici lorsqu'elle se rendait à la Chapelle du Culte Impériale et fut donc étonnée par le calme intimidant de la pièce. Seuls leurs bruits de pas venaient troubler le silence des lieux et les rares personnes qui occupaient la salle se tenaient dans l'ombre et discutaient si bassement que leurs voix étaient complètement inaudibles.
« Cet encore est encore plus sinistre que les cachots d'une prison… » marmonna Nels Llendo.
Almasea lui intima de se taire et se dirigea vers un Impérial en uniforme appuyé contre un mur avec une expression blasée.
« Excusez-moi. Je suis à la recherche de quelqu'un qui travaille au château.
— Et donc ? rétorqua platement l'Impérial. Ce n'est pas mon rôle de m'occuper des visiteurs et j'ignore où est celui chargé d'une si basse besogne…
— Pourriez-vous tout de même le faire pour moi ? Je vous assure que c'est important. »
Le soldat la dévisagea mais finit par soupirer et céda :
« Bien… Je suppose que je peux vous rendre ce service, ma dame. Qui cherchez-vous ?
— La Mage Asciene Rane.
— L'envoyée de Cyrodiil ? Et qui la demande ?
— Almasea Ulès, du Temple de Morrowind. »
L'Impérial la regarda étrangement mais opina et disparu derrière une porte. Nels Llendo plissa des yeux avec suspicion.
« Pour quelle raison allons-nous voir une envoyée de Cyrodiil ?
— Ne soyez pas si méfiant. Je ne compte pas vous dénoncer aux autorités de Coeurébène, bien que vous le mériteriez.
— Je suis innocent des crimes dont vous m'accusez. Nels Llendo n'a jamais rien fait qui mériterait de le jeter dans les cachots humides et sombres de la triste Coeurébène. Je ne suis qu'un humble voleur qui ne cause guère de torts à quiconque.
— En dehors de les détrousser, souligna Alinor.
— Il me faut bien gagner ma croûte.
— Pour l'amour des Divins, taisez-vous. »
Le soldat revint en compagnie d'une Impériale vêtue d'une élégante et riche robe rouge. C'était Asciene Rane. Almasea s'approcha d'elle et fit comme tous ceux présents dans la Salle du Grand Conseil : elle s'entretint à voix basse avec elle.
En retrait, Nels Llendo chuchota à Alinor :
« Pourquoi les mages portent-ils tous ces robes ridicules ? Pas étonnant qu'ils soient les premiers à tomber lors d'un combat. Un bout de tissu ne protège pas du tranchant d'une lame.
— Au cas où vous ne l'auriez pas remarquer, je suis une mage.
— Oui mais vous appartenez de base à un ordre militaire, ma belle étincelle. De plus vous vous battez essentiellement avec un bâton de verre et une épée d'argent donc vous ne comptez pas.
— Vous êtes consternant.
— Si c'est votre façon de dire que je suis observateur, je suis bien d'accord avec vous. Mon côté réfléchi et philosophe a toujours eu du succès auprès des dames. »
Alinor se retenu de souffler d'exaspération. C'était à croire que le Dunmer essayait d'user ses nerfs plus irritant à chaque nouvelle parole. Heureusement, Almasea revint vite vers eux avec une expression satisfaite.
« C'est bon, nous sommes autorisés à nous rendre à Longsanglot. Tout est prêt pour le départ. »
Avant de quitter la salle, Alinor remit au soldat une lettre en lui indiquant formellement qu'elle devait être remise à l'oracle du Culte impérial : c'était un bref rapport qui expliquait sans trop de détails qu'elle avait bien rencontré Sellius Gravus mais qu'elle devait maintenant partir en urgence pour la capitale et donnerait de plus amples explications à son retour – en espérant ramener de bonnes nouvelles.
Ensuite, au grand étonnement d'Alinor et Nels Llendo, plutôt que de repartir en direction des quais, ils furent tous les trois conduits dans une salle isolée du château par Asciene Rane.
La mage leur demanda de se tenir près les uns des autres et plaça ses paumes l'une en face de l'autre en marmonnant des incantations. Le voleur eut un mouvement de recul.
« Hé ! On peut savoir ce qu'elle fait avec sa magie ?
— Calmez-vous, elle va juste nous téléporter, assura Almasea.
— Nous téléporter ?
— N'est-ce pas réservé aux seuls hauts gradés ? » rétorqua Alinor.
Si Iudas et elle avaient pu bénéficier de ce moyen pour venir sur Vvardenfell, ils l'auraient fait plutôt que de devoir traverser une partie des terres de Morrowind et ensuite prendre la mer mais visiblement, être des Disciples de Stendarr ne permettaient pas de bénéficier de telles faveurs.
« Être une ancienne membre du Conseil Hlaalu offre quelques avantages », justifia la devineresse.
Nels Llendo se pencha vers Alinor et lui souffla :
« Je ne sais pas où vous avez trouvé votre amie mais vous devriez la garder, ma belle étincelle. Elle semble avoir autorité sur la plupart des gens de cette île…
— Vous savez qu'elle est à côté de vous et peut vous entendre, rôdeur ? »
Avant que le Dunmer ne puisse répondre, ils disparurent tous les trois dans une fumée mystique bleutée.
Un chapitre qui traîne un peu en longueur et que j'ai essayé de rendre plus agréable avec les belles interactions de Nels Llendo et Alinor. Ne vous en faites pas, le prochain sera plus intéressant.
