À nouveau un grand merci à AmbreKuchiki47 !

On reprend un rythme normal de deux semaines entre les publications, donc le prochain chapitre pour Noël :)

Bonne lecture ~~~


Chapitre 6

Le réveil fut doux.

Il sentait une chaleur bienfaitrice sous lui et n'avait aucune envie de s'en éloigner. Depuis quand n'avait-il pas si bien dormi ? Pourquoi Kenpachi était si confortable ? Il n'avait aucune envie de se réveiller et encore moins de se lever. Il sentait des caresses dans son dos et cela lui provoquaient de délicieux frissons à chaque mouvement.

Un gargouillement sonore lui fit ouvrir un œil.

« Bah alors princesse c'est à cette heure-ci qu'on se réveille ? Je sais que je t'ai épuisé hier et… Ce matin mais quand même. »

Il soupira et s'écarta de son confortable coussin.

« Pourquoi ? Quelle heure il est ?
- Neuf heure et demie… À vue de nez. »

Il ouvrit les yeux et se redressa à toute allure.

« Vraiment mais- S'exclama-t-il.
- Je me suis occupé du room service… De toute façon tu étais pas censé être là, non ? Quoique c'est le mec qui m'a reçu hier qui est monté…
- Il ne t'a rien demandé à mon sujet ?
- Non il a rien dit à part que si on avait besoin de quelque chose il était là… Il travaille tout le temps ce gars pour être là hier et ce matin ?
- Il y a des roulements… Il doit avoir fini maintenant. C'était plus pratique de n'avoir qu'une seule personne au courant. Je ne voulais pas que cela remonte à ma sœur… Enfin surtout mon oncle, cela ne le dérange pas de faire des commentaires et je n'ai pas besoin de ses avis.
- Bonne ambiance dans la famille à ce que je vois.
- C'est juste que… Je sais très bien que Rukia ne ferait pas de remarque mais lui cela lui ferait trop plaisir de critiquer. Déjà que selon lui mon mariage s'éternisait et qu'il n'appréciait pas que je sois avec un homme, enfin, celui-là en particulier.
- Ah bon ? Pourtant c'est bien truc d'élite de se marier entre mec…
- Ça dépend pour qui… Certains considèrent que c'est parce que tu n'es pas capable de te trouver une femme correcte que tu te rabats sur un homme et fait un arrangement. Cependant je crois plutôt qu'il ne supportait pas Sôsuke et maintenant il est encore plus énervé de voir qu'il a obtenu un poste qu'il convoitait.
- On dirait un soap…
- C'est pas terminé… Il aurait aimé que son fils soit placé à la direction du Senbonzakura mais Rukia fait un très bon travaille alors il commence à être aigri.
- Pas l'air commode.
- Ce n'était pas la même époque… Jusqu'à maintenant cela restait rare de voir des femmes alphas à la tête d'entreprise malgré leur statut, ma tante Yuki a été une des premières à occuper un poste aussi important et Rukia fera de même… Elles sont de bons exemples pour Yuzu et Karin.
- Il me semblait pourtant qu'il y en avait eu des femmes cheffes de famille, non ?
- C'était dans des cas particuliers… Je ne sais pas si tu te rappelles de Yoruichi Shihôin au lycée mais dans sa famille par exemple, le droit d'ainesse a toujours prévalu sur le reste ce qui n'était pas le cas chez les autres grandes familles.
- Ah… Les problèmes de riches. »

Byakuya roula des yeux. Il n'avait pas entièrement tort mais cela ne se résumait pas qu'à ça. Leurs familles étaient des exemples alors leurs comportements influaient les autres. La façon dont est traitée les femmes et les discriminations qui découlaient envers les alphas aussi. Ils avaient une part de responsabilité. Il en connaissait les répercutions.

« Si nous allions déjeuner, tu sembles avoir faim…
- Ouais… Mais te rhabilles pas, j'aime bien la vue, sourit-il. »

Byakuya sortit du lit mais prit tout de même un peignoir. Il n'allait pas attraper froid pour lui faire plaisir.

« Ne mange pas trop si tu veux continuer dans la salle de bain. »

Kenpachi haussa les sourcils puis sourit.

« Toi tu paies rien pour attendre. »

Le petit déjeuner fut vite avalé et la salle bain vite bruyante.

o~~O~~o

Ichigo fut étonné de ne trouver personne au réveil mis à part Hanatarô pour préparer le petit déjeuner. Il regarda machinalement vers la chambre de Byakuya mais ne perçut aucun mouvement avant de se rappeler qu'il était sorti la veille… La soirée avait dû s'éterniser ou bien se dérouler. Dans les deux cas il n'avait pas d'avis à émettre, il regarda la télévision et les dessins animés du week-end. Il profita de l'avance qu'il avait prise sur ses devoirs pour trainer à ne rien faire. C'était agréable de temps en temps.

Dix heures et demie passé et toujours aucune nouvelle de Byakuya, cela devenait intriguant. Hanatarô ne semblait pas gêné outre mesure et s'activait en cuisine. Peut-être qu'il l'avait prévenu ? Il ne savait pas s'il pouvait poser des questions ou non.

Son regard se porta sur le piano et il se dit qu'il pourrait retenter. Hanatarô était occupé et il ne ferait pas attention aux bruits avec l'agitation qu'il provoquait dans la cuisine. Il observa la porte et s'approcha discrètement du piano. Il vit que le cahier de solfège n'avait pas bougé. Il se demanda pourquoi ils gardaient un vieux cahier tout abimé, c'était étonnant, ils auraient pu en acheter un neuf et plus à jour sur les méthodes d'enseignement. Il le prit entre ses mains et le feuilleta. Il arriva sur la page de garde et comprit : c'était sentimental. Deux générations qui partageaient le même livret d'apprentissage. Cela devait être réconfortant pour Yuzu de partager indirectement ce moment avec son père, d'apprendre les mêmes musiques que lui et de suivre ses traces. Peut-être était-ce aussi pour ça que Karin se renseignait sur son club de kendo alors qu'elle ne faisait que du foot depuis qu'elle marchait (d'après ce qu'on lui avait dit).

Il commença à effleurer les touches et essaya de suivre les indications. Les notes tremblaient sous ses doigts et les temps ne sonnaient pas juste pourtant il continua et finit par oublier la présence d'Hanatarô. Il appuya sur les touches et laissa les notes résonner dans le salon. Cela avait quelque chose de plaisant de voir des mouvements se transformer en son. Il se crispa en entendant la porte d'entrée s'ouvrir et s'écarta en vitesse. Il savait qu'il n'avait pas être gêné mais… Cela le dérangeait d'être surpris ainsi.

Il se leva et regarda Byakuya entrer et retirer sa veste. Il ne fit pas attention à lui et semblait ailleurs. Il se rapprocha du canapé et le salua. L'homme releva la tête vers lui et lui rendit son salut. Ses yeux regardaient dans le vague. Il n'ajouta rien et monta en silence vers sa chambre. Il entendit la porte claquer et ne sut pas comment interpréter ce moment. La soirée s'était mal passée ? Ou bien ? Ou n'avait-il pas dormi cette nuit ? Il ne savait pas quelle genre d'activité il pouvait pratiquer hors du travail et ce que ses amis avaient sous-entendu laissait deviner une soirée galante.

Avec qui pouvait-il avoir rendez-vous ? L'espace d'un instant l'image de son entraineur passa dans son esprit… Après tout cela pouvait être une soirée amicale… Lui aussi pourrait passer toute une nuit avec ses amis s'il en avait l'occasion. Il entendit la porte s'ouvrir à nouveau et Byakuya réapparut dans de nouveaux vêtements, était-ce ça qui l'avait contrarié ?

« Tu ne t'es pas ennuyé ce matin ?
- Non pas vraiment… »

Il se voyait mal lui dire qu'il n'avait rien fait du matin, ni lui demander comment s'était passé sa soirée !

« Je pensais que nous pourrions aller au Senbonzakura cette après-midi, Karin et Yuzu en ont déjà fait le tour à plusieurs reprises et je pensais que ce serait bien que tu puisses le visiter toi aussi.
- Vraiment ? S'exclama-t-il. Je… Je serais ravi de le voir en vrai, en fait j'avais vu des photos de la façade et celle du site internet mais…
- Tu as fait des recherches ? Le coupa-t-il.
- Un petit peu, histoire de savoir à quoi ça ressemble mais après… Je connais pas l'histoire du lieu.
- Je dois avoir un album, dit-il. Je l'avais pour le montrer aux filles. »

Il s'avança devant la bibliothèque et regarda les étagères. Il chercha du regard et prit un album noir avec une couverture épaisse. Il l'amena sur la table du salon et invita Ichigo à venir à côté lui. Il s'installa et regarda les premières images devant lui : cela ressemblait à des gravures plutôt qu'à des photographie. Le bâtiment dessus ressemblait à une de ces auberges traditionnelles qu'on trouvait sur les cartes postales et devant se tenait une grande famille.

« C'est la plus ancienne image que nous ayons de l'hôtel. À l'époque il s'agissait d'une maison d'habitation, notre famille faisait partie des castes élevés et guerrière. C'est dans les années 20 que nous avons commencé à transformer les anciennes habitations en hôtel. Celui-ci s'appelle le Senbonzakura car il était entouré de cerisiers, aujourd'hui il n'en reste qu'un seul conservé dans la cours intérieure. Nous avons fait plusieurs boutures et récupéré des graines que nous plantons dans les autres hôtels de la famille. »

Il continua et présenta les membres de la famille. Près de vingt-sept générations précédaient Byakuya. Il vit l'évolution de l'hôtel au fil des ans jusqu'à devenir le palace qu'il était aujourd'hui. Il entendait la passion de Byakuya dans sa voix et le respect qu'il vouait à ses ancêtres. Peu à peu les visages devinrent plus familiers.

« Il s'agit de mon grand-père Ginrei avec ses parents. Il tient beaucoup à cette photo car c'est pendant ce voyage à Kyoto qu'il a rencontré Hiro. Un vrai coup de foudre… Tu nous as peut-être déjà entendus en parler mais tous les deux, ils forment un couple destiné. Il n'y en a pas eu beaucoup dans la famille, à dire vrai ils sont les seuls connus.
- Vraiment ? S'exclama-t-il. Je croyais que… Que les couples destinés n'étaient qu'une légende.
- Crois-moi, ils n'avaient rien vu venir. Ginrei venait pour rencontrer sa fiancée. Ses parents négociaient depuis des mois avec cette famille pour étendre leur influence dans la région. C'était une famille influente et cela avait été compliqué d'arriver à un accord. Ils s'étaient même accordés sur la date du mariage. Ils fêtaient leurs fiançailles et il a rencontré Hiro. Ils ont arrêté la fête en catastrophe.
- Que s'est-il passé ?
- Ils… »

Il perçut le malaise chez Byakuya alors qu'il cherchait ses mots.

« Ils se sont évaporés tous les deux. Les couples destinés ne peuvent pas résister au besoin de se lier à leur moitié une fois qu'ils l'ont rencontré. »

Ichigo eut un moment de réflexion avant de comprendre le sous-entendu. Il comprit alors l'aspect catastrophique de la situation : le fiancé qui couche avec un inconnu le jour de ses fiançailles, la famille de la fiancée avait de quoi être en colère.

« Et comment cela s'est terminé ?
- Tous les accords sont tombés à l'eau et il a fallu prévoir un dédommagement mais ils ne pouvaient pas faire autrement. À la place ils ont dû organiser leur mariage en urgence, Hiro n'avait que seize ans… Cela a fait parler. »

Ichigo fut choqué en entendant l'âge, il se voyait mal se marier d'ici un an. Byakuya dut lire dans ses pensées et il aouta :

« C'était une autre époque, il fallait réparer les torts. Ils ne pouvaient rester comme ça surtout après s'être lié. Ils auraient préféré que cela se fasse dans les règles mais il était trop tard.
- Mais alors Hiro est…
- Un oméga. »

Il connaissait les sexes secondaires mais c'était la première fois qu'il y avait un oméga dans son entourage. Byakuya continua de tourner les pages et il put reconnaitre Sôjun sur une des photos, il se tenait à côté de Ginrei et devant eux il vit deux jeunes filles et deux autres enfants collés à Hiro. Ce dernier était assis et tenait un bébé dans ses bras.

« Ils sont six ? Demanda-t-il.
- Oui mais je sais qu'ils avaient eu un autre garçon avant mon père seulement il n'a pas survécu.
- C'est affreux de perdre un bébé, surtout pour de si jeunes parents.
- C'est vrai, Ginrei n'en parle jamais et Hiro… Et bien il lui arrive d'en parler mais aujourd'hui encore il est très ému. »

Il ne pensait pas que Byakuya lui raconterait des histoires aussi personnelles. Son regard se porta sur une nouvelle photographie : il s'agissait du mariage de Sôjun. Il regarda la mariée à côté de lui, une femme qu'il n'avait jamais vue. Elle ressemblait à une poupée de porcelaine et il retrouva les yeux de Rukia.

« C'est… Ta mère ?
- Elle s'appelait Shizuka, Rukia lui ressemble beaucoup dans ses gestes. J'avais dix ans lorsqu'elle nous a quittés. Elle avait une santé fragile. »

Il continua à tourner les pages et Ichigo ne sut quoi dire. Il regarda les nouvelles photos et pu voir les mariages des frères et sœurs de Sôjun puis vint celui de Byakuya et Sôsuke. Il n'aurait pas cru que Byakuya était si jeune lorsqu'ils s'étaient mariés. Bien qu'à y réfléchir les filles avaient neuf ans et Byakuya trente-deux alors il avait vingt-un ans lorsqu'elles étaient nées. C'était jeune pour avoir des enfants.

« Ce sont les jumelles ?
- Oui, elles étaient minuscules, sourit-il. Rukia n'osait pas les prendre dans ses bras mais elle était ravie d'être tata. Cela se termine là mais si tu veux en voir plus, Hiro se fera un plaisir de te montrer sa collection.
- J'en ai entendu parler.
- Yuzu adore ces vieilles photos. Je te laisse regarder un peu plus si tu veux, je n'ai fait que parler. »

Il se leva et partit dans la cuisine. Il revint quelques minutes plus tard avec une tasse fumante et s'assit dans le canapé pour reprendre son livre. Il décida de continuer à feuilleter l'album, cela semblait faire plaisir à son tuteur. Il revint sur la photo de ses parents, ni l'un ni l'autre ne semblaient heureux de se trouver là. Il retrouva cette même expression vide sur le visage de Byakuya pour son propre mariage. Il ne savait pas si c'était le souhait du photographe ou s'ils étaient vraiment indifférents à ce qu'ils leur arrivaient. Cela contrastait avec Hiro qui souriait aux côtés de son époux. Il faisait vraiment jeune mais il n'avait pas l'air de regretter. Difficile de vraiment le savoir avec une simple photographie. Il referma l'album après avoir jeté un dernier coup d'œil aux filles bébés.

C'était étrange, Yuzu lui rappelait quelqu'un mais il n'arriva pas à savoir qui.

o~~O~~o

Ils étaient partis juste après le repas.

Ichigo appréhendait. Il ne voulait pas faire de gaffe, Byakuya était connu et ils se rendaient dans un lieu huppé qui appartenait à sa famille d'adoption. Il avait plus de chance de faire une connerie que de se faire accepter.

Ils arrivèrent devant l'hôtel et il resta sans voix. C'était clairement le genre d'endroit où il n'aurait jamais passé aller. Il resta planté sans voix. Il ne réagit que lorsque Byakuya l'interpella. Il monta les marches et ils furent accueillis en grande pompe. Les portiers leur ouvrirent les portes et s'inclinèrent poliment devant eux. Cela le mit mal à l'aise et il remarqua que Byakuya n'y faisait même pas attention.

Le hall était immense et le style plutôt occidentale. Il s'attendait à retrouver l'ambiance traditionnelle des photos. Les employés étaient tous en costume ou tailleur sombre avec des badges blanc aux bordures dorées. Mizuiro lui avait parlé d'un cerisier en plein cœur de l'entrée mais aucune trace. Ils avancèrent vers l'accueil et Byakuya salua les maitres d'hôtel puis présenta Ichigo. Ils n'avaient pas l'air surpris de le voir et le saluèrent poliment. Il suivit Byakuya silencieusement et regarda autour de lui admiratif.

C'était plaisant.

o~~O~~o

La visite était extraordinaire.

Il se rendait bien compte que certaine chose était exagéré mais… Ça faisait rêver. Il avait vu le cerisier centenaire dans la cour. L'hôtel formait un u et derrière la grande façade se trouvait une arrière-cour avec un pavillon ancien. Il s'agissait de la partie la plus ancienne de l'hôtel. Un salon de thé s'y trouvait avec deux grandes suites traditionnelles. Ils avaient pris un thé dans ce salon avec Rukia. Elle avait fait de détour pour passer un moment avec eux. Elle semblait différente au travail, plus concentrée, plus austère.

Ils repartirent et Ichigo était rassuré d'avoir pu voir en vrai « l'affaire familiale » des Kuchiki, même s'il savait que ce n'était qu'une part de leur travail. Byakuya lui avait parlé de leurs ateliers d'ameublement et de décoration intérieure. Ils avaient diversifié leur activité suite à des faillites d'ateliers avec lesquels ils travaillaient, ils avaient racheté et modernisé certaines lignes. Ils pouvaient créer des meubles et ambiance uniques à leurs hôtels introuvable sur le marché. Ils créaient régulièrement des gammes destinés à d'autres hôtels ou pour des particuliers, la majorité était pour l'export.

Il lui avait parlé de leurs hôtels à l'étranger et de tous les métiers qu'ils regroupaient. Il sentait que son tuteur lui présentait toutes ces opportunités pour le convaincre qu'il pourrait trouver sa place chez eux. Il n'avait pas d'idée de métier en tête mais il voyait qu'il avait un grand choix disponible et… Accessible. Certes il devrait passer par la case grandes écoles mais s'il ne fessait pas de vague, il aurait un travail confortable à la sortie.

Il devrait prendre le temps d'y réfléchir.

Peut-être que ce serait une bonne solution. Il ne savait pas quoi faire de sa vie. Ce qu'il voulait s'était aller voir des films au cinéma, faire des sorties avec ses amis et si possible avoir son diplôme. Il ne voyait pas plus loin que ça. L'avenir s'était loin et… vaste surtout. Quel métier faire ? Avec qui se marier ? Combien d'enfants ? Il devra déjà essayer de se trouver une copine mais dans son lycée… Les choix étaient limités. Et les mecs… C'était pas vraiment son truc. Ça ne le dérangeait pas mais il ne se voyait avec un garçon, à l'avenir cela pourrait changer mais pour le moment il préférait éviter.

Ils rentrèrent et le soleil commençait à décliner. L'atmosphère de nuit en ville était… Enivrante. Il lui arrivait de se promener le soir dans son quartier pour aller faire des petites courses à l'épicerie ou voir un voisin. Puis cela lui revint à l'esprit et il décida de profiter du moment de quiétude de ce trajet pour en parler à Byakuya :

« J'aimerais savoir… Est-ce que je pourrais retourner chez moi, enfin chez mes parents ? Pas forcément tout de suite mais j'aimerais ranger et peut-être récupérer quelques affaires… Si cela ne te t'embête pas. »

Byakuya regarda sa montre. Un instant il se demanda s'il l'avait entendu.

« Tu n'as pas besoin de demander si solennellement. Bien sûr que tu peux y retourner, on peut faire le détour si tu veux.
- Non pas ce soir… Je… »

Il se tut un moment et ne savait comment lui expliquer, après tout il avait aussi perdu sa mère jeune, peut-être qu'il pouvait comprendre.

« J'ai envie d'y retourner mais je ne sais pas trop comment je réagirais… Je me sens pas encore prêt pour ça.
- Tu n'auras qu'à me dire lorsque tu seras prêt. »

Il hocha la tête.

« Tu peux le demander si tu souhaites te rendre sur leur tombe, je pense que les filles aimeraient t'accompagner mais si cela t'embête je m'arrangerais pour qu'elles soient occupées ailleurs.
- J'aimerais juste avoir un petit moment seul mais cela ne me dérange pas qu'elles viennent…
- Soit… Tu n'as qu'à me dire quand tu souhaites t'y rendre.
- Cela te dérangerait si nous y allions maintenant ? »

Il avait dit ça sur coup tête, bêtement, il ne s'attendait pas à ce que Byakuya demande au chauffeur de changer de direction. Il ne pensait pas que Byakuya céderait à cette demande inopinée mais de toute manière ils n'avaient rien de particulier à faire ce soir.

La voiture se gara et il descendit un peu penaud. Il ne pensait s'y rendre ainsi sans avoir prévu d'offrande. Il espérait que ses parents ne lui en tiendraient pas rigueur et il se rattraperait la prochaine fois. Il avança timidement se demandant si Byakuya le suivrait.

« Tu souhaites y aller seul ou je peux t'accompagner ?
- Je veux bien que tu viennes. »

Il avait besoin de courage. C'était la première fois qu'il y retournait depuis l'enterrement. Il avança dans les allées et entendait le sol crisser sous ses pieds. La lueur orangée du soleil se reflétait sur les tombes. Il entendait les oiseaux gazouiller et le vent souffler dans les branches. Difficile de croire qu'ils étaient en centre-ville.

Ils marchèrent en silence et l'adolescent réfléchissait à ce qu'il allait dire, à ce qu'il allait faire. Il s'était décidé sur un coup de tête et maintenant il devait se dépêtrer. Il ne savait pas bien pourquoi il avait invité Byakuya à venir, il avait dit à peine dix minute plus tôt qu'il aimerait passer un moment seul avec eux pourtant il s'empressait de l'appeler à l'aide. Cette journée passait ensemble l'avait rendu plus accessible. Ils commençaient à ressembler à une famille, enfin, ils ressemblaient moins à des étrangers vivant dans la même maison.

Ils s'approchèrent de l'endroit et il commença à ralentir l'allure. Le brun dut sentir le changement et il regarda autour de lui.

« Si cela ne te dérange pas je vais aller chercher un sceau et de l'eau, tu voudras peut-être nettoyer, non ?
- Oui merci. »

Il le vit faire demi-tour et ne sut vers où il allait exactement. Il lui donnait du temps pour s'habituer à l'endroit et aller voir ses parents seul. Il s'arrêta et prit une inspiration. De toute manière il ne pourrait rien changer. Il devrait plutôt en profiter pour leur raconter comment ça se passait pour lui et les rassurer.

Il avança vers les deux tombes étroites l'une à côté de l'autre et s'arrêta devant. Rien ne se passa. Il pensait s'effondrer, se mettre à pleurer ou même fuir mais rien. Il se tenait là, debout sans un mot, à regarder deux grandes pierres gravées. Peut-être était-ce lui qui ne voulait pas admettre qu'il finissait sa phase de deuil ? Il joint les mains et s'inclina.

« Je suis désolé de ne pas avoir pris d'encens… Je suis venu à l'improviste, sourit-il, mais je ne crois pas que vous m'en auriez voulu. J'ai visité un vrai palace aujourd'hui, c'était très bizarre de se retrouver là-dedans mais d'après ce que j'ai compris vos familles respectives étaient de ce milieu alors vous devez mieux connaitre que moi. C'était très beau à voir.

Pour l'école… Je rame mais on dirait que je rattrape l'allure tout doucement alors ça devrait aller. Le couple qui m'accueille vient de se séparer, pour eux ça à l'air d'être mieux ainsi mais leurs filles ont plus de difficultés. Je vous ai parlé de Yuzu et Karin ? Elles sont vraiment adorables et le plus étrange c'est qu'elles m'ont tout de suite accepté comme leur grand frère et… Je crois bien les avoir adopté comme petites sœurs alors je fais mon possible pour veiller sur elles comme il faut. Même si je crois qu'elles n'ont rien à craindre, c'est deux alphas.

Ça aussi c'est étrange, jusqu'à maintenant je ne faisais pas attention à ce genre de détail et maintenant que je suis entouré d'alpha je me sens plus banal. Ce n'est pas forcément mal mais à mon arrivée au lycée ça a ébranlé ma confiance, enfin, maintenant que mes notes s'améliorent et que j'ai pu m'entourer de bonnes personnes j'ai l'impression que c'est mieux. Certains de mes camardes sont vraiment des petits cons… Ou dédaigneux comme on dirait plus poliment. Et les professeurs étaient pas mieux au début, ils trouvaient que je ne comprenais pas la « chance » que j'avais d'être un Kuchiki mais ça à l'air de se calmer enfin. Je crois qu'être entré dans un club m'aide et maintenant je vais arrêter de me laisser faire. Il est temps que je redevienne le Ichigo hargneux que j'étais… Bon je n'étais peut-être pas hargneux mais je me laissais pas faire par deux crétins sous prétexte qu'ils étaient mieux classés que moi et qu'eux savent comment se débrouiller dans l'élite.

Oh ! C'est vrai que je vous parle de club mais je n'ai pas dit ce que c'était : grande nouveauté ! Je fais du kendo, mon entraineur est une brute mais je suis plutôt doué apparemment et je m'amuse bien. Y a pas beaucoup de membre mais les joueurs en dernière années ont la côte et ils ont l'air de m'apprécier alors ça devrait améliorer ma réputation. Byakuya aussi faisait partie de ce club alors je pense que ça doit lui faire plaisir de voir que je… Suis ses traces ? Moi, ça me plait de voir qu'on a quelque chose en commun, au moins ça permet de parler et de pas rester sur des banalités.

C'est vrai qu'il a l'air un peu froid de prime abord mais… Lorsqu'on l'observe un peu, on voit qu'il fait des efforts pour s'occuper de ses filles et passer du temps avec elles. Même avec moi il fait des efforts, la visite d'aujourd'hui et le détour imprévu au cimetière en sont un bon exemple. Il a même accepté de m'accompagner et a eu la politesse de trouver une excuse pour me laisser seul avec vous pour me recueillir. Je devrais le remercier en rentrant tout à l'heure. Je comprends que vous ayez été amis avec Sôjun c'est quelqu'un de bien.

Je me suis éparpillé dans tous les sens mais je crois bien vous avoir dit l'essentiel de ce qu'il se passe dans ma vie. Je suis désolé de ne pas être venu plus tôt mais ça me faisait peur, j'espère que vous comprendrez et ne m'en voudrez pas trop. C'est promis, la prochaine fois je penserais à l'encens et aux offrandes. J'espère que vous reposez en paix et que vous n'avez pas souffert pendant l'accident. Je me débrouille de mon côté comme je vous l'ai raconté alors, ne vous inquiétez pas pour moi.»

Il redressa la tête soulagé d'avoir pu leur parler sans craquer. Il regarda autour de lui et se dit qu'il aurait mieux de le faire avant son long monologue. Il aurait été bien embêté qu'on l'écoute raconter tout ça mais il se doutait que Byakuya devait d'être posté quelque part pour l'observer et savoir s'il pouvait revenir sans couper son moment de recueillement. Son idée se confirma lorsqu'il le vit arriver peu de temps après qu'il eut terminé. Il aurait presque rit en le voyant arriver avec son seau en bois plein d'eau, il n'avait vraiment pas la tenue pour ce genre de travaux. Il se rendit compte qu'il n'était guère mieux placé avec sa chemise, son pantalon et ses chaussures de ville. Les Kuchiki lui avaient offert une nouvelle garde-robe avec « leurs classiques ». Il n'allait pas se rendre dans un hôtel de luxe avec son jean et un de ses t-shirt avec des « 15 » écrits partout. Il ne les passait plus que pour les week-ends voir la nuit pour dormir. (Les t-shirt, pas les jeans soyons clairs.)

Il le remercia et le débarrassa du seau. Il n'allait pas le laisser nettoyer la tombe de ses parents, c'était son devoir et aussi un besoin. Une façon de montrer qu'il pensait à eux et qu'il s'occupait de leur dernière demeure.

Il prit son temps pour nettoyer la poussière et les quelques tâches çà et là. Il retira la mousse qui s'installait sur les socles mais en réalité il n'y avait presque rien à nettoyer. Il remarqua que Byakuya avait pris un moment pour se recueillir. Peut-être voulait-il rassurer ses parents sur sa condition ? Qu'il faisait son possible pour s'occuper de lui ? Il reporta son attention sur les tombes et les rinça consciencieusement en faisant attention à ne pas brusquer ses gestes. Il prit le seau et s'éloigna. Elles semblaient plus brillantes que les tombes avoisinantes.

« Je vais aller le reposer, dit-il.
- Je t'accompagne, j'ai terminé. »

Il s'inclina une dernière fois et le vit faire de même. Il le suivit jusqu'aux abris placés au bout de chaque allée. Il n'y avait pas vraiment fait attention en entrant. Byakuya reposa le seau gravé au nom de sa famille avec les autres. Les Kuchiki avaient dû prévoir cet accessoire lors de l'organisation des funérailles.

Ils retournèrent à la voiture en silence.

o~~O~~o

Hanatarô les attendait.

La table était dressée et il se tenait dans l'entré avec son tablier. Il se tortillait comme un enfant ayant attendu nerveusement le retour de ses parents en retard. Byakuya ne l'avait pas prévenu du détour.

« Vous pouvez servir, dit-il simplement. »

Le majordome hocha la tête et retourna en cuisine à la hâte après avoir rangé leurs manteaux. Ce retard dans l'organisation l'avait rendu nerveux. D'un autre côté, il en fallait peu pour le perturber, il était compétent mais de nature anxieux. Un grain sable suffisait à le chambouler, cela se voyait en gros caractère sur son visage. Byakuya regarda son téléphone et fronça les sourcils. Il avait manqué l'appel des filles dans la voiture. Il lança l'appel et posa le téléphone sur la table. Il n'aimait pas téléphoner pendant un repas et ce n'était guère poli mais il ne pouvait pas laisser ses filles sans réponse alors qu'il était disponible. Il prévint Ichigo alors que les sonneries retentissaient.

« - dis qu'il rappellerait, pas la peine de pleurnicher !
- Je ne pleurnichais pas ! »

Elles n'avaient pas l'air d'avoir remarqué qu'elles avaient déjà décroché. Il ignora le différend entre les jeunes filles et entama la conversation. Il entendit Yuzu balbutier à l'autre bout du fil, elle venait d'être surprise à élever la voix contra sa sœur. Elle s'excusa aussitôt et répondit au bonjour de son père.

Hanatarô arriva avec un plateau chargé et eut l'air de vouloir faire demi-tour mais il lui fit signe d'amener les plats. Il n'allait pas le laisser réchauffer (à nouveau) les plats.

« Je n'ai pas pu répondre tout à l'heure, nous étions sorti et je n'ai pas fait attention à mon portable.
- Où êtes-vous allé ? S'enquit-elle. »

Byakuya se contenta d'évoquer la visite de l'hôtel et Yuzu reprit presque aussitôt la parole pour demander à Ichigo ce qu'il en avait pensé. Elles allaient visiter l'hôtel de Kyoto le Kyoka Suigetsu avec Sôsuke dans la semaine. Yuzu semblait ravie et Karin ne se priva pas pour se moquer de son engouement. Elles recommencèrent à se disputer au téléphone et Sôjun reprit la conversation pour lui annoncer qu'il partirait demain après-midi pour la capitale. Il lui murmura que la journée avait été compliquée et que les filles s'étaient beaucoup disputées. Il allait tenter de leur proposer des activités séparées pour calmer les tensions.

La conversation fut très brève et elles ne protestèrent pas lorsque Byakuya proposa de raccrocher. Il semblait que la mauvaise humeur les ait gagné et ait coupé leur envie de parler. Il fut contrarié de raccrocher dans ses conditions mais au moins ils pourraient manger leur repas chaud ce soir-là. Ils reparlèrent de la journée et allèrent se coucher après avoir regardé la rediffusion d'un vieux film à la télévision.

Byakuya était ravi d'avoir pu passer une journée avec Ichigo. Ils avaient finalement pu passer du temps ensemble. Il regarda son portable avant de se coucher et fut déçu de ne pas voir de message de la part de Kenpachi. Après la matinée qu'ils avaient passée ensemble, il espérait avoir de ses nouvelles. Il décida de faire un pas vers lui et envoya un message.

J'espère que tu es bien rentré. La soirée était agréable j'espère qu'elle t'a plu.

Il verrait bien s'il avait une réponse ou si cette soirée resterait sans lendemain. Il avait espéré que l'expérience se prolongerait mais peut-être que son partenaire s'attendait à autre chose et n'avait guère envie de recommencer.

Il peina à trouver le sommeil.

o~~O~~o

Au matin, il n'avait toujours pas de réponse.

Kenpachi était peut-être occupé, ils n'avaient pas vraiment parlé de leurs projets du week-end. Il se leva contrarié et s'habilla machinalement. Il devrait prévoir une sortie le lendemain pour s'acheter des vêtements moins contraignant. Il partait toujours en vacances à Kyoto alors ses tenues décontractées restaient là-bas. Ce ne serait pas du luxe d'en avoir une ou deux ici aussi. Il traina des pieds et descendit dans le salon. Il remarqua alors qu'aucune lumière n'était allumée. Hanatarô n'était pas arrivé… Il se rappela alors qu'il lui avait laissé la journée. Il se rendit à la cuisine et vit l'heure indiqué sur le four.

6h53

Il n'avait pas fait attention en regardant son portable tout à l'heure. Un dimanche matin, à six heure cinquante-trois, il ne risquait pas d'avoir une réponse de la part de Kenpachi. Il soupira et se prépara un café. Il n'allait pas se remettre au lit maintenant qu'il était habillé. Le temps que son café coule dans la tasse, il alla dans la chambre d'ami chercher un plaid qui trainait depuis des années. Il le jeta sur le canapé en passant et alla récupérer son café fumant dans la cuisine.

Il s'installa confortablement dans le canapé sous le plaid et prit le livre qu'il avait abandonné sur la table basse. C'était l'occasion de terminer ce livre. Il releva la tête une heure plus tard pour aller se servir un thé. Il avait bien avancé dans sa lecture et aurait terminé son roman d'ici la fin de la matinée. Il regarda l'heure et décida de téléphoner pour qu'on lui livre des viennoiseries. Il était en vacances, autant en profiter pour manger des choses qui le sortait du quotidien.

Une vingtaine de minutes plus tard son interphone sonna, le concierge l'informa que sa commande était arrivée et lui demanda s'il pouvait la monter, ce qu'il accepta. Sa commande arriva à sa porte cinq minutes plus tard avec un jeune homme qu'il ne connaissait pas. Il s'inclina, se présenta et lui tendit son paquet. Le jeune homme était en formation dans leur résidence.

Il amena le sac dans la cuisine et fouilla dedans. Il finit par opter pour un croissant, il le mit dans une assiette pour ne pas semer de miettes partout, pris une serviette et l'amena au salon pour continuer sa lecture en grignotant du bout des doigts.

Il avait terminé sa viennoiserie lorsqu'Ichigo descendit. Il bailla et se frotta les yeux sur toute sa descente de l'escalier. Il en profita pour arranger sa position et replaça le plaid sur ses genoux, il n'avait pas besoin d'être plus négligé qu'il ne l'était déjà.

« Hanatarô ne vient pas aujourd'hui, tu as des viennoiseries sur l'ilot. »

L'adolescent hocha la tête et se rendit dans la cuisine. Il ne devrait pas avoir de difficulté à se préparer un petit-déjeuner tout seul. Il aurait eu plus de doutes si les filles avaient dû se débrouiller seules, pas qu'elles ne soient pas débrouillardes mais elles n'avaient jamais eu à préparer leur repas jusqu'à maintenant… Peut-être était-ce juste lui qui s'inquiétait pour rien, après tout il n'avait jamais appris à cuisiner pourtant il se débrouillait. Yuzu et Karin n'étaient plus des bébés, il devrait leur accorder plus confiance à l'avenir.

Il entendit des bruits de verre dans la cuisine et reporta son attention sur sa lecture. Il n'avait pas oublié son objectif de terminer le roman dans la matinée. Il ne savait pas bien pourquoi il s'entêtait, il n'aurait pas d'autres activités pour ses vacances. Il demanderait à Renji de lui faire un point sur son avancement dans lancement de la collection. Il attendrait lundi pour lui envoyer un message. Machinalement il reprit son portable, pas de nouvelle de Kenpachi, il grimaça et préféra envoyer un message à son père pour calmer sa frustration.

Bonjour, tu prends le train à quelle heure ? Tu veux qu'on mange ensemble demain ?

Cela l'occuperait et ils pourraient passer un peu de temps avec son père au moins. Ichigo ressortit de la cuisine et remonta récupérer ses affaires. Comme le reste de la semaine il vint s'installer dans le salon pour réviser. Byakuya ne résista pas à l'appel d'un nouveau café et d'une viennoiserie.

Il finit sa lecture avec ravissement et regarda l'heure. Il devrait s'atteler au repas.

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Ichigo n'aurait pas cru que Byakuya préparait le repas du midi lui-même (à moins qu'Hanatarô ait tout préparé la veille ?). Le brun s'était levé encore plus tôt que les derniers jours. Le travail commençait à lui manquer et il arrivait surement au bout de ses occupations. C'était étrange de constater qu'il aimerait avoir plus de temps pour jouer ou se détendre et qu'à côté, son tuteur avait du temps qu'il ne savait pas occuper.

Deviendrait-il comme ça ? Etait-ce le lot des adultes ou était-il un cas à part ? Après tout, il pouvait juste adorer son travail et cela lui manquait de ne pas être occupé. Il comprenait ce besoin d'occuper l'espace et le temps. Lorsqu'il arrêtait de réviser ou qu'il avait terminé ses devoirs, il sentait toujours qu'il n'en faisait pas assez et se replongeait dedans même s'il n'en avait pas envie. Cela ne lui arrivait pas avant. Ses parents ne lui avaient jamais mis de pression par rapport à ses études et ses choix d'orientations. Byakuya ne lui avait rien imposé non plus mais il sentait l'attente de ses professeurs et cette part de la société qu'il entourait et qui le poussait à entrer dans le rôle du bon « Kuchiki ». Un lycéen modèle, tête de classe et promis à brillant avenir tout tracé.

Il peinait à finir les devoirs de la semaine et prendre de l'avance alors comment pourrait-il savoir ce qu'il ferait dans cinq ou dix ans ? C'était absurde.

L'académie n'avait pas l'air de proposer de service d'orientation. Enfin pas un de ceux qui cherche à vous aider pour trouver une voie mais celui qui vous aide à choisir votre grande université ou cursus à l'étranger. Il était certain qu'on ne lui proposerait rien qui n'avait pas de rapport avec une entreprise côté en bourse.

Byakuya lui indiqua qu'il mettait la table dans la cuisine et qu'il n'aurait pas besoin de bouger ses affaires. Cela le surpris un peu, il y avait bien assez de place sur la table pour qu'ils y déjeunent et qu'il laisse ses affaires étalées.

Il se rendit dans la cuisine une fois le repas prêt et ils mangèrent en parlant de tout et de rien. S'il s'en sortait pour ses devoirs, que Sôjun arrivait un peu avant dix-huit heures de Kyoto et qu'il passerait demain, s'il voulait faire quelque chose en particulier cette après-midi… Il trouva l'atmosphère plus légère que les derniers jours. Il se sentait plus à l'aise et avait l'impression que le sentiment était partagé. L'homme était plus bavard et détendu alors il en profita pour se montrer plus familier. Il remarqua des haussements de sourcils à ses intonations mais il ne lui fit pas de remarque. Il supposa alors que cela pouvait être toléré dans un cadre familial.

Karin téléphona à l'improviste et ce n'est qu'après plusieurs minutes de conversation que Yuzu arriva dans le fond. Elles semblaient être en froid. Hiro lui assura que cela ne durait pas très longtemps, que c'était des choses qui arrivaient à leur âge. Il lui chuchota que Karin devait être un peu avance pour son âge et que cela créait des frictions avec la candeur de Yuzu. Byakuya ne pensait pas se retrouver avec une préadolescente avant qu'elles n'entrent au collège.

Ichigo fut gêné par la tournure de la conversation. Il savait bien que les filles étaient plus précoces mais il n'avait pas envie d'entrer dans les détails. C'était une affaire de femme. D'un coup, il se rendit compte qu'elles n'auraient pas de mère à qui se confier ou poser des questions. Rukia serait mis à contribution. C'était d'ailleurs ce qu'Hiro suggéra, de leur organiser une après -midi entre filles, que cela pourrait apaiser les tensions.

Il allait découvrir l'adolescence autrement que par son propre vécu. Il devrait faire attention à ce qu'il leur dirait dorénavant et se montrer délicat. Yuzu était déjà très sensible alors il n'imaginait pas si cela empirait. Il savait qu'il était parfois brut mais ce n'était jamais dans l'intention de blesser. Il espérait que cela se passerait bien. Cette interlude le ramenait dans la réalité, les jeunes filles qu'il connaissait ne le resteraient pas et peut-être même que leur relation risquait de se détériorer sans qu'il ne maitrise la situation. Comment ne pourraient-elles pas blâmer l'étranger qui était arrivé dans leur maison quand tout allait bien et que la situation se détériorait après son arrivée ?

Il resta silencieux un moment après leur discussion avec Hiro.

C'était la première fois qu'il entendait sa voix. Elle était calme et posée, il n'avait pas l'air de l'élever souvent. Byakuya changeait d'attitude avec lui, il devenait plus timide et se montrait plus familier et tendre avec lui que Sôjun. C'était étonnant à entendre, son intonation devenait douce et moins contrôlé. Finalement, c'était peut-être sa façon de parler avec Sôjun qui était étrange, il ne s'adressait pas à lui comme un membre de sa famille mais plutôt comme un collègue. Il parlait de la même manière au téléphone avec Renji ou sa secrétaire. Avec Rukia c'était un peu entre-deux, elle restait sa petite sœur et par moment il se montrait plus exigeant comme plus coulant. Il ne semblait pas toujours savoir sur quel pied dansait.

Il était retourné à ses révisions et soupira lorsqu'il en eut fait le tour. Il n'avait pas envie de recommencer mais ne savait pas trop quoi faire d'autre. Il n'avait pas d'amis ou voisins à aller voir et il échangeait assez peu avec Mizuiro et Keigo hors de l'école. Peut-être était-ce le moment ? Mais il ne savait pas quoi dire, en réalité il discutait peu par téléphone même avec ses amis du collège. Depuis combien de temps n'avait-il pas demandé de leurs nouvelles ? Il sortit son téléphone et envoya un sms à Tatsuki, c'était la seule avec qui il gardait contact. Les autres s'étaient éloignés avec son entrée dans la famille Kuchiki, comme s'il allait devenir une nouvelle personne du jour au lendemain.

Des notes se mirent à flotter dans l'air.

C'était la mélodie qu'il avait essayé de reproduire mais cette version n'avait rien à voir avec sa tentative ratée. C'était fluide, doux et bien plus riche en notes et variation. Il releva le nez et de ses notes et se mit à l'observer. Il ne regardait pas la partition et fixait le clavier sans pour autant suivre le mouvement de ses doigts. Ça paraissait si facile lorsqu'il le faisait.

« Tu peux t'approcher si tu veux. »

Il sursauta et se demanda comment il avait su qu'il l'observait. Il avait radar ou quoi ? Il s'avança, Byakuya ne releva pas la tête et continua de jouer.

« Tu veux essayer ?
- Euh… Oui ? »

C'est pas une bonne idée. C'est pas une bonne idée. Pourquoi j'ai dit oui ? Peut-être que ça lui fera plaisir ? POURQUOI J'AI DIT OUI ?

Byakuya se décala sur la banquette et il supposa que c'était une invitation. Il s'assit sans trop savoir que faire.

« Regarda la partition et essaie de placer tes mains. »

Il tenta de faire ce qu'il lui disait mais il vit bien que le résultat n'était pas probant.

« On va commencer par la main droite. Ici, tu as une indication, c'est pour te dire quel doigt placer sur cette note. Ensuite tu places les autres en conséquence. »

Il suivit les indications à la lettre et ils avancèrent doucement sur la partition. Il lui fit exercer une main puis l'autre. Une fois qu'il fut plus à l'aise et avait retenu une partie des accords, il commença à jouer à deux mains. Cela lui parut plus fluide que la dernière fois mais certaines touches grinçaient toujours.

« Tu peux commencer par le faire au ralentit, cela ne sert à rien de se presser. Tu pourras mettre de la vitesse et du rythme une fois que tu connaîtras bien la partition. »

Ils continuèrent ainsi et ne virent pas passer l'après-midi… Ni la soirée.

o~~O~~o

L'interphone sonna.

Byakuya releva la tête de son journal et regarda la porte d'entrée. Qui pouvait venir à cette heure ? Il n'y avait guère que Yoruichi ou Shunsui pour lui faire un coup pareil. Son père ou sa sœur lui auraient demandé ou prévenu avant. Il sonna une deuxième fois et il s'approcha méfiant. Il décrocha le combiné et entendit la voix du concierge. Il fronça les sourcils. Il pouvait rayer Yoruichi et Shunsui de sa liste, il les aurait eus directement en ligne.

« Bonjour monsieur Kuchiki, j'espère ne pas vous déranger il y a… Un homme qui souhaiterait vous voir, monsieur Kenpachi Zaraki. »

Il resta sans voix. Il n'avait pas eu de nouvelles de la journée et il venait frapper à sa porte. Qu'est-ce qu'il lui passait pas la tête ? Il regarda la passerelle, Ichigo avait terminé de se doucher et était allé se coucher. Il y avait peu de risque qu'ils se croisent.

« Laissez-le monter. »

Le concierge acquiesça et il raccrocha. Il resta bloqué la main sur le combiné. Pourquoi cette visite à l'improviste ? Il regarda son portable, peut-être avait-il manqué un message. Rien. Il resta à patienter dans le silence de l'appartement. Le temps lui parut s'étirer.

Il sursauta en entendant la sonnerie de la porte cette fois.

Il ouvrit la porte et tomba face à une mine fermée. Kenpachi le fixait sans dire un mot.

« Tu aurais pu me prévenir que tu venais.
- Pourquoi ? Grogna-t-il. Tu as peur que je tombe mal ou t'es déjà occupé ? »

Il fronça les sourcils. Pourquoi venir s'il était de si mauvaise humeur ? Malgré tout, il s'écarta pour le laisser entrer. S'il avait fait tout ce chemin, il pouvait l'écouter. Kenpachi entra mais n'avança pas dans la pièce. Il referma la porte et sentit aussitôt sa présence dans son dos.

À quoi jouait-il ?

Il se retourna mais fut coincé contre la porte sans échappatoire. C'était bien la première fois qu'il se montrait si agressif. Il sentait de la colère, la frustration et… De la tristesse ? Que se passait-il ? La situation lui échappait complètement. Il fondit dans son cou et ferma ses bras autour de lui. Il se figea aussitôt, incapable de bouger.

Kenpachi s'écarta de lui comme brulé. Tout son langage corporel avait changé pour ne montrer que de l'inquiétude.

« Je ne voulais pas te faire peur, dit-il.
- Ne dis pas d'idiotie. Tu veux boire quelque chose, peut-être ? »

Il chercha à s'éloigner et changer de sujet. Il le retint par le bras.

« Byakuya, soupira-t-il, excuse-moi… Je… Je savais que j'aurais pas dû venir de toute façon. C'est complétement con d'être venu, c'est pas comme si on était ensemble de toute manière.
- Et si tu me disais ce qui t'amène plutôt que de réfléchir à voix haute ? On peut parler autour d'un verre plutôt que dans l'entrée, non ? »

Byakuya le repoussa et l'invita à le suivre jusqu'à la cuisine. Il attrapa deux verres et une bouteille de liqueur. Il en aurait besoin pour lui délier la langue. Il ne comprenait pas les réactions de son invité. Il lui servit un verre qu'il but d'une traite. Il le resservit avant de remplir son verre. Il posa la bouteille et s'assit devant la boule de nerfs.

« Que se passe-t-il ? »

Le brun grogna et ouvrit sa veste. Il sortit un magazine à la couverture criarde et le jeta sur la table comme si cet indice devait éclairer la situation. Il fronça les sourcils et attrapa l'objet du délit. Il balaya les titres et aperçu son nom, il l'ouvrit à la page indiquée et lu un encart avec une photo où l'on apercevait Shunsui sortir de sa résidence. Le texte indiquait que : le riche et célèbre fils cadet Kyoraku avait passé la nuit chez le tout aussi riche et divorcé héritier Kuchiki une rencontre nocturne qui pourrait peut-être se renouveler…

Il pouffa en voyant ce paragraphe ridicule.

« Heureusement qu'ils n'ont pas vu Yoruichi arriver avant… »

Il reposa le feuillet sur la table et reporta son regard vers le brun. Il eut alors un déclic.

« Tu as cru que nous avions couché ensemble ?
- Ça n'aurait pas été la première fois… Mais ça me regarda pas, c'est pour ça que j'aurais pas dû venir.
- C'est vrai qu'il a passé la nuit ici… Dans mon lit mais il n'y a rien eu. Il était chamboulé à cause d'une nouvelle et il ne voulait pas rester seul, c'est tout.
- Il suffit de faire la gueule pour aller dans ton lit alors. »

La colère monta en lui. Il ne saisissait pas ce qu'il devait comprendre dans son discours. Il était venu pour l'insulter et faire des remarques désobligeantes ? Il voulait bien faire des efforts et laisser couler mais il ne fallait pas pousser trop loin. Quel était le problème ? Il était jaloux ?

« Si tu es juste venu pour m'insulter ce n'était pas la peine de venir. Tu aurais dû économiser ton temps !
- C'est pas ce que je voulais dire.
- C'est pourtant ce que tu as dit.
- Tu comprends pas. Je plante tout pour toi et chaque fois ça foire ou s'est voué à foirer.
- De quoi ?
- Mes plans culs. J'ai tout planté depuis que je t'ai revu, impossible de me concentrer sur quelqu'un que ce soit pour baiser ou discuter. C'était pareil la dernière fois, je sentais ton odeur partout, il m'a fallu trois ans pour arriver à tout oublier. Maintenant tu redébarques comme ça et ça va recommencer ! Pour toi je suis juste un moment de détente, de pause après ton crétin de mari et le temps de trouver quelqu'un d'autre de convenable comme l'autre blindé de Kyoraku. C'est sûr que je fais pas le poids à côté de ça. Je fais le gigolo quoi.
- Stop ! »

Kenpachi arrêta de parler et semblait encore plus perdu qu'il ne l'était à son arrivée. Byakuya tenta de reprendre le contrôle de la situation.

« Je ne suis pas sûr de tout comprendre mais je crains qu'il y ait un malentendu. Je n'ai aucunement l'intention de me mettre en couple avec Shunsui. Deuxièmement, je ne t'ai pas pris pour un gigolo, il me semble que nous étions d'accord tous les deux pour ce rendez-vous…
- C'est vrai mais c'était une mauvaise idée… »

Il eut un pincement au cœur. Il ne pensait pas que la situation allait dégénérer à ce point. Comment avait-il pu passer d'une matinée à roucouler à une soirée à se disputer ?

« Pourquoi ?
- Quoi « pourquoi » ?
- Pourquoi tu… Pourquoi tu changes d'avis d'un coup comme ça ? Je veux dire, ce matin c'était… Il me semble que nous étions bien tous les deux, non ?
- Justement, c'est ça le problème. C'était bien mais…
- Mais quoi ? Parle maintenant !
- C'est bien mais… Ça va durer combien de temps ? Et l'autre là… »

Il ne l'avait jamais vu si désemparé, il se frottait les cheveux nerveusement et fuyait son regard.

« Ecoute il n'y a rien avec Shunsui, ça je peux te l'assurer et… Je… Je ne serais pas contre que cela dure entre nous. Je sais que la dernière fois ça c'est mal fini mais je voudrais que ça continue entre nous. »

Il releva la tête vers lui avec une expression choquée.

« Sérieux ? »

Cette fois Byakuya vida son verre, dans quel pétrin s'était-il retrouvé ? Il l'entendit soupirer puis se mettre à rire bruyamment.

« Je l'avais pas vu venir celle-là et dire que je m'inquiétais… Tu m'aimes bien finalement, sourit-il. »

Il ne répondit pas et fuit son regard. Deux idiots, voilà ce qu'ils étaient. Il préféra se sortir de ce mauvais pas en changeant de sujet.

« Et donc tu venais parce que tu étais jaloux de Shunsui ?
- Fais pas chier, grogna-t-il, mais bon maintenant que je suis là… On pourrait optimiser mon détour ? Puisque tu n'es pas contre…
- Tu ne perds pas de temps toi.
- Je profite de celui que tu veux bien m'accorder et faut bien que je me fasse pardonner.
- Je ne te le fais pas dire, vu l'accueil que j'ai eu. »

Il lui sourit.

« Je te l'ai dit… Tu es difficile à oublier.
- Je veux bien le croire. »

Kenpachi se leva et s'approcha.

« J'ai pas entendu de non à ma proposition… Ça veut dire que j'ai le droit d'aller dans ton lit ? »

Il se pencha sur lui et il sentit la chaleur monter en lui. Cela avait toujours été les montagnes russes entre eux, cela l'agaçait autant que ça l'excitait.

« J'espère que ton ex n'a rien laissé trainer car il va savoir qu'un autre est passé dans son ancien lit.
- J'espère bien. »

Il se leva et comble l'écart. Il effleura ses lèvres et s'approcha de son oreille.

« Par contre, le prochaine fois que tu m'insultes comme tu l'as fait : tu peux être sûr que ta main sera ta seule compagne pour les prochaines semaines.
- Je pourrais te mater sous la douche au moins ? »

Il s'éloigna en roulant les yeux. Il fit disparaitre les verres dans le lave-vaisselle, pas question de laisser des preuves en vue.

« Passe devant, je te suis. »

Byakuya se laissa aller à… Accentuer sa démarche dans l'escalier et esquisser un sourire. Il sentait Kenpachi se retenir de lui sauter dessus et de le déshabiller sur place. Il avait bien l'intention de jouer avec ses nerfs. Il ouvrit la porte de la chambre et se tourna vers lui avec un air de défi. Kenpachi entra et ferma la porte derrière lui.

Il posa la main sur sa joue et l'attira vers lui pour l'embrasser mais le baiser resta sage. Il se recula et fronça les sourcils. Il s'attendait à ce qu'il lui arrache ses vêtements une fois la porte franchie mais l'entraineur semblait s'être calmé. À sa plus grande surprise il vint se nicher dans son cou, il sentit ses lèvres se poser sur sa peau avant de le mordre. Il resta accroché à son cou alors qu'il défaisait sa chemise.

Il ne bougea pas et se laissa faire. Il n'avait jamais autorisé Sôsuke à le marquer et ne s'y était jamais laissé aller. Ils n'avaient jamais partagé ce degré d'intimité mais Kenpachi ne se formalisait pas de ce genre de détail.

Il chercha à s'éloigner mais il referma sa prise et le serra contre lui. Il dut se résigner et glissa sa main sous sa chemise pour défaire les boutons. Kenny relâcha sa prise et se redressa. Pourquoi avait-il l'air si calme et posé ? Il se pencha pour l'embrasser et le poussa vers le lit. Ils se débarrassèrent de leurs pantalons et sous-vêtements avant de basculer sur le lit.

Il l'embrassa à nouveau. Il se sentait bouillir et mourrait de sentir sa peau contre la sienne à nouveau. Il écarta les jambes pour que Kenpachi se colle à lui. Il ne manqua pas l'occasion de venir se frotter contre lui. Il le sentit caresser ses cheveux et dévorer son cou. Il le mordit à nouveau et resta fermement agrippé à lui. Sa main descendit vers leur bas-ventre, il se saisit de leurs sexes et commença à faire des va-et-vient sans relâcher sa prise sur son cou.

Il s'accrocha à son dos et chercha à augmenter le contact entre leurs corps. Il entendait sa respiration sous son oreille et ses dents dans peau. C'était douloureux mais il n'avait aucune envie que cela s'arrête. Il était totalement à sa merci mais il se sentait en sécurité. Il aurait aimé que cet instant ne s'arrête pas mais sa main faisait des miracles et le mena à la jouissance. Il referma sa prise dans son cou un instant avant de finalement le relâcher. Il s'allongea sur lui et resta ainsi le temps de reprendre son souffle. Sa peau était moite contre la sienne. Kenpachi se redressa puis s'allongea à côté de lui.

« Ta chambre a l'air plus grande que celle de l'hôtel… C'est possible ça ?
- La preuve, souffla-t-il. »

Il le sentit se rapprocher et embrasser son cou.

« Au moins maintenant si un type veut s'approcher de toi, il saura que tu es pris.
- J'ai bien compris ton envie de marquer ton territoire.
- Mon territoire ? Ça veut dire que je peux te considérer comme chasse gardé ?
- Et bien, nous pouvons dire que nous sommes dans une relation exclusive, non ?
- Je crois que je peux prendre l'habitude de cette chambre. J'emménage quand ? Sourit-il.
- C'est peut-être un peu tôt encore.
- Plus sérieusement, tu pourrais vraiment me présenter à ta famille ? »

Il prit un temps de réflexion et s'allongea sur lui pour lui faire face. Instinctivement Kenpachi vint s'enrouler autour de sa taille et caressa son dos du bout des doigts.

« Si cela devient sérieux ça arrivera, on fait toujours des vacances en famille. Et toi, tu es prêt à assumer trois adolescents ?
- T'as raison, vaut mieux commencer par le début et faire les présentations… Si ça trouve tes filles vont me détester.
- Je pense que tu auras plus de difficultés avec mon grand-père qu'avec les filles…
- Tu rigoles ? Tu sais que ton grand-père a suivi mes compétitions et qu'il est venu me féliciter pour mon titre mondial ? Bon à sa manière, mais j'ai quand même eu droit à un bravo en personne ! Même moi je me rends compte que c'est exceptionnel. »

Il écarquilla les yeux.

« Quoi tu savais pas ?
- Non, je n'étais pas au courant qu'il t'avait revu… Je sais qu'il suivait les compétions, cela faisait raller Hiro mais… Je ne savais pas. »

Il se redressa légèrement. Il se doutait de pourquoi son grand-père n'avait rien dit, à l'époque il soupçonnait leur relation, peut-être ne voulait-il pas ranimer ce souvenir ?

« Autre question importante : je peux dormir ici ? Ton lit est super confortable et j'ai pas envie de bouger, soupira-t-il.
- Je m'attendais à ce que tu proposes de remettre ça mais je devrais pouvoir te tolérer, seulement il serait préférable que tu sois parti avant qu'Ichigo ne se lève…
- Je croyais que tous les deux s'était sérieux ?
- Tu veux officialiser une relation après un rendez-vous et deux soirées passées ensemble ?
- Présenté comme ça, c'est vrai que ça sonne précipité… D'un autre côté je viens de te marquer, on saura vite si ça colle entre nous.
- Nous sommes deux alphas, les marquages ne tiennent jamais longtemps dans ce genre de situation.
- Tu crois ? En même temps ça me dérange pas de t'en faire autant que tu veux… Je te laisserais même m'en faire.
- Tu mords fort.
- Et ? Ça te plait ? »

Il ne répondit pas et posa sa tête contre son torse. Il se sentait vidé.

« Hey… Je suis pas contre pour recommencer. »

Il sourit mais le sommeil le happait déjà. Il sentit ses bras l'envelopper et oublia le reste.