De nouveau un grand merci à Ambrekuchiki47 pour son soutien ^^

Nouveau chapitre et les mystères se lèvent... Bonne lecture.


Chapitre 8

Il avait la bouche pâteuse et une douleur irradiait dans ses côtes.

Il remua la tête et tenta d'ouvrir les yeux mais sa vision était floue tout comme ses souvenirs. Il ne connaissait pas cet endroit et ne se rappelait pas comment il était arrivé là non plus. Il essaya de regrouper ses esprits mais la mémoire lui faisait défaut. Il s'était battu avec Grimmjow, fait un tour à l'infirmerie puis avait rejoint son club en retard. Kenpachi s'était énervé avant de voir son pansement sur la joue pour finir par le chambrer.

Il lui semblait que son entrainement s'était bien passé mais après ça… C'était le noir complet.

Il regarda autour de lui et chercha à comprendre. Il était attaché sur une chaise dans une chambre. Cela ne présageait rien de bon. Les murs étaient blancs ainsi que la porte de la penderie. Le lit était fait et couvert d'un couvre-lit bordeaux, des tables de chevets identiques se trouvaient de part et d'autre. Une fenêtre se trouvait dans son dos, il tenta de regarder mais ses mouvements étaient réduits, il n'aperçut que les rideaux tirés ne laissant passer qu'une lumière diaphane. Il n'y avait pas de décoration. Cela ressemblait à un appartement témoin ou un meublé à louer. Rien ne laissait entrevoir où il se situait, il n'entendait même pas les bruits extérieurs.

La stupéfaction passée, il commença à s'inquiéter.

Il gigota et tenta de défaire ses liens mais à part des brûlures il n'obtint rien. Il essaya de rester calme mais les pires scénarios commençaient déjà à tourner dans sa tête. Il eut un flash : madame Izaka était venue le chercher pour le raccompagner. Il avait trouvé ça étrange, après tout, elle n'était pas sa responsable. Il avait pensé qu'elle faisait du zèle et il l'avait suivi sans poser plus de question. Elle voulait parler de l'affaire directement avec Byakuya et ils s'étaient accordés ainsi.

Elle l'avait amené jusqu'à la résidence et il avait eu un doute. Il ne lui avait pas donné d'indication pour se rendre au parking. Comment l'avait-elle trouvé du premier coup ? Une fois garée, il avait senti une brûlure puis un choque et c'était le trou noir. Un taser peut-être ?

Ce qu'il ne comprenait pas, c'était les raisons qui la pousseraient à une chose pareille. Ça n'avait pas de sens. Pourquoi ferait-elle ça ? Cela avait-il un rapport avec sa bagarre avec Grimmjow ? Sa famille trempait-elle toujours dans des affaires louches ? Ça n'avait aucun sens.

Il entendit du bruit à côté, il devait y avoir un couloir ou une autre pièce. Des pas se rapprochèrent et il se mit en alerte. Peut-être allait-il comprendre ce qui se tramait. Un cliquetis de clef résonna, on l'avait donc enfermé au cas où les liens n'auraient pas suffi. La porte s'ouvrit sur Izaka. Elle s'était changée et s'il l'avait croisé ainsi dans la rue il n'aurait pas reconnue. Elle qui avait toujours une tenue très classique et austère avait opté pour un pull couleur crème, une jupe longue fleurie et des baskets blanches. Cela la rajeunissait. Elle affichait un sourire calme et apaisant.

« Tu es réveillé on dirait… Et en forme...
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Pourquoi je suis ici ?
- Plus loquace que d'habitude aussi. Tu n'as pas à t'inquiéter, je ne te ferais pas de mal, j'avais juste besoin d'une monnaie d'échange.
- Une monnaie d'échange ? Pour quoi ? »

Son expression changea. Il aperçut de la colère au fond de ses yeux.

« Pour obtenir la vie que j'aurais dû avoir. Tu es ce qu'il me fallait pour faire pression sur la famille Kuchiki et ton père. »

Les mots sonnèrent étrangement dans sa bouche. Personne n'avait jamais utilisé « père » pour qualifier Byakuya et le sourire qu'elle affichait n'augurait rien de bon.

« Je te le redis, tu n'as rien à craindre… Je n'ai aucune raison de te faire du mal… Tu n'y es pour rien, enfin indirectement… C'est la faute de ce système misogyne. J'ai tout donné, consacré ma vie pour m'élever dans la société et j'ai tout perdu à cause de la famille Kuchiki. J'étais la professeure la plus diplômée du Seireitei, mes années là-bas devaient m'ouvrir les portes des grandes universités et au lieu de ça on m'a traité comme une vulgaire secrétaire ! C'était bon pour leur image d'avoir une femme professeure mais ils n'en avaient rien à faire que je sois qualifié ou non ! Tu n'imagines pas à quel point cela m'a mis en colère. »

Elle soupira et reprit son calme, s'il pouvait appeler ça ainsi.

« C'est sûr que tout aurait été différent si j'avais été un homme… J'aurais peut-être même épousé Byakuya… Qui sait. »

Elle émit un rire à cette évocation.

« C'était une vraie trainée à l'époque… Avec son air de Sainte-Nitouche, il cachait bien son jeu. »

Il n'en croyait pas ses oreilles. Qu'avait-il pu se passer pour que Byakuya soit l'objet de tant de haine ?

« Je ne devrais pas dire cela devant toi, s'excusa-t-elle. »

Et pourquoi parlait-elle de se marier avec Byakuya ? Qu'y avait-il eu entre eux ?

« Mais tout sera bientôt fini… Le clan Kuchiki ne se risquera pas à laisser les informations que j'ai dans la nature. Le tapage autour de son divorce se termine, se serait dommage de leur donner plus de grain à moudre. Surtout que ce que je sais dépasse l'entendement. »

Il n'aimait pas la tournure des évènements, plus elle parlait moins il comprenait. Elle semblait vouloir se justifier auprès de lui mais il y avait des trous dans son raisonnement. Il sursauta lorsqu'elle s'approcha, le regard perdu dans le vide.

« Tout aurait pu être si différent, soupira-t-elle. »

Il crut discerner de la tristesse dans ses yeux. Une sonnerie retentit et coupa son élan de mélancolie. Elle fronça les sourcils.

« Eh bien, il n'a pas trainé, on dirait qu'il tient à toi… Ou à ce que son secret soit bien gardé. »

Il avait la nausée et entendit un sifflement dans ses oreilles. Il ne savait pas si c'était à cause de l'angoisse qui le tenait ou si elle l'avait drogué lorsqu'il était inconscient. Il n'avait jamais eu autant envie de pleurer. Ce moment de silence lui parut interminable. Il n'entendit pas de voix mais des pas revinrent vers lui.

o~~O~~o

La porte s'ouvrit sur l'enfer.

Byakuya n'aurait jamais cru se retrouver dans une telle situation, ni qu'Ichigo serait enlevé. Izaka était froide et calculatrice mais pour échafauder un tel plan elle devait compter sur son silence ou que son clan veillerait à étouffer une telle affaire.

Il avait suivi les instructions et se trouvait devant une porte d'appartement identique aux portes voisines dans un petit quartier résidentiel. L'endroit n'était pas surveillé et semblait bon marché.

Elle se tenait devant lui avec le sourire qui hantait ses cauchemars, bien la peine d'avoir fait dix ans de thérapie pour se retrouver tétanisé à sa vue. Elle le salua comme si la situation était tout à fait normale et l'invita à entrer.

« Il est dans la chambre au fond. »

Il se glaça. Son sang venait de quitter son corps. Il la fixa avec effroi avant de se précipiter dans le couloir qui s'ouvrait devant lui. Elle ne pouvait pas… Elle ne pouvait pas avoir fait ça. Il avait la nausée. Il s'arrêta sous le cadre de la porte et vit Ichigo assis au milieu de la pièce. Il remarqua ensuite ses mains liées dans le dos. Il était pâle mais n'avait pas de blessures visibles.

« Ichigo, est-ce que ça va ? »

Il hocha la tête faiblement. Il ne fut qu'à moitié rassuré. Izaka arriva sans faire de bruit et passa à côté de lui. Il eut un frisson de dégout à son contact. Elle s'avança et alla détacher Ichigo pourtant l'adolescent ne bougea pas, ses bras pendirent dans le vide.

« Je n'avais aucune raison de lui faire de mal, dit-elle. Un petit sédatif pour qu'il reste tranquille et ne se fasse pas mal, rien de plus. »

Cela expliquait pourquoi il semblait si apathique.

« Tu as ce que je t'ai demandé ? »

Byakuya posa le sac qui pendait sur son épaule. Elle le prit et vérifia le contenu puis le referma satisfaite.

« Je ne pensais pas que ce serait si facile, reprit-elle. Maintenant en ce qui concerne mon silence sur cette affaire…
- Votre silence ? Coupa-t-il.
- Oui, ronronna-t-elle, il serait préjudiciable que la vérité sur Ichigo soit révélé au grand jour… »

Il eut dû mal à respirer. Alors elle savait. Elle avait vraiment tout deviné et ses craintes étaient fondées. Son cauchemar était devenu réalité.

« J'ai fait faire une analyse génétique… Alors mon silence contre le tien sur cette entrevue cela me parait être un bon compromis, non ? »

Il resta silencieux. Il ne pouvait pas reculer maintenant. Une brigade d'intervention attendait son signal pour débouler alors il décida de jouer le jeu pour le moment.

« D'accord, dit-il.
- Bien… Alors je te laisse t'occuper de lui… Prend bien soin de notre garçon, murmura-t-elle. »

Il crut discerner un brin de tendresse dans sa voix. Elle saisit le sac et le passa sur son épaule avant de s'avancer dans le couloir sans regarder en arrière. Il passa la main dans sa poche et appuya sur le petit boitier qui s'y trouvait. La porte de l'appartement se brisa et Izaka cria.

Il s'avança vers Ichigo et se pencha vers lui. Il posa la main sur son épaule et tenta de se montrer rassurant malgré les cris qui s'élevaient dans le couloir.

« Pourquoi est-ce qu'elle a fait ça ? Murmura-t-il. Ça n'a pas de sens. »

Ichigo leva les yeux et il fut incapable de soutenir son regard. Il ne pouvait pas répondre. Il ne voulait pas. Les mots s'étranglaient dans sa gorge sans qu'aucun son n'en sorte.

« Lâchez-moi ! Hurla-t-elle. Vous savez qui je suis ? Et puis de quoi m'accuse-t-on ?
- Enlèvement, ça vous dis rien ? Gronda une voix.
- Enlèvement ? Rit-elle. Comment pourrais-je enlever mon propre fils ? »

Il eut la nausée. Ichigo eut un regard choqué et leva les yeux vers lui.

« Vous n'avez qu'à vérifier, j'ai des tests pour le prouver ! Crois-mois Byakuya tu regretteras ça ! Tout le monde saura quelle trainée tu étais !
- Embarquez la, tonna une voix. »

L'air lui manquait. Tout devint flou. Il aperçut un médecin et un brancard arriver. Ichigo ne parvenait même pas à marcher. Sa respiration devint sifflante et il décida de s'éloigner dans le couloir à l'écart de l'agitation. Ses mains tremblaient. Il tenta de se calmer et de reprendre le contrôle. L'angoisse gonflait dans sa poitrine.

Il eut un sursaut.

Des éclats de voix dans l'entrée l'interpellèrent. Il en profita pour fuir une confrontation trop directe avec Ichigo et tentait de penser à autre chose que l'angoisse qui montait. Il était incapable de soutenir son regard.

« Monsieur, vous habitez ici ? Demanda le policier.
- Non mais-
- C'est une intervention en cours vous n'avez rien à faire là.
- Et tu crois que tu vas faire quoi exactement le nain ? Hein ? »

Il n'en croyait pas ses oreilles. Il s'avança dans le couloir et le vit à l'entrée de l'appartement. Kenpachi. Ce dernier le vit et écarta aussitôt l'officier qui lui barrait le chemin. Il se précipita vers lui sous les protestations de l'officier. Il l'attrapa par les bras et le secoua.

« Mais dans quoi tu t'es fourré ? S'exclama-t-il. J'étais inquiet tu sais ! »

L'officier le rattrapa.

« Monsieur ! Vous n'avez rien à faire là, je vous demande de sortir.
- Je le connais, articula-t-il.
- Mais-
- Ça ira… »

L'homme ne protesta plus. Son supérieur lui avait expressément demandé de ne pas froisser les Kuchiki et Byakuya décida de jouer là-dessus.

« Eh… Qu'est-ce qu'il se passe ? Je les ai vus embarquer Izaka en bas. »

Kenpachi avait baissé d'un ton. Il se tourna vers la chambre et porta son attention sur le médecin qui examinait Ichigo. Il l'entendit jurer.

« Qu'est-ce qu'elle a fait ? »

Il tenta de parler mais aucun son ne sortit hormis un sanglot. Il fut horrifié. Il ne pouvait pas se mettre à pleurer maintenant. Pourtant rien d'autre ne venait. Il était tétanisé et se recroquevilla sur lui-même.

« Eh ho… Reste avec moi ! Qu'est-ce qu'il t'arrive ? »

Il sentit ses bras se fermer autour de lui.

« Tu veux que je prévienne quelqu'un ? Ton père peut-être ? »

Il dut se résigner et accepta qu'il ne pouvait pas gérer la situation seul. Son père pourrait veiller sur Ichigo le temps qu'il retrouve ses esprits et trouve une solution. Il hocha la tête et chercha son portable dans une de ses poches. Il le déverrouilla et le lui tendit avec les contacts ouvert. Les mots continuèrent de se dérober et il savait que le moindre son pouvait le plonger dans une crise d'angoisse. Kenpachi saisit le téléphone et appela son père. Il lui fut reconnaissant d'être là.

« Je peux vous parler ? »

Il sursauta en entendant une voix derrière lui. Il se retourna et tomba sur le médecin légiste qui accompagnait les policiers. Il hocha la tête et s'avança vers lui.

« À première vue il va bien, commenta-t-il. Les effets du sédatifs auront disparu d'ici une heure ou deux. Il a une brulure sur les côtes mais rien de grave. Il aura de bonnes courbatures demain. J'aimerais tout de même qu'il passe par l'hôpital pour faire une prise de sang et le temps que les effets des médicaments s'estompent. »

Il marqua un temps d'arrêt.

« Il aura peut-être besoin de somnifères… Au moins ce soir pour se reposer et avoir les idées claires demain mais cela reste une option. Je n'aime pas abuser de ce genre de méthode mais les derniers évènements sont traumatiques. Il aura besoin d'un suivi, je peux vous conseiller un confrère… Je peux aussi vous ausculter vous savez, murmura-t-il, vous n'avez pas l'air en forme et j'ai assez travaillé dans ce domaine pour connaitre les signes d'une crise d'angoisse.
- Ce n'est pas…
- J'ai eu ton père. Je crois que je lui ai flanqué la frousse du siècle mais il arrive… Je vous interromps peut-être ?
- Nous allons procéder à un transfert vers l'hôpital. Vous devriez lui dire d'aller là-bas.
- Mouais… »

Kenpachi les regarda avec suspicion.

« Comme Ichigo est mineur vous pouvez l'accompagner. Je pense que les policiers seront d'accord pour prendre vos dépositions à l'hôpital.

o~~O~~o

Byakuya fut presque reconnaissant qu'Ichigo soit dans les vapes. Il ne remarquerait pas son absence durant le trajet vers l'hôpital. Il avait préféré suivre les policiers, il devait mettre de l'ordre dans son esprit et prendre un peu de distance. Sa voix restait obstinément coincée et il fut ravi que Kenpachi n'entame pas de conversation pendant le trajet.

Les officiers avaient cédé face à l'armoire à glace.

Le trajet fut silencieux pourtant Byakuya n'arrivait pas se calmer. Il ne pouvait pas gérer ça. Il ne voulait pas qu'Ichigo apprenne la vérité ainsi. Il ne voulait pas.

Il sentit la main de Kenpachi saisir la sienne. Il se tourna vers lui. Il vit l'inquiétude dans ses yeux. C'était étrange de le voir ainsi. Il retira sa main et se recroquevilla dans son siège. Il se pinça l'arête du nez et ferma les yeux. Comment allait-il faire ?

Il eut mal au cœur.

o~~O~~o

Kenpachi ne savait pas dans quoi il s'était embarqué.

Il attendait l'arrivée de Sôjun dans la chambre d'Ichigo. L'adolescent dormait à point fermé. Malgré tout ce qu'il s'était passé aujourd'hui, il semblait en meilleur état que Byakuya. Il ne l'avait jamais vu si livide et épuisé. Il ne comprenait pas ce qu'il s'était passé mais il était certain que cela ne datait pas de cette après-midi. Il y avait toujours eu quelque chose d'étrange avec Izaka, il n'avait jamais réussi à mettre le doigt dessus. Il avait eu la certitude que quelque chose de grave était arrivé. Cette aversion et ce dégout que Byakuya lui vouait… Une simple mésentente n'aurait pas durée si longtemps. Lorsqu'ils étaient arrivés, il avait prétexté le besoin de se rendre aux toilettes, au vu de son état il était parti vomir cependant il s'inquiétait de ne pas le voir revenir.

Il soupira.

« Bonjour monsieur Zaraki. »

Il releva la tête pour tomber sur un sosie de son amant. C'était assez dérangeant mais si Byakuya vieillissait aussi bien il aurait de la chance. Il ne l'avait pas entendu arriver : un vrai chat. Il se leva aussitôt.

« Bonjour monsieur Kuchiki, Byakuya ne devrait pas tarder à revenir. Il ne se sentait pas bien.
- Je vois, ça se comprend, soupira-t-il.
- Je suis surpris que vous me connaissiez, enfin, je ne crois pas qu'on se soit déjà rencontré, si ?
- Non c'est vrai, sourit-il, mais j'aurais préféré que ce soit en d'autre circonstance. C'est gentil à vous d'être resté auprès de lui, vous n'aviez aucune obligation.
- J'étais sur place, c'est un de mes élèves et Byakuya me l'a demandé alors…
- D'ailleurs comment vous êtes-vous retrouvé là-bas ?
- C'est… Isane ? »

Il l'aurait presque embrassé de tomber ainsi au bon moment. Il n'avait aucune raison d'être là.

Je sortais avec votre fils au lycée et là on s'est revu et on recouche ensemble depuis son divorce.

Ça ne sonnait pas comme raison valable. Quoique réflexion faite, maintenant c'était sa mère qui risquait de s'en mêler.

« Kenpachi ? Je… Je ne savais que tu étais là. Ta mère est dans le service si tu as un problème.
- C'est pas pour moi, corrigea-t-il, c'est un de mes élèves.
- Avec l'affaire de police ? »

Elle se retourna vers Sôjun.

« Vous êtes de la famille du jeune homme ?
- Oui mais c'est mon fils le responsable.
- Je vais voir si je le trouve, reprit Kenpachi, on est venu ensemble. »

Il sortit de la chambre et laissa Ichigo entre de bonnes mains. Entre Sôjun et Isane, il n'avait rien à craindre. Il se rendit aux toilettes et ne fut qu'à moitié surpris de ne pas l'y trouver. Il n'avait pas pu le manquer, il n'y avait qu'un seul couloir. Il s'arrêta pour réfléchir. Il connaissait bien l'hôpital, il avait eu l'occasion d'en faire le tour.

Il avait bien quelques idées mais guère envie de perdre de temps. Quelle était la cachette la plus évidente et tranquille dans un hôpital ? Une chambre vide s'était trop risquée et Byakuya était trop têtu pour se rendre en consultation même s'il se sentait mal.

Il eut le déclic : la cage d'escalier.

Il fit demi-tour et chercha une porte avec le panneau issu de secours dessus. Il s'approcha, regarda autour de lui avant de passer la porte. Il n'y avait personne sur le palier alors il tendit l'oreille à la recherche d'une respiration ou tout autre signe de vie. Il descendit, ils étaient au premier étage alors autant commencer par le rez-de-chaussée avant de faire le tour des étages.

Jackpot.

Il trouva Byakuya assis, adossé au mur et la tête entre les mains. Il se redressa en l'entendant approcher. Il s'assit à côté de lui et Byakuya releva le regard. Il avait les yeux rouges et il ne l'avait jamais vu si vulnérable.

« Ton père est arrivé, il est sympa, je pensais pas que c'était possible mais c'est vraiment ton clone ou plutôt tu es son sosie. Isane est venue, elle devait avoir des nouvelles sur l'état d'Ichigo et elle voulait parler avec son tuteur. Remarque elle fera peut-être le topo à ton père. »

Il le vit froncer les sourcils.

« Oh ? Isane ? Oui, c'est une de médecin urgentiste, elle travaille avec maman depuis longtemps et puis… C'est ma belle-mère même si on a le même âge. On se parle pas beaucoup mais elle est sympa.
- C'est vrai que ta mère travaille ici, j'avais oublié… »

Sa voix était faible et enraillé mais au moins il avait retrouvé du son.

« Comment tu te sens ?
- J'ai l'air comment ?
- Au bout du rouleau, mais tu as retrouvé quelques couleurs. Je… Je peux pas t'obliger à me dire ce qui va pas mais si tu as besoin d'en parler… Je suis là pour t'écouter. »

Il le vit hésiter mais il resta silencieux. Il se décolla du mur et vint se serrer contre lui. Il posa sa tête contre son épaule et Kenpachi le laissa faire. Il tenta de se montrer rassurant en envoyant des phéromones mais cela n'avait jamais été son fort.

« Merci, souffla-t-il.
- De quoi ? J'ai rien fait de spécial.
- Tu es là ou plutôt tu es resté là malgré la situation.
- C'est normal… On sort ensemble, non ? »

Il ne fit pas de remarque sur le retour de sa voix. Elle était encore faible et difficilement audible. Byakuya se redressa et se leva. Même sa démarche semblait faible. Il le suivit et ils regagnèrent l'étage.

Il était inquiet.

Son amant n'était que l'ombre de lui-même et il aurait aimé trouver les mots pour l'aider. Il se doutait qu'il s'était passé quelque chose de grave bien avant cet enlèvement mais il ne pouvait que faire des hypothèses. L'enlèvement d'Ichigo ne pouvait pas être la seule raison de son état, cela avait été la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase.

Ils s'arrêtèrent devant la chambre et il vit son amant trembler avant de poser la main sur la poignée. Il prit une grande inspiration et appuya fermement sur l'embout métallique.

Ils tombèrent nez à nez avec sa mère. Il aurait bien rallé avant de se rappeler que les Kuchiki étaient des VIP et que c'était probablement une demande de la direction que la cheffe des urgences passe les voir.

« Je ne pensais pas te trouver ici, remarqua-t-elle.
- C'est compliqué… Byakuya je te présente ma mère, Retsu Unohana.
- Monsieur Kuchiki, reprit-elle, je voulais vous parler : j'ai de bonnes nouvelles au sujet d'Ichigo. La prise de sang n'a rien montré d'alarmant et il devrait se réveiller d'ici peu. Le produit qu'elle lui a injecté était inoffensif et ces effets se sont dissipés. Nous avons besoin de votre autorisation pour réaliser un examen plus complet à son réveil. Il sera transmis pour l'enquête en cours. »

Il hocha la tête et elle lui tendit les formulaires.

« Je pense que vous pourrez le ramener chez vous ce soir, un environnement familier lui sera plus bénéfique pour se reposer… Le bureau des infirmières est au bout du couloir si jamais vous avez des soucis.
- Bien, souffla-t-il.
- Et une dernière chose, je crois que les officiers souhaiteraient vous poser des questions avant leur départ. Je leur ai indiqué la salle de pause. Je peux vous la montrer si vous le souhaitez.
- Je vous remercie.
- Attends. »

Sôjun sortit de son silence et du fauteuil où il s'était installé.

« Je peux te parler avant. »

Il s'approcha de son fils et il hocha la tête. Ils s'éloignèrent pour parler dans le couloir. Sa mère se tourna vers lui avec un sourire.

« Alors dis-moi… C'est tout récent vous deux ?
- Je vois pas de quoi tu parles, grogna-t-il.
- Côté discrétion on repassera, rétorqua-t-elle. »

Isane échangea des regards entre eux à la recherche d'une explication.

« Enfin je me plains pas, ajouta-t-elle, tu fais bien ce que tu veux mais il n'a pas l'air en forme. Tu devrais le surveiller de près.
- C'est bien ce que je fais. »

Elle soupira et Isane profita du calme pour intervenir.

« Je sais bien que ce n'est pas le meilleur moment mais… Ça pourrait être bien que tu viennes diner à la maison un soir. »

Il allait lui faire remarquer qu'en effet le moment était mal choisi mais il s'arrêta. Il n'avait jamais été très proche de sa mère, voir en conflit pour des broutilles, et sa relation avec Isane le déconcertait toujours autant mais il devait bien lui reconnaitre une chose : elle essayait d'arrondir les angles entre eux. De temps en temps, lui aussi pourrait faire des efforts.

« Ouais, grogna-t-il. Pourquoi pas, dîtes-moi quand vous avez une soirée de libre je me débrouillerais. »

Sa mère écarquilla les yeux et le visage d'Isane s'illumina.

« Je te dirais alors, sourit-elle. »

Il avait bien fait, sa belle-mère semblait sur un petit nuage et ça avait cloué le bec de sa maman. Byakuya et Sôjun refirent leur apparition dans cette ambiance étrange. Byakuya se tourna vers lui et s'avança pour le prendre à part.

« Je te remercie d'être resté auprès d'Ichigo mais j'ai assez abusé de ton temps. Les questions avec les policiers risquent de durer un moment et je ne veux pas que tu te sentes obligé de rester.
- Ça ne me dérange pas, j'avais déjà prévu de passer la soirée avec toi de toute façon.
- Tu n'es pas obligé-
- Tu veux que je parte ? Pas la peine de faire des ronds de jambes pour ça, claqua-t-il. »

Il eut un silence et il vit Sôjun le regarder en fronçant les sourcils.

« Oui. »

Il fuyait son regard et cela le troubla. Sa colère repartit aussi vite.

« Ok, soupira-t-il, mais tiens moi au courant et fais pas de bêtises. »

Il vit ses épaules se détendre et il acquiesça. Byakuya repartit vers Unohana qui l'attendait sur le pas de la porte. Il les regarda sortir avec Isane et eut un soupir. Il se dirigea vers ses affaires et remit sa veste.

« Vous partez ? »

Il avait presque oublié Sôjun.

« Oui, il semblerait qu'on est plus besoin de moi ici. »

Il y eut un silence pendant lequel il récupéra le sac de sport qu'il trainait partout.

« Je ne vous connais pas c'est vrai et je ne connais pas la nature exacte de votre relation avec mon fils mais ce dont je suis certain c'est qu'il ne voulait pas vous voir partir. »

Il était peut-être discret mais lorsqu'il intervenait il n'y allait pas par quatre chemins.

« C'est lui qui m'a demandé de partir pourtant.
- C'est de ma faute, reprit-il. Notre famille va de nouveau être sous le feu de projecteurs et je lui ai dit que notre présence ici avait déjà fuité. Je suppose qu'il ne souhaite pas que vous vous retrouviez exposé. »

Ce fut à son tour de rester silencieux. Il n'avait même pas pensé à ce genre de détail.

« Vous avez un moyen de transport ?
- Euh… Je vais me débrouiller.
- J'ai mon chauffeur si vous le souhaitez. Je vais rester encore un moment ici, ça évitera qu'il s'ennuie. »

o~~O~~o

Il était lessivé.

Les questions n'avaient pas durée très longtemps et il leur avait transmis le numéro de son avocat en cas de besoin. Aucune des questions qu'il redoutait n'avaient été évoquées et il devrait se rendre au commissariat pour faire une déposition en bonne et due forme.

Il revint dans la chambre où Ichigo dormait encore. L'absence de Kenpachi fut douloureuse. Il regrettait de l'avoir renvoyé ainsi mais il voulait éviter de le mêler à tout ça.

« Alors comment ça s'est passé ?
- Ce n'était que des formalités, dit-il. »

Son père se redressa dans son siège et il sentit son regard sur lui.

« Tu devrais rentrer, dit-il, et te reposer.
- Mais-
- Tu comptes tout lui dire à son réveil, n'est-ce pas ? »

Il se contenta d'hocher la tête.

« Alors rentre à la maison, repose-toi et mets tes idées au clair. Tu n'es pas en état d'avoir cette conversation. Je reste avec lui et je le ramènerais, tu n'as pas à t'inquiéter. »

Il n'avait pas la force de se battre alors il se résigna à accepter la proposition de son père. Il le vit froncer les sourcils, il devait s'attendre à plus de combativité de sa part.

« Mon chauffeur t'attends.
- D'accord… Dis-moi lorsqu'il est réveillé alors.
- Tu peux compter sur moi alors va te reposer… Où te détendre mais vide toi l'esprit. »

Il acquiesça, récupéra ses affaires et se dirigea sans entrain vers le parking. Le chauffeur l'attendait et lui ouvrit la porte. Il s'installa et-

« Salut. »

-Fit un bon de son siège. Il ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit.

« Me regarde pas comme ça, c'est ton père qui a tout manigancé. »

Aucune protestation ne lui vient à l'esprit. Il était soulagé de voir un visage familier et en même temps… Il se sentait vulnérable. Deux fois il s'était trouvé sur le fil prêt à craquer mais il avait tenu. Cette fois il ne s'en sentait pas capable. C'était trop. Il ne tiendrait pas. Il ferma l'habitacle du chauffeur et s'installa sur la place du milieu pour être à côté de Kenpachi. Il posa sa tête contre son épaule et se laissa aller. Il lui fut reconnaissant de ne rien dire.

Ils restèrent ainsi sans parler ni bouger tout le long du trajet.

o~~O~~o

Arrivé à la résidence, il était complètement vidé. Il ne sentait plus rien. Kenpachi l'aida à marcher et il ne sut pas comment il arriva jusqu'à chez lui. Il aperçut la mine inquiète d'Hanatarô, d'un autre côté il semblait toujours inquiet, difficile de savoir si c'était plus grave que d'habitude.

Il se retrouva sur son lit mais se sentit soudainement très seul.

« Kenny, murmura-t-il, tu es là ? »

Il n'eut pas de réponse et ferma les yeux. Un claquement de porte résonna et il rouvrit les yeux. Il discerna une silhouette immense dans la pénombre.

« Je me suis dit que tu avais peut-être faim… Enfin moi j'avais faim et le petit gars cuisine bien alors j'en ai profité… »

Il sourit… Ça lui ressemblait bien.

« J'ai pas très faim, avoua-t-il.
- Je me doute mais au cas où… J'ai monté quelques trucs à manger et à boire.
- Tu veux bien rester cette nuit ?
- J'ai déjà posé mes affaires alors… Ouais… »

Il sentit le matelas s'affaisser. Kenpachi s'allongea à côté de lui et il se tourna pour lui faire face.

« Tu as besoin de quelque chose ?
- Izaka m'a violé lorsque nous étions au lycée. »

Cette phrase restait coincée si longtemps dans sa gorge lui avait échappé au pire moment. Il aurait pu profiter de son moment de faiblesse pour se blottir dans ses bras et se reposer… Mais non. Il avait fallu qu'il se décide à parler maintenant.

« Tu veux m'en parler ? »

S'il était surpris, il n'en montra rien. Il resta interdit un instant, le temps d'assimiler son manque de réaction.

« Je trouvais ton aversion pour elle étrange mais maintenant je comprends mieux. C'est même plus que légitime. »

Il allait de surprise en surprise avec lui.

« Ça a commencé en septembre pendant la seconde quelques jours après le retour des vacances d'été. J'étais délégué et elle voulait me parler pour faire une sorte de bilan du premier trimestre et poser de nouveaux objectifs… Comme c'était sa première année, elle faisait un peu de zèle. La réunion s'est éternisée mais tout allait bien. Je ne comprends toujours pas comment ça a tourné au cauchemar comme ça. J'allais partir, j'étais à la porte et elle m'a appelé. Je ne l'avais pas entendu arriver mais elle était derrière moi. Je me suis retourné et… Elle s'est penchée sur moi. J'ai entendu le verrou de la porte et après je suis resté figé… Je n'arrivais pas à bouger et je me sentais vide… Je ne me suis pas débattu, c'est comme si j'étais devenu une marionnette entre ses mains. Quand ça s'est arrêté je me suis rhabillé et je suis parti. Je suis rentré chez moi et je n'ai rien dit… Pas un mot. La semaine est passée et j'ai agi comme d'habitude, comme si rien ne s'était passé. Puis je l'ai revue en cours et je me suis rendu compte que ça pouvait recommencer… J'ai été malade toute l'après-midi et je suis rentré plut tôt. J'ai pris un bain et je suis resté dedans jusqu'à être complètement gelé. Je me suis frotté à m'en arracher la peau. J'étais incapable de dormir ce soir-là. J'ai vu un médecin et il a conclu à une indigestion. Je n'ai pas réussi à lui dire. Aucun mot ne voulait sortir ou plutôt… Je n'arrivais pas à mettre de mot dessus. »

Il s'arrêta. Hormis avec sa thérapeute, il n'avait jamais réussi à s'exprimer. Face à sa famille, il avait toujours utilisé des euphémismes « agressé », « abusé » ou encore « touché » mais il n'avait jamais dit « violé ».

« Et ça a recommencé, ça me rendait malade à chaque fois pourtant lorsque je me retrouvais seul avec elle je n'arrivais pas à réagir. Je n'arrivais pas à me défendre, comme si mon cerveau se déconnectait. J'aurais pu la repousser, je le sais, elle était menue… J'essayais de la fuir, d'éviter les confrontations mais à part ça je n'ai pas vraiment lutté. Je croyais que ça se finirait uniquement lorsque j'aurais terminé le lycée ou si j'arrivais à faire une année à l'étranger. J'avais insisté auprès de mon grand-père pour cela se fasse au lycée plutôt qu'à l'université. Si seulement j'avais réussi à le convaincre…
- Si ? Tu n'es pas parti ? Murmura-t-il.
- C'est ce qu'on a raconté mais… J'étais à Kyoto. Tu te rappelais du malaise que j'avais fait après le tournoi amical, et bien la prise de sang que j'avais faite avait révélé que j'attendais un enfant… J'étais à cinq mois de grossesse, tu imagines le choc ? Ce soir-là, à mon retour du lycée la gouvernante m'attendait et m'a dit de me rendre tout de suite au salon. Mon grand-père était furieux, mon père aussi était là et j'ai compris que quelque chose n'allait pas. Mon grand-père s'est levé et m'a giflé, sur le coup je n'ai pas compris ce qu'il se passait… Hiro s'est interposé et a commencé à se disputer avec Ginrei. Mon père était sous le choc mais il m'a dit d'aller dans ma chambre le temps que grand-père retrouve son calme et que nous puissions parler. J'ai patienté toute la soirée à angoisser en me demandant ce qui pouvait provoquer une telle situation. J'ai pensé qu'ils savaient pour nous deux puis j'ai pensé qu'ils savaient ce qu'il se passait avec Izaka. Je suis resté assis sur mon lit à attendre. Ils se sont montrés tous les trois et c'est Hiro qui me l'a annoncé. Il était calme et plutôt rassurant. Ginrei s'est de nouveau emporté… Il t'a accusé, traité de tous les noms. »

Il eut un bref sourire en se rappelant ce moment.

« Il a commencé à me crier dessus en me traitant d'irresponsable, qu'il allait mettre fin à cette relation, qu'il n'aurait jamais dû te parrainer, que j'amenais la honte sur notre famille. Il a continué encore un moment puis il a dit qu'il allait s'en occuper tout de suite et il est parti pour téléphoner au directeur et… J'ai craqué : je leur ai tout dit, que c'était Izaka, qu'elle m'avait forcé… Pour être honnête je me rappelle surtout d'avoir pleuré et qu'Hiro est parti rattraper son mari. »

Kenpachi se rapprocha et il sentit sa main dans ses cheveux.

« Je suis parti à Kyoto pour mener ma grossesse à terme, enfin presque, il est arrivé avec presque un mois d'avance. Il était minuscule.
- C'est Ichigo, pas vrai ?

Il hocha la tête.

« Mon père a trouvé une famille pour l'accueillir et… Lorsque je les ai rencontrés et qu'ils l'ont tenu dans leurs bras… Je… »

Sa vision se troubla. Il avait les larmes aux yeux et cette fois il ne parvint pas à les retenir.

« Ils ressemblaient à une vraie famille, sanglota-t-il. Ils étaient tellement heureux de l'avoir et moi… J'étais incapable d'assumer cet enfant. J'étais terrifié mais… »

Il pleura dans les bras Kenpachi et se blottit contre son torse, son corps secoué de spasmes.

« Je ne voulais pas l'abandonner… C'était mon bébé et je ne voulais pas… »

Il avait besoin de finir son histoire mais c'était la première fois qu'il avouait à quelqu'un ses remords envers Ichigo. Cela avait été la meilleure solution à l'époque. Il n'aurait jamais réussi à s'en occuper, à affronter les regards, à se justifier mais au fond de lui… C'était son bébé. Il l'avait tenu dans ses bras alors qu'il était minuscule. Il avait tenté de se convaincre mais cet abandon l'avait hanté.

Il inspira profondément et reprit : « Masaki et Isshin étaient de bon parents, la preuve Ichigo est un bon garçon… Malgré tout j'ai eu du mal à m'en remettre, les médecins avaient mis ça sur le compte d'un post-partum mais ma psy s'est rendu compte que s'était surtout de l'anorexie qui trainait depuis un bon moment et qui s'est aggravé après sa naissance. Je n'ai pas pris de poids pendant ma grossesse mais après mon accouchement ça a été une vraie descente. J'ai perdu dix kilo en un mois, je n'avais plus que la peau sur les os, le moindre effort était insupportable, soupira-t-il. Il m'a fallu du temps pour m'en remettre et je me rends compte aujourd'hui que ce n'est toujours pas passé. »

Cette fois il avait vidé son sac et se sentait plus léger. Entre les larmes et les paroles, il avait enfin pu relâcher la pression. L'étreinte dans laquelle il était réfugié se resserra.

« Je suis désolé… Je rallais que tu sois parti sans prévenir mais tu avais tellement plus à gérer et surtout je suis désolé de ce qui s'est passé, murmura-t-il. On sortait ensemble et j'ai rein remarqué, pire je me suis moqué de ton aversion pour elle. J'ai rien fait. J'ai sacrément merdé et j'espère que tu pourras me pardonner pour tout ça… Si je t'ai blessé… Ça n'a jamais été mon but. »

Il eut un rire nerveux avant de répondre.

« Tu sais que tu peux être vraiment étonnant des fois… Tu es le premier à t'excuser pour ce qu'il m'est arrivé alors… Merci. »