Un grand merci à AmbreKuchi47 ^^
Chapitre 10
Yoruichi resta sans voix en regardant le message que sa mère lui avait envoyé. Elle avait accompagné la note d'un mot : je ne sais pas si tu es déjà au courant mais tu devrais lire ça. Une déclaration officielle du clan Kuchiki. Elle fronça les sourcils. Que se passait-il ? Pour quelle raison sa mère lui enverrait ça ? La seule raison valable et que cela n'avait pas encore était rendu officiel. Elle survola la note avant de s'arrêter et tout reprendre depuis le début.
Elle se redressa dans son lit et se pencha sur son portable. Elle n'en croyait pas ses yeux. Elle se leva d'un bond et alla se préparer, il allait l'entendre… Soi Fon se redressa échevelée et les yeux bouffis, elle était adorable : « Que se passe-t-il ? Murmura-t-elle.
- Il faut que je passe chez Byakuya avant d'aller au travail et peut-être que j'y retournerais ce soir aussi.
- Ça ne répond pas à ma question.
- Je dois aller le sermonner.
- Il ne veut pas nous louer la salle du Senbonzakura ?
- Non, enfin je ne sais pas… Je ne lui ai pas encore demandé.
- C'est quoi le problème alors ? J'espère que tu ne tentes pas de sécher le travail. Je ne suis pas en état de te remplacer. »
Yoruichi ressortit du dressing et se releva les cheveux. Elle revint s'assoir sur le lit près de sa fiancée. Soi Fon posa une main rassurante sur son bras, elle s'assit et se pencha vers elle.
« Qu'est-ce qu'il se passe avec Byakuya ? Tu es pâle…
- Il… Enfin ma mère vient de m'envoyer une note à publier dans la presse. C'est Byakuya qui l'a rédigé et… Si c'est vrai… Enfin si c'est bien lui qui l'a écrit alors… Je… »
Elle se prit la tête entre les brune se redressa et la prit dans ses bras.
« Dis-moi… C'est en rapport avec son divorce ?
- Non il… Il dit qu'Ichigo est son fils naturel et qu'il… Qu'il a été agressé pour une de nos professeures lorsqu'on était au lycée. Et dire que j'aimais bien cette professeure… C'était la première femme à être titulaire au Seireitei. Il… Il n'a jamais rien dit… Il ne nous a jamais rien dit ! Pourquoi il… Pourquoi il nous a caché ça… Je ne comprends pas. »
Soi Fon resta silencieuse et se redressa pour s'assoir à côté d'elle. Elle se pencha contre elle et regarda le rebond qui commençait à apparaitre sur son ventre.
« Tu comptes réellement aller chez lui, sans le prévenir, pour l'engueuler ? Tu crois qu'il sera d'humeur ? Il doit avoir assez à gérer comme ça, tu ne penses pas ?
- Tu as probablement raison…
- Téléphone-lui mais avant prend le temps de te calmer. Je ne t'ai jamais vu comme ça.
- Il faut que j'aille le voir… Tu sais comment il est… Si je lui téléphone, il va m'embrouiller et je ne saurais jamais le fond de l'histoire.
- D'accord mais n'y va pas comme une furie.
- Je ne vois pas de quoi tu parles, bouda-t-elle.
- Tu m'excuseras. »
Soi Fon se leva et partit en courant vers la salle de bain, le haut le cœur qui suivit ne laissa que peu de place au doute. La voix de la raison avait parlé : elle ne pouvait pas débarquer comme ça sans s'annoncer et puis… Byakuya n'était pas seul… Yuzu et Karin devaient être rentrées. Elles aussi devaient être chamboulées… Et si elles n'étaient pas encore au courant ? Si l'information avait fuité avant qu'il n'ait pu leur parler ? Si elle arrivait en faisait un scandale alors qu'il ne leur avait pas parlé… Elle provoquerait un drame… Mais elle ne pouvait rester sans rien faire.
Elle devait trouver un moyen de lui parler, de le faire parler… Et de lui remonter le moral. Comment avait-il pu garder ça pour lui ? Cela lui paraissait tellement aberrant qu'elle n'y croyait pas. Elle avait besoin de l'entendre de sa bouche… Et de l'engueuler pour ne pas lui avoir dit plus tôt.
Elle prit son portable et envoya un message à Jûshirô et Shunsui : réunion de crise. Elle reçut la réponse affirmative de Shunsui dans les secondes qui suivirent. Il semblait qu'elle ne soit pas seule à avoir eu l'information. Elle fut soulagée de ne pas être la seule déboussolée par la situation. Elle prit une grande inspiration et alla rejoindre sa bien-aimée qui vomissait.
o~~O~~o
Keigo avait l'estomac noué en arrivant au lycée. Il avait déjà aperçu des hatags en ouvrant les réseaux sociaux et les articles pullulaient déjà. Il n'avait pas le cœur à les regarder et se demanda comment Ichigo allait. Toutes ces annonces avaient dû le retourner, il le trouvait courageux de leur en avoir parlé sans attendre.
Ils avaient discuté avec Mizuiro mais ni l'un ni l'autre ne savait comment aborder la situation. Les grossesses cachées ce n'étaient pas nouveau surtout à leurs âges (monsieur Kuchiki devait avoir leur âge au moment des faits) mais ça ne couraient pas les rues. Entre entendre des rumeurs et l'apprendre de la bouche d'un de leur camarade il y avait un monde. Ce n'était plus un murmure lointain dont on plaisante : c'était un fait bien réel et sordide.
Un lycéen qui couche avec une de ses professeures c'est un fantasme d'ado (ou rétrospectivement un fantasme d'étudiant ?) mais une professeure qui viole un de ses élèves c'est un cauchemar. Cette idée lui donnait envie de vomir.
Il arriva devant son bâtiment l'esprit embrumé de pensées glaç espérait tomber sur Mizuiro avant d'arriver en classe, il avait besoin d'un visage familier. Il n'avait pas envie de croiser l'autre abruti de Grimmjow…
« Bonjour Keigo. »
Il sursauta et retint tout juste un hurlement. Il se retourna et tomba nez à nez avec le délégué. Il regarda autour de lui, se demandant s'il avait bien compris. Pourquoi Uryû Ishida venait lui parler, à lui, directement ? Il le fixa un instant avant de se rappeler qu'il lui avait parlé et qu'il ne pouvait juste le fixer sans rien dire.
« Bon… Bonjour ? »
Dis un truc intelligent…
« Ça va ? J'ai fait une connerie ? »
Bien joué Keigo, tu viens de prouver que tu n'es pas fréquentable.
« As-tu fais une « connerie » qui doit m'inquiéter ou me concerne ?
- Non, bredouilla-t-il. »
Il regarda autour de lui à la recherche d'aide pour sortir de guêpier.
« Dans ce cas, ça ne m'intéresse pas. »
Il avait une façon de présenter les choses celui-là… Difficile de comprendre ce qu'il lui voulait, il avait toujours la même tête de coincé.
« Je sais qu'Ichigo ne reviendra pas tout de suite, je suppose que tu dois être au courant. Tu as du entendre ou voir les journaux. Je voulais savoir si tu avais de ses nouvelles. Nous ne nous connaissons pas vraiment alors je crains qu'il soit malvenu que je lui demande directement des nouvelles. Il tient le coup ? »
Il buga complétement. Depuis quand Ishida s'intéressait à autre chose que les conseils de classes ?
« Euh…
- Il doit être secoué mais j'imagine que c'est normal.
- Oui c'est ça… Euh… Comment tu sais qu'il ne reviendra pas tout de suite ?
- Monsieur Sasakibe m'a informé ce matin qu'il serait absent pour la semaine au moins. Il souhaite que je lui dépose les devoirs. »
Son cerveau se remit en marche.
« Déposer ? Pas envoyer ?
- Tu es plus attentif que je le pensais. »
Merci pour la pique le bigleux.
« Il se trouve qu'on habite à deux pas mais je me vois mal aller chez lui en ce moment et sans le prévenir.
- D'accord… Pourquoi tu me dis tout ça ?
- Je ne sais pas, dit-il de but en blanc, tu as une sale tête ce matin. Je me suis dit que tu avais surement envie de parler et de gagner du temps comme ils t'attendent en embuscade en classe. Et ton binôme n'est pas encore arrivé… Quoique, il arrive. Tu devrais te reprendre sinon ils vont te manger tout cru en classe. »
Il ne savait pas s'il cherchait à lui remonter le moral ou finir de l'enterrer. Ce gars était définitivement bizarre… Pourquoi Ichigo cherchait à l'approcher ces derniers temps ? Une fascination pour l'étrange… Ou les bruns à lunettes premier de la classe ?
Eurk…
Il n'y arrivait pas avec lui. Il ne savait pas comment se comporter avec lui et ses changements d'humeur le laissaient perplexe : il passait du sérieux à l'humour avec la même expression… Aussi bien il faisait de l'humour sans s'en rendre compte ? Son cerveau devait être programmé pour les études, rien d'autre. Un côté robot…
« Salut ! Qu'est-ce que tu as fait comme bêtise Keigo ?
- Décidément, tu dois être accoutumé aux mauvais coups, remarqua Ishida. »
Il profita de la confusion pour s'éclipser et les laisser dans l'incompréhension. Mizuiro fronça les sourcils.
« Eh bien c'est animé ici, déjà que ma mère m'a appelé pour savoir si je connaissais Ichigo, elle m'a tenu la jambe. »
Sa grimace lui rappela à quel point il ne supportait pas sa mère. Il chercha à changer de sujet.
« Ishida est venu me voir parce qu'il voulait des nouvelles d'Ichigo… Enfin savoir s'il allait bien… Et au passage me dire que j'avais une sale tête.
- Il t'a dit ça comme ça ? Rit-il.
- Deux fois en plus. Il a insisté. »
Mizuiro se mit à rire de bon cœur.
« Je ne trouve pas ça drôle, soupira-t-il. En plus, il parait que nous sommes attendus en classe. »
o~~O~~o
Il s'était levé aux aurores.
Sachant ce qui l'attendait, il ne pouvait rester dans le déni de la chaleur de ses couvertures. En arrivant dans la cuisine, il se dit qu'il s'était levé tôt. Il faisait nuit dehors et l'ambiance était différente, comme une odeur particulière qui flottait dans l'air, un calme et un silence apaisant. Il se prépara un café et vit l'heure affichait sur le four : cinq heure trente-sept.
Il s'était peut-être levé trop tôt.
Il se posta à la fenêtre de la cuisine, sa tasse fumante à la main et fixa les voitures qui commençaient à circuler en bas. Peut-être aurait-il dû aller s'installer au manoir familial le temps que cela se tasse ? Son père n'y aurait pas vu difficulté, si Rukia sortait régulièrement il devait se trouver seul… Il se voyait mal retourner vivre chez son père maintenant mais ils auraient été plus tranquille et auraient eu accès à un jardin… Du autre côté, pour ses réunions l'appartement était mieux placé et s'était plus confortable.
Il se rendit compte qu'il n'avait plus mis les pieds au manoir depuis l'université, dès son mariage en réalité. Il gardait trop de mauvais souvenirs et de nuits d'angoisses. Même ses souvenirs d'enfance n'avaient rien de joyeux. Ce manoir conservait l'absence de ses parents et la sévérité de son grand-père. Il savait qu'ils avaient fait leur possible mais il ne voulait pas raviver ses colères. Il préférait se rappeler les bons souvenirs… Seulement ils se trouvaientKyoto, des moments d'apaisements en famille. Il lui restait bien du chemin à faire. Il devrait reprendre rendez-vous chez sa psychiatre, reprendre la thérapie et arrêter de fuir dès qu'il voyait une ouverture de mieux. Elle lui faisait remarquer poliment qu'il restait du travail mais il préférait l'ignorer.
S'il était moins têtu se serait plus simple.
Il but une gorgée de son café et alla au salon pour de nouveau se planter face à la baie vitrée, il ne prenait jamais le temps de regarder dehors. Une petite voix intérieure lui fit remarquer que l'étrangeté était plutôt son intérêt pour ce qu'il y avait dehors mais il la chassa d'un revers. La vue sur le parc lui tira un sourire, il vit quelqu'un promener son chien. Difficile de dire à cette distance s'il s'agissait d'une femme ou d'un homme mais l'allure lente et maladroite lui laissait penser qu'il s'agissait d'une personne âgée. Il prit une nouvelle gorgée et soupira.
C'était le calme avant la tempête, il le savait et cherchait à en profiter autant que possible. Temps qu'il avait l'esprit calme et tranquille, il se sentait prêt à tout affronter. Enfin presque. Il y avait bien Yoruichi. Il savait qu'elle allait débouler et tout casser. Peut-être le frapper comme Rukia l'avait fait ? C'était une possibilité à ne pas écarter. Il devrait veiller à garder une distance de sécurité.
Il craignait que la réaction de Shunsui soit semblable à celle à de Kenpachi. Il aurait des explications à leur donner.
Son portable vibra et il sentit les maux de tête arriver. Il arqua un sourcil : Kenpachi.
Je suppose que tu dors pas alors je voulais t'encourager. Si tu veux causer ce soir, tu peux me téléphoner.
Il sourit.
Je prends note de l'invitation.
Donc j'avais raison ! Tu dors pas !
Tu pourrais faire la grasse mat', moi je dois aller bosser et je serais bien resté au lit !
Avec toi de préférence.
Mais bon, on peut pas tout avoir non plus.
Si t'as besoin de gros bras pour faire le ménage, je peux t'aider.
Retourne pioncer bon sang !
Il pouffa face à la rafale de message qui apparut en quelques secondes. Kenpachi le faisait rire, il se sentait mièvre. Cet échange lui redonna confiance et il nota soigneusement dans un coin de sa tête d'appeler Kenpachi dans la soirée… Pour discuter, relâcher la pression et par la même occasion savoir quels étaient les réactions au Seireitei.
Tout s'était déroulé entre les murs du lycée… Une eau glacée envahit son corps. Il n'avait pas pensé à ça jusqu'à maintenant et si Ichigo ne voulait plus y retourner ? Après tout c'était dans les mêmes classes qu'il fréquentait aujourd'hui qu'Izaka l'avait violé. Certes il n'avait pas la même perception que lui, pas le même souvenir… Et il n'avait pas besoin de lui donner les détails. Seulement… D'une manière ou d'une autre Ichigo finirait par comprendre que s'était dans ce même lycée que tout avait démarré, que tout avait eu lieu : les abus, les viols et le harcèlement moral. Même en classe elle s'était amusée à l'effleurer en lui rendant des devoirs ou des copies. Il se rappelait de ses frissons de dégout qui le parcouraient à chacune de ses apparitions.
Cette femme avait hanté ses pensées, parsemé ses nuits de cauchemars et elle était maintenant derrière les barreaux. Elle avait cessé d'exister lorsqu'il avait quitté le Seireitei, il n'avait jamais cherché à savoir ce qui lui était arrivée. Il savait que son grand-père l'avait faite renvoyer mais qu'était-elle devenue tout ce temps ? Avait-elle recommencé ? Si c'était le cas son témoignage pousserait d'autres victimes à se manifester.
Et si il avait été sa seule victime ? Et si après lui, elle avait eu une vie rangée ? La vie de madame-tout-le-monde partagé entre le travail et une vie sociale épanouie ? Il était peut-être la raison de son mal-être ? Et si il avait le déclencheur de sa folie ? Elle n'aurait pas pu retourner au Seireitei même pour un remplacement si son dossier n'avait pas été parfait. Peut-être que sa seule existence lui faisait perdre la tête ? Comme une allergie, un poison dans sa vie qui provoquait des démences, des envies violentes de contrôles et possession. Il n'était pas rare d'entendre dans des défenses d'alpha d'imputer la faute à leur sexe secondaire, qu'ils avaient ressenti un désir incontrôlable, qu'ils étaient victimes de leurs instincts primaires. Quarante ans auparavant cette excuse était recevable, ils auraient eu tort de sans priver.
Il était alpha pourtant il n'avait jamais connu de pulsion incontrôlable. Il serait tenté de croire que ce n'était qu'une excuse pourtant il connaissait l'histoire de ses grands-parents. Une histoire de coup de foudre devant témoin. Enfin… Coup de foudre n'était pas le terme exact pour ce qui était arrivé. C'était le terme romancé pour : nous nous sommes retrouvé dans le même lit juste après nous être rencontrés sans trop savoir l'expliquer, et Hiro s'était retrouvé avec un beau marquage dans le cou pour confirmer leur union.
Il avait toujours entendu parler de cette histoire comme étant le destin. Ses grands-parents, enfin Hiro, en parlait toujours ainsi : ils étaient destinés l'un à l'autre et leur union inévitable. Il souriait toujours en parlant de cette rencontre, même Ginrei s'adoucissait à ce souvenir. Il ne savait pas comment il était à ses vingt ans mais depuis qu'il était né, il l'avait toujours connu sérieux et sans faille. Jamais un pas de travers et une expression indéchiffrable. Il ne le voyait pas sur le coup de tête d'une simple rencontre réduire à néant un long travail de négociation de son mariage.
Les lignes se brouillaient dans son esprit. Où se trouvait la limite entre l'instinct et la raison ? Certes ses grands-parents avaient succombé à la passion mais elle était partagée. Izaka, si elle choisissait cette défense, y avait succombé seule. S'il n'avait pas réussi à la repousser jamais il n'avait partagé ou encouragé son comportement. Il avait manifesté son désaccord, l'avait évité et s'en était rendu malade. Il avait expliqué à ses filles le consentement et ce n'était que maintenant qu'il comprenait enfin. Il avait toujours cherché à se justifier pour des actes qu'il n'avait pas commis, il était peut-être temps qu'il laisse la vraie coupable répondre de ses actes.
o~~O~~o
Shunsui regarda le message avec incompréhension.
Pourquoi Yoruichi convoquait une réunion de crise si tôt ? Il ne se souvenait pas d'une catastrophe. Il se redressa dans les draps et veillant soigneusement à ne pas réveiller le bel endormi à ses côtés. Le chemin avait été long pour en arriver là, hors de question de tout gâcher en étant indélicat. Jûshirô avait une santé fragile, il devait préserver son sommeil… Il l'en privait déjà régulièrement. Ils avaient du temps à rattraper. Cela faisait vingt ans qu'ils partageaient une passion qu'ils n'avaient osé s'avouer. La stupeur le suivait encore depuis cette soirée où il avait pris la situation en main. C'était le dernier moment pour tout lui avouer, l'idée qu'il puisse se marier avec quelqu'un d'autre l'avait empêché de dormir.
Il se rappelait de la lueur de ses yeux, ce soir-là. Ils brillaient tellement. Puis il avait fondu sur lui pour l'enlacer. Il l'avait embrassé et laissé sans voix. Il s'attendait à refus poli, un moment de gêne, à de la consternation… Pas à un retour favorable. Dès cet instant il ne l'avait plus lâché. Ils avaient passé la nuit enlacés et avaient rattrapé ses nuits de frustration à rêver de sa peau. Il pensait se réveiller de ce doux rêve mais le matin avait prouvé la tangibilité de ce moment. Jûshirô était adorable au réveil.
Il répondit à Yoruichi sans poser de question : elle devait avoir ses raisons et puis il finirait bien par savoir ce qui la tracassait à ce point. Il regarda les réseaux sociaux à la recherche des dernières nouveautés ou coup d'éclats mais rien ne lui sauta aux yeux. Il soupira et se mit vagabonder à la recherche d'inspiration et pour voir quelles célébrités s'étaient montrées avec ses créations.
Les notifications commencèrent à affluer et il reçut des dizaines de messagesde sa famille.
Tu as vu les informations ?
Tu étais au courant pour Byakuya Kuchiki ?
Tu as vu ce qui vient de tomber chez le clan Kuchiki ?
Il fronça les sourcils et se pencha sur les actualités. Qu'était-il arrivé à Byakuya ? Il venait de divorcer, au moins de renouer avec son ex-mari ou de se remarier dans la foulée… Il fit un tour de la presse avant de tomber sur un communiqué signé par Byakuya. Son téléphone lui tomba des mains, il resta figé, le regard dans le vide.
Tout devint flou et un sifflement aigu lui vrilla les tympans.
Il ne voulait pas y croire. Il ne pouvait pas y croire. C'était une mauvaise blague. Quelqu'un avait usurpé l'identité de Byakuya pour faire une mauvaise blague.
Il ne remarqua pas Jûshirô se pencher vers lui. Il entendit une voix lointaine mais il ne comprit pas ce qu'elle disait.
Byakuya ne pouvait pas… Il n'avait pas pu lui cacher une chose pareille. Il n'avait pas pu lui mentir. Comment aurait-il pu rater ça ? Comment avait-il pu passer à côté de ça ? Ils étaient proches. Physiquement proches. Il l'avait vu sans vêtement et il n'avait pas remarqué de traces, de marques qui auraient pu le questionner. Il cherchait dans sa mémoire…
C'était son comportement qui aurait dû l'inquiéter.
Il avait manqué sa détresse, manqué ce qui l'avait poussé à entamer cette relation qu'ils avaient entretenu.
Il se sentait minable et pathétique. Il était un piètre ami. Il aurait dû le questionner, il voyait maintenant que son comportement était étrange. Pourquoi, à quinze ans, Byakuya avait voulu entamer une relation charnelle avec lui ? Il ne lui avait pas demandé s'il avait déjà eu une relation avant lui, il ne l'avait pas questionné. Il avait pris pour argent comptant cet accord. Il débordait d'hormones et était ravi de trouver quelqu'un avec qui partager ce problème. Rétrospectivement, Byakuya n'avait jamais montré d'intérêt pour le sexe, contrairement à lui qui avait enchainé les conquêtes à l'université, le brun n'avait pas eu d'autre relation après lui et avant Sôsuke. Bien qu'il ait un doute sur sa relation avec Kenpachi.
Il devait lui parler. Il devait comprendre. Cette relation était peut-être un appel à l'aide qu'il avait raté. Un moyen de se rassurer alors qu'il traversait un cauchemar. Il aurait dû lui en parler, il aurait pu… Mais il n'avait rien dit. Il lui avait fait confiance pour coucher avec lui mais pas lui parler d'une professeure qui abusait de lui ? Byakuya faisait-il si peu cas de son intégrité physique ?
Il comprit alors la raison de la réunion de crise demandé par Yoruichi.
« Shunsui. »
Il sortit de sa torpeur et se tourna vers son amant. Une main apaisante vint caresser son front et repousser ses cheveux.
« Shunsui, est-ce que ça va ? »
Il attrapa son portable et lui tendit.
« Tu as vu ? Souffla-t-il. Byakuya… Yoruichi m'a donné rendez-vous, je suppose que toi aussi. Réunion de crise.
- J'ai vu, dit-il. Ça fait cinq minutes que tu marmonnes dans le vide. Nous pourrons parler avec Byakuya en temps voulu mais… Tu veux que nous parlions avant ? J'ai l'impression que ça te touche particulièrement. Tu es vraiment pâle Shunsui…
- Je… C'est juste que je ne comprends pas qu'il ne nous ait rien dit.
- Je sais… Moi non plus… Et en même temps je comprends, il a toujours été réservé sur les sujets graves. Tu te rappelles lorsque sa mère est décédée ?
- Certes mais… Je… »
Les mots moururent sur ses lèvres.
Nous étions proches lui et moi.
Il se voyait mal parler de ça avec Jûshirô maintenant. Le moment ne pouvait pas être plus mal choisi.
« D'un autre côté, nous sommes fixés. L'adoption, enfin, la présence d'Ichigo chez lui parait plus justifiée.
- C'est sûr... Comment sommes-nous passés à côté de ça ? Il a eu un bébé… Et nous le pensions à l'étranger. Et cette folle qui revint et enlève Ichigo en plus !
- Yoruichi va faire un massacre.
- C'est un euphémisme. »
o~~O~~o
Les réactions commencèrentà tomber alors qu'il sirotait une tasse de thé. Hanatarô préparait le petit-déjeuner dans la cuisine et lui ne savait que faire à part tourner en rond à attendre. Son esprit anticipait les réactions qui allaient lui tomber dessus et il était incapable de se poser pour rouvrir ses dossiers.
Son portable commença à sonner et vibrer sans discontinuer. Il ne savait pas s'il devait le regarder ou l'éteindre avant qu'une crise d'angoisse arrive. Il prit une grande inspiration et déverrouilla son portable. Il fit défiler les messages et s'intéressa surtout aux expéditeurs. Des journalistes, les administrateurs, de la famille… Et la redouté Yoruichi :
Salut, dis on peut passer ce soir ? Si tu as un moment.
Il s'étonna… Il s'attendait à quelque chose de plus virulent. Il ne questionna pas le « on » se doutant déjà que Shunsui et Jûshirô seraient présents et accepta le rendez-vous. Une pointe de culpabilité le traversa, il aurait dû leur en parler avant… C'était trop tard de toute manière. Il soupira et reprit son exploration dans les messages qui arrivaient toujours.
Cela se partageait entre la sidération et la confirmation de la véracité de l'information. Personne ne semblait croire qu'il avait fait publier ce communiqué. Il décida d'allumer son ordinateur pour voir les réponses et articles dans la presse, son portable ne cessait de vibrer.
Non, il avait du travail.
Non, le petit-déjeuner d'abord.
Un tour sur les réseaux sociaux ?
Il se pinça le nez. Cette journée le fatiguait déjà et son thé était froid. Il vida sa tasse d'une traite en grimaçant.
o~~O~~o
Ichigo regarda le post-it sur son bureau.
Ce rappel silencieux de son rendez-vous chez une psychiatre. L'idée lui déplaisait mais le rendez-vous était pris. Il traina des pieds pour se rendre jusqu'à la salle à manger. Un avis extérieur pouvait être utile après ce qu'il avait vécu.
Il ne trouva personne au salon mais entendit la voix de Byakuya dans le bureau adjacent. Il devait téléphoner pour le travail. Un instant il se demanda s'il lui avait parlé de ce rendez-vous, peut-être que Sôjun l'avait fait. S'il n'était pas au courant, il pourrait toujours dire qu'il avait oublié… Et ne pas y aller. Avec tout ce qu'il s'était passé ces derniers jours ce ne serait pas étonnant que cela lui soit sorti de la tête.
Il soupira.
Ce n'était pas bien, il ne pourrait rester caché éternellement. Il devrait se confronter au monde extérieur à un moment ou un autre. Ce rendez-vous avait probablement été pris dans le cadre de l'enquête. Byakuya avait fait une déposition, ils auraient besoin de sa version à lui aussi. À un moment ou un autre.
Ce week-end lui avait permis de se poser et de se calmer… Et il n'avait pas envie de parler à une inconnue.
Il se rendit dans la cuisine et sans grande surprise trouva Hanatarô en train de ranger les courses. Il était allé faire des courses ce matin avant de venir ? Cet homme était vraiment étrange.
« Bonjour Hanatarô, ça va ? »
Le majordome fit un bond et manqua de faire tomber la bouteille de lait qu'il tenait. Il se demanda comment il faisait pour survivre dans le monde extérieur en étant aussi tendu.
« Je ne vous avez pas entendu arriver, souffla-t-il. Bonjour, je vous sers le petit déjeuner tout de suite. »
Il n'eut pas le temps de placer un mot et repensa à la discussion qu'ils avaient eue. Il soupira et s'avança vers une chaise avant de changer d'avis. Il n'allait pas rester là à manger pendant qu'Hanatarô ranger les courses. Pendant qu'il avait le dos tourné, il saisit les aliments et les rangea. Il entendit un soupir exaspéré derrière lui.
« Quoi ?
- Vous êtes encore plus borné que monsieur Kuchiki… »
Un raclement de gorge les fit sursauter tous les deux. Une expression horrifiée apparut sur le visage du majordome avant de faire comme s'il n'avait rien remarqué.
« … Ce qui est une qualité indéniable dans les affaires, ajouta Hanatarô. »
Jolie pirouette. Il sourit et crut voir une lueur d'amusement passer dans le regard de Byakuya.
« Ichigo, tu te rappelles de ton rendez-vous ? Je pensais que nous pourrions partir ensemble, j'ai rendez-vous aussi et je dois sortir. »
Pour le repos, on repasserait. Byakuya n'avait pas vraiment la volonté de s'arrêter de travailler… À moins que cela ne soit lié à leur affaire ? Il devait avoir de l'administratif à remplir et participer à l'enquête. Ils avaient peut-être d'autres questions à lui poser.
« D'accord, dit-il simplement. »
Il en apprendrait peut-être plus pendant le trajet ou après son rendez-vous. Byakuya repartit presque aussi vite qu'il était apparu. Il n'avait fait aucune remarque suite à la petite phrase d'Hanatarô. Le majordome souffla et ses épaules s'affaissèrent. Certes ce n'était pas élégant de critiquer son employeur mais il ne l'avait pas insulté non plus.
Ichigo s'installa pour déjeuner et ne fit aucun commentaire. Il pensait que les jumelles seraient là mais elles devaient profiter de leur temps libre pour se reposer, à moins qu'il ne se soit levé plus tôt qu'il ne le pensait ?
Une fois son petit déjeuner avalé, il retourna au salon. Byakuya raccrocha son portable et soupirant bruyamment. Les dernières nouvelles ne devaient pas être bonnes.
« C'est dans la presse, c'est ça ? »
Byakuya se tourna vers lui, il ne semblait pas l'avoir remarqué jusqu'à maintenant.
« En effet, mais c'est surtout le bureau. La nouvelle gamme a pris du retard, les prototypes ne sont pas au point pour les shootings promotionnelles… Abarai a un peu paniqué mais je le soupçonne d'avoir utilisé ça comme prétexte pour demander des nouvelles.
- Vous travaillez ensemble depuis un moment, c'est normal qu'il s'inquiète…
- Ce n'est pas rare qu'il y ait des retards pour les shootings mais pour le lancement il faut qu'il soit au point. »
Il fronça les sourcils.
« Euh… Je parlais plutôt de ce qui se passe, je veux dire, il doit être au courant pour… Ce qu'il s'est passé. »
Byakuya s'arrêta.
« Peut-être. »
Comment… Comment pouvait-il… Être à côté de la planque comme ça ? Une personne normal penserait d'abord à sa santé, son état mentale pas son travail. Il fronça les sourcils à nouveau, il avait repris ses cours plutôt que de passer du temps avec ses sœurs. Byakuya n'était pas le seul dans le déni.
« Je voulais aussi te dire quelque chose avant que tu n'ailles à ton rendez-vous. Concernant la psychiatre. »
Ichigo se tendit.
« Je voulais juste que tu saches que… En réalité c'est assez banal d'aller voir un psychiatre, tu n'es pas obligé de tout dire si tu n'en as pas envie. Elle est là pour t'aider mais il faut être prêt à accepter cette aide. J'ai fait une thérapie et je sais que cela m'aurait aidé d'entendre ça avant, j'avais tellement peur que cela ne remonte à mon grand-père que je n'osais pas parler de mes problèmes. Il a fallu une hospitalisation pour que je finisse par lui parler. »
Il sourit et cela l'intrigua. Ichigo ne voyait pas ce qu'il y avait d'amusant dans un séjour à l'hôpital à cause d'une dépression, il attendit la suite pour avoir des éclaircissements.
« Il a aussi fallu que je l'entende s'opposer à mon grand-père, je crois bien n'avoir jamais entendu personne lever la voix contre lui, ça m'avait fait plaisir de le voir sans voix comme ça. »
Il avait bien compris que la relation entre Byakuya et son grand-père était compliquée mais pas à ce point.
« Ce que je voulais te dire, c'était de ne pas t'inquiéter ou te prendre la tête. Cette évaluation est surtout destinée à l'enquête. »
Tout allait bien jusqu'à cette phrase, maintenant il espérait ne pas dire de conneries sans minimiser ce qui s'était passé.
Merci papa.
o~~O~~o
Les rayons du soleil lui chatouillaient le nez.
Elle ouvrit les yeux à contre cœur, pour une fois qu'on la laissait dormir. Elle n'avait pas pensé à fermer ses rideaux la veille et elle n'aimait pas les volets roulants. Elle trouvait ça hideux et avait demandé des rideaux. Son père n'avait pas semblé plus surpris que ça et lui avait accordé. Yuzu adorait les froufrous, les rubans et les petites choses mignonnes, une passion commune avec sa tante Rukia. Peut-être était-ce pour ça que son père n'avait pas été surpris outre-mesure ?
Elle ouvrit les yeux en grands.
Elle n'allait pas à l'école aujourd'hui, cela voulait dire qu'elle pourrait porter la tenue qu'elle voulait. Elle se redressa sous ses couvertures moelleuses. Devrait-elle mettre un nœud ou bandeau dans ses cheveux ? Elle fronça le nez, elle aurait le temps de faire des essaies. Elle bondit du lit, s'avança sur le tapis et se planta devant son armoire. Pour une fois qu'elle n'avait pas à porter son uniforme en semaine… C'était l'occasion de se faire plaisir !
Elle bougea les cintres et fit défiler ses robes… Certaines étaient trop petites, elle ferait mieux de les sortir de son armoire. Plus tard. Elle saisit une robe couleur sable aux manches bouffantes. Une couleur chaude et lumineuse ne serait pas de trop pour alléger l'ambiance. Elle avait entendu beaucoup chose ces derniers jours mais elle préférait se fixer sur le positif : Ichigo et son père allaient bien (enfin mieux).
Elle avait compris que son père avait vécu des choses affreuses lorsqu'il était au lycée. Elle ne saisissait pas tout malgré les explications, cela paraissait lointain et abstrait mais son père qui était toujours si assuré… Il était chamboulé, perdu lorsqu'il leur avait parlé. Elle ne l'avait jamais vu si triste, si vulnérable. Cela l'avait secouée de le voir ainsi et les réactions de Karin aussi. Elle pensait retrouver sa jumelle pour qu'elles en parlent ensemble mais Karin s'était détournée prétextant la fatigue. Elles n'avaient pas eu l'occasion d'en reparler et elle n'arrivait pas à savoir ce qu'il se tramait dans la tête de sa sœur.
Cela l'embêtait de ne pas savoir ce qu'elle pensait. Elles partageaient tout avant… Avant le divorce de leurs parents. Elle avait senti le changement pendant le séjour chez leurs arrières grands-parents. Elles ne se comprenaient plus aussi bien, elles n'avaient cessé de se disputer. Le moindre petit détail mettait le feu aux poudres, Karin voulait rester seule et elle, elle cherchait sa compagnie. Elle ne comprenait pas pourquoi elle la mettait à l'écart. Elles auraient dû rester soudées pour faire face à cette séparation mais Karin l'avait rejeté.
Hiro lui avait dit que Karin grandissait plus vite et qu'elle avait besoin d'espace… Elle, elle avait juste besoin d'avoir sa sœur près d'elle et Ichigo n'était pas venu avec elles pour le séjour.
Elle retira sa chemise de nuit et enfila sa robe. Elle ajusta les manches et referma les boutons à l'avant. Elle lissa la boutonnière et replaça les dentelles du col. Elle donna quelques tapes sur le jupon pour lui redonner sa forme et prit le temps de se regarder dans la glace de son armoire.
Elle passa les mains sur sa poitrine toujours plate. Karin avait de la poitrine maintenant, était-ce ça qui la taraudait ? Elle devenait une femme avant elle ? Elle soupira. Et si elle restait plate comme sa tante ? Elle porta ses mains sur sa taille, elle était mince mais pas vraiment marqué. Karin changeait mais pas elle. Elle la prenait encore pour une petite fille. Elle se tourna vers son lit où siégeait une pile de peluche et une couverture rose bonbon. Elle reporta le regard vers son armoire pleine de robes à froufrou…
« Elle n'a peut-être pas tort. »
Elle ne se sentait pas prête pour tous ses changements, ni ceux qu'elle voyait chez sa sœur. Elle n'avait pas envie de s'intéresser aux garçons non plus. Ichigo n'était pas aussi secret et réservé que Karin pourtant lui était adolescent. Il jouait avec elle et prenait du temps pour elle. Peut-être qu'elle devrait lui en parler, après tout c'était son grand-frère. Cette nouvelle lui tira un sourire. Elle était heureuse d'avoir un grand-frère même si elle resterait la petite dernière… À moins que ses pères aient d'autres enfants. Elle repensa aux photos qu'ils avaient regardées ensemble et le regard qu'échangeait son père avec monsieur Zaraki.
Un sourire encore plus grand s'étira sur ses lèvres. Ils étaient amoureux sur cette photo, c'était clair comme de l'eau de roche. Elle ne savait pas ce qu'il avait pu se passer entre eux pour qu'ils se séparent mais ils s'étaient revus et leur grand-père l'avait invité pour les vacances. Il devait y avoir quelque chose entre eux… Leur père était différent en sa présence. Un peu timide, un peu maladroit. C'était amusant à voir.
Et si… C'était pour ça que leurs parents s'étaient séparés ? Et si c'était parce que leur père était amoureux de quelqu'un d'autre ? Ni l'un ni l'autre ne semblaient tristes de cette séparation, peut-être qu'ils n'étaient plus amoureux, tout simplement. Sôsuke était heureux dans son nouveau travail, elle l'avait constaté lors de ses visites au manoir. Il se plaisait à Kyoto et malgré tout leurs pères s'entendaient toujours. Que demander de plus ? Lorsqu'elle entendait ses amies se plaindre des disputes de leurs parents, elle se disait que ce n'était pas si mal… Même si elles ne verraient plus autant leur père Sôsuke, elles devaient le voir pendant les vacances mais… Pour cet été, il serait encore en plein changement pour le travail alors…
Karin s'était moquée en lui disant qu'elle était naïve de croire qu'elles repasseraient du temps avec lui. Elle lui avait dit qu'elles étaient dans la famille Kuchiki et que Sôsuke n'y était plus. Elles le reverraient pour des fêtes mais elles ne vivraient plus avec lui désormais. Qu'il aurait sa famille à lui et qu'il n'aurait plus besoin d'elles dans sa vie lorsqu'il se serait remarié. Elle ne comprenait pas pourquoi sa sœur était si méchante. Leur père n'était pas ainsi. Il les aimait, elle le savait. Karin entrait dans une mauvaise phase, c'était ce qu'Hiro avait dit. Elle voulait bien le croire, sa jumelle n'avait été jamais si cassante. Allait-elle devenir comme ça ? Elle soupira et s'assit devant sa coiffeuse pour se peigner, ses cheveux se hérissaient dans tous les sens. Elle parvint à les aplatir mais rajouta un bandeau noir pour assagir les derniers épis rebelles.
Elle fixa un instant ses mèches indisciplinés : l'image des cheveux hérissés d'Ichigo se superposa. Elle sourit. Voilà un trait qu'elle partageait avec son grand frère.
Son grand frère…
Elle avait été surprise lorsqu'il était arrivé chez eux. Elle n'avait pas compris pourquoi son père avait souhaité qu'il vienne vivre avec eux… D'après ce qu'il leur avait dit, il était un cousin éloigné… Maintenant la raison était élucidée. Elle avait été intimidé par son arrivée, il était presque aussi grand que leurs pères et avait une carrure plus imposante qu'eux. (Mais maintenant qu'elle avait rencontré Kenpachi, elle se disait qu'il y avait plus effrayant.) Elle avait douté, pensé que leur père l'avait recueilli parce qu'il préférait un fils pour lui succéder… Karin avait eu la même réaction qu'elle. Elles étaient méfiantes à son arrivée mais ce qui était arrivé à ses parents avait coupé court à leur réflexion. Puis… Ichigo jouait avec elles et il était gentil. Sa présence était apaisante. Elle se sentait plus entouré, et maintenant que Karin « avait besoin d'espace », elle savait qu'elle pouvait compter sur son grand frère.
Elle sortit de sa chambre avec un sourire aux lèvres pour retrouver sa famille
o~~O~~o
Cette journée avait été étrange.
Byakuya avait soigneusement évité le sujet préoccupant comme s'il voulait préserver les filles de l'ébullition extérieur. Ichigo avait pu suivre les réactions au lycée en léger différé, Keigo n'avait cessé de lui envoyer des messages avec toutes les dernières nouvelles. Mizuiro s'était moqué et lui avait raconté la scène de son arrivée au lycée lorsqu'il avait vu Ishida interroger Keigo. Cela l'avait intrigué et fait sourire car il imaginait sans peine l'expression ahuri de Keigo.
Les réactions semblaient partagées entre ceux choqués et ceux qui n'exprimaient pas d'avis. Le fait que cette affaire soit rendue publique en dérangeait plus d'un. Ils n'aimaient pas voir leur tranquillité dérangée par une affaire aussi personnelle et scandaleuse.
Après cette matinée mouvementée, il avait besoin de calme. Son rendez-vous s'était bien passé et la psychiatre n'avait pas requis de suivi poussé. Elle souhaitait le revoir d'ici deux semaines pour refaire une évaluation. Elle avait insisté sur le fait de ne pas hésiterà la contacter s'il en sentait le besoin.
Il délaissa ses cours pour jouer aux jeux vidéo avec Karin l'après-midi. Elle non plus n'arrivait pas se concentrer et elle paraissait triste. Yuzu convainquit Byakuya de se mettre au piano avec elle. Hormis Hanatarô personne ne semblait apte à travailler. Quoique quelques bruits inquiétant pour la vaisselle résonnèrent dans l'appartement.
Cette fin d'après-midi était agréable, jouer aux jeux vidéo avec sa petite sœur, pendant que leur petite sœur travaillait ses gammes sous le regard de Byakuya… Difficile de croire que c'était un lundi. Leur quiétude fut interrompue par la sonnerie de l'entrée. Ichigo quitta l'écran des yeux, intrigué, et Karin en profita pour le battre. Elle poussa un cri de joie et il s'avoua vaincu. Hanatarô pointa le bout de son nez pour aller ouvrir.
« Grand-père revint ? Demanda Yuzu. »
Byakuya quitta le piano mais ne montra aucun signe de surprise, il devait s'attendre à de la visite.
« Yoruichi voulait passer, dit-il, je pense que Shunsui et Jûshirô seront aussi là.
- C'est vrai ? Sourit-elle. »
Elle semblait ravie d'avoir de la visite. Ichigo comprit que la soirée serait mouvementée, il se rappela de la soirée très bruyante dont il avait été témoin.
« ByakuyaKuchiki, où es-tu ? »
La voix sonna haute et forte dans l'entrée. Yoruichi retira son manteau à la vitesse de l'éclair, Hanatarô eut à peine le temps de l'attraper au vol. Elle se jeta sur son hôte. C'était bien la première fois qu'il voyait quelqu'un (à part Rukia) s'aventurer à une telle proximité. Il ne se rappelait même pas avoir vu le moindre geste tendre entre Byakuya et Sôsuke. Il savait que leur union était plus par convenance que par amour mais cela ne les interdisait pas d'être familiers entre eux. Elle le sera dans ses bras, l'étreinte dépassa le stade de l'accolade et se transforma en vrai câlin. Elle relâcha sa prise et s'éloigna… Avant de le frapper au bras.
« Mais qu'est-ce que vous avez ? Ralla-t-il. »
Il défroissa sa chemise et le regard de Yoruichi jeta des éclairs. Yuzu hésita à s'approcher, coupée dans son élan par le coup de poing mais son expression changea presque aussi vite que son éclat et elle offrit un grand sourire à la petite fille. Elle le prit comme une invitation et se jeta dans ses bras.
« Ma princesse, souffla-t-elle. Alors comme ça tu sèches l'école ? Tu as enfin retenu ce que je t'ai appris. »
Un rire cristallin échappa de ses lèvres. Il ne savait pas qu'elles étaient si proches. Karin s'approcha et elle aussi eut droit à un câlin. Cela semblait contagieux…Jûshirô et Shunsui furent plus sobres dans leur approche mais ils affichaient des sourires chaleureux.
Le repas fut plus calme que ce à quoi il s'attendait.
o~~O~~o
« Bon maintenant que les petits sont aux lits, tu sors les bouteilles ? »
Yoruichi s'était affalée dans le canapé, il roula des yeux face à une telle indolence mais alla chercher une bouteille. Shunsui eut un sourire et s'assit à côté d'elle, elle se redressa avant de retomber contre son épaule. Jûshirô s'installa dans un fauteuil avec un regard amusé.
« Tu ne soutiens pas ta fiancée dans sa sobriété ? Demanda le blond.
- Si… Lorsqu'elle est là. J'ai besoin de décompresser un peu moi aussi je vous ferai remarquer, je dois lui tenir les cheveux tous les matins… Elle a des nausées affreuses.
- Cela aurait pu être toi, tu devrais être un peu plus compatissante, répliqua Shunsui. »
Elle eut un sourire. Il revint avec la bouteille et les verres. Il la déboucha et servi ses invités. Hanatarô avait terminé sa journée et il avait dû insister pour le faire partir à une heure décente.
« Peu de risque, rit-elle.
- Enfin, si Kisuke s'était lui aussi retrouvé enceint au même moment, tu aurais été bien embêtée… La polygame !
- Polyamoureuse, c'est pas pareil !
- Mouais… À l'arrivée ça revint au même.
- Tu peux parler, toi ! Je te ferais remarquer que tu as collectionné les conquêtes et qu'elles n'étaient pas toujours au courant qu'elles n'avaient pas l'exclusivité, dit-elle accusatrice.
- Je me suis rangé, répliqua-t-il. »
Il écarquilla les yeux. Il semblait que cette révélation lui ait échappé mais Yoruichi ne manqua pas l'occasion de le mettre dans l'embarras.
« Ah bon ? Tu as quelqu'un en ce moment ? Toi ? Tu devins sérieux ? »
Ils se jaugèrent du regard et Jûshirô suivit l'échange avant de soupirer.
« Vous êtes déjà au courant, n'est-ce pas ?
- Au courant de quoi ?
- Yoruichi… »
Le blond regarda son amant avec insistance. Byakuya était bien content que la conversation ait dérivé. Shunsui se frotta la tête embarrassé.
« Eh bien… Disons que… Ils m'ont convaincu de venir te parler alors…
- Je vois, c'était un complot.
- Tu parles… Il était juste flippé d'aller te parler mais il ne voulait pas devenir ton témoin alors qu'il rêvait de…
- Stop, coupa Shunsui.
- Oh j'ai bien compris de quoi il rêvait, ne t'en fais pas.
- Ces rêves sont devenus réalités ?
- On peut dire ça, sourit-il.
- Ne l'encourage pas. »
C'était bien la première fois que Shunsui était gêné de parler de ses exploits. Lui qui aimait se vanter… Il devait avoir peur de ce que Jûshirô pourrait dire, après tout ils avaient les deux protagonistes pour comparer les versions. Le brun ne semblait plus aussi sûr de ses capacités.
« Mais bon… Félicitations tous les deux ! Je ne l'avais pas vu venir… Il n'y a que Byakuya que ça n'a pas surpris.
- Il n'y a bien que vous deux pour n'avoir rien remarqué.
- Ou plutôt, il n'y avait que toi pour le voir, personne d'autre ne m'a démasqué.
- Peut-être parce qu'il est doué pour la discrétion, soupira-t-elle. »
Yoruichi se figea.
« Enfin… Je ne voulais pas dire que… Euh…
- J'ai bien compris, dit-il. Ne t'inquiète pas.
- C'est juste que… Tu dois en avoir marre de te justifier auprès de tout le monde alors… Tu ne dois pas avoir envie de parler. Pas pour le moment…
- Je n'ai pas grand-chose à dire de plus que ce qui était écrit dans ma déclaration.
- Vraiment ? Si tu changes d'avis, il y a toujours Jûshirô qui t'écouteras. »
Le nommé releva les yeux vers Yoruichi qui parlait pour lui.
« Hey !
- Quoi c'est vrai, c'est le plus compatissant ! Moi je risque de t'engueuler pour ne m'avoir rien dit, bouda-t-elle.
- Si cela avait été si simple, je vous en aurais probablement parlé à ce moment-là. Je ne pouvais pas, c'est tout.
- Mais cette grossesse, ça n'a pas dû être facile… Quand je vois comment est Soi-Fon en ce moment.
- Je n'ai pas eu le problème des nausées… Nous l'avons découvert au cinquième mois, il n'y avait eu aucun signe pour m'alerter.
- L'angoisse, commenta-t-elle, et… L'accouchement, ça a été ?
- Tu veux vraiment savoir ? »
Elle grimaça et prit une gorgée de son verre, comme pour reprendre courage. Cela l'amusa de la voir marcher sur des œufs. Le couple avait dû lui dire de se contenir et de faire preuve de délicatesse (pour une fois).
« Je suis pas sûr mais il faut que je me prépare à celui qui arrive.
- Je ne vais pas beaucoup t'aider, cela a été assez rapide, trop pour la sage-femme mais pas assez pour moi. Si on propose une péridural à Soi Fon : dis-lui d'accepter ! Sôsuke trouvait ça dure même avec et je peux te dire que je me rappelle encore de la douleur.
- Tu me rassures pas du tout.
- C'est pas le but, Soi Fon va vivre un moment stressant alors tu dois être là pour la rassurer et tenir le choc. Evite de tomber dans les pommes.
- Au moins c'est clair, commenta Shunsui.
- Tu n'as pas pu aller à la maternité ? Reprit le blond.
- Nous n'avons pas vraiment eu le temps d'y aller. Tout s'est enchainé très vite et j'avais à peine réalisé qu'Ichigo arrivait déjà… Une heure après il était dans mes bras, il était minuscule, à peine plus grand que les jumelles.
- Quand on le voit maintenant, on a dû mal à se dire qu'il a été aussi petit. Il aussi grand que toi non ?
- Pas encore mais il est encore en pleine croissance. »
Le sourire qu'affichait Jûshirô l'intrigua.
« Que se passe-t-il ?
- C'est juste que… Je m'attendais à ce que tu élude les questions mais tu as l'air tellement content de parler d'Ichigo. Ça me rassure, c'est tout. »
Il haussa les sourcils.
« C'est vrai que je m'attendais à te trouver le moral dans les chaussettes, commenta Yoruichi. Finalement je vais pouvoir t'engueuler… Byakuya Kuchiki, tu es un idiot ! Nous, nous t'aurions cru et écouté… Pfff… Et si elle sort de taule, crois-moi que ça ne durera pas ! Je vais veiller à ce qu'elle y reste dans son trou ! Et dire que je trouvais ça bien que nous ayons enfin une professeure au Seireitei, quel gâchis…
- Il y a peu de chance qu'elle sorte avec les charges qu'il y a contre elle.
- Encore heureux…
- J'aurais pu la faire disparaitre… Mystérieusement.
- Yoruichi arrête de dire des trucs aussi sordides, répliqua Jûshirô. Pas besoin de devenir pire qu'elle…
- Difficile de faire pire, répliqua-t-elle.
- Et donc, quel est le programme pour les prochains jours ?
- Tu vas prendre quelques jours ?
- Je vais télétravailler, enfin essayer, je ne suis pas sûr d'avoir beaucoup de temps avec les affaires du clan…
- En effet cela devrait t'occuper… Et tes grands parents, tu as eu des nouvelles ? Ça a dû être compliqué avec Ginrei, non ?
- Je n'ai pas eu de nouvelles et je ne suis pas sûr d'en avoir. Je pense que Hiro fera l'intermédiaire mais je ne m'attends pas à être approuvé.
- À ce point ? Je trouve que tu as bien fait de prendre cette initiative, au moins cela n'éclatera pas au grand jour dans la presse à scandale… Ça évitera les commentaires ou interprétations douteuses.
- C'était le but.
- Mais cela aurait été mieux de nous le dire avant, ralla-t-elle.
- Je sais et j'en suis désolé. »
Cela coupa la conversion, il vit le regard choqué de Yoruichi et Shunsui se tourner vers lui. Il eut une impression de déjà-vu. Etait-ce si surprenant qu'il s'excuse ? Enfin excuse était un bien grand mot… Jûshirô eut un sourire triste dont il avait le secret :
« Tu n'as pas à t'excuser, on peut comprendre que tu avais d'autre chose en tête. Et puis tu devais donner la priorité à tes enfants.
- Certes mais ce serait bien que tu penses un peu à toi aussi. Il faut que tu te reposes aussi, nous on s'occupera des enquiquineurs. S'il y en a un qui a quelque chose à dire, on lui fait sa fête !
- Vous avez aussivos vies à gérer… Et un mariage a organisé, il me semble ?
- Puisque tu aborde le sujet, sourit-elle. Est-ce qu'il y aurait des disponibilités au Senbonzakura pour la grande salle ?
- Tu ne perds pas le nord toi, commenta Shunsui.
- Vous verrez quand se serra votre tour !
- Ce serait pour quelle date ?
- Le premier week-end de juillet, sourit-elle.
- Tu te rends compte que c'est dans deux semaines ?
- Oui mais on doit se marier avant que son ventre ne se remarque trop et puis on va faire un petit mariage avec la famille et les amis…
- C'est tout sauf un petit mariage donc.
- Tu sais très bien ce que je veux dire.
- Je vais demander à Rukia mais je ne peux rien de t'assurer pour la grande salle. Après s'il fait beau cela pourrait se faire dans la cour…
- Tu es génial Byachou, je ne veux pas organiser mon mariage dans la maison familiale aide-moi, s'il-te-plait. »
Elle lui fit de grands yeux mais il ne se laisserait pas manipuler si facilement. Même Yuzu et Rukia n'arrivaient plus à l'amadouer ainsi.
« Et puisqu'on est à parler de mariage… Vous voulez bien être mes garçons d'honneurs ?
- Bien sûr, s'exclama Jûshirô.
- C'est sûr que nous ne serons pas trop de trois pour organiser ton mariage… Encore plus s'il est dans deux semaines et que tu n'as pas de salle… Comment tu vas faire pour les invitations ?
- C'est ce que j'aime chez toi Byakuya, ton pragmatisme et ton côté pratique… Et le fait que tu aies des hôtels avec plein de salles magnifiques et du mobiliers pour la déco…
- Tu peux réserver un créneau pour les robes, j'ai plein d'idée et de modèles qui vous irez à merveille, reprit Shunsui.
- Je savais que je pouvais compter sur nous, sourit-elle.
- Tu comptais sur nous bien avant de nous avoir demandé quoique ce soit, répliqua Byakuya.
- Quoi ? Vous n'alliez pas m'abandonner dans une étape aussi importante de ma vie ! Je vais me marier et être maman, c'est super excitant et absolument flippant. Tu nous as jamais dit que c'était aussi perturbant de fonder une famille !
- Peut-être parce que ça ne m'a perturbé… Je m'attendais à fonder une famille tôt ou tard… Je m'étais marié dans ce but mais j'imagine que c'est différent lorsque tu maries par amour.
- Ta vision du mariage est… Déprimante.
- Dit celle qui se marie parce que sa copine est enceinte, ajouta Shunsui.
- Je ne pouvais pas me marier avec Kisuke et Soi-Fon alors ne pas me marier évitait les jalousies maislà… Sa grossesse va être rendu publique et ma famille ne me pardonnera jamais d'avoir un enfant hors mariage. Et puis, je n'ai pas à me justifier ! J'ai envie que ce soit magique pour Soi-Fon ! Elle, elle attend ça avec impatience.
- J'ai des robes qui la feront rêver, ne t'inquiètes pas ! J'avais trouvé un super costume pour Byakuya…
- C'est vrai que ça lui a porté chance pour son mariage. »
Il prit une gorgée de son verre. C'est vrai que son mariage n'avait pas très marquant, c'était une étape importante de sa vie, une rupture avec le nid familial, mais la cérémonie en elle-même n'avait rien eu de particulier. Il était bien embêté lorsque les jumelles le questionnaient. Il enjolivait les évènements mais cela restait un mariage banal.
« Mon mariage avec Sôsuke n'était pas fait pour durer… On verra bien pour le prochain, enfin si je me remarie.
- Tu penses à te remarier ? Répéta lentement Jûshirô.
- Pourquoi pas.
- Je n'aurais pas cru que tu t'embêterais avec ça, je veux dire… Être en couple n'a jamais eu l'air d'être une priorité…
- Alors s'est du sérieux avec Kenpachi ? S'enquit Shunsui.»
Il manqua de s'étouffer.
« Kenpachi ? Reprit-elle. Kenpachi Zaraki ? Celui qui était dans ta classe au lycée ? C'est lui que tu vois ? S'exclama-t-elle. Attend, c'est à lui que tu as offert un livre ?
- Mais alors au lycée, tous les deux… Vous étiez ensemble ? Questionna Jûshirô. Où c'est de vous revoir et vous vous êtes trouvé des points communs ?
- Ils étaient ensemble au lycée…
- Mais ! Pourquoi Shunsui est au courant ? Vous en avez beaucoup de cachoteries comme ça tous les deux ? S'exclama-t-elle. Enfin maintenant que le sujet est lancé… Tu sors avec Kenpachi Zaraki, alors ? »
Il grimaça. Il ne pourrait pas échapper à la question par une pirouette. Son absence de réponse fut prise pour une réponse.
« J'y crois pas, dit-elle. Je n'aurais pas cru que c'était ton genre de mec… En même temps, Sôsuke me paraissait être ton genre de mec, on a bien vu… Allez racontes ! Vous aviez rendez-vous, ça a fini au pieu ? Il doit être déchainé quand il s'y met… Genre bête sauvage, grr, rit-elle.
- C'est plutôt sérieux, conclut Jûshirô.
- Mon père l'a invité pour les vacances, avoua-t-il. »
Yoruichi ouvrit grand la bouche et se mit à sautiller sur place avant de rire à gorge déployée. Le couple le regarda les yeux écarquillés.
« Tu voulais nous cacher ça, s'exclama-t-elle. C'est la meilleure de l'année ! Il faut absolument que je passe chez toi à Kyoto pour ça ! J'y crois pas… Ton père l'a invité ? Redis-le.
- Je ne comprends pas, reprit le blond, ton père est au courant ? Tu l'as déjà présenté à ta famille ?
- Il l'a invité parce qu'il était là lorsque la police a appréhendé Izaka… Il m'a accompagné à l'hôpital et il est resté avec moi. Mon père a saisi l'occasion de l'inviter pour « le remercier de nous avoir aidé dans ce moment difficile. »
- Le prétexte est tiré par les cheveux… Il a très bien compris que ce n'était pas juste un vieux copain de lycée comme nous.
- Je pense qu'il voulait embarrasser Sôsuke par la même occasion.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Il l'a invité devant lui. »
Yoruichi poussa un nouveau cri.
« Et tu nous raconte ça que maintenant ! J'adore ton père ! Il est carrément plus vicieux qu'il en a l'air, rit-elle.
- Et tu voulais nous cacher ça, reprit Shunsui. C'est la meilleure histoire du siècle ! Tu vas bien t'amuser pendant tes vacances dis donc.
- Oh… Rukia va venir accompagnée aussi…
- Mais non ! Arrête de lâcher des bombes comme ça, mais que se passe-t-il ce soir ? Tu ne parles pas beaucoup mais quand tu as des trucs à raconter ! Y a du niveau, chapeau.
- Ce que je retiens c'est que tu l'air plutôt content de sortir avec lui, sourit Jûshirô. C'est bien…»
Il n'avait pas envie que cette soirée se termine, toute cette animation lui fit du bien. Les réactions de ses amis l'amusèrent et il fut soulagé de voir qu'aucun ne trouvait à redire sur cette relation.
La conversation qu'il eut avec Kenpachi après le départ du trio lui confirma son sentiment de calme et de plénitude. Il lui raconta la conversation qu'ils avaient eue et cela le fit rire. Malgré l'agitation extérieure, il se sentait bien chez lui, à l'abri du monde. Il avait finalement trouvé son chez lui dans cette tempête.
o~~O~~o
Keigo se balançait d'un pied à l'autre sous le regard inquisiteur du concierge. Son stress commençait à agacer Uryû.
« C'était peut-être pas une bonne idée… On aurait dû le prévenir…
- Parce que vous ne lui avait rien dit ? Je croyais que c'était prévu ?
- Et toi, hein ?
- Je lui ai demandé si je pouvais passer lui poser les devoirs, c'est vous qui vous êtes ajoutés au dernier moment. Je vous ferrais remarquer que je n'avais pas à votre attendre, je n'aurais pas dû d'ailleurs…
- Oh ça va, ralla Keigo. »
Il avait au moins arrêté de se balancer. Il aurait mieux fait de refuser leur compagnie mais ils s'étaient accrochés à lui à peine les cours terminés. Il n'avait pu s'en défaire… Et puis cela ferait peut-être plaisir à Kuchiki. Il avait bien besoin qu'on lui remonte le moral et cela donnait une bonne excuse aux deux terreurs pour arriver jusqu'à lui. Cela lui éviterait d'avoir à faire la conversation avec Kuchiki.
o~~O~~o
L'interphone sonna dans l'ambiance studieuse du duplex. Les jumelles suivaient leurs cours à distance et Ichigo s'apprêtait à changer de matière lorsque le majordome vint l'interrompre.
"Vous avez de la visite."
Il le regarda en se demandant s'il avait rêvé.
« De quoi ?
- Vos amis du lycée sont passés pour vous apporter vos devoirs. »
Ishida devait passer… Minute, ses amis ? Il n'était pas venu seul ? L'image de Keigo et Mizuiro lui traversa l'esprit. Il serait rapidement fixé. Il quitta son bureau et descendit dans le salon en suivant le majordome. Il s'avança vers l'entrée et vit Ishida, Mizuiro et Keigo dans le vestibule. Il resta sans voix. Il ne savait pas comment réagir, c'était tout nouveau de recevoir de la visite… Et de revoir des visages après tout ce tumulte.
Keigo se balançait nerveusement d'un côté à l'autre, Mizuiro balayait la pièce du regard et Ishida restait parfaitement stoïque. Rien ne semblait pouvoir l'ébranler.
« Salut. »
Autant faire simple. Keigo eut un sursaut et se tourna vers lui avec un sourire. C'était simple avec lui, il oublia la gêne qui flottait dans l'air. Ce dut aussi être le cas de Keigo puisqu'il se jeta sur lui et il n'eut pas le cœur de l'éviter, pour cette fois. Il le serra dans ses bras et ne semblait pas enclin à le lâcher. Il vit Mizuiro sourire et Ishida soupirer.
« Tu sais que ça ne fait qu'une semaine que nous ne nous sommes pas vu, hein ?
- T'es sûr ? J'ai l'impression que ça fait plus ! En plus, murmura-t-il, c'est très bizarre, Ishida vient nous parler.
- Hum… Je vois mais… Tu veux bien me lâcher maintenant.
- Pourquoi ?
- Parce que ça commence à devenir bizarre.
- Tu crois ? »
Keigo le relâcha et il put respirer à nouveau.
« Je savais pas que vous deviez venir…
- Ils étaient censé te prévenir, rétorqua Ishida. »
Il vit Keigo lever les yeux au ciel.
« C'est sympa chez toi, reprit Mizuiro. »
Cette fois, c'est Ishida qui leva les yeux face aux platitudes.
« Comme je te l'ai dit : je t'ai amené les cours qui te manquaient et les exercices… »
Ishida fut coupé par le retour d'Hanatarô avec un plateau dans les mains.
« Vous devriez vous installer au salon pour discuter, s'exclama-t-il, ne restez pas dans l'entrée.
- Euh… Oui mais…
- Ne vous inquiétez pas, monsieur est au courant. »
Hanatarô continua sa route vers le salon pour déposer les verres, du jus de fruit et une assiette de cookies encore fumants.
« Monsieur, murmura Keigo, monsieur… »
Il écarquilla les yeux.
« Oh bordel, c'est vrai qu'on est chez Byakuya Kuchiki.
- Respire Keigo, tout va bien se passer.
- Tu n'avais pas fait le rapprochement jusqu'à maintenant ? »
Son regard paniqué lui indiqua que cela ne lui avait pas traversé l'esprit. Ichigo se demanda quelle tête il ferait si Byakuya sortait du bureau. Cela promettait d'être un moment mémorable.
