Petit mot de l'auteure : Coucou ! Et voici un troisième texte, cette fois-ci plus proche de l'OS que du drabble. Dans ce texte, Bellatrix a le même âge que les Maraudeurs, elle n'a pas tué Sirius (parce que j'avais la flemme de traiter la partie drama dans ce texte et parce que j'aime trop Sirius pour ne pas le faire mourir quand je peux l'éviter)
Drabble 3 : Remus x Bellatrix (proposé par BellatrixBlack07)
Merci à Marina, Angelica, dobbymcl, Jakrster, BellatrixBlack07 et Veervanspel (x2) pour leurs reviews sur le drabble précédent !
L'attraction de la haine
Il sent sa présence avant même de la voir. L'atmosphère de la maison où ils se sont, comme toujours, donné rendez-vous a en effet changé. Lorsqu'il est seul, l'attendant, la demeure est froide, mais d'un froid accueillant ne demandant qu'à être réchauffé. Ce n'est pas le cas lorsqu'elle y est. Dans ces cas là, la maison est simplement glacée, comme si tout espoir de soleil avait disparu à jamais. Remus déteste cette sensation définitive à peu près autant qu'il déteste celle qui la cause.
Et pourtant, Remus continue d'aller au rendez-vous, en ce demandant pourquoi par Merlin est-il si faible.
Il serait si facile de prendre son cou gracile et de le serrer jusqu'à sentir la vie s'échapper de son corps. Cela serait facile, et surtout la chose juste à faire. Tuer Bellatrix Lestrange. Trois petits mots, qu'il pourrait – devrait – mettre à exécution. Comme à chacune de leurs retrouvailles nocturnes, Remus se jure que cette fois-ci, il fera son devoir.
Mais comme à chaque fois, il se retrouve à couvrir cette nuque de baisers plutôt que de bleus.
Et il se déteste pour cela.
La seule chose qui le réconforte est l'idée qu'elle-même se haït de céder à cette passion.
Lorsque leurs corps s'unissent dans un frisson autant de dégoût que de plaisir, Remus se demande ce qu'il se serait passé s'ils ne s'étaient pas revus ce soir là, six mois après son évasion. Il effectuait une mission pour l'Ordre, elle pour le Seigneur des Ténèbres et le destin – ou était-ce la fatalité ? – avait décidé faire concorder leurs deux missions au même endroit. Lorsqu'ils avaient chacun entendu un bruit suspect et qu'ils s'étaient retournés vivement, le visage de l'autre éclairé dans leur baguette brandie les avait laissé incrédules. Après la guerre, après Azkaban, se revoir ainsi au fond d'une allée d'un obscur village anglais avait été étonnant.
Remus allait s'engager dans un duel lorsqu'elle avait pointé négligemment sa joue ensanglantée :
- Tu es tellement en manque que tu te griffes toi-même, Lunard ?
La phrase lui avait fait baisser sa baguette. L'emploi du surnom lui avait rappelé cette période où Bellatrix Lestrange n'était que « Bella », la cousine que Sirius détestait mais allait quand même solliciter l'aide lorsqu'il était question de soigner une vilaine blessure gagnée dans la forêt interdite et dont l'infirmière ne devait jamais avoir connaissance. À cette époque déjà, la Serpentard maniait l'art des potions et sortilèges comme personne – et surtout, fait pour lequel les quatre maraudeurs la respectait, elle savait emprunter dans le placard des professeurs sans jamais se faire prendre.
C'était après une blessure de ce genre qu'ils s'étaient embrassés pour la première fois. Bellatrix le soignait silencieusement, mais l'expression de son visage ne laissait aucun doute sur ses pensées. Elle avait fini par dire :
- Je ne comprends pas pourquoi tu restes amis avec eux. Tu es intelligent alors qu'eux sont... tellement stupides ! Il faut vraiment être idiots pour se laisser prendre comme un enfant de quatre ans par une acromentule. Vous auriez dû m'envoyer un patronus. J'aurais demandé à Aragog de ne pas vous dévorer. On s'entend plutôt bien, elle m'aurait écouté.
Lupin n'avait rien répondu. Il essayait simplement de déterminer si le fait que Bellatrix soit amie avec une acromentule le surprenait ou non. Ce qu'elle avait dit ensuite l'avait toutefois clairement surpris :
- Tu sais... ce n'est pas parce que tu es un loup-garou et que tu as peur de ne jamais avoir d'amis que tu dois faire absolument tout ce qu'ils veulent.
- Depuis quand...
Ces deux mots avaient été la seule chose qu'il avait pu articuler. Et si elle le dénonçait ? Mais Bellatrix avait simplement haussé les épaules :
- S'il te plaît. Je ne suis pas la sorcière la plus intelligente de cette école pour rien.
Lupin aurait voulu lever les sourcils devant son égo mais au lieu de cela s'était saisi de ses lèvres.
Aujourd'hui, alors que Bella s'était depuis longtemps envolée pour ne laisser place qu'au lieutenant de Voldemort, il aurait voulu la tuer. Mais au lieu de cela, il continuait encore et encore de l'embrasser.
