Petit mot de l'auteure : ce texte a été écrit pour la 130e nuit du FoF sur le thème "Fille".
Drabble 6 : Vous savez, ces fameux couples improbables qui viennent d'on ne sait où ? Bah voilà. Aujourd'hui on a un Pansy x Cho, la faute à la roulette de l'enfer de Dante.
Merci à jakrster et Wizzette pour leurs reviews sur le drabble précédent !
Pansy était amoureuse.
De tous les adjectifs possibles et inimaginables, elle n'aurait jamais pensé utiliser un jour « amoureuse » pour se décrire. Mais pourtant, le fait était bien là : elle souriait naïvement, sentait son cœur battre, se sentait apaisée à la présence de l'autre, avait envie de rire avec, de parler aussi, de l'embrasser même. Elle se sentait fébrile et faible, idiote et stupide, bref, elle se sentait heureuse, et c'était bien là tout le problème.
Car Pansy était amoureuse, certes, mais d'une fille.
Or, les filles n'étaient pas censées aimer d'autres filles, n'est-ce pas ? Parce qu'une fille, on lui avait toujours appris, était censée se marier, fonder une famille, rendre son mari fier – hors, comment rendre fier un époux qui n'existait ?
Mais voilà, Pansy, elle, elle voudrait être surtout fière d'elle-même. Parce qu'après ce à quoi elle avait participé, par ses silences complices et par ce « livrez le ! » qui avait retentit dans la Grande salle, elle n'était pas fière d'elle. Et elle ne risquait pas de changer les choses en se mentant à elle-même.
Alors, oui, peut-être pouvait-elle se faire à l'idée qu'elle était amoureuse, d'une fille de surcroît. Une fille qui s'était assise un jour à côté d'elle alors qu'elle était seule à la bibliothèque, en lui disant qu'elle aussi, connaissait les murmures, les rejets chuchotés, les oiellades accusatrices. Pansy avait jeté un regard vers l'intruse, l'avait presque envoyé bouler à coup de Dégage Chang, j'ai pas besoin de ta pitié, ce qui aurait été un mensonge, car oui, elle avait besoin de pitié, d'attention, d'amour. Et comme elle voulait changer, et que cela passait par ne plus mentir, elle s'était tut. Cho, elle, s'était assise et depuis, elles n'avaient jamais cessés de se retrouver à la bibliothèque.
Jusqu'au jour où elle avait compris qu'elle en était tombée amoureuse.
Elle avait tout simplement paniqué. Admettre à soi-même sa passion pour son amie était déjà une grande étape, mais l'avouer à l'autre était beaucoup plus compliqué. Bien sûr, elle aurait pu mentir, se contenter de ne rien dire, c'était une chose qu'elle savait bien faire, mais Pansy n'avait plus envie de se taire. Elle l'avait fait bien trop longtemps, depuis sa naissance où on avait déjà commencé à lui dire qu'une fille n'était pas faite pour se faire remarquer, et que parler sans y être conviée l'était déjà beaucoup trop. Alors, entre hurler ses sentiments et se plier à cette éducation dont elle ne voulait plus entendre parler, Pansy était perdue.
Elle était si perdue qu'elle n'entendit pas des pas s'approcher d'elle.
- Enfin je te trouve ! Qu'est-ce que tu fais dans ce coin toute seule ?
Pansy quitta des yeux l'ouvrage derrière lequel elle s'était cachée et son cœur ne put que battre un peu plus en voyant Cho devant elle, qui lui souriait, et par merlin, qu'est-ce que ce sourire était beau. La Serdaigle ne semblait pas s'apercevoir de son trouble, puisqu'elle rajouta en rougissant :
- Remarque, je suis heureuse que tu sois seule. J'avais dans le projet de... la semaine prochaine... enfin, tu vois.
Non, Pansy ne voyait pas. Enfin si, il y avait le bal de Noël, mais pourquoi Cho voudrait en parler avec elle ?
- Bon, autant y aller d'un coup, soupira-t-elle. Pansy, veux-tu y aller avec moi ?
Ca, Pansy ne l'avait pas venu venir. Ou peut-être que si, mais qu'elle n'avait pas voulu y croire. Mais qu'importe, au final : tout ce qui importait, c'était qu'elle allait aller au bal avec Cho. Parce que, oui, bien sûr, qu'elle allait accepter.
Après tout, elle s'était juré de ne plus mentir, et dans le cas présent il n'y avait aucune réponse qui se rapprochait plus de la vérité que « Oui, je veux aller au bal avec toi ».
