Drabble 22 : Pétunia x Vernon

écrit en l'honneur de l'anniversaire de Fiano Shaw

Merci Angie pour la relecture !


Il y a des jours où il vaudrait mieux rester au lit. Ce jour-là en faisait incontestablement partie.

Pourtant, en se levant ce matin, Pétunia avait été heureuse. Sa journée s'annonçait en effet bonne : elle avait un déjeuner prévu avec April, une amie de la fac, puis devait rejoindre Vernon. Ils en étaient déjà à leur dixième rendez-vous. Il était encore tôt pour en être sûre, mais plus le temps passait, plus Pétunia se projetait avec lui. La preuve : la simple idée de le retrouver lui donnait le sourire.

Toute à sa joie, elle s'en était ouverte à son amie, ce qui avait été une erreur monumentale qui lui avait coûté tout son entrain. April avait en effet levé un sourcil en l'entendant vanter Vernon.

- Tu vas vraiment rester avec lui ?

D'ordinaire, Pétunia appréciait son caractère direct. Cette fois-ci, elle en fut plutôt surprise. Savait-elle quelque chose sur celui qu'elle voyait de plus en plus comme un petit-ami potentiel ? Elle s'aperçut rapidement qu'il n'en était rien quand celle-ci continua sur sa lancée :

- Il est tellement ennuyeux ! Ça fait quoi... dix rancards ? Et il ne t'a jamais emmenée faire quelque chose d'extraordinaire. Vous vous contentez de discuter autour d'un café ! Où est le frisson ? L'aventure ?

Pétunia n'avait pas su quoi répondre à cela. Oui, Vernon ne l'avait jamais emmenée faire quelque chose. Mais elle ne l'avait jamais vraiment poussé non plus. Elle savait ce qu'était d'avoir une vie mouvementée ; les frissons, elle les avait eus à chaque fois que Lily faisait une chose étrange que personne ne savait expliquer. Elle avait expérimenté l'aventure en frôlant le monde des sorciers. Elle n'en avait tiré qu'amertume, rejet et frustration. Aujourd'hui, ce dont elle rêvait, c'était une vie simple. Les rendez-vous tranquilles avec Vernon lui convenaient ainsi parfaitement. Mais les mots d'April avaient réussi à faire naître une angoisse en elle : et si Vernon, lui, n'était pas satisfait ? S'il ne faisait semblant que pour lui plaire, mais se sentait en réalité malheureux avec elle ?

C'était parce que toutes ces interrogations tournaient en boucle dans son esprit que Pétunia en était venue à regretter de s'être levée. Elle était si inquiète qu'elle n'arrivait pas à profiter de la compagnie de Vernon, alors même qu'il lui parlait des différents types de tournevis, ce qui était pourtant un sujet de conversation passionnant !

Son humeur maussade ne fit que se renforcer lorsqu'elle le vit froncer les sourcils et lui demander si tout allait bien. Elle envisagea un instant de mentir, avant de laisser échapper ce qu'elle avait sur le cœur.

- Est-ce que tu t'ennuies avec moi ?

- Quoi ? s'étonna Vernon, visiblement perdu.

- Une amie m'a dit qu'elle trouvait nos rendez-vous ennuyants. Qu'ils... qu'ils n'avaient aucun frisson.

La seconde qu'il fallu à Vernon pour choisir ses mots fut la plus longue de sa vie.

- Non, répondit-il avec fermeté. Alors oui, j'imagine que dans l'opinion publique, nos rendez-vous sont plutôt mornes. On ne fait pas d'activités extraordinaires. On ne se fait pas peur, pour l'adrénaline. On discute juste. Ce qui me convient parfaitement. Je ne suis pas quelqu'un qui... Disons que j'ai envie d'une vie que les autres qualifieraient de « banale ». Alors je ne sais pas si c'est quelque chose qui toi te bloquerait mais...

- Me bloquer ? Tu rigoles ?! C'est tout ce dont je rêve : une vie tranquille dans un pavillon insipide.

- Alors, je crois qu'on est bon, non ? sourit Vernon de manière hésitante. Si on est sur la même longueur d'onde, les autres importent peu. Surtout que... le « frisson » dont ton amie parle, il suffit que je pose les yeux sur toi pour le ressentir.

En entendant ces mots, Pétunia sut qu'il était temps pour elle de livrer tout ce qu'elle gardait en elle depuis le début de leur rendez-vous.

- Je t'aime.

Elle avait murmuré ces mots, comme si elle ne les assumait pas ; en revanche, son regard était résolument planté dans celui de Vernon, comme si elle le défiait de se défiler. Elle fut ravie de constater qu'il ne le fit pas.

- Moi aussi. Et tu sais quoi ? J'ai hâte de mener une vie ennuyeuse à tes côtés. Si tu me le permets.

Elle n'avait jamais entendu plus beaux mots.