Hello !

De retour avec une nouveau chapitre...

Je fais encore un peu monter la mayonnaise entre Rey et Kylo. J'espère être à la hauteur. ;)


Partie de chasse

Au bout de quinze jours passés enfermé entre les murs du château, Kylo Ren devait bien se rendre à l'évidence : la vie de sédentaire ne lui réussissait pas. Ni à ses chevaliers, d'ailleurs. Imaze dépérissait à vue d'œil, de plus en plus taciturne et renfrogné. Le caractère de Naïs ne s'était guère amélioré : le Zabrak cherchait des noises à tous ceux qui croisaient son chemin, qu'ils soient serviteurs, gardes ou nobles… Pour le détendre, Solak n'avait rien trouvé de mieux que de l'emmener faire la tournée des tavernes de la basse-ville. Résultat des courses : plaintes pour tapage nocturne, troubles à l'ordre public, coups et blessures lors de deux bagarres, sans parler des dégâts matériels qu'il avait fallu rembourser.

En dépit de son éclatante victoire, Kylo avait pleinement conscience de la fragilité de sa position. La dernière chose dont il avait besoin, c'était de se mettre à dos la populace à cause des beuveries intempestives de ses chevaliers. Et quelle image aurait-on de lui s'il donnait l'impression de n'avoir aucun contrôle sur ses propres sbires ?

Evidemment, Solak et Naïs avaient été vertement tancés pour leur comportement inconséquent, ainsi que les petits camarades qui les avaient accompagnés dans leur escapade. Tout ce petit monde avait été consigné pendant trois jours dans leurs appartements. Mais ça ne réglait pas le problème. Les séances d'entrainement de suffisaient plus à les canaliser. Et en l'absence de perspective d'un combat réel, ils perdaient de leur assiduité. Il leur fallait un but, une occupation au plus vite, avant qu'une nouvelle catastrophe n'arrive.

Ce fut pourquoi Kylo Ren ordonna une partie de chasse. Histoire de les faire se dépenser, et de préférence, hors des murs de la cité. Il paraissait que c'était une activité normale pour un roi, de galoper à travers bois avec ses gens, après un animal quelconque. Pour le sport soi-disant.

Jusqu'à présent, la chasse pour Kylo Ren c'était surtout un moyen de se nourrir lorsqu'il n'y avait pas de ville, ni de ferme à proximité. Et c'était surtout une corvée. Mais il n'avait pas vraiment d'autre idée pour l'instant. Et puis, s'ils parvenaient à attraper un sanglier ou un cerf, ça changerait un peu des volailles et des rôties que les cuisines leur servaient à chaque repas.

Lorsqu'il vivait encore au Temple avec son oncle, les repas étaient beaucoup plus frugales et exclusivement végétariens les trois quart du temps. La viande était réservée au jour de fête. Une fois devenu mercenaire, son régime et celui de ses compagnons était devenu plus opportuniste. A vrai dire, Kylo ne s'habituait pas à ces repas copieux que s'obstinait à lui préparer la cuisinière en cheffe : Maz – il avait fini par retenir son nom à force d'entendre Rey babiller sur son compte à longueur de temps. Apparemment c'était aussi une habitude de monarque de s'empiffrer comme un Hutt. A ce rythme-là, ça serait un miracle s'il ne finissait pas obèse avant ses trente ans ! Il se serait contenté d'une soupe de légumes, pour sa part. Quand il en avait l'occasion, il en partageait une partie avec Rey ou avec Imaze, quand ce dernier venait lui faire son rapport.

En parlant de Rey, lorsque cette dernière avait appris qu'il comptait faire une expédition avec ses chevaliers, elle était immédiatement venue le trouver pour lui demander d'être des leurs. Kylo lui avait rétorqué qu'il n'en voyait pas l'intérêt. Rey avait mis en avant ses talents de pisteuse et son expérience dans le braconnage.

- S'il le faut, je courrai à pieds derrière votre cheval ! J'ai juste envie de sortir en forêt…

- Tu préfères crapahuter dans la boue et les racines, plutôt que de rester tranquillement au chaud dans le palais ?

- Vous n'imaginez pas ce que ça représente de se balader en forêt et de pouvoir contempler un arbre, quand on a passé quatorze ans dans un désert.

Kylo Ren avait haussé les épaules. Des fois, il avait du mal à cerner la jeune padawan. Rey pouvait évoquer sans s'émouvoir son passé de gamine des rues à Jakku : de la famine, des nuits d'insomnie et des marchands de caravanes aux mains un peu trop baladeuses. Et soudain, fondre en larmes à cause d'un arc-en-ciel ou d'un oiseau écrasé sur une fenêtre.

Ce mélange de caractère endurci et de sensiblerie le déstabilisait par moment. Kylo avait fini par céder, juste pour qu'elle arrête de le regarder avec ses grands yeux de merlan frit. Bien sûr, les chevaliers avaient ouvert de grands yeux et échangé quelques messes basses, en voyant leur seigneur les rejoindre, flanqué de sa sauvageonne domestique trottinant derrière lui. Tant qu'ils s'en tenaient là, ça irait. En dépit des affirmations de Rey, Kylo Ren n'avait cependant pas eu le cœur de la laisser sans une monture. Et comme il s'était depuis longtemps débarrassé de la mule grise, elle eut droit à une petite jument sortie des écuries royales.


La journée fut plutôt agréable, même si Rey eut quelques difficultés à conduire sa monture. Elle regretta brièvement sa petite mule : la hauteur de la jument lui donnait le vertige, comme la robustesse de son gabarit. Rey n'était pas habituée à avoir une bête aussi puissante entre les cuisses et ça la déstabilisait quelque peu. Heureusement, la jument que lui avait choisie Ben Solo se laissait guider assez facilement etavait bon caractère.

Meilleur en tout cas que celui des chevaliers de Ren, qui passaient leur temps à la dévisager quand ils ne l'ignoraient pas ostensiblement. Mais Rey s'en fichait. Elle aurait donné n'importe quoi pour pouvoir sortir du palais et de la cité, afin de profiter d'un grand bol d'air frais. L'espace lui manquait, tout comme le calme et le silence. L'agitation permanente qui régissait l'univers des domestiques finissait par lui donner le tournis.

Et puis, elle voulait profiter du fait qu'ils n'étaient plus enfermés dans le palais, avec mille yeux et mille oreilles pour les espionner, pour avoir une conversation sérieuse avec Ben. Elle voulait le mettre en garde au sujet de la conversation qu'elle avait surprise entre Lord Frak et Lady Yama. En vérité, Rey ne savait pas trop quoi en penser. Les paroles échangées lors de leur conversation étaient pour le moins sibyllines. C'était surtout la tension que la jeune padawan avait perçu entre les deux individus qui l'avait inquiétée. Quoiqu'ils aient en tête, ils ne servaient que leurs intérêts. Et depuis qu'elle avait entendu lady Yama parler de « guider » Kylo Ren, elle regardait avec méfiance la noble dame s'immiscer dans le quotidien du seigneur Sith avec un art consommé.

Par les domestiques, Rey avait apprisque la nièce de Lord Frak était le parti le plus convoité du clan : fille ainée du commandant actuel de la maison Yama, Usaï Yama, et d'une noble dame d'Alderaan. Les mariages en dehors du clan étant en principe proscrits, Lord Yama avait dû demander une autorisation exceptionnelle auprès de la reine Leia Organa. Faveur qui lui avait été accordée sans difficulté par la Souveraine, car cette dernière encourageait le désenclavement des familles du clan, estimant que la consanguinité était un fléau pour ses membres. Le couple n'avait pas fait long feu cependant, car la noble épouse étrangère était morte en couches, en mettant au monde une petite fille : Fénide Yama. Après un deuil de cinq ans, Lord Yama Usaï s'était finalement remarié avec une fille de la maison Frak : Henice Frak, sœur ainée du Grand Intendant, Lord Frak Berid.

Depuis sa naissance, Lady Yama Fénide était formée et éduquée dans le but d'en faire une grande dame. Elle avait hérité de la beauté exotique de sa défunte mère et de la morgue de son père alliée à cela une intelligence redoutable, affutée par son oncle qui l'avait introduite à la cour en tant que son assistante officieusement pour la présenter à tous les seigneurs Sith les plus influents du clan.

En résumé, Rey ne l'aimait pas. Elle n'aimait pas ses manières suaves et onctueuses. Elle n'aimait pas sa façon de toiser les serviteurs – et les gens de condition inférieure en général – comme s'ils étaient des insectes qu'elle aurait pu écraser sous sa semelle. Et surtout, elle n'aimait la voir tourner autour de Kylo Ren, comme une araignée tissant sa toile.

Depuis qu'elle l'avait suivi à Korriban, Rey sentait en permanence les ondes mauvaises qui entouraient celui qu'elle continuait de regarder comme le neveu de son défunt maître. Ben Solo était cerné par une armée de courtisans qui le voyait moins comme une personne que comme un moyen d'arriver à leurs fins. Une bande de hyènes tournant autour d'une panthère.

Ben Solo n'était pas parfait, ni irréprochable, cela Rey en avait pleinement conscience. Mais elle ne pouvait s'empêcher d'éprouver de la compassion pour lui. Ben lui faisait l'effet de quelqu'un de profondément solitaire, même s'il était en permanence entouré. Dans le fond, personne dans son entourage ne se souciait réellement de lui ou de son bien-être. Même les chevaliers de Ren s'inquiétaient davantage pour leurs intérêts que ceux de leur chef. A part Imaze, peut-être. Mais Imaze n'était pas quelqu'un de très causant, ni de très expansif.

Et Rey connaissait bien ce sentiment : ne compter pour personne, être une ombre à laquelle on n'accordait peu d'importance. Kylo Ren était craint sans doute, mais s'il laissait transparaître la moindre faiblesse, ceux qui l'avaient jadis aidé à s'élever n'hésiteraient pas à le renverser. Rey se sentait solidaire de lui à cause de cela. L'idée qu'on puisse jouer avec ses sentiments ou abuser de sa confiance la révulsait. C'était pourquoi elle voulait le mettre en garde contre les minauderies de Lady Yama.


Le temps fut radieux ce jour-là. Le soleil perçait à travers la frondaison des grands chênes. L'air était doux et sec. Rapidement, le groupe se laissa gagner par l'euphorie et prit un réel plaisir à la battue et à la traque d'un immense cerf. Même Kylo se surprit à ressentir de l'excitation lorsque la bête fut finalement acculée et se retrouva dans la ligne de mire de son arbalète. Tous ses instincts de guerrier reprirent le dessus. Il sentait la peur et l'entêtement de l'animal. Son adversaire se savait perdu mais n'était pas prêt à se rendre. Il donnait des coups de cornes, ruait vers les chiens et les chevaux qui osaient trop l'approcher.

Un sentiment de puissance farouche s'empara du Roilorsqu'il arma son arbalète et décocha son carreau en plein dans le cœur de sa proie. Un râle guttural s'échappa de la gueule du cerf alors qu'il s'effondrait à terre. Kylo croisa furtivement les billes noires de ses yeux et eut l'impression de sentir la vie s'y écouler lentement, comme du sable glissant entre les doigts d'une main.

Autour de lui, les chevaliers de Ren se mirent à rugir de plaisir. Ils étaient de nouveau une meute liguée contre un ennemi commun. Qu'importe que la victime fût innocente ! Là n'était pas la question. C'était pour leur férocité qu'il les avait choisis. Pas pour leur altruisme ou leur compassion. Ses camarades s'épanouissaient dans le sang et le fracas des armes. S'il ne voulait pas les perdre, il devrait bientôt leur désigner une nouvelle proie.

Une fois le cerf tué, la troupe fit une halte dans une clairière. Des serviteurs avaient monté des auvents et installé le nécessaire pour le confort des guerriers : des tonneaux de bières avaient été percés et des corbeilles de fruits circulaient.

Kylo s'était mis à l'écart, allongé entre les racines d'un orme vénérable. La tête et les épaules appuyés contre le tronc, il goûtait d'un moment de calme, à l'ombre, tandis que tous s'agitaient plus loin. Il parvint même à se recentrer suffisamment pour pouvoir méditer, ce qu'il n'avait pas fait depuis des mois. La Force en lui était extrêmement agitée, comme une mer déchainée, et menaçait de le submerger. Il s'efforça de visionner la houle, animée par le vent. Il contrôla sa respiration, voulant la faire fusionner avec l'élément de l'air, et ainsi calquer ses mouvements sur les siens. Peu à peu, il prenait le contrôle du vent. Il calmait les vagues et apaisait l'écume. Il aurait presque pu caresser l'onde du plat de la main… Il s'étonna même que ce fut aussi simple. D'habitude, il lui fallait plus de temps pour trouver le bon équilibre.

Lorsqu'il ouvrit les yeux, Rey se tenait assise en tailleur près de lui et le regardait calmement, l'air déterminé.

- Qu'y a-t-il ?

- J'aimerais qu'on parle.

Kylo soupira.

- Je t'écoute.

- C'est au sujet de Lady Yama.

- Tiens ? Tu t'intéresses aux courtisanes, maintenant ?

- Je ne voulais pas en parler dans le palais, parce que j'avais peur qu'on nous entende… Mais… j'ai surpris une conversation entre cette femme et Lord Frak… Ils parlaient de vous.

Kylo ne dit rien. Attendant la suite.

- En gros, ils commentaient votre ascension au trône et le fait que vous cherchiez une épouse… Et… Lady Yama a clairement laissé entendre qu'elle… qu'elle comptait vous… Bref ! qu'elle voulait tenter sa chance.

Kylo laissa éclater un rire de gorge.

- Et c'est ça qui t'inquiète ? Qu'elle puisse avoir des vues sur moi ?...

- Non ! Enfin… Ça n'est pas la question !... Mais vous auriez dû entendre la manière dont elle en parlait…

- … comme si elle se voyait déjà Reine du clan, avec moi dans le rôle du brave petit toutou obéissant au moindre de ses désirs ?

Rey écarquilla les yeux de surprise. Etait-il lui aussi dans le couloir, à ce moment-là, sans qu'elle ne l'ait remarque ?

Kylo rit de plus belle.

- C'est vrai, j'oublie parfois que tu n'es qu'une enfant…

- Je ne suis pas une enfant ! s'emporta Rey, les joues rougissantes. J'ai sûrement plus d'expérience que vous sur bien des choses !...

- Je ne prétends pas le contraire. Mais pour ce qui est de comment fonctionnent la Cour et ses intrigues, tu es très ignorante, n'est-ce pas ?

Rey se renfrogna.

- Sache que ce que tu me dis sur Lady Yama ne me surprend pas. A vrai dire, c'est le contraire qui m'aurait étonné.

- Alors quoi ? Vous allez l'épouser ?

- Pour me retrouver à la botte des Yama et des Frak ? Certainement pas ! Je vais juste lui laisser un os à ronger, histoire qu'elle ne s'offusque pas. Et puis, tant qu'elle et sa famille pensent qu'ils ont une chance de me prendre dans leurs filets, au moins ils n'envisagent pas de comploter pour me renverser.

- Mais vous comptez bien vous marier ?

- Il le faut. Si je veux que l'héritage de ma famille ait une chance de perdurer. Mais je ne prendrai certainement pas une fille du clan pour femme. Ça me mettrait immédiatement à la merci de sa famille. Et ça, c'est hors de question.

- Mais qui alors ?

Kylo haussa les épaules.

- Une étrangère. De haut rang, de préférence.

- N'importe quelle femme vous conviendrait ? Tant qu'elle est noble ?

Devant l'expression perplexe de Rey, Kylo se sentit obligé de lui expliquer.

- Si j'obtiens l'appui d'un royaume puissant, les autres membres du clan y réfléchiront à deux fois avant de me chercher des noises.

- Et pour ça, vous seriez prêt à épouser une fille stupide, méchante et laide ?...

- J'espère avoir plus de chance que cela, tout de même…

Kylo essaya de prendre cela à la rigolade, mais la réflexion de Rey venait d'éveiller un soupçon d'inquiétude dans son esprit. Jusqu'à maintenant, il ne s'était pas soucié de ce que cela impliquerait pour lui, sur le plan personnel, de se marier.

Elevé par un oncle célibataire, au sein d'un Ordre qui prônait la chasteté et le célibat, Kylo n'était pas vraiment armé pour la vie conjugale. Et il ne voyait pas sur qui prendre exemple. On lui citait souvent le cas de ses grands-parents. Mais l'amour au sein de leur couple relevait du miracle. En plus, Dark Vador ne s'était jamais remis de la mort de sa femme, ce qui avait grandement affecté son règne par la suite. Et Kylo n'avait aucune envie qu'une telle chose lui arrive.

Certes, il ne s'attendait pas à faire un mariage d'amour. S'il parvenait à s'entendre cordialement avec sa future épouse, ce serait déjà bien. Il ne savait même pas comment il était supposé s'entendre avec elle. Arriverait-il à la supporter si c'était une jacasseuse invétérée ? Ou une pimbêche obnubilée par sa toilette ? Et le plus important : lui plairait-elle assez pour qu'il puisse lui faire des enfants ?

Kylo ne se considérait pas comme quelqu'un de particulièrement exigeant en matière de beauté féminine. Il n'était même pas certain de savoir ce qu'était supposé être une « belle femme ». Durant sa vie de mercenaire, il avait voyagé dans différentes contrées, s'était frotté à différentes cultures et avait observé que les critères de beauté pouvaient énormément variés d'un peuple à l'autre.

- Je ne comprendrai jamais qu'on puisse s'enchainer à vie à une personne pour qui on ne ressent rien.

Kylo reporta son attention Rey. Toujours assise en tailleur à côté de lui, la jeune padawan s'appliquait à décortiquer un brin d'herbe. Elle avait du sang sous les ongles, car elle avait aidé à dépecer le cerf. Il fallait lui reconnaitre qu'elle était très habile dans ce domaine. La course à travers bois lui avait donné du rose aux joues. Elle sentait le musc et la transpiration. Même les frisottis de ses cheveux restaient collés à son front avec la chaleur et l'humidité.

Kylo Ren vit une goutte de sueur naître sur sa tempe, s'étirer lentement le long de son cou, se perdre un instant sur sa clavicule, avant de glisser vers son torse et disparaître entre ses seins. Le seigneur Sith ressentit alors le désir fugace de suivre cette petite goutte et de la cueillir sur sa langue. Il trouva cette pensée éminemment dangereuse et s'en détourna au plus vite.

- C'est normal, commenta-t-il. A ton âge, tu as encore une vision romantique des relations entre adultes. Mais il n'est pas nécessaire d'être amoureux pour remplir son devoir conjugal…

- Je sais parfaitement faire la différence entre l'amour et le désir, si c'est à ça que vous faites allusion. J'ai sûrement autant d'expérience que vous dans ce domaine…

- Je croyais que tu avais quatorze ans lorsque Luke t'avait trouvée…

Rey lui jeta un regard cynique.

- Parce que vous croyez que ça en aurait arrêté certains ?...

- Est-ce que tu as été… ?

- Non. Et si ça avait été le cas, le coupable n'aurait pas vécu assez longtemps pour s'en vanter.

L'expression de son visage devint farouche. Kylo voulait bien la croire sur parole.

- Et même s'il ne s'était rien passé à Jakku, au Temple c'était pas les occasions qui manquaient…

- Au Temple !?

Pour le coup, Kylo tomba réellement des nues.

- C'est bien le dernier endroit au monde où j'imagine qu'on puisse avoir ce genre d'expérience. Les Grands Maîtres ne t'ont jamais parlé de la pureté et du détachement ?

- Si les Grands Maîtres voulaient que leurs apprentis restent chastes, ils n'auraient jamais dû laisser les dortoirs mixtes.

- Tu étais en dortoirs mixtes ?

- Bien sûr. Pourquoi ? Pas vous ?

- En tant que fils de la Reine, j'avais droit à ma propre chambre.

De plus, les autres élèves avaient la fâcheuse manie de le regarder comme un animal de foire. Ce qui avait le don de le mettre mal à l'aise. Et ça n'avait fait qu'empirer après la destitution de Leia. Comme la seule défense que connaissait Ben était l'attaque, Luke, comme les autres maîtres, avaient jugé qu'il était préférable qu'il demeure à part.

De manière générale, Kylo n'aimait pas la compagnie. Même ses chevaliers, qui étaient sûrement ce qui se rapprochait le plus pour lui du concept d'amis, savaient qu'ils ne devaient pas trop empiéter sur son espace vital. Et pour ce qui était des filles et du reste, Kylo avait attendu d'être sorti du Temple pour faire ses premières armes. Les résultats n'avaient vraiment pas été brillants. Tout ce qui ressemblait, de près ou de loin, à un rapport intime le terrifiait. L'intimité en générale, avec un autre être humain, lui paraissait être la chose la plus dangereuse et la plus pernicieuse au monde.

- J'ai vu qu'il y avait un cours d'eau en contrebas, lança soudainement Rey. Je pense que je vais aller me rafraichir un peu. Entre la chasse et cette chaleur, je sue comme une vache.

Kylo la regarda se lever et s'éloigner du campement d'un pas calme et assuré. Il prit soin de noter la direction dans laquelle elle était allée, pour pouvoir facilement la retrouver si jamais on levait le camp avant qu'elle ne soit revenue.


Rey se souviendrait toujours de son premier bain. A Jakku l'eau était trop rare et trop précieuse pour être gaspillée en de vaines ablutions. Pour éliminer la crasse, on se frottait avec du sable, ou avec du lait de bantha. Et la toilette restait très sommaire. En arrivant au Temple, Maître Luke l'avait aussitôt enjoint de se rendre à l'Etuve. Au départ, Rey n'était pas très rassurée en pénétrant dans cette vaste cave sombre, à l'atmosphère moite, au sol et aux murs glissants. La vapeur qui s'échappait des grandes cuves ne lui inspirait pas confiance non plus. Les Gardiennes avaient pratiquement dû lui arracher ses vêtements et la pousser dans l'eau.

Rey se souvenait du choc, de ce contact fluide et lourd, qui l'avait soudain enveloppée. En remontant à la surface du bassin, l'eau glissant sur la peau nue de son visage était comme une caresse. La baignoire avait le confort et la chaleur rassurante des bras d'une mère. Après avoir bataillé pour l'y faire rentrer, les Gardiennes eurent toutes les peines du monde à lui faire quitter son bain. Dès lors, sitôt qu'elle avait un moment de battement, Rey courait à l'Etuve et pouvait passer des heures la tête sous l'eau à faire des bulles.

Les Gardiennes avaient fini par s'en alarmer, voyant dans cette passion pour les ablutions un excès de coquetterie. Maître Luke avait dû les rassurer. Rey était sûrement la créature la moins coquette du monde. Elle arrangeait toujours ses cheveux de la même façon, bien qu'on lui ait souvent fait remarquer que sa coiffure était étrange et ne la féminisait pas vraiment. Elle se contentait des vêtements qu'on voulait bien lui donner, fussent-ils trop grands pour elle, usés ou portés auparavant par quelqu'un d'autre. La couleur l'indifférait également. Les premiers temps, elle s'était juste plainte d'avoir trop froid. C'était même une de ses excuses pour rester dans la chaleur moite des bains. Il avait fallu lui tailler un grand manteau dans de la laine bien épaisse pour qu'elle puisse mettre le pied dehors sans attraper un rhume. C'était d'ailleurs toujours ce même manteau dans lequel elle aimait s'emmitoufler le soir pour s'endormir. Ainsi, l'espace d'un instant, Rey avait l'impression d'être de retour dans l'enceinte rassurante du Temple Jedi, entourée des autres apprentis.

Depuis qu'elle était à Korriban, elle avait dû se contenter, à l'instar des autres domestiques, d'une toilette de chat à la pompe, près de la laverie ou des cuisines. Alors, lorsqu'elle avait repéré le cours d'eau en contrebas du campement des chasseurs, elle avait saisi l'occasion. L'eau était fraiche et vive, exactement ce qu'il lui fallait pour se purifier de cette après-midi de course et de poussière.

Elle s'était dévêtue et avait soigneusement plie ses affaires, avant de les poser sur une pierre. Elle avait gardé sa brassière et son pagne, juste au cas où il lui faudrait décamper rapidement : mieux valait qu'elle ne déboule pas toute nue au milieu des chevaliers, ça ne serait pas du meilleur effet.

Rey s'immergea jusqu'aux épaules dans l'eau, appréciant ce frisson délicieux sur sa peau qui lui donnait la chair de poule. C'était presqu'aussi bon que les caresses d'un amant. Fermant les yeux, elle pencha la tête en arrière, mouillant ses cheveux. Elle se laissa couler sur le dos, fusionnant avec le courant, ses oreilles immergées écoutant le murmure des pierres et de la terre.

Maître Luke lui avait enseigné que la sérénité était la clé pour se connecter à la Force.

- La Force est comme l'eau, disait-il. Elle se glisse partout, même entre les pierres. Elle peut être douceur et violence. Celui qui veut la retenir la verra couler entre ses doigts. Celui qui la laisse venir à lui et se fond en Elle, fera l'expérience d'une sérénité profonde comparable au repos éternel.

Rey lui avait demandé une fois pourquoi la Force l'avait choisi elle. Le Grand Maître avait haussé les épaules.

- Je me suis moi-même souvent poser la question. La Force a toujours été puissante dans ma famille. Depuis mon père, jusqu'au fils de ma sœur.

Luke ne prononçait jamais le nom de Ben Solo, en ce temps-là. Il disait toujours : « le fils de ma sœur » ou « mon neveu ». C'était pourquoi Rey avait mis du temps à faire le lien. Son Maître ne s'était confié à elle que ce fameux soir où elle avait surpris sa dispute avec Kylo Ren. La jeune padawan avait été réveillée en pleine nuit, avec le sentiment étrange d'un bouleversement dans l'équilibre de son environnement.

Rey s'était glissée hors du dortoir, afin de faire un tour, pensant que la fraicheur de l'air nocturne allait apaiser ses craintes. En déambulant dans le cloître, elle avait aperçu la silhouette de Luke, ses vêtements blancs se découpant dans la nuit. Il était en grande conversation avec quelqu'un que Rey ne pouvait pas voir. Une haute silhouette noire à peine distincte dans l'obscurité. La discussion était houleuse visiblement : l'autre agitait les bras et faisait les cent pas. Ses vibrations de colère et d'amertume rampèrent jusqu'à Rey. La padawan craignit que Luke ne soit en danger, tant l'attitude de son interlocuteur lui paraissait menaçante. Mais le Maître Jedi demeurait serein et répondait calmement aux imprécations de l'autre.

Finalement, l'étranger était parti comme il était venu, glissant comme une ombre hors du Temple. Rey était alors venue à la rencontre de son maître. Ce dernier l'avait aussitôt rassurée, lui confiant l'identité de son visiteur nocturne.

- Lorsque Ben s'est enfui, je l'ai cherché durant des années. Je me sentais coupable. Je n'avais pas su l'écarter de la tentation du Pouvoir. J'avais le sentiment d'avoir échoué, en tant que maître et en tant que parent. Je voulais le retrouver pour m'excuser et tenter de lui faire entendre mes raisons. Au lieu de cela, c'est toi que j'ai trouvée. Et ce jour-là, j'ai eu le sentiment d'avoir accompli ma mission. Alors je suis rentré.

Rey méditait encore sur le sens de ces paroles. Qu'est-ce que Luke attendait d'elle exactement ? Qu'attendait la Force ?...

Elle fut perturbée dans le fil de ses pensées par des glapissements venant des fourrés. Rey sortit précipitamment de l'eau et attrapa son bâton, qu'elle avait laissé près de ses vêtements. Si c'était un voyeur, il allait se prendre la raclée du siècle !

Elle bondit vers un buisson, tombant sur une boule de poils orange visiblement encore plus apeurée qu'elle. Un renard, avec un magnifique pelage roux et blanc. L'animal avait la patte prise dans un collet, surement posé par l'un des valets. Il se débattait avec la corde, un cerné blanc et rouge vif commençait à apparaitre là où les poils étaient arrachés. Il glapit : de peur, de douleur et de frustration. A ce rythme, sa plaie allait s'infecter et il ne pourrait plus courir.

Rey le prit en pitié. S'approchant prudemment, craignant les coups de mâchoire, elle dénoua calmement le lacet en chancre qui enserrait la patte avant du renard. Ce dernier la regarda faire, tout tremblant, pétrifié. Une fois libéré, il lécha sa plaie consciencieusement.

- Tu ferais mieux de filer avant que les chiens flairent ta présence, lui recommanda Rey.

Le renard leva vers elle un regard éberlué, semblant attendre quelque chose d'elle. La jeune femme soupira. Cette bestiole n'irait pas bien loin aux vues de ses réflexes. De guerre lasse, elle retourna près du cours d'eau récupérer ses affaires et se rhabiller avant que quelqu'un d'autre n'ait l'idée de venir. Lorsqu'elle se retourna, elle eut la surprise de découvrir le renard planté à quelques pas d'elle à peine. Il la fixait toujours de ses petits yeux ambrés. Pour un animal sauvage, il n'était vraiment pas farouche !

Rey voulut le chasser d'un geste, mais il ne broncha pas. Haussant les épaules, elle s'en retourna vers le campement, mais à chaque fois qu'elle jetait un regard en arrière, elle voyait sa petite silhouette rousse immobile, comme dans un jeu de « un, deux, trois… Soleil ! ».

Lorsque Rey arriva aux abords du camp, les serviteurs pliaient les auvents et rangeaient les ustensiles. Les chevaliers scellaient leurs montures. Imaze s'occupait de l'étalon noir de Kylo Ren, tandis que Daeron, le chevalier au crâne rasé et au visage émacié, rassemblait la meute de chiens. Soudain, l'un d'eux leva son museau vers Rey et courut vers elle en aboyant comme un démon. Par réflexe, la jeune padawan leva son bâton, prête à l'assommer, quand le molosse changea brutalement de trajectoire et fonça en direction des chevaux. Rey eut juste le temps d'apercevoir un éclair orange et blanc passer entre les longues pattes des montures.

C'est pas vrai ! Ce renard n'a vraiment aucun instinct de survie !

Le duo fit tout le tour du camp, passant entre les serviteurs, renversant le matériel, effrayant les chevaux qui se mirent à hennir et à donner des coups de sabots, finissant d'exciter le reste de la meute qui voulait, elle aussi, se lancer à la poursuite du renard.

En dépit de sa patte blessée, l'animal était extrêmement rapide. Le chien lancé à ses trousses avait toutes les peines du monde à maintenir l'allure. Finalement, en désespoir de cause, le renard finit par revenir vers Rey et lui sauta littéralement dans les bras. La padawan sentit une sueur froide lui descendre dans le dos en voyant le molosse foncer à nouveau sur elle, les yeux révulsés et la bave aux lèvres. Sauf que cette fois, elle n'avait même plus son arme en main.

Soudain, Kylo Ren se matérialisa entre elle et le canidé, l'attrapant par son collier. La bête se mit à glapir lorsqu'il tira d'un coup sec sur la lanière en cuir, manquant l'étrangler.

- Qu'est-ce… que c'est… que ça ?! rugit-il en désignant le renard qui s'était lové sur les épaules de Rey, lui faisant comme un col de fourrure.

- Je… je l'ai trouvé près du ruisseau.

- Pourquoi l'as-tu ramené ?

- Je ne l'ai pas ramené, il m'a suivi !

- Imaze ! Débarrasse-nous de cette bête !

- Non !

Pour une raison connue de lui seul, cet animal voyait en elle sa protectrice. Pour rien au monde Rey n'aurait toléré qu'on lui fasse du mal.

Tous les autres, serviteurs et chevaliers, avaient frémi en voyant la jeune femme contester ouvertement un ordre du Roi. Kylo Ren avait les yeux rivés sur elle, son expression partagée entre la colère et la stupéfaction.

- C'est moi qui l'ai trouvé, argumenta Rey sans se démonter. Donc c'est ma proie. C'est moi qui décide ce que j'en fais.

Le renard avait à présent coincé sa tête à la jointure du cou et de l'épaule de la padawan. Ren le fixait d'un air mauvais, le gros molosse toujours accroché au bout de son bras. Rey voyait les narines de son nez se dilater. Le doute commença à s'insinuer en elle, qu'elle était peut-être allée trop loin. Elle n'allait quand même pas risquer sa place pour un stupide renard !

- Soit.

La voix de Kylo Ren claqua comme un fouet.

- Mais il sera sous ta responsabilité. Et au moindre incident, j'en fais un col de fourrure.


Toute la troupe rentra au palais en fin de journée. À peine revenue aux écuries, Rey sauta à bas de sa jument et fila sans dire un mot. Elle alla directement rejoindre Finn dans la cour près de la salle d'armes. Le jeune garde l'attendait sagement, appuyé contre un muret. Dès qu'il l'aperçut, il s'élança vers elle tout guilleret, avant de s'arrêter net en jetant un regard interloqué sur le cou de Rey.

- Fais pas attention, l'enjoignit la jeune femme en posant son compagnon à terre. Je l'ai récupéré lors de la chasse d'aujourd'hui.

- T'es au courant que d'habitude c'est plutôt morts qu'on ramène les animaux…

- Je sais. C'est une histoire de fou !

Elle lui narra brièvement sa mésaventure. Après tout une journée passée au milieu des chevaliers de Ren, qui la considéraient toujours avec une forme de circonspection hostile, ça faisait du bien d'avoir une conversation au calme avec quelqu'un de normal. Rey appréciait de plus en plus Finn. Il était plutôt calme et chaleureux de nature. Même s'il avait parfois des réactions un peu bizarres. Ca la changeait de Ben Solo.

- C'est tout de même un comportement assez étrange pour un animal sauvage, commenta Finn en gratouillant la tête du renard.

Les deux jeunes gens étaient assis sur un banc, leur nouveau compagnon entre eux, sage et obéissant comme un chien, tandis que Rey bandait avec soin sa patte blessé.

- Qu'est-ce… ?

Finn avait distraitement descendu ses doigts vers le col de l'animal et sentit quelque chose. C'était une fine lanière de cuir, à peine visible sous l'épaisse fourrure rousse. Rey se pencha à son tour pour l'examiner.

- Il y a un nom gravé dessus… Poe… Da-me-ron. Ca doit être son maître. Je comprends mieux son comportement maintenant : il est domestiqué.

Elle releva les yeux vers Finn qui semblait grave tout d'un coup.

- Finn ? Est-ce que tout va bien ?

Elle lut de la panique dans son regard lorsqu'il releva la tête vers elle.

- Oui, répondit-il précipitamment. Oui…

Il laissa flotter son dernier mot lorsque ses yeux se figèrent sur un point de l'autre côté de la cour. Rey suivit son regard et tomba sur la haute silhouette noire de Ben Solo. Elle se demanda fugacement depuis combien de temps il était là, à les observer dans l'ombre, comme un corbeau posé sur sa branche.

- Bonne soirée, Rey.

Finn se leva précipitamment, exécutant une révérence rapide en direction de Kylo Ren, avant de partir en direction des remparts. Rey resta assise sur son banc, continuant à grattouiller le dos du renard, à moitié couché sur elle à présent. Elle n'avait pas envie de voir Ben, ni de lui parler. Pourquoi était-il là, d'abord ? Habituellement, à cette heure-ci, il s'enfermait dans ses appartements pour étudier des documents quelconques avec son aide de camp Imaze.

- C'est ainsi que tu t'entraines ?

La voix caverneuse de Ben résonna à travers la cour. Rey l'ignora. Il parcourut la distance qui les séparait. Son ombre immense, dessinée par les torches allumées, venant la recouvrir comme un voile. Rey sentait son regard peser sur elle.

- Je veux qu'on parle de ce qui s'est passé aujourd'hui.

Rey attendit.

- À l'avenir, ne discute plus jamais mon autorité devant mes chevaliers.

Rey leva finalement la tête. À part les torches que Finn et elle avaient allumées plus tôt, la cour était plongée dans l'obscurité. Elle ne pouvait pas voir l'expression de son visage, mais elle sentait émaner de lui une grande tension, étrangement comparable à celle qu'elle avait ressenti l'autre soir entre Lord Frak et Lady Yama.

- Je suis le Roi et toi, une subalterne. Tu n'as pas à discuter mes ordres.

- Je vous ai seulement empêché de commettre une injustice.

- Qui es-tu pour savoir ce qui est juste ou non ?

- Personne. Personne d'autre que moi.

Ben plia les genoux et se retrouva à sa hauteur. Rey put enfin le regarder dans les yeux. L'expression de son visage était tendue, mais il ne paraissait pas aussi en colère qu'elle ne l'avait craint au début.

- Tu ne te rends pas compte, n'est-ce pas ? Ce que c'est de commander. De devoir être constamment sur ses gardes et de ne jamais laisser transparaitre la moindre faiblesse…

- Je sais ce que c'est d'être sans appui et de devoir lutter seule contre tout le monde.

Un silence lourd passa entre eux, les enveloppant comme une couverture trop épaisse. Rey se sentait gênée et en même temps étrangement à l'aise.

- Je n'y connais peut-être rien au métier de roi, mais je doute fort que vous alliez très loin si vous refusez d'entendre un autre avis que le vôtre…

Elle sentait monter quelque chose en lui, comme une envie, un besoin, qu'il tentait de refouler. Peut-être voulait-il la frapper, ou l'insulter. Peut-être avait-il l'intention de la chasser. Il avait promis à Maître Luke de s'occuper d'elle, mais il l'avait fait de mauvaise grâce. Et il lui avait bien fait comprendre avant leur départ qu'elle ne devrait pas lui causer d'ennui.

- Je m'excuse, murmura Rey en baissant les yeux. Ca ne se reproduira pas.

Un courant d'air léger passa sur elle, comme une brise. Les traits de Ben s'affaissèrent imperceptiblement. La tension en lui était toujours présente, mais diluée dans quelque chose d'amer. Il détourna le regard et se redressa.

- Bien, dit-il. Restons-en là. Je te verrai demain.

Son ombre recouvrit Rey quelques secondes avant de s'éloigner. Elle eut froid, tout d'un coup, malgré le renard blotti dans son giron.

- Rey.

Elle releva les yeux vers lui. Il s'était arrêté au milieu de la cour, lui tournant le dos.

- Merci de m'avoir prévenu, au sujet de Lady Yama.

Rey répondit machinalement :

- A votre service, mon seigneur.


Voilà !

N'hésitez pas à me laisser vos impressions. Est-ce que vous trouvez que ça manque d'action ? En quel animal vous auriez transformez BB-8 ? ...


V