Vronik : Et bien, de rien. :D Merci de continuer à me lire et d'être aussi enthousiaste. Et merci pour tes commentaires. L'air de rien, savoir que son travail est apprécié, ça motive vachement. ;)

NoChaDaiSAlamander: Oui, Kylo ne se montre pas sous son meilleur jour dans le dernier chapitre (ni dans celui-ci). Mais il me paraissait important de rappeler que, sous ses airs de chien battu, il reste quelqu'un de violent et de très dangereux. Hé, on ne devient pas Roi des Sith en faisant des câlins à tout le monde. ;D

Hela Stark: Et bien... de rien et merci à Toi ;)

onmywave : Ah, les retrouvailles entre Rey et Kylo ne vont pas être de tout repos. ^^'

Cara : Merci pour tous tes commentaires. J'aime les critiques détaillées, ça m'aide à savoir si j'ai touché juste ou pas. Et quand à la tension entre Kylo et Rey… disons que pour ne pas prendre le risque de l'engrosser par inadvertance (^^'), il préfère lui gueuler dessus… XD Et quand à Fénide, oui elle va pas sortir du décor de sitôt.

Et je tiens à remercier ma bêta Shima-chan, pour son aide précieuse.


Tentative d'évasion

Rey s'était glissée hors du manoir, longeant le ruisseau qui serpentait au pied des murailles, toujours à la recherche de Bibi – la renarde s'était peut-être faufilée à l'extérieur pour chasser – et jetant de temps à autres des coups d'œil à l'horizon – dans l'espoir de voir revenir Kylo Ren et ses chevaliers. Elle en avait des choses à dire à son Roi et priait pour qu'il soit d'humeur à l'écouter à son retour.

Cependant, ce ne fut pas Ben Solo, ni Daeron, Solak, Naïs ou un autre de la bande, qu'elle vit galoper en direction du manoir des Yama, mais Finn. Monté sur un cheval gris, le jeune homme contourna l'entrée principale de la demeure seigneuriale et s'approcha de l'entrée de service. Dissimulée entre les roseaux du ruisseau, Rey le vit sauter à bas de sa monture et la tirer par la bride jusqu'aux écuries, jetant des regards inquiets à droite et à gauche, comme un voleur qui craindrait d'être pris la main dans le sac.

Rey décida de le suivre discrètement lorsqu'il se faufila à l'intérieur du manoir. Finn se rendit directement dans la salle des gardes où il récupéra vite fait sa tenue de garde et rangea le reste de ses affaires dans un recoin, derrière un empilement de boucliers. Lorsqu'il se retourna vers la porte d'entrée, prêt à rejoindre ses camarades et reprendre du service comme si de rien n'était, il se retrouva face à Rey, le sourcil froncé et l'air perplexe. Le cerveau de Finn périclita l'espace d'une seconde.

La jeune femme était plantée devant lui, dans l'embrasure de la porte, dans l'attente évidente d'une explication.

- Où étais-tu ?

Finn ne sut quoi répondre, à part :

- Tu m'observes depuis longtemps ?

- Je t'ai vu revenir à cheval. Finn, qu'est-ce qui se passe ? Insista Rey.

Avant que le jeune garde ait pu répondre, les cors annonçant du mouvement à la porte principale du manoir résonnèrent dans la cour. D'un même élan, Rey et Finn passèrent la tête à l'extérieur, pour voir les sentinelles s'agiter sur le créneau, faire signe aux gardiens en contrebas pour qu'ils ouvrent grand les portes.

A peine les battants furent-ils écartés, qu'un flot de capes noires se déversa dans la cour du manoir. Finn eut un frisson d'horreur en reconnaissant Poe Dameron, ficelé comme un rôti sur la selle d'un des chevaliers.

Sans douceur, Naïs le fit tomber à bas de son cheval, tandis que Solak et Enor s'emparaient de lui et le trainaient à l'écart. Au même moment, Lord Yama et son épouse déboulaient dans la cour, suivis de près par leur fils, Pyrcel. Lord Usaï se rapprocha de KyloRen, alors que ce dernier descendait de son étalon. Imité par Lady Fénide, qui chevauchait derrière lui, l'air renfrogné.

- Majesté ! Puis-je vous demander ce que tout ceci signifie ?

- Vos cousins, répondit Kylo alors que les serviteurs s'activaient pour le débarrasser de sa monture, ont eu l'extrême obligeance de m'inviter à une partie de chasse. En retour, mes chevaliers leur ont fait démonstration de comment on se saisit d'une proie.

Lord Yama, pâle comme un linge se tourna vers sa fille. Celle-ci soutint son regard et fit un mouvement de tête en direction d'Allen et Kartrak, qui entraient à leur tour dans la cour sur leurs montures. On aurait presque pu voir de la fumée sortir des oreilles du seigneur Sith.

- Malheureusement, nous n'avons pu capturer qu'un seul gros gibier. Mais pas des moindres : Poe Dameron en personne.

Lord Usaï et Lady Henice se tournèrent de concert vers le prisonnier. Agenouillé sur le sol, les mains attachées dans le dos, le visage tuméfié, encadré par Enor et Solak, qui aurait pu croire que cet homme avait mis à feu et à sang la moitié des fiefs du clan.

Rey observait la scène de loin, aux côtés de Finn, qui semblait encore plus abasourdi qu'elle. La jeune femme sentait émaner de lui des sentiments d'extrême tension. Elle n'avait même pas besoin de fouiller son esprit pour cela, Finn les lui jetait pratiquement à la tête. Elle aurait aimé que son camarade contrôle mieux ses émotions en sa présence. Ca devenait usant à la longue de surprendre les pensées d'autrui sans le vouloir.

- Qu'allez-vous faire de lui ?

- Je compte l'interroger…

- Vous n'obtiendrez rien de moi !

Dameron venait de s'exprimer pour la première fois depuis son arrivée au manoir. Il fut récompensé de sa hardiesse par un violent coup de pied de la part de Solak.

Kylo Ren marcha vers lui, trainant dans son sillage les lords Usaï, Allen, Kartrak et le jeune Pyrcel, ainsi que Lady Henice et Lady Fénide. On aurait dit une couvée de cannetons suivant leur maman.

Ren se planta devant Dameron qui leva crânement sa tête brune vers lui, soutenant son regard malgré son œil gauche enflé.

- Torturez-moi autant que vous voulez, le défia-t-il. Je ne dirai rien.

- Qui a parlé de torture ? répliqua Ren froidement. Il existe d'autres moyens.

Dameron cracha sur sa botte.

- Je suis pas à vendre non plus…

- Il ne devrait pas le défier de la sorte.

Finn détacha son attention de l'action pour se tourner vers Rey. La jeune femme le regardait franchement, avec empathie. Elle avait deviné son inquiétude pour Poe.

- Je sais ce que Kylo va lui faire, dit-elle. Il n'est pas de taille à le supporter.

Au même moment, Ren leva lentement la main devant Poe. Comme s'il voulait lui caresser le visage. Mais il l'immobilisa à quelques centimètres à peine. Au début, Poe ne parut rien ressentir. Puis progressivement, une tension apparut dans son cou et ses épaules. Ses yeux se révulsèrent comme s'il devait lutter de toutes ses forces contre quelque chose d'invisible. Ses traits se contractèrent comme sous le poids d'un effort surhumain. Les veines de son cou et de ses tempes se mirent à palpiter avec affolement. Sa bouche s'entrouvrit et laissa échapper un cri terrifiant.

Puis Ren abaissa son bras et Dameron s'effondra comme une poupée inanimée entre les mains de Solak et Enor.

Rey risqua un coup d'œil vers Finn. Le teint sombre du jeune homme avait viré au gris.

- Emmenez-le.

Alors que le prisonnier était trainé vers les geôles, Kylo se retourna vers Lord Usaï.

- Vous devriez envoyer une escouade sur le village du moulin au bord de la rivière. Il y a un groupe de neuf rebelles cachés là-bas, sous la protection du chef du village. Avec de la chance, ceux de Takodana n'ont pas eu le temps de les prévenir. Vous pourrez les y cueillir comme du raisin à l'automne.

Encore sous le choc du spectacle auquel il venait d'assister, Lord Usaï mit du temps à comprendre ce que Kylo Ren lui disait. Il fallut un coup de coude sa femme pour le ramener à lui. Il vociféra alors des ordres à ses gardes pour qu'ils se mettent en selle.

- Kartrak, dit-il à son cousin, vous conduirez l'expédition.

- Sen-Adge l'accompagne, répliqua Ren.

Sen-Adge s'inclina brièvement pour signifier qu'il avait reçu l'ordre et attrapa aussitôt les rênes du premier cheval qui passa à sa portée. Kartrak dut se plier aux injonctions, comme les autres. Même si on sentait que devoir suivre les directives de Kylo Ren ne l'enchantait pas. A moins que ce soit le fait d'avoir Sen-Adge Millennial comme superviseur.

Dameron est bien plus coriace que je ne l'imaginais, commenta Ren, alors que l'escouade quittait la cour. Quand il aura repris connaissance, prévenez-moi. Je vais voir si je ne peux pas lui arracher plus…

Il pénétra dans la demeure et commença à gravir les escaliers qui menaient à ses appartements.

- Sire ! Vous avez eu une longue journée, intervint brusquement Lady Fénide en escaladant les marches derrière lui. Après une telle chevauchée, il serait plus raisonnable de vous reposer.

- Je ne suis pas fatigué, protesta Kylo Ren.

Ses grandes jambes gravissant les marches quatre à quatre, Fénide avait toutes les peines du monde à le suivre.

- Certes. Mais vous serez plus à même d'interroger votre prisonnier si vous êtes au mieux de votre forme. J'y pense ! Je ne vous ai toujours pas donné l'onguent contre les courbatures.

Elle tendit la main pour toucher son épaule. En voulant l'éviter, Kylo fit un faux mouvement. Ce qui réveilla un nœud dans son dos. Il se retint de pousser un juron lorsque la douleur le foudroya.

- Un onguent dites-vous ?...

- Oui. Il fait des miracles. Lord Frak l'utilise lui-même contre ses douleurs à la jambe…

- Apportez-le directement dans mes appartements.

Fénide fut si troublée par l'ordre qu'elle en oublia de marcher.

- Sire…

- Je vous y attendrais.

Kylo gravit péniblement le reste des marches. Tout ce qu'il voulait s'était s'allonger et ne plus bouger. Cette escapade avait miné ses forces plus qu'il ne l'avait d'abord supposé. Il passa entre les deux gardes devant sa porte, sans leur prêter attention. Une fois dans ses appartements, il s'effondra de tout son long sur le lit.

Son dos lui faisait un mal de chien et la cotte de maille sous ses vêtements lui paraissait peser une tonne. Il aurait voulu pouvoir tout enlever, mais il se sentait à peine la force de se redresser sur son lit. Il lui faudrait de l'aide rien que pour retirer ses bottes.

Alors qu'il se faisait ces réflexions, un détail le frappa soudain : sa chambre était vide.

- Rey ! appela-t-il à travers la pièce. Rey !

Au même moment, la porte s'ouvrit, laissant passer la jeune femme tenant à la main une cruche et une coupe en étain.

- Pas la peine de beugler si fort, l'admonesta-t-elle en s'approchant du lit. On vous entend à travers tout le manoir.

- Où étais-tu passée ?

Rey lui montra sa cruche.

- Je me suis dit qu'après une si longue chevauchée, vous seriez assoiffé.

- Par le Ciel, je tuerai pour un verre de vin !

- Il faudra vous contenter d'eau fraîche, répliqua-t-elle en remplissant sa coupe. Et dans votre état, c'est plus raisonnable.

Ben attrapa mollement le verre qu'elle lui tendait. Il en renversa la moitié sur son visage en buvant et réclama de nouveau. Une chance qu'elle n'ait pas pris de vin, sans quoi les draps seraient devenus écarlates.

Lorsqu'il fut désaltéré, Rey alla poser la cruche et la coupe sur la table et revint se planter devant le lit, les poings sur les hanches.

- Bon. Par quoi on commence ?

- La cotte de mailles.

- Faites un effort pour vous redresser, alors. Parce que je ne pourrai jamais vous l'enlever dans cette position.

Ben consentit seulement à lui tendre ses deux bras pour qu'elle le tire en avant. Rey dut d'abord l'aider à dégrafer son manteau de ses épaules et lui retirer son pourpoint en cuir bouilli. La cotte de mailles lui parut encore plus lourde que la dernière fois. Dessous, Ben était trempé de sueur au point que sa chemise lui collait la peau. L'odeur âcre de sa transpiration ne tarda pas à envelopper Rey. Ce qu'elle ne trouvait pas désagréable. Ça lui rappela les ouvriers sur les chantiers et les laboureurs dans les champs. Elle associait cette odeur au labeur et à l'entraide, et la trouvait rassurante. Elle rendait Ben plus humain.

Il se débarrassa de sa chemise tout seul, la jetant dans un coin et se rallongea sur le lit, bien décidé à ne plus bouger. Après avoir correctement posé la cotte de mailles sur un coffre pour qu'elle ne s'abime pas, Rey ramassa la chemise et la fourra dans le sac qu'elle destinait à la blanchisserie. Elle revint ensuite vers Ben. Sans cérémonie, elle attrapa sa jambe droite, repliée contre le bord du lit, et la cala entre ses cuisses, pour pouvoir tirer sur sa botte et la lui ôter plus facilement. Elle répéta l'expérience avec la jambe gauche, sans que Ren ne lève le petit doigt.

Affalé sur son lit, l'avant-bras droit sur les yeux, ce dernier paraissait à moitié endormi. Rey repensa à la scène à laquelle elle avait assisté dans la cour – un frisson la parcourut lorsqu'elle repensa aux traits révulsés de Dameron lorsque Ren avait forcé son esprit – et à l'expédition qui avait mené à sa capture, sans compter le fait que Ben avait passé la nuit dehors. S'il ne se ménageait pas plus, il allait finir par se tuer à la tâche…

- Dois-je demander à ce qu'on vous fasse couler un bain ?

- Non. Descend juste aux cuisines et demande une cruche de vin.

- Vous devriez manger quelque chose avec, sinon vous…

- Commande quelque chose pour toi si tu as faim. Moi, le vin me suffira…

Rey allait obtempérer, quand une pensée la ramena vers Ben.

- Sire, dit-elle d'une voix timide… Avant que vous alliez interroger le prisonnier, je dois vous parler de certaines choses…

- Plus tard, soupira Ben.

Rey n'insista pas pour cette fois, se disant qu'après tout elle aurait toujours le temps de voir ça avec lui à un autre moment. Et mieux valait qu'il soit dans de bonnes dispositions pour entendre ce qu'elle avait à lui dire.

Kylo entendit la porte claquer lorsque Rey quitta la pièce. Il roula péniblement sur le côté, dans l'espoir de trouver une position qui soulage un peu son dos. Il se fatiguait vite ces derniers temps, et cela commençait à l'inquiéter. Il n'était quand même pas si vieux !

A moins que ce ne soit le contrecoup de sa prise de pouvoir et le nouveau poids de ses responsabilités. Mais ça ne le consolait pas vraiment plus. À son âge, Dark Vador dirigeait le clan depuis au moins cinq ans. On disait qu'il pouvait chevaucher des journées entières sans s'arrêter, qu'il avait crevé plusieurs chevaux à la course et qu'il lui restait encore assez d'énergie pour méditer des heures durant. Kylo Ren était loin de pouvoir prétendre à une telle endurance. Le clan n'était entre ses mains que depuis à peine quatre mois, et cela lui paraissait déjà un an !

Les paroles de Luke lui revinrent en mémoire : … la couronne est un fardeau lourd à porter… il faut être au moins deux pour maintenir l'équilibre…

Vador avait épousé Amidala un an jour pour jour après son accession au trône. Plus le temps passait, plus Kylo Ren se disait que ce serait un réconfort d'avoir une compagne à ses côtés. Et il avait depuis peu accepté le fait d'engendrer comme une nécessité : s'il voulait que son héritage perdure, il devait impérativement avoir une descendance.

Ça ne l'empêchait pas de concevoir la vie conjugale avec appréhension. Surtout les premiers temps, quand il ne connaîtrait pas encore très bien sa femme. Pour sa décharge, il n'avait pas été formé pour ça.

Ce n'était pas dans le Temple Jedi que Ben allait apprendre à plaire à la gente féminine. Et lorsqu'il s'était finalement échappé, les seuls modèles qu'il avait à disposition étaient des mercenaires aux manières pour le moins ordurières, quand ils n'étaient pas carrément brutaux avec leurs partenaires féminines. Ces hommes ne connaissaient que la violence, ils ne vivaient que par elle. Leur vie entière était un champ de bataille – aussi bien en combat réel que dans les rapports intimes – et autrui, un adversaire à soumettre par tous les moyens.

Pour Kylo, à qui on avait appris à vivre autrement, ces façons de faire étaient écœurantes. Autant, il acceptait la violence et la brutalité comme une nécessité sur un champ de bataille ou lors d'un pillage, autant il ne voyait vraiment pas l'intérêt d'en user sur une personne avec qui il était supposé prendre du plaisir. Ça n'avait pas de sens pour lui : c'était même une perte de temps et d'énergie.

C'était pourquoi il ne s'imposait jamais à ses partenaires. Il préférait aller vers des femmes qui ne le repoussaient pas. Parfois, il n'avait même pas besoin de faire le premier pas : les filles audacieuses flairaient immédiatement le mâle dominant dans une meute, et elles allaient d'instinct vers celui qui leur offrait le plus de privilèges et une meilleure protection. C'était donnant-donnant : « J'écarte les cuisses et tu ouvres ta bourse. Je te donne mon corps pour une nuit, si tu empêches tes hommes de brûler ma maison. »

C'était clair. C'était franc. Pas de chichi, ni de fausse promesse. Il ne lui en fallait pas plus. Le plus souvent, il arrivait même à se satisfaire tout seul. C'était cette attitude « passive » envers les femmes lui avait valu le surnom du « Moine ». Mais Kylo ne s'en formalisait pas : ce n'était pas le pire sobriquet qu'on lui ait donné au cours de sa vie.

Et si vraiment la masturbation n'était plus suffisante, et qu'il lui fallait à tout prix une partenaire, il prenait toujours garde à se retirer avant d'éjaculer. Car il était certain d'une chose : il n'engendrerait aucun bâtard et il ne permettrait pas non plus qu'on puisse un jour qualifier ses descendants « d'enfants de putain ».

Ses pensées le ramenèrent alors malgré lui vers Rey. Même si l'idée était tentante, il ne ferait jamais d'elle sa maîtresse : elle était trop jeune et trop naïve pour qu'il lui jette sur les épaules un fardeau aussi lourd. La jeune femme se retrouverait au cœur des intrigues et des conflits au sein du clan : elle qui peinait déjà à se faire une place. S'il l'épousait ce serait pire ! Elle deviendrait la proie des jalousies et des complots du reste des courtisanes qui n'auraient pas été choisies à sa place. Il devait la garder en sécurité, à l'abri des manigances de la cour et de sa propre concupiscence si nécessaire.

Même si l'avoir à ses côtés sans pouvoir la toucher et partager son désir avec elle devait devenir une véritable torture. Surtout dans ces moments de proximité intime, lorsqu'elle jouait son rôle d'écuyère. La tentation était grande de passer un bras autour de sa taille et de l'attirer contre lui, d'enfouir son visage dans son cou et de goûter le sel de sa peau du bout des lèvres. Le fantôme du contact de ses mains sur lui, tandis qu'elle l'aidait à se dévêtir, ranimait ses ardeurs malgré lui. Si la fatigue et la douleur dans son dos ne l'avaient pas cloué sur le matelas, il aurait de nouveau été tenté de commettre l'irréparable.

D'ailleurs le souvenir de ses mains était si fort, qu'il imaginait qu'elles parcouraient ses omoplates, descendaient le long de sa colonne vertébrale, malaxant avec délicatesse ses muscles endoloris. Un fantasme si puissant qu'il lui en parut bien réel.

- C'est si bon, laissa-t-il échapper dans un soupir.

- À votre service, mon Roi, lui répondit une voix suave et mélodieuse qui n'était pas celle de Rey.


Rey remontait des cuisines avec une cruche de vin miellé. Dans son esprit, elle refaisait l'inventaire de ce qu'elle devrait dire à Ben Solo. Le plus difficile était de dénouer elle-même les nœuds dans toute cette histoire. L'alliance avortée entre Lord Frak et les rebelles pour renverser Snoke, en soi c'était déjà gros. Mais devait-elle aussi parler de Finn par-dessus le marché ? De sa disparition inopinée et de celle de Bibi ? De la réapparition soudaine du maître de cette dernière ? En tant que chef des rebelles ?! Ça faisait un peu trop pour n'être que de simples coïncidences.

Depuis le début, elle sentait que Finn lui cachait des choses. Elle avait espéré qu'il finirait par avoir assez confiance pour s'ouvrir à elle. Mais plus le temps passait plus elle en doutait. Il avait prétendu vouloir la protéger, mais si au contraire tous ses secrets la mettaient encore plus en danger ? Et plus elle y pensait, plus elle le soupçonnait d'être impliqué dans la disparition de Bibi…

- Je me fiche de savoir comment ! Je veux que cet homme ait disparu ce soir !

Rey se figea. Elle venait de reconnaître la voix de Lord Yama.

- Mon ami, pas si fort. Voulez-vous que toute la maison nous entende ?

Rey se trouvait dans l'escalier de service, qui conduisait des cuisines au corridor de l'étage noble. Lord Yama avait dû négliger l'entretien de sa demeure, car il y avait des lézardes dans le mur. Et l'une d'elle ouvrait un interstice sur une chambre secrète. L'écho provoqué par la maçonnerie et l'architecture de l'escalier, ajouté au fait que, se croyant à l'abri, les interlocuteurs ne faisaient aucun effort pour masquer leurs voix, Rey n'eut qu'à tendre l'oreille pour épier leurs conversations.

- Kylo Ren a fait placer Dameron sous bonne garde...

Rey crut reconnaître la voix de l'un des frères Fywre.

- S'il arrive quoique ce soit à cet homme, c'est sur nous que la colère du Roi retombera.

- Il n'y a qu'à faire passer cela pour un accident…

Cette fois, c'était une voix féminine. Surement celle de Lady Yama Henice.

- Comment ?

- Arrangez-vous pour que cela ait l'air d'une évasion, que le rebelle ait tenté de s'enfuir… Dites à Kylo Ren et à ses chevaliers qu'il a refusé de se rendre et que vous n'avez eu d'autre choix que de l'abattre. Dois-je vraiment tout faire à votre place ?!

- Il faut que je rassemble des hommes. Il va falloir détourner l'attention des gardes…

- Faites ! Faites… Mais ce soir

- Qu'est-ce que tu fais plantée là ?

Rey releva les yeux quelques marches plus haut dans l'escalier. Un serviteur assez imposant se tenait au-dessus d'elle, une panière à pains calée sous le bras. Il essayait visiblement de rejoindre les cuisines, mais Rey lui bloquait le passage. Cette dernière avait beau être assez menue, l'espace était étroit et l'autre prenait vraiment beaucoup de place. Ils durent jouer de contorsions pour réussir à passer sans que Rey renverse sa cruche de vin et l'autre sa panière.

Lorsque le gros serviteur fut descendu assez bas pour qu'elle ne l'entende plus souffler comme un bœuf, Rey tendit à nouveau l'oreille vers la fissure dans le mur, pour voir si elle ne captait pas d'autres bribes de conversation, mais ce fut en vain. Le silence était total.

La jeune femme dut donc se résoudre à rejoindre les appartements de Ben Solo au plus vite, pour lui faire part de ce qu'elle venait d'entendre. Mais elle n'était pas au bout de ses surprises. Lorsqu'elle franchit la porte de la chambre du Roi – toujours sans frapper et sans s'annoncer – se fut pour trouver Ben, étendu à plat ventre sur son lit, torse nu, avec lady Fénide à califourchon sur lui, en train de lui masser le dos.

Cette vision épouvanta Rey au point qu'elle en lâcha sa cruche qui se fracassa sur le sol. Le bruit fit sursauter les deux protagonistes. Ben se redressa brusquement, repoussant lady Fénide dans la foulée, qui tomba à bas du lit. Son visage était rougi autant par la gêne que par la colère.

- Fichez-le camp !

Les deux femmes restèrent immobiles un instant, sans savoir si cet ordre était destiné à l'une ou l'autre ou les deux. Lady Fénide se remit sur ses deux jambes et tentait de remettre de l'ordre dans ses cheveux et sa tenue, tout en jetant à Rey un regard meurtrier, que cette dernière lui rendit.

- Dehors !

Cette fois-ci, Ren s'était clairement tourné du côté de Fénide. Rassemblant ce qui lui restait de fierté et de dignité, la noble dame traversa la chambre, la tête haute. Lorsqu'elle passa à proximité de Rey, elle lui administra un violent coup de coude, qui obligea l'écuyère à se retrancher contre le mur. Rey aurait répliqué si Kylo Ren ne lui avait pas ordonné de refermer la porte.

Quand elle eut claqué le battant, elle se rendit compte que ses mains tremblaient. En fait, son corps tout entier vibrait de dégoût. Pour se calmer, elle entreprit de ramasser la cruche en étain, qui ne contenait plus qu'un fond dérisoire, tout le reste s'étant répandu sur le parquet. Elle essaya d'éponger le vin avec le bord de sa tunique, mais le bois du plancher en avait déjà absorbé une partie. La grosse trace carmin que l'incident allait laisser sur le sol serait difficile à enlever. On aurait pu croire que quelqu'un venait d'être poignardé juste à cet endroit.

- Ton manque total de manières finira par me coûter cher, maugréa Ben.

- Pardon, j'ignorais que j'allais vous interrompre…

Rey entendit un bruit de verre cassé. Ben avait saisi un pot en terre près de son lit et l'avait envoyé valdinguer contre le manteau de la cheminée.

- Hé ! Ça aussi, je vais devoir le nettoyer !

Pour toute réponse, Ben resta assis au bord du lit en se prenant la tête dans les mains. Rey se résolut à aller ramasser les morceaux de céramique, qu'elle prit délicatement dans sa main en prenant garde de ne pas se couper. Le liquide qui s'en échappait dégageait une forte odeur de menthe poivrée et de genévrier : des ingrédients qu'on retrouvait souvent dans la composition de baumes contre les courbatures. Quand elle risqua un regard vers Ben, celui-ci semblait abattu et perdu dans ses pensées.

- Voulez-vous que j'aille chercher lady Yama et que je lui demande de revenir ?

- Mêle-toi de ce qui te regarde, répliqua le seigneur Sith d'un ton cassant.

Rey fut piquée au vif.

- J'essaie. Mais c'est compliqué de passer outre quand je la retrouve à califourchon sur votre dos…

- Je n'avais pas vu que c'était elle.

- Vous pensiez que c'était quoi ? Un chat ?

- Je m'étais assoupi… Et pour commencer, je n'ai pas à me justifier auprès de toi !

Il se leva brusquement et marcha droit sur elle. Son visage était tellement furieux que Rey crut un instant qu'il allait la frapper. Mais il resta planté devant elle.

- Je commence à être fatigué de devoir toujours me battre avec toi, faire un tour et reviens lorsque tu seras disposée à te montrer plus respectueuse.

Rey allait obtempérer, lorsqu'elle se rappela qu'elle devait lui parler de ses découvertes.

- Avant que je parte, j'ai des choses importantes à vousdire…

- Je ne veux pas t'entendre pour le moment. J'ai besoin de repos et tu es une source de remue-ménage permanent.

- Mais Ben… Majesté…

- Je t'ai dit de t'en aller.

- Mais…

- Un mot de plus et tu passes la nuit au cachot.

Cette fois, Rey prit la menace au sérieux. Elle quitta la chambre sans demander son reste, laissant Ben Solo seul avec sa colère et son caractère de chien. Mais une fois éloignée dans le couloir, elle dut se rendre à l'évidence qu'elle allait devoir gérer la crise qui s'annonçait. Rey était partagée : d'un côté, elle ne pouvait pas laisser la famille Yama éliminer Poe Dameron sans réagir, de l'autre, si elle tentait de prévenir la garde ou un des chevaliers de Ren, personne ne la croirait. Au pire, on l'accuserait encore de semer la zizanie.

Plus elle y réfléchissait, plus elle se disait qu'elle ne pouvait compter que sur une personne pour l'aider à gérer cette affaire. Elle courut donc vers la salle des gardes et demanda à voir Finn.


Depuis que Poe avait été ramené – pour ne pas dire trainé tel du gibier de potence – jusqu'au manoir, Finn s'était retranché dans les quartiers octroyés à la garde Royale. Resté dans son coin, il broyait du noir à se demander s'il devait prendre la fuite – abandonnant Poe à son sort – ou attendre sagement que Phasma ou un autre des chevaliers de Ren vienne l'attraper par la peau du cou et le traine dans une cellule voisine de celle de son camarade.

Quoiqu'il advienne, le jeune homme savait qu'il était en sursis : dès que Kylo Ren forcerait à nouveau l'esprit du chef rebelle, il mettrait à jour la traîtrise de Finn et le ferait exécuter. A moins qu'il n'ait déjà découvert la vérité et qu'il le fasse mariner juste pour le plaisir.

Le visage de Poe, déformé par la douleur et la peur, hantait son esprit. La puissance du Roi Sith dépassait ce qu'ils avaient imaginé. Cela faisait des années qu'il n'avait pas été témoin d'une telle démonstration de Force. Pour sûr, Kylo Ren ne revendiquait pas son statut d'héritier de Dark Vador pour rien.

- Finn, ta petite amie est là ! lui lança l'un de ses camarades.

Il releva distraitement la tête et eut la surprise de découvrir Rey, debout devant lui. L'espace d'une seconde, il crut sa dernière heure arrivée : Rey était venue luiannoncer qu'elle avait tout raconté à Kylo Ren et qu'il était en état d'arrestation. Puis il se dit que jamais Ren n'aurait envoyé son écuyère pour remplir une telle mission : déjà qu'en temps normal il n'aimait pas les voir ensemble.

Il se décida à se lever et à se rapprocher de Rey. Le visage de la jeune femme paraissait tendu mais déterminé.

- Il faut qu'on parle toi et moi.

Finn acquiesça et se résolut à la suivre, sous les chahuts et les sifflements des gardes présents dans la salle, pour qui c'était l'heure du repos. Ils allèrent se réfugier à l'écart derrière les écuries. Les palefreniers finissaient de remplir les mangeoires et de changer les litières dans les box. Personne ne fit attention à eux.

Rey se planta devant Finn et prit une profonde inspiration. Mais avant qu'elle n'ait pu prononcer un seul mot, le jeune homme prit les devants :

- Écoute, je sais que tu as toutes les raisons du monde d'être en colère contre moi. C'est vrai, je t'ai menti. Je t'ai caché la vérité sur mes liens avec la Résistance. Mais si je l'ai fait, c'était pour de très bonnes raisons. Tu es proche de KyloRen. Tu n'as pas idée des enjeux…

- Finn, je sais que la Résistance a tenté de faire alliance avec lord Frak pour renverser Snoke.

- Tu es au courant ! s'exclama le jeune garde, éberlué. Mais comment… ?

- Ce serait trop long à expliquer. Mais je sais que l'arrivée de Kylo Ren a bouleversé leur plan, et que maintenant lui et les Yama veulent se débarrasser des renégats. De préférence sans que le Roi soit au courant de ce qui se trame.

- Rey, tu réalises que tu te mets en danger. Si tu t'impliques dans cette histoire, tu deviendras toi aussi une cible à éliminer…

- Tout comme toi.

- J'ai mes raisons. Elles sont ce qu'elles sont. Mais Dameron et les autres défendent une cause juste…

- Finn, pour être tout à fait franche avec toi, je ne sais pas quoi penser de tout ça : de la Rébellion, de votre alliance avec les Frak et les Yama, du fait que tu espionnes pour le compte des renégats. Tout ce que je sais, c'est que si on ne fait rien, ce soir, les Yama vont tuer Poe Dameron…

- Tu… Quoi ?

- Encore une fois, c'est trop long à expliquer. Alors soit tu me fais un exposé sur la Résistance maintenant, soit tu m'aides à faire évader ton ami avant que les Fywre mettent leur plan à exécution.

- Si tu sais déjà tout, pourquoi tu n'as pas prévenu Kylo Ren ?

- Disons que, pour le moment, il n'est pas disposé à m'écouter. Et – au risque de me répéter – on manque de temps.

- Il fallut deux longues minutes à Finn pour assimiler ce que Rey venait de lui apprendre. Mais sa réponse fut immédiate.

- Il faut sauver Poe.


Les cachots se trouvaient dans les sous-sols du manoir des Yama, juste sous la salle des gardes. Ils étaient destinés à « accueillir » les individus responsables de petits délits : vol, braconnage, dettes ou non-paiement de l'impôt. En principe, les grands criminels arrêtés dans les fiefs seigneuriaux étaient soit expédiés à la capitale pour être jugés, soit exécutés directement – en fonction du zèle du seigneur local1.

Autant dire que Poe Dameron représentait « un hôte de marque » pour les cellules de la demeure Yama. La sécurité avait été renforcée en conséquence, rien que pour descendre aux cachots, il fallait passer devant une dizaine de gardes.

Rey et Finn se tenaient cachés derrière un muret, à guetter les allers et venues.

- Ça parait dingue, commenta le jeune homme. Même si les Yama font venir leurs assassins jusqu'à Poe, je ne vois pas comment ils arriveront à faire passer ça pour un accident.

Soudain, ils entendirent sonner le tocsin.

- Des rebelles sur le mur Est ! lança une voix sur le rempart opposé. Tous à vos armes !

- Quoi ! s'exclama Finn. Les autres sont pas assez stupides pour lancer une attaque maintenant : ce serait du suicide !

- Ça doit être la diversion dont parlait lady Yama, analysa Rey. Ils font croire à une tentative d'invasion, du coup tous les gardes se replient à l'opposé du manoir et les assassins ont le champ libre pour éliminer le prisonnier.

Tandis qu'elle parlait, ils virent des gens en armes émerger de l'escalier qui menait au sous-sol et se diriger tel un seul homme vers le mur Est.

- À ton avis, combien ils sont encore à l'intérieur ?

- On ne le saura qu'en y allant.

Profitant de la cohue générale, les deux espions se faufilèrent vers les cachots. Mais à peine eurent-ils mis un pied dans le petit hall d'entrée qu'ils tombèrent nez à nez avec une jeune recrue que ses camarades avaient visiblement chargée de faire le guet, pendant qu'ils montaient au front.

- Qui êtes-vous ? lança la sentinelle en levant sa lance. Qu'est-ce que vous foutez-là ?

- Tout va bien, tenta de l'apaiser Rey en levant le bras. Je suis l'écuyère du Roi. Kylo Ren m'a chargé d'aller voir comment se portait le prisonnier…

- Rien à foutre, répliqua l'autre, visiblement nerveux. J'ai des ordres, moi : personne s'approche du renégat.

- Elle vient de te dire qu'elle était l'écuyère du Roi, s'impatienta Finn.

- Rien à foutre ! Elle pourrait être sa putain attitrée que ça changerait rien !...

- Alors ça, tu vas le regretter !

Finn avait dégainé son épée et marchait vers l'autre, qui tenait aussi son arme levée, prêt à en découdre.

- Stop ! s'exclama Rey.

À la surprise de Finn, le garde se figea soudain et fixa son regard sur la jeune femme, l'air complètement hébété.

- Tu vas baisser ton arme et rejoindre les autres là-haut, ordonna-t-elle.

- Je vais baisser mon arme et rejoindre les autres là-haut, répondit docilement son vis-à-vis.

Et le plus naturellement du monde, il dépassa Rey et Finn pour gravir l'escalier.

- Et oublie que tu nous as vus !

- J'oublie que je vous ai vus ! répondit sa voix depuis le haut des marches.

Finn se tourna vers Rey, l'air plus éberlué que jamais.

- C'était quoi ça ?

- Un vieux tour de Force. Ça faisait longtemps que j'avais pas essayé. En principe, ça ne marche que sur les esprits faibles.

- Surtout ne prend pas mal ce que je vais te dire : mais tu es vraiment effrayante par moment.

Rey se contenta de sourire en haussant les épaules. Ils avaient encore le couloir des cellules à longer pour trouver Poe Dameron. Finn l'appela plusieurs fois, avant qu'une faible voix lui réponde. Poe était enfermé dans une minuscule pièce sans lumière, dont la porte était fermée par un énorme cadenas. Rey l'examina rapidement.

- Finn, rapproche cette torche, s'il te plait. J'y vois presque rien.

Le jeune homme s'exécuta, décrochant d'une applique du mur ; la seule source de lumière disponible dans le couloir. Rey retira une épingle de l'un de ses chignons et commença à trifouiller la serrure du cadenas.

- Qu'est-ce que tu fais ? demanda Finn.

- Ça se voit pas ?

- Tu sais crocheter les serrures ?

- Ça faisait partie des trucs que je faisais tout le temps en Jakku. En plus, ce truc est un vieux modèle à moitié rouillé… Encore un coup à droite et…

Le cadenas céda dans un cliquetis grinçant.

- Voilà !

Poe émergea de la cellule et se jeta dans les bras de Finn.

- Je savais que je pourrais compter sur toi !

- Me remercie pas. Remercie Rey.

Finn désigna à Poe sa camarade en train de se recoiffer. Le chef rebelle la considéra avec intérêt et… une pointe de déception.

- C'est elle la fille ? demanda-t-il perplexe.

- Vous avez l'air déçu…

Pour quelqu'un qu'elle venait de libérer, Rey le trouvait plutôt ingrat.

- Désolé, s'excusa-t-il. C'est juste que quand Finn m'a parlé de toi, j'imaginais autre chose…

- Poe, t'es limite vexant là…

Finn était assez gêné. Rey venait de faire beaucoup pour eux, alors qu'elle n'était même pas convaincue qu'ils étaient les gentils. Si Poe commençait à se montrer grossier, ça n'allait pas aider. Mais ce dernier parut se reprendre en voyant la mine contrariée de Finn.

- Ah, pardon ! Je m'excuse. De toute façon, je suis pas le mieux placé pour donner un avis : j'y connais rien en matière de femmes…

- Poe !

Alors qu'ils discutaient, deux individus masqués venaient de faire irruption dans le couloir ; ils se figèrent en apercevant le groupe. Visiblement, ils ne s'attendaient pas à voir autant de monde.

C'était sans l'ombre d'un doute les assassins envoyés par Lord Yama. Rey et Finn se mirent instantanément en position de défense. Les deux intrus les imitèrent, après un moment d'hésitation. L'étroitesse du couloir n'était vraiment pas le terrain idéal pour un combat au corps à corps, mais les deux intrus leur barraient le passage vers la sortie. Le fracas du fer des lames résonna contre la pierre des murs. Non seulement ils perdaient un temps précieux, mais les bruits du combat risquaient d'attirer des renforts, si ce n'était déjà fait.

La situation était périlleuse, jusqu'à ce qu'un tonneau déboule derrière les deux assassins et les renverse, les assommant au passage. Finn, Poe et Rey durent eux-mêmes se rabattre contre les murs pour ne pas être renversés. Derrière les deux hommes assommés, se tenait Bibi.

La renarde bondit au-dessus des deux corps inertes pour atterrir dans les bras ouverts de Poe qui la couvrit de papouilles.


1 Et comme on l'a vu dans un autre chapitre : Snoke encourageait ses vassaux à régler rapidement les problèmes.