Bonjour à vous chers lecteurs et lectrices qui avez encore la curiosité de lire cette fic. Ceci est un chapitre de transition après les évènements mouvementés de ce dernier chapitre, car il faut bien que l'histoire avance et que les problèmes trouvent des solutions.

NoChaDaiSAlamander : Le meilleur carrément ! =^^= Eh bé, j'espère quand même réussir à faire plus mieux ensuite. Sinon, tu vas vite t'ennuyer ;)

Lilou 007 : hé bien, comme tu as pu le constater, je poste à un rythme très très (mais alors trèèèèès)aléatoire. Que Rey dise la vérité à Kylo Ren ? Opfff, quand il l'apprendra, il aura bien d'autres problèmes à gérer. ;)

Vronik : Et oui, Kylo quand il a une idée en tête, il l'a pas ailleurs ;)

Cara: J'espère que tu ne t'attendais à ce que ce chapitre arrive rapidement. Bon, il est un peu plus long, ça devrait compensé un peu. ;) Ca fait toujours autant plaisir de lire tes analyses. J'espère que tu apprécieras ce chapitre, on en apprend un peu plus sur la famille de Fénide et les rapports familiaux sein du clan.

fairycub974: Merci de ton attention. J'espère que la suite te plaira.

Comme toujours, merci à Shima-chan pour son aide.


Le fief des Frak

Fénide se força à respirer profondément. Elle risquait gros sur ce coup-là. Elle le savait. C'était vertigineux, la rapidité avec laquelle les choses avaient dégénéré. Maintenant, si elle voulait sauver sa famille et son héritage, elle devait jouer serré et surtout ne rien céder au hasard.

Lorsqu'elle se présenta devant la porte de la salle de réception, les gardes royaux lui barrèrent l'entrée en croisant leurs lances. Fénide se retint de cracher son fiel : ces moins que rien s'imaginaient qu'ils pouvaient l'empêcher de circuler librement dans la demeure de ses ancêtres. Mais le moment était mal choisi pour faire un scandale, tout légitime qu'il soit.

Elle prit à nouveau une profonde inspiration :

- Je demande audience au Roi.

Les deux gardes ne bronchèrent pas.

- Moi, Lady Yama Fénide, articula-t-elle à haute et intelligible voix, fille et héritière de l'hôte de cette vénérable maison, Lord Yama Usaï, je prie humblement sa majesté Kylo Ren, descendant du grand Dark Vador, de m'accorder quelques minutes de son précieux temps.

Les lourdes portes de chêne s'écartèrent sur un homme à la peau noire et à la longue chevelure hirsute, vêtu de l'uniforme des chevaliers de Ren. Fénide le reconnut comme l'un des deux rejetons de l'ancienne maison Milleniale. Elle ne se rappelait plus son nom. L'homme la reluqua de haut en bas, sans dissimuler son intérêt. Fénide lui rendit un regard glacial. Il y avait fort longtemps que la concupiscence des hommes ne l'atteignait plus.

Très tôt, la noble jeune fille avait pris conscience de l'attraction qu'elle exerçait sur la gente masculine. Cela avait commencé avec ses cousins, lorsqu'elle était enfant. Allen et Kartrak étaient les seuls gamins autorisés à jouer avec elle : jamais l'orgueilleux lord Yama Usaï n'aurait permis que sa fille se mêle à des enfants de domestiques ou à des petits gueux.

Progressivement, la puberté pointant le bout de son nez, à la course et au jeu de colin-maillard avait succédé des rapprochements beaucoup plus tactiles. Ses cousins lui tombaient dessus à tour de bras, s'amusant à soulever ses jupes et à agripper ses cuisses ou à vouloir tâter sa poitrine naissante.

Pour être franche, Fénide n'y voyait pas le mal jusqu'au jour où Henice les avait surpris. Sa belle-mère était entrée dans une rage démente. Se servant de la baguette qu'elle avait en main – un instrument qu'elle utilisait pour chasser les mouches d'ordinaire –, elle frappa avec fureur sur les trois garnements, jusqu'à ce qu'Allen et Kartrak soient repoussés dans un coin de la pièce.

Fénide était toujours restée marquée par cet incident. Pas tant à cause des coups de baguette qu'elle avait pris sur les fesses et les épaules, mais parce que c'était la première fois qu'elle voyait sa belle-mère se mettre en colère. Même lorsqu'elle réprimandait les domestiques, lady Yama avait toujours la parfaite maîtrise de ses émotions, froide et impassible comme une statue de glace. Ses silences étaient même plus redoutés que les explosions de rage de son mari. Mais, ce jour-là, alors qu'elle menaçait ses deux cousins avec la pointe de son bâton, on aurait dit une déesse des enfers prête à mettre en pièces les deux garçons.

- Hors de ma vue, leur dit-elle, tremblante de rage. Je ne veux plus vous voir trainer autour d'elle. Et si je vois l'un de vous roder dans le couloir près de sa chambre, je vous découpe en morceaux et je vous donne à manger aux chiens.

Allen en avait pissé dans sa culotte. Lui et son frère avait filé ventre à terre. L'après-midi même, leur précepteur les avait ramenés chez eux. Fénide n'avait jamais su quelle explication avait été donné à leurs parents pour justifier ce renvoi, mais ses cousins n'étaient plus venus partager ses jeux au manoir après cela. Et ils ne venaient plus en la demeure seigneuriale sans une invitation directe des maîtres des lieux.

Lorsque Henice s'était tournée vers elle, Fénide crut bien qu'elle allait souiller ses sous-vêtements elle aussi.

- Dans votre chambre, ordonna sa belle-mère.

Elle avait retrouvé sa voix calme. Même si son bras – celui qui tenait la baguette – tremblait encore comme s'il voulait frapper encore.

- N'en sortez pas, tant que je n'en ai pas donné l'ordre.

Elle s'exécuta. Partagée entre le soulagement que lui offrait ce répit et la crainte du châtiment qui ne manquerait pas de lui tomber sur la tête une fois que Henice aurait tout raconté à son père. En fait, Fénide ne voyait pas ce qu'elle ou ses cousins avaient bien pu faire de mal. Mais pour que la si placide épouse de lord Yama sorte de ses gonds, c'était que la faute devait être grave…

Elle était restée recroquevillée sur son lit le reste de la journée. Se demandant ce qu'on comptait faire d'elle maintenant qu'elle avait… « fauté ».

Lorsque Henice poussa la porte de sa chambre, Fénide se figea comme une statue de sel. Sa belle-mère avait retrouvé tout son calme, mais ça ne voulait pas dire qu'elle était moins en colère, ou qu'elle n'allait pas être cruelle.

Henice fit alors quelque chose d'inimaginable : elle s'agenouilla sur le bord de son lit, pour être face à face avec sa belle-fille. La gamine de dix ans qu'elle était alors n'en revenait pas de ce qui était en train de lui arriver. Depuis que HeniceFrak avait épousé son père, cinq ans plus tôt, la jeune femme semblait à peine avoir noté son existence. En bonne épouse, elle gérait les comptes du domaine, organisait les réceptions au manoir, veillait à ce que les recettes des récoltes soient correctement redistribuée, que tous les domestiques et les gardes reçoivent un salaire régulier et que l'enfant du premier lit de son époux mange à sa faim, reçoive une instruction etporte une garde-robe digne de son rang. Henice paraissait toujours trop occupée pour adresser plus de deux mots à sa belle-fille, et ne lui accordait jamais un regard. Sauf pour voir un accro à sa robe ou une tache sur sa joue.

Mais ce jour-là, elle avait planté son regard dans le sien pour lui parler distinctement :

- Ce que j'ai vu aujourd'hui ne doit jamais se reproduire, dit-elle. Ni avec vos cousins, ni avec personne d'autre. S'ils cherchent à nouveau à vous entrainer dans ce genre de jeu, refusez. S'ils insistent, frappez-les. S'ils essaient de vous contraindre, venez immédiatement m'en parler. Mais il ne sera pas dit que ma belle-fille se conduit comme une paysanne dévergondée.

Fénide était restée sans voix. Jamais sa belle-mère ne lui avait tenu un aussi long discours. Elle avait juste hoché la tête pour montrer qu'elle avait bien compris. Henice s'était alors redressée péniblement. Elle était enceinte de sept mois à ce moment-là.

Elle l'avait encore toisée, de toute sa hauteur. Fénide était juste incapable de détacher son regard d'elle.

- Vos charmes sont encore discrets, pour l'instant, avait-elle poursuivi. Mais en grandissant, ils s'accentueront. Vous devrez alors apprendre à vous en servir comme d'une épée. Si vous les dégainez à tout bout de champ et pour n'importe qui, ils s'émousseront. Mais si vous en usez au moment opportun, alors vous parviendrez à toucher vos cibles en plein cœur. Choisissez bien vos ennemis, ma fille. Mais choisissez bien vos batailles, également.

C'était le seul et le plus précieux conseil que sa belle-mère lui ait jamais donné. Avec le temps, Fénide avait pu en vérifier toute la véracité. Elle se flattait de connaître les hommes, de comprendre et de deviner leurs désirs mieux qu'eux-mêmes.

Mais Kylo Ren était une énigme pour elle. Ou cet homme était définitivement insensible aux charmes féminins, ou ses goûts étaient trop spécifiques pour qu'elle puisse les cerner. Alors qu'elle déployait toutes ses ruses pour attirer son attention, il semblait lui glisser entre les doigts comme du sable.

Pourtant la nuit dernière, lorsqu'il avait quitté le manoir pour se rendre au bordel le plus proche, l'espion que Fénide avait mandaté pour le suivre lui avait affirmé qu'il n'avait rien observé d'anormal. Ren avait pris la première putain qu'on lui avait présentée sans faire de manière. Et lorsqu'il avait pu interroger cette dernière, elle avait assuré que le Roi n'avait rien exigé d'elle qui sorte de l'ordinaire. Il n'avait pas de malformation non plus. Rien qui puisse susciter du dégoût ou justifier qu'il se dissimule sous cette apparente pudibonderie.

Contrairement au chevalier qui dardait sur elle son regard concupiscent, lui barrant la voie qui devait la conduire au Roi.

- Je viens de faire mon rapport à sa Majesté, déclara l'homme, concernant la petite incursion que nous avons fait du côté du moulin.

Fénide hocha la tête. Elle venait de se rappeler que Kartrak était revenu à peine une heure après le drame. Bien sûr, on ne l'avait pas autorisé à voir son frère, ni aucun des membres de la famille. Impossible de savoir comment s'était passée la mission et ce qui allait bien pouvoir être dit à Kylo Ren. Si la capture avait été une fois de plus un échec, le Roi serait dans de très mauvaises dispositions à leur égare – si tant est que les choses puissent s'aggraver davantage. Mais s'ils avaient capturé des renégats, et que l'un d'eux avait parlé.

- Son Altesse est-il satisfait de votre mission ? demanda-t-elle avec le plus de détachement possible au chevalier Milleniale.

- Difficile à dire. Kylo Ren n'exprime jamais de contentement. Même quand il en ressent…

L'homme s'était rapproché d'elle et lui tournait autour comme un félin.

- Il est difficile de savoir à quoi il pense. Même moi, qui le côtoie depuis plus de quinze ans, il m'arrive encore de me demander après quoi il court.

- C'est que vous n'êtes pas très perspicace. Tous les hommes courent après la même chose…

- Si vous pensez Kylo Ren pareil à tous les autres hommes, alors c'est vous qui manquez de jugeote…

- Lady Yama ?

Un serviteur en livrée de la maison royale entrouvrit la porte.

- Le Roi consent à vous recevoir.

Fénide sentit un frisson la parcourir.

- Bonne chance, lança Milleniale, narquois.

Elle l'ignora. Qu'avait-elle à faire d'un larbin quand elle pouvait s'adresser directement au maître ?

La porte se referma derrière elle avec un claquement sinistre. La salle à manger était plongée dans la pénombre, à l'exception du feu qui brûlait dans la grande cheminée. Kylo Ren trônait au bout de la grande table de réception. Sa silhouette noire se découpait dans les flammes. Des cartes, des plans et des documents de toutes sortes étaient étalées devant lui. Le nez plongé dans ses parchemins, il semblait ne pas avoir remarqué sa présence.

- Approchez, Madame.

Sa voix grave, comme sortie d'outre-tombe, résonna dans la salle. Fénide réprima un nouveau tremblement.

Qu'importe ce que disait Milleniale. Ren n'était qu'un homme. Un homme comme les autres. Avec ses faiblesses. Le tout était de trouver lesquelles…

Elle s'avança doucement, à pas lents, mais fermes. Elle devait paraître humble, pour ne pas l'irriter. Mais pas trop soumise, non plus. Sinon, il perdrait tout respect pour elle.

Alors qu'elle s'approchait, ses traits lui parurent plus distincts.

Il avait un visage franchement laid. C'était même difficile de le regarder sans faire l'inventaire de tout ce qui ne cadrait pas dans la composition de sa physionomie : un nez et une bouche trop grande, sans parler de ses immenses oreilles - qu'il dissimulait tant bien que mal sous ses cheveux -, une mâchoire trop étroite, des yeux trop petits et noirs comme du charbon, un menton et une arcade sourcilière proéminente. Sa figure semblait être une caricature disproportionnée d'elle-même.

Disproportionné, son corps l'était également. Ses longues jambes repliées sous la table peinaient à trouver leur place. A chacun de ses mouvements, ses bras et ses mains semblaient prêts à déborder. Et ses épaules larges dépassaient le dossier de sa chaise.

Fénide se rappela du moment où elle les avait tenues sous ses doigts. C'était il y avait six heures à peine. Elle se souvenait qu'elles étaient fermes et solides. La peau et les muscles avaient roulé avec souplesse entre ses paumes. On devait pouvoir solidement s'y accrocher pour résister au flux et reflux des coups de reins. Etre à califourchon sur son bassin faisait le même effet que chevaucher un taureau.

Elle regrettait de ne pas avoir pu vérifier si son sexe était proportionnel au reste. Dommage que cette stupide sauvageonne les ait interrompus trop tôt…

- Vous vouliez me voir, Madame ?

Il n'avait pas levé les yeux de ses documents. Fuyait-il son regard ?

- Oui, sire.

Avec des mouvements lents et méticuleusement calculés, Fénide s'agenouilla, la tête inclinée.

- Je suis venue implorer votre clémence et dissiper le malentendu entre nous.

- Quel malentendu ?

- Vous semblez penser que mon père a délibérément conspiré pour vous ôter Poe Dameron. Mais il n'en est rien…

- Comment se fait-il qu'il n'y ait eu personne pour le surveiller ?

- L'attaque nous a tous surpris. Les gardes pensaient que leur premier devoir était de protéger le manoir. Et comme vous revendiquiez la capture de Dameron, il paraissait logique que la tâche de le surveiller revienne à vos gens.

Elle vit ses traits se contracter sous l'effet de la contrariété.

- Cette attaque tombait bien à propos…

- Ma belle-mère vous avait dit que ces rebelles étaient rusés et sournois.

- Oui, votre belle-mère semble avoir réponse à tout, répliqua sèchement Kylo Ren en se levant de son siège. Tout comme vous…

- C'est que je dois beaucoup à son enseignement. Comme à celui de son frère…

Fénide se remit debout.

- Si je puis me permettre, il y a une question qui demeure suspendue entre nous, et à laquelle je ne parviens pas à trouver de réponse.

- Laquelle ?

- Quel intérêt aurait-eu mon père, ou n'importe quel autre membre de ma famille, à faire échapper Poe Dameron ?

Kylo Ren garda le silence.

- N'avons-nous pas toutes les raisons du monde de vouloir sa capture ? de le mettre hors d'état de nous nuire ? Ce serait une façon bien étrange de nous rendre service que remettre ce criminel en liberté.

Le Roi lui tournait le dos, fixant obstinément les flammes du foyer. Mais Fénide n'avait pas besoin de voir ses yeux ou de lire dans ses pensées pour deviner le doute qu'elle était parvenue à distiller dans son esprit.

Elle se glissa dans son dos et posa une main sur son bras. Il frémit, mais ne se déroba pas cette fois. La chaleur du feu, masquait le rouge dont se teintait ses joues. Fénide sourit en son for intérieur. Un homme comme les autres : avec des doutes et des failles faciles à exploiter, rien de plus.

- Il se peut que j'aie jugé hâtivement de la situation, admit Kylo Ren.

- Ne vous faîtes pas trop de reproches, susurra lady Yama. Un homme dans votre position se doit d'être toujours aux aguets et prompt à agir. L'important est que vous ayez pu réviser votre jugement à temps.

- Oui, sans doute. Cependant…

Il laissa sa phrase en suspend, tandis qu'il se tournait vers elle. Fénide crut voir le coin de sa bouche s'étirer dans un rictus sarcastique.

- Je crois que j'aurais l'esprit plus tranquille, si j'avais la garantie que vos parents ne chercheraient à me faire payer ce moment d'égarement.

- Une garantie, Sire ?

- J'ai encore une tournée d'inspection à faire, commenta Ren en se rasseyant à sa place. Et je me suis déjà trop attardé sur ce fief. Dès demain, je vais donc reprendre la route avec mes troupes. Et votre frère m'accompagnera.

- Pyrcel ?

- Oui. On dit que les voyages forment la jeunesse. A son âge, il doit brûler de voir de grands espaces, de faire le tour des terres de notre clan. Au lieu de rester cloitré entre quatre murs.

Fénide sentit ses jambes trembler.

- Sire, ce n'est qu'un enfant…

- Il était assez grand pour faire partie des troupes de Snoke durant la bataille de Korriban.

Il était de plus en plus distant et glacial. A nouveau, Fénide eut le sentiment qu'il lui glissait entre les doigts, après avoir cru le tenir, enfin. Mais cette fois, ce n'était plus seulement sa fierté ou son orgueil qui était en jeu : c'était la vie de son jeune frère.

Oubliant toute dignité, elle se jeta au pied de Kylo Ren, se saisit de la main qu'il avait abandonnée sur l'accoudoir et serra de toutes ses forces en pleurant.

- Par pitié, Majesté! Ne lui faites pas payer les erreurs de mon père. Snoke l'avait obligé à rejoindre ses rangs. Il se méfiait de tous les nobles qui n'avaient pas pris parti dans sa guerre contre la Reine Leia. Mon père était l'un de ceux-là. Ma famille n'a jamais pris les armes contre la vôtre…

- Jusqu'à moi… Et dans quel camp était-elle lorsque Leia renversa son propre père ?

Fénide tremblait. Pour la première fois, elle ne trouva rien à répondre. La perversité de cet homme était sans limite.

- Je me doute bien que vous et les membres de votre famille êtes trop malins pour vous battre contre qui vous n'avez pas l'avantage. Mais si un rival ou un autre parti se présentait, votre neutralité pourrait se mettre à flancher. Vous comprendrez qu'un homme dans ma position doit prendre certaine précaution...

- En ce cas, prenez-moi à sa place ! Je vous suivrai comme une ombre… Je serai l'otage la plus complaisante qui soit…

- Oh ! je n'en doute pas un seul instant. Mais vous en faites déjà bien assez.

Il se libéra de son emprise et se replongea dans l'étude de ses cartes.

- Allez faire part de notre arrangement à votre père et votre belle-mère. Dites à votre frère qu'il a jusqu'au matin pour rassembler ses effets. Inutile qu'il s'encombre de serviteur ou de garde-du-corps. Mon escorte est bien assez fournie.

- Sire… Ne nous épargnerez-vous rien... ?

Kylo Ren consentit à lui accorder un dernier regard. Fénide avait le visage baigné de larmes – non feintes, semblait-il– et ses lèvres tremblaient. On aurait dit que le monde venait de s'effondrer autour d'elle.

- Notre prochaine étape est le fief des Frak. Si votre belle-mère souhaite faire des adieux plus longs à son fils, elle peut nous y accompagner. Vous pouvez disposer.

Fénide aurait voulu riposter, trouver une réplique, un argument… Si Bérid avait été là, il aurait su quoi répondre, quoi faire… Que ne l'avait-elle écouté !

« Je ne pense pas qu'il soit disposé à se laisser « guider »… Prends garde ou tu pourrais bien t'y briser les reins… »

Elle avait mis ses paroles sur le compte de la jalousie. A présent, elle en mesurait toute la lucidité. Non, définitivement, Kylo Ren n'était pas un homme ordinaire.


Le soleil se levait timidement à l'horizon, quand Rey rejoignit le reste de l'escorte royale dans la cour d'honneur. Elle avait à peine dormi durant la nuit, bien trop préoccupée par les évènements. En plus, seule dans cette grande chambre, sans Bibi pelotonnée contre elle, ni la présence de Ben à quelques pas, elle ne se sentait pas rassurée. Elle avait été tentée de rejoindre Finn à la salle des gardes, mais y avait renoncé. Après ce qu'ils avaient fait, moins on les verrait ensemble, mieux cela vaudrait.

Elle évita encore de passer près du jeune homme pour rejoindre sa monture. Sa petite jument à laquelle elle avait fini par s'attacher. Avoir au moins un être familier près d'elle était réconfortant. Surtout maintenant que Bibi avait repris la route avec son vrai maître.

Elle chercha des yeux Kylo Ren et s'étonna de ne pas le voir. Comme il n'était pas venu la rejoindre dans ses appartements cette nuit, elle avait supposé qu'il supervisait l'organisation du départ. Depuis le temps qu'elle le côtoyait, Rey avait compris que le Roi Sith supportait mal l'inaction. D'autant plus lorsqu'une situation le contrariait. Et après les évènements de la veille, elle voyait mal comment Kylo Ren aurait pu rester inactif.

Qu'est-ce qui pouvait bien le retenir ? Devait-elle s'attendre à le voir débarquer avec la tête de lord Yama dans un sac ?

A son grand soulagement, Ben finit par se montrer. Flanqué de Lady Yama Henice et du jeune Pyrcel Yama, qui avaient tous les deux leurs chefs solidement arrimés à leurs épaules. L'escorte des chevaliers de Ren les suivaient docilement. Quelques pas plus loin, Lord Yama Usaï et Lady Fénide fermaient la marche.

Rey observa avec étonnement la mère et le fils enfourcher leurs montures, sous le regard impassible du reste de la suite. Kylo Ren les imita et prit la tête de la colonne. Il n'y eut aucun geste d'adieu, aucun regard d'affection entre Lady Henice et son époux ou entre le père et le fils. Pyrcel se tourna brièvement vers sa sœur, Fénide. Mais un discret coup de talon de sa mère le ramena vers l'horizon. Suivant le mouvement, ils quittèrent le manoir sans plus un regard en arrière.


Le voyage jusqu'au fief des Frak se déroula dans le calme, sans incident majeur. En s'éloignant du domaine de son père, le jeune Pyrcel parut sortir un peu de sa coquille. Il osa échanger quelques mots avec les gardes de la suite et les chevaliers de Ren. Même s'il n'osait jamais s'adresser directement au Roi ou seulement croiser son regard. Lady Henice, comme à son habitude, demeurait drapée dans sa dignité hautaine : droite sur sa monture comme une statue de marbre. En bonne dame sith, elle était une cavalière émérite, bien qu'elle n'éprouvât pas le besoin de défier Kylo Ren ou n'importe qui d'autre à la course. Elle paraissait aussi sûre d'elle que si elle s'était trouvée chez elle, au milieu de ses serviteurs. Si elle éprouvait de la crainte pour elle ou pour son fils, du fait d'être seuls, pris en otages au milieu d'étrangers, elle n'en laissa rien paraitre.

Mais plus la troupe se rapprochait du domaine de ses ancêtres, plus on voyait apparaitre une certaine tension dans ses épaules et son regard. Kylo Ren en particulier nota ce détail. En général, c'était l'attitude des capitaines les plus aguerris avant de monter à l'assaut. Ce constat éveilla en lui une certaine alarme. Il voulut sonder l'esprit de la noble dame mais il ne tarda pas à s'apercevoir que, comme Lord Frak quelques semaines plus tôt, elle savait parfaitement clôturer son esprit.

A bien y réfléchir, Kylo trouva ce voyage particulièrement morose et tendu. Il en vint même à regretter de ne pas avoir emmené Lady Fénide, histoire qu'elle anime un peu le trajet avec ses œillades et ses piques habituelles. Même Rey paraissait tendue et d'humeur maussade. Depuis leur départ, la jeune femme n'avait pas dit un mot. Elle chevauchait deux rangs derrière lui, les yeux baissés, se contentant de suivre le mouvement. Le paysage semblait la laisser indifférente, elle qui d'ordinaire était plus épanouie dans les grands espaces.

Durant toute la chevauchée, Kylo dut résister contre l'envie de se tourner vers elle. Le souvenir de son rêve de la nuit dernière hantait encore son esprit. Bien qu'il ne lui en restât que des images imprécises, il persistait cependant cette sensation obsédante de complétude et d'assouvissement. Il avait fui le sommeil, puisque ses songes l'entrainaient irrémédiablement vers la jeune femme. Surtout vers son corps et la curiosité de l'explorer plus en profondeur.

Mais après cette nuit de veille, et ce malgré des préoccupations d'ordre plus politique qui pesaient sur sa conscience, la tentation de rapprocher son cheval du sien, pour juste profiter de sa proximité et ne pas céder au besoin de poser ses mains sur elle ou de sentir le parfum de ses cheveux…

Décidément, la visite au bordel n'avait eu qu'un effet très limité. Tant que son désir de la posséder ne serait pas étouffer, mieux valait qu'il se tienne à l'écart de Rey. Bien que la distance entre eux lui soit aussi pénible que la sensation d'être écartelé.

Enfin, au grand soulagement de Kylo, le manoir des Frak apparut à l'horizon, juché sur une petite colline. La demeure n'était pas plus ni moins imposante que celle des Yama. L'entrée de la troupe ressembla à une répétition de la cérémonie d'accueil qui s'était déroulée au manoir Yama.

Dans la cour d'honneur deux rangs de gardes et de domestiques accueillirent leur arrivée. Tandis qu'au pied des marches de l'escalier se tenait Lady Frak : une femme d'un âge vénérable, à la longue chevelure d'argent, soigneusement peignée et nouée en une longue tresse compliquée, dont pas un cheveu ne dépassait. Elle avait la mâchoire étroite,un nez aquilin, ses lèvres pincées ne formaient guère plus qu'un trait horizontal au-dessus de son menton pointu. Son visage ridé était un masque sévère et froid, qui n'exprimait ni contentement, ni contrariété. Ses yeux ternes ressemblaient à deux cailloux coincés dans la fente de ses paupières.

Avant même de lui avoir adressé la parole, Kylo la trouva antipathique. Alors qu'il descendait de sa monture, toujours entouré de ses chevaliers, Lady Henice avait sauté de sa jument et s'était précipitée aux pieds de sa mère, s'agenouillant humblement sur le gravier immaculée.

- Mère, prononça roidement la noble dame, c'est toujours un honneur d'être reçue chez vous.

Lady Frak baissa les yeux vers sa fille avec autant de considération qu'elle en aurait eu pour un moustique qui lui aurait piqué la main.

- Par la Force, Henice, comme vous voilà négligée ! jeta-t-elle à la face de son interlocutrice.

- Pardon, mère, répondit humblement l'interpelée. La route a été particulièrement poussiéreuse et par souci de ne pas vous faire attendre, nous avons hâté le pas…

- Est-ce votre robe qui a rétréci au lavage ? continua Lady Frak sans paraitre se soucier le moins du monde des explications de sa fille. Ou bien vous avez encore grossi, Henice ?

Avant que Lady Yama ne trouve quoi répondre, Kylo Ren s'avança à son tour vers leur hôtesse. En bonne maîtresse de maison, celle-ci lui fit une révérence courtoise.

- C'est donc vous Kylo Ren, lança-t-elle ensuite au Roi.

- En effet, répondit prudemment ce dernier.

- Le petit-fils de Dark Vador… Vous ne lui ressemblez pas.

Elle avait lâché cette affirmation avec un tel aplomb que Kylo lui-même en fut désarçonné.

- Mère, cette époque remonte à plus de cinquante ans, tenta de corriger Lady Henice, avec ce qui ressemblait bien à un semblant de panique dans la voix. Votre mémoire vous fait sans doute défaut…

- Sottise ! Ou n'oublie pas facilement un visage comme le sien. Vador était blond comme les blés. Je crois même me souvenir qu'ils ont vite blanchi après ses trente ans. C'était à la mort de la Reine, il me semble…

- Vous étiez proche de Dark Vador ? demanda Kylo en essayant de ne pas paraître trop curieux, ni trop surpris.

- J'avais tout juste seize ans, lorsque votre grand-père a pris le trône au seigneur Dark Sidious. Mon défunt mari a pris parti pour lui lors du conflit. J'ai été sa récompense pour cela.

- Je vois…

- C'était aussi pour Vador une manière de se venger de père. Lui avait refusé de soutenir son putsch. Il estimait qu'un ancien Jedi, un étranger au Clan qui plus est, n'avait pas sa place sur le trône. Ca lui a coûté sa tête.

Kylo Ren resta sans voix face au culot incroyable de cette femme. A côté de lui, Lady Henice avait de plus en plus de mal à conserver son vernis de calme et de placidité. Ce fut le moment que choisit Pyrcel pour venir saluer sa grand-mère.

- Que faîtes-vous ici, vous ? lança Lady Frak. Henice pourquoi ce garçon n'est pas sur les terres de son père ?

- Sa Majesté s'est pris d'affection pour Pyrcel, il a demandé à mon mari de laisser notre fils l'accompagner dans sa tournée d'inspection…

Henice glissa un regard éloquent à Kylo Ren, le suppliant tacitement d'adhérer à cette version des faits. Kylo, ne tenant pas à donner à cette vieille harpie des raisons supplémentaires de cracher son venin, abonda dans son sens.

- Vraiment… ? J'aurais préféré que vous trouviez le moyen de convaincre Bérid de vous accompagner. Voilà dix mois qu'il n'est pas venu sur ses terres. Il est sensé en être le suzerain et il n'est jamais là. C'est moi qui continue d'administrer ce fief, alors qu'il devrait avoir pris mon relais depuis quinze ans.

- Bérid est très pris par les affaires du Clan…

- Taratata ! Il n'y a pas assez de courtisans désœuvrés à la cour de Korriban pour qu'il doive tout faire lui-même. N'avez-vous pas des hommes capables dans la bande de mercenaires qui vous sert de chevaliers ?

Elle s'était tournée franchement vers Kylo Ren pour lui poser la question. Ce dernier sentait le sang affluer à ses oreilles. Ses doigts, serrés sur le pommeau de son épée, le démangeaient. Après avoir pris en otage le fils de Lady Henice, allait-il vraiment devoir éventrer sa mère sous ses yeux ?

- Mère, intervint alors la noble dame. Nous avons fait une longue traversée. Pouvons-nous nous rafraichir avant de poursuivre cet entretien ?

Lady Frak considéra la demande de sa fille, puis les serviteurs qui finissaient de décharger les bagages.

- Soit, dit-elle. Henice, tu n'as qu'à prendre ton ancienne chambre. Sire, je vous ai réservé celle de mon fils, le supposé maître des lieux. Puisque que ce dernier ne daigne jamais y séjourner, ce rôle vous revient après tout.

- Vous êtes trop aimable, ma Dame.

Kylo ne desserra pas la mâchoire, tandis qu'il gravissait les marches derrière son hôtesse. Lady Henice, à ses côtés, était aussi tendue qu'un arc. Pyrcel, qui aurait visiblement tout donné pour se trouver ailleurs, marchait modestement trois pas derrière eux. Les chevaliers de Ren suivirent leur maître. Quant à Rey, comme elle supposait que Ben aurait besoin de ses services, comme au manoir des Yama, elle emboita le pas au groupe, discrètement.


De l'intérieur, la demeure des Frak paraissait bien plus ancienne et accusait le poids des ans. Les pierres étaient noircies par la suie des torches. Les couloirs étaient étroits, peu commodes, et manquaient de lumière. Les fenêtres étaient étroites et laissaient passer les courants d'air. Les vieilles tapisseries accrochées aux murs étaient usées aux quatre coins et leurs couleurs avaient passé.

- Les Frak comptent parmi les familles les plus anciennes du Clan, raconta Lady Frak à KyloRen, tandis qu'elle les faisait déambuler lui et sa suite à travers une galerie de l'étage noble, donnant sur la cour d'honneur. Il y avait un Frak qui servait le seigneur AjuntaPall, lors de la fondation de Korriban. Les Frak ont toujours été des serviteurs loyaux de la Force. Lorsque Dark Vador s'est rebellé contre Dark Sidious, après avoir été adopté par le Clan, mon défunt mari y a vu la volonté de la Force. Il a aussitôt rejoint ses rangs. C'est sûrement la décision la plus sage qu'il ait jamais prise de sa vie. Pour le reste, c'était un parfait imbécile. Mais la Force ne lui a jamais fait défaut, jusqu'à ce qu'il tombe dans un ravin lors d'une partie de chasse.

Lady Frak avait le talent de narrer les exploits et les échecs de sa lignée sans jamais laisser transparaître la moindre émotion.

- Je ne pense pas que mon époux n'ait jamais eu à se plaindre de moi. Sous le règne de Dark Vador, j'ai mis au monde huit enfants : trois filles et cinq garçons. Aujourd'hui, il ne me reste plus qu'un fils éclopé pour héritier et une fille que j'ai eu la stupidité de marier à un dégénéré dont la famille a perdu la maîtrise de la Force depuis des décennies. Si j'avais pu me douter que mes autres filles mourraient avant de me donner des petits-enfants, je n'aurais pas laissé Henice mêler son sang à celui de cet imbécile d'Usaï Yama. C'était pourtant la moins robuste…

Tandis que la vénérable Dame les guidait dans le dédale de sa demeure, elle continua de commenter la dégénérescence du clan, de sa famille et de la progéniture de sa fille en particulier.

Au détour d'un couloir, Kylo osa se tourner discrètement vers la susnommée pour lui demander :

- Est-elle toujours ainsi ?

- Autant vous y faire tout de suite, répondit placidement Lady Henice. Elle n'en est encore qu'aux échauffements…

Marchant à bonne distance derrière le groupe, Rey n'entendait qu'une version parcellaire des commentaires de la maîtresse du manoir. Désœuvrée, la jeune écuyère essayait de mettre à profit cette petite visite guidée pour tenter de mémoriser l'agencement de la demeure. Si elle pouvait éviter de se perdre dans ce labyrinthe, ça lui épargnerait peut-être des aventures désagréables.

Enfin, ils arrivèrent devant les appartements destinés au Roi. C'était une chambre spacieuse, avec tout le confort nécessaire et des fenêtres offrant une vue magnifique sur la vallée. Kylo Ren fit un tour rapide du propriétaire, chargea Daeron de faire monter ses bagages, demanda à ce qu'on lui monte à manger et qu'on lui fasse couler un bain.

Lady Yama parvint à convaincre sa mère de se retirer avec elle et Pyrcel, afin qu'elle montre à son petit-fils ses appartements. Au grand soulagement de Kylo Ren.

D'un signe, les chevaliers, restés dans la chambre, se regroupèrent autour de leur Roi. Ce dernier prit place au centre du cercle et commença à donner ses instructions.

- Bien, nous devons retenir les leçons de ce qui s'est passé au manoir des Yama. Je veux qu'il y ait toujours un garde à la porte des appartements de Pyrcel Yama. Hors de question que cet otage nous glisse entre les doigts comme Poe Dameron. Si c'était le cas, j'en tiendrai chacun de vous responsable.

Les chevaliers hochèrent la tête de concert. Conscient que chaque recommandation était autant d'avertissement.

- J'ai fait envoyer des missives à Imaze, hier soir. Il doit nous envoyer un supplément de troupes. Plus nous nous éloignons de Korriban, plus nous serons isolés au milieu des seigneurs du Clan. Il faut faire démonstration de notre force, afin d'étouffer dans l'œuf toute velléité de révolte. Surveiller aussi l'arrivée du courrier, des allées et venues au fief de Lady Frak.

- Et pour Lady Frak elle-même, que doit-on faire ? demanda Enor.

Kylo Ren marqua une pause, sembla hésiter.

- Cette vieille bique est insupportable, lâcha-t-il dans un soupir. Mais elle est trop franche pour être une comploteuse redoutable.

- A moins qu'elle cache bien son jeu, commenta Sen-Adge. N'oubliez pas qu'elle a élevé Lord Frak et Lady Henice. Les chiens ne font pas des chats.

- En effet… Gardons un œil sur elle. Mais restez discrets. Evitons l'affrontement direct, tant que ça n'est pas absolument nécessaire.

Les chevaliers comprirent que la réunion était terminée. Ils rompirent le cercle et chacun quitta les appartements royaux pour vaquer à ses occupations.

Rey, qui était restée en retrait dans un coin de la pièce, s'avança vers Ben. Des serviteurs arrivèrent avec une grande cuve en métal, du linge blanc et de quoi faire bouillir de l'eau. Les vêtements du Roi étaient couverts de poussière. Il en avait jusque dans les cheveux. Si Rey avait osé, elle aurait glissé sa main dans cette tignasse sombre et épaisse pour en chasser la saleté. Ben avait transpiré durant sa chevauchée et l'odeur musquée de sa peau flottait jusqu'à ses narines. Elle se sentit fébrile et impatiente, soudain.

Ses yeux tombèrent alors sur Naïs, le Zabrak. Le regard qu'il lui lança lui glaça le sang. Depuis la fois où elle l'avait humilié dans l'arène de Korriban, ils ne s'étaient plus trouvés en présence l'un de l'autre.

Elle s'attendait à ce qu'il parte, pour la laisser seule avec Ben. Mais à son grand déplaisir, le Zabrak n'esquissa pas un geste pour sortir.

- Rey…

On aurait dit que Ben venait de remarquer sa présence.

- Va aider le jeune Pyrcel, ordonna-t-il.

Rey eut l'impression qu'on venait de lui vider un seau d'eau froide sur la tête.

- Mais… Vous n'allez pas avoir besoin de moi ?

- Naïs pourra s'en charger. Je veux que tu gardes un œil sur notre… protégé.

Le sourire triomphant du Zabrak ne plut pas à Rey. Mais alors pas du tout. Depuis des semaines, Ben ne tolérait aucune autre présence que la sienne dans son intimité. Et voilà qu'il l'envoyait faire la nounou pour le frère de Lady Fénide. Voulait-il la punir de quelque chose ? Avait-elle fait quelque chose pour le contrarier ? En dehors de ce qu'il n'était pas supposé savoir…

- Rey, tu devrais te dépêcher.

Comprenant qu'elle ne devait pas discuter, elle quitta la chambre, un nœud au fond de l'estomac.


Voilà… laissez une petite review pour donner vos impressions, ça aide toujours à trouver l'inspiration ;)