Bonjour ! Désolée pour cette longue attente T-T Qui s'explique par un emploi du temps chargé de mon côté comme de celui de Shima-chan. En fait, la pauvre a tellement de boulot, qu'elle n'a malheureusement pas pu s'occuper de la correction du chapitre. J'ai donc dû me relire moi-même, c'est pourquoi j'implore votre indulgence pour les fautes qui on put passer entre les mailles de mon filet. ^^'

Voilà, voilà...

Sinon, dans ce chapitre, nous n'aurons pas beaucoup d'actions. On va encore beaucoup parler intrigues politiques et sentimentales, se pencher un peu sur la diplomatie extérieure et sur le passer de nos protagonistes secondaires. Histoire que vous compreniez bien les enjeux qui se tordent entre les différentes factions : les Rebelles, les Sith et Kylo Ren. Si c'est pas clair, n'hésitez pas à me le dire en commentaire. ;)

Vronik : Pour ce qui est de la pression, on peut dire qu'ils sont gâtés de ce côté, nos deux tourtereaux. ;)

NoChaDaiSAlamander : Merci pour ta patience. J'ai conscience que dans mon cas, elle doit être mise à rude épreuve. Oui, je comprend que Phasma te fasse penser à Brienne. Forcément, elles ont la même interprète et sont toutes les deux des femmes-chevaliers. Mais autant Brienne est quelqu'un d'altruiste et de loyale, autant Phasma ne pense qu'à sa gueule.

Lilou 007 : hIHIH… Le jeu du chat et de la souris devrait durer encore un petit moment. Mais attention, ce n'est pas parce qu'ils ne se sont pas encore "concrètement" sauté dessus, il n'y a pas de passages chauds bouillants. ^^'

x-Beautiful Blass-x : J'espère que cette suite est à la hauteur de tes attentes. :s

HelaStark : J'avoue, Lady Frak est un défouloir pour moi. Elle est odieuse au possible mais personne ose la remettre à sa place comme c'est une petite vieille. Tu as raison de songer au rapprochement entre Rey et Pyrcel, mais il n'y aura rien de romantique entre eux. Et Kylo ne voit définitivement pas en Pyrcel une menace, sinon il n'aurait jamais permis que Rey s'occupe de lui.

Cara: Pour répondre à tes questions :

Kylo a promis à Rey de la former pour qu'elle soit une combattante accomplie et pour lui ça passe aussi par le fait d'être capable de tuer un adversaire sans remord. Et aussi parce qu'il sait qu'avec la vie qu'ils mènent, elle peut être un jour amenée à devoir se défendre contre des gens qui voudront la tuer. Il veut être sûr qu'elle soit capable de s'en sortir, même s'il n'est pas là pour la protéger ;)

Daeron est loin d'être un idiot. Il a bien vu que Kylo traitait Rey différemment des autres et il se doute que ce ne sont pas seulement ses talents de guerrière qui l'intéresse (^^').

Tu as raison dans le sens où Naïs a une relation très forte avec Solak. Mais c'est une relation fraternelle avant tout. Ils ont grandi ensemble dans des conditions difficiles et se sont toujours serré les coudes. Ils tiennent énormément l'un à l'autre, mais il n'y a aucune tension romantique entre eux. Pour ce qui est de Kylo, Naïs éprouve de l'admiration pour lui, mêlé à une forte attirance érotique. Cependant, et même si Daeron et les autres chevaliers aiment bien le taquiner avec ça, il a parfaitement conscience que cette attirance est à sens unique. Il ne s'attend pas un seul instant à ce que Kylo lui rende la pareille. Mais ça ne l'empêche pas d'être un peu jaloux. Et clairement, voir Rey récupérer les faveurs de Kylo, ça le met hors de lui.

J'essaie de faire intervenir les autres chevaliers dans l'intrigue au fur et à mesure. Mais je les connais pas encore tous très bien. Alors je dois faire en fonction de ce qui est utile à l'histoire. :)


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Secrets et indiscrétions

Cloitré dans ses appartements, Kylo relisait les dernières missives envoyées par Imaze. Principalement des réponses des nations voisines, au sujet de son appel à s'allier au Clan. Pas les plus puissantes évidemment. Des contrées et des petites principautés qui, craignant de se faire écrasées par ce nouveau Roi – jeune, belliqueux et en pleine soif de reconnaissance -, renouvelaient leur allégeance et leur soumission au pacte qui avait été signé sous Snoke et assuraient qu'elles ne comptaient en rien discuter les accords – tribus, laissez-passer pour les armées sith, liens commerciaux privilégiés… - qui avaient été arrachés souvent au fil de l'épée par le Géant Chenu.

Kylo n'était pas vraiment surpris de ces réactions, même si elles le laissaient un peu perplexe quant aux relations qu'il pourrait entretenir avec ses voisins. Il s'inquiétait plus du silence des royaumes indépendants, tel qu'Alderaan, Coruscante ou Mandalore. Des états puissants qui, s'ils refusaient de s'allier avec lui, risquaient de devenir des rivaux encombrants hors des frontières du Clan.

Car le jeune Roi avait bien conscience que ses ennemis l'attendaient au tournant aussi bien sur sa politique intérieure que ses relations à l'extérieur. Il avait désespérément besoin que les Royaumes voisins le reconnaissent comme souverain légitime. Maintenant plus que jamais, avec l'instabilité qui régnait dans les esprits des Sith. Et cette Rébellion d'indigents aux ramifications obscures qui venait s'ajouter à la liste de ses opposants, pour saper un peu plus son autorité. Si Kylo Ren avait été d'une nature plus optimiste, peut-être aurait-il trouvé dans cette accumulation d'inconvénients de bonnes raisons de prendre ses jambes à son cou.

Heureusement, il était fataliste avant tout. Qu'importe les obstacles qui se dresseraient sur sa route : si la volonté de la Force était qu'il réussisse, rien – pas même une galaxie toute entière – ne pourrait faire obstacle à son dessein. Si son destin était d'échouer, alors qu'importait l'amour ou la haine de ses sujets, puisque ni l'un ni l'autre ne l'empêcherait de tomber.

Pour tenter de se distraire de ses sombres pensées, Kylo avait entrepris de comparer les portraits miniatures des prétendantes au mariage qu'Imaze lui avait fait parvenir. Aucune ne représentait de candidate sérieuse. Leurs royaumes ou leurs comtés étant bien trop modestes pour prétendre à une alliance. Mais c'était toujours amusant de voir ce qui était disponible sur le marché.

Kylo avait d'abords étudié la qualité formelle des œuvres – dessins, peintures ou gravures - et essayé de trouver des styles différents à leurs auteurs. Il n'y connaissait strictement rien en art, mais il avait eu l'occasion de constater, dans les contrées qu'il avait pu visiter, le prix que certains souverains étaient prêts à débourser pour qu'on les peigne sous un jour favorable.

Ensuite, il essaya de déterminé si la manière dont les modèles étaient représentés était sensée être une image fidèle de la réalité, ou exprimé un idéal de beauté propre à émoustiller l'intérêt de leur destinataire.

Si c'était bien cette dernière intention qu'avaient poursuivie les artistes, force était de constater qu'ils avaient manqué leur cible. Certes, les sujets n'étaient à proprement parler désagréables à regarder. Mais Kylo leur trouvait un air tellement fade ! Leurs regards étaient froids, leurs visages sans expressions. Impossible de dire si, au moment de prendre la pose, les modèles avaient ressenti la moindre émotion ou si elles se contentaient d'arborer un air niais toute la journée.

Est-ce que paraitre sans émotion était un critère de beauté dans la noblesse ? Y avait-il d'ailleurs des critères spécifiques pour les aristocrates ?

Par le passé - lorsqu'il était encore officiellement prince du Clan -, on lui avait dit que sa mère était belle. Mais les gens confondaient souvent beauté et noblesse. Une princesse laide, ou seulement quelconque, ça ne pouvait pas exister. Il avait bien fallu que Leia ait quelques charmes cependant, pour que Han Solo perde la tête – au sens propre comme au figuré – pour elle.

Il était souvent arrivé à Kylo Ren de ne pas s'expliquer que des dames de cour – auxquelles il n'auraient même pas envisagé d'adresser la parole, lorsqu'il était encore un simple mercenaire – hautaines et désagréables, aient à leurs pieds foule de prétendants, que des poètes ou des chanteurs louent leurs charmes et leur beauté alors que lui les auraient plutôt trouvés repoussantes. Et qu'inversement, des filles du peuple tout à fait avenantes étaient dédaignées par ses mêmes poètes qui méprisaient leur vulgarité et leur absence d'orgueil. Kylo en venait parfois à douter de son propre jugement sur la beauté féminine.

- J'ai une préférence pour la blonde.

Kylo sursauta. A sa droite, debout près du fauteuil, Rey était penchée par-dessus son épaule et lorgnait sur les portraits qu'il examinait.

- D'où sors-tu ? s'exclama Kylo.

- Du couloir, répondit Rey avec un sourire espiègle.

- Je ne t'ai pas entendue entrer.

- Daeron dit que je dois m'entrainer à être plus furtive. Dans un affrontement, l'effet de surprise est primordial.

Ren commençait à se demander si mettre Rey entre les mains Daeron était une si bonne idée. Un diamant brut comme elle, allait devenir une arme redoutable une fois taillé par un maître comme lui. Et elle risquait fort de se retourner contre son Roi.

- Je ne t'ai pas fait appeler, s'agaça-t-il. Tu devrais être en train de surveiller Pyrcel Yama.

- Il lit sagement dans sa chambre. Ca fait pratiquement deux jours qu'il n'en sort pas. Franchement, espionner ce pauvre garçon est une perte de temps. Il est sage comme une image…

Imperceptiblement, les mains de Rey lâchèrent le dossier du fauteuil auquel elle s'appuyait et vinrent frôler ses épaules. Pour une fois, Kylo Ren avait abandonné sa cotte de maille et son pourpoint en cuir bouilli. Il ne portait qu'une chemise de coton noir. Les doigts de Rey survolèrent ses muscles comme des ailes de papillons. Mais ce fut suffisant pour le faire se raidir.

- Vous êtes tendu, Sire, fit-elle remarquer.

Elle posa à plat ses paumes sur ses trapèzes. Il fut tétanisé. Comme si tout d'un coup un serpent s'était enroulé autour de ses épaules. Et quand elle enfonça ses pouces dans ses muscles, une chaleur se réveilla dans son bassin.

Rey émit un claquement de langue réprobateur.

- Evidemment, si je ne suis pas là pour vous surveiller, vous ne prenez pas soin de vous.

Elle fit mouvoir ses doigts en de petits cercles étroits et la pression dans le bas-ventre de Ren s'accentua.

- Je parie que Naïs néglige de couper votre vin avec de l'eau, qu'il ne sait pas comment ajuster votre cotte de mailles pour qu'elle épargne votre dos, ou à quelle température vous préférez l'eau de votre bain…

Tout en parlant, elle faisait glisser ses mains vers son crâne, à la naissance de ses cheveux. Par des petits cercles concentriques, à la pression soigneusement étudiée, elle remonta encore vers ses oreilles. Kylo s'alarma à la sensation de ses chausses devenant plus étroites et inconfortables. Il se saisit vivement des poignets de Rey.

- Qu'y a-t-il ? demanda celle-ci.

Kylo inspira profondément. Il devait calmer son désir, avant que celui-ci ne déborde comme du lait oublié sur le feu.

- Arrête ça, articula-t-il.

- Pourquoi ?

Parce que je ne réponds pas de ta vertu si tu continues, se garda-t-il de dire.

- Juste… enlève tes mains.

Rey obéit. Mais ce fut pour contourner le fauteuil et se planter face à lui. Elle avait l'air contrarié : dardant sur lui ses yeux bruns, brillants de tristesse et les joues rougissantes.

- Suis-je répugnante à ce point ?

- Comment ?

Effaré, Kylo la vit s'agenouiller devant lui, tout en saisissant sa main.

- Pourquoi me repoussez-vous de la sorte ? Qu'ai-je fait de si abject pour que vous ne supportiez plus de m'avoir en votre présence ?

Elle avait rapproché sa bouche de ses doigts. Kylo avait l'impression de pouvoir sentir son souffle contre ses phalanges, à travers le cuir des gants qu'il n'avait pas quitté. Cette sensation, associé au spectacle de la voir ainsi suppliante et désarmée, mettait le comble à son émoi.

- Pitié, Sire… Ben… Mon Roi…

Disant cela, elle embrassa le cuir.

- Dites-moi comment regagner votre estime…

N'y tenant plus, Kylo captura son visage entre ses mains. Il l'attira contre lui, l'obligeant à se redresser puis à s'assoir sur ses genoux.

- Tu n'es coupable de rien, dit-il, en la tenant serrée contre lui. Le seul être abject ici, c'est moi.

- Que voulez-vous dire ?

- Je… je te désire… à un point… que tu n'imagines même pas… C'est pour te protéger de mon propre vice que j'essaie de t'éloigner.

Il sentit contre lui Rey soupirer, comme un cri qu'elle aurait cherché à étouffer.

C'est fini, se dit-il. Elle va s'enfuir à présent. Et je n'ai aucun moyen de la retenir… Pas sans l'enfermée ou l'enchainée…

Mais au lieu de cela, une main caressante passa dans ses cheveux. Des bras se nouèrent autour de son cou, enfouissant ainsi le visage de Kylo Ren dans le giron de la jeune femme.

- Je n'ai pas besoin que tu me protèges, murmura-t-elle contre sa joue. J'ai besoin… que tu me touches…

Elle était assise à califourchon sur ses cuisses, une jambe de chaque côté de ses flans. Elle dardait sur lui ses yeux noisette, aussi ardents qu'une flamme au milieu de l'hiver.

- Tu n'as qu'un mot à dire, murmura-t-elle, et je suis à toi pour toujours.

Sa tunique, trop grande, était entrebâillée. Entre les pans de tissu matelassé, Kylo pouvait distinguer la blancheur cuivrée de sa peau et la rondeur de son sein.

- Tu ne te rends pas compte… soupira-t-il. Tout ce que je touche, je le transforme en cendres.

Rey prit sa main droite dans les siennes. Avec des gestes doux et tendres, elle en tira le gant de cuir noir. Kylo la regarda faire. Hypnotisé. Lorsque la chaleur de leurs paumes entrèrent en contact, il sentit son cœur s'accéléré. Les doigts de Rey étaient minuscules et paraissaient si fragiles entre les siens. Il les regarda l'attiré vers sa tunique, glisser sous son vêtement et le poser sur son sein. La rondeur de son mamelon épousait parfaitement le creux de sa paume. A croire qu'ils avaient été modelés pour se fondre ensemble.

- C'est chaud, commenta Rey d'une voix douce. Mais ça ne me brûle pas…

La douceur et le velouté de sa peau contrastait avec la rugosité de sa main calleuse. Kylo palpa son sein doucement, en apprécia la fermeté et la souplesse. Son pouce taquina la pointe qui durcissait sous ses caresses. Il sentait contre sa tête le souffle de Rey balayer ses cheveux. Sa gorge, à hauteur de ses yeux, palpitait au rythme de sa respiration profonde. Il posa sa bouche contre elle. Elle avait le goût du sel et de l'eau.

Rey laissa échapper un soupir. Elle écarta un peu plus l'ouverture de sa tunique, laissant Kylo lui empoigner les seins, les palper et les faire tourner entre ses grandes mains. Elle prit aussi son visage en coupe et l'attira dans un baiser. C'était elle qui prenait l'initiative de leur étreinte et Kylo préférait qu'il en soit ainsi.

S'il devait prendre les choses en main, il risquait de la blesser, tant son désir d'elle était puissant et incontrôlable. Mieux valait que ce soit elle qui le guide.

Mais du contrôle, il n'allait pas tarder à en manquer, lorsque les mains de Rey défirent les lacets de son pantalon et commencèrent à fouiller à l'intérieur. Au moment où son pénis en érection fut libéré de son carcan de tissus, ce fut comme si Rey avait ouvert la cage d'un fauve.

Kylo la souleva par les hanches comme une poupée et l'assit sans douceur sur le bord de la table. Relevant les jambes de Rey, il cala ses chevilles sur ses épaules. La jeune femme l'aida à tirer sur ses braies pour dénuder sa croupe. Ils se retrouvèrent tous les deux calés contre la table : elle, les fesses à l'air, les jambes relevées, le bas de son vêtement coincé au niveau des genoux, tandis que lui se tenait au-dessus d'elle, presqu'entièrement habillé à l'exception de son pénis qui frottait contre ses lèvres humides, comme pour en quémander l'entrée.

Il eut presque honte de la prendre ainsi : précipitamment, sans prendre le temps, sans d'abords essayer de la mettre plus à l'aise, de trouver une position plus confortable… Mais il avait un tel besoin de la sentir autour de lui…

Rey gémit quand il s'enfonça en elle.

Seigneur, elle était si étroite ! Et chaude en même temps. Douce et accueillante…

Il tendit le bras pour lui caresser le visage. Il écrasa une larme au coin de sa joue. Il aurait voulu se pencher pour l'embrasser, mais les jambes de la jeune femme, entravées par ses braies, gênaient ses mouvements. Lorsqu'elle parut moins souffrir de sa présence en elle, Kylo entama un lent va-et-vient. Le haut de ses cuisses vint se frotter contre les fesses rebondies de son écuyère. Rey gémissait, s'accrochait aux rebords de la table, accompagnait ses coups de reins. Elle était juste parfaite, serrée autour de lui comme un fourreau étroit. Leurs deux corps s'imbriquaient si bien ensemble. A croire qu'ils avaient été taillés sur mesure l'un pour l'autre.

Las de la distance qui les séparait, Kylo tira sur les braies de Rey pour les lui retirer complètement. Il se retira d'elle également – non sans qu'elle pousse un geignement de protestation -, la fit descendre de la table avant de la retourner, pour la faire plier, avant de se refondre en elle.

Dans cette position, il pouvait coller son torse à son dos, enfouir son visage contre sa nuque, sentir l'odeur de ses cheveux. Ses mains solidement arrimées à ses hanches, il pouvait accentuer la profondeur de ses mouvements. Ses reins tapaient contre les fesses de Rey à un rythme régulier, résonnant d'un claquement humide, obscène et excitant.

Rey haletait et lui suffoquait, encore emprisonné dans ses vêtements. Trop de vêtements et pas assez de peau…

Un tambourinement à la porte le tira alors de son sommeil.

Kylo Ren se redressa brusquement sur son siège. L'esprit encore légèrement groggy, avec la sensation maintenant familière et – oh, combien ! – exaspérante que son pantalon était trop serré au niveau de l'entrejambe. Devant lui, sur sa table de travail, étaient éparpillés les documents qu'il étudiait au moment où il avait commencé à piquer du nez.

Sans quitter son fauteuil, il donna l'ordre d'entrer à son visiteur. C'était un simple valet qui venait lui annoncer que Phasma l'attendait dans la cour pour passer en revue les troupes fraichement arrivées de Korriban le matin même. Kylo acquiesça, annonçant qu'il descendrait d'ici quinze minutes ou moins. Et renvoya le serviteur.

Une fois seul, il baissa un regard désabusé vers son entrejambe et dénoua le laçage de sa braguette pour glisser sa main à l'intérieur et se soulager. Il ne pouvait décemment pas se présenter à ses soldats avec une trique aussi énorme.

Machinalement, il serra ses doigts autour de son membre raide. Dans un premier temps, il crut que les mouvements de sa main suffiraient à susciter un défoulement mécanique qui le soulagerait. Mais il avait beau insister, à part le frottement, rien ne se passait. La pression dans son bas-ventre demeurait présente sans vouloir exploser.

Alors, à contrecœur, il essaya de raviver les vagues sensations qui lui restaient de son rêve. Ca n'eut d'abord pas plus d'effet. Il tenta de se raccrocher au moindre détail : à la manière dont les cheveux de Rey se mettaient à frisotter quand elle transpirait, les fossettes qui apparaissaient au coin de ses joues quand elle souriait, découvrant ses petites dents blanches, le pli qui se formait entre ses sourcils quand elle était concentrée…

Le jour, Kylo parvenait à donner le change. Il s'efforçait de ne jamais être seul en compagnie de la jeune fille. Et quand il ne pouvait pas faire autrement, il mettait toujours une certaine distance entre eux, fuyait son regard. Il restait à l'autre bout de la pièce, à l'autre bout d'une table…

Mais la nuit, dans son sommeil, le Roi Sith n'avait plus aucun contrôle sur ses pensées. Dans ses rêves brûlants, Rey était la seule maîtresse. Elle ruinait ses tentatives pour se dérober à ses caresses et lui offrait son corps sans aucun tabou. Ca partait d'un geste anodin, d'un mot, d'un regard… et dans un battement de cil, Kylo se retrouvait en elle. Faisant partie de son corps, comme elle faisait partie du sien…

Cela devenait tellement intense par moment qu'il se réveillait tremblant et fiévreux, le sexe gorgé de sang et douloureux. Il avait renoncé à aller au bordel pour se soulager. Le mal qu'il ressentait, aucune femme, aussi experte soit-elle, ne pouvait l'en guérir. Les images de ses songes le poursuivaient même le jour. Si bien que dès qu'il entendait la voix de Rey ou juste prononcer son nom, ses joues pâles prenaient feu. Sa plus grande peur était qu'elle voit son trouble, qu'elle lise dans son esprit et qu'elle découvre toutes ces images obscènes qu'il avait d'elle.

Il concevait sans peine son désarroi, son dégoût, si elle apprenait ce qu'il s'imaginait lui faire toutes les nuits. Elle se sentirait surement insultée, rabaissée, violée !... Elle se serait mise à hurler, à se débattre, à pleurer peut-être. Ses joues ruisselantes de larmes alors que tous ses membres se crisperaient de dégoût et de haine.

Mais dans ses rêves, elle était toujours consentante. Toujours ravie de s'offrir à lui. Toujours prête à l'accueillir. C'était ainsi qu'il l'aurait aimée : que l'envie qu'il avait d'elle égale celle qu'elle aurait eu de lui.

Un tremblement lui traversa toute l'épine dorsale et en un éclair sa semence lui poissa les doigts. Kylo fut alors submergé par le soulagement et la honte. Une fois de plus, il avait été faible, incapable d'avoir le moindre contrôle sur ses pensées et ses émotions. Une fois de plus, il avait cédé devant ce désir bestial. Depuis des jours et des nuits, il ne se sentait plus maître de lui : ni de son corps, ni de son esprit. Et en dépit de tous ses efforts, il ne parvenait pas à annihiler cette faim grandissant au fond de ses entrailles : ce désir irrépressible de posséder Rey.

Résigné, Kylo rangea son membre au repos, vidé, dans ses chausses et nettoya sa main dans une bassine d'eau froide. Il descendit dans la cour où l'attendait Phasma et Daeron pour l'inspection des troupes envoyées par Imaze. Comme toujours, son fidèle aide de camp s'était montré efficace. Des hommes et des femmes armés, frais et prêts à combattre – si le besoin s'en faisait sentir – de quoi se montrer dissuasif et faire étalage de sa force.

Durant sa revue des troupes, il sentait dans son dos le regard de Lady Yama Henice et de Lady Frak.


Les deux femmes étaient réfugiées dans la galerie qui surplombait la cour.

- Vivement que ce bâtard débarrasse le plancher, feula Lady Frak. Lui et toute sa clique…

- Mère, implora Henice, songez qu'on pourrait nous entendre.

- Grand bien fasse ! Je suis ici chez moi. A mon âge, je ne vais pas m'écrasée devant un mercenaire mal dégrossi qui se prend pour un Roi.

- Songez à Berid. Si vous deviez mettre Kylo Ren en colère, il pourrait en subir les conséquences…

- Ton frère ! Comme s'il avait besoin de moi pour se mettre dans l'embarras.

La vieille femme se détourna de la fenêtre et longea le mur opposé de la galerie où étaient accrochés les portraits de nobles sith aux visages austères et aux regards sévères. Elle frappa le parquet avec le bout de sa canne.

- Mais quelle folie s'est emparée de lui pour qu'il tente de s'allier avec les renégats ?!

- Pas si fort !

Henice jeta un regard inquiet autour d'elle. Tout était calme et immobile dans la galerie entièrement vide, à l'exception de sa génitrice et elle. Mais comment être sûre de qui se trouvait derrière les portes et les murs ?

- Si son plan avait réussi, murmura-t-elle entre ses dents, nous aurions pu nous emparer du trône et mettre enfin de l'ordre dans le Clan.

- Sottises ! L'histoire ne vous a donc rien appris ? Convoiter le trône, c'est convoiter la Mort. Tous ceux qui s'y sont risqués ont connu des fins similaires : trahis, renversés, assassinés, poignardés dans le dos par leurs propres alliés… Seuls les imbéciles veulent ceindre la couronne. Les sages restent dans l'ombre. C'est dans l'ombre qu'on peut avoir les coudées franches.

- Oui, mère. Mais Snoke était en train de saigner le Clan…

- Le Clan saigne depuis plus de cent ans ! Chaque guerre de succession a apporté la ruine dans toutes les plus nobles familles. A chaque nouveau conflit, nous avons perdu la moitié des nôtres. Les meilleurs de nos guerriers. Bientôt, nos rivaux aux frontières n'auront plus qu'à se baisser pour ramasser les cendres. A croire que tu as oublié tes frères et sœurs morts sur le champ de bataille qui opposa Leia à Snoke.

- Je n'ai pas oublié, Mère.

Lady Frak eut un rictus mauvais.

- Comme tu dois être reconnaissante à ton mari de t'avoir engrossée avant que le conflit n'éclate. Sans quoi tu aurais fait partie du nombre.

- Ce qui vous aurait grandement soulagé, Mère.

Si l'intéressée perçut l'amertume dans la voix de sa fille, elle n'en laissa rien voir et ne chercha pas à s'en défendre.

- Je suis autant reconnaissante envers mon époux, que Berid l'est envers notre frère ainé de l'avoir estropié lors de ce tournoi.

Lady Frak poussa un soupire exaspéré.

- C'est ton père qui passait son temps à les montés l'un contre l'autre. Il disait que le conflit nourrissait le Côté Obscure. Et que grâce à Lui, nous serions toujours les plus forts.

- Vous ne vous êtes jamais opposée à cette doctrine…

- Je refuse de croire que Berid a eu tout seul l'idée de fomenté une Rébellion contre Snoke, poursuivit Lady Frak en changeant de sujet, sans prêter attention au reproche de sa fille. A tous les coups, c'est cette créature qui lui aura soufflé l'idée.

- Berid n'est pas du genre à suivre une idée s'il ne la juge pas pertinente.

- Ton frère se croit malin, mais il est comme les autres hommes : quand une jouvencelle lui agite ses atouts sous le nez, il perd le sens commun. Il y a longtemps que ta belle-fille l'a mis dans sa poche…

- Mon époux s'est opposé à leur union…

- Parce que tu crois que ça fait une différence ? Pfff… par moment, Henice, je me demande si tu es bien ma fille, tant tu peux te montrer stupide.

Henice fléchit sous l'insulte comme à son habitude.

- Je doute que si Snoke n'avait pas jeté son dévolu sur cette petite garce, maugréa lady Frak, Berid aurait jamais envisagé de le renverser.

Evidemment, Henice n'avait pas besoin que sa mère lui précise de qui elle parlait. Celle-ci nourrissait une véritable aversion pour sa belle-fille depuis de nombreuses années. Lorsque Fénide avait été présentée à la cour de Korriban, Henice avait demandé à son frère d'être son tuteur et d'assurer sa formation dans ce panier de crabes. Berid avait accepté. Il connaissait la jeune fille depuis l'enfance et lui reconnaissait une vivacité d'esprit peu commune chez les autres membres du Clan.

Comment Henice aurait pu se douter que cet intérêt dépasserait celui qu'un maître est sensé porté à son élève ?

- Si seulement vous n'aviez pas attiré l'attention de Snoke sur Fénide… soupira la noble Dame avec tristesse.

- Il fallait bien trouver un moyen de dissuader ton frère de s'entêté dans cette idée absurde de l'épouser, s'agaça sa mère. Oh, je ne m'attendais pas à ce que Snoke, tout vieux et sénile qu'il était, s'intéresse à la fille de ton mari ! Je pensais seulement qu'il trouverait les arguments nécessaires pour convaincre ton frère de se détacher d'elle. Si c'était à refaire, je le referais sans hésiter.

Lady Frak cracha au sol. Puis elle retourna à la fenêtre donnant sur la cour.

- Nous sommes l'une des dernières familles du Clan à être encore puissante dans la Force. Hors de question que notre sang se corrompe avec celui d'une métisse ! Que ton frère le veuille ou non… Il est le dernier de mes fils, le seul à pouvoir assurer la continuité de notre lignée et la pureté de nos pouvoirs.

La vieille femme reporta son attention sur Kylo Ren, qui venait de terminer sa tournée d'inspection et semblait donner des consignes à ses chevaliers.

- Il semble que la petite garce ait pris goût à la royauté. D'après les rumeurs qui me sont parvenues de Korriban, elle tenterait de prendre Kylo Ren dans ses filets.

Henice hocha la tête. Cette conversation était de plus en plus pénible à soutenir. Elle avait hâte que sa mère termine de cracher son fiel pour qu'elle puisse retourner dans ses appartements. Vivement que le Roi quitte le manoir également et emmène Pyrcel avec lui. Elle pourrait de son côté retourner auprès des siens et faire son rapport à Berid.

- Si seulement il pouvait l'engrosser, soupira Lady Frak. Avec un peu de chance, l'enfant la ferait crever comme les jumeaux Skywalker l'ont fait avec la Reine Amidala.

- N'y comptez pas trop. En dépit de ses efforts, Fénide n'est pas parvenue à retenir son attention. Et aux vues des derniers évènements, il faudrait un miracle pour qu'il la considère avec plus d'intérêts.

Lady Frak sourit.

- Il est peut-être plus malin qu'il n'en a l'air…

Elles quittèrent ensemble la galerie pour se rendre chacune dans ses appartements. Rey attendit de ne plus entendre leurs pas résonnés dans le couloir pour sortir de sa cachette.

Au départ, elle était simplement descendue à la lingerie pour récupérer les effets de Pyrcel Yama en vue de préparer ses bagages. Elle s'était trompée d'étage en montant l'escalier et s'était retrouvée dans la grande galerie. Au moment de revenir sur ses pas, elle avait entendu Lady Frak et Lady Yama débouler dans la salle. Son premier réflexe avait été de se dissimuler derrière un grand paravent laissé dans un coin de la salle. Elle avait d'abord cru que les deux femmes ne feraient que passer et voulait avant tout éviter les réprimandes de Lady Frak. Elle l'avait vu frapper une servante avec sa canne pour avoir fait tomber une pomme d'un panier rempli à raz-bords. Que lui ferait-elle si elle la trouvait au milieu de sa salle d'honneur avec les sous-vêtements de son petit-fils dans les bras ?

Quand elles s'étaient installées à la fenêtre pour commencer à papoter, Rey crut bien que les étoiles s'étaient liguées contre elle. Puis, en se rendant compte que la discussion entre les deux Sith était assez houleuse, elle avait commencé à tendre l'oreille. Après tout, si Ben Solo voulait qu'elle espionne pour lui, autant que ce soit des personnes vraiment importantes. Et pas ce pauvre Pyrcel qui n'osait plus sortir de ses appartements sans une ordre explicite émanant de sa grand-mère ou de Kylo Ren.

Et bien, elle en avait eu pour son argent !

Qui eut cru en voyant Lord Frak qu'il avait voulu renversé Snoke pour cause de rivalité amoureuse ?

Elle ne savait pas encore ce qu'elle allait faire de ces informations, mais elle prendrait soin de les garder dans un coin de son esprit. Elle n'en parlerait pas à Kylo Ren non plus dans l'immédiat. Avec son caractère de rancor, la Force seule savait comment il risquait de réagir en apprenant que Lord Frak avait tenté de s'allier avec la Rébellion par le passé. C'était prendre le risque d'exposer Finn et de s'exposer elle-même. Pour le moment, elle se contenta de rejoindre Pyrcel Yama pour l'aider à préparer ses bagages.


Le lendemain, à l'aube la cour de Lady Frak était pleine des soldats et des domestiques, autant qu'elle l'était à l'arrivée du Roi. La maîtresse des lieux se tenait droite sur les marches de l'entrée d'honneur. A ses côtés, Lady Henice était impassible en regardant son fils monter en scelle, encadré par Phasma, Naïs et Solak. Mère et fils avaient échangé une brève accolade sans effusion. Toujours fidèle à elle-même, l'épouse de Lord Yama ne laissait rien transparaître de ses émotions.

Rey ne put s'empêcher d'éprouver pour elle une forme d'admiration, mêlée de perplexité. Elle n'avait pas d'enfant, mais elle doutait fort qu'elle arriverait à rester aussi stoïque si on devait la séparer d'un être cher dans de telles circonstances. Pyrcel aussi s'efforçait de demeurer impassible. Mais Rey avait vu ses yeux rougis ce matin, lorsqu'elle était allée le chercher dans sa chambre.

Elle reporta son attention sur Ben, déjà en tête de la colonne et prêt à partir. On sentait qu'il ne tenait pas à s'attarder davantage dans cette demeure et trépignait d'impatience sur son cheval.

Enfin le signal fut donné et la cour fut vidée de ses occupants, chevaliers, gardes et domestiques furent de nouveau jetés sur les routes, vers un nouveau fief, un nouveau manoir et de nouveaux hôtes.

Le trajet jusqu'à la demeure de Lord Muraka était particulièrement long. La frontière séparant les deux fiefs étant marquée par une chaine de montagnes, il fallait une journée entière, rien que pour passer à travers le col. Les cavaliers durent quitter les selles de leurs chevaux pour les faire passer à travers des sentiers étroits. Arrivés au point culminant du passage, une immense vallée de lacs verdoyante s'offrit aux yeux des voyageurs.

Kylo Ren lui-même ne put résister au plaisir d'admirer la vue, tandis qu'à ses pieds s'étalait une région de son royaume qui lui était jusqu'à lors inconnue. Son héritage.

Il ordonna qu'on installe le campement pour la nuit sur cette montagne.

La nuit tombant, la lumière du crépuscule faisait scintiller l'eau des lacs comme des plaines de diamants. Et la canopée des forêts environnantes prenait une teinte émeraude. Au milieu de l'un des lacs, une tache sombre retint son attention. Il fit appeler à lui le guide chargé de les conduire, lui et son escorte, à travers le pays.

L'homme, un paysan bourru et obséquieux, au visage rubicond, vint s'incliner profondément devant lui.

- Dis-moi, lui demanda Kylo Ren, peut-on voir la demeure de Lord Muraka d'ici ?

- Ci-fait, Vot'e Majesté ! Avec d'bons yeux vous pouvez !

Il lui indiqua une direction droit vers l'est.

- Là-bas, commenta-t-il, c'est l'village de Mos Espa, et plus loin, la d'meure ancestrale des Muraka.

- C'est une forteresse ?

- Ci-fait, Majesté. Les Muraka protègent c'te frontière avec l'est d'puis des générations. De l'aut'e côté d'ces collines, c'est l'Empire d'Mandalore. Avec lequel les Sith n'entretiennent pas que d'bons rapports.

- Et au nord ?

- C'est la région d'marécages. Officiellement, c'territoire appartient au Clan Sith, même si aucun seigneur a jamais voulu y établir son fief.

- Pourquoi ?

- C'est qu'des marais infestés d'moustiques, serpents et autres bestioles pas très accommodantes. Y a guère qu'les petits hommes verts pour vivre là-d'dans.

- Les petits hommes verts ?

- Oui, c't'un peuple d'une espèce assez spéciale. Ils sont tous si p'tits qu'le plus grand d'entre eux vous arriv'rait à peine aux genoux. Ils ont la peau verte et de grandes oreilles pointues. Même leur langue est bizarre : ils utilisent les mêmes mots qu'nous mais pas dans l'même ordre.

- Tu te moques de moi, vaurien.

- Jamais d'la vie, Majesté !

L'homme s'alarma devant le ton ombreux et l'air suspicieux de Kylo Ren.

- C'est pure vérité que j'dis, insista-t-il. L'un d'eux est même d'venu un Jedi. Dans le Temps où y avait encore un Ordre Jedi. Il est même d'venu Grand Maître de l'Ordre à c'qui parait. Yoda son nom c'était.

Kylo détourna le regard, peu convaincu. Il lui semblait bien que Luke avait fait mention d'un Maître nommé Yoda, lorsqu'il était enfant. Mais il ne se rappelait pas que son oncle ait fait allusion à une peau verte ou à une taille de nain.

- C'était surement des fables de paysans. Mieux valait ne pas y accorder trop d'attention.

- Et là ? demanda-t-il en désignant l'immense architecture sombre surplombant une grande chute d'eau.

- C'est Mustafar, Majesté.

- A quel seigneur sith appartient ce château ?

- Aucun, Majesté. Ou bien à vous.

- Comment cela ?

- Ce palais a été fait bâtir par l'grand Dark Vador en personne. La légende veut qu'il l'ait commandé pour son épouse, car elle s'languissait d'la région des grands lacs d'Naboo. Il y a des sources chaudes qui passent sous les fondations. Ce devait être un lieu d'villégiature pour l'couple royal. Mais il est à l'abandon d'puis plus d'soixante ans.

- Pourquoi cela ?

- Quand la Reine Padmé est morte, Dark Vador en a fait condamner l'entrée. Déclarant que c'lieu était maudit et qu'il n'y mettrait plus jamais les pieds. Ni lui, ni ses enfants.

Ren remercia l'homme pour ses renseignements et le laissa disposer. Il resta une partie de la nuit sur le bord de la falaise, à méditer face à Mustafar.


La nuit tombant, les feux furent allumés et chacun se réunit autour pour préparer son repas. Rey eut la tâche de préparer le sien en plus de celui de Lord Pyrcel en plus du sien. L'avantage était qu'on l'autorisait à se servir sans restriction dans les provisions, alors que le reste des gardes et serviteurs devait se rationner. Heureusement la jeune femme n'en abusait pas non plus. Consciente que la troupe n'aurait peut-être pas l'occasion de s'approvisionner régulièrement sans que ce fusse au détriment des fermiers locaux.

Pyrcel et elle partagèrent leur repas en silence. Seul au milieu des soldats et des serviteurs royaux, le jeune sith n'était pas vraiment loquace. Surement conscient que, sur un seul ordre de Kylo Ren, n'importe lequel de ces individus lui trancherait la gorge.

Rey songea avec nostalgie aux collations qu'elle prenait souvent à l'improviste dans les appartements du Roi, à Korriban. Et même au manoir des Yama. Elle s'interrogeait encore sur les raisons qui avaient poussé Ben à l'éloigner et doutait fort des excuses qu'il avait invoquées. Elle se demanda aussi si Naïs veillait à ce que le Roi s'alimente correctement. Car elle avait bien remarqué que, lorsqu'il était contrarié ou préoccupé, Ben avait tendance à dédaigner la nourriture à se réfugier dans la boisson. Surement une habitude qu'il avait prise au milieu des soudards.

Est-ce que Naïs prenait au moins soin de couper son vin avec de l'eau pour qu'il ne s'enivre pas ?

Quand Pyrcel eut fini son repas, Rey dut encore aller nettoyer leurs gamelles au point d'eau le plus proche. Elle traversa le campement avec sa vaisselle pour rejoindre un petit ruisseau qui dévalait le flan de la montagne entre les pierres. Alors qu'elle était accroupie, les mains plongées dans l'eau froide, frottant le fond des écuelles avec une vieille brosse en crin, Rey entendit des bruits de hennissements et de sabots derrière elle. Elle se redressa brusquement, le bâton levé.

En la voyant agiter ainsi son arme dans leur direction, les chevaux se mirent à hennir de plus belle, se cabrant sur leurs pattes arrières et agitant leurs sabots devant eux. Il fallut toute la fermeté de Finn, qui tenait les rênes, pour les empêcher de se sauver.

- Ho, ho… du calme, leur parlait-il pour les calmer.

Rey abaissa son bâton, comprenant qu'il n'y avait aucun danger.

- Qu'est-ce que tu fabriques ? demanda-t-elle un peu sèchement.

- C'est mon tour de faire boire les chevaux, lui répondit Finn. Et toi ?

Rey lui montra les écuelles qui séchaient dans l'herbe.

- La vaisselle.

Finn eut l'air étonné. Mais il ne fit aucun commentaire.

Comme c'était ce pourquoi il était venu, il rapprocha les deux montures, qu'il tenait par la bride, du ruisseau. Rey lui prêta assistance, guère pressée de retrouver le jeune Pyrcel taciturne. Et puis la présence de Finn lui manquait. Les deux jeunes gens ne s'étaient plus adressé la parole, ni même vus seul à seule, depuis l'évasion de Poe Dameron. Et depuis que Ben Solo l'avait reléguée au service de Pyrcel Yama, elle se sentait un peu délaissée.

Cependant, même si Finn n'émit aucune objection à ce qu'elle lui tienne compagnie, il parut gêné. Etait-ce à cause du secret qu'ils partageaient tous les deux ? Avait-il encore peur qu'elle le dénonce auprès de Phasma ou de l'un des autres chevaliers de Ren ?

- Finn est-ce que je peux te poser une question… disons… personnelle ?

Le jeune homme la considéra d'abord avec circonspection, avant de hocher la tête.

- Vas-y. Je te dois bien ça, après tout.

- Comment as-tu rejoint la Rébellion ?

Il prit un instant avant de répondre. Sans doute pour peser ses mots.

- A cause de Poe Dameron.

- C'est lui qui t'as recruté ?

- En quelques sortes. Je l'ai connu quand on servait tous les deux dans le même régiment. Sous le règne de Snoke.

- Dameron a servi sous les ordres de Snoke ?!

- Pas exactement. C'est… une longue histoire.

La jeune femme replia ses jambes contre sa poitrine et enroula ses avant-bras autour de ses genoux.

- J'ai tout mon temps.

Finn inspira, le temps de trouver ses mots.

- Poe Dameron faisait partie des hilotes qui vivent sous la domination des Sith. Il a très tôt été remarqué par la Reine Leia. Celle-ci a souvent dû employer la force pour remettre au pas certains de ses opposants. Sans parler des contrées étrangères qui ont tenté d'envahir le territoire, se disant que se serait plus facile avec la disparition de Dark Vador. Mais ils ont trouvé à qui parler. La Reine Leia était une dure à cuire et surtout, elle savait s'entourer de gens compétents. Sous son commandement, Poe est rapidement monté en grade, au point qu'il traitait directement avec elle des stratégies militaires, comme l'aurait fait n'importe quel lieutenant issu d'une noble famille. Comme tu t'en doutes, ça ne plaisait pas à tout le monde. Cependant, quand Leia a été renversée, Snoke n'a d'abord pas jugé opportun d'éliminer tous les hilotes de l'armée. Mais Poe a été rétrogradé. Lui qui ne répondait qu'aux ordres de la Reine, il se retrouvait obligé de rendre des comptes à des fils de familles nobles arrogants qui n'ont jamais vu en lui autre chose qu'un inférieur. L'un d'eux en particulier l'a vraiment pris en grippe. Le sort a voulu que ce soit son commandant principal.

Il marqua une pause. Jeta un œil à Rey pour évaluer l'effet de ses paroles sur elle.

Ainsi, Poe Dameron avait été au service de la mère de Ben Solo. Un fait que ce dernier devait totalement ignorer.

- J'ai rencontré Poe à cette époque, reprit Finn. Ca remonte à un peu plus de dix ans. J'étais une jeune recrue. Je faisais partie de l'impôt que Snoke prélevait sur les territoires conquis. A cette époque, le Clan était en guerre contre l'Empire de Mandalore. Snoke ayant refusé de reconnaître les accords de paix signés par Leia, les Mandaloriens se sont sentit en droit de reprendre les hostilités. Ca a été une période sanglante. Beaucoup de soldats sont morts sur le champ de bataille. C'est là qu'on a compris pourquoi les hilotes n'avaient pas été évincés de l'armée. Plutôt que de sacrifier des seigneurs Sith, Snoke envoyait sur le front les anciens lieutenants de Leia, afin qu'ils servent de chair à canon. Mais Dameron restait un excellant commandant : il était parvenu à conserver les deux tiers de son régiment en vie, - alors que d'autres avaient été décimés – tout en assurant des victoires au Clan. Jusqu'au jour où son commandant lui a ordonné de s'emparer d'une place forte sur le territoire de Mandalore. Poe a d'abord obéit. Mais une fois dans le cœur de la bataille, on s'est rendu compte que l'ennemi était bien plus nombreux que ce que nous avait assuré le commandement. Poe a ordonné la retraite, alors que la moitié de nos compagnons d'armes étaient déjà tombés. Les Mandaloriens nous ont poursuivis jusqu'à la frontière ouest. C'est seulement lorsque les troupes restées en garnisons nous ont rejoints qu'on a pu les défaire. Et sans l'audace et la clairvoyance de Dameron, on se serait fait massacrer.

Finn marqua une nouvelle pause. Rey remarqua que ses poings s'étaient resserrés. Au point que ses phalanges se mirent à blanchir. Aux coins de ses yeux, des larmes de rages étaient apparu.

- Plus tard, j'ai appris que l'ordre de prendre la forteresse n'était qu'une diversion. Pendant, que notre régiment se faisait anéantir pour occuper l'ennemi, les troupes menées par le commandant contournaient la place forte pour s'attaquer aux villes et villages alentours, afin de les piller pour ramener le plus de butin possible à Snoke. Aucun de nous n'avait été mis au courant. Mais quand nous avons abandonné le siège, les Mandaloriens se sont rendu compte de ce qui se passait. Ils ont aussitôt fait demi-tour et envoyé des renforts. Ce qui fait que les pilleurs ont dû à leur tour battre en retraite sans pouvoir ramasser tout le butin qu'ils avaient espéré. En revenant au camp, le commandant était furieux. Il a accusé Dameron de lâcheté et de désertion. Lui mettant tout l'échec de cette mission sur le dos.

- Mais… personne n'a protesté ? demanda Rey, avant de se rendre compte de la naïveté de sa question.

Finn eut un sourire amer.

- Les seuls prêts à plaider la cause de Dameron étaient les soldats sous ses ordres – ceux qu'il était parvenu à sauver du massacre. En plus, le commandant qui portait sur lui ces accusations était alors le favori de Snoke : Armitage Hux. Poe a vite compris qu'il n'avait aucune justice à attendre venant de Snoke. Alors, dès qu'il l'a pu, il s'est enfui. Bien sûr, sa tête a été mise à prix. Pendant des mois, des années, les Sith ont tenté de lui mettre la main dessus. Hux était l'un des plus motivés : Dameron l'avait humilié. Il rêvait d'accrocher sa tête au-dessus de son lit.

- Et toi dans tout ça ?

- Moi ? J'ai surtout fait en sorte qu'on m'oublie. Contrairement à Poe, je n'ai pas grandi dans ce pays. Tout ce que je connaissais, s'était les casernes où on nous parquait et les camps d'entrainements. C'est par hasard que je suis tombé sur lui, un peu comme toi.

- C'est-à-dire ?

Un soir, il y a deux ans, alors que je patrouillais dans les rues de Korriban, je suis tombé sur Bibi, la renarde de Poe. Je l'ai reconnue tout de suite. Poe l'avait ramassée dans un champ, alors que c'était un renardeau rachitique. Il l'a nourrie et apprivoisée. Elle l'accompagnait partout comme un animal domestique. Je l'ai suivie jusqu'au tripaux clandestin où je t'ai emmenée lors de notre sortie en ville.1

Rey se souvenait : la cave pleine de fumée, d'odeurs de rance et de gens avachis sur des tabourets ou des sofas. Elle était à mille lieux de se douter dans quoi elle venait de mettre les pieds.

- C'est comme ça que j'ai découvert que Poe avait rejoint la Rébellion et qu'il en était devenu l'un des chefs.

- Rejoint ? Tu veux dire que Dameron n'en est pas le fondateur.

- Non. A l'origine, c'est Leia et Luke Skywalker qui l'ont fondée, lorsqu'ils complotaient ensemble pour renverser Dark Vador. Leia ne voulait pas être soutenue que par des Sith. Elle a rassemblée autour d'elle beaucoup de paysans et d'hilotes qui croulaient sous la domination des Sith. C'est ainsi qu'elle s'est constituée une armée indépendante du Clan. Ce que beaucoup de nobles lui ont reproché par la suite. Bien sûr, une fois Dark Vador disparu, la Rébellion a été dissoute. Ceux qui le souhaitaient sont demeurés aux services de la Reine. Les autres ont rejoint la vie civile. Jusqu'à ce que Snoke entre en scène…

- Finn, il y a une chose que je ne comprends. Si la Rébellion a été fondé par Leia et qu'elle était composée de tous ses fidèles, pourquoi les rebelles n'ont pas rallié Kylo Ren quand celui-ci s'est fait connaître.

- Déjà parce que nous n'avions aucunement la certitude qu'il s'agissait bien du fils de Leia. Personne parmi les rebelles de la première heure n'a jamais vu le prince Ben Solo. La version officielle était qu'il était resté dans le Temple Jedi et que Luke Skywalker empêchait quiconque de l'approcher. Aux yeux de tous, Kylo Ren était un mercenaire qui voulait le pouvoir et qui pour ça était prêt à se faire passer pour le descendant de Dark Vador.

Finn s'interrompit de nouveau, visiblement nerveux et plus gêné. Abordé le sujet de Kylo Ren avec Rey le mettait mal à l'aise. Et s'il disait quelque chose au sujet du Roi qui eu déplu à la jeune femme… Elle risquait de se braquer et cela réduirait ses chances de la ralliée à néant.

- Et pour être franc, lâcha-t-il, le fait que Kylo Ren se revendique autant comme l'héritier de Dark Vador en met plus d'un mal à l'aise. Si la Rébellion a été créée à la base, c'était justement pour renverser le seigneur Vador. Alors se mettre à soutenir son avatar… beaucoup l'aurait vécu comme un renoncement, voir une trahison.

Rey pesa bien ses dernières paroles. Essayant d'en mesurer toute l'importance. Vu de l'extérieur, elle ne pouvait pas donner tort à Finn, ou aux autres rebelles. Ben Solo avait plus d'une fois exprimé le désir de marcher dans les pas de son grand-père. Mais que savait-il réellement de ce dernier ? Les rares fois où le sujet avait été abordé entre eux, que Rey avait osé lui poser des questions sur son aïeul, elle s'était rendue compte que Ben en savait très peu, voir quasiment rien.

Bien sûr, il connaissait la légende, les rumeurs, les histoires qui circulaient par le bouche-à-oreille, celles que tout le monde connaissait. Mais sur l'homme qui se cachait derrière la légende, la véritable personnalité de Vador, ses désirs, ses craintes ou ses espoirs… tout cela demeurait une énigme.

Ben lui avait avoué que, les rares fois où il avait osé poser des questions à son oncle, Luke s'était emmuré dans le silence. Répétant toujours le même refrain : Anakin s'était égaré dans les Ténèbres, il avait rejeté la Lumière par égoïsme et ambition, fait souffrir ceux qu'il aurait dus aimer et protéger. Il avait connu la fin qui attend tous ceux qui choisissent la voie de la violence et de la facilité…

Ben avait fini par se lasser de ce sermon et avait renoncé à tirer quoique ce soit de son oncle. Lorsqu'il avait rejoint la cour de Snoke – sous l'identité de Kylo Ren, le mercenaire –, il s'était rapproché du Géant Chenu et tenté d'en apprendre plus grâce à lui, sur son grand-père. Sa déception avait été grande, en comprenant que Snoke n'en savait guère plus que le commun des mortels. A part qu'il enjolivait ses récits d'une fascination qui frôlait l'idolâtrie pour la personne de Dark Vador.

- Kylo Ren est obsédé par le souvenir de Vador, admit Rey. Mais je ne pense pas qu'il nourrisse de véritable plan politique le prenant pour modèle. C'est plus une ruse, pour mieux se faire accepter par les Sith.

- Donc… tu penses qu'il pourrait se laisser convaincre d'infléchir son autorité en faveur du peuple, des plus démunis… ?

Rey se massa les tempes et se releva brusquement.

- Tu m'en demandes trop, Finn ! Ren n'est pas un cheval qu'on mène par la bride.

Dit-elle en flattant la croupe d'un des chevaux qui avaient terminé de se désaltérer et broutaient quelques bris d'herbes sur le bord du ruisseau.

- Non, bien sûr, admit Finn en se relevant à son tour et en commençant à canaliser les animaux pour les ramener vers le campement. Mais quelqu'un de bien placé, de proche de lui, pourrait lui exposé les choses différemment,… lui faire voir où serait l'intérêt de tous…

Rey soupira.

- Encore faut-il trouver quelqu'un d'assez proche…

Finn eut soudain une réaction étrange, quelque part entre l'abattement et l'agacement. De nouveau, Rey se sentit envahie par les émotions du jeune homme et elle eut alors l'impression désagréable qu'il était en colère, non pas envers Kylo Ren ou Snoke, ou le Clan, mais envers elle.

- Finn… ? Est-ce qu'on est amis toi et moi ?

L'interrogé sursauta, faisant hennir les chevaux dont il avait repris les brides.

- Oui, répondit-il précipitamment. Bien sûr, évidemment. Pourquoi, tu as des doutes à mon sujet ?

- Non ! Enfin… Si je te demande ça, c'est parce qu'au début, tu paraissais avoir peur de moi… Je veux dire… T'étais toujours nerveux quand on se voyait. Pendant les entrainements t'évitais carrément de me toucher… Maz a même prétendu que tu étais amoureux de moi…

Rey marqua une pose pour observer la physionomie de Finn. Le jeune homme l'écoutait attentivement, attendant de voir où elle voulait en venir.

- Bref, je t'apprécie énormément, mais j'ai parfois du mal à te cerner. Est-ce qu'il y a quelque chose chez moi qui te dérange ?...

Finn prit un temps de réflexion, paraissant rassembler ses forces avant de donner une réponse.

- Pour être honnête avec toi, je t'avais aperçue de loin lorsque l'armée est entrée dans la ville. Au début, j'ai cru que tu faisais seulement partie de la valetaille des mercenaires. Et que tu repartirais avec eux. Puis, quand on s'est parlé pour la première fois, j'ai vu à quel point tu étais douée. Je me suis demandé « Pourquoi une combattante comme elle ne fait pas partie des chevaliers de Ren ?»… Et puis, tout le monde te voit tout le temps dans le sillage du Roi… Tu dois être la seule domestique à qui il ne fiche pas la trouille… T'en fais pratiquement ce que tu veux… Alors voilà… Ne le prend mal !… Mais j'ai supposé… que peut-être… lui et toi…

Finn se sentait de plus en plus embarrassé au fur et à mesure qu'il déroulait le fil de ses pensées. Et le regard parfaitement innocent que lui jetait Rey ne l'aidait pas à se sentir plus à l'aise.

- Tu sais… Lui et Toi… Toi et Lui… Vous êtes très proches…

- …

- Bref, est-ce que tu es sa… sa concubine ?

- Quoi ?!

Rey avait littéralement bondi d'un mètre.

- Non ! Mais enfin tu es fou ! Qu'est-ce qui a pu te faire croire une chose pareille !?

- Excuse-moi, je ne voulais pas t'offenser !

- M'offenser ? Est-ce que tu te rends compte à quel point ce que tu dis est absurde !?

La jeune femme n'en revenait pas qu'une idée aussi aberrante ait pu naître dans l'esprit de Finn. Elle repassa en revue toutes leurs rencontres, toutes les fois où il avait paru curieux ou gêné, lorsqu'elle parlait de Ben.

Avait-elle été imprudente à ce point? Avait-elle vraiment laissé entrevoir plus que ce que la décence ou la raison ne pouvait l'autorisé ? Et si Finn avait pu en arriver à cette conclusion, est-ce que d'autres avaient eu le même raisonnement ?

Force ! Et si c'était la vraie raison qui avait poussé Ben à l'éloigner de lui !

Le Roi Sith était en quête d'une épouse de sang noble. La dernière chose dont il avait besoin, c'était bien d'avoir une écuyère, ancienne voleuse et esclave, énamourée, accrochée à ses basques. Et si par-dessus le marché on faisait courir la rumeur qu'elle était sa maîtresse…

Rey se sentit mortifiée. Des griffes acérées se resserrèrent autour de son cœur et le percèrent de toutes parts. Elle eut le sentiment d'éclater comme un fruit trop mûr s'écrasant sur le sol.

Sa peau, ses yeux, son corps la brûlaient comme si elle était tombée dans des orties. Elle ne supportait plus le regard de Finn sur elle. Elle ne supportait plus que quiconque la regarde et devine le secret de son cœur qu'elle avait si imprudemment exposé.

Prise de vertiges. Sourde aux excuses de Finn et à ses tentatives pour attirer son attention, alors qu'elle paraissait de plus en plus déboussolée. Rey traversa le camp sans prendre garde à qui elle croisait. Elle passa devant Daeron, Naïs et Solak qui prenaient leur repas autour du feu.

La nuit était tombée sur le campement. Elle ne remarqua même pas Kylo Ren revenir de sa méditation. En revanche, tout le monde vie l'écuyère royale, bouleversée, se précipiter vers sa tente et se réfugier à l'intérieur comme si elle avait le fantôme de Dark Sidious à ses trousses. Et tout le monde, remarqua que Finn la suivait de près, visiblement embarrassé et inquiet.

Le jeune homme se mordit la lèvre en croisant le regard noir de Kylo Ren. Il venait de faire une belle boulette et peut-être même de ruiner les chances de ses amis de faire la paix avec le Clan.


1 Voir chapitre 6.