Nouns07 : La suite promis est là ! Je pense que ce chapitre va te laisser hors d'haleine ;)
Cara : Hé hé hé… en termes de torture et de frustration je pense que tu vas avoir ta dose… ^^'
fairycub974 : J'espère qu'avec ce chapitre, ton anniversaire sera encore plus réussi ;)
Nympha5951 : Je sais que c'était horrible de couper à cet endroit. Mais la bonne nouvelle, c'est que tu as la suite maintenant ! \o/
L'Amour d'un Roi
En croisant le regard noir de son souverain, le jeune serviteur qui avait été mandaté pour aller le quérir eut le sentiment fugace que sa dernière heure était arrivée. Le seigneur Ren s'engouffra dans le couloir en claquant la porte derrière lui. Sans accordé plus d'intérêt au jeune valet que s'il était un caillou sur le bord du chemin, il marcha à grandes enjambées vers la salle du trône. Obligeant son larbin à galoper trois pas derrière lui.
Arrivé devant l'entrée de la salle du trône, Kylo écarta les deux lourdes portes, s'engouffrant dans la pièce sans même laisser au héraut le temps de l'annoncer. Le larbin n'avait pas menti : un petit homme dodu recouvert de plusieurs couches de tissus chatoyants l'attendait au centre de la pièce. Naboo était particulièrement réputée pour sa production de fibres et d'étoffes d'une extrême finesse. Sa noblesse se faisait un devoir d'exhiber les prouesses de ses manufacturiers en toutes occasions.
Au milieu des chevaliers de Ren et des plus hauts gradés du clan Sith, tous habillées dans des tons de noirs ou de gris très foncé, l'ambassadeur de Naboo donnait l'impression d'un oiseau des îles perdu parmi des corneilles. Kylo lui-même faisait peu royal, avec sa vieille tunique enfilée à la va-vite, sa tignasse noire emmêlée et les rougeurs encore visibles sur ses joues, dernières traces des baisers de Rey.
- Messire, salua Kylo en s'efforçant de ne pas adopter un ton trop sec. Pardonnez ma tenue négligée, je ne vous attendais pas avant demain…
- Ne nous formalisons pas pour si peu, le tranquillisa l'ambassadeur d'une voix suave. Moi-même, je confesse avoir pressé le pas pour venir vous trouver et dans ma précipitation, j'ai apporté peu de soin à ma tenue.
Kylo se fit violence pour ne pas lever un sourcil circonspect.
- Qu'importe ! balaya l'ambassadeur d'un geste de la main, faisant froufrouter au vol les différentes couches d'étoffes. Si je suis venu si vite, ce n'est pas pour parler chiffons. Votre Grâce, ma maîtresse, la gracieuse reine Jamilia m'a chargé de vous avertir que le seigneur Hux fait actuellement le tour des contrées, afin de nouer des alliances politiques, dans le but de monter une armée.
La nouvelle fit grogner les chevaliers de Ren. Kylo demeura pour sa part impassible. Mais intérieurement, il bouillait de rage. En dépit de l'année écoulée, couronnée par ses victoires militaires et ses démonstrations d'autorité éclatantes, Hux demeurait une épine enfoncée dans son pied. Il aurait dû savoir qu'en le laissant filer, il lui offrait l'occasion de revenir troubler sa quiétude. S'il y avait bien une leçon que Snoke lui avait enseignée c'était celle-ci : « Epargne tes ennemis et tu peux être certain que eux ne t'épargneront pas. »
L'air de rien, il observa du coin de l'œil les guerriers présents. Ces derniers demeuraient droits et impassibles. Cependant, Ren pouvait presque sentir l'odeur de la trahison. Les Sith sont toujours enclins à retourner leurs vestes. Ils ne sont loyaux qu'à la Force. Et en laissant Hux lui échapper, Kylo avait montré les limites de la sienne. Il se jura qu'il ne ferait pas deux fois la même erreur. Mais pour l'instant, il devait sauver les apparences, et surtout garder l'œil au sein du clan.
- Votre diligence me touche, messire, dit-il en adoptant le ton le plus neutre possible. Mais les nouvelles que vous m'apportez ne me surprennent en rien.
- Votre Grâce… ?
- Hux est une créature vile et vindicative, qui aime à se croire les qualités d'un chef.
Il parlait calmement, appuyant bien sur les mots choisis. Du coin de l'œil, il continuait d'observer les réactions de ses officiers.
- Mais soit dit entre nous, il est loin d'être à la hauteur de l'image qu'il se donne. Son plus grand fait militaire connu à ce jour, c'est d'avoir attaqué et mis à sac un Temple Jedi, qui abritait au plus… quoi ? Peut-être une cinquantaine de chevaliers, pour la plupart des vieillards, certes rompus aux arts martiaux mais guère habitués des champs de bataille. Et Hux est quand même parvenu à perdre… quelque chose comme… une centaine d'hommes. Soit la moitié des troupes qu'il avait mobilisées pour l'occasion… Un grand exploit en effet.
Il entendit les ricanements autour de lui. Très bien, pensa-t-il, tant qu'ils jouaient la comédie devant lui, c'était qu'ils le craignaient encore.
- Ceci étant, poursuivit-il en se tournant vers l'ambassadeur, sachez que j'apprécie le geste à sa juste valeur.
L'ambassadeur s'inclina gracieusement.
- La Reine Jamilia tenait à vous tenir informé. De part vos ascendants, vous êtes directement lié à la maison royale de Naboo après tout.
C'était vrai ! Kylo oubliait souvent que sa grand-mère avait été une princesse du sang. En même temps, il lui était difficile de concevoir qu'il puisse exister le moindre lien entre lui et cette espèce de poupée fardée. A vrai dire, en dehors de Luke, tous les membres de sa famille étaient pour lui de parfaits étrangers.
- Sa Majesté met un point d'honneur à maintenir de bonnes relations entre tous les membres de sa parenté.
- Et je lui en suis gré.
- A ce propos, - et si ces considérations sont encore à l'ordre du jour - elle voulait vous faire savoir que –toujours dans le but de resserrer vos rapports – elle dispose parmi les membres de sa cour, de jeunes filles en âge de se marier…
Nous y voilà !songea Kylo. Cela faisait longtemps qu'on ne lui avait pas collé de noms de nobles et riches héritières ou le portrait, plus ou moins fidèle, d'une princesse sous le nez.
- Eh bien, si vous disposez de la liste, je prendrai soin de l'examiner.
Il vit alors l'ambassadeur tirer un rouleau d'une de ses manches et le lui tendre. Décidément, sous ses airs proprets, ce petit bonhomme ne perdait pas son temps. Kylo prit poliment le parchemin, sachant déjà qu'il n'en lirait pas une ligne. A cet instant, ses pensées le ramenèrent vers Rey, qu'il avait laissée inassouvie et toute mouillante sur son lit. Son seul désir alors fut de conclure l'entrevue au plus vite pour aller la rejoindre.
Il salua donc une dernière fois l'ambassadeur, donna des ordres pour qu'on le conduise à ses appartements et qu'on mette à sa disposition tout le nécessaire pour assurer son confort. Puis, il tourna les talons et quitta l'endroit, rapidement suivi par ses chevaliers.
Une fois éloignés dans le couloir, il se tourna vers Imaze.
- Tous les seigneurs Sith qui étaient présents lors de l'entrevue, fais les suivre. Je veux savoir où ils se rendent et à qui ils parlent.
Imaze acquiesça et s'en alla dans le couloir.
- Vous autres, dit Kylo Ren au reste de la bande. Je veux la liste des contrées dans lesquelles Hux s'est rendu. Quels souverains l'ont bien accueilli, lesquels lui ont claqué la porte au nez. Je veux savoir comment il voyage et avec qui. Est-ce clair ?
Tous acquiescèrent.
- Bien. Je me retire dans mes appartements, maintenant. Et je ne veux plus être dérangé pour des futilités. A moins que Hux en personne vienne frapper aux portes de la forteresse avec une armée, tout le reste m'indiffère.
Les chevaliers acquiescèrent une fois de plus, avant de se disperser dans le couloir, telle une nuée d'oiseaux. Kylo Ren en profita pour regagner sa chambre au pas de course. Mais lorsqu'il passa la porte, se fut pour trouver une pièce vide. Personne en vue. Rey s'était évaporée, tout comme les affaires qu'ils avaient dispersées sur le sol. Seuls les draps du lit encore froissés témoignaient des étreintes enfiévrées qu'ils avaient échangées, il y avait moins d'une heure de cela.
Bien sûr, Kylo aurait dû se douter que Rey ne serait pas femme à attendre sagement sur son lit qu'il daigne revenir s'occuper d'elle. A tous les coups, ne le voyant pas revenir, la jeune femme était partie se trouver une autre occupation pour se calmer les nerfs. Le seigneur Sith laissa échapper un soupir de frustration : il n'avait plus qu'à crapahuter à travers tout le château pour la retrouver alors qu'ils auraient dû être en train de reprendre leur souffle après s'être donné du plaisir l'un à l'autre.
Sa première escale fut la chambre de Rey, qu'il trouva aussi vide que la sienne. Il allait repartir lorsqu'un détail l'interpela : sur le lit de camp sommaire, la robe bleu gris reposait à la place de sa propriétaire, soigneusement pliée. Cette vision éveilla en Kylo un mauvais pressentiment. Le vêtement était dans un état impeccable, et ne semblait pas avoir souffert des assauts de tout à l'heure. En faisant un examen plus attentif de la pièce, Ren remarqua alors que plusieurs choses manquaient : le bâton de marche de Rey, son sac à provisions et ses bottes. Sans parler de ses vêtements de tous les jours et de sa cape de voyage.
Sortant de la chambre, il marcha directement vers les écuries. Un inventaire rapide lui confirma que la petite jument baie que Rey utilisait pour ses déplacements n'était plus dans son box.
- Toi ! interpela-t-il le palefrenier qui sursauta de terreur. Dis-moi, as-tu croisé Rey tout à l'heure ?
- Ou… oui, mon seigneur, bredouilla le pauvre garçon intimidé. Elle a pris une monture et s'en est allée vers la forêt…
- C'était quand ?
- Il y a moins d'une demi-heure, votre Altesse.
En comptant le temps qu'il lui avait fallu pour regagner sa chambre, se changer, rassembler ses affaires, puis gagner les écuries, seller son cheval et partir, cela signifiait qu'elle avait quitté les appartements peu de temps après lui.
En soi, ça n'avait rien d'illogique. Aucun d'eux ne savaient combien de temps prendrait l'entrevue avec l'ambassadeur et Kylo ne lui avait pas demandé de l'attendre. Mais pourquoi filer si vite ? Pourquoi quitter le château ? Et en emportant tous ses biens ? Sauf la robe… Avait-elle changé d'avis ? Avait-il fait ou dit quelque chose qui lui avait déplu ? Peut-être avait-elle paniqué après son départ…
Non, Kylo peinait à croire qu'elle serait partie comme une voleuse, sans même un mot d'explication. Sauf si la robe abandonnée sur le lit, soigneusement pliée, comme prête à être remise à quelqu'un d'autre, était déjà en soi une réponse.
De rage et de frustration, Kylo abattit son poing contre une palissade en bois. Ca ne servait à rien de se torturer ainsi les méninges. S'il voulait une explication claire, il allait devoir la lui arracher.
- Selle mon cheval, ordonna-t-il au garçon d'écurie tétanisé, qui ne comprenait strictement rien au comportement de son souverain. MAINTENANT !
Pourquoi fallait-il qu'il soit entouré de serviteurs aussi lents ?!
Tout tremblant, le palefrenier s'activa pour préparer la monture de son maître. A peine prête, Kylo l'enfourcha et galopa vers les bois qui environnaient le château. Ce n'est qu'une fois enfoncé dans les frondaisons qu'il réalisa qu'il n'avait pas pris de chiens avec lui. La piste de Rey ne tarda pas à se perdre dans les sentiers sauvages. Il se morigéna encore de ne pas avoir pensé à prendre de limier avec lui ou un pisteur plus expérimenté que lui du moins. Car il ne tarda pas à tourner en rond dans la forêt, sans trop savoir où aller.
Cette situation était juste insoutenable. Rey pouvait être à des kilomètres à présent ou juste à quelques pas. Comment savoir ? La pensée qu'il venait peut-être de la perdre pour toujours lui traversa l'esprit et lui donna envie de hurler sa rage et son désespoir.
Non, il devait se ressaisir ! Tout n'était pas encore perdu. Il pouvait lancer des chasseurs sur sa piste, offrir une prime à qui la ramènerait saine et sauve au château…
Ne voulant plus perdre de temps, il rebroussa chemin. Revenu dans les écuries, il sauta à bas de son cheval et jeta les rênes à son palefrenier ignorant ses bredouillements agaçants, il fonça en direction de la salle des gardes.
Alors qu'il traversait le couloir à vive allure, une main fine et gracieuse vint lui agripper le bras.
- Votre Altesse, susurra la voix suave de Lady Yama, je ne pensais pas vous trouver ici.
- J'allais vers la salle des gardes, répliqua sèchement Kylo. Je dois lancer un avis de recherche.
- Vraiment ? Et sur qui ?
- Cela ne vous regarde en rien, répliqua-t-il en jetant un regard circonspect sur la main aux doigts arachnéens qu'elle n'avait toujours pas ôté de son bras.
- Majesté, en tant que sujette dévouée, si je puis être utile à quoique ce soit…
- Mon écuyère a disparu…
- La petite sauvageonne ? C'est vraiment se donner beaucoup de mal pour pas grand-chose…
- Avec Hux qui sillonne les contrées étrangères à la recherche de soutien pour monter une armée, je ne peux pas me permettre de laisser dans la nature une fille qui connait mes habitudes sur le bout des doigts et serait capable de faire un compte rendu de mes dernières activités.
- Je vois…
Kylo nota que Lady Yama n'avait pas eu l'air surprise lorsqu'il avait évoqué le complot de Hux. Preuve que la nouvelle avait déjà fait le tour du palais. Et ne tarderait certainement pas à faire également celui des familles nobles vivant hors de la cour. S'il ne voulait pas se retrouver avec une fronde sur les bras, il avait intérêt à frapper vite et fort.
- Dans ce cas, tranquillisez-vous. J'ai aperçu votre écuyère, il y a un peu moins d'un quart d'heure…
- Où ça ?!
Même Lady Yama ne put retenir un frémissement en croisant son regard.
- Elle portait un chapelet de lièvres et d'oiseaux à sa ceinture, répondit-elle. Je suppose qu'elle allait les porter en cuisine…
Kylo n'attendit pas la suite et bifurqua vers les sous-sols du garde-manger. Lady Yama conserva les yeux braqués sur lui jusqu'à ce qu'il ait disparu au coin du couloir. Devait-elle s'inquiéter ou non d'une disgrâce prochaine de la petite braconnière ? Sans doute ne ferait-elle plus long feu, si Kylo Ren la soupçonnait d'être une espionne. Cependant, la noble Sith n'avait pas du tout aimé la flamme qui s'était allumée dans ses yeux au moment où elle lui avait dit où était partie la fugitive.
Une grande partie des caves du château était entièrement consacrée à la conservation et la préparation des aliments. Il fallait au moins une armée pour nourrir tous ses habitants : cuisiniers, rôtisseurs, boulangers, valets et souillons…
Il trouva Rey au milieu de tout ce brouhaha, tranquillement installée à une table, en train d'écorcher des lapins. Il marcha droit vers elle, indifférent aux regards éberlués des domestiques qui ne s'attendaient surement pas à voir leur souverain daigner descendre dans leur petit monde. Ce ne fut qu'une fois à sa hauteur que Rey leva un regard distrait vers lui, qui se teinta de surprise lorsqu'elle le reconnut.
- Sire ? demanda-t-elle innocemment. Une chose grave est arrivée ?...
Comment parvenait-elle à avoir l'air aussi candide ? On eut dit que la scène de toute à l'heure n'avait jamais eu lieu !
- Où étais-tu ? demanda Kylo, sa voix claquant comme un fouet. Je suis revenu dans…
Il jeta un coup d'œil à la ronde. Ce qui sembla ramener les domestiques à la réalité, puisqu'ils cessèrent de le fixer comme des ahuris avant de reprendre leurs activités en cours. Non sans lui jeter encore un regard intrigué de temps à autres.
- Je ne t'ai pas trouvée en revenant, dit-il simplement.
- Je devais aller relever mes collets, expliqua Rey en désignant le tas de petits gibiers à côté d'elle. Vous ne m'aviez pas demandé de vous attendre.
- Tes affaires n'étaient plus dans ta chambre : ton bâton, ton sac…
- J'emmène toujours mon bâton avec moi quand je sors. Et j'avais besoin du sac pour mettre mes prises…
- Et ton manteau ?...
- Il y avait un vent frais, je ne voulais pas prendre froid.
Bien sûr, tout cela était on ne peut plus logique. Et Kylo se traita d'idiot de ne pas y avoir songé.
Il posa sa main sur celle de Rey, alors qu'elle avait encore les doigts enfoncés sous la peau du lapin qu'elle était en train de dépiauter.
- La prochaine fois, dit-il doucement, ne pars pas sans me dire où tu vas.
- Pourquoi ?
- Parce que je te le demande.
Pouvait-il seulement lui dire ses minutes d'angoisse, à croire que peut-être elle était partie pour toujours et qu'il ne la reverrait jamais ?
- Viens. J'ai des choses à t'expliquer…
Resserrant ses doigts autour de son poignet, il l'attira pour l'inciter à se lever.
- Mais je n'ai pas terminé, protesta Rey en désignant les cadavres de lapins et de grives à côté d'elle. J'ai encore tout ça à dépiauter…
- Quelqu'un d'autre peut s'en charger, s'agaça Kylo. Toi !
Il désigna au hasard un vieillard dans la foule des aides de cuisine.
- Occupe-toi de ça !
Le vieil homme tout tremblant se précipita pour prendre la place de Rey, qui était bien la seule que les sautes d'humeur du Roi n'impressionnaient pas.
- Voilà, déclara Kylo en l'entrainant vers la sortie.
Rey ne savait pas si elle devait être agacée ou amusée par son comportement. Ce n'était pas la première fois qu'elle partait sans prévenir, et revenait à des heures indues. Jusqu'à présent ça n'avait pas eu l'air d'émouvoir Ben plus que ça. Seigneur, il n'allait quand même pas se mettre à surveiller toutes ses allées-et-venues ?! Elle n'allait pas le supporter longtemps.
Elle commença à tirer sur son bras pour se dégager.
- Je sais marcher, pas besoin de me tenir la main.
Ben tiqua à sa réplique, mais obtempéra.
Finalement, ils arrivèrent devant les appartements royaux. Ben la poussa à l'intérieur avant de refermer la porte et de s'assurer qu'elle était bien verrouillée.
- Maintenant, s'impatienta Rey, tu vas me dire ce qui se pa…
Elle n'eut pas l'occasion de finir sa phrase. Ben avait déjà fondu sur elle et l'embrassait passionnément. Rey sentit ses genoux flancher, tandis que ses bras se nouaient par réflexe autour de ses épaules.
- Nous avions commencé quelque chose ce me semble, murmura Ben contre ses lèvres.
Avant de lui laisser le temps de répondre, il s'était déjà mis à genoux et tirait sur les pans de son pantalon, dénudant ses fesses, ses cuisses et ses jambes. Avant de se relever d'un bond, portant les mains à sa tunique, dont il défit la ceinture et passa le vêtement par-dessus sa tête. Puis il refondit sur elle : ses bras puissants s'enroulant comme des serpents autour de son corps nu, ses mains s'agrippant à ses fesses, ses cuisses, ses seins…
Rey n'en revenait pas qu'il soit toujours aussi ardent. Elle ne portait plus sa jolie robe, elle sentait la transpiration, ses cheveux étaient à peine peignés, elle était couverte de poussière et avait encore du sang et des poils de lapins sous les ongles. Et pourtant, Ben semblait encore plus impatient de la posséder que si elle avait été une princesse.
Lorsqu'elle s'était retrouvée dans la chambre, étendue à demie nue sur le lit, le corps encore brûlant des baisers et des caresses échangés, Rey avait soudain été frappée par une dure réalité. L'euphorie de leurs étreintes se dissipant peu à peu pour laisser place à un sentiment latent d'incertitude. Elle s'était brusquement rappelée de qui il était, de ce qu'elle était et de la place que chacun d'eux occupait dans l'ordre des choses.
Rey s'était alors persuadée qu'au moment où Ben franchirait de nouveau la porte de ses appartements, une fois revenu de son entrevue avec l'ambassadeur de Naboo, ce serait pour lui jeter un regard de remord et de pitié, mettant son comportement sur le compte d'un moment de folie.
Cette seule idée la fit bondir hors du lit. Rajustant au mieux sa tenue, elle s'était précipitée vers sa propre chambre où elle s'était changée à la va-vite, voulant à tout prix quitter cette maudite robe qui lui avait valu, l'espace d'un instant, de perdre pied avec la réalité de sa condition. Après l'avoir ensuite soigneusement pliée et déposée sur son lit, elle avait attrapé son sac et son bâton, et était sortie précipitamment ressentant le besoin de s'éloigner au plus vite du château et prenant le prétexte d'avoir à relever les collets qu'elle avait dispersés dans la forêt.
Montée sur sa petite jument, elle avait galopé un certain temps. Profitant de la solitude et du grand air pour chasser de son esprit le souvenir des caresses échangées à peine une demi-heure plutôt. A la pensée que ce moment d'intimité serait sans doute le seul qu'elle partagerait jamais avec Ben et qu'il s'était déjà envolé à tout jamais, un goût amer lui monta à la gorge. Comment supporter après ça de vivre près de lui, de partager une proximité aussi forte que la leur, tout en sachant qu'il ne serait jamais à elle ? De le voir recevoir des attentions et des demandes des femmes les plus puissantes du clan. Jusqu'au jour où il serait bien obligé de fixer son choix.
Se voir supplantée dans l'intimité de Ben par une autre, voilà une chose qui lui donnait envie d'éperonner sa monture et de galoper vers l'horizon sans se retourner. Elle avait cependant résisté à cette envie. Autant parce que, dans l'immédiat, elle n'avait nul autre refuge vers lequel se tourner, et qu'elle n'était pas assez fière ou stupide pour abandonner le confort de sa situation actuelle contre un avenir plus qu'incertain, que parce que ce serait malhonnête et déloyal de quitter les amis qu'elle s'était fait à Korriban, sans un mot ni une explication. Rey avait déjà fait l'expérience de la perte et de l'abandon, et pour rien au monde elle n'aurait imposé cela à quelqu'un qu'elle aimait.
Un peu calmée, elle était donc revenue au château avec son gibier et s'était engagée vers les cuisines pour s'occuper de ses proies, y trouvant une raison supplémentaire d'éviter Ben, au moins pour un moment. Bien sûr, la dernière chose à laquelle elle s'attendait, était de le voir débarquer dix minutes plus tard.
Elle l'avait suivi dans ses appartements, s'attendant à recevoir un sermon, un plaidoyer qu'elle n'avait pas envie d'entendre pour justifier son revirement. Au lieu de cela, elle était debout près du lit, nue comme le jour de sa naissance, tandis que Ben, à genoux, déposait une myriade de baisers sur son ventre, ses grandes mains pétrissant ses fesses. Rey avait l'impression de flotter dans un rêve, alors que revenait l'humidité entre ses cuisses. Elle poussa un gémissement et se laissa tomber en arrière sur le matelas royal.
En un bond, Ben se redressa, retirant sa tunique avec une impatience féroce. Il ne portait pas de chemise en dessous. Il n'avait pas pris le temps d'en remettre une en quittant ses appartements. Rey se rassit sur le lit, face à lui, juste à la bonne hauteur pour l'aider à déboucler sa ceinture et faire glisser son pantalon le long de ses jambes musclées, comme taillées dans du marbre.
Lorsqu'il fut nu lui aussi, elle colla son visage contre son ventre, s'enivrant de son odeur, exaltée par la texture à la fois douce et rugueuse de sa peau, qu'elle sentait palpiter contre sa joue : brûlante et luisante. Elle risqua un œil plus bas, vers son sexe tendu, gorgé de sang et d'envie. Son odeur l'attirait irrésistiblement. Elle tendit une main timide vers lui et le caressa doucement. Sa paume et ses doigts étaient à peine suffisant pour faire le tour de cette colonne de chair dressée tel le mat d'un navire. Ce simple frôlement suffit à arracher à Ben un grognement bestial.
Il saisit Rey par les épaules et la repoussa sur le lit, avant de se placer sur elle, l'écrasant de tout son poids. Leurs sexes se touchèrent, sa verge se frottant contre sa vulve humide et son clitoris gonflé. Rey poussa un nouveau gémissement de plaisir. La main de Ben avait migré de ses épaules vers son visage, se calant contre sa joue brûlante, tandis que sa bouche explorait son cou.
- Maintenant, Ben, soupira-t-elle à son oreille. Ne me fais plus languir, je t'en prie…
Ne pouvant plus ignorer l'injonction de sa maîtresse, Kylo se redressa, s'appuyant sur un coude, tandis que d'une main il guida sa verge en elle. Rey laissa échapper un geignement douloureux et craintif, alors que ses genoux se mettaient à trembler. Il était tellement… grand. Bien plus que tous les quelques rares amants qu'elle avait eu par le passé. Et cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas eu un homme entre les cuisses.
Kylo lui laissa le temps de s'habituer à sa présence. Lui-même ne se rappelait plus la dernière fois qu'il avait été si proche d'une femme. La crispation sur son gland fut presque douloureuse. Mais Rey était si accueillante et, après une poussée fébrile, elle le prit tout entier.
Ils ne formèrent plus qu'un : chairs, poils, odeurs, fluides… tout se pressait et se mélangeait dans une ivresse de sensations. Ce fut même trop. En tout cas bien plus que ce que Kylo put endurer sur le moment.
Rey comprit que quelque chose n'allait pas lorsqu'elle le sentit se tétaniser contre elle. Il baragouina un juron dans ses cheveux. Ses poings se resserrèrent sur les draps comme s'il voulait les réduire en charpie. Et puis il y eut cette chaleur poisseuse en elle et elle comprit d'où venait le problème.
Rey resserra désespérément ses bras et ses jambes autour de lui, le pressant contre elle autant que possible. Au moins pour profiter de lui tant qu'elle le pouvait. Le garder un peu plus longtemps en elle. Maudissant le sort qui s'acharnait à les ramener sur terre alors qu'elle touchait presque à l'extase. Elle n'en tint pas rigueur à Ben cependant. Si elle avait été un garçon, elle pensait bien qu'elle aurait pu jouir quand il l'avait plaquée sur le lit.
Kylo se détacha précipitamment de Rey, non sans pousser un grognement de frustration et de gêne. A son âge, c'était vraiment ridicule de décharger de la sorte comme un adolescent pré-pubère !
Il resta allongé près de sa compagne, sans oser la regarder, de crainte de lire la déception sur son visage. Ce qui n'allait certainement pas l'aider à retrouver de la vigueur.
Il sentit toutefois Rey remuer près de lui. La chaleur de son corps demeurait perceptible. Et ce simple fantôme de contact refaisait monter en lui une vague de désir. Il faudrait cependant plus de temps à son corps pour cela. S'armant de courage, il se tourna vers elle.
Rey était allongée sur le flan, ses bras repliés contre sa poitrine, pressant ses seins menus, ses dents mordillant nerveusement le coin de sa lèvre inférieure, les joues rougissantes. Elle lui faisait face dans toute la beauté de sa nudité. Et il aurait fallu que Kylo soit aveugle pour ne pas la désirer une nouvelle fois. Elle essaya de lui sourire, dans une tentative de le rassurer. Pas très sûre de la bonne attitude à adopter.
- Inutile de prétendre être satisfaite. Je n'en ai pas fini avec toi…
Rey frissonna sous son regard noir, plein de promesses.
Kylo se rapprocha d'elle, posant sa main sur sa hanche, sans fermeté, juste pour le plaisir de caresser sa peau, de mouler ses formes contre sa paume et de sentir sa chaleur. Elle tendit la sienne vers son visage. Du bout des doigts, elle redessina le profil de son nez busqué, avant de descendre vers sa bouche. Elle était vraiment fascinée par ses lèvres. Avec son nez, c'était surement la partie de son visage qui l'intriguait le plus. D'abord, elles semblaient trop grandes, par rapport à sa mâchoire, faisant paraître ses joues plus émaciées qu'elles ne l'étaient vraiment. Et étonnamment pulpeuses pour un homme. Elles avaient un carmin naturel qui les faisait paraître rouges par moment. Comme un fruit mûr dans lequel Rey aurait voulu planter ses dents.
Ce qu'elle fit d'ailleurs, lorsque Ben se pencha au-dessus d'elle, calant son poids sur son avant-bras droit, tandis qu'il glissait sa main gauche entre ses cuisses. Rey gémit contre sa bouche, alors que ses doigts exploraient à nouveau les replis de son anatomie. La pulpe de son index caressa langoureusement ses lèvres, avant de s'attarder sur son clitoris, décrivant des petits cercles nerveux contre sa peau, déjà rendue sensible par sa dernière pénétration.
- Montre-moi comment te faire du bien, murmura Ben contre son oreille.
Rey aurait pu lui demander de refaire ce truc avec sa langue, la tête entre ses cuisses. Mais là, tout de suite, ce dont elle avait besoin, c'était d'être emplie. Alors elle attrapa sa main et l'incita à pousser ses doigts en elle. Comme il l'avait fait au moment de la préparer. Elle était encore toute humide, pleine de foutre, et ils n'eurent aucun mal à s'y glisser. Mais ce n'était pas encore suffisant.
- Mes seins… soupira-t-elle.
Elle enroula sa main dans ses cheveux et attira sa tête vers sa poitrine, au niveau de ses tétons érigés comme des piques, protestant contre le peu de cas qu'on faisait d'eux. Son buste se tendit instinctivement vers les lèvres de Ben, qui captura une pointe entre ses dents, mordillant gentiment, redessinant le contour de l'auréole du bout de la langue. Rey poussa un cri de pur délice. Le visage de Ben remonta contre son torse, glissa sur sa gorge.
Ses lèvres charnues aspiraient la peau tendre de son cou, tandis que son bras s'enroulait contre son flan. Rey se retrouva prise comme dans un étau de chair et de muscles. Il remonta encore jusqu'à sa bouche, dont il cueillit les soupirs sur sa langue, avant de redescendre sur ses seins. Il fit plusieurs fois l'aller-retour. Tantôt sa gorge. Tantôt ses lèvres. Tantôt sa poitrine. Jusqu'à ce que Rey ne puisse plus distinguer le haut du bas et le bas du haut.
Son corps était un délire de sensations. Elle n'était plus que moiteur et soupirs de plaisir. Sa voix devenait rauque à force de gémir. Elle se savait proche de la rupture et Ben dut le sentir aussi, alors qu'elle se contractait autour de ses doigts. Car il accéléra leur va-et-vient en elle, au point d'atteindre une cadence impitoyable.
- Ben… Je viens… Je sens… Ah ! oh… oh… Oh !
Ce fut comme un torrent de lave coulant le long de son épine dorsale et se déversant entre ses cuisses. La seconde suivante, elle était enfoncée dans le matelas, pantelante, la vue obscurcie. Epuisée, éblouie et apaisée.
Kylo passa une main tendre sur le front de Rey, écartant les mèches humides de ses cheveux, collées par la sueur. Il retira l'autre d'entre ses cuisses et la porta à sa bouche, se léchant les doigts avec gourmandise. Le tout sans la quitter des yeux. Ce geste sembla hypnotiser Rey, dont les pupilles étaient totalement dilatées. Elle agrippa soudainement cette main et la rapprocha de son propre visage. Elle embrassa sa paume, son dos et un à un chacun de ses doigts, avec adoration. Elle s'attarda particulièrement sur ceux où sa propre odeur était encore imprégnée.
Rey jeta un regard malicieux sur le bas-ventre de Ben et constata, comme ce dernier d'ailleurs, qu'il avait retrouvé toute sa vigueur. Ce fut à ce moment qu'on frappa à la porte.
Rey jura ses grands dieux que les iris de Ben passèrent du brun sombre au rouge cramoisi. Et la manière dont il se tourna vers la porte, comme s'il comptait y mettre le feu, n'annonçait rien de bon pour celui ou celle qui se trouvait de l'autre côté. Par pitié pour le pauvre messager, Rey tendit une main apaisante pour lui caresser l'épaule. Mais cela n'eut que peu d'effet.
Cette fois Kylo sauta à bas de son lit sans prendre la peine de s'habiller. Il se contenta d'attraper le pan d'un drap et de le nouer pêle-mêle autour de sa taille. Ainsi son visiteur ne manquerait pas de remarquer qu'il tombait au plus mauvais moment. Et tant pis pour lui, c'était un homme mort de toute façon !
Il traversa la chambre à grandes enjambées et s'arrêta devant sa porte, juste le temps de prendre une profonde inspiration, avant de tirer le battant. Sa colère chuta d'un degré à peine lorsqu'il reconnut la visiteuse.
- Lady Yama, dit-il sèchement. Que voulez-vous ?
Lorsque la porte s'était ouverte, la noble dame avait eu l'impression de se trouver face à un démon sortit tout droit des entrailles de la terre : l'épiderme pâle, luisant et rougi, ses yeux sombres lançant des éclairs de rage et ses cheveux noirs en bataille, formant un halo ténébreux autour de sa tête. En dépit de ses traits marqués, de son profil de vautour et des cicatrices qui parsemaient son corps laiteux, lady Yama devait bien admettre que son roi était dangereusement attractif.
- Sire, soupira-t-elle. Votre aide de camp m'a dit que je vous trouverai dans vos appartements.
- Imaze a aussi dû dire que je ne voulais être dérangé sous aucun prétexte.
- Peut-être bien… A vrai dire, il marmonne plus qu'il ne parle, aussi n'ai-je pas prêté un grand intérêt à la suite…
Elle esquissa un pas vers lui. Le premier réflexe de Kylo Ren fut de resserrer l'ouverture du battant de la porte, tout en s'insérant davantage dans l'embrasure. Lui bloquant ainsi le passage et obstruant sa vision de ce qui pouvait se trouver au-delà.
- Encore une fois, Lady Yama, qu'êtes-vous venue chercher ici ?
Il semblait réellement impatient. Mieux valait ne pas passer par quatre chemins.
- Je viens de recevoir une lettre de mon oncle, dit-elle en lui tendant un rouleau de parchemin.
Ren l'attrapa d'une main, retenant de l'autre le drap autour de ses hanches, qui glissait dangereusement, bloquant toujours la porte avec son pied. Il déroula le parchemin devant lui. Yama put voir ses pupilles noires s'agiter, son regard zigzagant entre les lignes de la missive.
- Les négociations avec les tribus des paludes ont porté leurs fruits. Nous pourrons compter sur une solide défense aux frontières Ouest. Et des nombreux talents des empoisonneurs de ses contrées…
Il consentit à relever les yeux vers elle et lui accorder son attention.
- Cela valait le coup de vous déranger, ne croyez-vous pas ?
Un pli apparut au coin de ses lèvres trop grandes. Yama décida de s'enhardir.
- Nous devrions fêter cette bonne nouvelle.
- Certes, dit-il sèchement. Quand votre oncle sera revenu de sa mission, je ferai donner un banquet en son honneur…
Il n'avait toujours pas lâché la porte, ni daigné céder le moindre pouce de terrain. Yama porta plus d'attention à son état. Il semblait fébrile et son front était luisant. Et ses yeux bruns semblaient briller d'une fièvre intérieure.
- Sire, vous paraissez souffrant. Avez-vous attrapé quelque mal ?
- Ce n'est rien. J'ai trop forcé lors de l'entrainement. J'ai juste besoin de rester allongé…
- Avec toutes ces responsabilités qui vous pèsent sur les épaules, vous devriez davantage vous ménager. Je serai enchantée de vous porter assistance…
- Votre sollicitude me touche, la coupa-t-il. Mais du repos et de la tranquillité suffiront jusqu'à demain.
Tout en parlant, elle s'était approchée doucement. Usant d'un timbre suave pour l'amadouer. Comme elle aurait agi avec un cheval rétif. Cependant, plus elle se rapprochait, plus elle pouvait percevoir les subtilités de son odeur. Et une en particulier retint son attention.
- Avez-vous pu remettre la main sur votre écuyère ?
Il allait refermer la porte, mais la question le figea dans son élan.
- En effet, dit-il prudemment.
- Elle ne s'était pas enfuie finalement, s'enquit Fénide avec une fausse sollicitude. Ni n'avait été enlevée comme vous le craigniez…
- Non, en effet. Rey a juste trop pris l'habitude de faire ses allés-et-venues sans rendre de compte à personne.
- J'imagine que vous l'avez vertement tancée pour son imprudence.
Le regard narquois qu'elle lui lança porta le comble à la mauvaise humeur de Kylo Ren.
- En effet, mais comme je sais qu'elle est têtue, je vais très certainement devoir en remettre une couche. Histoire d'être sûr qu'elle a bien compris la leçon.
Sur ce, il lui claqua définitivement la porte au nez.
Kylo se retourna pour voir Rey, allongée sur le ventre, la tête tournée vers lui, appuyée sur ses avant-bras, ses petites fesses découvertes, ainsi que son dos, tandis que ses jambes fines, repliées au-dessus d'elle, balayaient l'air avec ses pieds. Toujours nue et plus irrésistible que jamais. Elle lui jetait un regard ironique.
- Quoi ? demanda-t-il en se rapprochant.
- Tu viens de claquer la porte au nez du plus beau parti de la Cour, fit-elle remarquer comme si elle commentait le temps qu'il ferait demain.
- La belle affaire ! Elle trouvera surement une foule de prétendants pour la consoler…
- Tu devrais prendre garde à ne pas la froisser. Sa famille est puissante…
- Tu crois que je ne le sais pas.
- Même si elle n'est pas agréable, son appui est précieux…
- Tu veux que j'aille la chercher et que je lui propose de se joindre à nous ?...
A cette réplique, Rey se redressa, se mettant à genoux sur le bord du lit et tendit les bras vers son cou, l'attirant dans un baiser possessif. Kylo ne put s'empêcher de sourire. Elle se détacha ensuite pour lui retirer - ou plutôt lui arracher- le drap des mains, le laissant aussi nu qu'elle l'était elle-même. Son membre de nouveau érigé tel une lance entre eux. Rey parsema sa peau de baiser, ses mains se glissant dans tous les recoins qu'elles pouvaient atteindre. Elle était spontanée, vive et impatiente. Comme Kylo l'aimait tant.
- Et si on reprenait, murmura-t-il contre ses cheveux. Et promis, cette fois, je vais prendre mon temps.
Il s'étendit sur le lit. Et avant qu'il n'ait pu esquisser un geste, Rey était déjà montée à califourchon sur son ventre.
- Laisse-moi prendre les rênes, dit-elle malicieuse. J'arriverai à te refreiner…
Kylo hésita. Céder le contrôle n'était pas dans sa nature. Fut-ce à quelqu'un en qui il avait entièrement confiance.
Pendant les vingt premières années de sa vie, tout le monde ou presque avait dirigé son existence à sa place : Dark Vador, sa mère, son oncle… et même Snoke, d'une certaine manière. Il avait dû tant batailler pour reprendre en mains les rênes de sa destinée, que laisser quelqu'un d'autre les tenir - même pour un court et délicieux moment – ressemblait trop pour lui à une défaite.
Rey surprit le conflit dans ses yeux. Elle se pencha sur lui, jusqu'à ce que leurs bustes se touchent. La pression de ses seins menus sur sa large poitrine accéléra les battements de son cœur. Elle posa ses mains sur chaque côté de son visage, ses pouces venant caresser ses pommettes. Leurs bouches étaient à peine à un pouce l'une de l'autre. Elle attrapa sa lèvre inférieure entre ses dents, le mordillant tout doucement. L'arrête de son nez se cogna contre les narines de Ben. Ce qui la fit sourire. Il avait vraiment un nez trop grand.
C'était si facile… d'oublier,… d'oublier d'être fort, d'être ferme et inflexible… d'être Kylo Ren. De se laisser aller sous ses doigts, sous ses baisers… De n'être plus qu'un amas de chair chaude et frémissante.
Ses mains étaient déjà remontées vers ses fesses et les agrippaient, possessives. Rey l'attrapa par les poignets et les repoussa au-dessus de sa tête. Ses yeux brillaient comme ceux d'une tigresse affamée. Elle se redressa, lui intimant du regard l'ordre de ne pas bouger. Elle se positionna juste au-dessus de son érection. Le contact de ses lèvres humides contre sa verge était un vrai supplice.
Kylo laissa échapper malgré lui un gémissement fort peu viril. Son épiderme tout entier était en feu. Rey bascula lentement son bassin d'avant en arrière, glissant ses lèvres humides sur toute sa longueur, frottant son clitoris contre sa verge tendue. Elle se servait de lui pour se donner du plaisir et il devait se concentrer pour ne pas jouir dans l'instant. Elle le torturait et il adorait cela. Si elle l'avait voulu, elle aurait pu lui arracher tous ses secrets, ainsi que sa couronne et son royaume et il aurait crié « Amen ! ».
La main de Rey se referma sur sa verge et elle le guida doucement en elle. S'arrêtant dès qu'elle le sentait se contracter entre ses cuisses. Ben avait refermé ses poings sur les draps. Il y eut un bruit de déchirure à plusieurs reprises. Ils étaient définitivement bons à jeter. Il ferma les yeux, se força à penser à des choses dégoutantes pour freiner son ardeur et ne pas se laisser submerger par le plaisir : la chaleur veloutée de son sexe, l'étroitesse humide de sa chair… Par la Force ! Il fallait être un saint pour ne pas succomber…
- Ben…
Elle avait gémi son nom dans un soupir lascif, alors qu'il était profondément enfoncé en elle. Il ouvrit les yeux et croisa son regard. Son visage était concentré et luisant. Elle le fixait avec une sorte d'expression de tristesse et de mélancolie. Elle se tenait au-dessus de lui, le buste droit comme une de ces antiques déesses. Ses petits seins tressautant au rythme de sa respiration, les pupilles dilatées par le désir. Son ventre contracté autour de sa verge remuait comme le corps d'un serpent enroulant ses anneaux. La frontière entre leurs deux corps se perdait dans le fouillis de leurs poils pubiens.
Ben se concentra sur cette vision, sur la pensée qu'ils ne formaient plus qu'un. La chaleur de son ventre, l'humidité de sa chair se lovant autour de lui comme un cocon délicieux.
- Rey, laissa-t-il échapper dans un souffle, tu es si douce… tellement serrée… tellement…
Il ramena ses mains le long de ses cuisses, caressant tendrement sa peau veloutée. Rey tremblait autour de lui. Il remonta encore vers ses hanches, sa taille ses pouces creusant des sillons profonds, juste sous son nombril. Elle commença à bouger, lentement. Ben la laissa aller à son rythme, se servir de lui comme d'un étalon. Se contentant de garder ses grandes mains sur ses hanches rondes. Elle était tellement petite entre ses paumes. Et tellement grand le plaisir qu'elle lui donnait. Il aurait voulu que ça ne s'arrête jamais.
- Oh Force ! Aide-moi !
Il se redressa sur ses avant-bras, rapprochant sa bouche de ses tétons et captura l'un d'eux entre ses lèvres. Rey gémit et se resserra autour de lui. Kylo passa son bras dans son dos, la rapprochant un peu plus. Elle s'agitait furieusement à présent contre ses reins, allant et venant à un rythme frénétique. Après avoir torturé son téton gauche suffisamment longtemps pour que ses contours prennent une teinte rosée, il passa au droit et lui infligea le même traitement. Rey bomba le torse, tandis que ses épaules basculaient vers l'arrière. Elle avait cessé de remuer, se contentant juste de savourer ses baisers.
Kylo était entièrement redressé en position assise maintenant, Rey abandonnée entre ses bras. Puis il y eu un spasme. De lui ou d'elle. C'était difficile à dire. Mais ça les surpris tous les deux comme une décharge magnétique. Si bien que Rey rebascula vers l'avant et s'agrippa aux épaules de Ben. Leurs bouches se heurtèrent et ils étouffèrent leur orgasme dans un baiser.
Ayez, nos tourtereaux ont ENFIN consommé leur amour. J'espère que l'attente en aura valu la peine...
