Hellow there !
J'espère que vous allez bien en ce début décembre, au taquet pour les fêtes de fin d'année (ou pas pour celles et ceux qui ne les fêtent pas).
Encore navrée pour ce temps d'absence, je travaille beaucoup en ce moment (mais je vous oublie pas, promis).
Let's go pour le chapitre 12, bonne lecture !
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Réponse(s) aux lecteur.ice.s
Nedwige Stark : Très contente que tu aimes :D Hâte d'avoir ton avis pour la suite !
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Chapitre 12 : They say freak when you're singled out
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Toc-toc-toc.
- Entrez.
- Bonjour Mr le Directeur.
- Bonjour Drago. Miss Granger.
Perché sur une échelle, Severus Rogue ajusta des fioles dans une étagère dédiée. Il les faisait s'entrechoquer intentionnellement, provoquant un son strident. Des livres volaient magiquement un peu partout et se rangeaient d'eux-mêmes dans l'immense bibliothèque de la pièce.
- Asseyez-vous.
Après quelques minutes, Rogue redescendit. D'un coup de baguette, il alluma quelques bougies supplémentaires autour de son bureau central impeccable et ordonné. Il prit place dans son imposant fauteuil en cuir noir, l'air impassible.
- Je vous ai fait venir avant le début de la rentrée pour vous parler de quelques détails concernant votre présence aujourd'hui, annonça-t-il avec sa légendaire voix monotone. Miss Granger, vous êtes ici en qualité d'otage, pas en tant qu'élève.
- Votre piège est grotesque ! s'indigna-t-elle. Ne comptez pas attirer Harry de cette façon, je suis persuadée qu'il...
- Insupportable, comme toujours, articula Rogue avec mépris. Comme je le disais, vous êtes présentement un otage, ce qui veut dire que Drago vous surveillera. Par conséquent, vous l'accompagnerez dans tous ses cours et ses déplacements.
- Sauf pour dormir, j'imagine, répliqua-t-elle.
- Silence !
Rogue se leva et se rapprocha d'Hermione. Il fulminait.
- Exceptionnellement, vous serez répartie à Serpentard cette année, Miss Granger, quand bien même si vous ne portez aucune de ses nobles valeurs, continua Rogue. Vous vous reposerez donc dans leur dortoir et déjeunerez avec eux quand l'emplacement par maison sera imposé. Même s'il ne l'est pas, je vous encourage à ne pas rejoindre les Gryffon…
- Vous plaisantez ? intervint Hermione. Les Serpentards me détestent de par ma naissance et ma proximité avec Harry ! Ils vont passer l'année à…
- Incapable de tenir sa langue, la coupa froidement Rogue. Drago, sortez s'il vous plaît.
Dès que la porte claqua, Rogue insonorisa la pièce.
- Qu'allez-vous me faire maintenant ? Me torturer comme Bellatrix ?
- Cessez vos inepties pendant un moment et écoutez-moi attentivement, marmonna Rogue. Le Seigneur des Ténèbres a prévu de vous soutirer des informations sur Potter et l'Ordre du Phénix par le biais de Mr Malefoy. Attirer Potter à Poudlard serait un plus, mais ce n'est pas son objectif premier. Il n'est pas naïf à ce point.
- Pourquoi me dîtes-vous ça ? s'étonna Hermione. N'avez-vous pas assassiné Dumbledore ?
- Albus Dumbledore a détruit un horcruxe avec un sort très risqué. Tellement risqué qu'il s'est lui-même condamné. Il m'a demandé de… soulager ses souffrances à la place de Mr Malefoy.
- Il devait mourir quoiqu'il arrive ?
- Oui.
- Pourquoi voulait-il empêcher Malefoy de le tuer ?
- Vous connaissez déjà la réponse à cette question, Miss Granger.
- Pourquoi devrais-je vous croire ?
Rogue grimaça. Il retira un de ses souvenirs et le plaça dans une fiole. Il la donna à Hermione en lui pointant le bassin en pierre non loin du bureau. Elle plongea son visage dans l'eau glacée.
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Après un court vertige, elle se vit à la tour d'astronomie. Dumbledore expliqua son plan à un Rogue réticent. Puis, un nuage de fumée émergea, dévoilant une nouvelle scène. La nuit de l'assassinat. Elle remarqua Harry caché sous la plateforme de la tour d'astronomie. Dumbledore était fatigué, respirant difficilement. Le visage luisant, Drago hésitait. Il n'eut pas le temps de se décider quand les Mangemorts firent leur irruption derrière lui. Bellatrix fit pression sur lui, le sommant de lancer le sort de mort. Soudain, Rogue apparut dans l'ombre du jeune homme. Ce dernier le supplia du regard. Une lumière verte trancha l'atmosphère, Dumbledore chuta.
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Hermione était abasourdie.
- Ainsi, vous vous trouvez toujours du côté de l'Ordre ?
- Excellente déduction, je n'en espérais pas moins de votre part Miss Granger, soupira Rogue, exaspéré.
- Qu'attendez-vous de moi dans ce cas ?
- Plusieurs choses. Dans un premier temps, faites très attention à vous ici. Les Carrow sont des Mangemorts avides de torture et d'humiliation en tout genre. Ils se retrouvent responsables de la discipline cette année, alors, réfrénez-vous pour une fois. Ne faites pas votre Miss-Je-Sais-Tout.
- Mais encore ? lâcha-t-elle en roulant des yeux.
- Ne révélez à personne ma nature d'agent double, même à vos amis. Surtout à Potter qui est toujours persuadé que j'ai rejoint l'ennemi.
- Très bien et pour Malefoy ? S'il doit me soutirer des informations, je dois lui en livrer à un moment ou à un autre. J'imagine qu'il va devoir transmettre des rapports à Voldemort ?
- Tout à fait, acquiesça modestement Rogue. Je vous en donnerai des fausses, assez pour mener le Seigneur des Ténèbres sur une bonne piste, mais pas suffisamment. Les projets de l'Ordre ne doivent pas en pâtir et Drago doit rester en vie.
- Vous avez encore des contacts avec ses membres depuis la mort de Dumbledore ?
- Oui.
- Avec qui ?
- Vous n'avez pas besoin de le savoir.
J'aurais dû m'en douter.
- Autre chose, Professeur, à propos de Malefoy, dit Hermione. J'ai senti cet été au Manoir qu'il apparaissait plus que réticent à suivre les préceptes de Voldemort. Je me suis demandé s'il était possible de… de le convertir à notre cause.
- C'est envisageable, mais faites très attention, Miss Granger, articula Rogue. Vous devez attendre le bon moment pour cela.
- Que voulez-vous dire ?
- Recruter des agents n'est pas chose aisée. Vous devez d'abord aborder des sujets choisis avec minutie. Ces derniers doivent rentrer de plus en plus en contradiction avec toutes les croyances auxquelles il s'attache ardemment. Le doute doit s'immiscer subtilement dans son esprit et le changement doit à tout prix venir de lui. Enfin, lorsque vous sentez qu'il est sur le point de basculer, vous le confronterez.
- Le confronter ? répéta Hermione. Mais comment ?
- Retenez mes paroles. Même si ça me tue de l'admettre, vous êtes intelligente Miss Granger. Quand le moment crucial arrivera, vous le saurez, conclut Rogue.
- Si vous le dîtes, soupira Hermione en haussant les épaules. Une dernière chose, Professeur, comment communiquerons-nous pour transmettre les fausses informations à Malefoy ?
- Dans la bibliothèque. Vous trouverez une petite trappe dans le mur au fond de la réserve. Réalisez la rune de l'air avec votre baguette pour l'ouvrir. Bonne soirée.
…
Après avoir enfilé son uniforme, Drago se rendit avec Granger dans la Grande Salle pour le dîner.
Le traditionnel discours du Directeur était déjà passé et contrairement à Dumbledore, Rogue n'était pas du genre à s'épancher en futilité. Drago reconnut Alecto et Amycus Carrow assis à la table des professeurs. Frère et sœur et compagnons proches de sa tante Bellatrix, il savait qu'il allait en baver avec eux cette année.
Il se dirigea machinalement vers la table des Serpentards retrouver Blaise. Il repéra ce dernier qui riait avec d'autres de ses amis : Pansy Parkinson, Théodore Nott et Grégory Goyle. Bien qu'il ne les avait pas côtoyés depuis un moment, Drago espérait que Blaise avait défendu sa cause auprès d'eux. Il s'apprêtait à les rejoindre lorsqu'il se ravisa. Qui voudrait encore adresser la parole à « un ami » qui les avait ignorés et méprisés pendant plusieurs mois ? Il commençait à s'installer plus loin avec Granger quand Blaise lui fit un signe de main. Soulagé par son geste, Drago se dirigea vers eux. Derrière lui, la Gryffondor soupira fortement avant de se relever pour le suivre.
- Tiens, un revenant, plaisanta Pansy quand il s'assit parmi eux.
Toutes leurs assiettes étaient déjà bien entamées, remplies de plats en tout genre : des poêlées de légumes, des morceaux de viande, des potages et un gratin de pommes de terre. Une assiette et des couverts apparurent magiquement devant Drago qui se servit d'un peu de tout.
La Serpentard remarqua alors la jeune femme qui le suivait.
- Granger ? Que fais-tu là ? demanda Pansy entre deux bouchées.
- Je dois ma mutation à notre cher nouveau Directeur, répondit-elle, exaspérée.
- J'ignorais que c'était possible de changer de maison en cours de scolarité. Pourquoi tu… Hey ! Greg ça fait mal ! se plaignit Théo en se massant le bras.
- À ton avis ? marmonna Greg en buvant son jus de citrouille. De un, tu n'as que des Sang-Purs et quelques Sang-Mêlés cette année. De deux, elle fait partie de la bande à Potter, activement recherchée par Tu-Sais-Qui. Et enfin, comme par hasard, elle suit Drago partout.
- Très bon raisonnement, Goyle, releva Hermione, non sans ironie.
- Pour qui me prends-tu ? Le dernier des imbéciles ? grogna-t-il. N'as-tu pas remarqué que je poursuivais plusieurs cours en ASPIC avec toi ?
- Hm… c'est que… balbutia-t-elle.
- Et puis, on ne peut pas être si nul si on remporte régulièrement la coupe des Quatres Maisons, précisa Théo.
- Vous trichez, sans nul doute, marmonna l'ancienne Gryffondor. N'est-ce pas la méthode des Serpentards ?
Toute la table explosa de rire, mis à part Hermione.
- Les fameux préjugés des Gryffondors sur les Serpentards, un grand classique, gloussa Pansy en essuyant une larme.
- Traite-nous de partisans de Tu-Sais-Qui assoiffés de sang de Né-Moldus, pendant que tu y es, mâchonna Greg, visiblement hors de lui.
- Ne t'inquiète pas, Granger, personne ne va te faire de mal dans notre groupe. Et si les autres Serpentards essayent, ils auront affaire à nous, lui murmura doucement Blaise.
- Désolée d'être surprise... Vous aviez l'habitude de nous martyriser les années précédentes.
- Martyriser, rien que ça, pouffa Pansy, manquant de s'étouffer avec une pomme de terre.
- Granger a tendance à tout dramatiser, intervint Drago d'un air blasé. Spécialiste du « c'est vous qui avez commencé ».
- Et nous, on ne s'est pas fait malmener par votre bande, peut-être ? Je me souviens du somnifère que j'ai avalé en deuxième année. Ça m'a valu une belle commotion et une bonne semaine de repos à l'infirmerie, s'énerva Greg.
- Ah euh… je ne savais pas, s'étonna Granger. Et comment as-tu découvert que c'était nous ?
- Je l'ai deviné, c'est tout, répondit-il en haussant les épaules. Quand Drago est venu me voir à l'infirmerie, il m'a demandé si mon ventre me faisait encore mal, pas ma tête. Je n'ai pas mis longtemps à déduire que ça ne pouvait être que vous. Vous êtes les seuls à nous être frontalement hostiles.
Granger se tut, incapable de répliquer quoi que ce soit. Elle devint soudainement fascinée par ses légumes. Drago comprit qu'elle se sentait coupable de ne pas avoir pensé que les torts puissent être partagés. Certes, le Serpentard et ses amis leur en avaient fait voir de toutes les couleurs aux Gryffondors, mais cette rivalité restait souvent sans grandes conséquences.
- N'oublions pas le maléfice qu'a jeté Potter à Drago, ajouta Pansy la voix tremblante, encore sous le choc. On a tous cru qu'il allait y passer.
- Oh, c'est bon, grogna Drago. Je n'avais pas non plus envie de lui serrer la main.
- Mais quand même… intervint Blaise. Tu te rappelles dans quel état il t'avait mis ?
Comment ne pas se souvenir de la douleur du maléfice ? Il était aussi cuisant que ceux que lui lançait Bellatrix en punition de son incompétence sur ses Doloris. Le Sectumsempra avait entaillé l'ensemble de son corps, laissant derrière lui de nombreuses cicatrices. Il avait eu si mal qu'il s'était évanoui sur le sol inondé des toilettes des filles. Les cris de Mimi Geignarde s'étaient profondément ancrés dans son cerveau si bien qu'ils avaient servi de bruit de fond pendant toute sa convalescence. Il en avait encore la nausée.
- Tout va bien Drago ? Tu es livide.
- Oh laisse-le souffler, Pansy, lui chuchota Théo. Entre ce qu'il a vécu l'année dernière et Tu-Sais-Qui logeant chez lui pendant tout l'été.
- Comment le sais-tu, toi ? s'étonna-t-elle.
- Parce que son père s'y est rendu, espèce de citrouille, murmura Greg.
- Dans ce cas, le tien aussi, remarqua Pansy.
- Exact.
- Drago ? s'inquiéta Blaise.
- Ça va, pesta-t-il en remplissant à nouveau son assiette. D'ailleurs, rien à voir, mais où est Vincent ?
Ses amis poussèrent de profonds soupirs accentués de quelques raclements de gorge.
- J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?
- Tu n'es pas au courant ? lui chuchota Théo. Crabbe a vraiment mal tourné cet été. On a un peu tous coupé les ponts avec lui.
- Mal tourné ? s'étonna Drago. Comment ça ?
- Vincent n'arrêtait pas de nous parler de Tu-Sais-Qui, grimaça Pansy à voix basse. Il nous a raconté le soir où la prof des études Moldus s'était fait dévorer par Son serpent.
- Quoi ? Je m'en souviens parfaitement et Vincent n'était pas là ! Ce qui veut dire que… commença Drago avec horreur.
- …son paternel lui a tout relaté dans les moindres détails, termina Greg. Même le mien n'a pas osé le faire.
- Vincent apparaissait heureux dans ses lettres, s'indigna Théo. Il nous a encore ennuyé avec Greg qu'on devait abandonner Poudlard cette année et rejoindre nos pères dans leur lutte contre les Nés-Moldus et les Sangs mêlés. Devenir de bons Mangemorts et… Aïe ! Greg, arrête !
- Pas maintenant Théo, grogna Greg. Il y a trop d'oreilles indiscrètes ici.
- En tout cas, le voir autant s'extasier devant la mort de cette pauvre prof nous a tous fait gerber, lâcha Pansy, révoltée.
- Ce… C'était horrible. Il… il l'a dévoré devant nous… son serpent… C'était une des pires journées de ma vie, murmura Drago en se basculant nerveusement. J'ai dû me soûler avec n'importe quel alcool que je trouvais. Je ne sais même pas comment j'ai fait pour dormir dans mon lit et non par terre dans mon vomi.
Drago s'essouffla subitement, revivant mentalement la mort de Charity Burbage gravée à l'intérieur de ses paupières.
Comment ne pas oublier cette journée ?
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Le matin, il s'était rendu chez sa tante Bellatrix à l'écouter raconter des horreurs pendant des heures. Puis, elle l'avait raccompagné au Manoir, enthousiaste de la présence "de la viande de Moldue au déjeuner ». Le jeune homme ne s'était pas attendu à découvrir le Seigneur des Ténèbres et tous les Mangemorts rassemblés dans le salon, une femme flottant au-dessus de la table en bois massif.
Drago avait été aux premières loges : son serpent l'ayant dévoré juste devant lui. À la fin de la réunion, il avait déversé toutes ses tripes dans ses toilettes et avait passé le reste de sa journée à boire, finissant par s'endormir, au bord du coma éthylique.
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- Tiens, prends ça, dit Blaise.
De dernier lui posa une main chaleureuse sur son épaule et lui tendit une petite fiole avec un liquide bleuté.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Contre l'anxiété. Tu en as besoin, mec, lui sourit son meilleur ami. On est là maintenant. On ne te laissera plus seul.
…
Hermione déprimait en tournant ses aliments dans son assiette. Elle n'avait pas faim. Son unique envie était de retrouver ses proches à la table des Gryffondors, de se confier.
Ginny était la seule à lui remonter le moral dans les pires moments, même quand Ron était sorti avec Lavande. Neville l'avait toujours soutenue par sa bienveillance. Luna était douée pour dédramatiser les situations et Hermione adorait sa franchise qui lui allait droit au cœur.
A leur manière, ils lui manquaient tous affreusement. Sans nouvelles de Harry et Ron depuis des mois, elle en avait cruellement besoin d'eux.
Elle se sentait si mal, si perdue.
L'ancienne Gryffondor leva le regard en direction de Ginny et Neville qui la fixaient bizarrement, surpris de la voir assise chez les Serpentards. Ils lui mimèrent des pourquoi de leurs lèvres. Comme réponse, Hermione désigna Drago de la tête, ce qui eut dont de faire fulminer sa meilleure amie pendant tout le reste du repas. Hermione voulut continuer à échanger à distance avec eux, mais Blaise lui en empêcha, visiblement très intéressé par sa présence. Elle remarqua néanmoins le départ de Neville et Ginny, cette dernière lui adressa un cœur avec ses doigts. Hermione accueillit avec gratitude cette chaleur inaccessible, avant de s'engouffrer dans la fosse aux serpents.
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Les Serpentards se dirigèrent joyeusement vers les sous-sols, Hermione sur leurs talons. La jeune femme détestait les tréfonds du château, en particulier leur puanteur ambiante et l'aura malsaine qui y régnaient. Elle préférait nettement le cadre chaleureux et lumineux du dortoir des Gryffondors.
Dès qu'elle pénétra dans la salle commune de Serpentard, elle s'arrêta net en plein milieu d'un petit salon, admirative. Hermione se souvint alors de la description de Harry et Ron.
Un endroit lugubre et hostile, ça ? pouffa-t-elle, intérieurement.
Ces deux-là s'étaient lourdement trompés. Même si elle révélait les profondeurs du lac noir à travers de grandes fenêtres grimpant jusqu'à un haut plafond, la pièce apparaissait chaleureuse et subtilement aménagée. Tous les meubles étaient disposés à accueillir au mieux les étudiants. Hermione se voyait déjà lire dans le canapé en cuir placé devant la cheminée ronflante, ou encore réviser sur une des nombreuses tables spacieuses.
Soudain, un claquement de doigts se fit entendre.
- Eh oh, Granger, dit-elle en passant une main devant ses yeux. Tu ne vas pas t'endormir debout en plein milieu du salon, si ?
- Excuse-moi Parkinson, finit par prononcer Hermione. J'admirais la salle commune, je la trouve magnifique.
- N'est-ce pas ? Je suis persuadée qu'elle est plus belle que celle de Gryffondor ! se vanta-t-elle.
- Elles ont toutes les deux des styles très différents, mais je dois avouer que celui de Serpentard est incroyable. Je pensais qu'il serait un peu plus glauque ou…
- Par Salazar, Granger, tu ne vas pas recommencer ! soupira Parkinson en roulant des yeux.
- Une vieille habitude, s'amusa Hermione. Désolée.
- Oui et bien, perds-la vite s'il te plaît, ou je vais finir par t'assommer avec un de tes livres ! plaisanta-t-elle.
Hermione se figea, se rendant compte qu'elles étaient seules.
- Où se trouvent les garçons ?
- C'était impossible de te sortir de tes rêveries alors ils sont allés se coucher, ricana Parkinson. Viens, je vais te montrer le dortoir des filles.
La Serpentard prit la direction d'une des deux cages d'escalier et descendit dans les profondeurs de la salle commune. Hermione la rejoignit dans un couloir décoré d'une tapisserie verte à motif de serpents. Des chandeliers dorés étaient suspendus aux murs, éclairant l'allée d'une douce lumière orangée. Parkinson s'arrêta devant une porte notée du chiffre 7.
- Voici où nous logeons, déclara-t-elle en pénétrant dans la pièce. Vu le peu d'élèves cette année, nous ne sommes que deux par chambre. Tu dors ici.
Elle lui pointa un magnifique lit à baldaquin en bois sombre, avec des draps verts arborés d'un imposant serpent noir au milieu. Ses affaires étaient délicatement posées sur une chaise à côté de sa table de chevet, ce qui soulagea Hermione. Drago n'avait pas tenu sa parole : il ne lui avait restitué ni son petit sac violet ni sa baguette.
- J'espère que l'on va bien s'entendre, lâcha Hermione, se rendant compte trop tard qu'elle avait formulé cette pensée à voix haute.
- Ne t'inquiète pas, je n'éprouve pas l'envie me prendre la tête avec ma colloque de chambre, j'ai d'autre Niffleurs à fouetter, ricana Parkinson en se retournant vers une Hermione liquéfiée. Et si tu deviens insupportable, je me ferais une joie de t'avertir !
- Il est vrai que tu ne gardes pas la langue dans ta poche, s'amusa la Gryffondor.
- Toi non plus, lança-t-elle avec un clin d'œil. La communication sera plus facile comme ça. Mieux vaut se dire les choses que les ruminer pendant des heures !
Après lui avoir présenté les parties communes du dortoir des filles, Parkinson commença à ranger ses vêtements et laissa Hermione à ses occupations. Cette dernière en profita pour prendre une douche et endossa un pyjama confortable. Quelle fut sa joie quand elle se glissa dans un lit moelleux et propre, contrastant avec ses précédentes nuits, allongée sur un carrelage rigide et glacial.
- Je ne m'attendais pas à un si bon accueil de votre part, concéda la Gryffondor, à moitié assoupie. Je me suis plutôt préparée aux insultes…
- Nous ne voulons pas te le donner non plus et vu notre passif commun, ce qui est plus que légitime, avoua Parkinson en s'extirpant de sa lecture. Mais Blaise nous a parlé de ton aide envers Drago pendant les vacances.
- Blaise ?
- C'est le meilleur ami de Drago, ils se racontent tout.
- Oh ! Et euh… qu'a-t-il dit à mon sujet ?
- Que tu as été d'un grand soutien moral, présente quand c'était possible et au moment où ça n'allait pas… Il a été assez vague, mais il nous a bien fait comprendre que si on ne le récupère pas à la petite cuillère aujourd'hui, c'est en partie grâce à toi.
Hermione était abasourdie. Elle ne s'attendait pas à autant de reconnaissance de la part des amis de Drago. Peut-être allait-elle passer une meilleure année chez les Serpentards qu'elle ne l'aurait cru ?
- Je ne trouve pas autre chose à dire à part te remercier, hoqueta Hermione. J'étais persuadée que... que vous alliez tous me harceler, me torturer ou que sais-je. J'ai vécu des... des choses horribles cet été et... restant une Née-Moldue, j'ai pensé au pire...
- Je t'arrête tout de suite Granger, nous n'avons jamais été partisans de Tu-Sais-Qui, ni de ses idées moyenâgeuses, répliqua sèchement Parkinson. Les deux seuls crétins qui se sont tournés dans cette voie sont Drago et Vincent. Quant à Greg et Théo, ils se trouvent actuellement dans une situation délicate, car ils refusent de devenir Mangemort comme leurs paternels. Enfin Blaise et moi, aucun membre de notre famille n'est lié à la magie noire ou à Tu-Sais-Qui, et ce n'est pas prêt de changer !
- Et les Sang-de-Bourbes que me lançait Drago et vous qui l'imitiez ?
- Il considérait beaucoup les valeurs son père. Vers la quatrième année, hormis Vincent et Greg, on s'est tous rendu compte que ce n'était pas très malin de notre part de le suivre aveuglément, admit la Serpentard. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il s'est éloigné de nous l'année dernière.
- J'ai cru comprendre qu'il était particulièrement seul, avoua Hermione.
- Avec le retour de Tu-Sais-Qui, Greg et Théo se sentaient mal dans leurs familles respectives. Ils avaient plus que jamais besoin du soutien de Blaise et du mien. À ce moment-là, on a décidé de devenir un groupe plus bienveillant, alors, nous avons banni Drago et Vincent.
- Blaise a lui aussi choisi d'exclure son meilleur ami ?
- Non. Il n'a pas lâché l'affaire avec Drago, il reste persuadé que son hostilité n'est qu'une façade.
- J'en suis certaine, soupira la Gryffondor, les yeux à moitié clos.
- Quoi ? Tu… s'étonna Parkinson en relevant la tête de sa lecture.
Mais elle n'eut pas le temps d'exprimer sa réflexion, Hermione avait sombré dans un profond sommeil.
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Et voilà pour ce chapitre ! J'espère qu'il vous a plu.
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Petite précision que j'aimerais ajouter sur mon histoire :
Je déteste le Serpentard = méchant et Gryffondor = gentil. Donc attendez-vous à du love et de la gentillesse avec la petite bande de Serpentards (ça fait du bien après un début d'histoire un peu dur, non?). Bon, évidemment, ça ne va pas être tout rose non plus, un peu de difficulté ne fait pas de mal.
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N'hésitez pas à commenter / liker / suivre l'histoire (même vous, mes petit.e.s lecteur.ice.s fantômes). Ca me fait beaucoup de bien de voir que l'histoire est appréciée et ça m'incite beaucoup à écrire/publier la suite (si si, je vous jure).
Et bien sûr, un grand merci à celles et ceux qui le font déjà.
Je vous envoie des arc-en-ciel et à une prochaine pour la suite !
