Heiji avait passé le reste de la journée dans sa chambre à penser à Otaki et à ce qu'il pourrait faire dès qu'il se retrouverait devant les responsables de sa mort. Il n'était descendu que pour le dîner. Son père quant à lui était rentré bien tard, tout le monde était déjà endormi. Le lendemain, l'adolescent se leva, prit une douche et alla prendre son petit-déjeuner. A sa grande surprise, il trouva son père en train de manger, d'habitude il était rare de rencontrer Heizô Hattori le matin chez lui.

« Heiji tu es réveillé ! Installe-toi je vais te servir. » déclara Madame Hattori en voyant son fils.

Le garçon à la peau sombre fit ce que sa mère lui demanda. Shizuka lui servit son bol puis quitta la pièce. Il se retrouva seul face à son père, il ne l'avait pas revu depuis hier et leur dernière conversation ne s'était pas bien terminé. Le silence régnait et l'atmosphère était glacial. Le chef de la police continuait à manger comme si son fils n'était pas dans la pièce, ce dernier fit de même.

« Heiji. » sortit soudainement Heizô au bout d'un moment tout en posant son bol. « D'après Toyama, tu as renoncé à ton objectif de vouloir rendre justice à Otaki. »

« Oui. » fit-il d'une voix stoïque tout en continuant à déguster son petit-déjeuner.

« Ça m'étonne de toi, hier tu étais d'abord déterminé voir enragé et une heure après j'apprends que tu as tout à coup décider de laisser tomber. » Il haussa un sourcil.

« Peut-être que pour une fois, j'ai juste choisi d'écouter mon vieux. Et de toute façon je sais que tôt ou tard Otaki sera venger. » l'osakien haussa les épaules.

« Je te préviens Heiji, tu n'as pas intérêt de faire quoi que ce soit ! » menaça l'homme d'un ton sévère. Il connaissait bien son fils et il savait très bien que le garçon était très têtu et ne renonçait pas aussi facilement. « Dans tous les cas, les policiers qui sont chargés de ta sécurité sont déjà devant la maison, alors si tu tentes de sortir, je le saurais ! » Sur ces mots il se leva pour se rendre au travail.

L'adolescent regarda son père partir d'un air blasé. Peu de temps après sa mère partit à son tour, elle était escortée par deux policiers, visiblement Heizô avait jugé bon de la mettre également sous protection.

A la minute où il se retrouva seul, il vérifia rapidement qu'aucuns policiers n'étaient entrés dans la maison puis il se dirigea vers le bureau de son père, mais il fut arrêté dans son élan par quelqu'un qui l'interpela.

« Salut Heiji ! » fit Kazuha qui apparut dans le salon.

« Ka-Kazuha ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Comment es-tu entrée ? » demanda-t-il en se retournant avec un air surpris.

« Bonjour l'accueil… » Elle afficha un air vexé. « Je suis venue voir comment tu allais aujourd'hui et je ne suis pas venue seule. Vous pouvez venir. » elle se tourna vers la porte d'entrée qui était entrouverte et Heiji vit deux personnes qu'il connaissait bien apparaître.

« Ohayo, Hattori-kun. » salua Ran Mouri en lui faisant un léger sourire.

« Salut Heiji-niichan. » dit Conan Edogawa en souriant.

« Ku…Conan-kun ? Neechan ? » fit-il avec étonnement.

« Kazuha-chan nous a appelé hier et nous a raconté ce qui était arrivé à Otaki-san… Je suis sincèrement désolé Hattori-kun. » dit-elle avec compassion.

« On a donc tous décidé ensemble de venir te voir, pour qu'on passe la journée ensemble. C'est mon père qui nous a déposé et grâce à lui les policiers nous ont laissé entrer. » déclara l'osakienne.

« M-Merci. » il baissa la tête et son visage devint fermer. Il savait que ses amis étaient là pour de bonnes intentions, mais leur présence contrariait grandement ses plans.

« Ne Heiji-niichan, la dernière fois que je suis venu, j'ai oublié mon écharpe dans ta chambre, tu m'accompagnes la chercher ? » demanda le petit détective avec sa voix enfantine.

« Conan-kun ce n'est pas le moment voyons ! » réprimanda Ran.

Le détective de l'Ouest avait compris que l'histoire de l'écharpe n'était qu'un prétexte de la part de son rival de toujours, cela signifiait que Conan voulait parler seul à seul avec lui.

« Ne t'inquiète pas Neechan, ça ne me dérange pas du tout. On va la chercher en attendant toi et Kazuha vous pouvez regarder la télé, on vous rejoint dès qu'on a retrouvé son écharpe. » proposa-t-il.

« D'accord… » accepta la tokyoïte. Elle et Kazuha s'installèrent devant la télévision, tandis que les garçon montèrent dans la chambre de l'osakien.

Quand ils arrivèrent, Heiji prit bien soin de fermer la porte à clé, afin d'être sûr que personne ne rentre et n'entendent ce qu'ils se disaient.

« Alors Kudô, tu voulais me parler ? » interrogea-t-il avec un air sérieux.

« Evidemment, ce n'est pas rien ce que tu as vécu d'après les dires de Kazuha-chan, d'ailleurs elle s'inquiète beaucoup pour toi. Il parait qu'hier tu étais très énervé au commissariat, tu l'as beaucoup inquiété. » dit-il en regardant son ami dans les yeux.

« Elle ne t'a pas précisé qu'après je m'étais calmé ? » fit-il en mettant ses mains dans ses poches.

« Elle nous a surtout dit que tu avais accepté de renoncer à rendre justice à Otaki-san, cela l'a beaucoup étonné et moi aussi. Ce n'est pas ton genre de renoncer aussi facilement Hattori. »

« Oyaji m'a dit la même chose et pourtant… »

« Arrête ça Hattori ! Tu sais à qui tu parles ? Je sais à quel point Otaki-san était important pour toi et qu'il était en quelque sorte ton mentor… » Le jeune tokyoïte fronça les sourcils. « Alors dis-moi ce que tu as en tête. Si tu veux le venger, ne le fais pas seul ! Je sais que ces individus veulent t'enlever. »

« Très bien. » soupira l'adolescent. « Avant que vous n'arriviez, j'allais fouiller dans les affaires d'oyaji. Kazuha a dû te dire qu'on a sans doute voulu m'enlever par rapport à lui. »

« En effet elle nous a dit que tu avais fait part de tes soupçons à son père, mais Toyama-san n'a rien confirmé. »

« Il ne l'a pas confirmé, mais je l'ai quand même trouvé bizarre quand je lui ai dit ça. En plus, oyaji a placé aussi ma mère sous protection. C'est pour ça que je veux fouiller dans son bureau, mais avec les filles ici ça risque d'être compliqué… »

« Effectivement, il faudrait trouver un moyen de faire diversion ou de les faire sortir. » dit Conan en mettant sa main sur son menton.

« Je pense que j'ai une idée…Voilà ce qu'on va faire… » dit Heiji.

Les deux détectives rejoignirent le salon où se trouvaient les filles.

« Alors Conan-kun tu as retrouvé ton écharpe ? demanda Ran en les voyant arriver.

« Non. » répondit l'enfant avec une mine triste.

« Je suis désolé, mais je crois que je l'ai jeté il y a quelques semaines en faisant du tri dans mes affaires. » fit l'osakien avec une mine embarrassé.

« C'est pas grave Conan-kun, je t'en offrirai une nouvelle. » assura la fille Mouri en lui souriant.

« Je pense qu'il tenait beaucoup à cette écharpe…C'est pour ça que pour me faire pardonner, je voudrais lui offrir des Nikuman…Mais vu que je ne peux pas sortir…ça risque d'être compliqué… »

« C'est vrai. » fit la tokyoïte en baissant la tête. « Si tu veux je peux aller en chercher. » proposa-t-elle.

« Tu ferais ça ? Merci Neechan ! Kazuha tu pourrais l'accompagner au restaurant, où j'ai l'habitude d'en acheter s'il te plait. » demanda-t-il à son amie d'enfance. « Je vais vous donner de l'argent. »

« Mais pour aller à ce restaurant, il faut prendre le métro…Bon comme c'est pour Conan-kun, je veux bien faire un effort. » accepta la fille à la queue de cheval.

« Arigato Kazuha-neechan et Ran-neechan. » sourit Conan avec un visage attendrissant.

Heiji leur donna des sous et les jeunes filles partirent aller chercher les Nikuman. Une fois qu'elles furent parties ils se précipitèrent dans le bureau d'Heizô.


Les filles se retrouvèrent donc à la gare à attendre le métro. Ran avait remarqué que son amie avait un visage triste et semblait plongée dans ses pensées.

« Kazuha-chan ? C'est Hattori-kun qui te préoccupe encore comme ça ? »

« Oui… » admit l'osakienne tristement. « Tu n'as pas remarqué que quand nous étions avec lui, il n'a pas souri une seul fois…Enfin depuis la mort d'Otaki-han il n'est plus le même. Il m'a surtout inquiété hier quand je l'ai vu en colère. J'aimerais tellement qu'il me parle, qu'il me dise comment il gère cette situation...enfin surtout s'il arrive à gérer...»

« Je comprends que son comportement t'inquiète, mais vu qu'il considérait Otaki-san comme une figure paternelle et qu'il l'a vu mourir sous ses yeux, je peux imaginer qu'il ressente une douleur immense et une frustration. Pense que la meilleure chose à faire pour le moment c'est de continuer à lui apporter ton soutien et tu verras qu'avec le temps, il ira mieux. » fit la fille Mouri d'une voix rassurante.

« Merci Ran-chan c'est ce que je vais faire ! Je serais là pour lui. » sourit l'amie d'enfance d'Heiji.

Le métro arriva et les deux adolescentes montèrent.


Pendant ce temps chez les Hattori dans le bureau d'Heizô.

« Kudô mets-toi devant la porte comme ça tu me préviendras si jamais quelqu'un arrive. » demanda Heiji au détective de l'Est tout en commençant à fouiller dans les tiroirs de son père.

« D'accord, mais qu'est-ce que tu cherches exactement ? »

« J'ai beaucoup réfléchi et je me suis dit que si ces hommes voulaient m'enlever par rapport à oyaji, c'était sûrement par rapport à une affaire qu'il avait traité. Et je pense que s'il est au courant de quelque chose, il a dû ressortir le dossier de cette affaire. Ce qui veut dire qu'il ne devrait pas être loin. »

« Mais imaginons qu'il ait ressorti ce dossier comme tu dis, tu ne penses pas qu'il aurait pu plus garder ce genre de document dans son bureau du commissariat ? » dit Conan tout en surveillant le couloir pour voir si quelqu'un arrivait.

« J'y ai pensé…mais vu que pour le moment c'est un peu difficile pour moi de sortir, je me suis dit qu'avec un peu de chance, il avait ramené le dossier pour l'étudier ici. » soupira le garçon à la peau sombre. « Bon je vais essayer de fouiller dans son coffre-fort, je sais que de temps en temps, il laisse des dossiers importants qu'il regarde à la maison. » annonça-t-il.

« Pourquoi a-t-il besoin un coffre-fort ? Je veux dire, il ne peut pas tout simplement les mettre dans son tiroir ? »

« Oyaji est quelqu'un de très carré, il n'aime vraiment pas mélanger vie privée et vie professionnel et quand il ramène ces dossiers ici il fait en sorte que personne n'y touche en le mettant dans ce coffre. » répondit Heiji.

« Quand tu dis 'personne' tu veux dire toi ? Non ? Parce que je vois mal ta mère allée fouiller dans les documents professionnels de ton père. » se moqua le détective de l'Est afin d'amusé un peu son ami, mais l'osakien ne fit pas attention à cette remarque, il était trop occupé à essayer de deviner la combinaison du coffre.

« Alors pour le déverrouiller, essayons sa date de mariage. » se dit-il. « Merde ! » grogna-t-il « Bon peut-être la date de son investiture en tant que chef de la police. » il essaya encore une fois ce n'était pas le bon.

« Hattori dépêche-toi ! » pressa le petit détective qui craignait que quelqu'un arrive

« Ouais deux seconde Kudô » répondit-il sèchement. « J'essaye de trouver cette sal**** de code. » s'énerva-t-il.

« Doucement Hattori. Tu as déjà essayé ta date de naissance ? »

« Hein ? Tu crois vraiment qu'oyaji utiliserait ma date de naissance ? » dit-il en haussant un sourcil.

« Eh bien essaye toujours… »

« Au point où j'en suis. » fit-il en haussant les épaules et en tapant. Cette fois-ci c'était le bon, Heiji était étonné. « C-C'était ça… »

« Bon fais vite Hattori. »

« Euh oui…il n'y a pas trop de papiers dedans. » parmi ses documents se trouvait une enveloppe qui attira particulièrement son attention, il l'ouvrit. « Oi Kudô vient voir. » fit-il d'une voix blanche en tenant la feuille qui se trouvait dans l'enveloppe.

Conan s'approcha pour voir ce qu'Heiji voulait lui montrer. Ce qu'il lut le fit écarquiller les yeux.

« LA MORT DE CET HOMME N'ÉTAIT QU'UN ACCIDENT, MAIS CELLE DE VOTRE FAMILLE N'EN SAURA PAS UN, SI VOUS NE FAITES PAS CE QUE NOUS VOUS AVONS DEMANDÉ. »


Les "Nikuman" sont des brioches de porc japonaise