Après la découverte de la lettre, les deux détectives avaient entendu la porte d'entrée s'ouvrir. Ils s'étaient empressés de redéposer tous ce qui se trouvait dans le coffre et de tout remettre en place. Ils avaient ensuite fait mime de descendre les escaliers, pour faire croire qu'ils sortaient de la chambre du fils Hattori. La personne qui avait ouvert la porte, était en fait l'un des policiers qui surveillait la maison. Il était entré afin de s'assurer qu'Heiji ne s'était pas enfui (Il connaissait la réputation du garçon et il savait très bien que ce dernier était du genre à s'enfuir par la fenêtre). Quand il constata que le fils du chef de la police était toujours dans la maison, il partit. Après ça, les deux amis allèrent dans le salon.

« C'était moins une. » fit Conan avec un soupir de soulagement et en se laissant tomber sur le canapé.

« Oui… » répondit simplement le détective de l'Ouest qui semblait avoir l'esprit concentré sur autre chose.

« Tu as une idée de cette lettre ? » questionna l'enfant. Il savait très bien à quoi l'osakien pensait.

« Pas du tout…Tu sais étant de la police, oyaji doit avoir beaucoup d'ennemis. Ça me sidère quand même qu'il ne m'ait jamais parlé de cette lettre de menace. » dit-il en tapant son poing sur la table du salon.

« Doucement Hattori ! Il doit sans doute avoir ses raisons. »

« Ah ouais et lesquelles ? » fit-il sèchement.

« Je l'ignore…Mais en tout cas ça confirme bien tes doutes, ton père était bien la raison de ta tentative d'enlèvement. » conclut-il en mettant sa main sur son menton.

« Oui et…vu le message…il est facile de comprendre que ce n'était pas la première lettre de menace qu'il recevait. » dit-il en massant sa main endolori à cause du coup qu'il avait donné à la table. Il avait une expression toujours contrariée.

« Qu'est-ce que tu vas faire maintenant Hattori ? » demanda le détective rétréci.

« Je vais continuer mes recherches bien sûr, je pense savoir comment je vais procéder pour avoir des infos par le commissariat d'Osaka. »

« Fais gaffe à toi quand même. En tant que détective je sais que la justice est importante…mais tu as lu comme moi le message… » dit-il avec une légère inquiétude dans la voix.

« Kudô, si les membres de cette organisation qui t'a fait rétrécir avait tué quelqu'un à qui tu tenais…Est-ce que tu serais resté là les bras croisés ? » demanda l'adolescent à la peau foncée, avec un regard sérieux et à la fois dur.

Conan baissa la tête et mit ses mains dans ses poches, il savait que si jamais cette organisation faisait du mal à Ran ou à ses parents ou un autres de ses proches, il ne resterait pas là à ne rien faire, quitte à risquer sa propre vie.

« Non bien sûr que non. » admit-il. « Et comment tu vas t'y prendre pour obtenir des infos ? »

Je vais interroger un inspecteur, pour voir s'il pourra m'aider. »

« Un inspecteur de la police d'Osaka ? » questionna Conan avec étonnement.

« Oui, je ne suis pas aussi proche de lui que je l'étais d'Otaki-han, mais c'est quelqu'un en qui j'ai entièrement confiance. »

« Et tu es sûr que si tu lui demandes des infos, ça n'arrivera pas aux oreilles de ton père ? »

« Non vu que ça concerne Otaki-han je suis sûr que Tachibana-han voudra m'aider. Je vais l'appeler. » annonça le détective de l'Ouest en sortant son téléphone.

Il appela l'inspecteur en question, ce dernier lui répondit qu'il ferait ce qu'il pourrait, mais dans sa voix Heiji pouvait sentir que Tachibana craignait qu'Heizô ne découvre ses petites enquêtes. Mais l'homme que le détective lycéen avait contacté avait été formé par Otaki et il semblait que l'inspecteur tenait vraiment à arrêter les responsables de l'assassinat.

« Très bien, merci Tachibana-han. Quand tu auras les informations, on fera en sorte de se retrouver discrètement. Je sais que je suis sous protection, mais ne t'inquiète pas, je sais déjà comment je pourrais sortir. » Après un au revoir il raccrocha.

« Tu saurais convaincre ton père de te laisser sortir de la maison ? » demanda le petit détective qui était présent lors de l'appel téléphonique.

« J'ai ma petite idée oui… »

Les deux garçons n'ayant plus d'investigation à faire dans la maison, Conan avait proposé à son à Hattori de faire une partie d'échec. Le tokyoïte voulait surtout changer les idées d'Heiji. Il pouvait comprendre son comportement, mais comme beaucoup de monde, ça le peinait de voir son rival d'habitude si enjoué, aussi mal moralement. Les deux détectives jouèrent donc jusqu'au retour des filles, ces dernières étaient revenues avec les Nikumans. Les quatre amis avaient ainsi passé le reste de la journée ensemble à regarder la télévision et à grignoter. Entre-temps Shizuka était revenue et avait proposé aux jeunes de rester pour dîner.

Heizô était rentré juste à l'heure du repas, il ne fut pas vraiment étonné de voir les amis de son fils chez lui, vu que Ginshiro Toyama l'avait informé de leur visite. Il était au fond rassuré qu'Heiji soit entouré. Bien qu'en ce moment sa relation avec le garçon était plus tendue que jamais, il savait que ce dernier devait gérer la perte d'Otaki et que cela ne devait pas être chose évidente pour lui. Surtout qu'il avait pu constater lui-même à quel point son fils ressentait de la colère par rapport à l'assassinat de l'inspecteur. De plus, il n'avait pas oublié ce qu'Heiji lui avait crié, il estimait Otaki plus que lui. Il pensait souvent au moment où l'adolescent lui avait dit ces mots.

Le commissaire d'Osaka avait cependant d'autres choses en tête notamment l'affaire sur la mort d'Otaki, cette affaire qui était également liée aux menaces qui planaient sur sa famille. Comme le détective lycéen avait deviné, Heizô connaissait très bien les raisons de la tentative d'enlèvement d'Heiji. Au bureau, il faisait en sorte que les responsables soient retrouvés et arrêtés le plus rapidement possible, mais cela n'était pas facile. Il gardait tout de même son sang-froid, bien qu'au fond de lui, il était frustré par le fait que ces criminels étaient toujours en liberté. Il savait néanmoins, cacher sa frustration derrière son visage stoïque habituel. Ce fut d'ailleurs ce même visage qu'il avait quand il arriva chez lui à l'heure du dîner.

« Konbanwa tout le monde. » salua-t-il en entrant.

« Konbanwa. » répondirent les trois invités.

« Anata, nous nous apprêtions à manger. Installe-toi. » dit Shizuka en sortant de la cuisine.

Tous s'attablèrent et madame Hattori les servirent. Le repas commença plutôt bien, Heizô demanda à Ran des nouvelles de son père, il disait que ce serait bien que Kogoro vienne à Osaka la prochaine fois. Il entama par la suite un sujet de conversation moins glorieux.

« Demain a lieux la veillée funèbre d'Otaki. » annonça-t-il.

« J'irai. » déclara Heiji en posant ses baguettes.

« Heiji…tu connais parfaitement ta situation. » fit le père de l'adolescent avec un regard sévère.

« Et toi tu sais parfaitement qu'Otaki-han était important pour moi. » rétorqua-t-il sèchement.

Tout le monde pouvait ressentir la tension entre le père et le fils cela provoqua une ambiance glaciale.

« Heiji essaye de comprendre… » intervint sa mère avec un visage embarrassé.

« Okan, est-ce que je dois vous rappeler que c'est bientôt la fin des vacances et qu'en plus de ça, j'ai mes examens qui arrivent. Je ne peux pas rester enfermer indéfiniment.

« Heiji… » commença Heizô en grommelant.

« Anata ! » dit la femme en jetant un regard dur à son mari. « Heiji nous allons en discuter ton père et moi. »

Conan qui avait assisté en silence à la scène, avait compris ce que son ami avait voulu dire quand il disait à l'inspecteur Tachibana, qu'il savait comment sortir de chez lui. Il se souvint du jour où Kogoro avait été invité à une réunion de détectives, ce jour-là plusieurs détectives étaient présents dont Saguru Hakuba. Heiji y avait été convié aussi, mais d'après les souvenirs du tokyoïte, l'osakien n'avait pas pu s'y rendre, car sa mère voulait qu'il reste à Osaka afin de réviser pour ses examens. Ainsi, Conan avait saisi que son ami avait joué la carte des études pour que sa mère puisse convaincre Heizô de le laisser aller en cours. « C'est vraiment malin Hattori. » pensa-t-il.

Après le dîner, Kazuha rentra chez elle avec Ran. Shizuka avait proposé à Conan de rester dormir à la maison. Elle savait que l'enfant et son fils étaient proches comme des frères. Elle souhaitait que le petit détective soit un soutien moral afin qu'Heiji puisse surmonter son deuil.


Une fois que les deux garçons montèrent se coucher, Heizô et Shizuka allèrent dans leur chambre afin de discuter de la situation de leur fils.

« Heizô je sais que tu t'inquiètes pour Heiji, mais il ne peut pas rester enfermer indéfiniment. » commença-t-elle. « Je sais que tu as reçu des menaces par rapport à nous, mais tu sais que s'il est bien escorté par des policiers de confiance, il ira bien et sera en sécurité. Tu sais également qu'en ce moment c'est difficile pour lui et que rester enfermer n'améliorera pas son moral… » ajouta-t-elle tristement.

« Shizu, tu connais notre fils, s'il n'était pas aussi têtu évidemment que je l'aurais laissé se faire escorter sans problème. Mais là tu sais très bien que dès qu'il sera dehors, il mettra tout en œuvre pour chercher ces criminels. » dit l'homme fermement.

« Mais d'après ce que j'ai compris, il a dit à Toyama-han qui ne s'en mêlerait plus. »

« Justement je trouve ça bizarre, Heiji n'est pas du genre à renoncer aussi facilement, il a sûrement quelque chose en tête. »

« Peut-être oui...ça m'a étonné aussi, mais en ce qui concerne ses études, nous ne pouvons pas l'empêcher d'aller à l'école, en tout cas pas pour ces examens c'est trop important. » déclara-t-elle avec un visage sérieux.

« Heiji, te connais bien, il savait très bien qu'en parlant des examens, tu réagirais ainsi. » déduit-il en croisant les bras.

« Tu as sans doute raison. » dit-elle en s'asseyant sur le lit. « Je m'inquiète pour son avenir, mais sa sécurité doit passer avant tout. » admit-elle d'un soupir. « Mais concernant les funérailles d'Otaki-han ? Tu sais à quel point c'est important pour lui d'y assister. Je sais que là encore il s'agit de sa sécurité, mais tu as vu dans quel état il était après qu'on est assassiné ce pauvre homme… Tu as remarqué qu'il n'avait pas souri une seule fois depuis sa mort ? »

« Oui. » répondit le père de l'osakien sans rien ajouter, tout se s'asseyant sur le lit à son tour.

« Ecoute, je sais que votre relation a toujours été particulière, mais là tu vois bien que ton fils n'est pas bien. Je ne te demande pas de le prendre dans tes bras, juste de le laisser dire au revoir une dernière fois à Otaki-han. On sera bien escorté et on fera attention. » déclara-t-elle en mettant une main sur l'épaule de son mari.

« D'accord Shizu. » finit-il par accepter. Grâce aux paroles de son épouse, il avait réalisé à quel point il était important pour Heiji de se rendre aux funérailles d'Otaki. Le fait d'accepter que le garçon y aille était également un moyen pour lui de le soutenir indirectement.


Ici référence à l'épisode 219 La réunion des détectives / The Gathering of the Detectives! Shinichi Kudo vs. Kaitou Kid. Volume 30: Files 4-7 (299-302)