Dès que Tachibana lui avait dit ce que contenait le message de menace à l'encontre de son père, Heiji écarquilla les yeux. Il s'était bien douté que la vipère était sans doute liée au danger qui planait sur lui et sa famille, mais en avoir la confirmation lui provoqua un frisson dans le dos.
« Heiji-kun ? Tu es toujours là ? » demanda l'inspecteur constatant que l'adolescent ne lui avait pas répondu, après sa révélation.
« Oui excuse-moi…Alors ce sont toujours les mêmes individus qui en veulent toujours à oyaji. 'Tain et tu ne sais pas qui est derrière ces menaces ? Tout à l'heure aux funérailles, tu n'as pas pu me dire tous ce que tu savais. » questionna-t-il en sentant la colère s'emparer de nouveau de lui.
« Eh bien à vrai dire tous ce que je sais pour le moment, c'est que ton père a déposé un papier pour la police scientifique, pour qu'ils y prélèvent des empreintes digitales. Et je sais qu'ils n'ont rien trouvé de très concluant et cela a provoqué la colère de ton père. » répondit l'interlocuteur avec un soupir.
« Ouais ce papier devait être l'une des lettres de menaces qu'il a reçues…Je l'avais déjà supposé. Mais t'as vraiment aucune idée ? T'as pas entendu des bruits de couloir ? » demanda l'osakien avec insistance.
« Non désolé Heiji-kun. En plus il faut que je retourne travailler. » déclara-t-il avant de raccrocher.
« Attends ! » dit-il mais Tachichibana avait déjà mis fin à l'appel. « Et merde ! » jura-t-il en rangeant son téléphone dans sa poche.
« Heiji ? » fit une voix qui venait de derrière le jeune homme.
« Oyaji ? » Il fronça les sourcils en se retournant et en voyant que c'était son père. « Qu'est-ce que tu fais ici ? » demanda le jeune sur un ton amer. Il craignait en même temps qu'Heizô avait entendu sa conversation téléphonique avec l'inspecteur.
« On m'a informé de ce qui était arrivé à Conan-kun. » répondit-il avec son ton stoïque habituel. « Comment va-t-il ? »
« Il va bien ! » dit le garçon sèchement et en haussant les épaules.
« C'est rassurant. Où est ta mère ? J'ai cru comprendre qu'elle avait également accompagné le petit. »
« Elle est avec lui, tout comme Kazuha et Ran-chan, j'allais les rejoindre. » répondit-t-il froidement en tournant le dos à son père et en commençant à marcher pour se rendre dans la chambre de son ami.
« Heiji avec qui tu parlais au téléphone ? » demanda l'homme. Le garçon à la peau foncée s'arrêta mais ne regarda pas son père.
« Avec un ami… »
« Vraiment ? Ça doit être tendu avec cet 'ami', quand je suis arrivé j'ai juste eu le temps de te voir raccroché avec une mine frustré…Alors je vais te poser la question autrement, avec lequel de mes hommes tu parlais pour avoir des informations sur l'enquête ? » interrogea-t-il d'un ton glaciale.
L'adolescent se tourna pour faire face de nouveau à son père. Il n'était pas étonné que le chef de la police ait facilement deviné qu'il parlait à l'un de ses hommes. D'ailleurs quand Otaki était en vie, il arrivait à Heiji de faire appel au défunt inspecteur pour avoir des informations que seul la police détenait. Heizô connaissait donc parfaitement les méthodes de son fils.
« Inutile que je te dise quoi que ce soit, tu ne me croirais pas de toute façon. » dit-il en mettant ses mains dans ses poches. « Et puis je n'ai aucun compte à te rendre ! »
« Heiji ! » fit le chef de la police en affichant un regard sévère.
« Quoi ? Tu vas me jeter par terre comme la dernière fois ? Au lieu de t'occuper de savoir si je cherche à avoir des infos, tu ferais mieux de t'occuper de ces gens qui nous menace. Je te rappelle qu'ils sont responsables de la mort d'Otaki-han et de la morsure de Ku…Conan-kun. » rétorqua le détective de l'Ouest avec une certaine rage.
Heizô serra les dents, afin de garder son visage impassible, mais il comprenait la colère de son fils et pour la première fois de sa vie il ne savait pas quoi répondre à Heiji.
« Heiji ! Qu'est-ce qu'il te prend de crier ainsi ! On est dans un hôpital et ce n'est pas une façon de s'adresser à ton père. » intervint soudainement Shizuka qui se mit devant son fils.
« Tu vas prendre son parti ? Il ne nous explique même pas son histoire de menace, on ne sait rien. Et regarde il nous a mis soi-disant sous protection et malgré tout ça, ça n'a pas empêché ces criminels de nous envoyer tranquillement un serpent. Si Conan-kun n'avait pas mis sa main dans le colis c'est toi qui te serais fait mordre. Ce vieil homme n'est même pas capable de prendre soin de sa famille et il se dit chef de la police ! » cria-t-il presque, mais dans la seconde qui suivit sa mère lui donna une gifle avec un regard noir.
« Okan ?! » dit-il avec étonnement et en mettant sa main là où il avait été giflé.
« Heiji, que tu sois en colère par rapport à la mort d'Otaki-han et à ce qui vient d'arriver à Conan-kun je comprends, mais en revanche tu n'as aucun droit de parler ainsi à ton père qui met tout en œuvre pour nous protéger. » déclara-t-elle avec un ton à la fois dur et calme.
« Shizu… » fit le père du détective qui avait jusqu'à là tenté de garder son visage neutre affichait cette fois une mine légèrement abattu, Heiji remarqua cela et fut surpris du visage de son père. « Rentrons à la maison, j'ai à vous parler à tous les deux. Heiji va dire au revoir à tes amis, je vous attends dans la voiture. » déclara-t-il avant de tourner les talons.
« Va voir Conan-kun et les filles, je t'attends ici. » demanda Shizuka à son fils une fois que son mari fut parti.
Le détective à la peau sombre se contenta d'acquiescer encore étonner des différentes réactions de ses parents.
Au bout de quelques minutes, il se retrouva enfin dans la chambre de Conan. Quand il entra, il annonça à ses amis qu'il devait rentrer chez lui, mais il tenait à saluer l'enfant avant de partir. Le petit détective avait une mine fatigué, mais il n'avait pas l'air aussi mal en point qu'Hattori l'avait imaginé. Comme prévu, Heiji ne resta pas longtemps, il était pressé d'avoir la fameuse explication de son père. Après un au revoir il quitta la chambre, il aurait voulu dire à son ami qu'Heizô allait enfin avouer, mais il n'avait pas vraiment envie de parler de cette histoire devant les filles. De toutes les façons il comptait bien appeler Conan après la discussion avec son père.
Après avoir rejoint sa mère, ils allèrent retrouver le chef de la police dans sa voiture. Le trajet fut silencieux et assez tendu. Quand ils arrivèrent chez eux, Heizô leur demanda de se rendre dans le salon. Ainsi donc, la famille Hattori se retrouva en tête à tête pour enfin savoir la vérité. L'homme était assis sur un fauteuil, Shizuka et Heiji lui faisaient face en étant assis sur le canapé. L'adolescent regarda son père avec un air sérieux tandis que ce dernier avait la tête baissé et serrait ses mains, on aurait dit qu'il cherchait les mots qu'il allait dire.
« Bien. » commença-t-il avec son ton stoïque habituel et en levant la tête. « Comme vous le savez, je vous ai mis sous protection par rapport à la tentative d'enlèvement d'Heiji. Mais ce n'est pas la seule raison, tu le sais Shizu et je suppose que tu as fini par l'apprendre Heiji en fouinant un peu du côté de mes hommes ou de mon bureau par exemple… » il jeta regard blasé au garçon.
« Comment tu ?! » s'étonna le détective lycéen.
« La prochaine fois que tu fouilles dans mes affaires, évite de le faire dans la précipitation ça évitera de laisser des preuves accablantes de ton passage. Et dois-je te rappeler que tout à l'heure, tu as évoqué des personnes me menaçaient. Hors, je n'ai jamais évoqué le sujet devant toi. » dit-il en croisant les bras.
« Et merde. » se dit le garçon en baissant la tête et en fronçant les sourcils.
« Pour en revenir à ce qui nous regarde, oui j'ai reçu des menaces et j'en ai reçu bien avant la mort d'Otaki, mais vu que tu as vu le message, Heiji tu as pu le comprendre toi-même. »
« Oui. » admit l'osakien avec une expression concentré sur ce que son père disait.
« Tu en as reçu avant la mort d'Otaki-han ? Mais pourquoi ne nous avoir rien dit ? » s'indigna l'épouse Hattori.
« Shizu, en tant que chef de la police, je reçois en moyenne une lettre de menace par semaine, de la part de famille qui trouve injuste la condamnation de leur proche par exemple. Si à chaque fois je devais m'en préoccuper… »
« Je vois. » fit-elle d'un ton plus calme.
« Et qu'est-ce qu'elle disait cette lettre de menace que tu as reçu avant la mort d'Otaki-han ? » s'impatienta le garçon à la peau foncée.
« Patience Heiji, laisse-moi parler ! » répondit-il froidement, ce qui agaça l'adolescent. « Est-ce que vous vous souvenez de Shimono ? »
« Shimono-sensei ? Bien sûr ton ami d'enfance qui est devenu médecin et qui avait opéré Heiji de l'appendicite quand il était petit. C'est ça ? » demanda la femme.
« Oui exactement. » affirma le commissaire.
« C'est quoi le rapport avec ce médecin et ce dont nous sommes en train de parler ? » fit le jeune homme avec exaspération.
« J'y viens ! Il a été accusé il y a deux mois de trafic d'organe, je ne vais pas vous exposer cette affaire en détail, étant donné que ce n'est pas ça le sujet et que je n'ai pas à en parler, mais juste pour vous dire que par rapport à ça il se trouve actuellement en prison. »
« Quoi ?! » fit Shizuka surprise.
« Et les lettres de menaces que j'ai reçues me demandaient de faire en sorte de le faire libérer ou ils s'en prendraient à vous. Ils me disaient que si j'étais vraiment l'ami de Shimono et en tant que chef de la police, je pourrais me salir les mains pour lui. » déclara l'homme
Shizuka et Heiji furent tous deux choqués des révélations d'Heizô. Après une longue minute de silence le détective lycéen prit la parole.
« Tu as dit que tu ne prenais pas en compte les lettres de menaces qu'on t'envoyait, mais vu que tu connaissais la personne qu'ils te demandaient de faire libérer…Pourquoi tu n'as pas prise cette lettre-là au sérieux ? » demanda-t-il alors qu'il commençait une nouvelle fois à perdre son sang-froid.
« Je suis chef de la police Heiji ! J'ai beaucoup de travail et comme je l'ai déjà dit je ne peux pas me permettre de m'attarder sur chaque menace que je reçois. Et cela même si ça vient de proches de quelqu'un que je connais. Les proches sont souvent en colère quand ils trouvent les condamnations injustes et il arrive qu'ils mettent tout sur le dos de la justice. » dit-il fermement.
« Tu as bien vu ce qu'il s'est passé en ne t'attardant pas comme tu dis…Otaki-han est mort ! » rétorqua le jeune avec de l'émotion dans la voix et en serrant les poings.
« Heiji calme-toi, je t'ai déjà dit de ne pas parler ainsi à ton père. » intervint sa mère une nouvelle fois.
L'adolescent à la peau sombre prit une grande inspiration avant de reparler.
« Désolé Okan, je ne voulais pas m'emporter, mais tant que je vivrais sur le même toit que ce vieil homme qui n'est même pas capable d'attraper les assassins d'Otaki-han, je ne pourrais pas me calmer. »
« Heiji qu'est-ce que tu veux dire ? » demanda la femme en haussant les sourcils.
« Je sais qu'on menace de m'enlever et tout, mais je crois qu'il est mieux pour tout le monde que j'aille chez les Toyama. »
« Pardon ?! » s'exclama-t-elle avec un air surpris.
« Shizu…Laisse-le y aller il sera en sécurité là-bas, je sais que Toyama veillera sur lui. » dit le chef de la police avant de quitter la pièce sans regarder qui que ce soit. Il laissa ainsi son fils et sa femme seuls.
« Heiji… » commença-t-elle en baissant tristement les yeux. « Ton père... » elle ne termina pas sa phrase, elle voulait lui dire qu'Heizô était blessé par sa réaction, mais elle savait que cela n'allait en rien arranger la situation.
« Encore désolé Okan… » s'excusa l'adolescent face au visage triste de sa mère.
« Non ça va. » elle secoua la tête. « De toute façon chez les Toyama, il y a Kazuha-chan ça te fera du bien de passer quelques temps avec elle. » elle se força à sourire avant de quitter le salon à son tour.
Le détective d'Osaka se sentait mal d'avoir mis une telle ambiance au sein de sa famille, mais les révélations de son père l'avaient énormément bouleversé et l'avait vraiment mise hors de lui.
