Les deux hommes arrivèrent comme convenu au temple. Ils s'y étaient rendus avec la voiture du surintendant. 'Shimono' était vêtu d'un col roulé afin de dissimuler le collier modulateur de voix, d'un large manteau pour cacher le gilet par balle et d'un jean assez classique. Hattori Heizô portait quant à lui, un sweat noir zippé. Ce n'était pas son style de s'habiller ainsi, mais Ginshiro avait bien insisté pour qu'il porte lui aussi un gilet par balle. De ce fait afin de le dissimuler, il avait été contraint de mettre un sweat.

Il était 18h15 et il faisait déjà nuit, le temple était fermé au public. Le surintendant avait garé son véhicule à proximité du lieu de rendez-vous. Ils ne descendirent pas encore.

« Et maintenant que faisons-nous Hattori-keishi ? » questionna Shinichi assis sur le siège côté passager, tout en regardant le père de son ami.

« Je pense que nous devrions descendre, pour voir aux alentours et… » le téléphone d'Heizô sonna lui coupant la parole. « Allô ? »

« Descendez de la voiture immédiatement ! Et je veux te voir les mains en l'air honbuchou ! » ordonna l'interlocuteur. A ces mots, le chef de la police se retourna et distingua les phares allumés d'une voitures.

Le surintendant s'exécuta en sortant de son véhicule, en levant ses mains et en fronçant les sourcils. 'Shimono' sortit également de la voiture.

Dès que Tachibana vit les deux hommes sortirent, il descendit de sa voiture noir, il tenait une arme dans sa main.

« Je savais que tu m'obéirais Hattori Heizô. » dit-il en souriant fièrement et en pointant son pistolet sur l'homme. « Sensei, je suis tellement content de te voir. » ajouta-t-il en regardant le faux docteur.

« Moi aussi So-Soma. » répondit-il avec un peu d'hésitation. Heureusement que le détective de l'Est s'était renseigné sur le prénom de l'inspecteur, mais il n'était pas sûr de comment le défunt docteur appelait son fils adoptif.

« Tu ne m'appelles plus 'Soma-kun' ? » demanda-t-il en haussant un sourcil tout en restant concentrer sur Heizô.

« Merde… » se dit-il en transpirant et en serrant les dents. « Tu-tu as fait tellement de chose pour me faire sortir de prison que je pense que maintenant, autant t'appeler tout simplement Soma, mon fils ! » déclara-t-il en s'efforçant de sourire.

« J'en suis extrêmement touché. » sourit-il.

« Mais tu n'aurais pas dû aller aussi loin ! » ajouta le faux Shimono avec un air réprobateur.

« Peut-être, mais tu ne méritais pas ça ! »

« J'ai respecté ma part du marché. Maintenant laisse Heiji partir ! » ordonna Hattori-san d'un ton mordant.

« Je vais vous le rendre, mais il n'est pas avec moi. » rit l'homme qui tenait l'arme.

« Comment ça ?! » fit le surintendant avec colère.

« On va le rejoindre ne t'en fait pas. Mais d'abord retire ton gilet par balle ! Tu m'as pris pour un idiot avec ton sweat ? Comme si le grand Hattori Heizô qui est toujours en costard, pouvait se balader comme ça avec un simple sweat. Je te rappelle que j'ai travaillé pour la police je connais chaque magouilles. »

Le père d'Heiji garda son visage fermé et retira son sweat puis son gilet. Il ne se retrouva pas torse nu, il avait gardé sa chemise de travail sur lui. Il maudissait le fait qu'un individu pareil est pu entrer dans la police. Cependant, l'homme qui se trouvait en face de lui n'était plus l'inspecteur calme, réservé et discret qu'il avait connu. Celui-ci avait une lueur de folie dans le regard.

« Parfait ! Maintenant, retire tous qui est téléphone, oreillette et tous qui permettra à tes hommes de te localiser. »

Le surintendant se contenta de jeter son portable à terre, en regardant l'inspecteur ripou avec un regard glacial.

« C'est tout ? » s'étonna celui qui le menaçait.

« Oui. »

« Je préfère vérifier. » Il fouilla rapidement son ancien supérieur et effectivement il n'avait rien de suspect sur lui. « Tu es bien venu seul ? Tu n'as pas demandé à tes hommes de te suivre ? » interrogea-t-il avec un air suspicieux.

« Non tu m'as dit de ne pas faire appel à mes hommes, j'ai fait comme tu m'as ordonné ! » répondit-il sèchement.

« Tu vas arrêter ce petit ton arrogant avec moi ? » il pointa son arme en direction de sa tête. « J'ai l'impression que tu dis vrai, ça fait maintenant des années que je travaille pour la police et je peux sentir quand il y en a qui sont dans les parages…De toute les façons, tu sais que si tu me l'as fait à l'envers, ton fils mourras. » ajouta-t-il. « Et toi Sensei ? Ils ne t'ont pas mis quelque chose qui pourrait les permettre de nous localiser ? » demanda-t-il en se tournant vers son 'père d'adoption'.

« Non, ils t'ont écouté, ils n'ont rien fait de telle. » assura-t-il. « Maintenant dis-nous où est Hattori-kun ! » demanda-t-il presque avec exigence. L'adolescent déguisé commençait à s'impatienter intérieurement. Mais il ne voulait pas faire quoi que ce soit, pour mettre son ami en danger.

« Oui oui je vais le lui rendre son fiston…Mais dis-moi tu n'as pas trop chaud avec ce gros manteau ? »

« Je…Non ne t'inquiète pas, je-j'ai attrapé un rhume en prison…d-donc je préfère rester couvert. » trouva-t-il comme excuse en ajoutant une fausse quinte de toux. Bien qu'effectivement, il avait vraiment chaud, l'Hiver était loin d'arrivé après tout. « Et pourquoi les garçons ne sont-ils pas avec toi ? » interrogea-t-il pour changer rapidement de sujet.

« On sera avec eux tout à l'heure, ne t'inquiète pas. » assura-t-il. « Et tu as trouvé un moyen de nous faire quitter le pays ? » questionna Tachibana en regardant de nouveau son ancien supérieur.

« Oui. J'ai réservé un hélicoptère il se posera… »

« Tais-toi ! Tu me diras ça sur la route ! Maintenant colle-toi à la voiture, pour que je puisse te menotter. » ordonna-t -il en sortant des menottes de sa poches.

« Où nous emmènes-tu exactement ? » demanda 'Shimono', tandis que le surintendant fit ce qu'on lui demandait, toujours avec son visage impassible.

« Là où se trouve le mioche. » répondit-il. « D'ailleurs, c'est dans un endroit assez symbolique pour toi honbuchou. » ajouta-t-il en regardant Heizô avec un sourire en coin.

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » grommela-il en lui jetant un regard noir alors qu'il se trouvait maintenant près de la voiture.

« Tu verras bien. » dit simplement Soma en attachant le chef de la police. « Maintenant dépêche-toi de t'asseoir ! » commanda-t-il alors qu'il ouvrait la porte.

Une fois de plus, Heizô fit comme on lui avait ordonné, il s'installa en maudissant le responsable de cette situation. 'Shimono' monta côté passager et Tachibana appuya sur l'accélérateur craignant quand même que des flics rodent dans les parages.

Durant le trajet, le surintendant expliqua à l'inspecteur ripou où il devait se rendre, lui et sa famille. Ils devaient rejoindre un hélicoptère sur le toit d'un building dans environ 2h.

Au bout, d'un moment qui sembla durée une éternité pour le père d'Heiji, l'ancien inspecteur finit par garer sa voiture devant un endroit qui n'était pas inconnu à l'homme menotté.

« Cet entrepôt c'est… » commença à penser le surintendant.

« Tu l'as sans doute reconnu, c'est là qu'a eu lieu la plus grande arrestation réalisée par Hattori Heizô et comme tout le monde le sait cette arrestation impliquait aussi Heiji-kun. Quel lieux symbolique pour les retrouvailles d'un père et son fils. » déclara l'ex-flic en se retournant pour regarder son ancien supérieur qui était toujours assis derrières. De la colère se reflétait sur le visage de ce dernier.

Tachibana l'avait en effet amené, à l'endroit où avait été conclu l'affaire du château de Toyotomi.

« C'est là que se trouve Hattori-kun ? » interrogea 'Shimono'en fronçant les sourcils

« Tout à fait, avant de me rendre près du temple, j'y ai déposé Keisuke et l'autre gamin. » il descendit de la voiture ouvrit la porte arrière. « Descends ! » dit-il à Heizô en pointant son arme sur lui.

Le surintendant descendit, le faux docteur fit de même. Tous deux étaient frustrés de cette situation, mais savaient qu'ils devaient garder leur calme.

« Avance ! » dit l'officier ripou pour que le père de l'osakien commence à marcher. Le chef de la police commença à marcher suivit de près par Soma tandis que l'adolescent déguisé fermait la marche. Tous les trois entrèrent ainsi dans l'enceint de l'entrepôt.

Tachibana avait son arme dans une main et son téléphone dans l'autre afin d'éclairer l'intérieur de l'entrepôt qui était assez sombre.

« Qui aurait cru qu'un jour, le grand Hattori Heizô serait à ma merci. » dit-il soudainement pendant qu'ils continuaient à avancer.

Son ancien supérieur l'ignora royalement, il continua à marcher sans rien dire. Cela agaça l'ex policier, alors que Kudô se retenait de rire derrière lui.

« Tu sais quand on verra ton fils, ne t'étonne pas en voyant quelques bleus sur son visage. » ajouta-t-il d'un ton moqueur pour défier une fois de plus l'homme.

Entendant cela Hattori-san s'arrêta, cette fois-ci, il jeta un regard de haine à son ancien subalterne. Le tokyoïte quant à lui serra les poings, en imaginant ce qu'avait pu subir son ami et rival.

Tachibana sourit en voyant l'expression du père de l'osakien et lui tira une balle qui érafla son bras. Heizô serra les dents pour ne pas laisser apparaitre le moindre signe de douleur sur son visage.

« Je ne me souviens pas t'avoir dit de t'arrêter. » dit-il alors qu'il affichait toujours son sourire fier.

« Arrête ! » intervint le faux médecin.

« Qu'est-ce qu'il t'arrive Sensei ? Je te rappelle que c'est à cause de lui si tu t'es retrouvé derrière les barreaux. » dit-il avec incrédulité et en regardant celui qui croyait être son père adoptif.

« Ce n'est pas la question ! Tu es allé beaucoup trop loin dans cette histoire ! Laisse Hatto…Heizô tranquille et rends-lui son fils sans faire d'histoire ! » fil-il avec un ton autoritaire.

Shinichi n'était pas sûr s'il jouait correctement son rôle. Il avait eu peu d'information sur le défunt docteur. Le père d'Heiji, lui avait simplement dit que c'était un homme calme et à l'écoute. C'est pour cela qu'il avait été d'autant plus étonné que Shimono soit impliqué dans une affaire de trafic d'organe. Il avait en outre, conseillé au détective de l'Est de parler le moins possible afin de ne pas éveiller les soupçons du kidnappeur de son fils. Mais après avoir vu le surintendant se faire tirer dessus, il n'avait pas pu s'empêcher d'intervenir.

Soma dévisagea longuement et sans rien dire 'Shimono' avec maintenant un visage sérieux.

« Très bien. » finit-il par dire en soupirant et en baissant la tête. « Avance ! » demanda-t-il à l'homme blessé, son bras saignait, mais par chance la balle n'avait fait que l'érafler. Heizô recommença à marcher en prenant sur lui, car au fond de lui, il ne souhaitait que deux choses récupérer son fils et faire payer Tachibana pour ses actes.

Ils finirent par arrivés exactement au même endroit, où s'était déroulé l'arrestation de l'affaire du château de Toyotomi. Ils purent remarquer qu'il y avait un baril en feu qui s'y trouvait, ce qui permettait d'éclairer assez bien les lieux. Cependant, ils virent aussi que près du baril se trouvait quelqu'un debout et qu'aux pieds de ce dernier, il y avait un autre individu.

En s'approchant le détective déguisé et le chef de la police constatèrent rapidement que la personne au sol n'était d'autre qu'Heiji, il était inerte.

« Heiji ! » s'exclama le père du jeune homme, avec une inquiétude à peine masqué. Il pensait qu'il était peut-être arrivé le pire à son fils. Kudô écarquilla les yeux croyant également que son ami n'était plus de ce monde.

« Calmos ! » intervint l'ex-policier qui se trouvait derrière Heizô. Il pointa son arme dans le dos de l'homme. « Il est toujours inconscient Keisuke ? » demanda-t-il à celui qui se trouvait debout. Ce dernier c'était avéré être le frère adoptif de Tachibana.

« Oui aniki. » affirma l'ex étudiant en informatique.

Le père de l'osakien et le tokyoïte ressentirent tous deux un soulagement en comprenant que le garçon à la peau foncée était bel et bien en vie.

« Too-san ! Tu es là, je suis tellement content ! » sourit Keisuke en étant émue de revoir son père qu'il n'avait pas vu depuis un long moment.

« Moi…aussi. » dit le détective déguisé en s'efforçant une nouvelle fois de sourire. « Maintenant Soma, faisons l'échange et partons. » exigea-t-il.

« Ouais j'ai compris, j'ai compris. » répondit l'autre d'un ton blasé en s'approchant du détective de l'Ouest et dans la seconde il lui donna un coup de pied dans l'estomac. L'adolescent fit un grognement et la souffrance lui fit ouvrir légèrement les yeux.

« Qu'est-ce que…aïe » dit-il en gémissant un peu, alors qu'il ressentait une douleur à l'estomac, mais aussi à la tête. Il eut à peine le temps de reprendre ses esprits, que Tachibana l'attrapa violemment par le col, pour le faire se lever.

« Regarde ! Comme promis ton père est venu te récupérer. »

« Oyaji… » fit-il en tournant la tête avec les yeux un peu vague, étant toujours encore un peu sonné, il secoua un peu la tête et tout était plus clair, il se souvenait de ce qui lui était arrivé. Il fut choqué en voyant que le docteur Shimono était présent, ce qui signifiait à ses yeux que son père avait cédés. Il était d'autant plus étonné, de ne pas voir son ami Kudô. Il remarqua également que l'avant-bras d'Heizô était ensanglanté. Mais ce qui attira le plus son attention était de voir, dans son champs de vision le bras de celui qui le tenait se lever, alors qu'il tenait une arme dans sa main. « Oyaji va-t'en ! » cria tout à coup le garçon en se rappelant, ce que son kidnappeur avait dit quand il était séquestré.

L'ancien inspecteur qui se trouvait maintenant face au surintendant et à son 'père' était en train de viser avec son pistolet son ex-supérieur.

« Adieu honbuchou… » il était sur le point d'appuyer sur la gâchette.

« ARRETE SOMA ! » intervint 'Shimono' en criant. Ce qui surprit l'homme.

« Sensei ?! » fit l'autre en regardant le faux médecin avec étonnement.

« Je te l'ai dit Soma…Laisse partir Hattori-kun et partons ensuite. Je ne veux pas que tu te venges sur qui que ce soit ! » dit-il d'un ton ferme.

« Je…. » l'inspecteur ripou serra les dents et tremblait de colère, mais finit par obéir. Il baissa son arme et lâcha l'adolescent. « Va-Va rejoindre ton père morveux… » il le poussa sans le regarder, il était trop déçu de ne pas avoir pu tirer sur Hattori Heizô.

Heiji jeta un regard noir à l'autre homme, s'il n'était pas menotté, il aurait une nouvelle fois attaqué sans réfléchir l'un des responsables de la mort d'Otaki. Cependant, il marcha pour rejoindre son père, il voulait aussi se rassurer que ce dernier allait bien, surtout après qu'il ait vu son bras en sang. Il titubait un peu, ayant un peu le vertige à cause de son mal de tête et du coup qu'il avait reçu au ventre.

Au moment où il arrivait auprès du surintendant, il vit en même temps, que Shimono lui retirait ces menottes et l'aidait à se relever.

« Ce Shimono…pourquoi aide-t-il tant oyaji ? Je sais qu'ils étaient amis mais…il m'a l'air assez étrange. » se dit-il en regardant le médecin d'un air sérieux.

« Bien Hattori-kun c'est à toi, maintenant. » dit le faux médecin avec un grand sourire, alors qu'il s'approchait du détective lycéen pour le libérer.

« Un instant ! » interrompit soudainement Tachibana, qui s'approcha des deux hommes et de l'adolescent. Il bouscula Heiji qui était sur son chemin. Il faisait désormais face à son père adoptif en le dévisageant. « Il y a une chose qui m'échappe Sensei…pourquoi n'étais-tu pas heureux en revoyant Keisuke pour la première fois après tant de mois ? Pourquoi n'as-tu pas demandé où se trouvait Masaru ? Depuis le début, je te trouve bizarre… est-ce que tu es vraiment Shimono-sensei ? » demanda-t-il avec un visage méfiant.

« Ça craint… » se dit Kudô. « Que dis-tu Soma ? » dit-il en essayant de ne pas montrer son embarras.

« Tu sais…j'ai vu assez de braquage de Kaitou Kid à la télé, pour savoir qu'il n'est pas impossible de se déguiser en une personne, pour devenir sa copie conforme… » continua l'ancien inspecteur en s'approchant encore plus de son 'père', il était maintenant proche du visage de ce dernier.

« Aniki, qu'est-ce que tu dis ? Tu vois bien que c'est notre… » commença Keisuke en rejoignant son frère. Mais il ne termina pas sa phrase, en voyant Soma tirer le visage de Shimono, pour constater qu'il ne s'agissait que d'un masque. Derrière ce masque se trouvait en réalité un jeune homme aux yeux bleus, avec des cheveux sombre.