Chapitre 3 : The Day of Departure

Link entra pour la seconde fois dans le temple en ruine et observa longuement la monumentale statue de femme se trouvant dans le fond. Elle était belle, c'était indéniable. Le sculpteur avait donné à chaque pli de sa longue robe une légèreté étonnante, et sa longue chevelure semblait cascader avec souplesse dans son dos. Etait-ce elle, la Déesse Hylia dont avaient parlé les moines ? Son visage de pierre souriait paisiblement et le jeune homme se demandait si la femme qu'elle représentait avait véritablement cette apparence, ou bien si le sculpteur avait idéalisé une déité bien moins divine.

_ La légende raconte que la Déesse Hylia est la gardienne de la Triforce depuis des temps immémoriaux. Que les trois déesses fondatrices d'Hyrule lui ont remit cet artéfact sacré pour le protéger. C'était il y a des dizaines, des centaines de milliers d'années.

Link se retourna et ne fut pas surprit de se retrouver face au vieil ours. Il ne l'avait pas entendu approcher, trop absorber par l'observation de la statue.

_ La Déesse Hylia était une divinité de la Lumière, d'une grande pureté. Elle aurait laissé l'épée Purificatrice pour l'Elu. Un esprit gardien s'assurerait que nul autre que lui ne puisse tirer de pierre cette épée. Mais personne ne sait où elle a disparu. Il y a bien des rumeurs, mais…

Link leva la main et la referma sur la poignée de son épée accrochée dans son fourreau dorsal. Il ressentit quelque chose d'étrange, comme si cette épée n'était pas à sa place, qu'elle remplaçait une autre, bien plus importante. Le jeune homme secoua la tête pour chasser son trouble et reporta son attention sur la statue.

_ Pourquoi Hylia aurait-elle laissé une épée ?

_ Pour combattre le Mal absolu.

_ Le Fléau ?

_ Tu te rappelles ?

_ Non, mais les moines dans les sanctuaires m'en ont parlé. J'ai cru comprendre que c'était un ennemi à abattre.

_ Oh, c'est infiniment plus que ça… Viens, suis-moi.

Le vieillard guida Link jusqu'à un escalier presque entièrement détruit et monta les marche jusqu'à ce qui avait été le clocher du temple. De là, il lui montra un point à l'horizon.

_ Le bâtiment que tu distingues là-bas est le château d'Hyrule. C'était là-bas que vivait la famille royale… que je vivais.

_ Que vous… viviez ?

Le vieillard esquissa un sourire et observa Link avec attention, et le jeune homme réalisa à cet instant qu'il… brillait. Une légère lueur vert tendre entourait son corps.

_ J'imagine que le moment est venu de te révéler qui je suis, Link.

L'homme lâcha son bâton et la lanterne se brisa en tombant au sol. L'espace d'un bref flash lumineux, Link fut aveuglé. Sa vision rétablie, il constata que les vêtements du vieil ours avaient changés. Ses frusques brunes avaient laissé la place à de riches atours d'un bleu royal ourlés de fils d'or. Sa barbe blanche s'étalait majestueusement sur son torse puissant, et ses longs cheveux de la même couleur étaient ceins d'une imposante couronne d'or.

_ Je m'appelle Rhoam Bosphoramus Hyrule. Je fus le dernier roi du royaume d'Hyrule, tombé il y a cent ans sous l'attaque du Fléau Ganon. Le Grand Fléau… de nombreuses vies furent sacrifiées ce jour-là. La mienne fut du nombre. Seul demeure mon esprit, attaché à ces terres, priant la Déesse que quelqu'un défasse un jour le terrible ennemi qui saccagea mon royaume. J'ai jugé préférable de te laisser le temps de te réveiller avant de te raconter tout cela. Tu devais déjà assimiler ta perte de mémoire et un monde à découvrir, je ne voulais pas t'imposer une nouvelle fois ce fardeau…

_ Quel fardeau ?

Le roi déchu regarda Link avec une triste profonde dans le regard, presque du remord, comme la toute première fois que Link l'avait rencontré, devant sa cabane.

_ Le tout début de cette histoire remonte à des centaines de milliers d'années. Les Ténèbres naquirent sur cette terre et se jurèrent de détruire la Lumière. Depuis la nuit des temps, le combat qui oppose ces deux forces fait rage en Hyrule. A intervalle régulier, le Mal renait et la Lumière se dresse pour l'affronter. La dernière fois se déroula il y a cent ans, après un longue période de paix, si longue qu'on en avait oublié l'existence du Fléau Ganon… Jusqu'à ce qu'un devin du royaume ne prédise sa résurrection imminente. Les signes ne le trompaient pas, disait-il. Quand on connait la suite des évènements, c'est une évidence. Il ne pouvait pas se tromper, puisqu'il provoqua lui-même cette résurrection. Mais nous ne le savions pas encore. Seule ma fille se méfiait de lui. Moi, j'étais aveuglé. C'est ma fille qui prit la décision de fouiller la terre à la recherche des vestiges de l'ancien temps, pour trouver des armes qui nous permettraient de lutter contre Ganon. Et nous les trouvâmes. Les Créatures Divines, quatre gigantesques machines de guerre à l'apparence animale, ainsi qu'une véritable armée de Gardiens, soldats mécaniques capable de livrer bataille sans intervention humaine, fruits du savoir et de la technologie de nos lointains ancêtres.

Le vieil ours s'arrêta, comme pour reprendre son souffle. Il regarda le château d'Hyrule et Link eut à nouveau l'impression de voir un éclat d'un rose malsain tourbillonner dans le ciel, juste autour du lointain édifice. Mais il mit beaucoup plus longtemps à disparaitre, cette fois.

_ C'était comme le disait les légendes… Il y avait la princesse détentrice du pouvoir capable de sceller le Mal, et le chevalier porteur de la lame purificatrice avait également fait son apparition. Oui, tout corroborait la légende… Nous décidâmes donc de réunir quatre êtres venus de tout le royaume, quatre Prodiges, pour piloter les Créatures Divines.

L'ancien roi frappa le mur de son poing, la mâchoire crispée par la rage.

_ Nous avons été assez fou pour sous-estimer Ganon. Il a surgit des entrailles de la terre par surprise. Vaincu une première fois par les Gardiens et les Créatures Divines, il avait eu dix mille ans pour apprendre de ses erreurs. Cette fois-ci, il prit possession des Gardiens et des Créatures Divines et les retourna contre nous. Les quatre Prodige pilotes furent tués, ainsi que les habitants du château d'Hyrule et de la ville l'entourant. Ils ravagèrent tout sur leur passage, ne laissant que désolation et mort derrière eux. Le chevalier porteur de la lame purificatrice défendit la princesse capable de sceller le Mal jusqu'au bout de ses forces… mais même lui finit par succomber. Il avait néanmoins fait son devoir, et la princesse survécu. Seule, elle retourna affronter le Fléau et parvint à le sceller. Cette princesse… c'était ma fille…

_ Zelda…

Le vieux roi se retourna vivement et dévisagea Link. Le jeune homme massait sa tempe douloureuse, visiblement troublé.

_ Tu te souviens ?

_ Non… C'est juste… je sais son nom, c'est tout… Il est si chaleureux…

_ Je vois… C'est assez logique, tu as donné ta vie pour elle.

_ Alors, le chevalier…

_ C'était toi, oui. Tu as combattu jusqu'à la fin pour elle.

Le sang empoissait ses vêtements, la douleur était innommable, pourtant il brandissait sa lame émoussée face à des ennemis qu'il ne pouvait transpercer. Il devait la protéger, elle était leur unique espoir… Et lui, il était…

Non, ne pas se souvenir. Ne pas se rappeler. Chasser loin ces ombres mouvantes au fond de lui, les ignorer. Ne pas penser. Ne pas se remémorer l'odeur de la mort. De sa mort.

Link vacilla et se rattrapa au mur en secouant la tête, le souffle court. Il inspira à de nombreuses reprises, profondément.

_ Est-ce que tout va bien ?

_ Je… Oui. Que s'est-il passé après ma… ma mort ?

_ Tu n'es pas à proprement parler mort, sinon tu ne serais pas devant moi. Tu as put être conduit à temps au Sanctuaire de la Renaissance et y guérir. Il a fallut un siècle à ton corps pour se régénérer entièrement. Mais te voilà à nouveau, alors que le pouvoir de ma fille gardant Ganon prisonnier du château commence à faiblir. Me pardonneras-tu d'y voir un signe ? Me pardonneras-tu de te supplier de reprendre le combat ? Mon royaume et ma fille n'ont plus que toi pour les sauver…

Link ne répondit pas. Répondre quoi, de toute façon ? Qu'il allait partir se battre ? Ou qu'il préférait retourner dans son sanctuaire, replonger dans le sommeil et peut-être finir aussi vieux et desséché que les moines ?

_ Link, j'ignore quel choix tu feras. Je ne suis plus qu'un simple esprit, je n'ai aucune emprise sur toi. Je ne peux que te conjurer de reprendre la lutte et de sauver notre monde. Aller affronter Ganon dans ton état actuel serait folie. Il a toujours une armée de Gardiens à ses ordres, ainsi que les Créatures Divines. Si tu décides de prendre la route, je te suggère de te rendre dans un village à l'est d'ici, le village de Cocorico. Tu y rencontreras Impa, elle seule saura te guider. Pour t'y rendre, traverse les monts Géminés, c'est cette montagne qui semble coupée en deux, puis prend la route qui part vers le nord.

Link inclina la tête et réalisa qu'il ferait ce que lui demandait le roi. Quelque chose en lui voulait aller sauver Zelda. Il ne se souvenait pas de son visage, ni du son de sa voix, mais une lumière éblouissante dansait dans son esprit.

Il s'appelait Link, et il voulait sauver Zelda, c'était les deux seules certitudes qu'il avait.

Le vieux roi parut le comprendre à son regard et sourit d'un air soulagé. Il fit alors apparaitre une solide toile ocre rouge brodée avec soin.

_ Prend cette Paravoile, elle te sera utile durant ton voyage. Elle te permettra d'être porter par le vent et de planer sur de longues distances. Elle… a été brodée par ma fille. Zelda voulait faire renaitre une tradition ancestrale quelque peu oubliée. Je suis certain qu'elle voulait te l'offrir.

Link prit l'étoffe et l'examina avant de la ranger dans une sacoche de cuir accrochée à sa ceinture. Elle prenait toute la place et il allait devoir songer à trouver une solution, ou une autre sacoche.

_ Link… Fais attention à toi…

Le roi déchu disparu comme une flamme soufflée par le vent, s'étiolant en particules vert pâle. Link resta seul au sommet du clocher. Il rouvrit sa sacoche et prit la Paravoile. C'était l'occasion ou jamais de la tester. Il s'élança dans le vide et eut l'impression que son estomac allait se retourner lorsqu'il chuta. Le vent s'engouffra dans la toile qui se gonfla et lui permit d'atterrir tout en douceur. Il rangea cet objet des plus utiles et prit la direction des monts Géminés, comme le lui avait indiqué le roi. Il avait un objectif, c'était toujours ça.

_oOo_

Link marcha jusqu'au bord du plateau du Prélude et regarda la haute falaise au pied de laquelle serpentait un chemin allant se perdre dans le lointain en direction des monts Géminés. Ce serait donc là la route à suivre. Il apercevait la haute silhouette orangée d'une tour qu'il lui faudrait escalader et activer pour obtenir la carte de cette nouvelle région. Il marqua un temps d'arrêt avant de sauter dans le vide. Ce serait donc ça sa vie, désormais ? Parcourir de vastes territoires, monter en haut de tours, dénicher des sanctuaires… Et ensuite ?

Son regard saphir se porta en direction de la menaçante silhouette du château d'Hyrule, des bribes d'un rose malsain tournoyant par instant autour de son plus haut donjon.

Y avait-il une princesse là-dedans, se battant à mort contre un ennemi millénaire ?

Il cru discerner un éclat doré, aussi doux que le soleil. Et le vent chuchotant à ses oreilles, portait-il vraiment le murmure de son nom ou le rêvait-il ?

Link sourit et déploya sa Paravoile. Il n'hésita pas plus longtemps avant de sauter dans le vide.

Sa quête commença à l'instant où ses pieds se posèrent en douceur sur le chemin en terre battue parsemé de pavés défais. Pour le meilleur ou pour le pire, il sut qu'il ne ferait plus demi-tour, son destin était en marche.

_oOo_

La route lui fut agréable. Il croisa quelques Bokoblins, dont un bleu, et put tester sur eux sa nouvelle épée. Il s'étonna lui-même. Sa mémoire avait beau être vide, son corps savait comment se battre. Il bougeait instinctivement, fendait, taillait, parait, virevoltait d'un ennemi à l'autre sans s'essouffler. Il savait se battre, c'était indéniable. Et il aimait se battre. Alors qu'il plongeait pour un coup d'estoc après avoir esquivé la maladroite lance de son adversaire, il se sentit plus vivant que jamais. Jamais depuis son réveil il n'avait éprouvé pareil sentiment.

C'était délicieux, grisant, et il eut la certitude d'enfin savoir qui il était.

Il traversa une ruine qu'un panneau de bois à moitié pourri identifiait comme l'étape d'Hyrule puis, un peu plus loin d'autres ruines, l'étape de l'est, où il trouva un sanctuaire brillant de tous ses feux orangés, Vashi'Ryako. Il l'activa, descendit dans ses entrailles récupérer l'Emblème de Triomphe du moine en se demandant bien à quelle finalité cela le conduirait.

En ressortant, Link élimina son premier Moblin qui semblait l'attendre juste à la sortie, immense créature rougeâtre aux longs bras trainant au sol et au nez pendant comme une petite trompe grotesque. Il le regarda partir en fumée et réalisa alors qu'un homme l'observait depuis le pont juste derrière, enjambant un bras de rivière sans nom pour son esprit vide.

_ Eh bien ! Ça c'était un combat, ou je ne m'y connais pas ! Tu es un aventurier ?

_ Non. Un chevalier.

Le jeune homme ignorait d'où lui venait cette certitude absolue enfouit en lui, bien différente du fait que c'était ainsi que l'avait désigné le roi. Il était un chevalier et sentait une certaine fierté enfler dans sa poitrine en l'affirmant à cet inconnu avec tant de conviction.

_ Un chevalier ? Ça fait bien longtemps qu'on en a plus vu en Hyrule ! Enfin, si ça peut te faire plaisir d'en être un. Mais si tu es un chevalier, où est ton destrier ?

_ Je n'en ai plus.

L'homme passa sa main dans ses cheveux sombres et finit par sourire avant de désigner du pouce l'autre côté du pont.

_ T'en trouveras par là. Traverse ce pont, le pont de Prokis, suit le chemin entre les monts Géminés et tu tomberas sur un relais. Dis au gérant que c'est moi, Garadon, qui t'envoie, il te donnera un cheval sans trop de mal. Crois-moi, tu en auras besoin si tu es amené à voyage, monsieur le chevalier !

Link remercia le dénommé Garadon et se remit en marche, franchissant le pont de pierre avant de retrouver le chemin de terre. Il pouvait voir que de nombreux chevaux l'avaient piétiné, et se prit à envier les cavaliers.

Chemin faisant, il arriva finalement face à la tour de la région, juste de l'autre côté d'une petite rivière au courant rapide. Link regarda un peu en aval mais ne vit aucun pont, ni aucun arbre suffisamment grand pour enjamber le courant et lui permettre de traverser au sec.

Le jeune homme s'accroupi et glissa sa main dans l'onde glaciale avec une grimace. Il n'avait aucune envie de s'y baigner.

En se redressant, son regard accrocha les monts Géminés, si proches, dominant la tour de toutes leurs hauteurs, la rivière s'écoulant dans la faille entre eux, se perdant dans leur ombre.

Link n'hésita pas longtemps. Une longue escalade lui paraissait bien plus attrayante qu'une baignade forcée. Il traversa un petit bois peuplé d'animaux et d'un groupe de Bokoblins qu'il extermina sans pitié et s'engagea sur un étroit sentier sinuant dans la roche.

L'ascension fut moins pénible que ce qu'il avait redouté. Le dénivelé était certes fort mais, hormis quelques passages abrupts nécessitant qu'il s'aide de ses mains, Link atteignit le sommet sans peine. Il fut surprit de découvrir un sanctuaire au sommet de l'autre mont, celui se trouvant sur la même rive que la tour. Le jeune homme déplia sa Paravoile et se lança sans hésiter. Un vif vent ascendant soufflant entre les monts Géminés s'engouffra dans la pièce de tissue et l'aida à s'élever jusqu'au sanctuaire, un peu plus haut que le sommet qu'il venait de quitter. Ce sanctuaire portant le doux nom de Shibe'Nihro, Link l'activa à l'aide de sa tablette et obtient encore un Emblème du Triomphe. C'était vraiment lassant, et le jeune homme espérait que ce manège ne serait pas à répéter trop souvent. Mais en se retournant, il découvrit un autre sanctuaire dans une cavité du mont d'où il avait prit son envol. Avec un soupir, il alla l'activer également en planant avec sa Paravoile, découvrant son nom de Shibe'Nyasu.

De là, il s'envola à nouveau vers la tour et atterri directement au sommet. Il posa sa tablette sur le piédestal s'y trouvant et regardant la pierre juste au-dessus s'illuminer de bleu, comme de l'eau coulant entre des runes anciennes, jusqu'à former une unique larme tombant sur la tablette. La carte de la région des monts Géminés s'afficha. En la faisant défiler du bout du doigt, Link trouva le village de Cocorico, que l'esprit du roi lui avait demandé d'atteindre. La route serait encore longue mais, si l'homme croisé un peu plus tôt sur le pont avait raison, il pourrait rapidement le faire à cheval. Il trouva sans peine le relais juste à la sortie des monts Géminés.

Link accrocha sa tablette à sa ceinture et descendit rapidement de la tour grâce à sa Paravoile. Le vent soufflant dans la mauvaise direction, il ne put traverser la rivière pour retourner sur la piste et se contenta de longer le courant sur une corniche recouverte d'herbe rase et, oh surprise, du sanctuaire Ri'Dahi.

Quel voyage palpitant…

Link commençait à regretter de s'être réveillé. Il avait bien un but, mais ne voyait pas l'intérêt de son errance. Le roi lui avait parlé d'un ennemi millénaire, il voulait aller libérer la princesse se battant contre lui depuis cent ans… mais à part ça ?

L'excitation des débuts été vite retombée, et chuta encore lorsqu'il se servi de sa Paravoile pour descendre de la corniche et atterrir… sur le sanctuaire Hayu'Dama, faisant face au Relais des Géminés, dans un petit étang peu profond. Entouré de ronces, il n'aurait put l'atteindre depuis la terre ferme, ou alors au prix de son propre sang. Et il ne voulait pas ça. En s'habillant après son réveil, il avait découvert d'effroyables cicatrices sur son corps, et ne tenait pas à en ajouter de nouvelles. D'autant plus qu'il ignorait d'où il les tenait !

Lorsqu'il ressorti du sanctuaire avec l'Emblème du Triomphe, il réalisa que les ronces avaient disparues.

Avec l'espoir que les choses allaient enfin bouger, Link se dirigea vers le relais tout proche, grand bâtiment coloré surmonté d'une énorme tête de cheval de bois et de toiles. De nombreux voyageurs étaient rassemblés là, échangeant quelques potins et autres conseils avant de reprendre la route, laissant leurs chevaux sous surveillance pour en prendre de plus frais, achetant ou vendant des marchandises aux vendeurs itinérants… Des chevaux sauvages galopaient dans la plaine juste derrière, s'ébattant dans les herbes hautes et entre des ruines. L'animation joyeuse du lieu rasséréna Link qui eut enfin l'impression de se retrouver dans le monde des vivants.

Ce fut presque en courant, le cœur tambourinant étrangement fort dans sa poitrine, que le jeune homme se dirigea vers le comptoir du relais.