Chapitre 7 : Horses and Riders
Le calme régnait sur le relais des monts Géminés. Le gérant retira le cataplasme apposé sur le flanc de la jument Sulkik, évitant machinalement un coup de dents. Vraiment, l'humeur de l'animal était au plus mauvais niveau. Il fallait dire qu'elle était pratiquement sauvage, il n'avait même jamais put la débourrer, alors avoir dû rester aussi longtemps enfermée dans une stalle, attachée à une barrière de bois, n'était pas pour lui plaire.
_ Tout doux ma jolie… Oui, ta plaie a bien cicatrisée. Tu as eut de la chance que le garçon te trouve, tu sais. Je pensais qu'il savait y faire, avec les chevaux, mais il n'a pas fait le poids face Ouranos ! J'espère qu'il ne lui ait rien arrivé de grave.
Il nettoya la robe sombre de la jument pour chasser les résidus de cataplasme et laissa la cicatrice sécher à l'air libre. Une vive lumière bleue en provenance du sanctuaire tout proche l'arracha à ses soins.
Il avait toujours connu ce sanctuaire face au relais appartenant à son père, et au père de son père avant lui, mais le voir faire de la lumière, c'était nouveau.
La lumière se rassembla au même endroit, formant une silhouette plus humaine à chaque instant. Lorsqu'elle se dissipa tout à fait, le gérant du relais reconnu immédiatement le sauveur de Sulkik.
_ Etonnant, ce garçon.
Il le regarda faire quelques pas tremblant, patauger maladroitement dans l'eau avant de s'y laisser tomber à quatre pattes, le corps secoué de tremblement. Il fut prit d'un hoquet plus violent et rendit dans l'eau peu profonde une bile rougeâtre tout sauf rassurante. Le jeune homme s'écroula dans ses propres vomissures et le gérant se précipita à son secours. L'eau arrivait peut-être à peine au niveau de ses chevilles, mais c'était amplement suffisant pour se noyer.
Le jeune homme était d'une pâleur cadavérique, le front effroyablement bouillant, et son inconscience le laissait gémissant de douleur.
_ Je ne sais pas d'où tu reviens, mon gars, mais ça n'avait pas l'air agréable…
Il hissa le malade sur son dos et se dirigea à pas rapide vers le relais. Des blessés, il en voyait souvent, de pauvres voyageurs attaqués par des monstres. Les malades aussi étaient monnaie courante, lorsque de pauvres bougres s'imaginant partir en vacances ne prenaient pas la peine de s'abriter d'une violente averse. Il en avait tant vu passer, et certains y étaient restés. Il espérait vraiment que le jeune homme ne serait pas de ces derniers.
_oOo_
A l'est de la plaine d'Hyrule se dressait un très vieil amphithéâtre où des monstres avaient élu domicile. De nouveaux viendrait prendre leur place, maintenant que les précédents été retourné d'où ils venaient. Asahi rengaina sa courte lame et sourit, repoussant ses longs cheveux blancs dans son dos. La nuit commençait à tomber, et la route jusqu'au repaire des Yigas était encore longue. Elle avait décidé de faire halte dans les hautes ruines circulaires ressemblant bien plus à une tour qu'à un amphithéâtre. Elle avait débarrassé sans mal les lieux des créatures le hantant, même un Lynel blanc particulièrement coriace. Elle aimait ce type d'adversaire si puissant lui offrant un véritable challenge, une danse avec la mort qu'elle mettait un point d'honneur à gagner à chaque fois.
_ Sheïtan, viens mon beau !
Resté sagement en retrait, le cheval noir s'approcha d'un trot étonnamment léger pour sa corpulence massive. Il secoua sa lourde crinière de feu et laissa sa maitresse ôter son harnachement, fabriqué sur mesure par un artisan Yiga particulièrement doué avec le cuir.
_ On a bien mérité de manger un morceau, non ?
Asahi tapota l'encolure de son cheval avant de fouiller dans ses sacoches de selle et d'en sortir un sac de grain. Les denrées pour le voyage n'étaient pas ce que la jeune femme préférait, mais au moins la nourrissait-elle. Et puis il lui restait une banane lame pour le dessert. Rien qu'à y penser, elle en salivait.
Restant debout, elle prit une poignée de grain dans le sac et en mangea une partie avant de donner le reste à son cheval. Partager avec son Sheïtan lui paraissait être la chose la plus naturelle du monde, d'autant plus que le sac était presque vide. Même la banane, elle la coupa en deux. Son géant noir en raffolait tout autant qu'elle.
_ Encore une journée et nous serons chez nous… J'ai hâte de raconter à papa ce qu'il s'est passé à Cocorico. Il sera ravi d'apprendre que notre ennemi est de retour ! J'aurais peut-être dû lui ramener sa tête, il aurait été encore plus content.
Sheïtan frappa le sol de son sabot et fourra ses naseaux veloutés dans le cou de sa cavalière.
_ Tu as raison mon beau, il préfèrera le tuer lui-même !
La jeune femme éclata d'un rire joyeux en caressant son étalon gigantesque.
_oOo_
Link avait mal.
Très mal.
Horriblement mal.
Il ne savait pas où il était, d'où il venait, juste qu'il avait mal.
C'était comme si son corps avait été réduit en charpie par une multitude de lames chauffée à blanc. Il s'était senti être déchiqueté de part en part, écorché à vif, sa peau s'arracher, sa chair se dissoudre, ses os se retrouver réduit en poussière par un pilon gigantesque… Cette souffrance lui était intolérable. Elle lui avait parut durer des heures, infiniment, ne jamais prendre fin… Puis tout s'était arrêté, et s'était ses entrailles qui l'avaient terrassé, aussi glaciales que brûlantes, comme retournées encore et encore par une main invisible prenant un plaisir malsain à le broyer de l'intérieur.
Et sa tête…
Par Hylia, qu'elle lui faisait mal. Un marteau lui pulvérisant le crâne pour liquéfier son cerveau n'aurait pas était plus douloureux.
De très loin, il lui sembler entendre une voix si douce appeler son nom, jaillissant d'une minuscule étincelle de lumière dorée. Il connaissait cette voix, lui avait entendue tant d'intonations différentes… Mais même ces souvenirs-là le fuyaient, et l'impression s'évanouit en même temps que la lumière si fragile, le laissant à nouveau seul dans un océan de noirceur et de douleur.
Puis lentement, très lentement, comme le ressac de la marée, la souffrance diminua. Il parvint à entrouvrir les yeux pour les poser sur le plafond de toile épaisse. Une bonne odeur flottait dans l'air, bien qu'il soit encore incapable de savoir ce qui la provoquait.
Une vague de panique le submergea à cette idée. Il ne savait pas. Qui était-il ?
Link.
Oui, c'était ça. La panique s'évapora lorsqu'il constata qu'il se souvenait toujours du peu qu'il avait acquis depuis son réveil au plateau du Prélude.
Il s'appelait Link, et il voulait sauver Zelda, c'était les deux seules certitudes qu'il avait.
Avec d'infinies précautions, il bougea doucement ses orteils, ses doigts, s'assurant qu'il n'avait pas perdu un morceau en route. Ça lui paraissait invraisemblable d'être entier. Après s'être fait tailler en pièces, comment pouvait-il l'être ?
La téléportation depuis le sanctuaire de Cocorico lui revint en mémoire. Cette douleur n'était donc que le fruit de ce mode de transport si particulier… Il se jura que plus jamais il ne se téléporterait. Il préférait encore rallonger son voyage de plusieurs journées plutôt que de souffrir à nouveau de cette façon.
_ Tu te réveilles enfin, mon garçon ! Je suis soulagé. Tu m'as fait une belle peur tu sais. Tu as fait un pic de fièvre, je n'avais jamais vu ça ! Sûr que j'aurais cassé un œuf sur ton front, il aurait cuit en même pas une minute !
_ Je suis… au relais des monts Géminés ?
_ Oui, tu es arrivé il y a trois jours.
La seule pensée qui traversa l'esprit de Link fut que trois jours à monopoliser un lit, ça allait lui couter cher. Il grimaça en se redressant lentement et repéra son bouclier rond et son épée posée au pied de son lit, avec ses bottes et son baudrier. Son estomac émit un gargouillis sonore, le faisant rentrer la tête dans les épaules, contrit. Le gérant du relais à son chevet éclata d'un rire franc et lui tapota l'épaule.
_ Je vais demander à mon frère de t'amener quelque chose à manger, ne t'inquiète pas ! Quelque chose de consistant… tu aimes le riz à la venaison ? On a chassé un cerf hier, et on a de la viande à revendre !
Link hocha immédiatement la tête, l'eau à la bouche. Pas besoin de souvenirs pour savoir qu'il aimait ça. Le gérant rit à nouveau et se leva du tabouret où il veillait le malade pour partir en appelant son frère à grands cris.
_oOo_
Ce ne fut que dans l'après-midi que Link se sentit suffisamment bien pour reprendre la route. Il sorti du relais et tourna la tête en entendant un hennissement tonitruant. Il reconnut immédiatement Sulkik en voyant la jument défonçant sa stalle à coups de sabots avant de sortir en caracolant. Sa blessure au flanc était laide mais propre. Elle lui laisserait une cicatrice mais au moins l'animal n'était plus en danger. Link sourit et s'approcha d'elle sans la moindre peur. Il tendit la main et la laisser la flairer du bout des naseaux avant de donner un petit coup sur ses doigts, se laissant finalement caresser l'encolure.
_ Je suis content de te voir sur pied, ma belle…
_ Elle t'aime bien ma Sulkik, on dirait ! Tu lui as sauvé la vie, elle s'en souvient.
Link se tourna vers le gérant du relais venant dans sa direction avec un harnachement complet, composé d'une solide selle de voyage, d'un tapis bleu épais, de sacoches de cuir, d'une grosse couverture roulée et sanglée, d'un sac de toile et d'un filet à mord.
_ Tu me rendras service si tu veux bien la prendre avec toi.
_ Sulkik ?
_ Oui. Elle sera une bonne monture, elle t'a choisi, j'ai le nez pour ça. Si c'est toi, elle se laissera harnacher et monter. Et tu as besoin d'un cheval pour rejoindre le village d'Elimith. C'est bien là que tu dois te rendre, non ? C'est bien ce que tu m'as dit ?
_ Oui, mais… Je ne peux pas accepter ! La jument je veux dire…
_ Penses-tu ! Je ne tirerais jamais rien de Sulkik, moi. Je préfère la savoir avec un bon gars comme toi plutôt qu'avec la première brute venue qui la brisera à la moindre occasion. Je sais que tu t'occuperas bien d'elle.
Link leva les yeux vers la jument frottant son chanfrein contre son bras et sourit doucement.
_ Alors ma toute belle, ça te dirais de venir avec moi ?
La jument se frotta contre lui avec plus d'enthousiasme encore.
_ Je vais prendre ça pour un oui… Alors c'est d'accord ! Merci beaucoup !
Le géant sourit avec chaleur et assena une grand claque dans le dos du jeune homme. Il l'aida à harnacher Sulkik tout en lui expliquant la route à suivre pour rejoindre sa destination.
Link se mit en selle et sut immédiatement qu'il n'aurait jamais d'autre cheval que Sulkik. Elle répondait merveilleusement bien à la moindre de ses injonctions, la plus petite pression de talons, le plus infime relâche de doigts.
Oui, elle était faite pour lui.
Le jeune homme remercia le gérant du relais avant de partir d'un trot rapide en direction de la plaine à l'est du relais.
_oOo_
Link s'approcha en frissonnant de la Muraille d'Elimith, solide fortification de pierres taillées renforcée de barricades de bois vermoulus par les ans. Il se dégageait de cet immense mur une odeur de mort venue d'un passé sans doute pas si lointain, mais qui imprégnait les lieux pour les siècles à venir. Son cœur battait à tout rompre dans sa poitrine, affolé. Il avait ressenti un profond malaise tout le long de la traversée de la plaine, et une furieuse envie de faire faire demi-tour à Sulkik, piquer des deux et galoper jusqu'à épuisement total le plus loin possible de cet endroit.
Le vacarme était si fort, l'odeur si prenante, elle lui donnait envie de vomir. La chair carbonisée de ses camarades, le gout métallique de leur sang… Du sien, aussi, en tellement, tellement grande quantité… Et son épée, si lourde, si lourde…
Link donna un fort coup de talon à Sulkik, qui bondit en avant et franchit la porte en arche de la Muraille d'Elimith, refusant de se souvenir. Non, à aucun prix. Pas la mort, pas la douleur, pas la perte… Non, il ne voulait pas revivre tout ça.
L'autre côté de la Muraille d'Elimith lui parut étrangement bien conservé par rapport à la plaine dévastée qu'il avait traversé. Un bataille avait eut lieu là, jadis, la terre en portait les stigmates, mais de l'autre côté, tout était plat, aucune carcasse de Gardien ne jonchait le sol, les arbres poussaient en tendant leurs branches vers le ciel, les oiseaux chantaient dans leurs branches… Link se laissa guider par le chuchotement d'un cours d'eau à sa droite et s'y arrêta finalement. Tout était si paisible… Il but à grandes goulées, laissant sa jument faire de même, calmant le tremblement incontrôlable de ses mains. Sulkik frôla sa joue de ses naseaux veloutés, lui arrachant un léger sourire.
_ Ne t'inquiète pas ma toute belle, ce n'est rien… Reposons-nous un peu ici, d'accord ? L'eau est poissonneuse et je commence à avoir faim.
Le jeune homme regarda les poissons aux écailles colorées frayer dans le courant clair et sourit.
Sa flèche siffla brièvement dans l'air avant de s'enfoncer dans l'eau. Le poisson empalé s'agita, cloué au fond du ruisseau, soulevant de la vase verdâtre qui ne l'empêcha pas de l'attraper et de se retourner vers…
Link ne parvenait pas à se souvenir vers qui il s'était retourné, mais ce bref fragment de son passé lui avait donné le moyen d'attraper son futur repas. Il s'approcha d'un arbre imposant et escalada son tronc noueux pour aller se percher sur l'une de ses branches les plus épaisses. Avec un petit couteau offert par Durann au village de Cocorico la veille de son départ, le jeune homme s'attaque à une branche plus fine, souple et solide. Une fois la branche détachée, il entreprit de la tailler à grand coup de couteau. Il s'étonna de son habileté à travailler le bois. Sans doute y avait-il passé de longues heures, dans son passé oublié. Il n'hésitait jamais pour ses découpes, savait sentir le bois de la pulpe du pouce, estimer sa résistance, ses zones plus fragiles… Et il aimait ça.
L'après-midi était bien avancée lorsqu'il termina son ouvrage, un arc de bois rudimentaire dont il fabriqua la corde avec des crins de la queue de Sulkik. Il aurait préféré un boyau d'animal mais n'en avait pas sous la main. Le crin ferait l'affaire pour l'usage qu'il voulait avoir de cet arc. Son regard se porta sur l'eau grouillante de poisson avec gourmandise.
Moins d'un quart d'heure plus tard, un poisson bien gras grillait doucement au-dessus d'un feu de camp. Sulkik broutait quelques brins d'herbe de-ci, de-là, sélectionnant avec minutie ses préférées.
_ Bien le bonjour !
Link, qui s'apprêtait à mordre à belles dents dans son poisson, se retourna et dévisagea l'homme marchant dans sa direction. Il semblait être entre deux âges, avec sa silhouette svelte et son crâne que ses cheveux gris commençaient à déserter. Il portait des lunettes et une sobre tenue dans les tons marron.
Link fronça les sourcils, étonné de se faire ainsi interpeler. Sulkik releva la tête, pointant les oreilles en avant.
_ Dis donc jeune homme, il a l'air drôlement bon ton poisson ! Ah… si seulement je savais pêcher…
Inutile d'avoir des souvenirs pour savoir que l'homme venait mendier de la nourriture. Link sourit et lui tendit sans hésiter son poisson encore intact. Si le vieil ours sur le plateau du Prélude ne lui avait pas tendu la main, il serait probablement mort, et il voulait rendre la pareille à quelqu'un.
L'homme l'attrapa avec appétit et le dévora sans attendre pendant que Link prenait son arc pour attraper d'autres poissons. Visiblement rassurée, Sulkik recommença à brouter sans plus accorder d'attention à l'homme qui se présenta rapidement comme un érudit avide de découverte du nom de Caly.
_ J'habite un peu plus loin dans le bois, en ce moment. Je fais des recherches sur la bataille qui a eut lieu ici il y a un siècle et sur la raison mystérieuse qui fait que les Gardiens se soient arrêtés à la Muraille d'Elimith sans parvenir à la franchir. Certains écrits laissés par les survivants parlent d'une lumière aveuglante qui aurait stoppé leur course.
Link se contenta de hocher la tête, les yeux fixés sur son poisson.
Caly leva les yeux vers le ciel et secoua la tête.
_ Tu es un voyageur, Link ?
_ Non, un chevalier errant. Je vais jusqu'à Elimith.
_ Tu devrais attendre demain pour reprendre la route. Il ne fait pas bon de se retrouver sur les routes après le coucher du soleil. Crois-moi, les monstres qui hantent la nuit n'ont rien de naturel. Et je ne te parle même pas de la Lune de Sang. Ces nuits-là, si tu es dehors, alors pries tous tes dieux et même ceux des autres pour que les Choses ne te trouvent pas.
_ Les Choses ?
Caly se contenta de serrer ses bras autour de lui, visiblement effrayé. Il n'était pas le premier à réagir ainsi, et Link entendait souvent parler de cette Lune de Sang peuplée de monstruosité. Le jeune homme sentait la menace invisible de cette nuit si particulière peser sur lui, comme une hache prête à s'abattre. Et il n'était pas pressé de faire sa connaissance !
_ Si tu veux, je peux t'offrir l'hospitalité cette nuit, ça me fera plaisir d'avoir quelqu'un avec qui discuter un peu.
Link accepta d'un hochement de tête. Caly ne dégageait rien de dangereux, il lui paraissait même plutôt sympathique avec sa manie de remonter ses lunettes sur son nez. Le jeune homme lui emboita le pas entre les arbres, tenant Sulkik par la bride.
Ils arrivèrent devant une modeste cabane de bois à cheminée de pierre.
_ Bienvenu chez moi, Link ! Pour ta jument…
_ Je vais la laisser libre, elle sait se débrouiller, elle vivait à l'état sauvage hier encore alors... Pas vrai ma petite chérie ?
Sulkik piaffa en redressant fièrement la tête, ayant visiblement comprit ce qu'avait dit son maitre.
_ Une bête intelligente que tu as là… Oui, elle saura se débrouiller.
Link retira le harnachement de sa monture et l'entreposa dans l'entrée de la cabane de Caly. Ce n'était qu'une simple pièce avec une table chargée de livres, des étagères pleines à craquer et un lit tout aussi encombré. Link n'eut aucun mal à imaginer son hôte s'endormir sur ses recherches, ne jugeant donc pas utile de se servir de son lit de son usage premier. Il débarrassa précautionneusement un tabouret de ses rouleaux de parchemins et s'y assit pendant que Caly allumait un bon feu dans la cheminée.
_ Excuse-moi pour le désordre, je ne pensais pas avoir de la visite !
_ Ça ne fait rien…
Caly sourit et s'assit sur une chaise libre. Voyant le regard intrigué que Link posait sur ses recherches, il entreprit avec plaisir de lui parler de tout ce qu'il avait vu et découvert à travers Hyrule, depuis la mystérieuse forêt du nord peuplée d'esprits sylvains aux immensités désertique du sud-ouest, terres de légendes et de traditions venues du fond de la nuit des temps. Et Link l'écoutait, fasciné et surtout désireux pour la première fois depuis son réveil de voir quelque chose qui ne soit pas un objectif donné par quelqu'un. Un jour, il parcourrait Hyrule et découvrirait lui aussi la beauté des montagnes gelées du nord-ouest et les ruines de l'est.
