Chapitre 2
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- Harry, tu devrais te changer, on ne va pas tarder à arriver, lui indiqua doucement la préfète de Serdaigle, le sortant de sa concentration d'une main sur l'épaule.
Il avait encore sursauté, mais elle n'en fit pas cas et lui sourit. Harry acquiesça en réponse et sortit se préparer. Les autres continuaient de discuter sans lui porter plus d'attention, comportement qu'il appréciait.
- En sortant, tu devras suivre Hagrid, lui expliqua Lucy plus tard. Il te conduira au château par le lac, comme tous les première année. Ne t'inquiète pas, la cérémonie se passera bien.
Il acquiesça encore et remarqua le blason de son amie : Un aigle de bronze aux ailes déployées sur un fond bleu comme ses yeux. Il jeta un coup d'œil au sien. Lucy du voir son regard interrogatif, car elle lui expliqua encore :
- Lorsque le choixpeau t'aura réparti, le blason de ta maison apparaîtra. Pour l'instant c'est encore celui de l'école de Poudlard, avec sa devise sur fond pourpre. « Ne réveille pas le dragon qui dort », traduit-elle.
Il lui sourit pour la remercier.
- Ne t'inquiète pas, lui répéta-t-elle quand le train s'arrêta, avant de le pousser gentiment vers l'extérieur.
Comme indiqué, Hagrid appela à lui les première-années. L'homme dépassait de la foule et Harry n'eut aucun mal à le trouver. Il lui envoya un sourire, mais le demi-géant ne dû pas le remarquer, car il ne lui répondit pas. Son regard ne s'arrêta pas une seule fois sur lui tandis qu'il fouillait la foule.
La nuit était tombée quand le groupe d'élèves arriva sur les rives du lac. Hagrid dut les éclairer avec sa lanterne pour qu'ils puissent monter dans les barques. Harry fut placé avec trois autres garçons. Là encore, il pensa qu'il devait faire trop sombre pour que Hagrid le reconnaisse, car il ne fit toujours aucun signe en sa direction. Il se doutait bien que le géant se fichait pas mal d'un énième élève dont il avait la charge. Il voulait juste le remercier encore une fois pour la merveilleuse journée d'anniversaire qu'il avait passée en sa compagnie, le premier qu'il avait eu l'occasion de fêter, en quelque sortes.
Les embarcations avançaient toutes seules et il abandonna vite ses pensées moroses. Quand le château fut en vue, tout le monde, sans exception manifesta sa surprise. Il était magnifique, éclairé par les torches dans la nuit, sous la douce lumière de la lune croissante. C'était une bonne idée, se dit Harry, d'arriver par là, pour avoir cette vue imprenable. Il était tellement subjugué qu'il sursauta à nouveau quand la barque toucha l'autre rive, signe qu'ils étaient arrivés. Avec les trois autres garçons, ils s'entre-aidèrent rapidement pour sortir de l'embarcation et attendirent sagement l'arrivée du gardien des clés et garde-chasse. Qui ne tarda pas.
Hagrid les conduisit alors dans une grotte dissimulée dans la parois de la falaise, puis à l'intérieur d'un couloir. Les troches s'allumaient sur le passage des premiers élèves et s'éteignaient après les derniers, ne manquant pas d'impressionner les petits élèves qui n'étaient pas habitués à la magie, les démarquant encore de ceux issus de familles de sorciers.
Après avoir passé plusieurs portes et monté un escalier, Hagrid les mena devant une femme assez âgée pour avoir les cheveux gris. Elle avait l'air sévère portait, sur son dos droit, une robe de velours vert émeraude ainsi qu'une écharpe en laine épaisse à motif tartan écossais rouge.
- Professeur McGonagall, voici les élèves de première année, annonça Hagrid.
- Merci Hagrid, dit la sorcière d'une voix sèche et imposante. Je m'en occupe.
Le demi-géant quitta les lieux et la professeure se tourna vers le groupe d'élèves. Son visage était fermé, mais ses lèvres se plissèrent quelque peu, esquissant un faible sourire.
- Bienvenue à Poudlard. Le banquet de début d'année va bientôt commencer, mais avant que vous ne preniez place dans la Grande Salle, vous allez être répartis dans les différentes maisons.
La femme continua son discours, expliquant le fonctionnement de la répartition, puis celui des maisons et enfin du système de points.
- J'espère que chacun et chacune d'entre vous aura à cœur de bien servir sa maison, quelle qu'elle soit. Je vous conseille de profiter du temps qui vous reste avant le début de cette cérémonie pour soigner votre tenue, conclue-t-elle.
Le regard du professeur s'attarda sur un élève brun dont la cape était mal attachée, puis sur un autre, roux, qui avait une tâche sur le nez. Harry senti l'angoisse monter. Ses cheveux étaient comme à leur habitude plein d'épis. Il tenta de les aplatir, passant plusieurs fois les doigts dedans, mais c'était un effort vain, il le savait.
Il se répéta comme un mantra les mots de la préfète dans le train : « ne pas s'inquiéter, tout se passera bien ». Il y eut un peu d'agitation entre deux garçons, un peu plus loin, mai il n'y prêta pas garde. Son angoisse était telle, qu'elle avait envahi tout son esprit.
Puis les portes de la Grande salle s'ouvrirent et le stress de Harry atteignit des sommets. Il serra les poings pour ne pas trembler, mordilla ses lèvres, les yeux tournés vers ses pieds de peur de croiser un quelconque regard. Il ne voulait surtout pas que la professeure le regarde comme elle avait regardé les deux élèves tout à l'heure. C'était une nouvelle école, il était dans un monde où les bizarreries n'étaient pas monstrueuses, il ne voulait pas gâcher sa première journée.
Il releva brusquement la tête quand il s'aperçut que la personne devant lui avait fait plusieurs pas en avant. Il la suivit alors nerveusement.
- Quand j'appellerais votre nom …
Harry avait la tête qui tournait et ne savait plus où poser le regard. Il était fébrile et attendait son tour. Au fur et à mesure que le temps passait, le groupe des nouveaux arrivés s'éclaircissait autour de lui. Les élèves quittaient les rangs un par un, dans l'ordre alphabétique, avant de s'avancer et d'être répartis. La sorte de chapeau pointu criait une maison et l'élève se dirigea vers l'une des quatre tables, acclamé par toute sa nouvelle maison.
- Potter, Gaëlian.
Harry sursauta. Alors il y avait vraiment quelqu'un qui portait le même nom que lui ? Il porta plus son attention sur le garçon en question, autant qu'il le put, car l'autre enfant était déjà loin, et il remarqua certaines similitudes entre eux. Hormis la taille du garçon et la couleur de ses cheveux qui possédaient une nuance auburn foncé, complètement absente chez lui qui avait une tignasse noire d'encre, il ne pouvait que reconnaître une ressemblance troublante avec ses propres traits. Il ne pouvait distinguer la couleur de ses yeux qui semblaient clairs, mais peut être la distance lui jouait-elle des tours.
La rumeurs autour de lui le sortit de son étude étrange et son intérêt fut vite oublié. Quand il revint sur l'observation de la salle, il s'aperçut qu'il était loin d'être le seul à s'être réveillé au nom de Potter. En effet, toute la salle murmurait, plus ou moins discrètement, répétant ce nom. Le mot « Survivant » revenait encore et encore.
Quelle était cette histoire de survivant ? À quoi avait bien pu survivre ce garçon pour que tout le monde le connaisse sous ce pseudonyme curieux ? Harry se posait tout un tas de questions quand, soudain, le choixpeau cria :
- GRYFFONDOR !
S'en suivit une ovation de pratiquement toute la salle, particulièrement bruyante à la table de la maison annoncée. Agitation qui cessa aussitôt que le professeur McGonagall prononça le nom suivant :
- Potter, Harry.
Un silence de plomb accompagna la lente marche dudit élève vers le tabouret à quatre pieds sur lequel était posé l'artefact censé lui donner une nouvelle famille. Puis les chuchotements reprirent de plus bel. « Un deuxième Potter ? », « Qui est-il ? », « Sont-ils frères ? Cousin ? ».
La professeure posa le vieux chapeau pointu et rapiécé sur sa tête et, à peine une seconde plus tard, il entendit une voix sortie de nul part.
- Tiens ! Un autre Potter ! Oh, mais je vois que tu ne ressembles pas du tout à ton jumeau !
- Ce n'est pas mon jumeau, je ne le connais pas, répéta encore Harry.
- Évidemment que c'est ton frère ! Lui répondit la voix dans sa tête. Je lis dans les pensées et je ne me trompe jamais. Si je dis que c'est ton frère jumeau, c'est qu'il l'est. Maintenant, comme je le disais, tu ne lui ressembles pas. Je ne pense pas que tu trouverais ta place à Gryffondor. En revanche à …
- SERPENTARD !
- Attends …
Harry voulu poser mille questions au chapeau magique, mais avant qu'il n'en ait eu l'occasion, il était poussé par la professeure vers la table des verts et argents et un autre élève était appelé. Il n'y avait même pas eu d'applaudissements, exceptés ceux des professeurs, polis, mais ce fut à peine s'il le remarqua, trop choqué. Il s'assit machinalement aux côtés d'un autre première année, tout juste réparti lui aussi. Il était complètement déconnecté de la cérémonie de répartition qui se poursuivait non loin de lui, en état de choc. Il n'en sortit que vaguement lorsque le directeur de l'école leur souhaita un bon appétit et qu'une multitude de plats apparurent sur la table sous son nez.
Il dut faire un effort de concentration quand son voisin, en bout de table, se présenta à lui.
- Blaise Zabini.
Le jeune garçon qui lui tendait la main avait la peau sombre, tout comme ses cheveux coupés presque à ras de son crâne, mais avait des yeux en amandes incroyablement clairs, d'un marron-jaune presque vert.
Harry la serra timidement, répondant :
- Harry Potter.
- Tu es vraiment le frère du Survivant ?
- Je crois, répondit Harry, toujours incertain.
- Tu crois ? Reprit son voisin.
- Je ne savais pas que j'avais un frère, avoua Harry.
- Et beh ! Non seulement tu découvres que tu as un frère, mais en plus qu'il est le Survivant ! Belle soirée !
- Pourquoi l'appelez-vous tous le « survivant », demanda Harry, incapable de comprendre.
Ses camarades laissèrent un blanc, choqués à leur tour.
- Comment peux-tu ne pas connaître le Survivant ? Lui demanda l'un d'entre eux.
- Je … J'ai grandis avec des, euh, moldus ? Répondit-il hésitant, incertain du mot.
Plusieurs hoquets retentirent à son annonce. Se retournant, il remarqua que tout le monde aux alentours écoutait sa conversation. Même à la table des professeurs, certains avaient haussé un sourcil ou discutait à voix basse avec son voisin, tout en lui jetant des regards fréquents, pas très discrets.
- C'est pas grave, ça ne me dérange pas, chuchota Blaise à son oreille, ramenant son attention à son voisin.
- Quoi ? Demanda doucement Harry, de plus en plus perdu.
Il ne comprenait pas la moitié de ce qui se disait ou se déroulait autour de lui et il ressenti soudain une grande fatigue. Le monde sorcier était décidément bien étrange, il y avait trop d'informations à traiter et assimiler d'un seul coup.
Blaise l'observa un instant et, remarquant l'état de fatigue de son camarade, lui souffla avec un sourire indulgent :
- Je te ferai un topo de ce que tu as à savoir demain, si tu veux.
Harry sourit en retour.
- Merci beaucoup.
Blaise le surprit en lui tendant une nouvelle fois la main.
- Ami ? Demanda-t-il.
Harry sourit de plus bel et répondit à son geste.
- Ami.
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