Chapitre 3

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Le reste de la soirée se déroula de façon un peu floue. Il mangea en silence, jusqu'à ce que le directeur demande aux préfets de conduire les élèves de première année à leur dortoir. Harry les chercha des yeux et finit par repérer, au milieu de cette marée de capes noires, les deux préfets qu'il avait rencontré dans le train. Les suivant, il tenta de mémoriser le chemin qu'ils prenaient, afin de pouvoir le refaire en sens inverse, le lendemain matin. Mais il eut du mal à se concentrer, il était véritablement épuisé.

Le petit brun écouta d'une oreille distraite le discours des préfets qui avaient pris le temps de se présenter à tout le monde. Justin Rosier et Emilia Parks leur expliquèrent le règlement intérieur et les principales règles de vie dans la salle commune, puis leur indiqua leur dortoir. Harry remarqua vaguement que trois des autres garçons, dont un qui portait le nom curieux de « Drago », semblaient bien se connaître, tandis que le dernier, Théodore s'il se souvenait bien, s'installait silencieusement sur un lit.

Blaise, à côté de lui, lui avait agrippé le bras et l'avait conduit vers les deux lits du fonds, côte à côte. Il avait encore sursauté au contact, mais son nouvel ami ne sembla pas s'en apercevoir et avait gardé son bras autour du sien depuis la sortie de la Grande salle. Il se sentait un peu inconfortable, mais c'était son tout premier ami, alors il n'avait rien dit.

Les Serpentard de première année se changèrent tous rapidement et se glissèrent dans leur lit, soupirant. Harry n'était pas le seul à être épuisé.

Dans un lit ! Pour la première fois de sa vie, il allait dormir dans un lit !

Aussi fatigué qu'il puisse l'être, Harry ne réussit pas à s'endormir tout de suite. Il repensait à toute sa journée qui avait été si folle. Il était bien élève à Poudlard, personne n'avait contesté sa présence dans l'école, il y avait bien sa place, contrairement à ce que son cousin n'avait cesser de lui répéter. Il s'était fait un ami, le premier de sa vie. Puis il y avait eu la révélation que lui avait fait le choixpeau, il avait un frère. Un frère jumeau.

Pourquoi ne l'avait-il jamais sû ? Avait-il encore de la famille quelque part ? Ses parents étaient morts, Hagrid l'avait confirmé, mais personne ne lui avait parler de jumeau ! Étaient-ils tous au courant ou ignorants ? Et lui, son frère, le savait-il qu'il avait un jumeau ? L'avait-on abandonné ?

Ses pensées n'étaient plus très rationnelles. La fatigue prenant le dessus, quelques larmes se mirent à couler sur ses joues avant de s'atténuer quand le sommeil finit par le prendre.

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Harry se réveilla à 5h30, comme tous les matins depuis aussi longtemps qu'il s'en souvenait. Pas besoin de réveil pour ne pas rater les cours. À tâtons, il chercha ses lunettes autour de lui. Une fois mises, il constata qu'il faisait vraiment, totalement, noir. Où était-il ?

Les souvenirs revinrent progressivement et, après une minute, il s'assit brusquement dans son lit. Il était à Poudlard ! Il avait réussi ! La peur sourde qu'il ressentait depuis que le demi-géant était venu lui donner sa lettre avait enfin disparue. Il était bel et bien élève à Poudlard et personne n'avait rien eu à dire de sa présence, il faisait partie de la liste et avait eu sa place au dortoir !

Au dortoir. Il avait dormi dans un lit ! C'était la première fois de sa vie et ça avait été très agréable. Il n'arrivait pas à s'en remettre. Le matelas était si moelleux et les draps si doux. Tout était si confortable. Il soupira d'aise et profita une minute de plus de ce petit bonheur.

Après une poignée de minute supplémentaires, il se leva précautionneusement. Il ne fit pas un bruit, pour ne pas réveiller ses camarades, et se dirigea vers la sortie en faisant glisser ses chaussettes au sol, à la découverte du moindre obstacle, les bras tendus devant lui. Il finit par trouver une porte, qu'il poussa d'un geste franc, pour ne pas qu'elle grince, passa son seuil et refit le même geste inverse, puis la boucla aussi doucement que possible. Pas même un seul clic ne retentit. Il avait toujours été un champion dans l'art de la discrétion.

Il eut tout juste le temps de se retourner, qu'une grande lumière l'éblouit soudainement. Après quelques secondes d'adaptation, il se rendit compte qu'une torche venait de s'allumer par magie, détectant sa présence. Il souffla de soulagement, il n'aurait pas à tâtonner pour trouver son chemin jusqu'à la salle commune et, surtout, à travers les escaliers. Il remonta donc les sept étages, les élèves de première année étant au dernier sous-sol et atteignit la salle commune. Elle était vide, naturellement. Qui de « normal » se lèverait à une heure si matinal ? Il lut sur la grande horloge, placée près de la porte de sortie qu'il était 6h passée. Soit il s'était réveillé plus tard que d'habitude, soit il avait passé plus de temps qu'il ne pensait à réfléchir dans son lit douillet.

Harry observa la salle. Elle était éclairée par des torches, tout comme l'escalier qu'il venait d'emprunter et par d'immenses fenêtres qui semblaient se situer sous l'eau d'un lac sombre. Il en fit le tour. Les couleurs verte et argent dominaient, bien sûr, mais il y avait aussi beaucoup de bois, de cuir noir et tous les murs étaient en pierre grise, comme le reste du château.

Une grande cheminée réchauffait la salle. De grands fauteuils et canapés, accompagnés de tapis, étaient amassés dans un coin, tandis que dans un autre, plusieurs tables et chaises, ainsi qu'une petite bibliothèque et un tableau avec quelques craies constituaient un espace de travail fonctionnel. Près de la porte, à côté de la grande horloge, il y avait une table avec plusieurs prospectus faisant la promotion de clubs de l'école, ou informant sur divers métiers, le tout surmonté d'un tableau en liège où était épinglé plusieurs choses. Le règlement de l'école y préfigurait sur la gauche. Un tableau pour les retenues se tenait au centre. Un espace pour les information concernant l'équipe de « Quidditch », quoique cela puisse être, prenait place à droite. Un large espace libre pour les emplois du temps s'étalait dessous le tout et était divisé en sept sections, une pour chaque niveau de classe. Et, enfin, un sablier qui devait comptabiliser le nombre de points de la maison, pour l'instant encore à zéro, trônait au dessus de l'ensemble.

La salle commune était entièrement décorée de tapisseries et de tableaux qui, il l'imaginait, représentaient d'illustres personnes ayant appartenu à la maison Serpentard par le passé. Ça n'était pas grandiose comme la Grande salle, ni très chaud comme son dortoir, mais une certaine quiétude y régnait. Peut-être était-ce parce que la pièce était encore vide.

Il eut à peine le temps de se faire cette réflexion qu'un petit groupe de jeunes garçons beaucoup plus âgés que lui fit irruption dans la salle. Harry essaya de se faire tout petit pour ne pas être vu et il faillit réussir, mais un des garçon l'aperçu du coin de l'œil et tourna brusquement sa tête vers lui.

- Eh bien, on ne t'a pas appris la décence ? Où te crois-tu pour traîner en pyjama ici ?

Harry baissa les yeux et, le rouge aux joues, fila vers sa chambre pour se changer, espérant que ses camarades seraient levés. Il fallait qu'il pense, le soir, à mettre des vêtements de côté pour s'habiller sans déranger son dortoir avant de sortir.

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Harry entra en silence, mais s'aperçut que la moitié de ses camarades étaient déjà debout. En fait, les seuls qui dormaient encore étaient les deux amis de Drago, Vincent et Gregory.

Quand il s'approcha de son lit, Blaise qui était encore dans le sien, l'interpella :

- Hey ! Potter ! T'étais où ?

- Euh, dans la salle commune … Pourquoi tu m'appelles par mon nom ? Hier, tu as dit qu'on était ami, à moins que …

Harry rougit, peut être Blaise avait-il changé d'avis.

- Oh, excuse-moi, Harry. Tu sais, il va falloir que tu t'habitues à ce qu'on t'appelle par ton nom. C'est assez commun dans le monde magique.

Harry acquiesça.

- Et … tu étais dans la salle commune dans cette tenue ?

Blaise avait haussé un sourcil et Harry rougit de plus bel.

- OK, va falloir qu'on discute, toi et moi, mais ne t'inquiètes pas, je vais t'apprendre. Je ne sais pas comment c'est dans le monde moldu, mais chez les sorciers l'étiquette est assez importante, surtout dans l'aristocratie et à Serpentard aussi.

- Pourquoi ? Demanda timidement Harry, véritablement intrigué.

- Serpentard est la maison de la ruse, de la discrétion mais aussi de l'ambition. Et crois-moi, les aristos ont énormément d'ambition ! Donc une bonne partie se retrouve à Serpentard. À Gryffondor tu aurais peut-être pu te balader en pyjama, mais, ici, tu risques de te faire brimer.

- Un garçon m'a dit que je n'étais pas en « tenue décente », bredouilla le petit brun.

- Ouais, c'est c'que j'dis.

- Et pourquoi c'est différent à Gryffondor ? Et les autres maisons ?

- Oh ne te méprend pas, il y a des aristocrates dans toutes les maisons ! Sûrement autant à Gryffondor qu'à Serpentard, peut-être moins dans les deux autres maisons, je ne sais pas. Mais tu sais, chacune des maisons à ses caractères représentatifs et chez les rouges et ors, ils sont un peu tête brûlée.

- Ne lui donne pas de fausses idées, intervint un autre garçon derrière lui.

Harry se retourna pour se retrouver face à Théodore, un garçon un peu plus grand que lui, très mince, les cheveux bruns bien peignés sur le côté avec de petits yeux bleu foncé. Il lui adressait la parole pour la première fois. En fait c'était juste la première fois qu'il parlait depuis qu'il était arrivé.

- Les gens ont assez de préjugés comme ça, continua-t-il. Serpentard en est la première cible, tu vas vite t'en apercevoir. Mais ne t'y fie pas. L'humain est bien plus complexe qu'une définition donnée par un vieux chapeau rapiécé.

Harry acquiesça et lui donna un petit sourire.

- Théodore Nott, se présenta-t-il en lui tendant la main, l'air pourtant peu avenant. Mais tu peux m'appeler Théo.

- Harry Potter, répondit le petit brun. Tu peux m'appeler Harry aussi.

Théo hocha la tête et se détourna, retournant à ses affaires.

- Pas très bavard, commenta Blaise dans sa barbe. Ceci dit, il n'a pas tort. Sois prudent, Harry. Nous ne sommes pas très bien vus dans l'école.

Harry fit une moue mi-confuse, mi-triste. Lui qui rêvait d'être intégré et de s'épanouir enfin, ce que venait de dire son ami n'était pas de très bon augure pour le futur.

- Viens, allons nous habiller.

Blaise récupéra un tas de vêtements et se dirigea dans les douches de leur étage.

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Harry, après avoir attendu que tout le monde soit passé à la salle de bain, y entra à son tour. Il s'habilla de son uniforme tout neuf et se regarda dans la glace, pas peu fier de son allure. Il ressemblait enfin à quelque chose avec ces vêtements bien à lui et bien ajustés. Bon, il y avait toujours ses cheveux qui se rebellaient sans qu'il n'y puisse jamais rien, tant pis.

Il ressortit et rejoint la salle commune. Y arrivant, il tomba sur Blaise, les bras croisés, adossé au dossier d'un fauteuil.

- Ah bah quand même ! J'ai cru que tu ne sortirais jamais !

- Tu … tu m'attendais ? Demanda Harry interloqué.

- Bah bien sûr ! J'attendais pas Merlin !

- Désolé, je suis passé dernier dans la salle de bain, s'excusa Harry gêné. Et il n'y a pas de Merlin dans notre dortoir…

- Tu sais, tu peux entrer en même temps que les autres dans la salle de bain. Bizarrement, ça ne choque personne. Tant que c'est entre les murs de la salle de bain, tout le monde peut te voir à poil, sauf les grands pudiques, mais dès que tu en sorts, tu dois être sur ton 31. C'est vrai que c'est curieux, babilla Blaise. Bref. Bien sûr qu'il n'y a pas de Merlin dans not' dortoir ! Salazar, j'avais oublié. Merlin est juste LE plus grand sorcier de tous les temps !

- Oh. OK. Désolé.

- Pas grave, viens, on va manger.

Harry suivit Blaise dans les couloirs. C'est alors qu'il remarqua les tableaux aux murs.

- Dis, Blaise …

- Hmm ?

- Les tableaux …

- Oui ? Ah. Pardon. Oui, ils bougent, c'est normal. Ils ont reçu un sortilège qui le leur permet, certains parlent aussi. Si le sorcier qui a lancé le sort est assez puissant, il peut même intégrer la mémoire d'une personne à son portrait. C'est assez courant dans notre monde. Il en est de même pour les photos, les journaux …

- Wah ! C'est magique ! Oh. Je suis bête.

Blaise rit.

- T'en fais pas, tu vas t'y faire, le rassura-t-il en lui prenant la main.

Le corps de Harry se réchauffa autant au contact qu'au commentaire de son ami. Jamais personne n'avait été si attentionné avec lui auparavant, excepté Lucy dans le train, mais elle était beaucoup plus vieille que lui. Blaise avait son âge et l'avait accepté dès le début, tel qu'il était. Et il ne le rejetait pas à cause de son ignorance.

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Ils atteignirent les portes de la Grande salle qui étaient ouvertes et là Harry s'arrêta, stupéfié, entraînant Blaise avec lui, puisque ce dernier lui tenait toujours la main. La veille, il était trop préoccupé pour faire attention au décor, mais ce qu'il voyait maintenant, était magnifique. Il n'y croyait pas.

Heureusement qu'il y avait peu de monde dans la salle pour contempler son air stupide, se dit-il quand il se reprit. Il tourna son visage vers Blaise qui faisait bien une tête de plus que lui et qui le regardait avec un sourire indulgent, serrant doucement sa main.

Puis son ami le tira gentiment vers leur table.

- Pourquoi n'y a-t-il personne ? Demanda le petit brun, s'asseyant à la droite du grand noir.

- Il n'est que 7h et les cours ne commencent qu'à 9h, lui indiqua un garçon assit de l'autre côté, un peu plus loin et qui avait entendu sa question. Il y a rarement du monde avant 8h. Et encore, aujourd'hui est le premier jour, peut-être que les autres vont être plus matinaux, mais tu verras vite que certains ne vont pas hésiter à débarquer à 9h moins le quart.

Harry écarquilla les yeux et son interlocuteur rit de sa réaction avant de se détourner et de recommencer à discuter avec ses camarades.

- Comment peut-on traîner autant alors qu'on a cours un quart d'heure après, surtout avec la taille de ce château ? Commenta Blaise.

Harry était bien d'accord avec lui, même s'il savait que lui se levait particulièrement tôt, corvées quotidiennes obliges. Il en avait pris l'habitude pour ne pas se faire houspiller par son oncle à cause d'un petit déjeuner qui n'était pas prêt à temps, alors qu'il partait au travail à 7h30.

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Harry ne put que se jeter sur la nourriture. Il était mort de faim. La veille au soir il n'avait pas vraiment profité du repas, son estomac avait été bien trop noué pour ça. À midi, dans le train, il n'avait rien eu à manger et guère plus qu'un morceau de pain dur le matin. Là, il y avait du pain blanc, grillé ou brioché, du pain de mie, des pancakes, des biscuits, gâteaux, pâtisseries et viennoiseries, des céréales, des fruits, des confitures, des pâtes à tartiner au chocolat, aux noisettes, du beurre, du sirop d'érable ou d'agave, du beurre de cacahuète, des jus de fruits, chocolats chauds, thés et cafés, des œufs déclinés sous plusieurs formes, du porridge, des tomates grillées, des saucisses et tant d'autres choses encore. Il ne savait plus où donner de la tête ni que choisir, mais il se régala comme jamais il n'avait pu le faire.

Tandis qu'ils mangeaient, Harry expliquait le fonctionnement de son monde, celui des moldus, et Blaise ne cessait de s'exclamer « C'est pas possible ? » et de demander que pouvait bien être tel ou tel objet.

Alors que le petit brun tentait de lui expliquer le concept de l'électricité, un professeur tout de noir vêtu, à la peau pâle, aux longs cheveux noirs et au petits yeux de la même couleur, vint déposer les emplois du temps en bout de table. Les deux compères se levèrent alors et récupérèrent le leur.

Retournant dans leur dortoir afin de faire leur sac, ils consultèrent leur emploi du temps. Harry était plutôt content de la forme de son emploi du temps. Il avait beaucoup de temps libre disséminé un peu tous les jours – sauf le mardi qui était sa plus grosse journée – pour travailler. Vu le gouffre qu'il y avait entre le monde de la magie et celui qu'il connaissait, il allait devoir travailler dur et lire beaucoup pour compenser. Il espérait que Blaise pourrait l'aider.

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Ils sortaient de leur cours de Sortilège, cours qui avait beaucoup plu à Harry, émerveillé de pouvoir utilisé sa baguette, quand quelqu'un cria :

- Hé ! Hum, Harry !

Harry se retrouva retourné de force, le bras tiré en arrière par un garçon qui attendait d'entrer dans la salle. Il ferma fortement les yeux, attendant il ne savait quoi, un coup peut-être, mais quand rien n'arriva, il les rouvrit prudemment.

Il leva le visage vers son agresseur et son regard se perdit dans deux grands yeux semblables aux siens, de ce vert menthe à l'eau si profond, à l'exception qu'ils n'étaient pas dissimulés derrière des lunettes rondes. Étudiant le visage dans son ensemble, il remarqua qu'il était encadré par une chevelure un peu folle, exactement comme la sienne, mais d'un brun aux reflets auburn, à la place de son propre brun charbon. Il recula alors, choqué, reconnaissant dans ces traits identiques en tous points à son propre visage, le garçon qui était, semblait-il, son frère.

- Salut, Harry … Potter. Dis, est-ce que tu es mon frère, parce que …

L'autre étudia à son tour son visage.

- Tu me ressemble tellement ! Chuchota ce dernier.

Il eut un rire nerveux avant d'ajouter :

- Sauf la taille et les lunettes !

Effectivement, Gaëlian avait plusieurs centimètres de plus que Harry.

- Je n'y comprends rien, souffla le plus grand des deux, plus pour lui-même. J'ai cours là, mais… Est-ce qu'on pourrait se parler à midi ? S'il te plaît.

Harry secoua la tête. Il avait eu tellement peur en étant agrippé si violemment, sans s'y attendre, qu'il n'était pas certain de sa voix pour l'instant. Il était très intrigué et aurai aimé avoir des réponses, mais il avait trop peur de celles-ci et de ce quelles pourrait lui apprendre. Alors comme ça, son frère ne savait pas pour lui, lui non plus ?

Ce fut Blaise qui le sauva, en le tirant à lui à son tour, plus doucement cependant, et ils partirent tous les deux en direction des cachots pour rejoindre leur salle commune, pressant le pas. Son cœur battait à la chamade et ses mains tremblait un peu.

- Ça va ? Demanda son ami, lorsqu'ils eurent franchi la porte de l'antre des Serpentard.

Harry acquiesça lentement et se dirigea, sans attendre l'autre garçon, vers leur dortoir. Ils avaient fait le chemin tellement vite, qu'ils étaient encore seuls dans leur chambre.

- Harry, je sais qu'on ne se connaît que depuis hier mais … Je t'aime bien, tu sais ? Et j'aimerais vraiment t'aider. Pourquoi as-tu eu si peur quand Potter t'a attrapé dans le couloir ? OK, il a été un peu brutal mais ... Tu t'es complètement recroquevillé et tu as fermé les yeux si fort ! Et puis tu t'es mis à trembler … Tu m'as fait un peu peur, tu sais ? Et tu sursautes à chaque fois que je te touche, je n'ai rien dis, mais j'ai remarqué, tu sais ?

- Je suis désolé, Blaise.

- Je ne te dis pas ça pour que tu t'excuses, je veux savoir pourquoi tu t'es mis dans cet état-là. Tu peux me faire confiance, tu sais, je ne dirais rien. Je peux garder les secrets, surtout ceux de mes amis.

Il s'était assis aux côtés de son ami, sur le lit de Harry, et lui souriait gentiment en lui posant une main sur l'épaule, mais Harry resta silencieux.

De longues minutes plus tard, alors que le petit brun s'était remis de ses émotions, Blaise, voyant que son ami cogitait un peu trop avec ses sourcils froncés à l'extrême, se mit en tête de le distraire.

- Dis, on a Défense Contre les Forces du Mal cet après-midi. Ça te dirait que je t'initie ? J'ai eu des cours avec un précepteur l'an dernier, alors je pourrais te raconter ce que je sais !

Harry avait vivement redressé la tête, toutes ses préoccupations oubliées. Il avait les yeux pétillants et hocha vigoureusement la tête.

- Oh oui, s'il-te-paît ! J'adorerais ! S'exclama-t-il, se tortillant d'excitation.

Blaise rit et ils passèrent l'heure précédant le déjeuner à travailler les défenses contre les forces du mal.

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Ils en parlaient encore, lorsqu'ils s'assirent à leur table dans la Grande salle. Harry était plongé dans le cours de Blaise quand, tout à coup, les plats apparurent sur la table. Harry fit alors un grand bond sur sa chaise et poussa un petit cri de souris, s'attirant les moqueries de ses voisins.

Harry était rouge de honte. Il s'était encore fait avoir. Et Blaise ricanait gentiment à côté de lui.

- Oh, Harry. Boude pas, ça arrive à tout le monde, tu sais ! Sers-toi, plutôt !

Blaise revint rapidement sur ses cours pour distraire, une fois de plus, son ami et le repas continua sans autres anicroches. Harry était toujours passionné par le discours de son ami qui était en train d'énumérer toutes les créatures magiques qu'il connaissait quand il se fit de nouveau alpagué par son frère, à la sortie de la Grande salle.

- Harry, je t'en prie, écoute-moi. J'aimerais juste savoir : est-ce que tu savais que j'existais ? Est-ce que tu savais que tu avais un frère ? Lui demanda-t-il, d'un ton un peu désespéré.

Mais ce fut Blaise, un peu énervé pour son pauvre ami, qui répondit :

- Comment voulais-tu qu'il le sache ? Il a grandi parmi les moldus toute sa vie ! Il n'a découvert qu'à son anniversaire qu'il était un sorcier ! Alors non, il ne savait pas qu'il avait un frère, encore moins un jumeau. Il n'avait même pas entendu parler du Survivant avant hier !

Gaëlian était choqué. Tout comme Harry, mais pour une toute autre raison. C'était la première fois que quelqu'un était de son côté et prenait la parole pour le défendre.

- Je ne savais pas non plus … Je veux dire, je ne savais pas non plus que j'avais un frère. Jusqu'à hier, je croyais être le dernier de ma famille. Quand Minerva a prononcé « Potter » une deuxième fois, je ne savais pas quoi penser. Alors comme ça tu es vraiment mon frère ?

- C'est ce que le choixpeau m'a dit, répondit finalement Harry, timidement.

- Pourquoi t'appelles McGonagall par son prénom, toi, d'abord ? Demanda Blaise avec un léger ton d'accusation.

- Elle fait partie des gens qui m'ont entraîné. Mince alors, si le choixpeau te l'a dit, alors il n'y a pas de doutes possibles !

- Entraîné ? Demanda Harry, complètement perdu.

Les choses avaient du mal à prendre un sens dans sa tête. Il y avait encore cette histoire de Survivant qui revenait, il l'avait totalement oublié. Et puis, il avait vraiment un frère. Lui non plus ne semblait pas savoir pour son existence avant la cérémonie de répartition, la veille.

Il avait soudain la tête qui tournait.

- Harry ! Ça va ? Assieds-toi, tu es tout pâle.

Blaise lui tint le bras tandis qu'il l'aidait à s'asseoir à même le sol, s'agenouillant à ses côtés pour le soutenir.

- Harry, je suis désolé, lui dit son frère, s'accroupissant devant lui. C'est un choc pour moi aussi. Mais je suis content de ne pas être le seul, finalement. J'ai cours bientôt et je ne voudrais pas sécher dès le premier jour mais, si tu veux, on peut se retrouver à 18h. J'aimerais beaucoup faire ta connaissance.

Harry acquiesça silencieusement et Gaëlian s'en détourna, partant en direction de l'extérieur suivit d'un rouquin, non sans lui jeter un dernier coup d'œil avant de disparaître.

- Aller, viens, lui intima Blaise.

Il aida son ami à se relever et fit une chose pour laquelle, il le devinait, il allait devenir expert : il détourna l'attention de Harry en lui proposant d'explorer le château.

- On a deux heures devant nous. Tout ce qu'il faut pour découvrir l'école et repérer les chemins de nos futures classes de cours. Qu'en dis-tu ?

Toujours silencieusement, Harry le suivit. Après quelques pas, il s'arrêta pour demander timidement :

- Parle-moi du Survivant, s'il te plaît.

Blaise observa le visage de son ami. Celui-ci était complètement fermé et n'exprimait plus rien. Voilà qu'il se conduisait comme un vrai Serpentard. Il hocha la tête et, tout en parcourant les dédales de Poudlard, lui raconta tout ce qu'il savait de cette nuit-là, de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcé-le-nom et de la famille Potter.

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