Chapitre 17 : Remnants from the Past

Fenouh mordit dans la pomme que lui avait donné Link et porta son regard sur la forteresse de l'autre côté du gouffre. Entre eux, le feu crépitait doucement. Si quelques monstres avaient bien tenté une approche, Link les avait tous éliminés et pour l'heure, la nuit était calme. Fenouh ne pouvait que remercier la Déesse d'avoir mit Link sur son chemin. Sans lui, il serait mort. Le jeune homme n'était pas des plus loquaces, mais il n'était pas méchant, n'ayant pas hésité à partager ses rations de voyage avec lui sans aucune contrepartie.

_ Ces ruines sont incroyables… En les voyant, il est si simple d'imaginer à quel point le royaume d'Hyrule était prospère, dans le temps.

Link, occupé à curer les sabots de Sulkik de la pointe d'un petit couteau, releva les yeux vers Fenouh et hocha la tête.

_ Je suppose que c'est le Fléau Ganon qui a détruit cette forteresse, comme tout le reste ? Le Héros vaincu, il ne restait plus personne pour l'arrêter… Tout est de sa faute à lui…

_ Ne sois pas si sévère avec ce Héros, Link, ce n'était qu'un être humain comme toi et moi.

Le jeune homme laissa retomber le sabot de sa jument et regarda Fenouh avec un certain étonnement, comme s'il s'était attendu à ce qu'il maudisse le Héros qui avait perdu cent ans plus tôt.

_ La forteresse d'Akkala… Elle a été bâtie il y a fort longtemps pour protéger la région d'Akkala. On la disait imprenable, et à raison. Perchée sur son éperon rocheux, elle dominait toute la région, il était impossible de l'approcher sans se faire repérer. Leur unité de canons était la plus redoutable du royaume, orientée de telle sorte qu'une armée de ne pouvait s'approcher sans essuyer son feu nourri. C'était la glorieuse époque où Hyrule était encore florissante. Mais le Grand Fléau s'est réveillé et la donne a changée. Le roi est mort, le Héros aussi, quant à la princesse, nul ne sait ce qu'il est advenu d'elle. Et les quatre Prodiges, leurs Créatures Divines se sont retournés contre eux, de ce qu'on m'a dit. Hyrule était à feu et à sang, et l'armée n'a eut d'autre choix que d'établir sa base ici pour y livrer son ultime bataille. Mais ils n'ont pas pu contenir l'attaque massive de Gardiens hors de contrôle, et la forteresse finit par tomber elle aussi. En d'autres termes, ce fut le dernier endroit du royaume d'Hyrule à être détruit...

Fenouh regarda la forteresse en ruines. Cent ans plus tôt, ce n'était pas seulement les chevaliers, la princesse, le Héros ou encore les Prodiges qui avaient perdus. C'était tout Hyrule.

_ Mon ancêtre était un chevalier d'Hyrule. Il est mort ici, et sa femme n'a put récupérer que sa côte de maille. Celle que je porte en ce moment… Je suis venu jusqu'ici car je voulais me recueillir devant ces ruines, voir de mes yeux l'endroit où il était tombé… Tu sais, je me dis qu'ils ont fait une énorme erreur, il y a cent ans.

_ Laquelle ?

_ Celle de ne se reposer que sur un seul homme. Le Héros pouvait être le plus fort de son époque, il n'était pas infaillible. Ils auraient dû l'épauler au lieu de compter seulement sur lui, nous n'en serions pas là. Oui il y a eut les Prodiges, mais cela ne portait malgré tout que le nombre à cinq. Résultat, Ganon a put triompher et Hyrule non. Beaucoup maudissent le Héros qui a échoué, mais moi je me dis que ce pauvre gamin n'avait sans doute pas demandé à ce que le destin du monde repose sur ses seules épaules. Il a fait de son mieux, mais ça n'a pas suffit, ce n'est pas de sa faute. Hyrule a perdu à cause de sa propre vanité à se croire capable de gagner face au Mal absolu venu de la nuit des temps. Mon ancêtre était du lot !

Link esquissa un léger sourire et Fenouh cru y discerner de la reconnaissance. Le jeune homme reprit son inspection des sabots de sa jument, mais son mutisme s'était quelque peu dissipé et il discutait désormais avec Fenouh.

_oOo_

Si la première partie de la nuit fut plutôt calme, la seconde poussa Link à enchainer les combats contre les monstres Stals particulièrement agressifs. Leurs attaquèrent cessèrent dès le levé du jour, les squelettes animés retournant à la terre.

_ On peut s'estimer heureux que ce n'ait pas été une nuit de Lune de Sang.

_ Beaucoup de monde m'a déjà mit en garde contre ces nuits-là, mais je n'en ai jamais vécue une.

_ Tu as bien de la chance, crois-moi. Les morts qui se mettent à marcher, tu ne pourrais jamais oublier ce spectacle…

_ Et les Stals ? Ce ne sont pas des morts qui marchent ?

Fenouh secoua la tête en recouvrant les cendre encore fumante avec de la terre pour empêcher le feu de reprendre.

_ Les Stals ne sont que des os… Tu comprendras un jour, mais je te souhaite cela le plus tard possible.

Link hocha la tête et détacha ses sacoches de selle pour les jeter en travers de son épaule.

_ Fenouh, vous allez prendre Sulkik pour rejoindre le relais le plus proche. Je la sais capable de se débrouiller seule pendant que j'explore la forteresse, mais je n'aime pas l'idée de la laisser dans cette zone.

_ Tu me confierais ton cheval ?

Fenouh avait bien vu l'affection que portait le jeune homme à sa jument, et devait bien admettre être étonné de sa proposition.

_ Ça m'arrangerait que vous la rameniez au relais, oui… Et votre épaule vous fait souffrir, ce ne serait pas prudent de partir à pied. De toute façon, Sulkik ne vous laissera pas la voler si vous essayiez.

_ Je vois… Merci, j'accepte ton offre. Je vais aller au relais du sud d'Akkala, tu arriveras à le trouver ?

_ Oui, je pense.

Fenouh hocha la tête. Il s'approcha de Sulkik et laissa la jument le renifler sous toutes les coutures. Elle avait l'air assez sauvage, aussi s'attendait-il à quelques difficultés pour la monter mais elle ne broncha pas. C'était un animal intelligent, Fenouh était certain qu'elle avait comprit ce qu'attendait d'elle Link.

Ils se séparèrent quelques minutes plus tard, Link prenant le chemin aux pavés défais envahi de mauvaises herbes menant à la forteresse d'Akkala.

Il ne lui fallut que quelques minutes pour tomber sur un premier cadavre. Les animaux pullulant dans les abords l'avait presque entièrement fait disparaitre, mais Link pouvait encore voir qu'il s'agissait d'un être humain. Ses os semblaient avoir été pulvérisés, et le jeune homme ne connaissait qu'une seule créature capable de faire de tels dégâts. Il détacha son regard des restes et scruta la forteresse.

Le Gardien volant surgit d'un angle sans prévenir, se mouvant rapidement grâce à une imposante hélice. Son œil bleu scrutait le sol et rien ne semblait pouvoir lui échapper. Link se rencogna contre le mur de la forteresse en pierre taillées froides et d'un gris terne mangé de mousse vert sale. Le Gardien passa au large sans le repérer.

_ Il ne doit pas être tout seul…

La suite de son exploration lui donna raison. Plusieurs Gardiens tournaient autour du sommet de la forteresse. Si les êtres vivants avaient désertés les lieux, les cadavres à divers stades de décomposition étaient jetés de-ci de-là. Link tenta bien d'entrer à l'intérieur de la forteresse, mais tout était totalement effondré et impraticable. En jaillissant des entrailles de la terre, la tour Sheikah avait fait d'énormes dégâts, achevant les rares murs encore debout aillant survécu à l'assaut des armées du Fléau Ganon.

Se glissant entre les ombres et les gravats, Link parvint petit à petit à se rapprocher du sommet. Il resta de longues minutes à regarder deux Gardiens tourner autour d'un groupe de Lézalfos inconscients du danger les guettant. Les deux Gardiens leur tirèrent finalement dessus, éliminant les monstres, les renvoyant aux Ténèbres dans une épaisse fumée noire si caractéristique des monstres. Les Gardiens s'éloignèrent ensuite, et Link put reprendre son ascension, le temps de gravir un long escalier totalement à découvert qui l'amena au sommet de la forteresse. La tour se dressait en plein milieu, encerclée par un champ d'un marasme d'un rose malsain et corrompu.

Prudent, Link arracha une mauvais herbe poussant entre deux pavés et en effleura la substance. Le végétal pourri instantanément entre les doigts du jeune homme.

Link se redressa pour scruter son environnement en se demandant comment atteindre la tour sans pourrir lui-même. A part jouer les équilibristes sur les gravats et les restes des arches, il n'avait pas d'autre chemin. Après un dernier regard pour s'assurer que les Gardiens n'étaient pas dans les parages avant de s'avancer vers une corniche l'escalader.

Ses sacoches de selle le déséquilibrait, mais il n'avait pas eut suffisamment confiance en Fenouh pour les laisser sur la selle de Sulkik. Il sauta par-dessus une flaque de cette corruption malsaine pour atteindre les restes d'un escalier le rapprochant un peu de la tour.

Le grillage l'entourant était si proche, mais trop loin pour sauter. Les escaliers étaient pourtant le point d'appuis le plus près de la tour, et Link n'avait donc pas le choix. Il recula autant que possible, inspira profondément et s'élança.

Il heurta durement le grillage et se blessa les paumes sur la surface irrégulière. Par quel miracle parvint-il à ne pas toucher la corruption, il n'en avait aucune idée mais la Déesse mériterait bien qu'il la remercie lorsqu'il passerait devant l'une de ses statues, à l'occasion.

Le jeune homme n'eut plus qu'à monter tout en haut, où l'attendait une vue à couper le souffle s'étendant à l'infini. A l'est, il voyait la mer étinceler sous le soleil, un lac s'étendait juste au pied de la tour, un petit bois bruissant à proximité ; à l'ouest la plaine d'Hyrule ondulait sous l'effet d'une brise et le château. Par instant il distinguait une lueur rose tout autour, sans aucun doute la preuve que Ganon s'agitait toujours.

C'était là-bas que se battait Zelda en attendant qu'il arrive.

Une part de lui mourrait d'envie de courir jusqu'au château, l'épée au poing, pour enfin occire leur ennemi… mais une autre part voulait s'enfuir à l'opposé pour ne jamais avoir à affronter ce monstre…

Sortant de ses pensées, Link se dirigea vers la stèle au centre de la tour et déposa la tablette Sheikah sur sa surface lisse. La tour s'illumina de bleu et la carte de la région apparut sur la tablette.

Link fronça les sourcils en voyant un point rouge danser sur la pierre bleue surmontant la stèle. Il se retourna et sentit son cœur rater un battement. Un Gardien volant se trouvait juste derrière lui, son œil ayant viré au rouge braqué sur lui. Link ne prit pas le temps de réfléchir et s'élança en direction du lac. Le rayon de lumière tirée par le Gardien frôla son crâne lorsqu'il sauta dans le vide. Dans sa chute, il parvint à déployer sa Paravoile et ralentit sa chute. Le Gardien ne le poursuivait pas, à son grand soulagement.

Le jeune homme se laissa porter par le vent soufflant de travers. Il le fit dériver jusqu'au petit bois dominé par une colline où se trouvait un sanctuaire, au sud du lac.

Link se laissa tomber dans les hautes herbes lui arrivant à la taille et se fraya un chemin jusqu'au sanctuaire qu'il put activer. Il récupéra un nouvel Emblème du Triomphe en commençant à se demander si c'était vraiment utile de les récolter. Il se laissa ensuite glisser en contrebas pour traverser le petit bois, non sans jeter un dernier regard en direction de la forteresse d'Akkala. Les Gardiens tournaient à son sommet, mais aucun ne venait dans sa direction.

Le bois offrait une ombre fraiche et agréable, et le gibier pullulait. Link chassa un lapin et le vida rapidement en quelques gestes experts avant de l'empaler sur un morceau de bois et de le placer sur un feu de camp aux flammes jaillie de la rencontre de son épée et d'un silex trainant au fond de ses sacoches de selle. Link ne se rappelant pas l'y avoir mit, il ne put que supposer qu'il s'agissait là d'une attention de Durann, son ami Sheikah.

Pendant que son lapin rôtissait, le jeune homme se demanda comment allaient Durann et ses filles. Il espérait que les Yigas d'Asahi n'avaient pas mené de nouvelle attaque sur le village Sheikah.

Il mangeait avec appétit lorsqu'une femme apparu entre les arbres devant lui. Elle lui paraissait être totalement déplacée en ces lieux, avec ses formes voluptueuses soulignées par ses riches vêtements étincelants du même violet lavande que ses épais cheveux relevés en chignon. Elle portait de riches bijoux et du maquillage tout sauf discret. Link cligna des yeux d'un air incrédule en se demandant ce qu'il y avait dans son lapin pour le faire halluciner ainsi.

Pourtant, la femme parla d'une voix profonde et suave.

_ Bonjour jeune homme…. Aurais-tu quelques rubis à offrir à une pauvre âme égarée ?

_ Des… rubis ?

S'il y avait bien une chose dont la femme ne manquait visiblement pas, c'était bien d'argent. Il leva son lapin dégoulinant de graisse.

_ Vous en voulez un morceau ?

_ C'est des rubis que je te demande, pas un morceau de viande trop cuit. Quelle barbarie de manger des animaux morts.

_ Il vaut mieux les manger morts que vivants.

_ Tu oses répondre ainsi à la Grande Fée Mijah, pauvre fou. Cette forêt m'appartient, le lapin que tu manges m'appartient, le bois que tu brûles m'appartient, même l'air que tu respires m'appartient. Tout voyageur se doit de s'acquitter d'une taxe en passant dans mon domaine. J'en ai eut assez d'attendre que quelqu'un daigne venir me donner des rubis à ma fontaine, les gens sont tellement égoïstes.

_ Par les temps qui courent, je comprends que les gens préfèrent garder leurs économies pour manger un morceau de pain plutôt que de le jeter dans l'eau.

La Grande Fée afficha une expression hautaine que Link soutint d'un regard glacial.

_ Tu n'aurais pas eut cette expression face aux anciennes Grande Fée, jeune impudent. Mais Ganon les a toutes tuées… Moi et mes sœurs sommes nées pour prendre leur place. Nous sommes des filles des dieux ! Mais vous, humains, vous avez oublié le respect qui nous ait dû.

Agacé, Link se leva et étouffa son petit feu sous ses bottes. Il tourna le dos à la Grande Fée et s'éloigna. Elle lui vociféra des insultes, mais se retrouva incapable de le suivre. L'entité lui rappelait une gamine mal élevée ne supportant pas la contrariété. Si elle était vraiment la fille des dieux, il serait de bon ton que lesdits dieux redescendent de leur paradis céleste pour finir leur éducation !

Il sorti rapidement du petit bois et poursuivit tout droit en direction de la mer qu'il avait aperçut depuis le haut de la tour d'Akkala, avant que le Gardien volant ne tente de le faire exploser comme un fruit trop mûr.

Link sourit en retrouvant un chemin de terre. Il avait été emprunté récemment, un tas de crottin frais en attestait. En se retournant, Link vit la forteresse d'Akkala dominer la région, la tour désormais bleue à son sommet jetant son ombre sur le lac. Link posa un œil sur la carte affichée sur sa tablette Sheikah et repéra le relais du sud d'Akkala, là où Fenouh était supposé se trouver avec Sulkik. Le chemin le plus court remontait vers le nord avant de repartir vers l'ouest en longeant le lac.

_ Bien, en route !

Le soleil était haut dans le ciel, une brise marine charriait l'odeur iodée de l'océan, et Link chemina tranquillement en regrettant de ne pas avoir d'amis pour profiter de la quiétude du voyage.

_oOo_

Loin, bien loin, au cœur des ombres les plus poisseuses, Zelda regardait avec étonnement l'arc de Lumière apparu entre ses mains, un sublime artéfact en croissant de lune, finement ouvragé dans l'or le plus pur.

Elle leva les yeux vers celle qui lui avait apprit à le faire apparaitre, la femme ayant repoussé Astor lors de son précédent assaut. Elle lui ressemblait beaucoup, et paraissait pourtant si différente. Une taille fine mise en valeur par la ceinture de cuir brun de sa robe rose, de longs cheveux blonds brillant comme de l'or, des yeux du bleu profond d'un ciel d'été, la jeune femme avait la beauté d'une déesse.

_ Qui êtes-vous, exactement ?

_ Il y a très, très, très longtemps, on m'a dit que j'étais la réincarnation de la Déesse Hylia en personne, revenue dans une enveloppe corporelle humaine pour reprendre la lutte contre son ennemi… J'en ai tiré une telle fierté, j'en suis devenue une véritable petite garce. En y repensant, j'ai honte de moi. Mon meilleur ami souffrait le martyr et je me contentais de me prier moi-même pour qu'il s'en sorte. Sans son démon, qui essayait tout de même de me tuer en sacrifiant mon âme, mon meilleur ami serait mort. Je suis la première à avoir eut les pouvoirs de la Déesse. Des fragments de ses souvenirs, aussi, mais selon le démon que je viens de mentionner, ils ne reflètent certainement pas la réalité de qui était Hylia. Appelle-moi Zelda, tout simplement.

_ Zelda… Comme moi…

_ Oui, un cycle éternel. La potiche à sauver s'appelle Zelda et le Héros au courage parfois un peu trop imprudent s'appelle Link. En ce qui te concerne, tu es l'héritière de l'âme d'Hylia, qui fut la mienne également, ainsi que celle de toutes les autres Zelda. Ne te méprend pas, nous ne sommes pas la même personne, une âme peut être comparée à de l'air gonflant un ballon, ni plus ni moins, ce ne sont ni les souvenirs, ni les sentiments, ni les émotions.

_ Je crois que je comprends… Et Link est…

_ Est le nouveau porteur de l'âme de mon meilleur ami, comme les précédents Héros.

_ Mes pouvoirs viennent donc de là… Pourquoi n'ai-je pas réussi à les éveiller avant ?

_ Parce que Hylia a décidé que sa puissance ne pouvait pas être utilisée par n'importe qui, quelle question ! Et du peu que j'en sache sur cette divinité, se contenter de prier ne t'aurait jamais permit de libérer tes pouvoirs, tu n'es pas comme les précédentes porteuses. Il te fallait perdre ce que tu as de plus cher, comme elle… je crois. Ghirahim n'a jamais voulut entrer dans les détails. Lui et mon meilleur ami sont les seuls à connaitre la vérité sur Hylia.

La Zelda des temps passé tapota l'arc toujours dans les mains de sa cadette en souriant.

_ Aucune d'entre nous n'a réussi à libérer la puissance totale d'Hylia, toi si. Depuis des centaines de milliers d'années, je veille de loin sur ce monde, mais aujourd'hui j'ai décidé d'agir, comme l'a fait mon ami et son démon. Je vais t'apprendre à utiliser tes pouvoirs, car même si je n'ai jamais eut cette puissance, les souvenirs que la Déesse m'a laissé avoir d'elle me montre comment la contrôler. Alors, prête ?

La plus jeune Zelda hocha la tête, déroutée mais déterminée.

_oOo_

Dans la région d'Akkala, Link continuait son chemin d'un pas tranquille entre mer et lac. Il arrivait à un croisement, un petit sentier passant sur un pont naturel menant à un promontoire au milieu du lac. Un homme faisait face au sentier, les poings sur les hanches, alors que des ouvriers s'activaient plus loin en transportant des poutres. L'homme était familier à Link, avec son corps fluet, efféminé, presque chauve, vieux, vêtu d'une veste bleue et d'un pantalon rose assorti au bandeau autour de son crâne.

_ Sérasieh !

L'interpelé se retourna et sourit

_ Tiens, je te connais mon mignon ! Comment se porte la maison que je t'ai vendue à Elimith ? Les travaux avancent bien ?

_ Pas beaucoup, j'ai des choses à faire. Quand j'aurais terminé, je pourrais enfin m'occuper de ma maison.

_ C'est ta motivation à avancer, n'est-ce pas ? On a tous envie d'avoir un chez soi où se reposer… D'ailleurs, en parlant de chez soi, je suis en train de bâtir un village, ici. Comme on part à partir de rien, ça sera le village d'Euzero ! Si jamais tu croises des gens qui cherchent un endroit où prendre un nouveau départ durant ton voyage, n'hésite pas à me les envoyer. Je t'aurais bien demandé de ne cibler que ceux ayant un prénom finissant en –ieh, mais ça réduirait trop la clientèle. Et puis… tout le monde a le droit à un endroit où tout recommencer sans s'embarrasser du passé…

Link hocha la tête et salua Sérasieh avant de reprendre son chemin, l'homme repartant quant à lui superviser ses ouvriers à grand renforts de cris enthousiastes.