Chapitre 7
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- Professeur Dumbledore, fit une voix grave et éraillée dans son dos.
Le directeur qui sortait du réfectoire se retourna dans un léger sursaut, surpris d'être pris au dépourvu.
- Regardez qui est là p'fesseur Dumbledore ! S'exclama d'un air enjoué Hagrid qui se tenait derrière le nouveau venu.
Ce dernier accompagnait le désigné, expliquant pourquoi il n'avait pas su pour son arrivée sur l'école. L'homme avait dû passer par la porte du parc et directement appeler le gardien des clés.
Albus avisa l'homme qui l'avait interpellé, le dévisagea un court instant et eut du mal à cacher son étonnement. Il l'avait évidemment reconnu, mais ne s'attendait certainement pas à sa venue.
- Rémus Lupin, c'est une surprise !
En un coup d'œil, Albus remarqua l'air débraillés de son ancien élève. Sa cape, seul morceau de tissus qu'il avait sur le dos, était déchirée, trempée et boueuse.
- D'où venez-vous et que vous est-il arrivé ? Entrez donc, venez vous réchauffer. Voulez-vous une tasse de thé ? Ah, mais je crois que vous ne préféreriez du chocolat chaud, si mes souvenirs sont bons. Merci Hagrid, vous pouvez retourner à vos occupations, ajouta-t-il à l'intention du garde chasse.
Le demi-géant qui comprit être poliment congédié acquiesça, fit un signe de la main au nouvel arrivant et repartit, non sans avoir lancé un « Ravis de t'revoir, Rémus ! », tandis que le directeur guidait son invité vers ses quartiers.
Avant de poursuivre, Albus le poussa à prendre une douche et lui prêta quelques vêtements, certes pas neufs, mais dans un bien meilleur état que les siens, propres et secs. Le nouvel arrivant se laissa faire, malgré sa gêne et accepta volontiers la tasse de chocolat fumant.
Lorsque Rémus eut un meilleur teint et aspect, le maître des lieux repris ses interrogations :
- Dites-moi tout, mon ami. Où aviez-vous disparu toutes ces années, nous vous avions cru mort.
- Je l'étais, en quelques sortes, répondit l'autre de sa voix abîmée.
Alors que la nuit tombait sur le château, Rémus Lupin raconta comment, à la disparition de tous ses amis le fameux soir du 31 octobre 1981, alors que James et Lily avaient succombé à la baguette de Voldemort, que Sirius les trahissait tous et que Peter mourrait de la main de ce dernier, son loup avait pris le dessus. Son désarroi avait été tel qu'il avait perdu toute notion d'humanité et s'était enfui.
Ceci expliquait pourquoi il n'avait même pas assisté à la réunion de l'Ordre qui devait décider de l'avenir des deux rescapés. À vrai dire, Rémus avait même ignoré que les deux enfants avaient survécu, sur le moment. Tout son être avait été envahi par tant de tristesse ce soir là, il en avait perdu toute raison. Son loup, lui, n'avait pas supporté cet élan d'apitoiement et avait luté pour sa survie. Il avait pris les commandes de son corps et de son esprit et s'était réfugié dans un environnement plus propice à son rétablissement, une forêt perdue au milieu des Highlands.
Tout ce temps, il l'avait passé à moitié bête, à moitié homme. Un esprit de loup dans un corps sorcier. D'où sa disparition pendant si longtemps et son état lorsqu'il avait réapparu.
- Comment avez-vous eu vent de la nouvelle, alors ?
- Oh, je ne me l'explique pas … C'est comme si, tout à coup, je me souvenais de l'existence de Gaëlian et Harry. L'information à comme surgit dans mon esprit il y a deux jours et cela a suffi à ce que je retrouve ma pleine conscience. Je me suis mis en marche dès lors.
- Ce doit être à cause du Secret qui a été révélé. Le sortilège s'est rompu et vous avez retrouvé vos souvenirs.
Rémus acquiesça, but une gorgée de sa boisson chaude et fut soudainement harassé. Le tourbillon de ses sentiments, les nouvelles et son voyage l'avaient épuisé, d'autant plus qu'il n'était plus en très grande forme depuis quelques temps déjà. La vie sauvage ne lui avait pas été favorable.
Voyant son invité faiblir encore, Albus se leva et l'invita à rejoindre une chambre libre du château. Seulement, Rémus était venu pour les enfants.
- Puis-je au moins les rencontrer ? Leur expliquer mon absence ? Je suis tellement navré de ne pas les avoir vu grandir.
- Vous êtes là, à présent. Vous aurez tout le temps de les voir et de leur parler demain. De plus, j'ai un certain nombre de choses à vous dire. J'imagine que vous n'avez pas lu la presse depuis longtemps ?
Rémus dénia en effet.
- Pas depuis dix ans, confirma-t-il. Depuis mon … Réveil, je n'avais qu'une idée en tête, celle de revenir pour les voir. Je ne pouvais songer à autre chose.
Albus soupira.
- Alors j'aurai, moi aussi, beaucoup de choses à vous expliquer. Mais pas maintenant, ajouta-t-il lorsque son interlocuteur allait le questionner. Il se fait tard, vous êtes épuisé. Demain, nous auront tout le temps de vous mettre à jour et d'appeler les garçons pour qu'ils vous rencontre en bonne et due forme.
Rémus finit par abdiquer et alla se coucher.
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À la première heure, le lendemain matin, le directeur se présenta dans la Grande Salle. Évidemment, il y trouva Harry, déjà attablé avec son ami qui discutaient gaiement. Ces garçons s'étaient montrés très matinaux les jours précédents et il avait compté dessus pour pouvoir convoquer Harry avant ses cours de la journée.
- Aujourd'hui, nous avons de nouveau sortilèges, j'aimerais relire mon devoir avant de le rendre tout à l'heure, entendit-il dire le Serpentard à son ami.
- Bonjour Monsieur Zabini, Monsieur Potter, fit gaiement Albus en s'approchant d'eux.
Aussitôt, les deux jeunes garçons se redressèrent et saluèrent poliment leur directeur. Gaëlian avait eu beau le démystifier un peu en parlant de lui et en leur racontant quelques anecdotes qu'ils avaient vécu ensemble, ça n'enlevait en rien l'aura naturellement impressionnante du célèbre personnage et de la figure d'autorité qu'il représentait.
- Monsieur Potter, Harry. J'aimerais vous parler. Si vous aviez le temps de venir dans mon bureau avant d'aller en cours, je vous en serait reconnaissant.
- Bien sûr, professeur. Je termine de manger et j'arrive tout de suite !
Albus lui sourit avec une certaine bonhomie et lui répondit en levant la main.
- Prenez votre temps, il n'est que 7h15. Il me semble que vous n'avez cours qu'à 10h. Venez pour 8h, ce sera très bien.
- Oui, professeur, répondit docilement Harry.
Le directeur acquiesça, regagna ensuite l'estrade où se situait la table des professeurs et prit son propre petit-déjeuner, laissant les deux garçons poursuivre leur conversation.
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Une heure plus tard, Gaëlian pénétra dans la Grande Salle avec Ron, son meilleur ami. Tous deux avaient encore la mine ensommeillée, signe qu'ils venaient tout juste de se lever. À peine entré, il jeta un œil à la table des Serpentard pour y chercher son frère. Depuis qu'il avait appris pour son existence, c'était la première chose qu'il faisait le matin en pénétrant dans la Grande Salle.
Cependant, cette fois-ci, il ne l'y trouva pas. Blaise était encore là, mais aucune trace de son frère à ses côtés. Ce fait l'alerta et il se dirigea vers lui pour lui demander où était Harry.
- Il est parti avec le professeur Dumbledore. Tu ne l'as pas raté de beaucoup …
Gaëlian n'attendit pas plus longtemps pour faire demi-tour.
- Hé ! Cria Ron à sa suite. J'ai faim, moi !
- Va manger, ne m'attends pas ! Lui répondit-il sans se retourner, courant déjà vers les étages.
Il ne vit donc pas Blaise et Ron lever les yeux au ciel de concert.
La réponse du Serpentard lui avait rappelé que son mentor avait promis une entrevue avec Harry pour le confronter sur sa vie chez leurs oncle et tante. Il voulait être présent pour savoir, lui aussi, mais surtout pour soutenir son frère.
Arrivé devant la statue gardienne, il lança le mot de passe, un qui lui était spécialement attribué et qui ne changeait jamais, comme ceux du personnel. Après que la statue lui ait laissé le passage, il grimpa quatre à quatre les marches de l'escalier en colimaçon et frappa rapidement à la porte du bureau directorial.
- Entrez, entendit-il de l'autre côté.
Ce qu'il s'empressa de faire.
- Je pensais bien que ça serait toi, Gaël, lui fit Albus depuis son bureau avec ce sourire qu'il lui réservait. Entre et installe toi. Je ne te présente pas ton frère, Harry. Vous vous êtes vraisemblablement déjà rencontrés.
Le vieil homme se tourna vers le jeune garçon déjà assis dans l'un de ses fauteuils et lui sourit.
- Nous allions tout juste commencé. Harry, cela ne t'embête pas que ton frère assiste à notre petite entrevue ?
Le jeune garçon secoua la tête de gauche à droite et regarda son frère s'installer à ses côtés.
- Bonjour, fit Harry timidement.
- Salut, lui répondit Gaëlian joyeusement. Tu es sûr que ça ne te dérange pas ?
- Oui, oui. Tu es mon frère, alors …
Tous deux se sourirent et il partagèrent une compréhension profonde. L'un comme l'autre voulait partager le plus de moment possibles ensembles, c'était comme un besoin vital, même si Harry s'en sentait un peu gêné.
- Harry, j'imagine que tu te demandes pourquoi vous n'avez pas vécus ensembles, jusqu'à présent, ton frère et toi ?
Il hocha timidement de la tête. Albus lui répondit alors :
- Je vais te faire un bref résumé de la situation, comme je l'ai fait pour Gaël, il y a deux jours.
Le directeur lui délivra alors les mêmes détails qu'à son pupille. Harry put ainsi comprendre pourquoi son jumeau avait été ainsi entraîné et éduqué par cet Ordre du Phoenix, tandis que lui avait été écarté.
- Tout s'est déroulé dans votre chambre, ton frère pleurait alors que tu dormais. Vous avez tous deux été blessés, mais il semble que sa blessure fut faite par la magie.
Du doigt, il avait désigné son front, puis la poitrine de son frère qui avait alors relevé son tee-shirt pour révéler une sorte d'éclair – bien que différent de celui qu'il arborait sur le front – un peu au dessus du cœur, là où, apparemment, le sort l'avait touché.
- La tienne provient de l'effondrement du toit de votre maison, tandis que celle de ton frère provient du sort qu'il a reçu. Ce sort aurait dû le tuer, mais il s'est retourné contre Voldemort.
Harry fronça alors les sourcils d'inquiétude, mais son frère lui empoigna la main et le rassura :
- Elle ne me fait pas mal.
Il fut rassuré, mais un point le laissait perplexe. Pourquoi il n'avait jamais su tout ça avant ? Il pouvait comprendre, en partie au moins, la théorie de son directeur, mais il en aurait été de même s'il avait su.
- Ce que l'on ne connaît pas ne peut pas nous manquer, avait rétorqué Albus.
Gaëlian, aux côtés de Harry, leva les yeux au ciel. Il avait horreur de cet air de prophète que prenait parfois son mentor, quand il jouait au vieux sage. Harry, quant à lui, était sceptique. Ce qu'il savait, c'était qu'être resté dans l'ignorance sur l'existence d'une famille qui lui restait, autre que les Dursley, avait été été une réelle souffrance. Quand il était petit, il s'était d'abord questionné sur ses parents. Sa tante et son oncle passaient tellement de temps à l'ignorer qu'ils ne lui avaient même pas dit que ces derniers étaient morts. Il avait cru avoir été abandonné, croyant les dures paroles que ses relatifs lui crachaient à longueur de journée : « Bon à rien ! », « Erreur de la nature ! », « Boulet ! », « Espèce de monstre ! », etc.
Puis, il avait fini par poser la question, il devait avoir tout juste cinq ans. Il avait enfin acquis assez de vocabulaire pour composer une phrase compréhensive. Les Dursley l'avaient tellement ignoré, encore une fois, qu'il n'avait pu se construire un lexique solide que très tardivement. Apprendre que ses parents étaient morts, l'avait dans un premier temps soulagé. Il s'était senti horrible à cette pensée, mais il n'avait pu s'empêcher de penser qu'au moins, il n'y était pour rien. Son père conduisait saoul et avait eu un accident de voiture. Accident dont il avait été le seul rescapé, sa cicatrice comme unique trace. C'était ce que lui avait dit son oncle.
Et puis il s'était senti incroyablement seul. Personne ne viendrait le chercher. À partir de ce jour, Harry fit profil bas dans sa famille. Il s'appliquait à faire ses corvées, se laissait frapper occasionnellement, lorsque Vernon rentrait contrarié de son travail. Il était parfois affamé ou assoiffé, voire les deux quand sa famille lui disait qu'il le méritait, parce qu'il n'avait pas fini ses corvées à temps. Il était comme un pantin entre leurs mains, plus inanimé que vivant.
Jusqu'à la réception de sa lettre, qui avait été comme une lueur dans le noir, et cet aveu du choixpeau. Il n'était plus seul. Non seulement un monde entier s'ouvrait à lui, aussi « monstrueux » que lui, mais, en plus, il lui restait de la famille.
Alors non, Harry n'était pas du tout d'accord avec cet adage. Il n'avait pas été heureux et, oui, son frère lui avait manqué. D'ailleurs, maintenant qu'il le réalisait, il lui semblait que c'était d'autant plus vrai que cette solitude, qui l'avait habité depuis aussi longtemps qu'il s'en souvenait, avait été comblée
par une présence qu'il pouvait clairement identifier à présent.
À ce moment-même, Gaëlian se tourna vers lui et un courant magique passa entre eux.
- Qu'est-ce que …
- C'est étonnant, murmura Albus pour lui même.
Avant de poursuivre à plus intelligible voix :
- Il semblerait que votre lien de jumeaux ait décidé de … Renaître.
- Qu'est-ce que c'est, demanda Harry.
Gaëlian le regarda, attristé, et lui répondit :
- C'est un lien que possède toute fratrie, mais qui est plus fort encore chez les jumeaux monozygotes, les « vrais » jumeaux, comme nous. Il nous aide à stabiliser notre magie et peut, s'il est vraiment développé, nous transmettre certaines informations sur la personne avec qui on le partage.
Il vit la question dans les yeux de son frère, alors il compléta immédiatement :
- Comme son état physique ou émotionnel. Les frères de Ron, Fred et George, parviennent même à communiquer entre eux, en quelques sortes. En tout cas, ils partagent des intentions …
Harry fut sidéré d'apprendre tout ça. Et, étrangement, il ressentit comme une tristesse au fond de lui. Il mit un court instant à comprendre qu'elle ne lui appartenait pas.
- Je te ressens aussi, Harry, lui confia Gaëlian en lui prenant la main. Je suis triste, car nous avons perdu tellement en étant séparés, tellement de choses et tellement de temps …
À ces mots, il se retourna vers son mentor
- Pour une fois, tu t'es trompé sur toute la ligne, l'accusa-t-il.
Albus ne se montra pourtant pas repentant.
- Je me devait de mettre Harry à l'abri, répéta-t-il à son pupille. Il était en sécurité chez votre tante, grâce à la protection de sang de votre mère. J'ai même placer une connaissance de confiance à proximité de leur domicile pour veiller sur lui.
Harry sursauta. Quelqu'un du monde sorcier avait vu comment il vivait et il n'avait jamais agi ? Voyant sa mine surprise, Albus lui expliqua :
- Arabella Figg, votre voisine, est une cracmol. Elle est née dans une famille sorcière sans pouvoirs magiques. Elle savait donc pour le Secret, mais agissait comme une moldue. Elle m'a rapporté plusieurs fois que tu avais été chez elle, lorsque tes tuteurs partaient en voyage, mais elle m'a toujours dit que tu étais un petit garçon gentil et sans histoire.
Harry se mordit la langue pour ne pas exploser. Il préférait que personne ne sache pour son quotidien chez les Dursley. Son oncle et sa tante savaient très bien mettre tout le monde dans leur poche et lui même était tellement discret que personne ne pouvait se douter de rien. C'était mieux ainsi. Il n'aurait pas apprécier passer pour un misérable auprès de son frère qui paraissait si fort en tous points. Il voulait mettre tout ça derrière lui et créer quelque chose d'unique avec son frère qui lui avait tant manqué. À partir de ce moment, il revêtit son masque d'impassibilité et afficha ce petit air de garçon sage et discret.
Gaëlian fronça les sourcils à ce constat, car il ressentait toujours les mêmes vagues de colère provenir de lui, mais ne dit rien pour l'instant. Harry lui parlerait quand il en aurait envie, quand il aurait suffisamment confiance. Il ne voulait pas le brusquer.
Albus mis rapidement fin à leur entretien, après cela. Puisque les garçons avaient cours dans la matinée, il ne pouvait les garder indéfiniment. Il surveillerait désormais Harry de près, puisqu'il avait bien senti, comme son pupille lui avait rapporté, que l'enfance du jeune garçon chez son oncle et sa tante n'avait pas dû être aussi calme qu'il l'avait toujours cru. Ça le chagrinait et il reconnaissait pouvoir s'être trompé, mais rien ne pourrait les faire revenir en arrière. Il fallait se concentrer sur le présent et faire du mieux qu'il le pouvait pour le futur.
Il allait demander un bilan médical à Poppy. Ils pourraient prétexter une routine de rentrée, pour ne pas lui faire peur, mais Harry présentait tout de même des signes de maltraitance, au moins partielle. Il était assez mince, si ce n'était maigre, et était bien plus petit que son frère. Alors que, comme Gaëlian l'avait fait remarqué, ils étaient de vrais jumeaux et auraient donc dû avoir la même carrure, l'entraînement particulier de son pupille ne pouvait expliquer toutes les différences. Ce n'était pas négligeable, mais plus rien ne pressait maintenant qu'il était en sécurité à Poudlard. Il ferait en sorte que tout se passe bien, de ne pas presser l'enfant.
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Gaëlian et Harry sortirent du bureau et descendirent les escaliers. Arrivés en bas, le premier s'arrêta un instant, ne sachant quoi dire. Il était frustré et il ne pouvait exprimer ce qu'il ressentait exactement. Il en voulait à son mentor, il était profondément en colère contre lui. Et il voulait serrer Harry dans ses bras, il voulait prendre un retourneur de temps et changer ce passé sans son jumeau. Il voulait aussi ne pas avoir ce poids sur les épaules.
Il soupira.
- Puis-je te prendre dans mes bras, un instant ? Demanda-t-il timidement à Harry.
Harry resta interdit face à cette demande. Jamais personne ne lui avait posé une telle question et Gaëlian s'était montré plutôt sûr de lui, jusqu'à présent. Blaise n'avait pas attendu son autorisation pour lui donner un câlin. Il n'en voulait pas à son ami, mais il appréciait que son frère lui pose la question, qu'il respecte son envie ou son droit de refuser.
Il acquiesça doucement et sentit son cœur battre à la chamade lorsque les bras de son jumeau se refermèrent sur lui. Son pouls accéléra encore lorsqu'il senti un nouveau courant magique les traverser tous les deux. Ce fut comme une décharge électrique, mais qui laissa derrière elle une vague de chaleur et de bien-être. Il se sentait entier.
La cloche de Poudlard sonna soudain 9h et Gaëlian sursauta, comme un diable sortant de sa boite.
- Corne de bicorne ! S'exclama-t-il. J'ai cours !
Il s'écarta alors de Harry, lui offrit un chaleureux sourire, lui embrassa le front et lui murmura à l'oreille :
- On se retrouve après nos cours, je souhaiterais vraiment apprendre à te connaître !
Harry avait acquiescé, un peu hagard, et regarda son frère s'enfuir en courant dans les couloirs. Il mit une bonne minute à se reprendre. La conversation avec le directeur de Poudlard et l'échange qu'il avait ensuite eu avec son frère l'avaient retourné et il avait besoin de la présence joyeuse et bienveillante de son ami. Pour une fois, il ressentait le besoin de se confier.
Il prit donc la direction de la salle commune des Serpentard pour y retrouver Blaise.
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