Chapitre 11

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Albus était dans son bureau, assis derrière un amas de parchemins qu'il ne parvenait pas à lire. Une multitude de pensées parasites l'empêchaient d'avancer dans son travail. Et il était dit qu'il ne le terminerait pas tout de suite, car un autre élément vint perturber son après-midi. Quelques coups donnés à la porte le sortirent définitivement de sa tentative de concentration.

- Entrez, fit-il en connaissant déjà son visiteur, privilège secret du directeur.

Le panneau s'ouvrit pour laisser apparaître un homme de bien meilleure apparence que la dernière fois qu'il l'avait vu.

- Rémus, vous semblez en pleine forme. Comment vous sentez-vous ?

- Les elfes de maison de Poudlard sont toujours aussi fabuleux ! Et ça faisait longtemps que je n'avais pas eu une aussi bonne literie !

Albus gloussa et ses yeux pétillèrent.

- Fort bien, fort bien.

- Et à qui dois-je ces vêtements ? Demanda Rémus en désignant la robe de sorcier qu'il portait.

- Oh, sûrement à un élève un peu tête en l'air. C'est l'une des innombrables affaires perdues et jamais réclamées, tu peux donc les garder, elles ne manqueront à personne.

Rémus rosit un peu de gêne. Il savait que son compte en banque était déjà vide il y a dix ans, rien n'avait pu l'alimenter pendant son absence. Il était donc toujours sans le sou et sans domicile, puisque son bailleur n'avait sans doute pas conservé pour lui la chambre de bonne qu'il louait à l'époque.

Un court silence prit place, le temps pour tous deux de s'évaluer du regard. Albus savait qu'elle serait la requête de Rémus, mais il ne pouvait la satisfaire dans l'immédiat.

- Vous avez besoin de vous remettre en santé et ils sont en cours actuellement.

- S'il vous plaît, laissez moi les voir. Ils sont l'unique raison de ma venue …

Rémus tut qu'ils étaient sans doute son seul espoir de survie, que sans eux, il se serait laissé mourir. Il avait déjà pratiquement tout perdu, eux seuls subsistaient encore.

- Je ne vous empêcherais pas de les voir, Rémus, rassurez vous. Mais vous n'êtes pas dans de bonnes conditions pour le faire maintenant. Vous tremblez de fatigue, quelques heures de repos ne rattrapent pas dix ans de veille constante.

Et c'était vrai. Le corps entier du loup-garou luttait pour se maintenir debout. Sa force ne tenait qu'à son désespoir, ou plutôt cet espoir de les revoir enfin, lui qui avait cru à leur mort.

- Je vous promet que j'organiserai une rencontre ce week-end. Reposez vous, mangez à votre faim, reprenez des forces. Ils ont aussi besoin de se remettre de leurs émotions, surtout Harry.

- Que voulez-vous dire ? Ils vont bien, n'est-ce pas ? S'inquiéta immédiatement Rémus.

- Oui, soyez tranquille. Mais vous avez manqué beaucoup de choses, hum …

Le directeur se leva, fouilla dans une pile de documents entreposés sur une étagère, derrière son bureau, puis en sortit une liasse de papiers. Lentement, il en retira quelques-uns et les déposa devant son invité, avant d'aller en chercher une autre.

Il recommença son manège plusieurs fois, jusqu'à ce que Rémus relève :

- Ce sont de journaux, de très vieux journaux.

Il fouilla un peu dans la pile.

- Celui-ci remonte à plus de dix ans …

« Vous-Savez-Qui a disparu ! Tragédie de la famille Potter ! »

- Mais celui-ci est du mois dernier …

« Le Survivant fête ses onze ans, bientôt l'entrée à Poudlard ! »

- Que faites-vous ? Demanda Rémus perdu.

Albus se retourna et apporta une dernière coupure.

- C'est la une d'aujourd'hui, fit-il en la tendant directement à Rémus.

Le loup-garou fronçait les sourcils lorsqu'il lut « Jeudi 5 Septembre 1991 », ainsi donc il avait bien dormi plus d'une nuit. Il s'attarda sur les gros titres et fut choqué par l'un d'entre eux qui prenait près du tiers de la page « Le jumeau caché à Serpentard, face sombre du Survivant ? ». Rémus s'était figé d'incompréhension. Il y avait trop d'informations à gérer en un seul moment.

- Je vous le disais, vous avez manqué beaucoup d'événements en dix ans. Prenez le temps de lire ces quelques journaux, ils vous résumeront les faits principaux de la dernière décennie.

Rémus était toujours immobile, debout au milieu de la pièce et tenant la coupure de journal dans ses mains tremblantes.

- Harry et Gaëlian ont du être séparés pour leur sécurité, ils ne se sont rencontrés pour la première fois qu'à leur entrée à Poudlard. Aucun des deux ne se souvenait avoir un frère.

Albus se rassit à son bureau, puis raconta ce qu'il s'était passé à la mort des Potter et comment l'Ordre avait débattu sur l'avenir des jumeaux. Il répéta exactement ce qu'il avait dit à Harry et son frère quand les garçons étaient venus le confronter sur leur situation.

- Harry n'a découvert son statut de sorcier qu'à la réception de sa lettre d'admission à Poudlard. Il a autant besoin de temps que vous. Il s'adapte bien à son intégration au monde magique, il est bien entouré, mais nous ne devons pas forcer les choses. Il a besoin de prendre ses marques, il a eu une rentrée agitée.

C'était un euphémisme, pensa Rémus. Il parvenait à peine à concevoir ce qu'avait dû être la vie des garçons jusqu'à leur retrouvailles. Ils étaient des jumeaux, il était presque criminel de les avoir séparer. Quand bien même il avait compris – non, pas compris, plutôt entendu – les raisons du directeur, il ne les soutenait pas. L'un avait grandi dans le monde magique, éduqué pour être une sorte d'arme, l'autre avait été isolé dans le monde moldu, ignorant tout de son héritage.

- Je crains que Voldemort ne soit pas tout à fait mort, hélas, mais seulement temporairement disparu le temps de reprendre des forces, de rassembler de nouveaux alliés. Et ses Mangemorts sont toujours actifs. Certains se cachent au sein même du Ministère, d'autre attendent leur heure, mais quelques-uns tentent parfois une attaque. Heureusement, l'Ordre veille toujours au grain.

- Qui reste-t-il ?

Albus soupira.

- De la première guerre ? Plus grand monde, beaucoup ont été tués, les Londubat ont été torturé jusqu'à la folie … Le jeune Neville a grandi sans ses parents, élevé par sa grand-mère. Certains ont fondé une famille ou se sont éloignés avec le temps. Hormis les professeurs de Poudlard, Alastor, Kingsley et vous, il n'y a plus personne.

- Qui voudrait rester en guerre quand la menace a disparu ? Demanda Rémus de façon tout à fait rhétorique.

- Les Mangemorts laissent tranquille Poudlard et j'espère qu'il en sera toujours ainsi. Les Potter sont en sécurité ici, pour l'instant. Tout comme vous, mon ami.

Rémus, qui avait eu un coup au cœur au nom de ses anciens amis, releva la tête et plongea son regard dans celui insondable du directeur.

- Vous pouvez vous établir dans les quartiers je vous ai attribué. Prenez votre temps, faites appel aux elfes de l'école si besoin. Reprenez pied dans le monde sorcier et ce week-end vous les rencontrerez.

Albus se leva alors et cela sembla sonner comme la fin de leur entretien. Rémus en savait à la fois tellement plus et pourtant si peu. Il était venu avec une seule idée en tête et repartait avec mille questions. Il était torturé par son épuisement et son avidité à en savoir plus sur ce qu'il avait manqué toutes ces années.

Après un dernier soupir, il se leva à son tour et prit le chemin de sa chambre, les journaux sous le bras.

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La première semaine de cours venait de s'écouler et le vendredi soir était arrivé. Harry était épuisé. Il avait à la fois l'impression que ces quatre derniers jours avaient été les plus longs de son existence et en même temps les plus rapides. C'était vraiment étrange, comme s'il était entré dans le monde de la magie depuis une éternité, mais qu'il n'avait pas vu les jours passer. Il y avait les cours de vol, de potion, de métamorphose, de sortilèges … En fait, il était très enthousiaste à l'idée d'en apprendre toujours plus, quel que soit le sujet.

Il avait rencontré tous les professeurs qu'il aurait cette année. Les quatre têtes de maison étaient ses préférés. Ils semblaient être les plus justes, bien que sévères pour la professeure McGonagall et le professeur Snape, mais la gentillesse et la bonne humeur de la professeure Chourave et du professeur Flitwick compensaient largement. Ils étaient aussi plutôt bon pédagogues, même s'il préférait son professeur de potion lorsqu'ils étaient seuls. Harry adorait leurs matières respectives. Il s'était aussi montré doué en défense contre les forces du mal, mais son professeur bégayant ne l'aidait pas à apprécier ce cours. Et cette odeur d'ail qui flottait dans la classe était si entêtante qu'il sortait toujours de ce cours avec un lourd mal de tête.

Lors d'un repas, face à l'estrade professorale, Harry avait demandé à Blaise pourquoi certains lui étaient encore inconnus alors qu'ils étaient censés tous les avoir eu. Son ami lui avait alors expliqué que, à partir de la troisième année, d'autres cours sous forme d'options étaient proposées, d'où l'existence d'autres professeurs qu'ils n'auraient pas cette année, voire jamais.

Il avait aussi rencontré tous les élèves de son année, toutes maisons confondues, même s'il n'avait pas retenu le quart de leurs prénoms. Les Poufsouffle avaient l'air d'être de vrais acharnés au travail, ce qui n'était pas déplaisant lorsqu'il était en cours avec eux. Il en était de même avec les Serdaigle, même s'ils étaient davantage actifs en classe et se montraient un peu plus compétitif. Harry se fichait pas mal de la compétition entre maison, seul lui importait le bon déroulé de son année.

Les Gryffondor, eux, étaient fidèles à leur réputation : agités et frondeurs, cherchant la confrontation avec les autres, surtout les Serpentard, et hyper-compétitifs. Heureusement, son frère était présent à chaque fois pour faire barrage entre leur chahut et lui. Ils n'étaient pas méchants, mais Harry préférait vraiment le calme et la tranquillité. S'il pouvait être invisible, parfois, ce serait parfait. Il n'aimait vraiment pas l'attention.

Harry avait même revu Lucy, la préfète en chef de Serdaigle. Elle lui avait demandé de ses nouvelles, l'avait interrogé sur son intégration dans sa maison, sur ses difficultés ou réussites au travail. Elle avait semblé heureuse de constaté qu'il s'était bien intégré. Harry en avait aussi profité pour lui rendre son exemplaire de « L'histoire de Poudlard » qu'elle lui avait prêté dans le train et l'avait encore remercié. Ce à quoi elle avait répondu qu'il pourrait venir la voir s'il voulait lui parler de tout et n'importe quoi, elle serait toujours disponible pour lui. Cela avait beaucoup touché Harry, il avait rougit et bafouillé. Blaise s'était un peu moqué, mais était heureux que son ami ait tant de soutiens.

Mais ce qu'avait préféré Harry plus que tout, c'était passer du temps avec son frère. Le découvrir, le connaître chaque jour un peu plus était vraiment indescriptible tant c'était bon. Sa présence à ses côtés, physique et morale, mais aussi magique de par son lien lui était d'un réconfort jamais connu. Cette relation avec un frère, un membre direct de sa famille, où il y avait de l'intérêt réciproque et même de l'affection, lui était salvatrice. Il avait, pour la première fois, le goût de vivre pleinement, même si son amitié avec Blaise était aussi très appréciable et agréable.

Avoir un bon entourage faisait vraiment la différence.

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Harry s'était levé ce matin là dans du coton. Il profitait de la première grasse matinée de sa vie et se réveilla à 9h, dormant plus de trois heures supplémentaires que ses nuits habituelles. Il se réveilla complètement reposé et détendu. Du moins, le fut-il jusqu'à ce que sa mémoire s'anime et lui rappelle l'enjeu de la journée : les sélections de Quidditch.

Sursautant, il fut soudainement debout, bien éveillé, le cœur battant à cent à l'heure et les yeux écarquillés. Comment avait-il pu oublié ?

- Alors Potter ? Prêt pour ta raclée ? Fit la voix traînante de Malefoy dans son dos.

Harry fit un bond et se retourna pour voir son camarade de dortoir déjà debout et impeccablement présentable, comme d'habitude.

- Jamais Flint ne prendra un première année dans l'équipe, il ne veut pas perdre la coupe du championnat à cause de toi ! Ajouta-t-il avec un rictus méprisant avant de quitter la pièce.

- L'écoute pas, 'Ry, marmonna Blaise qui se retournait sous sa couverture. Mmm … juste jaloux, t'sais !

Harry sourit, amusé par son ami qui n'était vraiment pas aussi matinal que lui. Et ses mots rassurants lui faisait toujours chaud au cœur. Ce fut avec stress, mais le soutien de son ami et le souvenir de celui son frère, qu'il entra dans la salle de bain.

Une heure plus tard, il se présentait aux portes du terrain de Quidditch. Son angoisse n'avait pas diminué, c'était même plutôt le contraire, mais son ami l'accompagnait et il s'efforçait de paraître vaillant.

- Allez, ce n'est qu'une formalité, tu seras pris, c'est évident, lui assura Blaise pour la énième fois depuis le petit déjeuner. Je t'attends dans les gradins, ajouta-t-il en se dirigeant vers les escaliers qui y menaient, non sans avoir donné une dernière tape amicale et encourageante dans le dos de Harry.

Le petit brun souffla pour se donner du courage et franchit les portes du vestiaire où il avait rendez-vous.

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- Il se réveille !

- Harry ! Merlin soit loué !

Harry grogna. Où était-il ? Il avait mal à la tête, comme si un marteau-piqueur était en action dans son crâne.

- Laissez-le respirer, fit une voix qu'il ne reconnu pas.

Il se força alors à ouvrir les yeux, mais la lumière était trop vive et il dut les refermer précipitamment. Il retenta le coup après quelques encouragements de Blaise et son frère, dont il reconnu les voix, et après avoir mis son bras en visière, pour se protéger de l'agression. Il découvrit alors un visage de femme assez âgée qui l'observait attentivement.

- Bonjour, monsieur Potter. Bienvenu dans mon infirmerie. Je ne m'attendais pas à voir un élève de si tôt, surtout pour un accident de Quidditch, d'habitude, ils attendent au moins le premier match pour se blesser …

Harry fut déconcerté par ce discours. Ainsi il était à l'infirmerie, la femme devant lui devait être l'infirmière. Sa tenue corroborait sa théorie. Mais que faisait-il ici ?

- Vous avez eu une côte fêlée, un bras cassé et une cheville tordue, mais j'ai remis tout ça en ordre durant votre sommeil. Votre tête, en revanche, à pris un sacré coup et vous avez une légère commotion cérébrale. Il vous faudra beaucoup de repos et quelques potions, mais vous devriez vous remettre assez rapidement.

Elle avait fait la liste de ses dommages comme on fait une liste de course. Comment s'était-il fait tout ça ? Harry était aussi ahuri d'être déjà remis de tout ce qu'elle avait énoncé. À moins qu'il n'ai été inconscient plus longtemps qu'il ne l'avait pensé de prime abord. Ou que la magie permettait des miracles.

La question dut transparaître dans ses yeux, car Blaise l'informa :

- Il est treize heure et quelques … Tu es resté dans les citrouilles presque deux heures !

« Dans les citrouilles » ? Ce devait être l'expression sorcière pour « tombé dans les pommes », se dit Harry en dévisageant son ami. Il fronça les sourcil avant de s'apercevoir du monde présent autour de lui. L'équipe de Quidditch de Serpentard était là au complet, ainsi que Blaise, son frère et son directeur de Maison. Gaëlian tenait l'une de ses mains dans les siennes, mais tous étaient silencieux et attendaient le verdict de l'infirmière.

Harry les dévisagea un instant, affichant un air de chouette et l'infirmière lui demanda :

- De quoi vous souvenez-vous, monsieur Potter ?

Il fit un effort pour tenter de se remémorer les faits ayant conduit à sa présence en ces lieux, mais il ne parvenait qu'à accentuer ses maux de tête.

- Je … Je me dirigeais vers le terrain de Quidditch … Je devais passer les sélections …

Il fronça les sourcils, rien de plus ne venait.

- J'ai franchi les portes du vestiaire, mais je ne me souviens de rien d'autre après … Qu'est-ce qu'il m'arrive ? Demanda-t-il avec détresse.

Et il sentit la prise sur sa main se raffermir.

- Tout va bien, monsieur Potter. Votre commotion vous a privé de votre mémoire à très court terme, c'est courant dans ce genre d'accident. D'après ce qui m'a été rapporté …

L'infirmière se tourna une seconde vers le capitaine de l'équipe de Quidditch, Marcus Flint, qui se tenait derrière elle. Il avait revêtu les robes de l'école, il avait donc eu le temps de se doucher et de se changer avant de venir, comme tous les autres joueurs. Ce dernier hocha la tête pour confirmer qu'il maintenait sa version des faits.

- Monsieur Malefoy vous a jeter un sortilège. Vous étiez en pleine manœuvre et avez perdu le contrôle de votre balai, percutant l'un des poteaux des anneaux du terrain. Ce qui a conduit à votre chute et vos blessures.

- Monsieur Malefoy a déjà été interrogé, intervint le professeur Snape. Il maintient n'avoir usé « que » d'un sort de confusion et prétend que votre accident ne lui est pas imputable. Cependant, deux autres versions, qui sont similaires, viennent le discréditer. Soit monsieur Malefoy ne sais pas jeter le sortilège de confusion correctement, soit il ment, mais il semblerait que le sort ait eu pour effet de vous projeter en arrière. Malheureusement, juste derrière vous se trouvait le poteau que vous avez percuté.

- Oui ! C'est ce que j'ai vu ! Confirma Blaise.

Et d'autres joueurs dont Harry avait oublié le nom acquiescèrent de concert.

- Sans cet accident, tu aurais attrapé le vif dans un temps record. Si tu le souhaites toujours, Potter, tu es le nouvel attrapeur de Serpentard, intervint Flint avec sa brusquerie naturelle.

Gaëlian se tourna vers lui avec fierté, affichant un sourire immense et sautillant sur place.

- Et si c'est bien le cas, ajouta le capitaine en affichant un sourire en coin, alors Malefoy ne sera plus une menace pour toi, je te le garanti.

Harry frissonna. Flint lui faisait un peu peur, comme ça. Mais peu lui importait pour l'instant, il avait réussi. Il était attrapeur. Il n'eut cependant pas le temps de s'en réjouir, car l'infirmière intervint alors :

- Pas de menaces dans mon infirmerie, monsieur Flint ! S'écria-t-elle.

- Oui, madame Pomfresh, répondit le jeune homme d'un air très peu sincère. Harry ?

- J'accepte, répondit-il très vite. Je veux toujours être attrapeur !

- Bien, fit simplement Flint avant de se détourner, emportant à sa suite l'ensemble de l'équipe.

Ne resta alors que son frère, Blaise, son professeur de Potion et l'infirmière, bien sûr. Harry se demanda pourquoi son directeur de Maison était présent, mais resta silencieux. Le seul Gryffondor présent sautait sur place.

- Je te l'avais bien dit que tu y arriverais ! Félicitations Harry !

- Bravo Harry ! S'exclama Blaise à son tour. Tu lui auras cloué le bec, à Malefoy !

Harry devint tout rouge et fut un peu soulagé lorsque l'infirmière réclama le calme pour son patient.

- Au fait, Harry, j'ai apporté ça pour toi !

Son frère sortit de son sac un épais livre qui se révéla être un album photo.

- Tu n'apparais pas dessus, mais ce sont des photos de quand j'étais petit, avec papa et maman…

Harry fut immédiatement très ému.

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Pendant que les enfants parcouraient les vieilles photographies avec émotion et que Harry découvrait le visage de ses parents pour la première fois, Severus demanda à Poppy un entretien dans son bureau.

- Qu'avez vous découvert de plus ?

L'infirmière soupira fortement avant de demander à son tour :

- Patientez une petite minute. Albus devrait arrivé d'un moment à l'autre et je ne veux pas me répéter.

Une poignée de secondes plus tard, le directeur franchit effectivement la porte.

- Dites nous tout, Poopy, demanda gravement Albus.

- Je ne sais pas ce qui a pu se passer, mais il est évident que sa santé n'est pas bonne. Outre l'accident de ce matin, il présente de nombreuses séquelles plus ou moins anciennes. Plusieurs de ses os étaient mal ressoudés, l'un de ses poumons a une atrophie due à une surexposition à l'amiante. Son bassin a déjà été démis.

Elle sortit un parchemin de sa blouse et continua à lire :

- Il présente aussi plusieurs cicatrices sur la peau. Les paumes de ses mains ont des stigmates de brûlures, il y a des traces de morsures de chien sur son mollet droit, plusieurs petites entailles, plus ou moins profondes, sur ses doigts, poignets et avant-bras, et ce n'est pas tout … Son tympan gauche est légèrement défaillant et ses lunettes ne sont absolument pas adaptées à sa vue. De plus, ses os présentent aussi des marques sur les épiphyses, cela signifie des défauts de croissances.

- Effectivement, quand on compare sa carrure à celle de son jumeau, c'est évident, acquiesça Albus. Gaëlian aussi l'a remarqué.

Madame Pomfresh hocha la tête.

- Ce sont des symptômes évidents de maltraitance, affirma-t-elle. Albus, il faut ouvrir une enquête.

- Oui, j'en ai bien peur. Severus, mon garçon, vous êtes responsable du jeune Harry pendant sa scolarité, veillez à ce qu'il dorme et mange correctement.

Severus grogna, mais acquiesça.

- Il s'est lié d'amitié avec Blaise Zabini, les informa-t-il.

- C'est ce que j'ai cru comprendre, commenta Albus. C'est bien, il a l'air d'être un bon garçon.

Sur ces quelques mots, ils se dirigèrent vers les trois garçons restés dans l'infirmerie.

- Albus ! S'exclama Gaëlian lorsqu'ils s'approchèrent. Comment ça se fait que Harry ne soit pas sur ces photos, lui demanda-t-il en désignant l'album qu'il avait apporté.

Le directeur s'avança, sortit sa baguette et prononça une courte formule indistinctement. Aussitôt, un deuxième bébé fit son apparition sur plusieurs photographies. Gaëlian et Harry sursautèrent de concert et les étudièrent de plus près, émus aux larmes. Suite à cela, le Gryffondor jeta un regard noir à son tuteur. C'était un signe de plus de sa séparation forcée avec son jumeau et il en voulait toujours à Albus de ne jamais lui en avoir parlé. Harry, lui, retraçait le visage de ses parents du bout de ses doigts et Blaise le soutenait silencieusement, restant à ses côtés, un bras sur ses épaules.

Les adultes repartirent chacun à leurs occupations, laissant Harry en convalescence avec son frère et son ami pour l'après midi, avec pour seul consigne de rester au lit et d'avaler le repas qui lui avait été porté.

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