Chapitre 37 : White Horse, Red Moon
Link tira sur les rênes pour arrêter Sulkik. Il connaissait cette place en ruine jouxtant une plaine verdoyante, dominée par le mont étrange où il avait semble-t-il passé la nuit. La route de pavée était envahie par les herbes folles, les colonnades presque toute effondrées et les fontaines asséchées, mais la statue d'un cheval cabré restait intacte. Il regarda la plaine et le troupeau de chevaux sauvage y paissant.
Sulkik renâcla et s'agita, l'arrachant à sa contemplation. Un étalon à la robe d'un blanc immaculé s'avançait vers eux, la tête fièrement dressée en une attitude de défi.
_ Ça doit être le chef du troupeau… Aller ma petite chérie, remettons-nous en route avant qu'il ne nous prenne pour un danger potentiel.
Visiblement du même avis, Sulkik se remit au trot. Le cheval sauvage ne l'entendant visiblement pas de cette oreille, il se mit à les poursuivre. La jument secoua la tête et pivota sur ses postérieurs pour faire face à l'importun, montrant les dents, les oreilles plaquées en arrière. Son hennissement strident figea l'étalon blanc. Elle frappa le sol de ses antérieurs d'un air impérieux et resta figée, l'œil mauvais. Le cheval immaculé recula et se détourna finalement.
Link sourit et flatta l'encolure de sa monture.
_ Bien joué Sulkik ! Tu sais, je l'ai déjà vu ce cheval… Enfin, pas celui-là, mais un qui lui ressemblait beaucoup… Elle avait le même, la lumière de ma vie. Je crois que je m'en souviens, elle a mit du temps à l'apprivoiser, son cheval, elle tenait absolument à lui faire porter le harnachement royal. Je crois que c'est moi qui lui ai fait comprendre qu'elle n'obtiendrait rien de sa monture en étant impatiente, qu'il fallait que son cheval la choisisse et non l'inverse.
Le jeune homme sourit avec nostalgie. Le souvenir était nimbé de brume, mais il savait qu'il avait eut lieu. Il se retourna sur sa selle et regarda la statue de cheval cabré. L'étalon blanc se tenait stoïquement au pied, les observant sans s'approcher.
_ On venait souvent ici se promener à cheval… Elle était si heureuse d'avoir réussi à bien s'entendre avec sa monture…
Il pressa les mollets en reportant son attention devant lui, poussant Sulkik à prendre un trot léger. Il ne voulait pas l'épuiser alors que la route était de toute évidence encore longue pour rejoindre le désert Gerudo.
_oOo_
_ Urbosa la grande… Si merveilleuse Urbosa, si gentille, si forte, si loyale… Si hypocrite ! C'était à moi, elle me l'a volé…
Zelda scrutait les ténèbres insondables, discernant à peine la silhouette trapue d'Astor. Il ne prêtait plus attention à elle, ressassant sans s'arrêter ce vol indéterminé commit semble-t-il par Urbosa. La toute première Zelda l'observait aussi avec intérêt, ses sourcils blonds froncés.
_ Qui était Urbosa ?
_ La cheffe de la tribu Gerudos, il y a cent ans… Elle était également la meilleure amie de ma mère, et elle s'est beaucoup occupée de moi à sa mort. C'est… C'était une femme extrêmement bienveillante, mais il n'était pas bon de la contrarier. Les Yigas la craignaient, et à raison ! Elle possédait le pouvoir de faire tomber la foudre. Je ne sais pas ce qu'Astor imagine, mais c'est impossible qu'Urbosa lui ait volé quoi que ce soit.
_ Je vois… Tu sais, parfois tout dépend du point de vue. Le Bien et le Mal en sont un bon exemple. Tu vois le Mal en ton ennemi ; mais ton ennemi, c'est en toi qu'il le voit. Astor voit simplement les choses différemment de toi. Il possédait peut-être quelque chose qui appartenait à Urbosa, et n'a pas supporté lorsqu'elle l'a reprit. Ou peut-être est-ce autre chose de plus complexe, ou d'au contraire bien plus simple.
Zelda hocha doucement la tête en observant Astor. Elle préférait qu'il reste là à marmonner, au moins il ne l'attaquait pas, et cela lui permettait de se concentrer sur le Fléau Ganon de plus en plus difficile à retenir.
_ Si ça continue comme ça, tu ne pourras plus le garder emprisonné et il se libérera avant l'arrivée de ton Héros.
_ Alors je livrerais bataille à la place de Link. Je l'ai déjà dit, je refuse de lui faire porter le poids du monde encore une fois.
_ Tu me ressembles peut-être physiquement, mais nous sommes si différentes… Tu es tellement plus forte.
_oOo_
Link avait voyagé toute la journée, jusqu'à faire halte pour la nuit dans un relais. Il avait reprit sa route avant le levé du soleil et vu le paysage changer. L'herbe verte avait progressivement cédé la place à de la roche ocre et de la poussière. Quelques buissons rachitiques poussaient ça et là, et les monstres pullulaient. Link n'avait pas eut envie de s'attarder et poussé Sulkik à prendre le galop.
Le soleil matinal était totalement levé lorsqu'il avait arrêté sa jument. Ils se trouvaient à l'entrée d'un canyon ocre rouge. Le vent s'engouffrait entre les hautes murailles rocheuses en hurlant, ce qui n'avait rien de rassurant. Sulkik orienta ses oreilles vers l'arrière, poussant Link à se retourner.
Le cheval blanc de la veille les suivait, et le jeune homme se demandait bien ce qui avait put le pousser à délaisser son troupeau. Cela dit, ça ne devait pas être un cheval né sauvage. Le jeune homme l'avait vu plusieurs fois la veille, et il s'était suffisamment approché du relais pour qu'il lui découvre des fers aux sabots. Monture de voyageur tué ou bien cheval en fuite, le jeune homme n'en savait rien, mais l'animal semblait bien décidé à les suivre.
_ On dirait que tu as un prétendant ma jolie !
Prétendant qui ne semblait pas intéresser le moins du monde la jument. Link sourit et la remit au pas, s'enfonçant dans le canyon avec une certaine appréhension. Croiser un monstre là-dedans ne serait pas bon.
Le jeune homme chevauchait au fond du canyon depuis plusieurs heures lorsqu'il rencontra un voyageur. L'homme allait à pied, et ses vêtements couverts de poussière témoignait du long voyage qu'il faisait. En entendant les sabots de Sulkik sur le sol pierreux, l'homme se retourna. Il avait les cheveux bruns mi-longs et la peau burinée par le soleil.
_ Bonjour jeune homme ! Quel soulagement de croiser enfin un cavalier ! J'ai bien rencontré une caravane de marchands, mais ils allaient à pieds alors… Je m'appelle Zucchi. Je t'en prie, je marche depuis des jours, vends-moi ton cheval ! Ton prix sera le mien !
_ Sulkik n'est pas à vendre.
_ Et le cheval blanc, là ?
Link se retourna sur sa selle. L'étalon blanc s'était arrêté à quelques mètres en arrière et restait immobile à les regarder.
_ Il n'est pas à moi. Vous pouvez essayer de l'attraper si ça vous amuse. Moi, je n'ai pas de cheval à vous céder.
Zucchi dodelina de la tête avant de poser son sac sur le sol et d'en sortir un licol de corde et une pomme. Il s'avança vers le cheval blanc qui s'effaroucha un peu pour la forme avant de se rendre à l'appel de la pomme. Il ne broncha pas lorsque le voyageur lui passa le licol, confirmant à Link qu'il avait déjà été dressé.
_ Formidable ! Merci jeune homme !
_ Je n'ai rien fait. Qu'est-ce que vous faite à pied par ici ?
_ Je voulais rejoindre le relais juste avant le désert, il est tenu par ma sœur et son mari. J'avais bien loué un cheval au précédent relais, mais nous nous sommes fait attaquer par des monstres Stals l'autre nuit et ce maudit canasson a prit la clé des champs sans moi. Depuis, je marche en espérant croiser quelqu'un qui me vendra sa monture. J'avoue que je n'avais pas beaucoup d'espoir, qui irait vendre son cheval dans un endroit pareil !
Link esquissa un sourire devant la franchise de l'homme. C'était un bon cavalier, il se hissa sur le dos du cheval blanc après avoir remit son sac sur les épaules. Chevaucher sans selle ne le déstabilisait pas, et le cheval blanc ne se débattait pas. Zurrich salua Link avec un sourire chaleureux.
_ Bonne route à toi, jeune homme !
_ A vous également.
Le voyageur talonna son nouveau cheval et parti au galop sans plus attendre. Link tapota l'encolure de sa jument avec un léger sourire.
_ Te voilà débarrassée de ton prétendant ma toute belle.
Sulkik redressa fièrement la tête et prit un trot tranquille.
_oOo_
Le repaire du gang des Yigas était niché dans les montagnes de la chaine Gerudo. Asahi aimait la douce agitation qui régnait constamment en ces lieux souterrains, les tentures brodées de diverses nuances de rouge, la lumière des flammes se reflétant sur la roche nue des couloirs, les étagères de bois fixées aux murs pour ranger aussi bien les armes que les bananes Lames du clan ; tout lui était familier. Mais ce jour-là, elle traversa ce qui ressemblait à une étrange ville souterraine au pas de charge, se rendant droit vers une vaste salle, celle dédiée au chef.
Les Yigas l'ayant récupérée au village Piaf la suivaient, penauds. Ils avaient comprit qu'une erreur avait été commise, et qu'elle ne comptait pas la laisser passer. Asahi était adorée de son clan, mais également crainte.
La jeune femme traversa plusieurs cavités spacieuses faisant office de places, ne se trompant jamais dans le couloir à prendre, véritables rues sous la montagne. Elle mit plusieurs minutes à atteindre sa destination, une ouverte dans la pierre encadrée par deux tentures écarlate brodée de l'œil pleurant inversé des Yigas, en haut d'une petite volée de marche de bois. Elle les gravit sans ralentir et entra sans attendre.
Le Grand Kogha était assit sur une pile de coussins confortables, rouge sang. Il se leva en la voyant, retirant son masque pour révéler le visage banal d'un homme dans la cinquantaine, avec des cheveux plus sel que poivre.
_ Asahi ! Tu es de retour !
_ Oui, et j'ai deux mots à te dire.
Le Grand Kogha inclina la tête sur le côté, soucieux. Sa fille avait l'air furieuse, et il se demandait bien ce qui avait put provoquer son courroux.
_ Papa, pourquoi avoir ordonné le massacre des Piafs ?
_ Un de nos éclaireurs t'a aperçue là-bas, constamment sous la surveillance d'un Piaf avec des plumes blanches. Nous avons comprit que tu étais prisonnière, et qu'il fallait te libérer. J'ai envoyé un détachement régler l'affaire, comme nous le faisons à chaque fois.
_ Papa, je n'étais pas prisonnière. J'ai été blessée par ce maudit Héros des Landes, et le Piaf blanc que tu as prit pour mon geôlier m'a sauvé la vie… Les Piafs m'ont accueilli parmi eux sans concession, m'ont soignée, et m'ont laissée vivre avec eux jusqu'à ma guérison complète. Peut-être ai-je un peu profité de leur hospitalité… Je devais repartir le lendemain, mais tes hommes sont arrivés…
Le visage du Grand Kogha se para d'une expression horrifiée à mesure qu'Asahi lui expliquait la situation.
_ Qu'avons-nous fait ?
_ Oui, c'est ce que j'ai demandé au chef de ton expédition. Papa, il faut qu'on arrête de tuer d'abord et de s'interroger ensuite. Et qu'on arrête de vouloir tuer tout le monde… Sauf les Sheikahs, eux, on peut continuer de les massacrer allègrement. Mais les autres peuples… Les Piafs nous sont venus en aide puisqu'ils m'ont aidée. S'en prendre à l'un d'entre nous, c'est s'en prendre à nous tous. Mais aider l'un d'entre nous, c'est tous nous aider. Et nous ne remercions jamais l'aide apportée par la mort.
Le Grand Kogha soupira, se prenant la tête entre les mains.
_ Nous devons nous excuser… Les Piafs méritent nos remerciements pour t'avoir sauvée, pas… pas ce que je leur ai fait !
L'expression d'Asahi s'adouci et un léger sourire étira ses lèvres. Elle n'arrivait jamais à rester en colère bien longtemps contre son père, surtout lorsqu'elle voyait la culpabilité écraser ses épaules. Les Yigas derrière elle murmuraient entre eux, tout aussi mortifiés. L'un d'eux s'avança en retirant son masque.
_ Je vais retourner au village Piaf et leur offrir ma vie pour expier notre faute !
_ Moi aussi !
_ Moi aussi.
Le Grand Kogha échangea un regard avec sa fille qui inclina légèrement la tête. Il s'avança vers leurs hommes.
_ Allons, ça ne changera rien, et il y a déjà eut trop de morts dans cette histoire. Vous retournerez bien au village Piaf, et j'espère bien vous en voir revenir vivant. Vous leur présenterez nos excuses au nom de tout le clan, et des présents pour dédommager autant que faire se peut les familles endeuillées par notre méprise. Et ma fille a raison, nous devons revoir notre façon de faire. Nous en discuterons à votre retour, lors de la prochaine assemblée.
_ A vos ordres !
Les Yigas se retirèrent et laissèrent le père et la fille seuls. Le Grand Kogha se précipita vers Asahi pour la serrer dans ses bras, laissant éclater son soulagement.
_ J'ai eut si peur…
_ Allons papa, tu sais bien que je m'en sors toujours ! Bien que je dois avouer avoir eut de la chance… Sans Teba, je ne serais plus de ce monde…
Elle esquissa un sourire amer qui n'échappa pas à son père. Il s'écarta et observa le visage de sa fille. Elle avait le regard triste, et il savait qu'il en était responsable. C'était lui qui avait ordonné la mise à mort des Piafs.
_ Je suis désolé, Asahi…
_ Notre peuple agit ainsi depuis dix milles ans, ce n'est pas de ta faute…
_ Ce n'est pas une excuse… Ce n'est plus une excuse.
_oOo_
De là où il était, Link pouvait regarde le soleil se coucher sur le désert Gerudo, immense mer de sable s'étendant à l'horizon jusqu'à l'infini. Les rayons rougeoyant se reflétaient sur le sable.
_ La tempête de sable ne semble pas se calmer…
_ La tempête ?
_ Le gros nuage que tu vois sur la droite. Elle est déchainée depuis des mois, et nous avons entendu dire d'une caravane de marchandes Gerudos que certaines de leurs guerrières étaient mortes en tentant de s'aventurer à l'intérieur.
Link se tourna vers la femme qui venait de parler. Il l'avait croisée en se dirigeant vers la tour en haut de laquelle ils se trouvaient, tout comme il avait croisé les trois autres. Tout avait commencé simplement, lorsque le soleil d'après-midi avait porté ses rayons jusqu'au fond du canyon, et l'ombre de la tour de la région dite des landes sauvages. Puisqu'il était bien décidé à obtenir la carte, hautement utile, le jeune homme avait laissé Sulkik en bas d'un échafaudage de bois courant tout le long de la paroi rocheuse, sans aucun doute pour faciliter l'accès au haut du canyon, et avait grimpé. Il avait rencontré les quatre marchands sur les coursives, tous perdu. Ils faisaient parti de la caravane dont lui avait parlé Zurrich mais, attaqués par des monstres, avaient égaré le reste du groupe dirigé par un dénommé Cézam. Leur point de ralliement étant le relais au bout du canyon, la destination de Link, ils avaient décidés avec un grand courage de suivre le jeune homme armé d'une épée qui n'avait pas eut le moindre mal à éliminer devant eux un groupe de Moblins noir.
Link ne leur avait pas demandé leur avis pour pousser jusqu'à la tour et grimper à son sommet, et avait été surprit de les voir le suivre sans broncher. A présent, il venait d'activer la tour, la parant de lumière bleue, et d'obtenir la carte lui dévoilant toute l'étendue du désert, l'emplacement de la cité Gerudo et d'une oasis autour de laquelle s'organisait un bazar.
_ Nous devrions passer la nuit ici, les monstres ne montent pas en haut des tours.
_ Oui, c'est plus prudent.
Et Link n'aimait pas la couleur du soleil, ni la lourdeur de l'atmosphère. La dernière fois qu'il avait ressenti cette touffeur oppressante, il avait vu un relais entier se faire dévorer par des créatures monstrueuses.
Son instinct ne le trompa pas.
La Lune de Sang s'éleva dans le ciel, d'un rouge indécent.
Les marchands avec lui s'inquiétaient pours leurs camarades, tout en bénissant la Déesse d'être en sécurité alors que les cadavres pourrissant de monstres s'agitaient en bas. Pour le petit groupe, la nuit fut relativement tranquille, uniquement troublée par des cris lointain que personne ne voulait identifier.
Link quant à lui s'inquiétait pour Sulkik, tout en se répétant que sa jument avait vécu bien longtemps à l'état sauvage et avait connu bien plus de Lune de Sang que lui. Mais entre les parois du canyon, aurait-elle la place de fuir s'il le fallait ?
Le calme revint avec l'aube, comme si une nuit de carnage n'avait pas eut lieu de part le pays tout entier. Link reprit la tête de son petit groupe de marchands et redescendit de la tour, puis traversa le plateau en haut duquel elle se dressait, dévala l'échafaudage de bois un peu imprudemment et soupira de soulagement en retrouvant Sulkik en bas. Elle attendait tranquillement, sans avoir la moindre égratignure. Seul vestige de la nuit agitée, les marques inquiétantes sur la pierre du canyon.
Le jeune homme attendit que les marchands, moins imprudents que lui, le rejoignent, puis se remit en selle. Ils partirent en adoptant le pas rapide de Sulkik.
_oOo_
Link et le groupe de marchands arrivèrent au relais en milieu de journée. L'endroit avait souffert de la nuit, et la toile couvrant la structure de bois agitait ses déchirures sous une brise molle. De grandes femmes à la peau basanée et aux cheveux d'un rouge éclatant se trouvaient là, jetant des regards de souverains méprit sur tout homme ayant l'audace de leur adresser la parole. Pourtant, c'était à elle que le relais devait de n'avoir aucun mort à recenser, comme l'apprit à Link le dénommé Cézam, chef de la caravane de marchands qui croyait déjà les quatre retardataires morts et enterrés. A sa décharge, survirent seuls en pleine nature à une nuit de Lune de Sang relevait du miracle. L'homme leur expliqua que les Gerudos étaient arrivées jute avant l'attaque pour aider le gérant du relais et sa femme à repousser les monstres de cauchemars, le relais étant un point important pour le commerce permettant à leur cité de survivre.
Link observa une Gerudo, impressionné par sa musculature qui aurait fait pâlir plus d'un homme. Elle était très peu vêtue, son pantalon et son soutien-gorge constitués de tissus colorés. Elle, comme ses compagnes, portait de nombreux bijoux d'or et de pierres précieuses, épais mais loin d'être disgracieux sur cette guerrière géante dépassant d'une bonne tête tous les voyageurs présents au relais.
_ Heureux de te revoir, jeune homme !
Link se retourna et esquissa un léger sourire.
_ Bonjour Zurrich.
_ Je ne pensais pas que tu t'en tirerais vivant, c'était une sacrée nuit ! Moi, c'est grâce à Fantôme que je suis vivant. Tu sais, le cheval blanc. Il aurait put se débarrasser de moi et s'enfuir, mais non ! Il m'a sauvé la vie. Je ne me séparerais jamais de lui. Avoir une monture d'une telle loyauté, c'est rare !
Link flatta l'encolure de Sulkik, comprenant parfaitement le voyageur. Il décida de rester le reste de la journée au relais afin d'aider aux réparations. Pour les voyageurs, les marchands, les chevaliers errants, tous ceux qui prenaient la route, les relais étaient essentiels, vitaux, et c'était tout naturellement qu'ils aidaient tous à leur reconstruction.
