Chapitre 42 : The Shape of Thunder

Link était de retour dans le bar clandestin de la cité Gerudo, à nouveau affublé de son déguisement de femme. Le trésor Gerudo, le masque du Tonnerre, était posé sur le comptoir, exposant sa face lisse d'or pur incrusté de joyaux. La valeur purement matérielle de l'artéfact devait être démentielle. Rjiu était assise sur le tabouret voisin du sien, regardant le masque d'un air impressionné.

_ Je ne pensais pas que tu réussirais à le récupérer… ça ne s'est pas fait sans mal à ce que je vois.

La cheffe Gerudo lorgna sur la blessure infligée par le Grand Kogha, pansée par la vieille Gerudo gérant le bar en attendant l'arrivée de la jeune fille. Une légère trace de sang tachait déjà le bandage.

_ Ce n'est rien… vraiment… j'aurais mérité plus.

Le jeune homme esquissa un sourire amer. Il avait beaucoup de cicatrices sur le corps, dont il ignorait l'origine. Mais celle qu'il garderait de sa rencontre avec le Grand Kogha, il ne l'oublierait pas. Elle lui rappellerait constamment que les monstres n'étaient jamais ceux que l'on croyait.

_ Bon, c'est décidé ! Je vais t'accompagner jusqu'à Vah'Naboris !

Link sursauta en sortant de ses pensées. Il regarda Riju dont les yeux verts brillaient de détermination.

_ D'accord.

Il voyait bien que discuter ne le mènerait à rien, Riju était jeune, mais avait l'habitude de se faire obéir. Et elle avait clairement prit sa décision.

_ Nous partirons à la tombée de la nuit. Repose-toi jusque là, je viendrais te chercher et nous quitterons la cité en douce. Je n'ai aucune envie de voir Beterah et les autres nous suivre. Je laisse le masque ici, c'est déjà un miracle que tu ais réussi à traverser la cité sans te faire remarquer avec ça sous le bras.

Riju se leva et remit le capuchon couvrant son visage. Elle quitta le bar clandestin et Link se laissa tomber sur une couchette, soudainement épuisé. Il avait l'impression d'avoir voyagé pendant des semaines. Il ferma les yeux et s'endormit aussitôt.

_oOo_

_ Tu la vénères tant, Urbosa… Sainte Urbosa ! Dis-moi princesse Zelda, la connaissais-tu vraiment ?

Zelda regarda Astor ramper à la lisière des ténèbres, de plus en plus affaibli. Elle en était certaine à présent, Ganon se nourrissait de lui pour recouvrer ses forces plus vite, puisqu'il était incapable de la vaincre elle. Celui qui s'était fait passer pour un devin avait le regard dément d'un homme en perte de raison. Ses joues creuses et son teint presque cadavérique avaient quelque chose d'effroyable.

_ Non, bien sûr que non, tu ne la connaissais pas, la si grande et si merveilleuse Urbosa.

_ Que t'a-t-elle volé pour que tu la haïsses à ce point ?

_ Une question ? Je deviens digne de ton intérêt, princesse…

Astor ricana, émettant un son affreux qui se termina en toux humide et grasse. Il releva les yeux vers Zelda et la jeune fille frémit devant son regard.

_ C'est ma vie qu'elle m'a volé… Tu connais les traditions Gerudo ? C'est un peuple de femmes qui n'enfantent que des femmes. Des femmes qui méprisent les hommes, les faibles et tout ce qui va à l'encontre de leurs mœurs. Mais parfois, un homme vient au monde, tu le savais ?

Zelda garda le silence, commençant à comprendre. Après tout, le symbole Gerudo était brodé sur la cape du devin.

_ Un homme qui nait au sein du peuple Gerudo devient leur roi. C'est la loi ! Il en est ainsi depuis le commencement du monde ! C'est la loi ! Mais cette garce en a décidé autrement ! Je suis né Gerudo, j'aurais dû les gouverner être le roi tout puissant ! Mais Urbosa m'a volé mon trône et exilé hors de la cité !

_ Alors tu as voulu te venger en ressuscitant Ganon…

_ Je voulais récupérer mon trône, et Ganon m'a promit qu'il me le rendrait.

A cet instant, il ressemblait à un enfant boudeur à qui on aurait confisqué son jouet. Zelda peinait à imaginer Urbosa usurper le trône de son roi légitime sans bonne raison. Et la folie manifeste d'Astor, qui ne datait pas d'hier, la confortait dans son opinion. Urbosa était une Gerudo progressiste, mais elle aimait profondément son peuple et n'aurait jamais enfreint une règle aussi absolue que la nomination de leur souverain légitime pour satisfaire un besoin égoïste de pouvoir. Zelda refusait de croire cela.

Mais connaissait-elle vraiment Urbosa ?

Astor ricana en voyant sa volonté vaciller.

_oOo_

Link grinça des dents lorsque la foudre frappa juste au-dessus de sa tête, surgissant de la tempête de sable se déchainant dans les environs. Riju se trouvait à côté de lui, tractée par un imposant morse des sables à l'épaisse peau anthracite. L'enfant l'avait présentée comme Madame Patricia, et semblait trouver particulièrement adorable le nœud rose sur sa tête. Un autre morse de couleur crème tirait Link.

Comme l'avait décidé Riju, ils avaient quitté la cité Gerudo de nuit et s'étaient enfoncés au cœur de la tempête, là où ni la lune, ni les étoiles ne pouvaient diffuser leur lumière argentée.

Pour affronter le froid glacial du désert, Link avait enfilé à nouveau les vêtements Piaf lui tenant merveilleusement chaud. Riju ne semblait pas gênée par le froid, elle, portant son habituelle tenue de voilages colorés typique des Gerudos, et ses bijoux d'or. Elle avait en plus coiffé le masque du Tonnerre, lui tombant largement sur les yeux, et c'était ce masque qui venait de les sauver de la foudre frappant au-dessus de leurs têtes.

Il déployait un champ de force verdâtre les isolant de l'électricité dégagée par Vah'Naboris, la Créature Divine se mouvant à quelques mètres d'eux, invisible dans la tempête.

_ C'était moins une… Elle attaque vraiment tout ce qui entre dans son champ d'action. Des Gerudos sont déjà mortes en tentant de s'approcher de Naboris.

_ Je n'en doute pas un instant… Comment on entre à l'intérieur ?

_ Il faut déjà l'immobiliser en visant les pattes avec des explosifs. Nous avons réussi ce procédé à force de tout essayer. Mais nous n'avons jamais réussi à aller jusqu'au bout, donc sa fiabilité est relative.

_ Ça vaut le coup d'essayer.

Link tira sa tablette Sheikah et fit défiler les modules jusqu'à trouver celui générant les bombes.

_ Riju, je ne vais pas pouvoir tout faire seul, contrôler le morse, faire apparaitre les explosifs et les lancer… Je dois avoir les mains libres lorsqu'on sera proche de Naboris, sans pour autant rester immobile sinon elle nous distancera… Tu pourrais me servir de guide ?

La cheffe Gerudo hocha vigoureusement la tête, faisant vaciller son masque. Link attacha son morse des sables à Madame Patricia et sangla le harnais à sa taille, derrière Riju. L'enfant prit les rênes et les fit claquer avec un cri.

Les deux morses s'élancèrent sur le sable et s'enfoncèrent dans la tempête. Ils s'approchèrent de Naboris, dont la lueur rose malsaine dégagée par les pieds brillait comme un phare. Pendant que Riju les amenait au plus près, Link fit apparaitre sa première bombe. Il attendit de passer à côté de la première patte pour la lancer et la fit exploser alors que Riju dirigeait les morses vers la seconde patte. Le souffle dans leur dos les déstabilisa mais l'attelage poursuivit sa route.

Sans jamais s'arrêter, sans regarder en arrière, sans se soucier de la foudre s'abattant sur le champ de force et le sable autour d'eux, ils s'approchèrent de chaque patte et Link les fit consciencieusement exploser.

La dernière touchée, Riju les éloigna de Naboris et arrêta les morses pour la regarder s'immobiliser. Elle retira son masque, impressionnée par ce qu'elle voyait.

La tempête de sable se calma, révélant la Créature Divine dans toute sa splendeur. Elle avait l'allure d'un chameau mécanique avec une tête plate rappelant étrangement le masque du Tonnerre. L'animal artificiel fléchit les genoux et se coucha lourdement. Une ouverture s'ouvrit dans son poitrail, leur offrant l'accès à l'intérieur.

Riju la regarda avec envie mais soupira.

_ J'ai entendu dire que seuls les élus peuvent entrer à l'intérieur… Les Prodiges, ou bien toi, le Héros. J'aurais voulu t'accompagner mais…

_ Tu peux, si tu veux. Pour les trois autres, j'ai toujours été accompagné par des gens qui n'étaient ni des Héros, ni des Prodiges, et pourtant ils ont put entrer, et je suis encore en vie grâce à eux. Les Créature Divine n'ont rien de divin, ce sont juste des êtres mécaniques dont la corruption de Ganon à prit possession des rouages. Elles n'ont ni volonté, ni sentiment, ni rien. Ce sont juste des tonneaux de matière bizarre, pour résumer !

Riju sourit largement, visiblement ravie de l'accompagner.

Ils attachèrent leurs morses des sables à un palmier tout proche et s'avancèrent vers l'entrée de la Créature Divine.

_ Je vais enfin pouvoir leur prouver que je suis digne d'être leur cheffe malgré mon jeune âge, que je suis forte comme les autres, que je n'ai pas besoin qu'on me protège… Que je sais me battre !

Link résista à l'envie d'ébouriffer les cheveux écarlates de l'enfant. Elle avait du cran, il ne pouvait que le lui concéder.

Ils pénétrèrent à l'intérieur de Vah'Naboris et se retrouvèrent dans son ventre, immense salle en forme de tube. De nombreux tuyaux de métal couraient sur toute la surface.

_ Et maintenant ?

_ Il faut trouver les terminaux qui alimentent l'unité centrale et les réactiver pour pouvoir la relancer. Je ne sais pas combien il y en a. Une fois l'unité centrale prête à être réactiver, une ombre de Ganon en sortira.

_ Link, si je puis me permettre d'intervenir…

Riju laissa échapper un cri en voyant une fillette bleue jaillir de l'épée du jeune homme, son visage impassible sondant l'intérieur de Naboris.

_ Riju, je te présente Fay.

_ Mon maitre actuel a tendance à oublier que j'existe, et je ne peux pas l'en blâmer. Je lui suis moins utile qu'à mon premier maitre. Le premier était si seul, il avait tant besoin d'un guide… Link, lui, se débrouille parfaitement sans mon aide !

Link sentait la fierté dans la voix aseptisée de l'esprit de son épée, comme si elle aimait qu'il soit si autonome. Elle aimait ses précédents maitres, et il ne doutait pas qu'elle l'aimait lui aussi, mais il comprit qu'elle souhaitait surtout les voir voler de leurs propres ailes.

_ Tu es un bon guide, Fay…

_ Je vous remercie.

_ Tu voulais nous dire quelque chose ?

_ Je peux vous guider jusqu'aux différents terminaux.

_ Ça nous aiderait, oui, merci Fay.

La fillette bleuté inclina la tête et se mit immédiatement au travail.

Grâce à Fay, trouver les cinq terminaux se révéla être un jeu d'enfant. Les atteindre le fut moins, Link et Riju découvrant que les tuyaux courant tout le long du tube servaient à faire circuler l'électricité à l'intérieur de la Créature Divine, ce qui activait de charmants mécanismes tels que la rotation de parties du tube changeant tout l'intérieur de Naboris et déplaçant les terminaux.

Au moins le masque du Tonnerre leur évita-t-il de mourir électrocutés.

_oOo_

Ceux qui n'avait pas de masque magique pour les protéger de la foudre et risquait donc véritablement leur vie, en revanche, étaient Sélène et Sidon, au lac Hylia. Le prince Zora jaillit hors de l'eau pour éviter un coup de jus fatal, l'eau étant malheureusement un excellent conducteur. Il retomba sur un rocher et regarda le dragon aux écailles jaunes onduler au-dessus du lac.

L'eau se mit soudain à s'agiter. Un geyser déchira la surface du lac sans prévenir et l'eau se mit à circuler en défiant la gravité, formant des arabesques saisissantes de beauté.

Celle qui les manipulait s'en moquait bien, de la beauté. Pour une aveugle comme Sélène, seule comptait l'efficacité.

Sidon regarda sa silhouette noire jaillir du geyser, les arabesques d'eau se transformant en projectiles. Elle se jeta droit vers le dragon, et Sidon savait qu'elle n'avait que les vibrations de l'air pour tout guide.

Elle était si forte, sa douce Sélène, il ne se lassait pas de l'admirer.

Si elle l'entendait penser ainsi, elle se moquerait de son sentimentalisme.

_ Elle va se faire tuer !

Le prince Zora se tourna vers Majeurie, la Zora tant recherchée, et sourit.

_ Sélène ? Aucun risque ! Elle a quand même décapité un Lynel toute seule. Mais je ne compte pas la laisser se battre seule, cette fois. Je ne veux pas la gêner, j'attends simplement son signal.

Le dragon se retrouva englouti par une masse d'eau colossale directement issue du lac, contrôlée par Sélène. Elle jeta le dragon sur la berge et Sidon plongea. Il fendit l'eau à toute vitesse et jaillit juste à côté de la bête. Il tira ses deux lances et frappa le dragon. Sélène apparut juste à côté de lui et, en voyant l'éclat bleuté sur son trident, Sidon devina qu'elle avait utilisé le présent de Ruto et Haku lui permettant de se téléporter sur de courtes distances. Elle était déjà redoutable avant, mais à présent elle était monstrueusement efficace. Elle fit pleuvoir une pluie de coups sur le dragon.

Ce dernier poussa un rugissement strident et s'éleva dans les airs. Ses écailles abimées laissaient échapper des flots de sang. Il s'éloigna en direction de l'est, rugissant plaintivement.

_ Et voilà une bonne chose de faite.

_ Il ne va pas revenir ?

_ Sans doute que si, mais nous serons loin d'ici là.

Majeurie put enfin quitter son ilot et rejoignit ses deux sauveurs, les reconnaissant seulement à cet instant. Elle tomba à genoux devant Sidon.

_ Mon prince ! Quel honneur ! Vous êtes venus me sauver en personne… Je ne saurais jamais assez vous remercier.

_ Tu peux déjà commencer en remerciant Sélène, c'est elle qui m'a permit d'arriver jusqu'ici en un seul morceau. Sans elle, les Lunes de Sang m'auraient été fatales.

_ La sorc… Pardon. Merci.

Sélène posa sur Majeurie son regard aveugle et la Zora secourue frissonna. Elle était vraiment laide, Sélène, avec ses nageoires déchiquetées, et son regard effrayant tout autant que ses dents acérées n'arrangeant rien. Pourtant son prince semblait être parfaitement capable de passer au-delà de cette hideuse apparence, alors elle devait au moins essayer d'en faire autant.

_ Pardon, je m'y suis mal prise… Merci beaucoup, Sélène, rien ne t'obligeait à venir à mon aide.

_ Si, un peu tout de même. Sidon serait parti seul, et il était hors de question que je laisse ça se produire. Il se serait perdu dans le meilleur des cas, tué dans le pire ; et ça a bien faillit arriver d'ailleurs. Les deux.

_ Mais notre prince est pourtant si fort, ce que tu dis me sembles…

_ Vous idéalisez vraiment trop Sidon ! C'est un imbécile heureux, un fonceur inconscient et un guerrier plus fort que réfléchi.

_ J'aime cette façon que tu as de dépeindre mon portrait, ma douce Sélène !

_ Ne te plains pas, je te connais tel que tu es, sans me baser sur ta beauté divine dont parle tant les autres sans voir ta montagne de défauts, et c'est pour celui que tu es, même avec ces défauts si nombreux, que je t'aime.

Sidon sourit. C'était si rare, ce genre de confession de la part de Sélène ! Il passa son bras autour de ses épaules en gardant son trident de bois à l'œil. Elle le gardait baissé, donc il pouvait.

Majeurie les regarda, estomaquée. C'était vraiment une déclaration, ça ? Mais Sidon semblait en être comblé de bonheur. Son prince avait de drôles de gouts !

_oOo_

Link contempla l'unité centrale, en plein cœur du ventre de Vah'Naboris. Comme les autres, avait l'air d'un bourgeon pulsant de lumière orange comme un cœur immonde. La lumière s'affola lorsque le jeune homme posa la tablette Sheikah sur la stèle prévue à cet effet. Sans surprise, et en espérant que c'était la dernière fois qu'il assistait à cette naissance répugnante, il vit une créature de cauchemar s'extirper de l'unité centrale, grand corps de chair violacée, comme putréfiée. Ses cheveux rouges tombaient autour du masque allongé lui servant de visage, percé d'un unique œil bleu. Un bouclier bleu couvrait son bras gauche, et une lame également bleue terminait son bras droit. Le cri qu'il émit ressemblait à un coup de tonnerre.

Il regarda Link et Riju… et disparu.

_ Où est…

Link senti un souffle dans son dos et se retrouva projeté en avant, une lame le frappant avec force. Son bouclier encore dans son dos lui sauva la vie. Le monstre s'était déplacé si vite que l'œil humain du jeune homme s'était révélé incapable de le suivre.

L'ombre démoniaque leva son arme et la foudre jaillit, incontrôlable, frappant tout sur son passage. Riju se jeta sur Link en enfonça le masque du Tonnerre sur sa tête rousse. Le champ de force se déploya juste à temps pour les protéger tous les deux de l'attaque.

_ Il est rapide…

_ Cette chose à sans doute tué Urbosa avant même qu'elle n'ait le temps de comprendre ce qui lui arrivait.

Link tira son épée et échangea un regard avec Riju. La fillette était terrorisée, il voyait son effroi briller dans ses yeux verts. Mais elle hocha la tête avec résolution, serrant ses petits poings d'un air bravache.

_ Allons-y… Je suis prête. Link, je ne laisserais pas la foudre de ce monstre te toucher.

_ Merci… Je ne le laisserais pas te tuer.

Le jeune homme se tourna vers son ennemi et leva son épée, gardant son bouclier dans son dos pour protéger ses arrières. Comme s'il n'avait attendu que ce signal, le monstre s'élança à une vitesse inouïe, ne laissant qu'un trainée bleue et violacée dans son sillage. Sa lame heurta celle de Link avec un fracas assourdissant.

Le jeune homme n'avait jamais affronté un adversaire aussi rapide, pas même Ghirahim et ses téléportations imprévisibles.

L'ombre attaquait, reculait, esquivait, enchainait les passes d'armes et les parades à une vitesse que rien ne pouvait égaler.

Oui, vraiment, Link était certain que même le démon surpuissant lui ayant servi de maitre d'arme aurait eut du mal à tenir…