Chapitre 15 – Joyeuse Halloween !

« Si tu continues à manger autant de bonbons, tu vas finir par être malade. »

« Est-ce que tu vois les parents ? Alors je fais ce que je veux. »

« Ce n'est pas parce que mom et papa ne sont pas là que tu dois te rendre malade. »

« Non, mais si j'en ai envie je le ferai bien. »

« Eh bien, ne compte pas sur moi pour m'occuper de toi. »

« Ce n'est pas comme si je m'attendais à ça de ta part, Lily. Tu t'occuperais avant de ta chère valériane en pot que d'un membre de ta propre famille. »

« Leck mich doch. »

« Eh ! J'essaie de réviser, les gars », s'exclama Jack excédé par le comportement des jumeaux qui n'avait cessé d'empirer tout au long de la journée.

Entre Liesa qui cherchait constamment des noises à son frère et Dietrich, qui répondait en attaquant directement sa sœur, Jack avait l'impression qu'il avait entendu toutes les injures allemandes dans leur vocabulaire. Il adorait ses amis, mais passer autant de temps avec eux lui faisait réaliser que l'harmonie n'était pas tout le temps au rendez-vous dans cette fratrie qu'il avait idéalisée. Et aujourd'hui particulièrement, les deux n'arrivaient vraisemblablement pas à se supporter, mais n'ayant pas vraiment d'amis, ils restaient quand même ensemble. C'était vraiment excédant.

« Je ne suis pas un gars et va à la bibliothèque si t'es tanné de te faire déranger », répondit sèchement Liesa.

« Il ne veut pas y aller », répondit à sa place Dietrich.

« Pourquoi ? »

« Car il y a Gothel. »

« Blondie ? Il s'est disputé avec elle? »

« Je suis encore présent, hein… » soupira Jack consterné que les Bach finissent irréfutablement par parler de lui comme s'il n'était pas avec eux.

Liesa, à l'extrémité du divan, se pencha par-dessus Dietrich pour le regarder.

« Je croyais que toi et blondie vous étiez ensemble, depuis le temps… » dit Liesa d'un ton sardonique qui insulta un peu Jack.

« Non. »

« Elle est amoureuse de Haddock », déclara Dietrich indifférent.

Jack eut l'impression qu'un poignard lui transperçait le cœur face à la remarque franche et désabusée de son ami. Il n'avait jamais voulu l'avouer à voix haute, mais après l'épreuve, il avait bien vu comment Raiponce avait regardé Harold et ça l'avait touché. C'était presque comme si elle l'avait embrassée. Savait-elle seulement qu'Harold était follement amoureux de Mérida ? Égoïstement, Jack se réjouissait presque que ni lui, ni Raiponce n'aient ce qu'il voulait. Il n'aurait pas réellement pu supporter de regarder deux de ses meilleurs amis se mettre ensemble, alors que lui vivrait un amour à sens unique.

« C'est vrai ? » demanda Liesa en le fixant.

Il haussa les épaules en voulant paraitre détaché, même s'il n'y parvenait pas réellement. Liesa éclata de rire, alors que Jack levait les yeux au ciel, piqué au vif. Il se leva, énervé, bien décidé à mettre de la distance entre Liesa et lui, mais elle s'arrêta et le retint, non sans perdre son sourire.

« Oh allez, Jack. Fallait t'y attendre que Blondie ne se serait pas intéressée par un gars comme toi. »

« Comment ça, un gars comme moi ? » s'énerva Jack faisant sursauter un groupe de première année qui parlaient un peu plus loin dans la salle commune.

« Oh, prends-le pas comme une insulte. C'est une fille inintéressante et fade, tu t'attendais à quoi ? Elle va chercher de son calibre. »

« Tu parles de mes amis, je te rappelle », se fâcha Jack.

« Hey, calmez-vous », tenta Dietrich en se levant, tout à coup mal à l'aise d'attirer autant l'attention sur eux.

Liesa se leva à son tour.

« Tes amis ? Tu crois que ce sont tes amis ? Ils sont où tes amis ? Blondie est toujours à la bibliothèque et Haddock, tu le dis toi-même qu'il est toujours introuvable. Depuis le début de l'année, tu as passé beaucoup plus de temps avec nous qu'avec eux, alors même que l'une de vous, la tête brûlée, est entre la vie et la mort à Sainte-Mangouste. Très solidaire comme amitié. »

Jack éclata de rire, d'un rire amer, qu'il ne connaissait pas et qui fit froncer les sourcils à Liesa. Dietrich mordit sa lèvre, pressentant visiblement que la situation allait déraper.

« Parce que tu crois que je suis plus ami avec toi qu'avec eux ? Mon ami, à la base c'est ton frère. Toi, j'ai commencé à trainer avec toi, car t'es toujours collé à lui. Tu ne sais pas ce que c'est que l'amitié, tout ce que tu sais faire c'est de descendre les autres Liesa. Comme si ça te prenait ça pour faire valoir ta vie misérable. Alors lech mick dock toi-même. »

Jack se retourna pour fuir la salle commune, en ayant plein le dos. Il avait tenté de faire une insulte en allemand qu'il avait souvent entendu Liesa dire, mais il s'était rendu compte que ce qu'il avait dit ne sonnait pas comme lorsqu'elle le disait. Néanmoins, il savait qu'elle avait compris, car il évita de justesse un sort qui lui frôla la tête. Il se pencha par réflexe et il se tourna pour voir que Dietrich était intervenu pour empêcher sa sœur de lui lancer il ne savait trop quoi. Il lui jeta un regard mauvais.

« Je me suis trompée sur toi, sale Overland ! » cria-t-elle en se dégageant de la prise de son frère.

Il referma la porte de sa salle commune, conscient qu'il venait de se donner en spectacle. Il marcha avec hargne le long des cachots, bien décidé d'aller se défouler sur son balai dans le stade de Quidditch en ruminant la conversation qui avait mal tourné. Il n'y voyait plus très clair et après un moment, il se rendit compte qu'il avait dû louper les escaliers, car il était à un endroit où il n'était jamais allé. L'humidité du lac était à son comble et la température avait tellement chuté qu'il ne tremblait plus de colère, mais de froid. Il avait l'impression que le couloir s'était assombri et qu'une ombre planait. La peur lui noua le ventre alors que son esprit l'avait inévitablement ramené à la forêt interdite, le 2 septembre dernier.

Il ralentit le pas en écoutant les gouttes d'humidité tomber sur le sol. Il avait l'impression que son cœur battait en même temps que les gouttes qui tombaient et des sueurs froides lui parcouraient l'échine dorsale. Il sentait l'aube d'une migraine qu'il avait pu éviter les deux derniers jours poindre. Il serra les dents, comme il avait l'habitude pour dissiper la douleur. Il sentit soudain quelque chose monter sur son pied et il sursauta violemment en baissant la tête pour s'apercevoir qu'il s'agissait d'araignées. Il n'avait jamais eu peur de ces arthropodes, mais leur comportement étrange et la lourdeur de l'atmosphère du sous-sol de Poudlard l'inquiétait. En plus, en les observant, il vit qu'elles se dirigeaient toutes vers un même trou dans le mur. Que ce passait-il ?

« Jack Frost. »

Même si Frost n'était pas son nom de famille, Jack ne put s'empêcher de se retourner pour essayer de trouver d'où venait la voix gutturale qui l'avait appelée. Mais il n'arrivait pas à comprendre d'où elle pouvait venir. Elle semblait planer au-dessus de lui et une petite voix à l'intérieure de lui semblait lui souffler que cette voix était en lui. Mais pourquoi l'appeler Frost ?

« Qui est là ? » dit Jack dans un murmure, serrant sa baguette entre ses doigts.

Rien ne répondit. Et Jack avait l'impression que la température était redevenue normale, même si elle restait humide. Son cœur reprenait doucement un battement normal et il commença à se dire qu'il s'imaginait des trucs, lorsqu'il entendit clairement des voix venant d'un des cachots. Il reconnut sans mal la voix d'Avery, puis celle de Mulciber. Jack dut s'approcher davantage pour comprendre ce qu'ils disaient. Peu importe de quoi ils souhaitaient parler, ils ne semblaient pas vouloir être entendus. Cependant après un moment, il entendait clairement un nom familier.

« Les Bach? » s'exclama Avery.

Sa voix paraissait à mi-chemin entre la surprise et l'incrédulité.

« Puisque je te le dis… »

« Il n'y a pas de sang de bourbe à Serpentard, Allen. »

« En es-tu si certain ? »

« Je n'arrive pas à croire que toi tu as des doutes là-dessus. »

Mulciber répondit par un silence et Jack arrêta d'avancer, conscient qu'il aurait tout simplement dû partir, mais les cinquièmes années parlaient de ses amis, quoiqu'il avait pu en dire quelques minutes plus tôt, et il voulait savoir pourquoi leur sang importait.

« Et de toute façon Dietrich pratique la magie noire. Il aurait appris ça comment à 14 ans ? Ça vient de ses parents, c'est certain. Ils sont allemands en plus, tout le monde sait qu'ils apprennent ça dès leur enfance », continua Avery.

Un silence suivit et Avery reprit :

« Ce n'est pas pareil. »

« De toute façon, on le saura bientôt s'ils sont des sangs de bourbe. »

« Pourquoi tu dis ça ? »

« Disons qu'on aurait trouvé le moyen de s'en débarrasser. »

Le cœur de Jack se serra. Il n'arrivait pas à comprendre toute la conversation, mais une chose était certaine, les nés-moldus étaient menacés. Il pensa immédiatement à Mérida. Au moins, si jamais un gang s'en prenait à des nés-moldus, elle était en sécurité à l'hôpital. Mais Dietrich et Liesa ? Certes, ils étaient des sang-mêlés, mais apparemment les gens avaient des doutes sur eux et Jack ne pouvait s'empêcher de voir le visage ensanglanté et enflé de Liesa après qu'un seul élève de gryffondor l'ait battu l'année précédente pour un crime qu'elle n'était même pas de près reliée. Si un groupe anti-né-moldu surgissait, qu'étaient-ils prêts à faire ? Et pourquoi donc haïssaient-ils autant les nés-moldus ? Jack n'y comprenait rien et il recula. Il accrocha une armure. Il avait à peine bougé son bras, mais le cliquetis de métal résonna dans les cachots et Jack pinça les lèvres.

Par la barbe de Merlin.

De l'autre côté de la porte, Mulciber et Avery s'étaient tus et Jack savait qu'il n'aurait pas dû entendre cette conversation. Il était l'ami d'une née-moldue connue des cinquièmes années et tout le monde à Serpentard savait qu'il trainait aussi avec les Bach. Il entra donc dans une salle pour s'y cacher. Il sortit sa baguette et se cacha sous un bureau. Heureusement, il faisait suffisamment sombre pour qu'on ne le voie pas.

« Lumos. »

Ouais, il avait fait suffisamment noir pour qu'on ne l'eût pas vu. Là, s'il n'était pas vigilant, on le cramerait. Au moins, la lumière lui avait permis de repérer une deuxième porte qui avait le potentiel de mener ailleurs. Il faudrait juste qu'il profite d'un moment de distraction pour la franchir.

« C'est surement juste un fantôme… » dit la voix d'Avery du couloir.

« Les fantômes n'accrochent pas des objets… », répliqua Mulciber en regardant derrière la porte.

« Pevees le peut bien, lui. »

« Si ça avait été Pevees, on le saurait… », continua-t-il en s'approchant du bureau d'en avant.

« On ne sait pas, c'est l'Halloween, il peut être juste passé. Il se passe toujours des choses bizarres avec les fantômes cette date-ci. »

Mulciber soupira et se pinça le nez, visiblement découragé ce qui laissa Jack le temps de se déplacer à un endroit où il avait déjà cherché, plus près de la deuxième porte.

« Puisque je te dis que ce n'est pas un fantôme. C'est un élève et j'ai bien l'intention de savoir qui c'est », cracha-t-il.

Avery ne répondit pas, du moins il laissa planer un silence pendant quelques secondes. Si Mulciber ne regardait pas dans sa direction, Jack pouvait voir le regard fou qui allumait ses yeux lorsqu'il avait une idée fixée en tête. Les gens à Serpentard avaient fini par reconnaitre ce regard. On ne cherchait pas des noises à Mulciber lorsqu'il était dans cet état. En fait, le seul qui ne semblait pas réellement se rendre contre de ces passages étranges devait être Avery. Il agissait en vrai chien de poche avec des gens plus puissants que lui. Étrangement, Mulciber faisait preuve d'une patience hors-norme lorsque Avery montrait ses peurs aux autres de la sorte ou posait des questions pourtant évidentes.

Si Mulciber aurait probablement pardonné presque n'importe quoi à son meilleur ami, Jack savait qu'il ne bénéficiait pas de la même immunité. Et même s'il ne voulait pas réellement y croire, son instinct de survie lui dictait que si Mulciber le trouvait, il serait dans un état bien que Liesa l'avait été l'année dernière.

« Bon, tu vois bien qu'il n'y a personne, on y va ? »

« Qu'est-ce qu'il y a de s'y pressent, je peux le savoir ? », aboya Mulciber en sortant de la pièce, visiblement énervé.

Jack n'attendit pas. Il se leva et s'élança vers la porte de secours. Il espérait que l'engueulade des deux cinquièmes années couvrirait le bruit qu'il faisait. Il referma doucement la porte et se retourna, prêt à sprinter, mais juste devant lui, il y avait une énorme étendue d'eau souterraine. N'était-il pas sous le lac ? Une porte de cachot menait à une grotte sous-marine ? À moins que ce soit de très grands égouts... Jack n'y comprenait absolument rien, mais il ne pouvait décidément pas faire demi-tour immédiatement et Mulciber verrait tôt ou tard la porte qu'il ouvrirait, ce qui le mènerait directement sur lui. Le jeune Serpentard déglutit. Il devrait sauter dans l'eau noire.

Alors qu'il se disait qu'il ferait peut-être mieux d'attendre de vraiment ne pas avoir le choix, la poignée de la porte tourna et Jack sauta. Il s'éloigna le plus possible du bord et lorsque la porte s'ouvrit, il prit une grande respiration et se laissa couler. Une fois dans l'eau, il ouvrit les yeux. Cela lui picota bien moins qu'il l'aurait cru. Il voyait la lumière d'un lumos au-dessus de sa tête et s'obligeait à rester calme pour garder sa respiration le plus longtemps possible. Heureusement, il avait souvent fait des concours d'apnée avec sa sœur au lac à côté de chez lui. Il faudrait qu'il pense à lui envoyer une lettre.

Il laissa son esprit divaguer un instant, sentant peu à peu ses poumons transformer son oxygène en CO2. Il fallait qu'il remonte à la surface, mais il y avait toujours de la lumière. Par la barbe de Merlin, il finirait noyé si ça continuait. En plus, ses vêtements et ses chaussures le pesaient et l'entrainaient peu à peu vers le fond. Il devait reprendre son souffle et espérer qu'il aurait le temps de replonger avant qu'un sort ne l'atteigne.

Il remonta à la surface et prit une énorme respiration.

« Jack ? Jack ! »

Reconnaissant cette voix, le serpentard se tourna vers l'Allemande qui le regardait, ébahie.

« Lies'? »

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » s'exclama-t-elle.

« J'avais envie d'un bain de minuit », déclara-t-il en sentant un sourire naitre sur ses lèvres en nageant sur place.

Liesa croisa les bras et fronça les sourcils.

« Pauvre idiot. »

Jack éclata de rire, franchement soulagé de voir Liesa, même après leur dispute. Il nagea jusqu'à elle et lui tendit la main pour qu'elle l'aide. Liesa leva les sourcils, visiblement elle n'avait pas l'intention de faire grand-chose pour l'aider. Il se racla la gorge et elle leva les yeux au ciel.

« Overland a besoin d'aide ? » fit-elle.

« Ça t'embêterait tant que ça ? » dit-il un sourire aux lèvres, croyant qu'elle blaguait.

« Nous ne sommes pas amis à ce que je sache. »

Jack perdit son sourire et l'eau sembla plus froide soudainement en comprenant qu'elle était sérieuse. Il retira sa main et remonta tant bien que mal de lui-même. Liesa s'écarta un peu, ne souhaitant pas être mouillée aussi. Elle le regardait de haut les bras croisés. Il ne connaissait pas de sortilège de séchage instantané. Il commença donc à grelotter en fixant Liesa.

« Tu m'en veux ? »

Elle le fusilla du regard.

« Je suis désolé, d'accord. Je ne le pensais pas. »

Un silence s'éternisa et Jack était mal à l'aise. Il était rarement seul avec Liesa et encore moins après l'avoir blessée.

« Pour ma défense, tu as été rude toi au-aussi », continua-t-il en claquant des dents.

Jack sut qu'il n'aurait jamais dû dire ça. Liesa le dévisagea avec mépris et dureté. Et si ce n'était que ça, Jack aurait pu l'accepter, mais il vit aussi qu'elle venait d'être blessée, d'être cruellement blessée et c'était de sa faute.

« Li-Lies', tu es mon amie, je n'aurais jamais dû dire que tu ne l'étais pas... » tenta-t-il de se rattraper, frigorifié.

Il mit une main sur son épaule et elle se dégagea. Son visage se durcit, alors qu'elle lui jetait un sortilège de séchage.

« Merci. »

Elle ne dit rien. Le silence oppressait Jack qui ne savait pas quoi faire pour dénouer la situation. Ils étaient juste plantés un devant l'autre sans se regarder et sans oser rajouter quoi que ce soit de plus. Jack devait trouver quelque chose à dire, mais il ne savait pas ce qu'elle voulait entendre. Il lui en voulait encore un peu de toujours s'en prendre à ses amis, d'être aussi dure et parfois même méchante dans ce qu'elle disait, mais avait-il mieux fait, vraiment ?

« Comment m'as-tu trouvé ? » demanda-t-il finalement.

Il pensait qu'elle ne répondrait pas, mais elle ouvrit la bouche.

« Je te cherchais et j'ai entendu Avery et Mulciber chercher quelqu'un. Je me suis dit que ça ne pouvait qu'être toi. »

« Pourquoi ? Je n'ai jamais eu affaire à eux ! »

« J'ai entendu ce qu'ils disaient de Diet' et moi. Vu comment tu es resté caché, puis tu as fait un vacarme épouvantable, je ne voyais pas qui cela pouvait être d'autre. »

« Attends, mais si tu étais là depuis tout ce temps, tu as dû entendre la voix m'appeler ? »

« Une voix ? »

Liesa fronça les sourcils en le dévisageant. Jack comprit qu'elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'il parlait et secoua la tête.

« Non, laisse… J'ai dû halluciner. En plus, ce n'était même pas mon nom, c'était Frost. »

« Frost ? Comme le gel ? »

« Oui, quelque chose comme ça. »

Liesa plongea dans ses pensées, visiblement perdue. Jack passa une main dans son cou et dit, un instant plus tard :

« Tu viens ? On devrait aller manger à la Grande Salle. »

Comme chaque année, la Grande Salle avait été décorée. Des citrouilles découpées en des visages d'horreurs illuminaient le plafond de la Grande Salle au lieu des habituelles bougies. Il y avait des bonbons partout sur les tables dans de larges paniers, il y avait des toiles d'araignées partout sur les murs et il arrivait régulièrement que les élèves se prennent dedans. Jack n'avait pas pu s'empêcher de pouffer en voyant un premier année de Poufsouffle se débattre avec la toile dans une mine de dégout. Les fantômes, quant à eux, circulaient et s'amusaient à terrifier les élèves et certains s'amusaient à faire des tours.

« Je ne comprends toujours pas cet attrait pour cette fête », déclara Liesa en s'asseyant sur le banc des Serpentards en face de Dietrich qui semblait assez surpris de les voir ensemble et en si bons termes. « Je vois que c'est pour la célébration de vos morts, mais les citrouilles ? Ce n'est pas du gaspillage ? Plein de gens manquent de nourriture et vous, vous ne les mangez même pas au complet et vous les utilisez comme décoration. »

Jack sourit, amusé. Il voyait bien que ses amis ne comprenaient pas toute l'importance d'Halloween.

« Si ce sont les citrouilles qui t'inquiètent, on peut les manger après et on mange les graines. Puis si on les découpe bien, avec un sort d'entaille, on ne gaspille presque rien. Ce sont les moldus qui ne savent pas faire. Et tu sais que la légende vient d'un certain Jack, Jack'O Lantern. »

Liesa leva un sourcil, pas convaincue et demanda plutôt :

« En parlant de Jack, tu n'avais jamais fini ton histoire de fève magique. »

« De haricot magique. »

« Ouais, ça. »

« Tu veux entendre la suite ? » demanda-t-il avec un sourire carnassier, sachant que la question était rhétorique.

Liesa soupira d'impatience et Jack ricana. Dietrich, lui écoutait distraitement d'une oreille en mangeant des réglisses, le regard perdu.

« Bon, j'en étais au moment où un moldu nommé Jack avait tué une jeune sorcière et que le sorcier Ultio voulait se venger sur Jack Junior. Donc, lorsque Ultio s'était rendu compte que Jack n'était pas le moldu cruel, mais son fils, il eut une idée de se venger. Il vendit à Jack quelque chose qui ressemblait à un simple haricot, mais qui aurait des propriétés magiques. Il lui expliqua qu'en plantant le haricot, cela permettrait à Jack de devenir riche en montant dessus jusqu'au ciel.

Crédule et pauvre, Jack accepta et il retourna chez lui planter un haricot. Pendant la nuit, Ultio revint, il fit pousser le haricot où à la fin se trouvait espèce de portoloin qui transportait quiconque qui y touchait jusqu'à la caverne des géants. Ultio était certain que de cette façon Jack mourrait écrasé et mangé par ces viles créatures et qu'il aurait eu sa vengeance. De fait, lorsqu'il se réveilla, l'enfant vit le haricot, y grimpa et se fit téléporter jusqu'à l'antre des géants. Ultio transplana jusqu'à lui afin de s'assurer de sa mort et puis… »

« Bonjour à toutes et tous », s'exclama Dippet d'une voix forte et sévère d'où une certaine colère émanait.

Jack s'interrompit et les Serpentards se redressèrent. Il eut quand même le temps de voir la légère frustration de Liesa qui attendait la suite avec impatience. Les élèves dans la Grande Salle se turent rapidement. Dippet lança un regard circulaire à la Grande Salle avant de poursuivre :

« J'ai un message de la plus haute importance à vous faire. Je tiens à vous rappeler que la soirée d'Halloween n'excuse pas les blagues de mauvais goût. Nous avons entendu des rumeurs qui circulaient dans les couloirs, ainsi que des inscriptions comme quoi la chambre des secrets avait été ouverte. Je ne tolérerai pas dans mon école toute forme de violence à un certain groupe d'élèves. Poudlard accepte les sorciers de toutes les familles et ce n'est pas de votre ressort d'en porter le jugement. »

Dippet laissa planer un silence. Même si la plupart des élèves se dévisageaient en se demandant de quoi leur directeur parlait, Jack put clairement voir un sourire sur les lèvres de Mulciber. Il se tourna vers Liesa, qui pinça les lèvres, préoccupée. Dietrich, lui continuait de manger une réglisse, sans avoir la possibilité de comprendre de quoi il retournait.

« Bon, maintenant, j'avais des nouvelles concernant la première épreuve. Premièrement, Monsieur Peter Hornby est arrivé à la dernière position, Mademoiselle Milicent Bagnold à la troisième position, Mademoiselle Mérida Dunbrush à la deuxième et en première position Monsieur Tom Jedusort. J'appellerais d'ailleurs Monsieur Jedusort à venir en avant. »

La table des Serpentards déjà en train d'applaudir commença à se consulter du regard en se demandant bien ce qui se passait. Tom, un sourire en coin, entouré d'Avery et Mulciber, se leva et se déplaça un pas d'un pas confiant vers l'estrade. Curieux, Jack observa la scène. Comme premier, aurait-il droit à un avantage pour la deuxième épreuve ? Slughorn se leva à son tour, fier comme un pan, et il remit un petit coffre noir. Les applaudissements s'étaient tus et tout le monde dans la Grande Salle se levait de leur banc afin de tenter d'apercevoir ce que Tom ouvrait. Il dit quelques mots inaudibles à Slughorn, lui serra la main alors que Dippet reprenait :

« L'école offre à Monsieur Jedusort une médaille de bravoure. Grâce à ses connaissances et ses réflexes, il a su sauver de peu la vie d'une de ses camarades, son adversaire pour l'épreuve. Je n'ai aucun doute sur le fait que Miss. Dunbrush vous sera éternellement reconnaissante. Ses parents ont d'ailleurs voulu vous transmettre ceci. »

Slughorn sortit un nouvel objet. D'où il était, Jack aurait dit que c'était un médaillon avec une lettre qui comportait surement le sceau de la famille de Mérida.

« La signification de l'objet est surement à l'intérieur de la lettre. Maintenant, une bonne main d'applaudissement pour Monsieur Jedusort. Puissiez tous prendre exemple sur lui. »

La salve qui suivit eut l'effet tout contraire de l'effervescence qui régnait pour Jack. Son cœur se serra et alors qu'il fixait Jedusort se pavaner auprès des professeurs, il eut une terrible mauvaise impression. Dietrich se pencha sur la table et demanda :

« C'est ta tête, encore ? »

Jack se tourna vers son ami qui applaudissait et haussa les épaules. Mérida lui manquait.