Bonjour tout le monde! Je profite de la publication de ce nouveau chapitre pour vous remercier de me lire et un merci tout spécial pour le retour, les favoris et les followers. Ça fait toujours très plaisir de voir que vous aimez ce que j'écris. N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez, je prends le temps de vous remercier par mp.

Sur ce bonne lecture 3

Chapitre 18 – L'infirmerie

Depuis que l'infirmier leur avait dit qu'il était possible que Mérida ne se réveille jamais, Raiponce avait soigneusement planifié son coup. Elle en avait même négligé ses devoirs, qu'elle s'efforçait d'oublier. Tous les soirs, elle se rendait à l'infirmerie, notait ses heures d'ouverture et notait quand Monsieur Jones regagnait ses appartements. Elle l'observait faire le tour de ses patients et Raiponce attendait qu'il n'y ait que Mérida. Malheureusement, après un match des Serdaigles contre les Gryffondors dans une pluie torrentielle, quatre joueurs toutes équipes confondues avaient dû être soignés et Raiponce avaient encore dû repousser son intervention. Le jour suivant, un épouvantard-surprise avait tellement secoué un élève de deuxième année, qu'il avait dû dormir à l'infirmerie. Et encore le jour suivant, un élève s'était cassé un bras et deux dents en fin de soirée après avoir déboulé un des escaliers qui avait bougé juste au moment où l'élève se trouvait entre deux paliers. Le pauvre était tombé entre les deux escaliers et avait fait une chute de deux étages.

Entre-temps, elle avait donc régulièrement été voir son amie avec Jack. Harold, lui, se faisait plus discret. Raiponce avait l'impression qu'il y allait toujours quand Jack et elle n'y étaient pas. Elle l'avait vu quelques jours plus tôt avec un morceau de bois et un canif s'assoir à côté de la rousse pendant plusieurs heures. Raiponce l'avait observé sans oser s'approcher, ayant l'impression qu'elle briserait quelque chose si elle allait le rejoindre. De toute façon, elle était beaucoup trop préoccupée par son plan.

Son plan lui semblait loin d'être parfait. Elle avait vu Mérida et Jack faire des plans loufoques pour faire des bêtises sans se faire repérer des enseignant.e.s dans les dernières années. Ils pensaient à chaque détail et elle, elle avait l'impression de ne penser à rien. Elle aurait voulu pouvoir en parler avec Jack. Elle était tannée de tout lui cacher. Ces dernières semaines avaient été éprouvantes émotionnellement et de plus en plus elle aurait simplement voulu retourner sous le chêne avec lui à lire en lui passant la main dans ses cheveux pendant que Pascal, son caméléon, attrapait des insectes aventureux. Elle avait d'ailleurs l'impression que sa relation avec Jack était environ redevenue comme avant. Ils avaient recommencé à se tenir ensemble, à faire équipe dans les cours et à manger ensemble tous les jours. Si Jack était moins tactile avec elle, Raiponce avait l'impression que leur relation était redevenue normale, comme si rien ne s'était passé. La jeune adolescente ne savait pas trop quoi en penser, à vrai dire. Elle ne savait pas du tout ce qu'elle voulait. C'était comme si son cœur et sa tête la poussaient dans deux directions différentes. Comment pouvait-elle accepter de sortir avec lui, alors qu'elle lui mentait constamment ?

Raiponce s'était mise à faire des rêves angoissants. Cela tournait surtout autour de son plan qui échouait lamentablement, mais de plus en plus Jack y tenait un rôle important. Le plus souvent, il découvrait qu'elle lui avait menti toutes ses années alors qu'il débarquait à l'infirmerie et que ses cheveux étincelaient. Parfois, il était en colère contre elle. Parfois, il était blessé et parfois simplement déçu. Raiponce courrait alors derrière lui. Elle tentait de se faire pardonner, elle le suppliait de revenir, mais Jack la laissait tomber, au milieu du couloir. Puis, elle découvrait que tout le monde la regardait et tout le monde la jugeait, la traitait de menteuse. Même Mérida, qui se réveillait, lui avait une fois dit qu'elle aurait préféré rester endormie si c'était pour découvrir que sa meilleure amie n'était qu'une hypocrite. Alors qu'elle défilait devant l'école avec ses affaires, prête à rentrer chez elle, Têtenjoy soufflait un bon débarras. Sa mère, au bout de la file, la recueillait dans ses bras et lui chuchotait : « Tu vois, tu n'aurais jamais dû insister pour aller à Poudlard. Retournons chez nous. Et pour m'avoir aussi menti, tu resteras pour toujours seule dans ta tour ».

Raiponce se réveillait en panique en ayant l'impression que tout le monde la traitait de menteuse. Une fois, Myrtle, assise sur le bout de son lit, un chat roux borgne dans les bras, lui avait demandé de faire moins de bruits. Le cœur serré, Raiponce était descendue dans sa salle commune, pour finaliser son pla du matin.

C'était d'ailleurs enfin le grand jour ! Harold n'était pas venu à l'infirmerie ce soir-là. En fait, elle ne l'avait pas vu de la journée et Raiponce, même si sa courte nuit de sommeil l'avait épuisée, en avait profité pour se cacher sous le lit au fond de l'infirmerie où Monsieur Jones avait déposé un énorme coffre qui, dans la pénombre, la cacherait. Elle avait profité de son heure de repas, où il était parti à la Grande Salle pour se fondre dans le décor.

Raiponce devait lutter contre le sommeil. Si Monsieur Jones s'approchait trop du lit, elle devait être suffisamment réactive pour se déplacer sans qu'on la voie. Au départ, Monsieur Jones n'avait pas fait grand-chose. Il lisait quelque chose à son bureau, puis il avait lancé quelques sorts à Mérida, lui avait appliqué une pommade et était retourné s'assoir. Un élève de Serpentard était entré pour lui demander une potion, ce qu'il avait refusé sèchement. Une fois l'élève parti, il avait marmonné quelque chose comme : « Il me prend pour un gnome ou quoi ? Je ne suis pas près de la tombe quand même, je parie ma baguette que c'est pour… » Raiponce ne sut cependant pas pour quoi la potion était supposément destinée. La préfète de septième année de Poufsouffle entra à ce moment-là. Raiponce avait hâte que tout le monde parte. Elle se sentait indiscrète à voir et écouter les demandes des élèves pour l'infirmier.

« Monsieur Jones… ? »

Monsieur Jones se leva d'un coup, regarda autour d'elle et alla fermer la porte de l'infirmerie. Lorsqu'il se fut assuré que personne ne pouvait les entendre, ce qui était encore plus gênant pour Raiponce, il se retourna vers la septième année et la blonde eut vraiment l'impression d'être entrée dans leur bulle d'intimité.

« Laureen, qu'est-ce que tu fais là ? »

La préfète désigna le lit où était Mérida et l'infirmier secoua la tête :

« Elle est dans le coma, t'inquiète. Qu'est-ce qui se passe ? Attends, pourquoi tu pleures ? »

Raiponce voyait mal ce qui se passait et elle était déchirée entre la curiosité et cette impression de ne vraiment pas être au bon endroit.

« Ça ne peut plus durer Lester. Je vais accepter la demande de Peter. Toi, tu ne pourras jamais m'offrir quelque chose de stable, de vrai. Ça va jaser si ça se sait. »

« Non, Laureen, attends. Tu finis dans moins d'un an, et après… »

« Après quoi, Lester ? Tu ne voudras pas de peur que l'on sache qu'on se fréquentait alors que j'étais élève. Tu ne veux rien de plus que ce que tu as maintenant, Lester. Je n'ai pas envie d'attendre des années pour que tu vieillisses, pour que tu prennes de la maturité. On vit dans un cocon ici, mais dehors, ma famille se meurt, ils combattent un ennemi plus puissant et ce n'est qu'une question de temps avant qu'on envahisse l'Angleterre. Je ne veux pas vivre dans l'attente. Je ne veux pas vivre dans le mensonge et la peur que notre relation soit dévoilée. Peter… »

Jones s'était approché de Laureen et lui avait déposé une main sur sa joue pour la forcer à la regarder :

« Peter ne pourra jamais t'aimer comme je… »

« Comme quoi, Lester ? Peter, il m'aime et n'a pas peur de l'avouer et de se mettre en danger pour moi. C'est un des élèves les plus brillants et forts de notre année. Il est gentil, dévoué et ne me fera jamais sentir comme si je passais en deuxième. Il veut me marier dès qu'on sortira de Poudlard et il veut qu'on fonde une famille. »

« Tu ne l'aimeras jamais autant que tu m'aimes », dit Monsieur Jones dont la voix tremblait à présent.

« Ça prendra plus de temps, mais il me rendra plus heureuse. Ce n'est pas difficile à battre, car je ne suis pas heureuse en ce moment et je ne suis pas certaine de pouvoir l'être avec toi. Maintenant, laissez-moi, Monsieur Jones. »

« Laureen, s'il te plait. »

« Miss. Johnson. Comme pour toutes les étudiantes dans ce château », renchérit-elle, les larmes aux yeux.

Monsieur Jones la lâcha et la laissa partir. Raiponce était extrêmement mal à l'aise, surtout que Jones pleura un bon moment. Elle ne comprenait pas vraiment ce qui venait de se passer. L'infirmier devait être le double de l'âge des septièmes années, au minimum. Jones pleura un long moment. Raiponce ignorait combien de temps il s'était déroulé avant qu'il ne se lève, vérifie Mérida et referme la porte derrière lui.

Tout doucement, sa baguette en main, Raiponce sortit de sa cachette et s'étira. Elle avait mal partout après ses heures de quasi-immobilité. Ses membres étaient endoloris et engourdis. Elle dût bouger lentement pour s'habituer à sa nouvelle position verticale avant de pouvoir s'approcher de son amie, tout en s'efforçant d'oublier Monsieur Jones et sa relation avec la préfète de Poufsouffle. Elle passa doucement une main dans les cheveux de Mérida qui était parfaitement immobile, alors que la peur de ce qu'elle allait faire la saisissait au ventre. Elle défit sa longue tresse et ses longs cheveux s'étendirent par terre. Respirant un bon coup, elle prit tout le courage dont elle disposait pour enrouler la main de son amie de ses cheveux et commença à chanter :

« Fleur aux pétales d'or

Répands ta magie

Inverse le temps

Rends-moi ce qu'il m'a pris

Guéris les blessures

Éloigne la pluie

Ce destin impur

Rends-moi ce qu'il m'a pris

Ce qu'il m'a pris »

Plus elle avançait dans sa chanson, plus les cheveux s'illuminaient jusqu'à ce que la lumière enveloppe Mérida au complet. Raiponce ignorait si cela allait fonctionner. Elle n'avait jamais essayé de guérir sa mère ou elle après une blessure magique, si le feu du dragon pouvait être considéré comme ça. Mais lorsque la chanson fut terminée et que la lumière disparut, Mérida fronça les sourcils et bougea légèrement la tête sur le côté. Le cœur de Raiponce se serra. Est-ce que cela avait fonctionné ?

Mérida bougea son bras et Raiponce sut que c'était le temps pour elle de partir. Si la rousse la trouvait là au plein milieu de la nuit, elle poserait tellement de questions que Raiponce ne savait pas si elle arriverait à s'en sortir. Elle prit ses cheveux dans ses bras et courut en dehors de l'infirmerie. Elle ne pouvait pas barrer la porte derrière elle, mais elle espérait que Monsieur Jones croit tout simplement qu'il avait oublié de la verrouiller. Au vu de toutes les émotions qu'il venait de vivre, c'était bien possible.

Regardant à droite et à gauche dans le couloir, Raiponce n'était certainement pas encore sereine. La possibilité qu'on la découvre la rendait encore extrêmement nerveuse et elle n'était pas encore capable de se réjouir de sa possible réussite, non de sa réussite, elle en était convaincue. Elle retira ses chaussures afin de faire le moins de bruit possible et les mit par-dessus ses cheveux qu'elle tenait de peine et de misère. Elle devait regagner le septième étage et elle avait peur que le heurtoir lui pose une question beaucoup trop difficile pour elle. Cependant, elle n'en était pas encore là.

Elle courut entre les couloirs du deuxième étage, quand, soudain, un hurlement survint.

« Élèves hors des dortoirs ! »

Le cœur de Raiponce s'arrêta un instant alors qu'elle cherchait Peeves du regard. Elle se colla contre le mur, prête à subir toute punition qu'elle méritait pour avoir franchi le règlement, pour avoir menti, pour être là, présentement. Seulement, rien de tout ça ne vint.

« On est somnambule, M'sieur. Jones », dit une voix masculine qui lui disait vaguement quelque chose.

Avant que l'infirmier n'ait pu répondre, une main se mit sur sa bouche et, pétrifiée de terreur, Raiponce se laissa retourner, alors qu'elle rencontrait les yeux de Jack. Estomaquée, la jeune fille ouvrit et referma la bouche que Jack avait libérée pour lui indiquer de garder le silence. Il lui indiqua de le suivre en prenant ses souliers et ils se sauvèrent dans la direction opposée. Les torches allumées dans le couloir de l'infirmerie disparurent bientôt pour les laisser dans une noirceur à peine diminuée avec le ciel à peine plus clair lui aussi. Raiponce attrapa la main de Jack, alors qu'elle n'avait plus aucune idée d'où elle se trouvait. Jack la serra et monta des escaliers qui ne semblaient pas les mener quelque part. Elle regarda autour d'elle et demanda :

« Est-ce que tu sais où on est ? »

Dans le clair-obscur, Raiponce crut voir un sourire en coin sur les lèvres du Serpentard se dessiner, ce qui ne laissait rien présager de bon.

« Jack ? »

« Chut, faut pas trop faire de bruit… Les tableaux. »

Raiponce se tourna vers les murs. Ses cheveux, qu'elle tenait que d'une main, commençaient à tomber de tous les côtés et il aurait fallu qu'elle reprenne sa main pour les replacer, mais étrangement, elle n'était pas certaine d'en avoir envie. Elle était étrangement bien dans le noir, la main dans celle de Jack. Elle commençait à peine à réaliser que Mérida serait réveillée le lendemain. Un soulagement s'immisçait peu à peu dans sa poitrine, alors que l'adrénaline de ne pas se faire prendre faisait battre son cœur à la chamade. Malgré tout, elle avait l'impression que rien ne pouvait leur arriver ici, alors qu'au contraire, une enseignante ou un enseignant pouvait arriver à n'importe quel moment.

« Viens, on va se cacher là, le temps qu'on puisse rebrousser chemin… » déclara Jack en lui indiquant une salle de classe que Raiponce ne connaissait pas.

Ils s'y dirigèrent, alors qu'elle faisait gaffe à ne pas marcher sur ses cheveux. Ils allèrent s'assoir au fond, sans oser allumer leur baguette et Raiponce finit par relâcher la main de Jack, afin de placer ses cheveux correctement. Jack déposa ses souliers sur une table avant de s'assoir lui aussi à côté d'elle. Ils restèrent étrangement longtemps dans le silence. Apparemment, aucun des deux ne souhaitait expliquer à l'autre ce qu'ils faisaient en dehors des dortoirs à cette heure-ci. Elle tentait de replacer ses cheveux le mieux possible, la réussite, presque sans encombre de son plan, commençait à prendre de l'ampleur dans son cœur. Alors que la peur de se faire prendre diminuait, elle avait vraiment envie de hurler de joie, mais elle ne pouvait décidément pas le faire devant Jack. Devant personne, en fait. Elle devrait garder cette réussite pour elle-même, pour toujours. Raiponce se disait qu'il y avait beaucoup de secrets qui s'étaient immiscés dans leur petit groupe depuis le début de l'année.

« Alors… », commença-t-il, « Est-ce que je raconte ou tu racontes en premier ? »

Raiponce se tourna vers Jack, fixant son visage partagé entre l'amusement et la préoccupation. Elle, elle avait l'impression d'être partagée entre la joie intense et la culpabilité. Elle ne savait pas quoi lui dire, sauf lui mentir encore.

« C'est Mérida, je… j'étais inquiète, puis… »

Raiponce n'osa pas aller plus loin. C'était trop dangereux. Et si Jack, demain, en voyant Mérida réveillée, faisait des liens ? Il aurait sans doute mieux valu qu'elle ne parle pas du tout de Mérida, mais il l'avait surpris tout près de l'infirmerie, ce qui lui donnait bien peu de choix. Heureusement, pour le moment Jack hocha simplement la tête.

« Tu voulais la voir à l'infirmerie ? »

Raiponce hocha la tête vigoureusement en sentant tout le poids du mensonge qu'elle faisait encore, même si d'une certaine façon, ce n'était pas tout à fait un mensonge. Elle avait simplement envie de tout lui dire, pour qu'elle puisse partager sa joie. Elle avait envie de le voir, lui aussi, heureux de savoir que Mérida irait bien maintenant. Que dès demain, ils la verraient réveillée. Mais ses rêves des derniers jours lui glaçaient le sang.

« Et toi… ? Tu étais avec l'autre ? J'ai pas réussi à savoir c'était qui… »

« C'était Dietrich et Avery », dit Jack avec un ton d'où l'on percevait une certaine colère.

Cela contrastait tout à fait avec son sourire amusé de plus tôt. La préoccupation avait pris le dessus.

« Mais je suis certain qu'ils n'étaient pas les seuls. Diet' venait d'arriver et Avery partait. J'en mettrais ma main à couper que Mulciber, voire même Jedusor, n'était pas loin. »

Raiponce dut prendre un court instant pour replacer certains des noms qu'avait dit Jack et elle le questionna du regard, sans comprendre ce qui pouvait le fâcher à ce point.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Jack haussa les épaules.

« J'ai suivi Diet' quand il est sorti du dortoir. Je me demandais ce qu'il fichait au milieu de la nuit depuis plusieurs jours. Ils n'ont pas eu le temps de parler beaucoup avant que Peeves se ramène, mais j'ai l'impression que Diet' s'est mis dans un pétrin pas possible. Ces gars-là, ils font des trucs pas corrects, ils préparent quelque chose. Quelque chose contre les nés moldus. Je ne serais pas surpris qu'ils soient partisans de Grindelwald et qu'ils souhaitent se servir de Diet' vu qu'il vient d'Allemagne. Mais je ne comprends pas pourquoi il serait entré dans leur jeu. »

Raiponce dévisagea longuement Jack. Il avait l'air de s'être mis le nez dans quelque chose d'étrange.

« Pourquoi tu crois qu'ils en veuillent aux nés moldus ? »

Jack se tourna vers Raiponce comme s'il se demandait comment elle faisait pour ne pas le savoir déjà :

« J'ai surpris une conversation de Mulciber et Avery à ce sujet. Puis, depuis que Jedusor a reçu ce foutu cadeau des parents de Mérida, tu ne peux pas savoir toutes les moqueries qu'ils ont pu évoquer à son égard. Parfois, je me dis que c'est presque une bonne chose qu'elle n'assiste pas à ça. Certains lui vouent une haine… je ne comprends pas. »

Le cœur de Raiponce se gela en se rendant compte de la gravité de ce que racontait Jack. Elle avait aussi un drôle de sentiment contradictoire qui se faufilait dans sa poitrine. Elle respectait Tom, elle l'avait même remercié d'avoir sauvé Mérida. Maintenant, lui et ses amis se moquaient d'elle, du cadeau de ses parents ? Les moldus avaient beau être étranges, les parents de Mérida avaient juste cherché à le remercier. Après, peut-être que c'était simplement Avery et Mulciber ou que Jack exagérait un peu. Il n'avait jamais aimé Tom :

« Tu devrais peut-être en parler aux professeurs, Jack... » suggéra-t-elle.

« Non, c'est mieux pas, au contraire. Pas tout de suite. Ils s'en prendraient que davantage à Mérida et à tous ceux qui se mettraient dans leur chemin. Mais Dietrich n'est pas comme ça. Je le sais… »

Raiponce reprit la main de Jack, ce qui la fit rougir par tant d'audace, alors qu'elle marmonnait quelque chose comme :

« Je te crois, Jack. »

Jack hocha la tête. Raiponce l'observa. Elle n'aimait pas le voir souffrir, préoccupé par l'un de ses amis. En même temps, c'était surement ça qu'elle appréciait le plus chez lui. Il se souciait tellement des autres. Il s'occupait d'eux, cherchait à les comprendre et serait prêt à tout pour les sortir du pétrin. Il avait plein de qualités, mais celle-là était la préférée de Raiponce. Jack se pencha légèrement vers elle et elle hésita à retirer sa main.

« Je vais lui parler demain », dit-il avec assurance.

« Oui, bonne idée… » répondit Raiponce en déglutissant.

Elle sentit son cœur s'accélérer. Le sourire craquant, charmeur de Jack était revenu. C'était son sourire, le sourire qu'elle adorait. Elle mourait d'envie d'être honnête, elle aussi. Lui, il l'était avec elle. Jack se pencha au-dessus d'elle, il déplaça une mèche de ses cheveux derrière son oreille et Raiponce se sentit frissonner de la tête aux pieds. Elle n'était pas certaine de comprendre ce qui lui arrivait, même si au fond d'elle, elle connaissait la réponse.

Jack descendit son regard et rencontra celui de Raiponce. Il suspendit son mouvement, ne sachant clairement pas ce qu'il avait le droit ou non de faire. Raiponce leva sa propre main et toucha les cheveux du garçon. Le sourire moqueur de Jack avait disparu, il semblait tout autant tétanisé qu'elle, mais doucement il se pencha, attendant son accord. Raiponce releva la tête plus haut, alors que leurs lèvres se rencontraient. Une sensation de chaleur apparut dans tout le corps de Raiponce, alors qu'elle profitait de ce premier vrai baiser.

Ils se séparèrent au bout d'un moment et Jack afficha un énorme sourire. Raiponce sourit à son tour, alors que la culpabilité revenait. Elle devait tout lui avouer. Elle le devait.