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Le défi du cavalier
Il y avait un souci. Harold en était persuadé. Il avait rayé, effacé, recommencé, mais sans matériel adéquat et la possibilité d'utiliser une forge, un croquis n'était pas suffisant pour lui permettre de bien visualiser ce qu'il avait envie de fabriquer. Dans les deux derniers mois, il avait l'impression d'avoir négligé Krokmou qui s'était fait bien peu d'amis dans la forêt. Bon, Firenze avait lui-même commencé à aller voir Krokmou en cachette de son troupeau en attendant qu'Harold puisse se libérer pour aller dans la forêt interdite pour soigner la dragonne, mais ce n'était pas suffisant. Le dragon s'ennuyait et voler lui manquait. Malheureusement, même si le ministère avait ralenti ses recherches, Harold n'osait pas retourner dans les airs le jour et la nuit… ce n'était pas l'idéal non plus. Il essayait donc de fabriquer une selle qui permettrait à Krokmou de voler seul. Cependant, voilà, son dessin avait un problème et sans pouvoir réellement le tester, il n'y avait pas grand-chose à faire.
Alors qu'il mordait dans son fusain en espérant qu'une idée vienne l'éclairer, des pieds apparurent dans son champ de vision. Le dragonnier leva la tête, alors que Raiponce, visiblement nu-pieds au milieu du Grand Hall, le saluait énergiquement. Le Poufsouffle ne put s'empêcher d'être surpris et répondre :
« Tes chaussures, Raip' ? »
Raiponce observa ses pieds. Dans les dernières années, elle avait fini par réussir à prendre l'habitude de mettre des chaussures lorsqu'elle se promenait dans le château, mais parfois, lorsqu'elle avait trop hâte de rejoindre ses amis, elle les oubliait. Cela faisait toujours beaucoup rire les autres. Surtout Jack, qui l'avait imitée pendant près d'un mois l'année dernière. Jusqu'à ce qu'il arrive nu-pieds en botanique. Mérida leur avait raconté en détail. Cette journée-là, au début du printemps, le temps était doux et la neige fondait. Il était donc le temps idéal pour récolter de l'eau de bouleau volant à l'orée de la forêt interdite. Professeur Robinson, au lieu de renvoyer Jack mettre des chaussures, l'avait laissé aller comme ça. Même si le Serpentard avait affirmé ne jamais avoir eu froid, il avait failli perdre un de ses orteils. Aujourd'hui, il mettait des chaussures, même si ça lui arrivait de les enlever dans la neige pour prouver à Mérida qu'il n'avait jamais froid, pieds nus, même l'hiver.
Elle haussa les épaules et demanda :
« Tu fais quoiii ? »
« Oh », commença Harold en lui faisant une place pour qu'elle s'asseye à côté de lui. « Je suis en train de faire des plans pour une nouvelle selle pour Tu-sais-qui. L'objectif c'est qu'elle puisse se retirer facilement lorsque je suis en vol. Comme ça, je l'aide à s'envoler, mais une fois dans les aires je pourrais lui retirer et il pourrait continuer à voler tout seul. »
Raiponce fronça les sourcils. Harold se demandait si elle avait une idée venant au bout de son problème :
« Euh, mais toi… tu irais où ? »
« Comment ça, j'irais où ? » demande Harold, ne comprenant pas où elle voulait en venir.
« Ben, j'imagine qu'à la base tu serais sur Krokmou, non ? »
« Euh oui. »
« Bah, si tu lui retires la selle pendant que t'es en vol, toi, ben tu ne pourrais plus être sur son dos et s'il vole, ben tu serais aussi dans les airs. Donc, tu tomberais. Tu comprends ce que je veux dire. »
Harold dévisagea Raiponce un moment, réfléchissant à toute vitesse.
« Harold… ? » demanda la blonde incertaine.
« Ça va, mais je vais devoir revoir ça », répondit-il en biffant complètement son modèle.
Mérida émergea soudain des portes menant à l'extérieur du château. Harold croisa le regard de Raiponce qui se posait visiblement les mêmes questions.
« D'où… ? » commença Harold
« Raip' ? Ils sont où tes souliers ? Il fait moins mille dehors et dans le château aussi, d'ailleurs », coupa d'abord la rousse en secouant ses cheveux enneigés.
« Oh, tu sais. J'aime bien être nu-pieds », s'expliqua Raiponce. « Tu faisais quoi dehors ? »
« Pourquoi t'es debout aussi tôt ? » demanda au même moment Harold.
Mérida eut un petit sourire :
« Bah, j'ai bien le droit de me promener dehor un samedi matin. »
« Attends », interrompit Harold, « tu veux dire que tu es debout depuis 6 h ? »
« Hum, quand j'ai regardé l'heure il était 5h30, mais j'ai pas beaucoup dormi. »
Raiponce et Harold se lancèrent un regard éloquent. Ils ne comprenaient pas ce qu'il prenait à Mérida. Cette dernière semblait beaucoup s'amuser de la situation, mais elle finit par ouvrir la bouche au moment où quelqu'un lui sautait dessus :
« Argh ! » hurla un brun.
Mérida hurla et frappa violemment Jack qui venait de lui faire peur. Le Serpentard éclata de rire en esquivant à peine les coups.
« Espèce de. Stupide. Petit. Serpentard », s'exclama la rousse en mettant un accent sur chaque mot.
Jack courut se cacher à côté de Raiponce sur le banc et Mérida croisa ses bras devant sa poitrine, fâchée. Raiponce se tourna vers son amoureux pour lui jeter un regard comme pour le chicaner. Harold détourna les siens, mal à l'aise, et il croisa ceux de Mérida qui faisait mine de vomir. Il ne put s'empêcher de sourire alors que Raiponce s'exclamait, tout excitée :
« Ohh ! Je devais vous dire ! Même si vous savez sans doute déjà la nouvelle. Mais bon, vous connaissant, vous n'avez pas regardé le tableau d'affichage… Il va y avoir un bal pour Noël ! En l'honneur des participants et des participantes du tournoi ! »
Harold se tendit immédiatement. Effectivement, il n'avait pas regardé le tableau d'affichage et l'idée d'aller à un bal ne l'enchantait absolument pas. Mérida, elle, ne sembla pas particulièrement surprise :
« Ah ouais. Olive et Élisabeth m'ont dit ça hier. J'ai l'impression que je vais être obligée d'y aller. »
Harold la questionna du regard. Pourquoi serait-elle obligée ?
« Oh oui ! » s'exclama Raiponce « Tu ouvriras surement le bal avec les autres participants du tournoi. Faudra que tu te choisisses un partenaire ! Tu as quelqu'un en tête ? » demanda de façon narquoise Raiponce.
Mérida soupira, alors que Harold sentait une bouffée de pression l'envahir. Il sentait le regard de Jack sur lui, de l'autre côté de Raiponce. Depuis qu'il sortait avec Raiponce, Jack lui rabattait les oreilles au sujet de Mérida à chaque fois que l'occasion se présentait. Ça rendait fou Harold qui n'était pas prêt à lui dire quoi que ce soit et ce serait d'ailleurs surement toujours le cas. Le Poufsouffle sentit ses joues rougir, alors qu'il fixait droit devant lui, ignorant le Serpentard. Ce dernier le lâcha du regard et se tourna vers Mérida :
« Tu peux toujours m'accompagner. »
Une lueur d'espoir traversa les yeux de la rousse, alors que Raiponce lui jetait un regard rempli de déception et Harold d'incompréhension. Jack éclata de rire.
« C'est une blague, Mery. Te fais pas trop d'espoir. Raip' tu veux m'accompagner ? »
Alors que Raiponce hochait vigoureusement la tête, Mérida soupira de plus belle et dit en lui lançant une boule de neige, qui s'était accumulée dans ses cheveux, plus fondue qu'autre chose :
« Sale veracrasse. »
Raiponce en reçut la moitié sur les joues et les trois éclatèrent de rire alors qu'Harold arrivait à peine à sourire. Fallait-il que lui, il invite Mérida ?
« Bon, tu sais quoi, Mery ? Je te propose un défi. »
Jack jeta un regard à Harold, qui détourna la tête.
« C'est quoi ton brillant défi ? » soupira la rousse.
« Tu devras accepter la première demande que l'on te fait, peu importe c'est qui ? »
Mérida resta muette, alors qu'Harold se sentait liquéfier sur place.
« Même si c'est un stupide Serpentard dans ton genre ? »
« Tu penses vraiment qu'un Serpentard t'invitera ? »
« J'espère pas, car je te promets que ça va mal finir pour toi. »
« Ça veut dire que t'acceptes ? »
« Ouais, ton idée est aussi stupide que ce bal, alors... pourquoi pas… »
Jack brandit son poids dans les airs, signe de victoire, et Harold vit le regard qu'il lui lançait. C'était sa chance. Par Odin.
« Tu ne devais aller voir tu-sais-qui dans la tu-sais-quoi, Harold, avant d'aller à Pré-Au-Lard ? » demanda soudain Jack.
Jack ne parlait jamais des dragons et de la forêt interdite, surtout depuis qu'Harold lui avait confié qu'il s'occupait de la dragonne. Le brun n'avait d'ailleurs rien dit aux filles. Il avait peur que Mérida lui en veuille d'avoir soigné la Noire des Hébrides ou pire, souhaite aller la voir. Il se doutait que Jack avait tout dit à Raiponce, mais il voulait pour le moment tenir Mérida dans l'ignorance. La dragonne, d'ailleurs, allait… mieux. Harold et Firenze avaient beaucoup appris sur la magie médicinale de leur peuple respectif, mais il fallait l'avouer… ni l'un ni l'autre n'étaient très doués. Heureusement, Derviche avait accepté de lui avancer un peu l'argent pour la deuxième commande de figurines qu'il devait justement lui livrer aujourd'hui. Comme ça, il avait pu acheter des potions à Liesa. Cette dernière, étrangement, avait accepté sans poser de questions. Depuis, Liesa était devenue sa fournisseuse. Harold n'aurait jamais pensé parler un jour à cette fille, mais au final elle pouvait s'avérer très… cordiale en affaire.
« Euh, oui… »
« Toi et Mérida pourriez y aller ensemble ? Raiponce et moi… »
« Vous voulez vous bécoter dans l'attente du bal… », termina Mérida mi-amusée, mi-dégoûtée.
Jack éclata de rire, alors que Raiponce rougissait en ayant l'air légèrement outrée.
« Non, ce n'est pas ce que j'allais dire, mais maintenant que tu le dis. »
Jack fit un clin d'œil à Raiponce qui ouvrit la bouche, décontenancée.
« T'es dégueu Jack », souffla Mérida.
« Tu vas voir si tu vas toujours trouver ça dégueu avec ton futur cavalier », rit le Serpentard.
« Oh non ! Moi, je ne serai ja-mais en couple ! Beurk ! »
Jack rit, alors que Harold sentait son cœur se serrer, il n'avait aucune chance avec Mérida. Pourquoi se torturait-il à essayer ?
« Mais oui, j'aimerais ça, aller voir Vous-Savez-Qui ! » s'exclama Mérida.
Harold hésita. Il devait rencontrer Firenze pour aller vérifier l'avancement de la guérison de la Noire des Hébrides, mais Mérida semblait emballée et cela lui donnait justement une chance pour l'inviter au bal.
« Ok, on peut y aller tout de suite. On se rencontre ici dans deux heures ? »
Jack et Raiponce hochèrent la tête et Harold se leva. Il avait déjà son sac plein de poissons qu'il était allé chercher juste avant de monter. Mérida et lui parcoururent les couloirs du château et une fois dans le passage secret, la rousse déclara :
« Je sais pourquoi tu hésitais. »
Harold rougit. Allait-il se prendre un vent ? Elle avait deviné qu'il était complètement amoureux d'elle ? Il avait l'impression que c'était encore plus visible depuis qu'elle s'était réveillée. Ils passaient la plupart de leur temps ensemble, surtout, car elle devait rattraper un retard monstre, mais plusieurs fois, dans la bibliothèque, leurs mains s'étaient frôlées, leurs genoux s'étaient cognés et une fois, même, Mérida lui avait retiré une plume dans ses cheveux. Ils avaient rougi tous les deux et Harold s'était demandé à quoi elle pensait. Mais, comme toujours, Mérida faisait comme si ces moments n'existaient pas et Harold se demandait, si en fait, ces moments étaient vraiment réels.
« Tu as peur que j'aie peur de Krokmou. »
Harold se tourna vers Mérida. Elle ne parlait pas de ça, mais d'un point tout aussi important. Effectivement, il avait peur qu'elle haïsse les dragons, maintenant.
« Et c'est le cas ? »
Mérida haussa les épaules, puis secoua la tête.
« Non. Non, je ne pense pas. J'ai hâte de le voir, il m'a manqué. »
Harold la trouvait tellement courageuse. Contrairement à son village où pour ce genre de chose, tout le monde aurait voulu la destruction de l'espèce, Mérida, elle, comprenait que les dragons n'étaient pas méchants, que c'était qu'un accident.
Ils continuèrent de marcher, puis ramper, puis ils montèrent dans la forêt. Firenze était là, juste à côté du trou et Harold se maudit de ne pas être grimpé en premier. Qu'est-ce qu'il dirait aux deux ?
« Harold ? » appela le centaure d'une petite voix inquiète.
« Oui ! Désolé ! J'avais oublié… »
« Mon père ne veut pas d'autres sorciers dans la forêt… »
Harold sortit du trou alors que Mérida regardait la scène avec méfiance et demanda :
« Mais tu es à moitié cheval… » constata-t-elle.
« Un centaure, je suis un centaure », offusqua un peu le poulain.
« Oh, oui, oui, désolée. »
Mérida jeta un coup d'œil intrigué à Harold. Ce dernier ne savait pas vraiment quoi faire. Firenze dénoua la situation :
« Elle vient avec nous pour voir la dragonne ? »
« Tu veux dire Krokmou ? » demanda Mérida.
La furie nocturne, reconnaissant surement la voix de sa donneuse de bonbons préférée, sauta directement sur la rousse, pour manifester sa joie de la revoir. Si habituellement, Mérida le recevait toujours les bras ouverts, Harold eut le temps de voir la Peur traverser ses yeux, alors qu'elle se mettait en boule sur le sol. La forêt, qui était devenue un peu plus lumineuse qu'à l'habitude grâce à la neige, sembla s'assombrir. Les arbres craquèrent, alors que le vent refroidissait l'environnement de plusieurs degrés. Harold avait l'impression que la peur de Mérida s'était matérialisée autour d'eux. Firenze se renfrogna, sentant aussi le changement brusque. Le Viking courut pour s'interposer entre son dragon et son amie.
« Arrête, Krokmou ! »
Le dragon figea, surpris, puis curieux. Pourquoi n'avait-il pas le droit d'agir ainsi ? Firenze s'approcha de Mérida :
« T'inquiètes, il n'est pas dangereux. »
Mais la voix de Firenze tremblait légèrement. Il se retourna vers Harold :
« La créature… »
Sans donner plus d'attention à Krokmou ou Firenze tout de suite, Harold s'accroupit à côté de la rousse, hésita, puis mit une main sur son dos qui tentait tant bien que mal de reprendre sa respiration sur le sol. Elle ne se dégagea pas, alors qu'Harold était convaincu que c'est ce qu'elle ferait. Ce qui en soi était encore plus inquiétant. La luminosité continuait de diminuer et Harold eut l'impression qu'un orage hivernal – ça existait, ça ?- allait bientôt s'abattre sur eux.
Firenze passa une main dans sa crinière, visiblement inquiet. Il tira le manteau d'Harold :
« Harold, la créature. »
Harold l'ignora. Il ne savait même pas de quelle créature Firenze voulait parler. Krokmou, lui, n'osait pas trop s'approcher, même s'il tendait le cou afin de voir ce qui prenait à Mérida. Harold lui flatta doucement le dos, dans l'espoir de la calmer un peu. Il avait eu raison, Mérida avait développé une peur. Si c'était tout à fait normal, il espérait qu'elle réussirait à s'en débarrasser rapidement.
« Mery, ça va. Je suis là. C'est juste Krokmou, il est content de te revoir. »
Krokmou s'approcha un peu et Harold l'avertit du regard d'y aller doucement. Le pauvre ne pouvait pas comprendre. Harold n'arrivait pas à voir le visage de Mérida qui était dans ses bras, contre le sol enneigé, enseveli sous une montagne de cheveux. Il sentait son cœur se serrer. Il n'aimait pas la voir dans cet état, il voulait lui enlever cette frayeur qu'elle avait et dont il était en partie responsable. Krokmou était maintenant tout près. Il pencha sa tête pour tenter de trouver le visage de la rousse. Il se mit à neiger. Elle dut sentir le souffle du dragon dans ses cheveux, puisqu'elle tendit soudainement la main devant elle. Krokmou lança un regard à Harold, pour lui demander la permission. Le Viking hocha la tête et la furie posa son nez entre les doigts tendus de Mérida. Harold la sentit se tendre, alors qu'elle tentait visiblement de contrôler sa respiration. Firenze, de son côté, semblait fasciné. La lumière revenait.
Doucement, Mérida releva la tête. Les flocons étaient énormes. Harold fit mine de la lâcher et Mérida dit simplement, alors que le vent frappait de nouveau les arbres et que les flocons devenaient fins :
« Non. »
Il se remit à genou et resta à ses côtés. Il déposa une main sur son épaule, le bras autour d'elle, alors qu'elle affrontait sa peur de la façon la plus courageuse qui soit. Et lorsqu'elle rencontra les yeux de Krokmou, elle sourit.
« Ça va. Ça va maintenant. »
Elle laissa tomber sa main. L'adrénaline semblait être redescendue et Harold remarqua qu'elle semblait être épuisée. Il n'osait pas bouger, retirer son bras d'autour de Mérida, même si tous les deux étaient maintenant à genou dans la neige et qu'il faisait froid, mais le vent était tombé et la neige avait cessé.
« Je suis désolée, je pensais pas… Et j'ai pas beaucoup dormi la nuit dernière, j'ai trouvé ce que disait le parchemin. »
Mérida se retourna vers Harold, leur visage était à quelques centimètres l'un de l'autre. Harold avait l'impression d'avoir oublié tout ce qui se passait autour de lui. Il ne voyait plus que cette magnifique fille qu'il aimait depuis des années et qu'il avait tellement eu peur de perdre.
« J'ai pas retenu grand-chose et le parchemin a été détruit. »
Harold voyait son inquiétude et il avait envie de l'embrasser. Ils n'avaient jamais été aussi proches, mais elle entoura ses bras autour de lui et se colla contre lui. Ce qui au final, était presque aussi bien. Il l'entoura de ses bras, la serrant contre lui en fermant les yeux. De la façon dont ils étaient agenouillés, il put poser sa tête sur la sienne, alors que Mérida avait la sienne dans le creux de son épaule.
« Tu es la fille la plus courageuse que je connaisse, Mérida. Tu vas y arriver. »
Elle hocha imperceptiblement la tête. Krokmou décida que c'était son moment pour interrompre le câlin et vint brusquement se frotter tel un énorme chat sur Mérida qui lâcha Harold pour rire en le flattant.
« Elle est partie. »
« Qu'est-ce qui est parti, Firenze ? » demanda finalement Harold qui se sentait un peu coupable de l'avoir ignoré ces dernières minutes.
« La créature. »
Il y eut un silence. Harold, Mérida et Firenze scrutaient la forêt, à la recherche de ce que parlait le centaure. La forêt semblait tout à fait normale. Toujours inquiétante, mais la clarté due à la neige au sol était revenue. Et si l'on ne pouvait pas voir le ciel, on pouvait se douter qu'il était de nouveau gris pâle, comme n'importe quel jour de neige. L'orage était parti.
« Est-ce que c'est la fille qui a été brûlée par ta dragonne ? » demanda Firenze en profitant du moment pour parler.
« Oui », répondit Harold en ayant l'impression de sortir d'un rêve étrange.
« Ta dragonne ? » demanda la rousse.
« J'ai sauvé la Noire des Hébrides, Firenze et moi la guérissons dans la forêt », souffla Harold en ayant peur de la réaction de son amie.
Cependant, Mérida ne fit que sourire :
« Est-ce que je pourrai aller la voir, une autre fois ? »
Harold hocha la tête avant de se tourner vers le centaure :
« Je vais revenir ce soir, Firenze. Je pourrai y aller seul, si tu ne peux pas m'accompagner. »
« Oh, non, c'est bon. Je vais revenir. Mon père et le troupeau sont dispersés dans les bois. Il y a des avaleurs d'espoir dans les bois, on ne sait pas d'où ils viennent. On pense qu'ils sont attirés par la créature, mais on n'est pas sûr. Mais c'est dangereux. »
Harold fronça les sourcils. Il ne connaissait pas ces créatures, mais il se doutait au regard de Firenze, qu'il n'aurait pas vraiment envie de tomber sur l'un d'eux.
Lorsque Harold rejoignit Raiponce et Jack dans le Hall, Raiponce semblait légèrement mal à l'aise. Ils ne parlaient pas très fort, mais le Poufsouffle eut tout juste le temps d'entendre :
« Non, Jack, c'est pas toi, c'est moi. J'arrive pas à… Harold, salut ! »
« Hey. Je voulais pas vous interrompre. »
Jack ne le regarda pas, il fixait Raiponce en fronçant les sourcils et le Viking se sentit mal à l'aise. Il n'avait jamais cru que ces deux-là puissent se disputer. Ils semblaient toujours s'entendre sur tout.
« Non, non, t'inquiètes. C'était rien d'important », sourit Raiponce d'une façon si innocente qu'Harold l'aurait immédiatement cru, si ce n'était pas Jack qui haussait un sourcil.
« Comment ça, rien d'important ? » demanda Jack, ne comprenant visiblement pas que Raiponce n'avait pas envie d'en parler devant Harold.
Heureusement, Mérida décida que c'était le moment pour elle de descendre, toute guillerette, les marches. Elle ne remarqua même pas que quelques élèves ricanaient sur son passage, ce qui était une première! Elle ne remarqua pas non plus, la tension qui régnait dans le trio, lorsqu'elle s'exclama :
« Jack ! J'ai gagné ! Du coup, je peux te faire faire un défi de mon choix, moi aussi ? »
Comme s'il sortait d'un rêve, Jack détourna les yeux de Raiponce et dévisagea Mérida :
« Mais de quoi tu parles ? »
Mérida les avait rejoints et elle leva les yeux au ciel.
« Mais t'as la mémoire d'un poisson rouge… » soupira-t-elle. « Ton défi, Jack ! Je devais accepter d'aller au bal avec la première personne qui me demandait ! Eh bien, c'est fait. J'ai le droit à un bonus pour la rapidité ? »
Un sourire apparut sur le coin des lèvres de Jack et il jeta un regard éloquent à Harold :
« Et on peut savoir, c'est qui le malchanceux ? »
Harold savait que ce n'était pas lui. Dans la forêt, avec tout ce qui s'était passé, il n'avait pas trouvé le moment idéal, considérant qu'ils avaient vécu suffisamment d'émotions comme ça. Il avait bien tenté de dire quelque chose avant que Mérida souhaite aller à sa salle commune pour se reposer un peu et prendre une douche. Il s'était dit qu'il trouverait sans doute le courage à Pré-Au-Lard, mais maintenant c'était fichu. Il avait raté sa chance et Mérida avait trouvé son cavalier.
« Samuel Henry. »
Le pire, c'était qu'il savait qui était le fameux Samuel Henry. C'était un Gryffondor deux ans plus vieux avec qui Mérida trainait. Il était fort et assez beau. Il était aussi un né moldu, comme elle. Il avait perdu sa famille l'année dernière à la guerre moldue. Il était courageux, comme elle. Il était rempli de conviction et toujours prêt à défendre quiconque étant en difficulté, comme elle. Ils allaient très bien ensemble, au final. Bon, il était légèrement plus vieux que Mérida. Trop vieux, même. Mérida avait 15 ans et lui… 16, 17 ans ? Jack pouvait être content de lui.
« Mais il n'est pas en sixième année ? » demanda Raiponce.
« Henry ? Tu y vas avec Henry ? » dit Jack au même moment, visiblement sous le choc.
« Il n'aura pas 17 ans avant mars, de toute façon, puis c'est mon ami, alors ça sera cool », commença Mérida pour Raiponce. « Et oui, Samuel Henry, t'as un problème, avec ça, Jack ? »
« Tu ne peux pas y aller avec lui », déclara Jack, catégorique.
Mérida leva les sourcils, visiblement surprise et décontenancée. Harold, lui, trouvait que Jack y allait un peu fort. Bon, il avait clairement tenté de les mettre ensemble, mais il n'avait pas été assez rapide. Ce n'était pas vraiment le rôle de Jack de régler ça. Il jeta un regard à Jack en espérant qu'il arrête, mais Jack était furieux. Ce qui n'avait pas vraiment de sens et était un peu exagéré.
« Et pourquoi donc, Jack ? T'es jaloux ? » demanda Mérida, tentant visiblement de blaguer pour détendre l'atmosphère.
« Non, par tous les gnomes, Mérida ! C'est un sale type ! Tu peux pas y aller avec lui. »
La bonne humeur de Mérida sembla retomber.
« C'est mon ami, Jack. »
« Non. »
« Mais si. Et c'est un membre de ma maison. Qu'est-ce que tu as à lui reprocher, exactement ? »
Jack ne répondit pas tout de suite et Mérida insista. Harold, lui, ne comprenait pas, même s'il avait l'impression d'avoir manqué quelque chose.
« Il n'est pas bien pour toi. »
« Eh bien, ce n'est pas à toi de décider ce qui est bien pour moi. Tu n'as pas à mettre ton nez dans mes relations. Moi, je ne dis rien quand tu traines avec tes amis de Serpentard, alors qu'ils sont bien pires que Samuel Henry. »
« Laisse Liesa et Dietrich en dehors de ça. Ils sont de bien meilleures personnes que l'est ce veracrasse d'Henry. »
« Je m'en fous de leur nom, justement ! Et je ne mêle pas non plus de votre relation à Raiponce et toi, alors qu'il y a clairement un éléphant dans la pièce », fit Mérida, clairement énervée.
« Hé, arrête, Mérida », intervint Raiponce, rouge et clairement affectée.
Harold trouvait aussi que Mérida y était allée fort, même s'il n'avait aucune idée de quel éléphant elle voulait parler.
« Il n'y a aucun problème entre Raiponce et moi », se défendit Jack.
« Laisse-moi rire », dit Mérida sarcastique. « Vous nous cachez quelque chose à Harold et moi ! Il y a quelque chose de bizarre entre vous deux et je suis certaine qu'Harold aussi a remarqué, non ? »
Mérida se tourna vers lui et Harold blanchit. Il n'avait pas du tout envie de se joindre à la dispute.
« Oh, euh, je sais pas trop… »
« Mérida, arrête, s'il te plait… »
Mérida se tourna vers Raiponce qui l'implorait et la dévisagea :
« Pourquoi tu me dis d'arrêter et tu le disais pas à Jack ? C'est lui qui m'attaque le premier, mais il n'est pas le seul à pouvoir le faire. »
« T'es ridicule Mérida », dit Jack « Il est dangereux ce mec ! Il… il… » Jack semblait chercher ses mots « Il endoctrine les gens ! »
Mérida sembla recevoir cette phrase comme un coup de poing. Harold ne voyait pas vraiment ce qu'elle avait de si blessante, mais il vit les yeux de Mérida rougir et elle dit la voix cassée :
« Il endoctrine ? Il endoctrine qui au juste ? Il parle juste plus fort que les autres nés moldus. Il prend juste le temps de se défendre et de nous défendre, nous les pauvres sangs de bourbe, que vous, sangs purs, méprisez sans même essayer de nous connaitre. Juste parce qu'on est les premiers sorciers de notre génération. Alors je suis désolée de l'apprécier et être d'accord avec lui que c'est injuste qu'on entende constamment des commentaires sur nous dans les couloirs. Tu sais surement qu'en ce moment même on reçoit des menaces de mort, juste à cause de notre sang ? Alors, puisque je suis si ridicule, moi je m'en vais à Pré-Au-Lard me commander une robe pour pouvoir danser avec MON cavalier. Vous, vous faites ce que vous voulez. »
Mérida fit volteface, les laissant tous les trois sous le choc. Harold était persuadé que Jack n'avait pas voulu dire ça, même s'il ne comprenait pas pourquoi il détestait à ce point Samuel. Harold voulait courir la rejoindre, mais il savait que c'était à Jack de le faire. Ce dernier, d'ailleurs, jura, alors que Raiponce sursautait.
« J'suis tellement con. »
Le Poufsouffle ne s'attendait pas à un changement d'idée aussi rapide.
« Elle n'a rien compris. Je vais aller la voir. »
Puis, il courut en dehors du Grand Hall, ne laissant que Raiponce et Harold. Le dragonnier se tourna vers Raiponce. Il n'aimait pas la laisser seule, mais il devait vraiment livrer ses figurines à Derviche. Il s'apprêta à s'excuser pour les rejoindre, mais celle-ci était blanche et dit :
« Harold, je peux te dire quelque chose ? »
Derviche ne lui en voudrait pas d'être retard.
« Oui, viens. »
Harold et Raiponce marchaient dans le parc. Il avait cessé de neiger et la chaleur du début de l'après-midi la faisait légèrement fondre. Raiponce avait les mains dans ses poches et tremblait légèrement. Harold n'avait pas l'impression que c'était à cause du froid. Il se demandait ce qu'elle voulait lui dire. Il se doutait que cela avait rapport avec sa dispute avec Jack, du moins, du peu qu'il avait entendu et avec les paroles de Mérida. Sauf que Raiponce n'avait pas vraiment l'habitude de se confier.
Ils s'arrêtèrent seulement lorsqu'ils furent au bord du lac où ils s'assirent sur un rocher. Raiponce observa les remous du lac. Ce dernier commençait à peine à produire une couche de glace sur les berges. Harold l'observa aussi, attendant que Raiponce trouve le courage de lui confier ce qu'elle avait sur le cœur.
« Je crois que je vais quitter Jack. »
Sa voix était plus aiguë que d'habitude et Harold sentait qu'elle n'était pas loin des larmes.
« Pourquoi ? »
Elle haussa les épaules. Il se doutait qu'elle savait exactement la raison, mais n'osait pas la dire. Lui, il n'avait aucune idée d'où venait ce changement d'humeur depuis la matinée.
« Je suis pas assez bien pour lui. »
Sa voix cassa vers la fin et Harold cherchait à comprendre pourquoi elle pouvait penser une telle chose.
« Je ne comprends pas Raiponce. Vous vous entendez bien, tous les deux. »
Elle hocha la tête, puis la secoua. Elle enfouit sa tête dans ses mains et Harold la prit dans ses bras alors qu'il la sentait pleurer. Ça faisait beaucoup d'émotions depuis le début de la journée.
« Je ne sais pas quoi faire, Harold. »
« Ça va aller. »
« Non, je lui ai menti, je lui mens constamment. Je vous ai menti à tous les trois. Même Mérida l'a remarqué. »
« C'est pas grave Raiponce, on a tous caché des choses. Si ça te pèse, t'as juste à nous expliquer. On t'en voudra pas. »
Raiponce pleura de plus belle et Harold la serra fort. Il ne savait pas ce que Raiponce pouvait cacher de si terrible. Mais ça semblait la torturer.
« Écoute Raiponce, je sais pas ce que tu nous caches, mais je te promets qu'il n'y a rien qui pourrait changer ma vision de toi. »
Raiponce leva légèrement la tête, les yeux embués de larmes :
« Même si j'ai tué quelqu'un ? »
« Tu as tué quelqu'un ? »
« Mais non… »
« Alors non. »
Harold lui sourit et elle hocha la tête.
« As-tu vraiment envie de te séparer de Jack ? »
Elle secoua la tête.
« Alors, ne le fais pas. Jack, il t'aime depuis vraiment longtemps. C'est pas grave que tu ne lui dises pas tout. Quand tu seras prête, on sera prêt aussi. »
Raiponce hocha la tête et ouvrit la bouche pour rajouter quelque chose, lorsqu'ils entendirent la voix forte d'un adolescent qu'Harold n'arrivait pas à reconnaitre dire :
« Qu'est-ce que vous foutez ici ? »
Harold et Raiponce sursautèrent, puis se retournèrent. Ils ne voyaient personne. La voix ne devait pas s'adresser à eux. Elle venait de plus loin sur les berges, de l'autre côté d'un amas de végétation, d'arbres et d'un gros rocher.
« J'avais deux mots à dire à Bach », fit une seconde voix.
Harold allait entrainer Raiponce avec lui. Il n'avait pas envie de se mêler de la conversation qui suivrait. La première voix était agressive et il avait un mauvais pressentiment. Cependant, Raiponce le retint.
« Qu'est-ce qu'il a foutu, encore ? Tu nous suivais, encore ? » demanda la première voix menaçante.
« Je me fiche bien de ce que vous tramez », dit une troisième voix d'un ton étrangement détaché.
Cette dernière voix semblait plus familière à Harold qui avait du mal de mettre un nom sur le visage. Non, en fait, il savait. Dietrich. C'était Dietrich Bach. La première voix l'avait dit plus tôt. La première voix éclata de rire, d'un rire méchant et un peu fou. Raiponce s'approcha, Harold, lui, n'osait pas. Il ne comprenait pas la curiosité de son amie, tout à coup. Ce que faisaient le Serpentard et ses amis ne les concernait pas du tout.
« Tu crois t'adresser à qui, hein Bach ? »
« Lâche-moi », répondit Dietrich.
« Lâche le Allen », dit la deuxième voix.
Allen ? Ce nom ne lui était pas inconnu, mais quel était le nom de famille ?
« C'est moi qui suis venu le voir, en plus. Il n'a rien fait », continua la même voix.
« T'es venu lui parler de quoi, au juste ? » demanda le dénommé Allen.
« Euh… »
« Je lui apprends les sorts que je connais », le coupa Dietrich.
Harold entendit quelqu'un tomber, ce devait être Dietrich qu'Allen venait de lâcher.
« Alors c'est vrai ? Tu connais des sortilèges de magies noires, toi ? » fit Allen, soudain intéressé.
« Je crois que tout Poudlard est déjà au courant », souffla Dietrich, d'un ton blasé.
En avant de lui, Raiponce fit craquer une branche sur laquelle elle s'appuyait. Les trois garçons devinrent silencieux. Harold fit un pas en avant, lorsqu'Allen Mulciber (il le reconnaissait, maintenant) fit le tour du rocher et pointa sa baguette sur Raiponce. Il ne l'avait toujours pas vu et Harold ne sut pas quoi faire. Avery et Dietrich le rejoignirent bientôt.
« Eh bien, eh bien… Qui voilà ? » susurra Mulciber.
« C'est la copine à Overland », révéla Avery.
Mulciber soupira, devant cette évidence.
« C'est lui qui t'envoie, p'tite espionne ? »
Raiponce secoua la tête. Mulciber eut un sourire en coin, Dietrich regardait autour de lui et croisa le regard d'Harold qui hésitait à aller chercher de l'aide ou à intervenir. L'Allemand fronça les sourcils et secoua la tête. Comme pour lui dire de ne pas bouger.
« Tu sais ce qu'on fait des p'tites espionnes ? »
« Elle était venue me rejoindre », coupa Diterich.
Mulciber et Avery le dévisagèrent.
« C'est mon amie, comme l'est Jack, et elle m'aide en métamorphose. Jack et Liesa devaient aller à Pré-Au-Lard et elle, sa mère ne la laisse pas y aller, alors c'était le moment idéal. Je m'attendais pas à ce qu'Arc.. Avery me rejoigne avant. »
« Je… je peux revenir plus tard, si tu veux », proposa Raiponce d'une voix fluette.
« Non, j'ai vraiment besoin d'aide. J'ai rien compris au dernier devoir de Dumbledore. »
Mulciber rit.
« Il est complètement taré ce vieux bouffon. L'année prochaine, il me reverra certainement pas dans sa classe. »
L'atmosphère semblait être légèrement descendue et Harold fut surpris que le mensonge soit aussi bien passé. Il ne comprenait pas non plus pourquoi Dietrich avait défendu Raiponce. Il avait surement conscience qu'elle venait de l'entendre confirmer qu'il connaissait des sorts interdits et qu'il comptait les faire apprendre à des gens. Harold commençait à croire Mérida sur le fait que les amis de Jack étaient assez louches.
« Bon, on vous laisse, pour cette fois. Viens Arctus. »
Arctus hocha la tête. Il laissa Mulciber le devancer. Dietrich et lui semblèrent échanger une conversation silencieuse, puis il courut le rejoindre. Harold attendit qu'ils fussent suffisamment loin, avant de s'approcher. Le regard de l'ami de Jack changea. Et lorsqu'il fut certain qu'ils ne pouvaient plus les entendre, il dit à voix basse :
« Pourquoi vous nous espionniez ? »
« On… on vous espionnait pas. On était là-bas et on vous a entendu. J-Jack, il s'inquiète pour toi », expliqua Raiponce.
Dietrich pinça les lèvres et regarda dans le vide.
« Qu'est-ce qui se passe, Dietrich ? »
« Rien, il se passe rien du tout », dit-il, le ton cassant.
« Jack m'a dit qu'on t'avait embarqué dans une histoire louche avec Avery et Mulciber. T'as pas à les suivre, hein. Ils complotent contre les nés moldus. Il a surpris des conversations dans les cachots. »
« Je sais. »
Dietrich ne la regardait toujours pas.
« Alors, ne t'approche plus d'eux et s'ils te menacent, tu dois les dénoncer, Dietrich. »
« Non. »
« Pourquoi pas ? Les profs sont là… »
« Parce que je m'en fiche. Je m'en fiche de ce qu'ils pensent des nés moldus. Ce n'est pas de mes affaires. Moi je fais ma vie et eux, ils font ce qu'ils veulent de la leur. »
« Pourtant, tu voulais leur apprendre des sorts interdits… »
Dietrich lança un regard noir à Raiponce.
« C'est pas de tes affaires ce que je fais des miennes. »
« Tu n'as pas le droit d'utiliser des sorts interdits Dietrich. »
« Et tu vas faire quoi ? Me dénoncer ? En parler à Jack ? »
Raiponce hésita. Elle jeta un coup d'œil à Harold. Lui, la situation le dépassait. Il n'avait jamais dit plus de deux mots à Dietrich et Raiponce se permettait de lui parler comme à un ami ou une vieille connaissance?
« Je n'ai pas envie de le faire… », commença-t-elle.
« Alors, ne le fais pas. Moi j'ai d'autres choses à faire, alors salut. »
Dietrich passa entre les deux en les bousculant et il partit en grandes enjambées vers le château. Harold questionna Raiponce du regard et elle haussa les épaules. Elle n'avait pas tout compris, elle non plus.
