Chapitre 22 – Le bal

Lorsque Harold sortit de son dortoir pour se rendre au bal, il croisa Jack qui montait les escaliers au même moment. Le Serpentard éclata de rire en le croisant, ce qui aurait pu vexer le dragonnier s'il n'avait pas déjà su qu'il ne devait pas être des plus élégants.

« Mais qu'est-ce que tu portes, là ? »

Harold haussa les épaules.

« C'est ce qui se rapproche le plus d'une tenue traditionnelle, par chez moi. Déjà, je n'ai pas mis le foulard de fourrure », dit-il négligemment.

« Séléna en a pensé quoi ? » demanda Jack, un large sourire aux lèvres.

« Oh, je ne l'ai pas vue encore. On est censé se rejoindre devant la Grande Salle », répondit Harold, légèrement fataliste.

Il y eut un silence pendant lequel Harold se sentit analyser par Jack. Il n'avait pas envie de faire des efforts pour être joyeux.

« Pourquoi tu y vas avec elle si ça te fait cet effet-là ? Si t'avais parlé à Mérida, je suis certain qu'elle aurait laissé l'autre Gryffondor… » fit Jack en fronçant les sourcils avec un certain mépris sur le mot Gryffondor.

Nerveux, Harold regarda autour de lui, en espérant qu'aucun Poufsouffle n'ait pu entendre son ami.

« Ne dis pas ça si fort ! Et puis, c'est toi qui lui as proposé ce défi stupide… »

« Ça aurait pu nous servir tous les deux si t'avais été un peu plus rapide. »

Harold se mordit une lèvre. Il s'était dégonflé. Voilà ce qui s'était passé et là, Mérida allait passer une merveilleuse soirée avec un gars de sa maison bien plus bâti et fort que lui. Il avait toujours su au fond qu'il n'avait pas le profil qui plaisait à Mérida.

« En tout cas », continua Jack, « si tu n'as pas l'intention de faire quelque chose, essaie d'être un peu plus souriant, car ta cavalière avait l'air très content de t'accompagner. D'ailleurs, je ne comprends pas comment tu as pu être assez courageux pour demander à elle et pas à Mérida… »

« Séléna, c'était facile. Elle n'avait personne et on est ami. Puis, Philip l'a lui-même proposé et j'ai accepté… », finit-il plus bas.

Jack éclata de rire :

« Tu veux dire que ce n'est même pas toi qui as demandé, mais ce Philip ? Tu me fais rire Harold ! Haha ! »

Harold sourit légèrement. Il avait bien conscience qu'il était un peu ridicule, mais il cessa de bouger en apercevant la plus belle fille qu'il avait vue de sa vie. Jack, percevant le changement chez Harold, suivit son regard et s'exclama :

« Bah ça alors ! Ça ne devrait même pas me surprendre ! Mer' ! » interpella-t-il.

Mérida se tourna vers les deux garçons et Harold perçut clairement son air anxieux sur son visage avant qu'il se métamorphose en soulagement, puis en joie en les voyant.

« Wow ! Harold, il est cool ton costume médiéval ! »

« Viking… » corrigea timidement Harold, subjugué par celui de Mérida.

« Ne détourne pas le sujet Mérida ! Je ne savais même pas que ça existait ce genre de vêtement ! C'est génial. »

Un sourire s'élargit sur le visage de Mérida qui tendit une jambe, puis l'autre pour bien montrer son pantalon en toile verte. Lorsque ses jambes étaient collées l'une sur l'autre on aurait pu presque croire à une robe, mais il s'agissait bel et bien de pantalons amples et griffés. Le haut était lui aussi magnifique. Féminin, mais confortable. Il était fait de soie et il y avait un peu de brillant qui étincelait. La tunique était kaki, ce qui faisait à la fois ressortir ses yeux bleus et ses cheveux. Ses cheveux, d'ailleurs, n'avaient jamais été aussi bien maitrisés. Harold avait toujours eu l'impression qu'ils étaient impossibles à coiffer, sauf, peut-être, pendant le court moment où elle n'en avait plus eu lorsque le dragon de la première épreuve l'avait carbonisé.

« L'idée vient de France », expliqua-t-elle. « C'est un modèle moldu des années trente et Madame Hudge a eu bien du plaisir à le revisiter. C'est la première fois que je porte un pantalon, c'est tellement plus facile de bouger ! »

Pour démontrer ses dires, Mérida envoya sa jambe à l'avant manquant de frapper Jack qui éclata d'un rire franc en lui disant de faire attention. Elle se retourna vers Harold à ce moment-là et le Poufsouffle se sentit rougir :

« Toi, t'en penses quoi ? »

« Tu… tu… »

« Es magnifique ? » proposa Jack en se mordant le poing.

Harold rougit de plus belle et Mérida éclata de rire au moment où Séléna se joignit à eux. Harold sursauta sentant sa main frôler celle de la Poufsouffle.

« Wow ! Mérida, c'est vraiment original ! »

Mérida souriait de plus belle et dit :

« Merci ! Toi aussi, elle est superbe ta robe, n'est-ce pas Harold? » dit-elle en s'adressant à Harold avec un clin d'œil.

Harold décrocha enfin son regard de Mérida pour observer sa cavalière. Objectivement, le dragonnier trouvait Séléna ravissante. Sa robe devait suivre la mode moldue. Elle avait un collet et elle était brune picotée blanche, ce qui allait très bien avec sa peau foncée et ses cheveux brun foncé. Ses cheveux avaient été frisés et elle portait un très beau rouge à lèvres.

« Tu es très jolie, Séléna. »

La Poufsouffle rougie, très heureuse du compliment et Mérida ricanèrent avant de le frapper légèrement sur l'épaule :

« Tu vois ! Pas si compliqué de complimenter une fille! Hey ! Sam, ça va? »

« Bien… Wow, c'est super ta… ton truc Mérida ! »

Ledit Samuel les rejoint en commentant maladroitement l'habit original de Mérida et Jack se renfrogna immédiatement. Harold trouvait la réaction de Jack particulièrement étrange à l'égard du Gryffondor. Il se doutait que ce n'était pas par solidarité envers lui qu'il démontrait aussi ouvertement son aversion envers le cavalier de Mérida.

« Bon, c'est le temps pour moi d'y aller… Je vais retrouver Raiponce », déclara-t-il platement.

Samuel ne lui adressa pas un regard et Harold aurait préféré qu'il reste ne souhaitant pas être avec Samuel et Mérida. Surtout que cette dernière s'excusa, avant de suivre Jack, pour lui dire un mot. Mal à l'aise, Harold sourit au Gryffondor de sixième année avant de se retourner vers Séléna, excluant légèrement le Gryffondor qui finit par se trouver un ami de sa maison. Harold s'apprêta à dire quelque chose à Séléna, lorsqu'il vit Jack s'élancer dans les escaliers menant au deuxième étage. Il fronça les sourcils, sentant que quelque chose se tramait surtout en voyant le visage de Mérida décomposé s'essuyer une larme du revers de la main.

« Harold, ça va? » demanda sa camarade.

Sans détourner le regard de Mérida, il dit :

« Euh, je dois juste… »

Samuel rejoignit Mérida et lui repoussa une mèche de cheveux qui lui barrait le visage au moment où Harold se décidait, lui, d'aller la voir. Il sentit quelque chose lui pincer le cœur. Cela aurait dû être son rôle. Séléna recommença, un peu plus fort, la voix légèrement brisée :

« Harold ? »

Le Poufsouffle se retourna et passa une main dans ses cheveux. Séléna était rouge et Harold avait un mauvais pressentiment que c'était au moins un peu à cause de lui. Il se répéta les conseils que Jack lui avait dit dans les dernières semaines par rapport aux filles et dit :

« Tu es vraiment magnifique ce soir. »

L'effet fut immédiat. Séléna sembla reprendre les bonnes couleurs et son sourire revint. Il devait vraiment trouver le courage de faire ça avec Mérida.

« Tu n'es pas mal non plus, je trouve… »

Harold sentit un sourire naitre sur son visage. Il oubliait parfois à quel point il était à l'aise avec son amie de sa maison.

« Tu trouves? Jack a beaucoup ri en me voyant, haha. »

« C'est différent. Mais j'imagine que ça vient de chez toi, alors ça te représente bien. »

Harold sourit, soudainement un peu plus heureux d'avoir choisi Séléna comme partenaire. Têtenjoy s'exclama soudain :

« Tout le monde, on entre dans la Grande Salle. Les représentants du tournoi des quatre maisons et leur cavalier et cavalière, vous attendez à l'arrière. »

« Je crois qu'ils veulent faire comme la tradition dans le tournoi des trois sorciers », expliqua Séléna.

Harold se tourna vers elle, intéressé, alors qu'il se dirigeait tranquillement vers la Grande Salle. Séléna rougit légèrement, comme si elle trouvait surprenant que Harold soit attentif à ce qu'elle racontait :

« J'ai été lire sur les anciens tournois », expliqua-t-elle « C'est la première fois qu'il y en a un de ce genre, mais avant, il y avait le tournoi des trois sorciers où s'affrontaient des sorciers de trois écoles différentes. Il y a eu beaucoup d'accidents, donc le tournoi n'a plus lieu. Mais dans mes lectures, j'ai lu qu'il y avait le traditionnel bal où les "champions" ainsi que leur partenaire entraient les uns à la suite de l'autre sur de la musique et devaient faire une danse en couple. Selon l'auteur, c'était très élégant. »

Harold pouffa en s'imaginant Mérida, élégante. Il avait bien hâte de voir ça et était très content de ne pas être obligé de danser, lui.

Raiponce attendait dans l'infirmerie que ses furoncles disparaissent. Plus le temps passait, plus ses chances d'assister au bal diminuaient et elle se retrouvait complètement seule avec Monsieur Jones sa robe de bal déposé sur une chaise à côté d'elle. Elle avait bien essayé, seule dans son dortoir, de se guérir avec ses cheveux magiques, mais malgré toute l'énergie qu'elle avait mise dans la chanson, rien ne s'était produit. Apparemment, le pouvoir de guérison de ses cheveux avait des limites et des furoncles ne comptaient pas pour une blessure. Elle regarda l'horloge accrochée au mur au-dessus de la porte. Le bal commençait d'un instant à l'autre et elle allait certainement rater l'entrée de Mérida.

En repensant à son amie, Raiponce ne put empêcher une larme de se former sur le coin de l'œil. Elle détestait se disputer avec Mérida et même s'il n'y avait pas eu d'éclat de voix, elle avait bien vu que la Gryffondor avait été affectée lorsqu'elle lui avait dit de partir. Raiponce s'était attendue à ce qu'elle vienne la voir, mais apparemment Mérida devait être soit trop préoccupée par le bal ou trop blessée pour oser la confronter.

Raiponce ne pouvait s'empêcher de rejouer la scène dans sa tête en se demandant comment cela aurait pu se passer différemment. Elle aurait dû dire à Mérida qu'elle avait terminé et la chasser dès le début de la salle de bain. La Serdaigle était habituée de gérer avec Mimi. Elle savait ignorer les insultes qui n'étaient présentes que pour partager le mal qu'éprouvait Myrtle. Après tout le harcèlement qu'elle vivait, Raiponce comprenait qu'elle était à ce point à fleur de peau et elle savait qu'elle ne pensait pas réellement les paroles qu'elle pouvait bien leur dire. Mais Mérida, ne comprenait pas ça. Elle ne pouvait pas comprendre que les insultes de Mimi n'étaient pas importantes. En plus d'entretenir des relations amicales avec Olive qui détestait ouvertement Mimi, elle ne connaissait pas Mimi, elle ne partageait pas son dortoir, elle ne se faisait jamais réveiller la nuit par les crises de larmes et de désespoirs de la Serdaigle, elle ne l'avait jamais vu dire que tout ce qu'elle voulait c'était de disparaitre et que de toute façon tout ce que tout le monde souhaitait était sa mort. Depuis cette nuit-là, en octobre, Raiponce s'était promis de tout faire pour supporter sa camarade lorsqu'elle le pouvait. Cela n'avait pas vraiment l'effet escompté.

« Raiponce? »

La voix inquiète de Jack résonna à la porte de l'infirmerie. Le bonheur de voir son petit ami la submergea, alors qu'elle l'appelait, la voix enrouée. En fin de compte, même si elle ne lui avait toujours pas avoué son secret, Harold l'avait convaincu de rester avec Jack. Il l'avait convaincu qu'elle pouvait prendre le temps qui lui faudrait pour dévoiler son secret. Et depuis, elle se sentait un peu mieux et avait pu se laisser un peu plus aller en présence de Jack. Elle s'ouvrait plus à lui. Jack savait qu'elle avait un secret et il patientait le temps qu'elle soit prête pour le lui confier.

Monsieur Jones ne se montra même pas, il semblait bien occupé dans son bureau, à moins qu'il soit allé assister au bal, voire carrément le surveiller. En même temps, Raiponce se doutait que Monsieur Jones ne serait pas très à l'aise de voir la préfète de Poufsouffle aux bras de Peter Hornby. Raiponce rougit face à cette pensée. Il aurait été préférable qu'elle ne soit pas au courant des potins entourant l'infirmier. Quand il l'avait soignée, elle n'avait pas pu s'empêcher d'être mal à l'aise, comme si en savoir trop sur la vie personnelle d'un inconnu la mettait dans l'embarras.

Le Serpentard, magnifique dans sa robe de sorcier noir avec une chemise blanche d'occasion, accourut vers elle. Raiponce tenta de cacher les furoncles dans son cou, mais il déplaça ses mains, comme pour voir l'étendue des dégâts. Honteuse, Raiponce baissa la tête que Jack releva délicatement.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda-t-il d'une voix douce.

Raiponce sentit son estomac se torde et des frissons lui parcourir la peau comme à chaque fois que Jack la touchait. Elle aurait tellement voulu être en bas à célébrer le bal qu'elle attendait depuis le moment où il avait été annoncé au début du mois de décembre. Elle haussa les épaules, elle n'avait pas envie que Jack se fâche contre Mérida, qui visiblement ne lui avait pas raconté les détails. Jack la regarda dans ses yeux ce qui finit par convaincre Raiponce que ça lui ferait du bien de se confier :

« On était dans la salle de bain des filles à se préparer pour le bal, quand Myrtle est arrivée. Mérida et elle se sont disputées et Mérida a voulu jeter un sort à Myrtle, mais je me suis mise entre les deux… Et voilà… »

Raiponce avait parlé bas, espérant que l'infirmier ne l'ait pas entendu, ce qui ne semblait pas être le cas. Jack sembla légèrement découragé, puis contrarié, avant de tout simplement la prendre dans ses bras. Raiponce se laissa fondre dans les bras de Jack et elle laissa enfin quelques larmes coulées. Elle était tellement déçue de ne pas aller au bal. Jack lui passa une main dans les cheveux :

« Tu sais combien de temps ça va prendre pour que les furoncles disparaissent? »

Raiponce haussa les épaules, impuissante :

« Monsieur Jones m'a dit entre quelques heures et quelques jours… Ça dépend de la force du sortilège et Mérida, elle ne fait jamais les choses à moitié. En plus, je voulais tellement voir sa robe, elle était tellement mystérieuse là-dessus. Et j'ai même entendu qu'il y avait un groupe de musique, je n'ai jamais vu de groupe de musique, je n'ai jamais été à un bal et je sais que ce n'est pas la fin du monde, mais, mais… »

« Je sais Raip', tu n'as pas besoin de te justifier », dit Jack au moment où la voix de Raiponce se brisait par un sanglot.

« Et puis, Mérida n'est même pas venue me voir, je suis certaine qu'elle m'en veut… »

« Tu as peur qu'elle t'en veule, car elle t'a jeté un sort ? » rit Jack.

« Non, mais je lui ai vraiment dit bêtement de s'en aller et j'ai refusé qu'elle m'aide. Je sais que je l'ai vraiment blessée… »

Jack ne put s'empêcher de rire un peu en l'embrassant sur la tête. Raiponce ne trouvait pas ça réellement drôle, mais son rire était commutatif et elle ne put s'empêcher de ricaner un peu. Le fou rire passa, puis Jack reprit la parole :

« Mais là, est-ce que tu es coincé à l'infirmerie ou tu peux sortir? »

« J'ai le droit de sortir, mais je dois appliquer le baume anti-furoncle aux deux heures jusqu'à ce que les furoncles soient disparus. Mais je n'ai pas envie qu'on me voie au bal comme ça… »

Jack hocha la tête, entendu, mais Raiponce voyait qu'il y avait clairement quelque chose qui se tramait dans sa tête. Elle le questionna du regard. Celui-ci sourit et se retourna, une lueur d'espoir dans les yeux vers Raiponce :

« Je vais essayer quelque chose. Laisse-moi dix minutes ! »

Trop surprise, Raiponce le laissa filer après qu'il l'ait rapidement embrassé sur le front. Elle s'étendit sur le lit en se demandant vraiment ce qu'il pouvait bien avoir en tête. Elle ferma les yeux et plusieurs minutes plus tard, bien plus que dix minutes, elle entendit des bruits venant de la porte. Elle se redressa et elle demanda :

« Jack? »

« Non », répondit une voix tranchante au fort accent allemand.

Raiponce se tourna vers Liesa qui avait son habituel air contrarié et la questionna des yeux. La jeune fille regarda avec insistance les furoncles dans le coup de la blonde qui tenta de les dissimuler avec ses mains, mais la Serpentard ne dit pas un commentaire. Elle prit la robe de Raiponce sur la chaise et tira les rideaux du lit voisin. Ébahie, Raiponce n'arrivait à rien dire. Elle attendit un moment, jusqu'à ce que Liesa ressorte en portant la robe rose ouverte de Raiponce. La jeune fille ne put s'empêcher de trouver l'Allemande magnifique. Cela la changeait complètement et elle devenait tout de suite plus jeune et semblait plus gentille. La robe adoucissait ses traits et faisait ressortir ses cheveux brun foncé.

Liesa lui tendit sa propre robe. Vu que Raiponce ne réagissait toujours pas, elle soupira et déclara comme si c'était évident :

« Tu dois la mettre. »

Raiponce observa la robe, puis Liesa, puis la robe avant de dire :

« Mais, je ne peux pas aller au bal comme ça… »

Liesa leva les yeux au ciel :

« T'es aveugle ou quoi… T'as pas remarqué que ma robe a un collet et recouvre les bras. »

Le regard de Raiponce s'illumina soudainement, comprenant ce qui était en train de se tramer. Elle sentit des larmes lui envahir les yeux.

« Tu vas pas te mettre à pleurer, quand même. »

Raiponce secoua la tête en prenant le vêtement de Liesa. Elle tira les rideaux et s'habilla. Il s'agissait clairement de la mode moldue, probablement allemande. Elle était très sobre et bleu marin, assez vieillotte, mais elle couvrait tous les furoncles du cou et sur ses bras. Elle sortit des rideaux et s'élança dans les bras de Liesa qui se raidit, n'appréciant clairement pas le geste d'affection.

« Merci tellement. Ça signifie tellement pour moi. »

La jeune fille la repoussa et dit sans la regarder :

« Ce n'est pas pour toi que je fais ça. J'ai une dette envers Jack et maintenant, c'est acquitté, c'est tout. Et puis, ça m'arrange. »

Raiponce l'observa, curieuse, elle avait toujours trouvé la Serpentard mystérieuse et elle était surprise qu'elle ait pu avoir une dette envers son petit ami. Elle avait toujours su qu'une étrange amitié s'était développée entre les jumeaux et Jack, mais le Serpentard était toujours resté très vague là-dessus. Apparemment, il s'était passé quelque chose qui les avaient rapprochés et Raiponce se demandait bien quoi. Vu le caractère de Liesa, cependant, elle se doutait bien qu'elle n'obtiendrait aucune réponse, seulement un peu de mépris. Et puis, Raiponce ne voulait pas faire effondrer tous les efforts que Liesa faisait pour supporter sa présence, même si elle voyait combien ça lui coûtait. L'Allemande avait toujours été très claire sur le fait que tout le monde à l'exception de son frère et de Jack l'agaçait profondément. Et son agacement se multipliait à la vue de Raiponce. La blonde se contenta donc uniquement de lui jeter un regard reconnaissant.

Liesa fit alors un geste, dont elle ne s'entendait pas, elle l'observa un moment, et replaça son col.

« Cette robe te va mieux à toi qu'à moi », commenta-t-elle.

« On a bien fait d'échanger alors. Ma robe, elle est parfaite sur toi. Tu es magnifique. »

Raiponce vit Liesa rougir légèrement, bien qu'elle se retournât pour se cacher. Elle se leva et dit :

« Bon, Jack t'attend en bas et on m'attend, moi aussi. Tu viens ? »

Raiponce se leva, les larmes de reconnaissance toujours au bord des yeux, même si elle faisait bien attention de bien les cacher. Les deux filles marchèrent côte à côte en descendant les marches. Jack et Dietrich étaient en train de parler en bas de celles-ci. Dietrich avait l'air légèrement préoccupée, même s'il s'efforçait visiblement à ne pas le laisser paraitre. Jack avait dit à Raiponce qu'ils avaient parlé, tous les deux. Il lui avait dit de ne pas s'inquiéter, qu'il gérait, mais Raiponce ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter. Non, elle ne connaissait pas le Serpentard, mais cette rencontre étrange et le fait qu'il soit ami avec Jack avait suffi pour qu'elle développe un lien et qu'elle ne puisse s'empêcher de se faire un peu de soucis. Elle n'y pouvait rien. Elle était juste comme ça.

Dietrich se retourna le premier et donna un coup de coude à Jack qui observa Raiponce si intensément qu'elle sentit son cœur faire des bonds. Il vint à sa rencontre et l'embrassa sur le front :

« Tu es magnifique. »

« Grâce à toi et Liesa… » répondit Raiponce.

Liesa détourna la tête, mal à l'aise. Jack l'observa avec tant de reconnaissance que la Serpentard commença à jouer avec une couette de ses cheveux en évitant leurs regards.

« Merci, Lies'. »

« Je ne te dois plus rien, maintenant », trancha-t-elle, les joues roses.

« Tu sais bien que tu ne m'as jamais rien dû », répondit Jack avec un mélange de surprise et de douceur.

Liesa haussa les épaules en fixant résolument les portes fermées de la Grande Salle d'où s'échappait de la musique forte.

« Elle te va très bien, la robe de Raiponce », ajouta Jack.

Liesa sembla chasser une mouche inexistante avec sa main et dit :

« Bon, je retourne à l'intérieur rejoindre Tom. »

Elle quitta sur ce le petit groupe et franchit les portes de la Grande Salle. Un sourire étrange apparut sur les lèvres de Dietrich. Jack sembla le remarquer, alors que Raiponce avait de la difficulté à comprendre la dynamique du trio.

« Pourquoi tu souris ? » demanda-t-il.

« Car ça fait longtemps que je n'ai pas vu ma sœur aussi heureuse. C'est bien ce qu'a fait Tom. Bon, je vous laisse. À plus tard. »

Dietrich sourit à Raiponce, serra la main de Jack et se dirigea vers les portes du château. Raiponce ne l'avait pas remarqué jusque-là, mais Dietrich était toujours en uniforme et avait un manteau d'hiver et des bottes. Jack avait un regard pensif, alors qu'il suivait son ami des yeux. Raiponce l'observa un instant, elle aurait tellement voulu savoir ce qui forgeait des liens entre ce trio, mais Jack revint sur terre alors qu'il proposa :

« Tu ne voulais pas voir la robe de Mérida? »

Le regard de Raiponce s'illumina, même si elle n'avait pas pu s'empêcher de noter la façon étrange que Jack avait accentué le mot robe.

Elle le suivit donc à l'intérieur et elle sembla subjuguée par l'apparence de la Grande Salle. C'était tout bonnement grandiose, magnifique. Les lumières étaient tamisées, il y avait des banderoles et le plafond était couvert d'étoiles. Au fond, sur une longue table, il y avait une série de breuvages les plus jolis les uns que les autres. De l'autre côté il y avait des bancs où plusieurs élèves discutaient assis ou debout avec les professeurs, plusieurs fumant d'étranges bâtons. Et au milieu, une centaine d'élèves et même d'enseignants dansaient sur de la musique Jazz d'un groupe qui semblait très apprécié. Raiponce était en admiration envers les robes qui virevoltaient et les mouvements synchronisés des filles et des garçons. On se baissait, on tournait, on se soulevait dans les airs, tout ça sans presque jamais perdre le rythme. Rapidement, Raiponce repéra sa robe dans la foule. Liesa avait apparemment retrouvé le beau préfet de Serpentard. Raiponce ne savait pas que Jedusort accompagnait la jeune fille. Elle se tourna vers Jack, pour lui demander ce qu'il en pensait. Elle savait que Jack n'appréciait pas son préfet, mais il parla avant elle en pointant quelqu'un dans la foule :

« Elle est là ! Harold aussi, visiblement ! Viens. »

Raiponce, beaucoup plus petite que Jack, n'arrivait pas à voir son amie parmi tout ce monde. Elle s'accrocha à la main de son partenaire et ils arrivèrent rapidement au duo formé de Mérida et d'Harold. Tous les deux riaient alors qu'apparemment Mérida tentait tant bien que mal d'apprendre à Harold le swing. Raiponce trouvait la robe de Mérida magnifique, mais elle ne comprit pas tout de suite pourquoi elle avait valu un si grand secret, jusqu'à ce qu'elle réalise qu'il s'agissait d'un pantalon. Un sourire s'éclaircit sur son visage reconnaissant bien là sa Mérida.

« Mais où sont vos partenaires ? » demanda Jack.

Il n'y eut aucune réaction de la part des deux amis. La musique était tellement forte qu'ils ne l'avaient probablement pas entendu et Harold affichait une mine concentrée et douloureuse, alors que Mérida n'arrêtait plus de rire en essayant de placer les jambes d'Harold avec ses propres pieds. Raiponce n'entendait pas ce qu'ils se disaient, mais Harold semblait avoir bien du mal à suivre les explications de la rousse.

Jack éclata de rire en se voyant ainsi ignoré. Il abandonna l'idée et se pencha plutôt pour prendre la main de Raiponce. La jeune fille n'avait jamais appris ce style de danse et elle se doutait que ce n'était pas facile, surtout en voyant Harold galérer de la sorte. Jack s'approcha et lui dit à l'oreille :

« Fais juste suivre mes mouvements et le rythme de la musique. »

Raiponce hocha la tête et se laissa emporter. Il la fit tourner doucement tous les deux dansèrent face à face, jusqu'à ce que la musique s'arrête sous les applaudissements de la foule. C'est à ce moment-là qu'une tête rousse lui sauta dessus manquant de la faire tomber.

« Je suis tellement désolée ! » cria Mérida qui sentait clairement une odeur étrange.

Raiponce la prit dans ses bras aussi et répondit :

« Moi aussi ! Ta robe, euh non… ton costume est trop génial Mérida ! »

« Je sais ! » s'écria-t-elle.

« Où sont Séléna et l'autre ? » cria Jack.

Mérida haussa les épaules, mais étant donné que personne ne s'entendait vraiment, elle les entraina vers le bar pour qu'ils réussissent à se parler un peu. Elle prit sa main ainsi que celle d'Harold. Raiponce fit attention d'entrainer Jack avec elle, parmi cette foule.

« Je ne sais pas », dit Mérida sur un ton plus raisonnable « Harold ne voulait pas aller danser parce que supposément il en était incapable et Séléna n'arrivait pas à le convaincre et vu que Sam était parti chercher des jus, ben j'ai décidé de moi lui montrer ! Haha ! »

Mérida éclata de rire et s'accrocha à Harold. Harold semblait un peu gêné, mais il avait un énorme sourire qui lui barrait le visage et était complètement rouge. Jack, un petit sourire aux lèvres demanda :

« Et il y avait quoi dans vos jus ? »

« J'sais pas, mais y sont pas buvables ! Mais y fait tellement chaud, j'en ai bu au moins cinq et le dernier était un peu moins pire ! » s'écria Mérida, alors qu'Harold gloussait.

Raiponce ne pouvait pas s'empêcher de rire un peu elle-même en voyant l'état de ses amis.

« T'as changé de robe, Raiponce ? Je pensais qu'elle était censée être rose ? » demanda Harold.

« Oh oui, c'est une longue his… »

Soudain, il eut un gros bruit de trompette et Mérida se tourna vers Harold et lui cria :

« Oh ! Je connais cette chanson ! Elle jouait à Pré-Au-Lard ! Viens danser ! »

Harold hocha la tête et se laissa entrainer par Mérida. Jack éclata de rire et Raiponce suivit le mouvement. Le Serpentard se pencha vers Raiponce :

« Si tu ne veux pas finir comme eux, ne bois pas les boissons du bar, haha ! »

Raiponce ne comprit pas trop pourquoi, mais elle hocha la tête, prête à retourner danser. Soudain, son regard tomba sur Séléna qui venait d'apercevoir Mérida et Harold retourner danser. Elle avait la mine complètement défaite et les yeux rouges. Raiponce eut un pincement au cœur alors qu'elle comprenait que la Poufsouffle n'avait pas été en accord avec le fait de s'être fait prendre son cavalier par Mérida. La Serdaigle ne pouvait pas s'imaginer si elle avait été à la place de Séléna à ce moment-là, elle aurait surement été démolie. Jack suivit rapidement le regard de la blonde qui ne trouva qu'à rire avant de s'arrêter brusquement en voyant le regard que le jetait sa copine.

« Harold n'a pas dû se rendre compte… », tenta-t-il de défendre son ami.

Raiponce haussa les épaules. Jack se pencha alors et lui tendit la main :

« Voulez-vous danser, mademoiselle. »

Raiponce oublia vite Séléna et attrapa la main de Jack qui l'apporta sur la piste près d'Harold et Mérida. Au final, Raiponce gérait plutôt bien, du moins bien mieux qu'Harold qui semblait avoir complètement abandonné et faisait semblant de faire des efforts en souriant :

« Essaie de suivre mes mouvements, t'es trop rigide Harold ! » dit Mérida en éclatant de rire.

« C'est ce que je fais, regarde ! » dit-il en faisant n'importe quoi.

Mérida éclata de rire et se tourna vers Jack qui maitrisait mieux :

« Regarde ! Jack, il l'a parfaitement ! Raiponce, on échange? »

Jack éclata de rire alors que la blonde s'accrochait à son partenaire.

« Oh ! Aller, pour une chanson ! On vous montre comment faire ! »

Raiponce questionna Jack du regard qui finit par dire en voyant le regard implorant de Mérida :

« Une seule ! Juste parce que je veux prouver que je suis meilleur que toi ! »

« Yes ! » s'exclama la lionne.

À la fin de la chanson, Jack embrassa la main de Raiponce en s'inclinant et la jeune fille ne put s'empêcher de rire en le voyant jouer ce rôle. Tout le monde se mit à applaudir et une nouvelle chanson rythmée commença. Mérida fit semblant de s'incliner avec sa robe qui n'en était pas une et Harold et Raiponce se reculèrent un peu pour bien les voir danser.

Aussitôt, Raiponce vit que le niveau venait d'augmenter drastiquement, tous les deux devinrent beaucoup plus concentrés, comme s'ils voulaient impressionnés l'autre. Harold s'approcha de l'oreille de Raiponce et chuchota :

« Je suis certain que j'étais aussi bon… »

Raiponce pouffa, alors que Harold rajoutait :

« Et dire que les paroles de la chanson c'est : Je ne peux pas danser… Ils ont vraiment bien choisi. »

Le rythme de leur danse se fit de plus en plus intense et les gens commencèrent à s'éloigner. Ils semblaient tout d'abord agacés que Mérida et Jack prennent autant de place, jusqu'à ce qu'ils les voient. Un petit cercle se forma peu à peu autour d'eux et les gens se mirent à frapper des mains au rythme de la musique.

« Tête brûlée a du rythme », rigola un Serpentard à côté de Raiponce.

Mulciber remarqua enfin Raiponce qui avait décidé de les ignorer jusqu'à présent :

« Tu t'es fait voler ton cavalier, ma douce? Tu t'en cherches un nouveau? »

La jeune fille tenta de s'éloigner du Serpentard en s'approchant un peu d'Harold, mais Avery lui bloqua le passage et Harold était bien trop concentré à regarder Jack et Mérida pour remarquer quoi que ce soit. Raiponce sentit aussitôt le malaise s'emparer d'elle.

« Ce n'est pas la robe à Bach que tu portes là ? » remarqua Mulciber en se collant à elle, alors que de plus en plus de personnes entouraient Jack et Mérida et se mettaient devant elle, la faisant perdre le contact visuel avec son amoureux qui semblait bien déterminer à prouver à Mérida qu'il était le meilleur à cette danse.

« Elle cache beaucoup trop de parties de ton corps, si tu veux mon avis. »

Mulciber lui prit le collet de sa robe et fit mine de lui détacher. Raiponce sentit aussitôt la peur l'envahir alors qu'elle reculait. Voyons, qu'est-ce qui était en train de se produire? Elle n'arrivait à rien dire, elle était juste complètement figée et n'entendaient plus la musique qui jouait et les cris des élèves qui étaient de plus en plus nombreux à encourager Mérida et Jack sur cette chanson interminable. Elle jeta un coup d'œil implorant à Avery, qui était le seul qui avait un tant soit peu conscience de ce qui se passait, mais si ce dernier l'avait vu, il l'ignora promptement. Raiponce resserra son collet, alors que Mulciber lui attrapait le bras avec force. Il l'entraina à l'extérieur de la Grande Salle, sans que personne n'ait pu noter quoi que ce soit. Aucun professeur ne l'avait vu. Tous ces amis étaient beaucoup trop concentrés pour la voir et il y avait tellement d'entrées et de sorties, que personne n'avait pu trouver anormal que deux élèves sortent.

Les tripes de Raiponce se serrèrent, n'ayant aucune idée de ce qu'elle était en train de vivre, au moment où une tête plus connue croisa leur chemin. Tom, le préfet des Serpentards, qui n'était visiblement plus avec Liesa, observa de haut la scène, alors que des larmes commençaient à couler sur le visage de Raiponce. Elle implora le vert et argent en espérant qu'il puisse faire quelque chose, n'importe quoi, afin qu'elle puisse retourner au bal. Tom ajusta sa cravate et le temps s'arrêta, Mulciber semblait à la merci de ce que dirait son préfet.

« Laisse la Mulciber. On ne touche pas à la copine d'Overland. »

Mulciber hésita, il serrait toujours le poignet de Raiponce qui sentait douloureusement la marque des doigts du Serpentard s'imprimer sur sa peau. Tom jeta un regard dur à son ami et Mulciber la lâcha.

Soulagée, Raiponce voulut repartir vers le bal, mais ce fut à Tom de s'approcher d'elle. La peur grandit de nouveau, alors que le sourire de Mulciber s'élargissait. Raiponce ferma les yeux, ne sachant pas à quoi s'attendre face à deux cinquièmes années beaucoup plus forts qu'elle physiquement et en magie.

« Je ne te ferai pas de mal, Gothel », dit Tom d'une voix si convaincante que cela rassura Raiponce aussitôt « Viens maintenant, on va aller retrouver Overland. »

Raiponce hocha la tête et elle emboita le pas à Jedusort sans oser se retourner pour voir dans quel état se trouvait Mulciber. En entrant dans la Grande Salle, la chanson venait apparemment de se terminer, car tout le monde applaudissait et Mérida et Jack s'inclinaient face à leur public. La blonde voulait les rejoindre, mais Tom se racla la gorge et elle se tourna vers lui. La Serdaigle ne pouvait pas s'empêcher de le trouver remarquablement élégant dans sa tenue.

« Merci… », dit-elle d'une petite voix.

« Pourquoi ? Il ne s'est rien passé », répondit Tom, comme s'il ne venait pas de la sauver d'un moment pendant lequel Raiponce ne voulait même pas s'imaginer ce qui aurait pu se produire.

Elle s'en alla lui expliquer, mais la nonchalance de Tom la frappa. Il croisa son regard et comprit qu'à sa façon, il ne voulait pas qu'ils en reparlent. Raiponce sembla surprise, mais elle se dit que c'était surement la meilleure façon d'agir. Après tout, il ne s'était effectivement rien passé. Elle eut un petit sourire reconnaissant et s'éloigna pour rejoindre toutes les personnes qui s'étaient attroupées sur la piste de danse. Elle vint se placer à côté d'Harold qui n'avait rien remarqué. Slughorn, rendu avec Jack et Mérida, qui semblaient avoir eu extrêmement chaud, parlait sans que cela fasse réellement de sens :

« Belle performance que nous avons eue là ! Oh oui ! C'est exactement ce à quoi on s'attend de jeunes gens aussi dynamiques. De l'énergie, de la classe et beaucoup de talents. Miss. DunBrush, vous n'en finissez plus de nous épater. Avec votre dragon et maintenant vos talents cachés. Je comprends mieux pourquoi mon collègue a su mettre ses espoirs en vous… »

« Sa tenue aussi ! » s'exclama Jack, alors que Mérida n'en pouvait plus rire sous les louanges du professeur de potions.

« Oh oui, bien sûr ! Quelle originalité, bien sûr, bien sûr ! On ne me surprendra jamais assez dans ma carrière. Vous aussi, mon brave Jack. »

La musique reprit, plus douce cette fois-ci, et Slughorn s'exclama, alors que les élèves se dissipaient pour recommencer à danser :

« Oui, oui, jeunes gens. On aura d'autres occasions pour parler. Retournez danser, allez, allez… »

Samuel vint rejoindre Mérida en riant et Raiponce crut l'entendre dire :

« Je comprends pourquoi tu t'étais sauvée de moi. »

Mérida riait toujours, mais la Serdaigle n'entendit pas sa réponse, elle vit cependant clairement le sourire d'Harold disparaitre au moment où Jack était apparu devant elle :

« Je t'ai perdu dans la foule. Tu as aimé? » demanda-t-il avec un sourire charmeur.

Raiponce hocha la tête, hésitant à lui raconter ce qui s'était passé, mais les paroles de Tom lui revinrent et elle décida de simplement se laisser entrainer danser.

Lorsque Samuel retrouva Mérida après sa danse endiablée avec Jack, Harold eut l'impression de se retrouver seul. Il s'était laissé entrainer par Mérida et ça avait été un moment merveilleux. Malheureusement pour lui, pour la lionne, cela ne semblait rien vraiment vouloir dire. Il savait qu'il aurait dû le comprendre après tout ce temps, mais à chaque fois il se laissait berner par la joie communicative et le caractère entreprenant de Mérida.

Harold se retourna pour aller s'assoir un peu plus loin dans la salle. Il n'avait plus vraiment envie de danser. De toute façon, il n'avait personne pour l'accompagner et il commençait à avoir un peu le tournis. Il ne savait pas ce que Samuel leur avait donné comme jus, mais il en gardait un terrible arrière-goût. Il devait vraiment se trouver un peu d'eau.

Le Viking s'approcha donc du bar en espérant trouver une carafe lorsqu'il se fit rejoindre par Casey, une de ses amies à Poufsouffle, qui fronçait les sourcils en le dévisageant. Harold regarda en arrière de lui, comme si le regard de Casey pouvait être pour quelqu'un d'autre que lui, mais il finit par se rendre compte rapidement qu'elle semblait en colère contre lui. Il essaya d'attraper ce qui devait être de l'eau, mais la jeune fille l'en empêcha.

« Qu'est-ce que tu fais ? » demanda Harold ne comprenant pas ce qu'elle faisait et ce qu'il avait à se reprocher.

« T'es vraiment con, Haddock. »

Surpris qu'elle s'adresse à lui de cette façon, il ouvrit la bouche, atterrée.

« Ne me regarde pas comme ça ! Tu sais très bien ce que tu as fait », dit-elle durement.

« Mais je te jure que non. »

Casey leva les yeux au ciel en soupirant en mettant le maximum de mépris qu'elle pouvait. Harold se sentit mal, la réaction de Casey était violente. Et même s'il ne voyait toujours pas ce qu'il avait à se reprocher, il ne pouvait pas s'empêcher de se dire que ce devait être très grave. Il tenta de chercher dans sa tête ce qu'il avait bien pu faire à la Poufsoufflle, mais vu qu'il ne se parlait déjà que très rarement, il ne voyait pas du tout ce qu'il aurait bien put lui avoir fait.

« Pourquoi t'as accepté d'aller au bal avec Séléna si c'est pour la laisser au milieu et finir ta soirée avec cette pouffiasse. »

Harold dut prendre un moment pour analyser les paroles de Casey. Parlait-elle de Mérida à l'instant ? Le Viking sentit la colère monter en lui. Comment osait-elle dire un truc pareil à propos Mérida ? Il fronça les sourcils :

« Tu devrais retirer ce que tu viens de dire. »

« Et toi tu devrais aller t'excuser à Séléna, qui ne te mérite clairement pas. T'étais censé danser avec elle ce soir, pas avec l'autre trainée. »

« Mais je ne sors pas avec Séléna, Casey ! » s'excéda Harold, piqué au vif par les insultes envers Mérida que Casey lui sortait : « On est juste amis, elle peut bien danser avec qui elle veut et moi aussi. »

Harold tenta d'attraper le pichet, mais Casey l'éloigna encore.

« Tu es venue au bal avec Séléna, Harold. »

« Tu me passes le pichet, s'il te plait », demanda Harold de plus en plus énervé.

Casey ne bougea pas et Harold sauta sur la table pour l'attraper et en renversa partout. La jeune fille sortit sa baguette et pointa le contenu de la carafe et dit :

« Evanesco. »

L'eau disparut et Harold lui jeta un regard atterré. Il ne savait même pas comment faire réapparaitre l'eau.

« Par Odin Casey ! » jura-t-il, surpris de lui-même de s'énerver ainsi pour un peu d'eau.

Il se tourna pour trouver de l'eau ailleurs que dans la Grande Salle, à la salle de bain, par exemple et il entendit tout juste Casey lui crier :

« Merlin que tu ne comprends rien ! »

Assoiffé, Harold ne prit pas le temps de répondre et sortit. Il descendit les marches pour aller boire de l'eau dans la salle de bain de son dortoir. Il prit la direction des cuisines à côté desquelles se trouvait la salle commune des Poufsouffles au moment où il entendit des pleurs. Interpellé, il bifurqua et entra dans un cachot où il aperçut Séléna assise sur une table. La frustration d'Harold disparut d'un coup, alors qu'il fit finalement le rapprochement des paroles de Casey et comprenant que c'était de sa faute que son amie se trouvait dans cet état. Il se lécha les lèvres, comme si cela pouvait atténuer sa soif et prit un peu de courage pour se diriger vers Séléna :

« Séléna ? Ça va? »

La Poufsouffle se figea et essuya ses larmes avec ses poignets :

« Va-t'en, Harold. »

Le cœur d'Harold se serra en entendant son amie lui dire aussi brutalement de s'en aller. Il sentait toute la peine qu'il lui avait causée sans trop savoir pourquoi, même s'il se doutait que c'était parce qu'il l'avait abandonné là pour danser avec Mérida. Sans l'écouter, il s'approcha d'elle et s'assit sur la table en face. Séléna regardait ses genoux sans oser lever la tête.

« C'est Casey qui t'a dit de venir me voir? » demanda Séléna sur la défensive.

« Casey est venu me voir, mais en fait j'étais parti chercher de l'eau… », répondit-il honnêtement.

Séléna détourna la tête, agacée. Harold se sentait mal en sachant pertinemment qu'il n'avait pas dit là les paroles qu'elle souhaitait entendre.

« Je suis désolé, Séléna. »

« Non, c'est moi qui le suis, j'ai été idiote », trancha-t-elle.

« Non, je n'aurais pas dû… »

« Pas dû quoi, Harold ? » demanda-t-elle voyant bien qu'il hésitait « Aller danser avec Mérida et n'avoir d'yeux que pour elle toute la soirée ou accepter de venir au bal avec moi ? »

Le Poufsouffle ouvrit la bouche, ne sachant pas quoi répondre. Séléna rit, malheureuse et amère.

« Tu ne sais même pas mentir quand tu te tais, Harold. »

Séléna se leva et se dirigea vers la porte. Harold l'interpella :

« Où tu vas ? »

« Je vais me coucher, la soirée est terminée pour moi. »

« Je ne voulais pas te blesser, je suis désolé », lança-t-il juste avant qu'elle ne sorte.

Séléna s'immobilisa un instant et soupira :

« Je sais Harold. Bonne nuit. »

Déconfit, un sentiment de culpabilité au fond de la gorge, Harold resta pensif un bon moment avant que sa soif ne lui rappelle qu'il devait se trouver quelque chose à boire rapidement.

La soirée avait été merveilleuse ! Mérida s'était amusée plus que ce dont elle aurait pu s'imaginer. Elle avait dansé, beaucoup dansé. Une voix lointaine lui indiquait qu'elle en payerait le prix le lendemain matin. Néanmoins, cette voix lointaine était enterrée par les rires qu'elle avait en écoutant les histoires de Samuel et de ses amis. Elle ne comprenait plus vraiment ce qu'ils disaient, mais elle avait vraiment soif et il lui donnait beaucoup de ce jus écœurant qui ne faisait qu'augmenter sa soif. En plus, plus elle buvait, plus elle riait et plus les sixièmes années riaient eux aussi.

La musique venait de s'arrêter et les professeurs leur indiquèrent qu'il était temps d'aller se coucher. Mérida fut réellement déçue. Vraiment déçue. Comment pouvait-on interrompre autant de plaisir et de si belles festivités ?

« Ohhhh non ! » ne put-elle s'empêcher de s'exclamer.

Samuel éclata de rire à ses côtés, bientôt suivi des autres Gryffondors. Mérida les ignora, comment ne pouvaient-ils pas être aussi déçus qu'elle ? C'était une soirée tellement incroyable ! En plus, Mérida avait l'impression que les étoiles du plafond de la Grande Salle s'étaient mises à danser juste pour elle. On ne pouvait pas interrompre la soirée tout de suite.

« Mérida, les musiciens ont fini de toute façon », rit Samuel lorsque la lionne lui expliqua qu'il fallait continuer à danser et que les profs allaient les laisser tranquilles s'ils les voyaient encore s'amuser.

« Je dois ab-so-lu-ment aller les féliciter, alors ! C'était le meilleur groupe que j'aie entendu de toute ma vie ! »

Samuel, ainsi que les autres éclatèrent de rire, alors que Mérida se dirigeait maladroitement vers la scène. La rousse finit par entrer de plein fouet dans une chaise. Qui avait-il bien pu mettre un tel objet sur sa route ? Voulait-on la faire tomber ? Quelle immaturité ! À moins que ce soit la chaise, tout court, qui ait voulu la faire trébucher. Après tout, il n'était pas rare que des objets fassent de telles manigances à Poudlard :

« Pousse-toi ! Faut que j'aille voir les musiciens ! » disputa Mérida à la chaise.

La directrice des Serdaigles la rejoint à ce moment-là. Têtenjoy ne semblait pas particulièrement contente. Mérida observa la grimace de la vieille femme et tenta de l'imiter en cherchant à comprendre comment elle faisait pour faire de telles grimaces dans une si merveilleuse soirée.

« Je peux savoir ce que vous faites, Miss. DunBrush. »

Le ton autoritaire de Têtenjoy ramena Mérida légèrement à la réalité, puisqu'elle expliqua :

« J'essaie d'aller remercier les musiciens, mais la chaise ne me laisse pas passer ! » pleurnicha-t-elle.

Têtenjoy soupira, elle jeta un coup d'œil aux Gryffondors qui faisaient mine de s'en aller discrètement et demanda :

« Miss. Est-ce que vous avez vous-même pris vos verres dans le bar ? »

C'était quoi cette question ? Mérida avait de la difficulté à comprendre. C'était trop compliqué à répondre comme question.

« Demandez à Sam, c'est lui qui s'est occupé de ça ! » dit Mérida, étourdie.

Têtenjoy jeta un drôle de regard aux Gryffondors qui décidèrent de partir.

« Bon, suivez-moi Miss. DunBrush, je vous raccompagne à votre dortoir. »

« Mais ! Les musiciens ! »

« Je leur ferai savoir de votre part que vous avez appréciée… »

« Ok, c'est bon… Vous pourrez aussi mettre en retenue la chaise? Elle fait tout pour m'empêcher de passer », se plaignit la rousse.

« Bien sûr, venez maintenant. »

Mérida suivit Têtenjoy, mais après à peine quelque pas, quelque chose d'invisible la fit trébucher. La directrice des Serdaigles souffla et l'aida à se relever. Mérida préféra tenter de le faire par elle-même, mais vu son échec, elle finit par accepter l'aide de l'enseignante de défense contre les forces du mal. Elle avait toujours bien aimé cette enseignante, même si elle, elle semblait toujours un peu excédée par son comportement.

Après quelques minutes de marches en silence, Mérida décida que c'était vraiment le bon moment pour le faire savoir à son enseignante :

« Madame… Pourquoi vous me détestez ? Moi, j'adore votre cours… »

Têtenjoy leva les sourcils derrière ses lunettes et demanda :

« Pourquoi dites-vous que je vous déteste, Miss. »

« Ben, vous semblez toujours tannée de moi. Je sais que je ne suis pas vraiment exemplaire et que je dérange, mais j'essaie vraiment de faire des efforts », s'expliqua Mérida légèrement émotive.

« Eh bien, sachez Miss. DunBrush, que je ne vous déteste pas. Je suis sévère avec vous, comme avec n'importe quel élève. Vous avez du potentiel, Miss., mais vous passez trop de temps à manquer de sérieux justement. »

Mérida hocha la tête, elle n'était pas certaine d'avoir tout compris ce que son enseignante lui racontait, mais elle comprenait qu'elle ne la détestait pas complètement. Elle détestait tout le monde de façon égale. Après avoir monté plusieurs paliers, Mérida était complètement essoufflée, elle posa une autre question qui la taraudait :

« Madame… Je me demandais aussi… Pourquoi tout le monde, ben, pas tout le monde, là, mais beaucoup de gens me déteste juste par ce que je suis née moldue ? Peu importe ce que je fais, on va toujours me traiter de sang bourbe ou me dire que je vaux moins que les autres. J'essaie vraiment beaucoup de faire du mieux que je peux pour leur montrer que je suis capable, mais même avec le tournoi, on continue de s'en prendre à moi pour ça. J'ai même l'impression que c'est de pire en pire. »

Têtenjoy se tourna vers elle et l'examina un moment. Elle baissa ses lunettes et dit, sérieuse :

« Ne laissez jamais les autres vous atteindre pour ça. Ce n'est que de l'ignorance et de la jalousie. Vous nous avez prouvé à tous à la première épreuve que vous étiez autant capable que les autres, voire plus que la plupart, à de grandes prouesses. Professeur Dumbledore avait vu ça en vous. »

Mérida baissa la tête intimidée par la réponse aussi sérieuse de Têtenjoy, elle répondit néanmoins en baragouinant :

« Professeur Dumbledore a dû se tromper. Je ne suis clairement pas à la hauteur par rapport aux autres, j'ai fini carbonisée, j'aurais pu mourir. »

Têtenjoy observa son élève un moment et Mérida rajouta :

« Et puis, même si ce n'est pas dû à mon sang, il doit bien y avoir un truc qui cloche chez moi. Même si j'essaie super fort, je suis toujours plus lente que tout le monde à comprendre la matière et je n'arrive pas à être comme les autres. »

« Effectivement, Miss. DunBrush, vous n'entrez dans aucun moule. Et parfois certains de vos camarades peuvent être très cruels avec les personnes comme vous, surtout que vous avez l'air si forte. Mais vous savez quoi, soyez fière de cela. C'est une grande qualité et vous irez loin. Essayez seulement de ne pas trop vous en faire. »

« Pourquoi vous me dites toutes ces belles choses, Madame Têtenjoy ? »

« Parce que parfois, pour certaines choses, vous me faites un peu penser à moi. »

« Vous êtes née moldue? »

« Sang mêlée, mais je disais ça parce que moi aussi je n'ai jamais su entrer dans aucun moule. »

Mérida hocha la tête et elles continuèrent de marcher. En arrivant près de la salle commune des Gryffondors, Mérida s'arrêta.

« Qu'est-ce qu'il y a encore Miss. DunBrush ? »

« Madame… J'ai… »

Mérida vomit sur le sol au grand désespoir de la directrice des Serdaigles. La jeune fille allait passer une mauvaise nuit.