Chapitre 23 – Joyeux Noël !
« Je ne comprends pas que tu ne nous l'aies pas dit ! » s'exclama Mérida pour la centième fois avant d'entrer dans les charrettes tirées par les drôles de chevaux.
Harold avait toujours été le seul de ses amis à les voir. Son professeur, Brûlopot, qui avait vu le Viking aller les voir à l'orée de la forêt interdite en première année, lui avait expliqué qu'il fallait avoir vu la mort pour les apercevoir. Dans son village, voir quelqu'un mourir n'était pas si anormal. Il y avait beaucoup d'attaques de dragon et la première fois qu'Harold avait été témoin de la mort d'un membre de son village datait de plusieurs années déjà. Tout le village était en fait réuni et les médecins n'avaient pas pu lui sauver la vie. Les brûlures avaient été trop importantes.
Néanmoins, Harold n'aimait pas particulièrement les Sombrals. Ils lui rappelaient que son amour des dragons faisait tache chez lui.
« Je ne voulais que vous vous sentiez mal », répondit Harold, qui était quand même touchée que Mérida s'inquiète de son sort dans les deux semaines à venir. « C'est trop risqué, avec la surveillance du ministère, que je retourne à mon village avec vous-savez-qui. »
« Mais on serait resté avec toi ! » soupira Mérida dans une exclamation.
Jack eut un sourire en coin. Harold savait que Jack n'aurait jamais pu rester avec lui à Noël, sa famille l'attendait et Raiponce n'aurait jamais eu l'autorisation non plus. Quant à Mérida, Harold doutait qu'elle ait réussi à convaincre sa mère d'une telle chose. C'est pour ça qu'il n'avait rien dit. Ses camarades devaient retourner chez eux. Il n'avait pas voulu les mettre dans une situation inconfortable. De toute façon, il avait blessé assez de gens comme ça.
Ce matin, aucun Poufsouffle ne lui parlait. Seul Phillip lui avait jeté un regard compatissant. C'était un peu de sa faute, quand même. Harold tentait de s'en convaincre pour se décharger un peu de sa culpabilité, même s'il savait, au final, que ce n'était que lui qui avait été trop aveugle pour comprendre que Séléna était… amoureuse de lui ? Par Odin. Comment avait-il fait pour se mettre dans une pareille situation ?
Justement ses « amis » passèrent à côté de lui sans lui adresser un regard et Harold baissa la tête. Jack ricana et Raiponce, qui semblait étrangement tendue, les suivit du regard, surprise. Mérida, qui avait une mine épouvantable (Harold ne voulait pas savoir ce qu'elle avait fait après qu'il fût parti se coucher), ne sembla rien remarquer.
« Pourquoi tu ris, toi ? » se fâcha Mérida en dévisageant Jack. « Harold va être tout seul pendant DEUX semaines et tout ce que tu trouves à dire de ça, c'est de se moquer de lui. »
Jack rit de plus belle.
« C'est pas ça, mais j'ai l'impression qu'Harold s'est mis dans les deux pieds dans la merde de centaure. Et puis, il sera pas seul, il y a plein d'autres élèves qui restent », Jack se tourna vers Harold : « Dietrich et Liesa restent aussi. Vu que tu t'entends si bien avec Lies', tu pourras toujours trainer avec eux », proposa Jack.
Harold se demanda si le Serpentard était sérieux. Dietrich et Liesa ne voudraient jamais trainer avec lui. Il n'avait qu'une relation d'affaires avec Liesa et Dietrich lui faisait un peu peur, surtout depuis cette histoire de magie noire. Il ne comprenait pas vraiment ce qui les unissait tous les trois.
« Mais oui Harold, ils sont sympas, en fait », affirma Raiponce et Harold n'en fut que plus surpris.
Depuis quand Raiponce était devenue leur ami ?
Mérida, de son côté, sembla d'abord surprise de l'expression de Jack, puis demanda :
« De quoi tu parles, qu'est-ce que Harold a fait ? »
Zut, Mérida n'avait retenu que ça. Le dragonnier rougit. Jack, lui, riait toujours.
« T'as pas remarqué qu'il est devenu l'ennemi des Poufsouffles? »
« Quoi ? Mais non ! Qu'est-ce qui s'est passé ? »
Raiponce eut une moue désolée, tandis que Jack semblait très amusé. Harold sentait ses oreilles chauffer.
« Mais rien… » souffla-t-il.
« Il a légèrement brisé le cœur de la jolie Séléna », expliqua Jack.
« Oh, ça va… », répondit Harold.
« Quoi, mais comment ? Qu'est-ce qui s'est passé hier ? J'ai pas un bon souvenir de la soirée… »
Le sourire de Jack s'estompa. Harold en fut surpris, il s'était attendu qu'il rirait de ce genre de chose.
« C'est certain, après ce que ton cher Henry a mis dans ton verre. »
« Oh, ça va. Je me suis amusée ! » s'exclama Mérida, qui semblait tout de même clairement touchée.
Harold ne fit pas de commentaire, mais il voyait que Mérida n'en menait pas large.
« Mais j'ai un vague souvenir d'avoir vomi sur les pieds Têtenjoy… Hey ! Ne me regardez pas comme ça ! Bon, qu'est-ce qui s'est passé avec Harold ? »
Jack ouvrit la bouche, mais Harold le supplia du regard. Il ne répondit donc pas. Raiponce semblait mal à l'aise et le Poufsouffle regardait maintenant ses pieds. Mérida s'impatienta.
« Oh, mais allez… »
« Je… », commença Harold. « Séléna voulait qu'on aille ensemble au bal, car elle m'aimait bien et puis ben, elle a compris que ben voilà. »
« Que quoi ? »
Était-ce l'imagination d'Harold ou Mérida s'était un peu tendu ?
« Que Harold n'en avait rien à faire », termina Jack pour lui.
Son regard allait de Mérida à Harold.
« Au moins, c'est terminé maintenant », dit Raiponce d'une voix compatissante.
« T'étais pas intéressé par Séléna ? C'est la plus belle fille de notre année, Harold ! » s'exclama Mérida d'une drôle de voix.
Jack éclata de rire.
« Harold fait son difficile, hein ? »
« Arrête Jack. Et non, elle ne me plait pas comme ça. C'est une bonne amie, c'est tout. Même si maintenant, je ne crois plus qu'on le soit… »
« T'inquiète Harold, elle va redevenir ton amie », le consola Raiponce.
« Bon, on doit prendre la diligence, sinon on va manquer le train », s'exclama Jack en montant. « Joyeux Noël Harold ! »
« Je vais t'écrire une lettre », dit Raiponce en le serrant dans ses bras. « Tu m'en enverras une aussi, hein ? »
« Oui, t'inquiètes », dit-il en lui rendant son étreinte.
Raiponce rejoignit Jack et il ne resta plus que Mérida et lui. Un léger malaise s'installa.
« Je pourrais rester, faire croire à ma mère que j'ai raté le train… »
Une lueur d'espoir traversa les yeux d'Harold. Il aurait vraiment aimé que Mérida reste. Mais il savait aussi que sa famille ne l'avait pas encore vue réveillée et en bonne santé depuis son coma.
« Non, Mery. Tu dois rentrer, ta famille a hâte de te voir », dit-il sans grande conviction.
Elle haussa les épaules.
« On va juste se disputer avec ma mère, c'est toujours comme ça. »
Mérida jouait avec la Noire des Hébrides en bois que Harold lui avait fait.
« Tu vas m'écrire, hein ? »
Harold hocha la tête.
« Mérida ! Dépêche ! Tu vas le revoir dans deux semaines, pas dans deux ans ! » s'exclama Jack alors que l'heure tournait.
Mérida ne le regarda même pas. Elle hésita puis prit Harold maladroitement dans ses bras.
« Joyeux Noël. »
Rouge pivoine, Harold hocha la tête, puis la rousse prit ses bagages et alla rejoindre Jack et Raiponce.
Noël à Poudlard avait son charme. En plus que toutes les salles avaient été magnifiquement décorées, les enseignants et enseignantes qui étaient restés — peut-être que certains n'avaient nulle part où aller ou tout comme lui, ils cachaient des dragons dans la forêt interdite — semblaient beaucoup plus décontractés. Harold avait même vu Slughorn, Brûlopot et Dumbledore entonnés un air de Noël en riant dans un couloir. Ils pensaient surement ne pas être vus. Ce spectacle était particulièrement étrange.
Peu d'élèves étaient restés à l'école. Harold reconnaissait sans mal certains d'entre eux, même s'il ne leur avait jamais vraiment adressé la parole. On y figurait par exemple, les jumeaux Bach, Jedusor et Hagrid. Il y avait aussi trois Serdaigles de tous les âges, une Gryffondor de dernière année et deux Poufsouffles plus jeunes. L'un des Poufsouffles s'appelait Christopher Bang et il s'était immédiatement pris d'affection pour les créations d'Harold. Le Viking, lorsqu'il était dans leur salle commune, avait tenté de lui apprendre comment il faisait pour sculpter le bois et pour les ensorceler. Depuis, Christopher s'exerçait constamment au grand dam de son meilleur ami qui était plus du genre sportif.
Pendant les vacances, tous les élèves avaient été autorisés à manger sur une unique table en avant de la Grande Salle, tandis que les professeurs étaient à leur table habituelle. L'heure du repas était fixe, étant donné le peu de gens et Harold, qui passait la majorité de son temps dans la forêt interdite, devait faire attention à ne pas la manquer. C'était déjà arrivé deux fois et Brûlopot était venu l'avertir de faire attention. Harold ne voulait pas attirer l'attention davantage sur lui. Si jamais son directeur de maison décidait de le suivre pour découvrir où il passait son temps, seul, il serait vraiment dans la mouise.
D'ailleurs, Brûlopot semblait s'être donné la mission de les occuper, Hagrid et lui. Ils étaient, à ses dires, les élèves ayant le plus de potentiel en créatures magiques qu'il avait vu à Poudlard. Et vu qu'aucun des deux ne semblait occupé, il avait décidé de les réquisitionner pour l'aider à s'occuper de toutes sortes de créatures qui avaient eu l'intelligence de mettre bas, de tomber malade ou de se blesser pendant les fêtes. Maintenant, Harold, entre la fabrication de ses petites sculptures de bois, le soin de ses dragons et les animaux de Brûlopot, avait l'impression d'être autant chargé, si ce n'était plus, que lorsqu'il avait des cours.
Niveau soin, Harold s'était montré remarquablement doué. Après tout, il soignait littéralement une dragonne durement blessée depuis plusieurs mois, il avait eu l'occasion d'apprendre toute sorte de sort et de potion. Même si celle qui les fabriquait était Liesa.
Liesa, d'ailleurs, semblait avoir profité de son temps libre pour finir toutes les potions de soin qu'Harold lui avait commandées. Elle ne posait pas de questions, ni sur leur utilité, ni sur la façon qu'Harold trouvait certains ingrédients. De toute façon, Liesa l'aidait aussi à se procurer certains ingrédients rares et Harold ne posait pas de questions non plus. Il se doutait qu'elle piochait dans les réserves de Slughorn. Lui, il avait dû explorer un peu plus la forêt interdite avec l'aide de Firenze. Heureusement, l'enfant centaure savait où ne pas mettre les pieds. Ils avaient pu échapper à de nombreuses créatures comme ça, même si Harold et lui avaient dû rester cachés pendant plusieurs heures, une soirée, lui faisant encore manquer le souper.
Au final, Harold s'ennuyait certes de ses amis, mais il n'avait pas eu le temps de se sentir trop seul. À Noël, son père lui avait envoyé une carte lui expliquant qu'il aurait une hache à son retour — un « beau » présent —, Raiponce lui avait envoyé une carte qu'elle avait peinte avec de l'acrylique, Jack une mèche de cheveux de Mérida (Harold n'avait aucune idée de la façon dont il avait pu récupérer ce genre de chose, mais il avait trouvé la blague assez de mauvais goût et avait jeté la mèche — après une petite hésitation —) et Mérida, en plus de lui envoyer une lettre pratiquement tous les jours — elle s'inquiétait qu'il s'ennuie —, elle lui avait envoyé une tapisserie moldue avec un Krokmou vaguement reconnaissable.
« Harold,
En théorie, tu devrais recevoir ça le jour de Noël, alors Joyeux Noël !
Pour répondre à ta dernière lettre, j'ai l'impression que les profs se sont donné le mot pour s'assurer que vous ne fassiez pas trop de bêtises dans le château. Et je suis contente que tu t'entendes bien avec Rubeus. Il est gentil, même s'il a des préjugés contre les nés-moldus. Je crois qu'il n'a pas beaucoup d'amis, d'ailleurs. À la rentrée, j'ai partagé une diligence avec lui — longue histoire — il s'était mis à pleurer. J'ai jamais su pourquoi. Peut-être à cause de cette histoire de demi-géant, mais je trouve ça stupide. Il est pareil comme n'importe quel garçon de Poudlard, sans vouloir t'offenser.
De mon côté, ça va. J'ai dû accepter de donner mes desserts à mes frères pour qu'ils ne disent pas à ma mère que je passe mon temps dans la forêt avec Angus à tirer à l'arc. Je crois que je vais l'apporter à Poudlard – mon arc, pas mon cheval —, ça m'avait trop manqué.
D'ailleurs, hier, j'ai tenté de regrimper sur ma montagne, mais c'était un peu trop glissant. J'aimerais tellement pouvoir te montrer. Peut-être cet été ? Ce n'est pas aussi impressionnant que notre balade avec Krokmou au-dessus de la forêt interdite, mais franchement, je ne connais pas de plus beau coucher de Soleil.
Là, tu dois te demander : c'est quoi le truc que je t'ai envoyé ? J'avais vraiment aucune idée de cadeau de Noël, donc je t'envoie ma dernière création que ma mère m'a obligée à faire. Elle n'avait pas été très contente que je tapisse un dragon. Elle a vu ça comme une provocation à son égard. Au début, elle ne voulait plus que je continue le tournoi, c'est pour ça que j'ai fait ça. Au final, vu que ma mère s'en serait débarrassée et que je l'aime bien, je me suis dit que vu que tu aimes les dragons, tu lui trouverais une utilité. Bon, je n'ai pas tes talents d'artiste, mais j'ai fait de mon mieux. J'espère qu'il te plaira, ça me faisait penser à toi.
J'espère que ton Noël ne se passe pas trop mal,
À bientôt,
Mérida »
Harold serra la lettre de Mérida dans ses mains en sentant son cœur battre fort dans sa poitrine. Elle l'avait invité à venir cet été. Sa maison était loin de la sienne, certes, mais il espérait vraiment pouvoir y aller. Il s'empressa de lui réécrire. Elle avait surement déjà reçu le griffon qu'il lui avait sculpté pour Noël.
Vers le milieu des vacances, en sortant du miroir, Harold oublia complètement de jeter un coup d'œil avant d'ouvrir la porte. Il rentra donc de plein fouet dans un géant. Ou plutôt un demi-géant : Hagrid. Face à la violence de l'impact, le Poufsouffle fut projeté à l'arrière et sa tête heurta le coin de la porte-miroir qu'il n'avait pas pu refermer complètement. Une immense douleur le saisit alors qu'il mettait sa main au lieu de l'impact. Il tenta de refermer la porte, mais il était légèrement sonné et il n'était pas capable de grand-chose.
« Oh ! Je suis tellement désolé ! » s'exclama la voix bourrue du troisième année.
Harold, assis par terre, tentait toujours de refermer la porte d'une main sans grand succès. Rubeus se pencha et l'aida à se relever. Heureusement, Harold avait simplement très mal, il n'était pas étourdi. Il aurait simplement le droit à une bonne bosse le lendemain.
« Ça va, ça va. C'est moi, j'ai pas regardé », fit-il en refermant finalement le miroir.
« C'est quoi derrière le miroir ? » demanda Hagrid que Harold sentait toujours coupable.
« Oh, euh rien du tout. Juste euh… un truc de Poufsouffle, c'est tout. »
Il n'y avait aucune chance qu'Hagrid avale ça, mais le Gryffondor n'insista pas. Il se tordait les mains de malaise.
« Ça va aller ta tête ? »
« Ouais. »
Il y eut un silence gêné et Harold s'apprêta à trouver une excuse pour s'en aller, au moment où Rubeus déclara :
« Je t'ai vu dans la forêt interdite, hier. »
Le Poufsouffle sentit un vent de panique le gagner. Par Odin. Il allait le dénoncer, c'était certain. Il se ferait renvoyer, Krokmou et la dragonne tuer et ça serait la fin !
« T'inquiètes, je dirai rien », dit Hagrid comme pour le rassurer. « Je me demandais juste ce que tu y faisais. »
« Oh euh… »
Sans s'en rendre compte, les deux avaient commencé à marcher dans le couloir du quatrième étage. Harold ne savait pas quoi raconter à Hagrid. Il ne pouvait décidément lui dire qu'il ne cachait pas un, mais deux dragons ! S'il continuait à ce rythme, il y cacherait tous les dragons de la Grande-Bretagne. En parlant de dragon, Harold n'avait pas fait attention à où ils se dirigeaient, mais lorsqu'il tourna le regard, ils étaient dans une pièce sombre. Il y avait un monticule de toiles d'araignée et la pleine lune réussissait à peine à éclairer le fond de la pièce. Dans un coin de la pièce, tapis dans le noir, il y avait… Krokmou. Harold ne comprit pas exactement ce qui se passait. Que pouvait bien faire son dragon dans le château ? Il venait tout juste de le quitter, non ? Hagrid ne semblait toujours pas l'avoir remarqué. Cependant en sentant que l'expression d'Harold avait changé, il suivit son regard et se figea.
Que faire ?
Avant même qu'Harold ait le temps de prendre une décision de la marche à suivre pour ramener Krokmou dans la forêt interdite et choisir un mensonge pour Rubeus — même si franchement, il ne voyait pas quel genre de mensonge grotesque pouvait bien passer —, Krokmou s'effondra sur le sol. Il était coincé dans un filet. Dans le même filet qu'Harold lui avait lancé en août pour le tuer. Il paniquait. Harold courut vers lui, tant pis pour Hagrid.
« Attends ! Bouge pas ! »
Il sentait sa voix paniquer, monter dans les aigus. Comment avait-il pu se ramasser enrouler comme ça ? Il devait bien y avoir quelqu'un aux alentours ? Quelqu'un l'avait surpris comme Hagrid et le retenait prisonnier pour l'assassiner ?
Soudain, il remarqua un détail qui lui avait d'abord échappé. Une lance d'une longueur de plus de deux mètres, avec un énorme pic en acier au bout, comme ceux que Gueulfort fabriquait, était enfoncée dans les côtes de son dragon. Harold se mit à paniquer pour le bon. Krokmou ne pourrait jamais survivre à ça.
« Rubeus, aide-moi ! Faut le sortir de là ! Qui t'a fait ça, mon beau ? »
Harold n'avait pas la moindre idée de comment procéder. Il s'approcha de Krokmou qui utilisa ses dernières réserves d'énergie pour lui gronder dessus. Il avait peur de lui, comme si c'était Harold qui lui avait planté la lance dans le corps. Harold stoppa son mouvement, Krokmou se préparait à le carboniser. Le Viking ne comprenait pas, il tentait de le rassurer, mais il ne pouvait rien faire sans s'approcher.
« Harold, éloigne-toi », souffla Hagrid, qui semblait impressionné malgré tout.
« Non ! Non, je dois le sauver. Krok, c'est moi. »
Krokmou prit son souffle et au moment où il allait lui jeter une boule de flamme bleue, un Serdaigle de l'année d'Hagrid tourna le coin du couloir. Il fit d'abord un énorme bond à l'arrière en apercevant la scène, puis courut se mettre entre Harold et le dragon. Le Viking tendit la main pour l'intercepter, Krokmou semblait tellement dans une rage noire qu'il n'avait pas l'air de se gêner pour carboniser le pauvre aiglon de troisième année, néanmoins, le garçon se dégagea d'un coup d'épaule et il cria :
« Hey ! »
Ce n'était pas les Gryffondors qui devaient être impulsifs et téméraires ?
Le regard de Krokmou croisa celui du garçon et se transforma en un papillon de nuit énorme et particulièrement velu. Le garçon grimaça, pointa sa baguette sur l'insecte géant et dit :
« Riddikulus ! »
Aussitôt, le papillon se transforma en barrette pour les cheveux en porcelaine que portaient parfois les filles qui se fracassa en mille morceaux sur le sol. Harold était figé de stupeur. Il avait la bouche ouverte et dévisageait le troisième année sans comprendre ce qui venait de se passer. Rubeus semblait être dans le même état.
« Quoi ? » fit le Serdaigle d'un regard fier et légèrement arrogant.
Harold jeta un regard à Hagrid. Que venait-il de se passer, exactement ?
« Lyall, comment t'as, comment tu… » tenta le Gryffondor.
Le dénommé Lyall semblait très fier de l'effet qu'il donnait.
« Oh ! Comment je me suis débarrassé de l'épouvantard ? Il n'y a pas plus fastoche. Faut lancer Riddikulus. »
Harold et Hagrid se regardèrent. Harold délia sa langue :
« C'était un épouvanquoi ? »
Lyall soupira.
« Pas un épouvanquoi, un épouvantard. T'es pas en quatrième année, toi ? T'es censé savoir ça, quand même… C'était un épouvantard, donc. Ça fait apparaitre ta plus grande peur et tu dois penser à une façon de la ridiculiser pour la faire disparaitre. Le rire est un remède à la peur. »
Hagrid et Harold se firent un regard entendu.
« Tu veux dire que tu as peur des papillons ? » demanda Harold.
Lyall rougit.
« Quoi ! Non, mais ce n'est pas n'importe quelle créature, c'est pas un simple papillon. Il est super dangereux. »
« Ça ressemblait à un papillon de nuit, non ? » constata Hagrid, un sourire apparaissant sur ses lèvres.
Harold éclata de rire, bientôt suivi par le demi-géant. Le Serdaigle, lui, ne semblait pas goûter à la plaisanterie.
« Hey, euh ! Je viens de vous sauver la vie. Pas la peine de vous moquer, vous devriez me remercier, hein. »
Harold tenta tant bien que mal de cesser de rire.
« Ce dragon aurait pu vous carboniser, hein ! C'est à cause du tournoi, non ? T'es ami avec tête brûlée, non ? » fit Lyall d'un ton insulté par leur moquerie.
Ça eut l'effet escompté.
« Tête brûlée ? » demanda Harold insulté pour Mérida.
Il se doutait que son amie n'aimerait pas se faire qualifier de la sorte. Hagrid, lui, semblait mal à l'aise. Lyall semblait content de son effet. Il n'aimait vraisemblablement pas qu'on se moque de lui.
« Bah oui. C'est ce qu'on dit… En tout cas, ça explique ta peur des dragons. »
Harold aurait pu éclater de rire en entendant une telle ineptie, mais c'était une occasion en or pour que Rubeus oublie qu'il eût carrément tenté de sauver le faux-Krokmou.
« Euh, ouais, haha… »
Ça sonnait tellement faux et même Hagrid fronça les sourcils. Heureusement, Harold avait l'air vraiment secoué. Ça l'avait ramené à août dernier, où il avait tenté de tuer Krokmou. Cela lui avait pris plus d'une semaine à être capable de l'approcher et encore plus de temps pour l'apprivoiser.
Rubeus avait une expression indéchiffrable. Il y eut un silence.
« Comment tu connais ça, les épouvantards ? » demanda Harold dans l'espoir de détourner l'attention de lui.
Lyall eut un sourire gêné, qui le changeait de son arrogance de plus tôt.
« J'aime bien ça, les créatures du mal. J'ai lu pas mal de livres là-dessus à la bibliothèque. Et puis, il y a déjà plusieurs attaques d'épouvantards dans le château. Donc, je me suis dit que ça serait pas mal d'apprendre le sort. Je me suis expérimenté sur un que j'avais trouvé au sixième étage… C'est bizarre qu'il y en ait autant. »
« Tu connais les avaleurs-d'espoir ? » demanda Harold en se rappelant la conversation qu'il avait eue avec Mérida et Firenze quelques semaines plus tôt.
Le regard de Lyall s'éclaira.
« Oh ! Les Détraqueurs, c'est ça ? J'ai lu sur eux beaucoup ! Je rêverais d'en croiser un, pour l'étudier. Mais j'arrive pas à faire le sortilège du Patronus. Il est compliqué. Habituellement, c'est un sort qu'on apprend en sixième ou en septième année. »
Le regard d'Harold s'éclaira. C'était donc bien les Détraqueurs et il y avait un sort pour s'en protéger. S'il continuait de se promener dans la forêt, il faudrait qu'il envisage de l'apprendre. Par contre, si le niveau était aussi élevé que Lyall le sous-entendait, ça ne serait pas facile.
« Sinon, c'est quoi ton nom ? Moi c'est Lyall Lupin… » dit le troisième année devenant de plus en plus timide.
« Harrold Haddock. »
Ils se serrèrent les mains.
Coucou! Ça a pris un peu plus de temps qu'à l'habitude, car j'ai été débordée (et c'est un euphémisme, haha). Dans tous les cas, j'espère vraiment que vous avez aimé, le prochain chapitre sera sur Mérida et un peu de Raiponce. Commentez, abonnez, etc. Ça m'encourage et ça fait plaisir. À bientôt 3
