Chapitre 24 - La soirée de Slug
« Vous êtes cordialement invitée à vous joindre à la soirée l'honorable Professeur Slughorn dans ses appartements le vendredi 15 janvier 1943 à 19h », lut Mérida.
Mérida montra la note qu'elle avait reçue à Jack une semaine après le retour des fêtes, qui sourit. Ils étaient assis dans le Grand Hall et attendaient que Raiponce et Harold viennent les rejoindre. Ils étaient restés après le cours de créatures magiques avec le professeur Brûlopot. Jack et Mérida, qui se demandaient pourquoi donc ils avaient pris cette option, n'avaient pas envie de passer plus de temps à se faire dire qu'ils s'y prenaient mal.
« Eh bien, tu es invitée toi aussi. Ça ne devrait pas me surprendre, tous les participants au tournoi étaient présents la dernière fois. »
« Tu y vas aussi ? »
« Oui et Raiponce aussi. Il m'a invité après mon premier match de Quidditch. Il m'a dit que mon talent surpassait celui de mon père. »
Mérida observa le Serpentard avec gêne. C'était rare que Jack évoquât son père. Elle n'en connaissait, pour ainsi dire, pas beaucoup sur lui. Parfois, Jack faisait un commentaire qui ressemblait fortement à de l'admiration et parfois, c'était tout l'inverse. Le Serpentard avait accumulé beaucoup de rancœur et ses amis savaient rarement comment s'y prendre lorsque ses épaules se voutaient et qu'il s'exprimait avec amertume.
Mérida se demandait où il se situait, mais elle n'arrivait pas vraiment à le savoir. Elle se demandait si Jack était au courant où son père était parti et ce qu'il faisait maintenant. La communauté sorcière n'était pas si grande, non ? Il devait bien avoir une idée.
« Ton père, il était aussi poursuiveur ? »
« Non, attrapeur. »
Mérida hocha la tête.
« Et toi, tu… »
« Je préfère juste être poursuiveur, c'est tout. »
« Ok, ok. »
Jack soupira, ses épaules étaient voûtées et Mérida ne savait plus quoi dire, alors elle préféra changer de sujet.
« Et donc, qu'est-ce qui se passe à cette soirée-là ? »
« Oh, on mange et on discute. Franchement, si Jedusor n'était pas là pour se vanter, ça serait presque agréable. »
« Bon, ça n'a pas l'air si mal, alors. Et j'imagine que je n'ai pas vraiment le choix. »
Jack n'eut même pas le temps de commenter qu'Harold et Raiponce arrivèrent. Tous les deux semblaient venir de voir quelque chose d'horrible. Ils chuchotaient et la tension était palpable. Mérida se leva, bientôt suivi de Jack qui prit Raiponce dans ses bras avant de lui demander :
« Qu'est-ce qui vient de se passer ? »
Mérida se tourna vers Harold. Il ne semblait pas savoir par où commencer.
« On aidait Brûlopot avec un Niffleur qui avait réussi à voler presque toute l'argenterie de Poudlard », commença Raiponce. Elle se tourna vers Harold qui lui jetait un regard surpris : « Bon, peut-être pas toute, mais vraiment beaucoup. Le pauvre, il a même réussi à se couper… mais bref. C'est là que Mrs. Crane est arrivée. »
« Mrs. Crane? » demanda Mérida surprise. Elle n'arriva pas à imaginer que Mrs. Crane puisse vouloir parler avec un enseignant aussi gentil que le professeur Brûlopot.
« Oui, oui, elle », confirma Raiponce.
« Continue », la pressa Jack.
« Elle n'a pas semblé nous remarquer tout de suite, mais elle parlait super rapidement. Elle parlait d'une attaque d'épouvantard. Brûlopot lui a dit que c'était plus le rayon de Têtenjoy, mais Mrs. Crane a renchéri que ce n'était pas juste ça. Elle s'est mise à parler du fait qu'elle avait dû aller récupérer un élève qui s'était sauvé dans le couloir du sixième étage après l'attaque. L'élève était en état de choc. Elle disait qu'il était assis sur le sol, les mains sur les oreilles et ne cessait de répéter que la chambre des secrets avait été ouverte et que les nés moldus allaient tous mourir. Il devait prévenir une certaine Margaret, qu'une créature avait été libérée et tout. »
« Margaret Dawn? La Margaret dans notre année à Gryffondor avec qui je partage mon dortoir depuis quatre ans? » demanda Mérida.
« Euh, je ne sais pas, peut-être… Elle est née moldue ? »
« Euh, aucune idée, on ne se parle pas beaucoup. »
« Tu partages ton dortoir avec elle depuis quatre ans et tu ne sais même pas si elle est née moldue? » fit Jack, peu impressionné.
« Parce que toi, tu sais qui l'est dans ta maison, peut-être? »
« Il n'y a pas de nés moldus à Serpentard », dit Jack naturellement.
Mérida leva les sourcils, surprise. Elle ignorait si c'était vrai, mais ça expliquerait beaucoup de choses si c'était le cas.
« De toute façon », continua Raiponce. « Mrs. Crâne semblait vraiment inquiète… »
« Je ne l'avais jamais vu autre chose que fâchée », commenta Harold.
« Ouais. »
« Ça devait être effrayant », plaisanta Jack qui ne semblait pas trouver la situation plus préoccupante que ça.
« Jack, c'est sérieux », renchérit Raiponce. « Mrs. Crane a affirmé qu'elle était certaine d'avoir entendu quelque chose quand elle a enfin réussi à relever l'élève. Elle a dit qu'on aurait dit un bruit sourd rampant venant de quelque chose d'énorme. Elle était convaincue d'avoir échappé à quelque chose d'horrible. Je crois qu'elle est née moldue. Elle a dit que c'était la deuxième fois après Noël qu'elle avait l'impression d'être suivi. »
Mérida resta silencieuse un moment. Elle jeta un coup d'œil à Harold. Un silence s'était installé. Harold ne la regarda pas.
« Pendant Noël, j'ai croisé un épouvantard avec Rubeus et Lyall. »
« Qui ça? » demanda Mérida.
« Lyall Lupin, un troisième année de Serdaigle. En tout cas, Lyall a dit qu'il y en avait vraiment beaucoup. C'est lui qui a pu me confirmer pour les Détraqueurs », dit Harold en se tournant vers Mérida.
Harold lui avait envoyé une lettre vers la fin des vacances avec ses découvertes récentes sur les Détraqueurs. En revenant à Poudlard, Harold et elle avaient tenté de lancer le fameux sortilège du patronus dans les bois avec Krokmou et Firenze et il ne s'était rien produit. Ils ne savaient pas vraiment comment s'y prendre, en fait.
« Il a dit qu'il y avait beaucoup de épouvantards dans le château. Lui aussi, il a l'impression que quelque chose d'étrange se prépare. »
« Une fille de mon dortoir pleurait ce matin, car elle disait que le château lui portait malheur. Au moment où elle est revenue, elle aurait recommencé à faire des cauchemars », dit Raiponce.
Mérida n'y avait pas vraiment réfléchi, mais il était vrai que pendant les deux semaines où elle avait été chez elle, elle avait fait très peu de cauchemars. Il y avait seulement deux nuits où elle s'était réveillée affolée en ayant l'impression d'être carbonisée. Mais, c'était quand elle était revenue au château qu'elle avait recommencé à se retrouver enfermer dans une pièce entièrement noire lorsqu'elle dormait.
Jack était très silencieux et Mérida se tourna vers lui.
« As-tu entendu des trucs étranges des gens de ta maison? »
« Pourquoi tu me demandes ça? » dit Jack sur la défensive.
« Car tu nous as dit que deux membres de ta maison avaient parlé de la chambre des secrets. Est-ce qu'ils en ont parlé encore ? »
Jack haussa les épaules.
« Pas à ma connaissance. »
« Et Dietrich », demanda Raiponce, « Il ne saurait pas quelque chose? »
« Je ne sais pas », rejeta-t-il un peu abruptement.
« Mais tu lui as parlé, non? » continua Raiponce.
« Pas tant que ça. Le soir, il revient après le couvre-feu et le reste du temps, je suis avec vous. »
« Après le couvre-feu ? » s'étonna Mérida suspicieuse.
« Oui, après. Harold et toi aussi, vous rentrez parfois après le couvre-feu et vous avez enfreint de bien pires règlements… »
« Jack, Dietrich traine avec Mulciber et Avery et c'est eux qui parlaient d'avoir ouvert la chambre des secrets… » tenta de raisonner Harold doucement.
« J'ai promis à Diet' de ne plus l'espionner et il m'a dit qu'il n'avait rien à voir à ces rumeurs. »
« Tu es certain que tu peux lui faire confiance, Jack? »
« C'est mon ami Mérida. Autant que vous quatre. »
« Il pratique la magie noire, Jack. »
« Bon! Qu'est-ce qui vous prend? Lâchez-moi un peu. Je vous dis qu'il n'a rien à voir. Pis faut que j'aille m'entrainer. »
Jack tourna les talons, laissa les trois amis au milieu du Hall, mal à l'aise.
Ayant l'impression d'être une complète étrangère, Mérida entra dans les appartements de son professeur de potion. Une large table circulaire y était installée avec un certain nombre de sièges. Jack était assis un peu en retrait des autres Serpentards qui étaient en pleine discussion avec Tom. La rousse croisa le regard du préfet et lui sourit par politesse, mais apparemment la compétition était trop forte pour le serpent qui l'ignora superbement. La jeune fille leva les yeux au ciel avant de rejoindre Jack :
« Hey. Raiponce n'est pas arrivée ? » demanda la rousse en la cherchant du regard.
Sans relever les yeux, Jack haussa les épaules. Mérida fronça les sourcils, étonnée du comportement de son meilleur ami et se pencha légèrement pour capter son regard. Il détourna les yeux, mais Mérida insista :
« Ça va ? »
Jack leva les yeux et la fixa étrangement. Il jeta un coup d'œil aux autres Serpentards. Après un instant, il passa une main dans ses cheveux et hocha la tête :
« Ouais, ouais. Raiponce est là. »
Le Serpentard se leva et vint rejoindre sa petite amie qu'il prit dans ses bras. Mérida resta planté là, un peu surprise. En plus d'avoir l'impression d'être complètement mise à part, elle avait l'impression qu'on la fixait dans le groupe des Serpentards. Elle ne se retourna pas pour vérifier, préférant s'asseoir dignement en attendant que la petite réunion commence. Raiponce vint s'asseoir juste à côté d'elle un grand sourire aux lèvres, les joues encore roses :
« Coucou Mérida », sourit-elle en déposant sa tête sur l'épaule de la rousse.
Ce geste ne put empêcher Mérida de sourire alors que Jack s'installa à côté de Raiponce. Elle se tourna vers Raiponce et lui chuchota :
« Ça a l'air de s'être arrangé avec Jack… »
Raiponce la regarda, surprise :
« Qu'est-ce qu'Harold t'a dit ? »
Mérida pouffa.
« Mais rien, je ne suis juste pas aveugle. »
Raiponce hocha la tête. Slughorn, en pleine discussion avec Peter, se retourna et sembla enchanté de voir tout le beau monde qui était réuni à sa table.
« Bonjour tout le monde ! Commencez donc à manger, le repas est chaud ! »
Comme à la Grande Salle, des repas étaient apparus par magie sur la table. Il s'agissait de mets fins que Mérida n'avait jamais vus. Elle avait l'impression de retourner en première année lorsqu'elle avait, pour la première, fois vu tous les plats apparaître sur la table. Là, ce n'était pas la quantité de nourriture qui était phénoménale, mais la qualité de la nourriture qui lui semblait exceptionnelle. Elle se servit d'un peu de tout et commença à manger avec appétit. Voyant sa gourmandise, Raiponce ricana à côté d'elle et lui pointa un plat :
« Ça, c'est de la soupe de noisette. Elle n'est pas aussi bonne que celle de ma maman, mais ça reste mon plat préféré ! »
Mérida s'en servit un grand bol. Pendant qu'elle mangeait sa soupe et après que tout le monde eut le temps de se servir, Slughorn se tourna vers elle :
« Oh ! Miss DunBrush ! Je suis très heureux que vous ayez pu venir aujourd'hui ! Je vous avertis, tous les quatre, ici nous sommes là pour avoir du plaisir, vous aurez tout le temps de vous battre dans l'arène, haha ! »
Tout en avalant sa gorgée de soupe, Mérida jeta un coup d'œil à Milicent qui souriait et qui lui retourna son regard. Apparemment, le professeur avait déjà fait cette remarque hilarante.
« Vous nous avez beaucoup impressionnés avec ce dragon, il y a déjà deux mois ! » continua Slughorn en s'adressant à elle directement. « Que le temps passe vite… Dites-moi, entre nous, comment avez-vous eu l'idée de chevaucher cette créature sauvage ? »
Mérida jeta un coup d'œil à Jack et Raiponce. Jack regardait toujours la table et Raiponce lui sourit pour l'encourager à répondre.
« Euh, on m'avait raconté beaucoup d'histoires sur les dragons, donc je… je me suis dit, pourquoi pas… »
Slughorn semblait très intéressé, alors il ne sembla pas remarquer que des Serpentards à côté de Tom ricanaient. Mérida se sentit rougir et bouillir. Normalement, elle leur aurait déjà demandé qu'est-ce qu'était leur problème. Mais devant le professeur de potion, qui était, en plus, leur directeur, cela aurait sans doute été légèrement déplacé.
« Ah oui ? Il y a beaucoup d'histoire de dragons chez les moldus ? » s'étonna Slughorn, curieux.
Mérida s'empressa de secouer la tête avant d'expliquer :
« Non, ben en fait, oui, les moldus ont beaucoup d'histoires de dragons, mais c'est pas eux qui m'ont donné l'idée de monter sur la Noire des Hébrides… »
« Oh ! Vous savez même identifier les dragons ! Une carrière dans ce domaine vous intéresse, Miss. DunBrush ? Il y a des métiers très intéressants dans la relocalisation des dragons et le contrôle de leur territoire. Je pourrais vous mettre en contact avec Norbert, un ancien camarade d'école, bien qu'il était un peu plus jeune que moi. Vous connaissez surement son livre sur les créatures magiques. Brillant, brillant ! »
Mérida ouvrit la bouche, elle ne savait pas trop par quoi commencer et sentait que la conversation pouvait facilement dévier avec ce professeur. Néanmoins, s'il connaissait réellement l'auteur du livre des créatures magiques, Harold serait plus qu'heureux de pouvoir le rencontrer :
« Oh, je ne m'intéresse pas suffisamment aux créatures magiques, Monsieur, mais mon ami, Harold, oui. C'est lui qui m'a tout appris sur les dragons, c'est un vrai passionné. »
Mérida était heureuse d'avoir pu le placer dans la conversation, même s'il n'avait jamais été invité aux diners de Slug.
« Monsieur Haddock, dites-vous ? Ah bon. Tom, Madame Têtenjoy m'a informée que vous aviez brillé dans son cours une fois de plus. Il est très impressionnant de réussir de tels sortilèges à votre âge. Vos concurrents n'auront qu'à bien se tenir pendant la suite du tournoi, n'est-ce pas ? »
Peter éclata de rire et Mérida avait l'impression d'avoir été flouée. Elle aurait au moins tenté d'avoir un contact pour Harold, mais apparemment Slughorn ne s'intéressait pas du tout à ceux qui n'étaient pas invités à ce club. Franchement, elle commençait à trouver que ce club était d'une stupidité sans nom. Pourquoi avait-elle accepté de venir ? Surtout que bon, maintenant cela venait de se transformer en une discussion sur qui réussissait à lécher le plus les bottes de Tom. La rousse mangea sa soupe en silence. Elle jeta un coup à Raiponce qui elle, semblait fascinée, comme à son habitude, à la conversation à table. Pour Mérida, il manquait légèrement d'action. Ils auraient quand même pu jouer une bataille de cartes explosives ou aux échecs version sorcier ? Parler, parler, ça devenait long.
Alors que Mérida finissait son dessert avec de drôles de petits pois verts, Raiponce leva la main et demanda :
« Monsieur, je me demandais, est-ce que vous, vous savez ce que ça signifie que la chambre des secrets a été ouverte ? »
Si, depuis le début du repas, chacun avait la politesse d'écouter les autres parler, le silence sembla plus lourd qu'il ne l'avait été jusqu'à présent. Slughorn semblait hésiter à répondre et Raiponce comprit qu'elle devait rapidement le convaincre :
« Je me suis dit, puisque vous semblez connaître tellement de choses sur l'école, vous sauriez sans doute pourquoi quelqu'un voudrait l'ouvrir… »
Slughorn pinça les lèvres alors que Mérida se redressait. Elle avait été de celles qui n'avaient pas réellement pris au sérieux l'ouverture de la chambre des secrets. Après tout, le premier message à cet effet avait été fait dans sa convalescence. Elle avait l'impression que ce n'était qu'encore juste une blague méchante destinée aux gens comme elle et optait pour la technique « si je les ignore, ils verront qu'ils ne m'atteignent pas ». Cependant, en voyant le sérieux de l'expression du professeur et depuis la conversation qu'Harold et Raiponce leur avait rapporter sur Mrs. Crane au début de la semaine, elle commençait à se dire que la menace était peut-être plus réelle qu'elle le pensait.
« Eh bien, je ne sais pas si c'est une bonne idée… »
Slughorn se tourna vers un étrange sablier qui coulait tellement lentement qu'il en était vraisemblablement illogique. Il devait y avoir de la magie là-dedans.
« J'imagine que vous avez le droit d'être au courant. »
Un silence attentif lui répondit.
« Donc, vous connaissez sans doute l'histoire des fondateurs de Poudlard. »
La plupart des élèves hochèrent la tête et Mérida eut légèrement honte de réaliser qu'elle était une des seules qui ne savait même pas qui étaient les fondateurs de l'école.
« Il y avait Godric Gryffondor, Rowena Serdaigle, Helga de Poufsouffle et Salazar Serpentard. Ils croyaient tous les quatre en l'éducation des jeunes sorciers, mais ils croyaient en des qualités différentes par rapport aux gens qui deviendraient de meilleurs sorciers. Pour Godric, le courage et la ténacité devaient être les qualités centrales, Rowena l'intelligence et la curiosité, Poufsouffle le travail et la loyauté et Serpentard l'ingéniosité et l'ambition, deux qualités fondamentales. Cependant, Serpentard croyait aussi que seuls les sorciers nés de parents sorciers pouvaient prétendre à une éducation sorcière. Un conflit a éclaté, particulièrement entre Godric et lui et finalement il a décidé de quitter le château. La légende dit qu'il aurait laissé, juste avant de partir, une créature dans la chambre des secrets afin de purifier l'école des gens qu'il croyait inaptes à étudier ici. Il va de soit que l'école a été fouillée plusieurs fois et que jamais aucune créature n'a pu être trouvé, il ne faut donc pas trop s'inquiéter. »
« Mais, Monsieur » renchérit Raiponce « Même si la chambre n'existe pas, ne croyez-vous pas qu'il pourrait y avoir une réelle menace faite au nom de l'idéologie de Serpentard à l'école ? »
Mérida dévisagea Raiponce, surprise de la voir si affirmée face à ce choix de conversation vraisemblablement délicat. Pris au piège, Slughorn n'eut d'autre choix que de répondre :
« Je crois que les élèves se respectent suffisamment pour ne pas en venir à des actes irréparables, Raiponce »
Mérida s'attendait à ce que la discussion se finisse là, même si elle n'était pas du tout d'accord avec Slughorn sur ce point, mais Raiponce continua :
« Mais Monsieur, avec Grindelwald au pouvoir et son idéologie sur la domination des moldus, ne croyez-vous pas que l'on devrait prendre davantage de précautions pour que les nés moldus soient en sécurité ? »
« Tu penses à une née moldue en particulier, Gothel ? » interrogea un Serpentard un an plus vieux, Mulciber, si Mérida avait une bonne mémoire, un sourire arrogant aux lèvres.
Elle se sentit bouillir à l'intérieur et Raiponce lui attrapa le genou sous la table.
« Je pense à tous les nés moldus de cette école, Mulciber. J'en ai assez d'entendre et de voir des menaces envers eux », répondit clairement Raiponce.
Slughorn sentait que la conversation s'en allait déraper et se leva :
« Merci Raiponce pour ton intervention, Allen. Même s'il s'agit d'un sujet fort intéressant, il est très tard et c'est maintenant le temps de se diriger vers votre salle commune si je ne veux pas me faire pincer par Mrs. Crane. Allez tout le monde. Je vous souhaite une bonne nuit. »
Raiponce et Mulciber se fixèrent encore un instant alors que Mérida n'arrivait pas à dévier son regard de la Serdaigle. Elle finit par se retourner en sentant quelqu'un la fixer. Cependant, tout le monde s'était levé et il devint impossible de retrouver le fautif. La rousse poussa sa chaise et suivit Raiponce, qui suivait Jack à l'extérieur de la classe. Jack s'arrêta un instant pour caresser la main de Raiponce et fila sans ajouter un mot vers les cachots. Raiponce sembla légèrement déboussolée, mais ne dit rien. Mérida l'attendit un instant, vu qu'elles pourraient monter les escaliers ensemble. Elles partirent en silence et au détour d'un couloir rencontrèrent trois Serpentards : Mulciber, Avery et Pickel. Mérida et Raiponce sortirent leur baguette sous le regard moqueur des trois adolescents plus âgés.
« Alors, tu en as assez d'entendre des choses qui choquent tes oreilles délicates Gothel ? » demanda Pickel.
Raiponce serra les dents :
« Laissez-nous passer. »
Mérida serra sa baguette dans ses mains, prête à lancer un sort :
« Oh DunBeurk pense être plus forte que des cinquièmes années juste parce qu'elle a été choisie par le fou Dumbledore à un stupide tournoi », lança Mulciber.
« Vous ne sembliez pas le trouver stupide, ce tournoi, quand Jedusor a été choisi, pourtant », répliqua Raiponce au tac au tac.
« Oh, c'est rendu ton rôle de défendre la petite princesse des îles d'Outland », ajouta Avery en ricanant.
« Highlands », corrigea Mérida en serrant les dents.
« Ah oui, High, car tu viens de la "haute", pardon », s'amusa Avery.
« Silencio ! » s'exclama Mérida à Avery qui ne put continuer de parler.
Pickel et Mulciber éclatèrent de rire, au grand désarroi de Mérida.
« C'est tout ce que tu as dans le ventre DunBeurk ? » demanda Mulciber.
«Finite », jeta Pickel.
Avery retrouva la voix et Mérida serra davantage les dents.
« Vous n'êtes que d'infâmes petits vers de terre », déclara la rousse bouillante.
Un sourire aux lèvres les trois amis se jetèrent un coup d'œil et s'écartèrent pour laisser Pickel, seul en face de Mérida. Raiponce voulut accompagner Mérida, mais Mulciber la saisit et lui mit une main devant la bouche. Il lui renifla ses longs cheveux tressés au passage.
« Je comprends mieux ce qu'Overland te trouve, Blondie », ricana Mulciber.
Mérida se retourna pour lui lancer un sort, surtout en voyant la panique traverser les pupilles de son amie, mais Pickel s'interposa.
« Oh non, c'est contre moi que tu te bats. »
« Incarcerem ! »
« Protego ! », s'écrièrent Mérida et Pickel à une dixième de seconde d'intervalle.
Mérida se sentit repousser vers l'arrière face à la puissance du protego de Pickel. Il avait peut-être l'air bête, parfois, mais il savait exactement ce qu'il faisait. Pickel lui répondit d'un autre sourire malsain.
« Expulso ! »
« Chains ! » s'écrièrent les deux.
Mérida eut juste le temps de se baisser pour éviter le sortilège d'enchainement. Elle courut se cacher derrière une armure, pendant que Pickel se relevait, alors que les tableaux, finalement alertés par tout le bruit au début de la nuit, commencèrent à pousser des cris. Mérida eut un regard anxieux vers ces derniers, s'ils se faisaient prendre, ils étaient tous dans la merde. Elle se mit à réfléchir rapidement. Pickel était habile, il éviterait tout sortilège directement destiné à lui. Alors, expelliarmus, silencio, incarcerem et toutes les déviantes étaient inutiles. Elle devait voir plus grand, le déconcentrer.
« DunBeurk ! Je pensais qu'à Gryffondor on affrontait directement ses adversaires ! Je vois que les sangs de bourbe n'en ont rien faire de leur maison, hein ? Vous n'êtes que des erreurs dans cette école, des créatures immondes et la bête dans la chambre des secrets aura tôt fait de purger cette école. »
Mérida respira un bon coup, pensa à un sortilège utile et s'écria, en espérant qu'elle le réussisse :
« Lumos Solem ! »
La rousse eut juste le temps de se fermer les yeux quand une lumière aveuglante jaillit de sa baguette. Pickel hurla aussitôt et tenta de cacher ses yeux qui avaient déjà eu le temps de cuire légèrement.
« Expelliarmus ! » jeta Mérida, profitant du désarroi de Pickel.
La baguette du sixième année s'éjecta de ses mains et Mérida courut la prendre. Elle ouvrit une fenêtre, ayant l'intention de la jeter à l'extérieure, mais Pickel, aveuglé, mais toujours en moyen, la saisit par le bras. Mérida lui donna un coup de coude en tentant de laisser tomber la baguette à l'extérieur. Pickel la saisit par les cheveux et Mérida cria de douleur et lui donna un coup de pied dans le tibia, ce fut à son tour de crier et il lâcha momentanément sa prise. Elle s'élança à la fenêtre, pointa sa baguette sur le vert et argent et mit sa main qui tenait la baguette de ce dernier au-dessus du sol, alors qu'un vent froid de mi-janvier s'immisçait dans l'école.
« Vous nous laisser tranquille, Raiponce et moi, et je ne laisserai pas tomber ta baguette dans le lac ! » cria Mérida pour enterrer le vacarme des tableaux.
La jeune fille avait conscience de ne pas être au-dessus du lac, mais Pickel, complètement aveuglé, ne pouvait pas vérifier, non ?
« Il est complètement gelé le lac ! » s'écria Pickel, sans oser s'avancer pour autant, ayant conscience que Mérida pointait une baguette sur lui.
« T'attends quoi DunBeurk, pour me finir ? T'oseras pas, hein ? Tu te crois trop noble pour attaquer un gars désarmé, hein ? » renchérit Pickel alors que le temps s'allongeait.
« Pickel ! DunBrush ! Fermez cette fenêtre immédiatement ! » s'écria Têtenjoy, la directrice de Serdaigle, suivi de près par Slughorn et Dumbledore.
Mérida sursauta en sentant son sang se glacer. Elle rentra sa main à l'intérieur du château et ferma la fenêtre qu'elle avait forcée à ouvrir et qu'elle se rendait compte maintenant qu'elle avait brisée :
« Re-reparo », balbutia-t-elle.
Rien ne se passa. Têtenjoy pointa elle-même la fenêtre qui se répara.
« Je peux savoir ce qui se passe, ici ?! » s'exclama la professeure de défense contre les forces du mal.
Mérida se sentait piégée et était incapable de parler. Pickel en profita :
« DunBrush m'a sauvagement attaquée après la soirée avec Professeur Slughorn, en prétextant que c'était moi qui avais fait toutes ces menaces par rapport à la chambre des secrets. J'ai essayé de lui dire que je n'avais rien fait, mais pour elle, tous les Serpentards sont responsables. »
« Non ! C'est pas vrai du tout ! C'est eux qui nous ont sautés dessus, Raiponce et moi, car ils n'étaient pas contents de ce qu'avait dit Raiponce pendant la soirée ! »
« Ne mêle pas ton amie à ça DunBrush, tu es l'unique responsable », contrecarra Pickel.
« Non… »
« Ça suffit ! », s'exclama Têtenjoy « Vous êtes dans les couloirs alors que le couvre-feu est déjà passé et il s'agit d'une grave infraction au règlement, je m'attendais mieux de vous deux. Vous perdez 50 points chacun et vos directeurs se chargeront de votre retenue demain. Maintenant, retournez à votre salle commune. Si l'on vous voit encore trainer dans les couloirs, vous risquez tous les deux d'être expulsés du collège Poudlard. »
Têtenjoy se retourna, mais Mérida courut vers elle :
« Attendez, Madame ! Raiponce, elle est aussi dans les couloirs ! »
Pickel pouffa, alors que Têtenjoy jeta un regard sévère à Mérida, qui se sentit fondre :
« Il est très aimable à vous, Miss. DunBrush, de dénoncer votre camarade de la sorte, mais il est dans votre intérêt de simplement retourner à votre dortoir. Aussi, redonnez sa baguette à Monsieur Pickel. J'imagine que vous êtes fière d'avoir battu un étudiant deux années au-dessus de vous, mais l'ajout de ces 10 points supplémentaires saura, j'espère, vous donner la leçon qu'on ne se bat pas dans les couloirs. »
Renversée, Mérida n'osa plus rien ajouter à sa professeure. Elle n'en revenait tout simplement pas de perdre encore 10 points parce qu'elle avait gagné une bagarre que Pickel avait commencée. Têtenjoy ne voulait rien entendre et alors que Slughorn repartait avec son élève, qui lui avait pratiquement arraché la baguette des mains, Dumbledore attendit patiemment que Mérida se retourne. Un lourd silence s'installa pendant quelques secondes, avant que Mérida n'ose dire :
« Monsieur, Mulciber, Avery et Raiponce étaient avec nous. Je ne sais pas qu'est-ce qu'ils ont fait d'elle. »
Mérida avait fini sa phrase en tremblant légèrement. Dumbledore jeta un regard à Mérida et la sonda, fidèle à son habitude. La jeune fille n'osait pas imaginer ce qui pouvait potentiellement se dérouler en ce moment même, mais le stress lui parcourait le dos de plus en plus fortement. Elle prit son courage à deux mains et lança :
« Si personne, dans les professeurs, ne va vérifier si elle va bien, je serai obligée d'y aller moi-même. »
« Au risque de vous faire expulser, Miss. DunBrush ? »
« Absolument », assura Mérida.
Dumbledore fit aller sa baguette et un jet de lumière vola à travers les couloirs. Ils remontèrent le reste des escaliers et ils arrivèrent devant le portrait de la Grosse Dame. Celle-ci était en pleine conversation avec Violet, cette dernière se retourna vers Dumbledore :
« Monsieur, la jeune fille a été trouvée et est présentement avec Professeure Têtenjoy. »
Violet lança un regard en biais à la Grosse Dame, puis à Dumbledore, apparemment elle souhaitait rajouter quelque chose, mais la présence de Mérida la gênait. La rousse sentit une étrange boule dans son ventre se former, mais Dumbledore se tourna vers la Grosse Dame :
« Marsupilami. Bon, Miss. DunBrush, bonne nuit, nous nous parlerons demain pour votre retenue. Je vous enverrai une note. »
« Monsieur, je peux… »
« Non, maintenant vous vous couchez. L'heure n'est plus aux discussions. Bonne nuit. »
Mérida n'osa rien rajouter. Elle entra par le portrait ouvert et se retrouva seule dans sa salle commune. Elle ressentait un sentiment d'injustice énorme au travers de la gorge en plus d'un énorme mauvais pressentiment.
Lorsque Mérida courut dans le couloir entrainant Pickel à sa poursuite, Avery et Mulciber éclatèrent de rire. Ils se moquèrent ouvertement de la pauvre sang de bourbe en détresse. Cependant, ils semblèrent avoir oublié un court instant la présence de la blonde. Raiponce n'avait pas sa baguette, mais si elle faisait vite, elle pourrait surement la saisir des mains d'Arctus si elle les surprenait suffisamment. Raiponce respira un bon coup et mordit avec force la main de Mulciber qui était sur sa bouche. Celui-ci hurla de douleur et de surprise. Raiponce courut et sauta sur Avery, elle réussit à sentir sa baguette entre ses doigts, mais Mulciber, rapidement remis de la morsure, l'attrapa par le poignet. Raiponce était trop petite pour rivaliser niveau force avec un cinquième année et se fit emporter comme si elle n'avait été qu'une vulgaire poupée de chiffon. Il l'entraina avec force dans une classe vide. Il n'y avait personne pour témoigner de quoi que ce soit, aucun tableau pour même l'avoir vu entrer. La panique qu'elle avait ressentie le soir du bal lui noua l'estomac. Mulciber la poussa contre un bureau où Raiponce s'étala, son menton heurtant douloureusement la table. Elle leva sa baguette, mais Mulciber lui avait déjà fait sauter des mains et lui avait repris. Avery entra en claquant la porte derrière lui. Mulciber tournait en rond comme un fauve qui cherchait quoi faire de sa proie en léchant le sang qui coulait de la main que Raiponce avait mordue. Elle lança un regard implorant à Avery qui fronçait les sourcils, trouvant la situation légèrement moins drôle que deux minutes avant. Le Serpentard sembla capter puisqu'il proposa :
« Ok, mec, on n'a qu'à la laisser là. Pickel doit en avoir fini avec la sang de bourbe. »
Mulciber ne semblait même pas avoir entendu son acolyte, il s'approcha plutôt de Raiponce une lueur malsaine dans les yeux et la blonde repensa à tout ce que sa mère ne cessait de lui dire depuis qu'elle était née : « le monde est méchant, cruel et fera tout pour te faire du mal ». Elle avait l'impression de redevenir la petite fille qui était embarquée dans le train sursautant à chaque bruit un peu trop élevé, paniquant à chaque mouvement trop brusque, se démolissant à chaque parole un peu trop crue. Il n'y avait que Jack qui avait pu la sauver à ce moment-là en se moquant gentiment d'elle et lui présentant le monde. Sauf que là, Jack n'était pas là. Et elle, elle était coincée avec ses camarades de Serpentards, dont un semblait exactement de la façon dont sa mère lui avait toujours décrit les gens.
Mulciber s'approcha soudain d'elle et Raiponce ne put rien faire d'autre que se recroqueviller sur elle-même. Il se lécha la lèvre inférieure et caressa la joue de la jeune fille avec sa main pleine de sang. Raiponce gémie, tétanisée. Avery, en arrière, semblait lui aussi commencer à paniquer :
« Ok, mec. Laisse-la. On s'en va, là. C'est bon. J'entends les tableaux hurler dehors, les profs vont finir par venir. »
Mulciber ignora complètement Avery et saisit plutôt Raiponce par la nuque et la releva :
« Alors toi, tu penses que c'est une bonne idée de t'attaquer comme ça à moi, un sang pur. Tu ne crois pas qu'entre sangs purs on devrait plutôt se soutenir ? N'est-ce pas Blondie ? »
Raiponce sentie des larmes couler sur ses joues, complètement effrayée. Elle hocha la tête. Tout pour qu'il la laisse tranquille. Avery, lui, stressait en arrière.
« Va falloir que tu te rachètes, Blondie. T'as été une sale fille ce soir à faire couler du sang pur. »
Raiponce hocha la tête en gémissant.
« T'es chanceuse d'être une sang pure, je ne ferai pas couler ton sang, car tu sais, moi, j'ai des principes. J'espère que tu m'es reconnaissante ? N'est-ce pas ? »
Raiponce hocha de nouveau la tête, alors que ses larmes atteignaient le sol. Mulciber s'approcha de son visage. Il était si près que leurs lèvres se frôlaient. En arrière, Avery tenta à nouveau :
« Ok, Allen, on s'en va. »
« Fiche le camp si tu veux, Arctus, moi je n'ai pas fini avec Blondie ! »
Avery figea, il croisa le regard de Raiponce qui le supplia des yeux de rester. Le Serpentard lança un regard désolé à la Serdaigle, ouvrit la porte et se sauva. Le dernier espoir de la blonde venait de s'envoler. Incapable de bouger, Mulciber lui tenait toujours la nuque fermement, elle ferma les yeux, complètement désespérée :
« Tu sais, en fait, ce que je ne comprends pas, c'est ce que toi tu trouves à Overland. Ce n'est qu'un sang mêlé, sans grande envergure. Les Overland sont une famille déchue, recalée même du ministère de la magie. Toi, tu es dotée de dons tellement plus puissants, une histoire tellement plus riche. »
Raiponce gémie. Mulciber passa ses lèvres sur la bouche que Raiponce ferma avec encore plus d'ardeur.
« N'aie pas peur, petite fleur. Tu dois juste découvrir ce qu'est ta réelle place. »
Mulciber l'embrassa et la porte s'ouvrit.
« Sors de là Allen ! La directrice de Serdaigle est en chemin pour trouver Gothel ! » s'écria Avery.
Mulciber se recula et laissa tomber Raiponce sur le sol. Il lui lança sa baguette, mais elle n'était pas capable de la prendre, encore trop choquée. Il fit quelques pas vers la porte, avant de se retourner :
« Je te jure qu'Overland va le payer cher si tu dis quoi que ce soit à qui que ce soit. T'imagine même pas à quelle famille puissante j'appartiens. »
Raiponce n'arriva pas à répondre quoi que ce soit. De toute façon, la porte se referma déjà et elle se retrouva seule. Après un instant, elle réussit à reprendre suffisamment ses esprits pour attraper sa baguette et recommencer à respirer, en boule au fond de la classe. Elle tremblait de peur lorsque la porte s'ouvrit sur un elfe de maison.
« Miss. Raiponce Gothel ? » demanda l'elfe.
Après un instant de surprise, Raiponce hocha la tête. L'elfe disparut dans un craquement sonore. La jeune fille se leva doucement, essuya ses larmes et le sang de Mulciber sur sa joue et vit sa directrice dans l'embrasure de la porte.
« Miss. Gothel, que faites-vous ici ? » demanda Têtenjoy suspicieuse.
« Je… je me suis cachée ici », mentit Raiponce.
« Pourquoi donc ? »
« J'ai eu peur en rentrant de la soirée de Slughorn d'un… d'un bruit venant du couloir de la salle de métamorphose. »
« Il y avait en effet beaucoup de bruit venant de là, Miss. Cependant, vous savez que le règlement ne permet pas à un élève d'être hors de son dortoir la nuit et que vous auriez dû, après cette soirée, retourner directement dans votre dortoir. »
« Oui, oui, désolée Madame. »
« Bon, je vous raccompagne jusqu'à votre salle commune, cela ira pour cette fois », concéda la directrice.
Raiponce hocha la tête. Elle était soulagée que la directrice l'accompagne jusqu'à la tour, elle n'était pas certaine d'avoir pu y retourner toute seule. Elles montèrent les escaliers en silence. Juste avant d'entrer dans la salle commune, la directrice lui demanda :
« Êtes-vous certaine de m'avoir tout dit, Miss. Gothel ? »
Raiponce hocha la tête et attendit d'avoir la permission d'entrer. La directrice ne semblait pas du tout convaincue, elle finit par hocher la tête à son tour et Raiponce se retrouva seule dans l'aire commune. Elle se dépêcha de monter jusqu'en haut pour retrouver les autres filles de Serdaigle. Elle entra dans les salles de bain et y trouva Mimi, qui avait des énormes cernes et avait les yeux injectés de sang à force de surement avoir pleuré, qui lui dit :
« T'as une sale mine. »
Raiponce baissa la tête et s'enferma dans la salle de bain. Elle devait se laver.
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