Bonjour à tous !

Je tiens d'abord à vous remercier pour vos petits commentaires qui me font vraiment chaud au cœur et j'espère que les lecteurs fantômes s'exprimeront aussi parce qu'une review donne encore plus de motivations aux auteurs (c'est la vérité !). J'espère que la suite vous plaira encore plus que les précédents chapitres, que vous avez réussi vos examens pour ceux qui les ont passé et que vous passaient de bonnes vacances pour ce qui y sont !

Bonne lecture et n'oubliez pas mon pourboire ! ( une review quoi )

Chapitre 19

Poudlard n'avait certainement jamais encore connu une telle aire de ténèbres. L'école était pleine de mangemorts, les élèves étaient opprimés et Dumbledor n'était plus là. Pourtant, il fallait garder son masque. Même lorsque l'on entendait les pleurs de certaines filles la nuit dans les couloirs, même si le vent qui, auparavant caressait les dos et les nuques, était devenu glaciale.

Severus se sentait défaillir de plus en plus. La fatigue, la lassitude et la peur le rongeaient. Il y avait autre chose aussi. En plus d'Harry et de la peur de le perdre, un nouveau problème venait s'ajouter à sa misérable vie.

Ses mains tremblèrent d'un coup et il eut un haut le cœur.

Severus sortit finalement du bureau qu'il occupait depuis peu. Il savait ce qu'il avait à faire. Il se dirigea alors vers la Grande Salle.

Les élèves étaient là. Mc Gonagall aussi. Sa gorge se noua. Il était là aussi.

-Harry Potter aurait été vu dans l'enceinte de l'école. Compte tenu de la situation, il vous faut savoir que tout élève prêtant main forte au Survivant se verra en subir les conséquences…

Severus laissa finalement ses lèvres faire le travail seules. Il avait l'habitude. Son masque prenait place et il devenait l'homme froid que tout le monde croyait connaitre.

Son discours fit effet et tous les élèves baissèrent la tête. L'avertissement était passé. Ne soyez pas stupide en cherchant les embrouilles avec des gens plus cruels que vous se retint-il de dire.

Le silence qui répondit à ses paroles lui glaça le sang. Il n'aimait pas les rires gras de ses élèves mais voir leurs visages décomposés par la peur et l'appréhension ne le ravissait pas non plus. Il voulait que tout s'arrête.

-Il semblerait qu'il soit trop tard pour empêcher les bonnes personnes de faire ce qu'elles ont à faire professeur ! S'écria d'un coup une voix qu'il connaissait bien.

-Potter !

Les étudiants semblèrent tous reprendre du poil de la bête d'un coup alors que la porte s'ouvrit sur d'autres élèves, les partisans d'Harry et de la Lumière. Severus sentit son ventre se nouer et son cœur se serra. Son fils était là, en face de lui et il paraissait en pleine forme. Du moins, il ne paraissait pas peiner à tenir debout. Il avait changé. Les jours passés à fuir Voldemort et tous ses partisans ne l'avaient pas rendu plus tendre. Il ressemblait davantage à un adulte prêt à prendre des décisions importantes, à se salir les mains, à mettre fin à tout cela.

Le cœur de Snape rata un battement.

Harry était prêt à le tuer pour gagner la guerre. Il le voyait dans son regard, cette étincelle reflétant la détermination et la force. Oui, Harry avait grandit, et il allait gagner la guerre. Severus en était sûr.

Le professeur sortit sa baguette comme pour annoncer un duel mais il savait que Potter n'allait pas faire la même chose. Non, le coup vint de derrière lui. C'était Minerva.

-Il est temps de nous laisser Severus ! Les mangemorts ne sont plus les bienvenus ici ! S'écria-t-elle d'une voix forte.

Ses sorts firent reculer Severus qui la regardait dans les yeux. Il y voyait tout. Les remords, les secrets, les non-dits et la culpabilité. C'était comme se voir dans un miroir. Mc Gonagall lui cachait quelque chose, il le sentait.

-Disparaissez ! Vos et vos misérables amis ! Bande de lâches !

Les élèves partisans se mirent à courir vers la sortie créant alors un chaos pas possible. Les élèves se bousculaient, se poussaient, s'insultaient, fuyaient. Les tréfonds des ressentiments de la guerre éclataient alors au grand jour tandis que les yeux de Severus restaient ancrés dans ceux fatigués de la vielle sorcière.

-Je ne suis pas le seul à avoir des secrets Minerva ! Cracha-t-il d'un coup renvoyant un sort à son adversaire.

Harry regardait la scène sans comprendre, comme impressionné et fasciné par ce qu'il voyait.

-La fin est proche Severus ! Il est temps pour vous de disparaitre et de ne jamais revenir. Personne ne s'en plaindra.

Un sort plus puissant sortit de sa baguette faisant reculer de plusieurs pas le brun.

-Vous saviez n'est ce pas ?! Vous savez tout !?

-Disparaissez !

Et Severus fut obligé de le faire. Il fuit sous les yeux de son fils qui ne chercha pas à le retenir.

L'effervescence de la Grande Salle se calma enfin et Harry reprit ses esprits. Minerva le regardait.

-Le diadème… Fit-il comme par automatisme. Il nous faut le diadème.

Hermione savait où le trouver alors il n'avait plus de temps à perdre. Il devait retrouver son parrain.

Il y avait pourtant ce sentiment qui lui rongeait les tripes. Il n'aimait pas cela. Il avait envie de vomir. Sa vue restait trouble et ses mains étaient moites.

Pourtant Harry aussi garda son masque. Comme un comédien professionnel, il semblait sûr de lui, déterminé et prêt à vendre son âme au Diable. Pourtant, il ne souhaitait qu'une chose, c'était trouver un endroit calme le temps de reprendre ses esprits. Il avait vu l'échange de son professeur et de Mc Gonagall. De quoi pouvait-elle bien être au courant ? Quel était ce secret qui noircissait à son tour sa vie ? Comme le petit mot de Draco, comme la vie de Dumbledor, comme les derniers mots de Dobby, comme l'attitude de Sirius et celle de Snape, cette conversation prouvait juste un peu plus que toute l'existence d'Harry n'était pas ce qu'elle semblait être. Que derrière cette enfance malheureuse, un coffre aussi protégé que ceux de Gringotts enfermait les secrets les plus inavouables, les plus inimaginables.

Mais Harry Potter avait déjà forcé la porte d'un de ces coffres pour en voler le contenu, il n'hésiterait pas à le refaire pour mettre enfin la lumière sur le gouffre qu'était sa vie.

A suivre…