A/N : Coucou !

Bon, comme personne ne l'attendait, je me suis dit que j'allais écrire une suite ! :p

En fait, je mens, je n'aurais pas écrit une suite sans une certaine Griseldis et son thème « la lune dans la baignoire » contre lequel, comme le veut la tradition, j'ai protesté. Et comme j'arrêtais pas de râler sur les possibilités du thème, bah, elle m'a gentiment orientée vers cette histoire. Donc, si vous pensez que vous allez faire une overdose de moi, eh bien vous pouvez lui en vouloir :p Et sinon, vous pouvez la remercier -)

Bon, autre que ça, je vous avoue que je suis un tout petit peu déçue du résultat. Mais je vous laisse lire. Bonne lecture !


Des jours que ça durait… et ça n'allait pas s'arrêter de sitôt. C'est pourquoi, pendant ces quelques jours, Korra et Asami avaient essayé de trouver un rythme. Clairement, elles passaient beaucoup moins de temps à travailler que d'habitude, même si elles cherchaient toutes les deux à compléter leurs revenus par des petites annonces sur internet, préférant dès que c'était possible des tâches ingrates qui pouvaient être faites en ligne notamment quelques vagues tutorats.

Comme Korra n'habitait pas très loin de chez Tenzin et Pema, et qu'ils étaient les premiers concernés par cette crise sans précédent — l'un à cause de ses réunions et études qui ne respectaient plus aucun horaire et l'autre à cause d'une surenchère de malades à soigner — elle continuait à faire du babysitting là-bas. Elle se faufilait comme elle pouvait, en essayant de ne rencontrer personne.

Ils essayaient de limiter ses déplacements à un minimum, mais c'était relativement compliqué au vu de la situation. Pema et Tenzin essayaient eux aussi de trouver un rythme, et ils avaient fini par se reposer un peu sur Jinora qui s'occupait de ses frères et sœurs certains soirs quand ils estimaient que Korra sortait trop (même si ce n'était que pour seize minutes de déplacement aller-retour).

Le reste du temps, Korra et Asami restaient ensemble. Elles partageaient leur quotidien, ce qui devrait être sensé mais était en fait tout nouveau pour elles. Et elles ne pouvaient pas dire que c'était désagréable. Tout compte fait, même en passant plus de temps ensemble, elles s'entendaient bien. Il fallait croire qu'elles avaient toujours eu le potentiel de bien s'entendre et qu'elles ne l'avait jamais saisi. Mais ce n'était plus une occasion manquée ! Eh oui, comme quoi, on pouvait trouver du bon à chaque situation.

Même si elles devaient avouer que… parfois leurs nerfs lâchaient un peu. Ce n'était pas forcément à cause de la présence de l'autre, mais c'était plutôt lié au fait qu'elles suffoquaient dans leur appartement. Alors, elles avaient opté pour certaines règles, histoire de ne pas finir par s'entretuer, ou au moins se vouer une amertume qui ne leur était pas naturelle.

Premièrement, elles passaient dix minutes par jour à la fenêtre à strictement ne rien faire. Parfois, elles discutaient un verre à la main et cela finissait par durer une bonne heure.

Deuxièmement, même si elles aimaient bien faire des activités ensemble — regarder un film, faire la cuisine (ce qui voulait dire salir la cuisine pour Korra), même faire du rangement (oui, elles en étaient à ce point-là), etc. — elles avaient décrété qu'il leur fallait au moins une heure par semaine dehors, seules, à faire une activité plus ou moins sportive. Il fallait qu'elles s'aèrent la tête. Séparément.

Troisièmement, même si elles avaient commencé à prendre pour habitude de passer leurs soirées ensemble (quand Korra n'était pas réquisitionnée, et encore là, elles parlaient par téléphone), elles se gardaient un soir sans l'autre. Sauf urgence majeure, bien entendu. Mais généralement, ce soir-là, Asami essayait de téléphoner à son père, ou lui écrivait des lettres ou, enfin quelque chose comme ça parce que Korra n'avait pas très bien compris. Asami était encore un peu fébrile sur le sujet, donc elle n'avait pas tellement insisté.

De son côté, la fille de la Tribu de l'Eau contactait ses parents, prenait des nouvelles de son chien qu'elle n'était pas prête de revoir apparemment, et puis elle se détendait. Ce jour-ci, elle avait décidé de prendre du bon temps et de renouer avec ses origines : l'eau. Donc, direction la baignoire !

Oui, aussi étonnant que ça puisse paraitre, elles avaient une baignoire. Pas gigantesque non plus, mais une baignoire quand même. C'était l'une des choses qui l'avaient tout de suite convaincue par rapport à cet appartement !

Chez elle, au Pôle sud, ils avaient une énorme salle d'eau. C'était monnaie courante dans leur village. On disait que c'était un ancien village où séjournaient parfois des aventuriers sortant de la toundra et qu'ils venaient se réchauffer chez les habitants. Finalement, les salles d'eau étaient un peu comme des saunas loués pour leur bienfaits thermaux. Alors, même si cette baignoire dans cette grande ville était minuscule, ça lui rappelait un peu chez elle.

Elle attacha grossièrement ses cheveux courts avec une pince qui trainait dans le coin (et honnêtement, elle n'était pas sûre que c'était la sienne), puis elle se glissa dans l'eau bouillante avec une facile habitude.

Une fois installée, elle poussa un soupir de soulagement. Elle adorait la sensation de l'eau qui brûlait sa peau, même si c'était assez fugace et que sa température allait s'adapter très vite.

Elle se recroquevilla comme un nouveau-né, elle ferma les yeux et se laissa bercer par cette douce chaleur. C'était comme si la vapeur avait un effet apaisant et somnifère. Une véritable drogue. Sa tête reposait sur ses genoux que ses bras entouraient.

Elle ouvrit ses yeux pâteux comme si elle se réveillait d'un long sommeil. Elle ne les ouvrit pas assez pour s'extraire complètement de cette intimité calme. Elle regarda simplement dans le vague pendant un moment. Elle profitait de ce moment où elle avait encore la patience de rester dans le bain. Il ne fallait pas rêver, la magie s'estompait assez vite et après elle était prise entre son envie de quitter le bain et faire autre chose, et sa culpabilité qui la dissuadait de gaspiller de l'eau. Pourtant, la sensation était incomparable et elle ne pouvait s'empêcher de continuer à prendre des bains.

Finalement, son humeur endormie commença à s'estomper, sa concentration à refaire surface et elle se mit à observer le reflet de la lune à ses pieds. C'était la peine lune. Au moins, bloquée comme elle l'était, elle était protégée des loups garous. Passivement, elle passa sa main sur le reflet de l'astre de lait, il se troubla, se dédoubla, puis l'eau se fit calme de nouveau. Elle soupira.

« Il y a de la place pour moi ? » demanda une voix lascive provenant de derrière elle.

Elle ne bougea pas. L'autre femme se glissa lentement dans le bain avec délicatesse et sans bruit. La lune, obsédante et hypnotisante, était entre elles deux. Elles ne dirent rien. Il n'y avait aucun bruit dans la nuit. Il y avait les clapotis de l'eau jouant avec les doigts de la jeune femme qui s'était glissée dans le bain chaud.

C'était comme si elle pouvait entendre les ondes s'éparpiller sur la surface de l'eau, rebondir contre la parois, caresser sa peau et remonter le long de son corps en un frisson délicieux. C'était comme si elle pouvait entendre les pieds de l'autre femme fendre l'eau pour se rapprocher des siens et frictionner un peu de chaleur humide contre sa peau.

La lune se troublait, se décomposait, se recomposait, puis elle se vit avaler par une ombre aux cheveux de jais, ces cheveux de jais qui traversaient l'eau comme des centaines de navires confiants rampant jusqu'à son corps. Elle releva la tête et croisa un souffle chaud et bref qui fuit vers son oreille.

« Alors… et maintenant ? » ronronna-t-on.

Puis, il y eut un légère morsure, une vague caresse où des touches inopinées apparaissaient et s'effaçaient laissant un sillon glacialement ardent le long de sa cuisse. Aucun mot ne sortait de sa bouche. Fallait-il vraiment parler ? Pourtant, sa bouche s'ouvrit au milieu de cette chaleur moite qui l'enveloppait. Alors, il y eut un mouvement brusque, un visage qui se retrouva devant le sien, sombre et aveuglant, une poigne chaude sur son épaule, et son prénom dont les sonorités et la chaleur s'approchaient, s'approchaient, s'approchaient…

« Korr… aaaaa… Kor… ah… »

Des lèvres chuchotant aux siennes des frissons humides. Un corps penché sur le sien. Une chevelure ténébreuses troublée par les rayons de lune qui tombait sur son buste. Une main qui laissait trainer ses ongles le long de son dos.

D'elle-même, sa main rejoignait le visage de cette autre femme pour la caresser, la rapprocher et mieux saisir son souffle incandescent, sa bouche aventure et habile. Se relever peut-être pour qu'elle puisse caresser son corps comme elle caressait le sien. Mais dès son premier mouvement, le visage s'éloigna avec un seul nom.

« … Korra… »

Le souffle, la voix, les yeux terriblement verts, le visage d'ivoire, les cheveux de jais et les lèvres de sang. Asami.

Asami ?

« Korra ! »

Elle secoua la tête.

« Ugh…

- Korra, tu t'es endormie. Le bain est gelé, il faut que tu sortes et que tu ailles te coucher… »

La jeune femme ouvrit péniblement ses yeux bleus, confuse. Elle était recroquevillée sur elle-même. Elle s'était endormie sur ses genoux, ce qui lui avait laissé un belle marque rouge sur la joue comme Asami put le remarquer quand elle releva la tête. Cette dernière l'avait secouée délicatement par l'épaule.

« Qu'est-c'tu fais là ? demanda Korra en se frottant les yeux.

- C'est le milieu de la nuit, j'ai vu que tu n'étais pas dans ta chambre et comme tu répondais pas à mes textos et que tu n'étais évidemment pas sortie, je me suis dit que tu t'étais endormie dans ton bain. Tu allais attraper froid… Hum… Tu m'en veux pas trop d'être rentrée ?

- Non, ça va… Mais… euh… tu pourrais… tu sais, histoire que je… me coucher.

- Oh. Oui, bien sûr ! Bonne nuit, Korra !

- À toi aussi… »

Asami sortit de la salle de bain. Korra put enfin se détendre. Elle était tendue depuis qu'elle s'était réveillée. Et quel réveil ! Asami n'avait pas pu mieux tomber. Elle ne savait pas trop avec qui elle était en train de coucher avant qu'elle ne débarque mais ça avait fini par être elle. Ou c'était elle depuis le début ?

Super, maintenant, elle était toute chamboulée et n'arrivait pas à se sortir les images de la tête ! Korra écrasa une main sur son visage.

« C'est pas vrai… » grogna-t-elle.

Elle n'osait même plus bouger, déjà parce qu'elle avait l'impression que son corps était figé dans cette position depuis au moins une centaine d'années, et ensuite parce qu'elle sentait bien la température basse de l'eau. Elle ne pouvait pas en dire autant de son corps. Si son rêve n'avait pas été interrompu, elle était à peu près sûre qu'elle aurait passé un très bon moment… Ah non, il ne fallait plus y penser !

Brusquement, elle décida d'évacuer l'eau et de se laver. Elle sortit du bain, s'entoura d'une serviette et après avoir observé si Asami était dans les parages (ce n'était pas le cas), elle se dirigea vers sa chambre.

Elle soupira en s'adossant à la porte fermée. Elle espérait que ça n'allait pas créer de malaise chez elle. C'était que bon… elle était avec Asami tout le temps en ce moment et elle ne pouvait nier que c'était l'une des plus belles femmes qu'elle ait rencontrées. C'était pas une raison pour son subconscient de lui donner des images et des désirs pareils. Avec un peu de chance, ça s'évanouirait très vite. C'était un rêve après tout. Cependant, vu le réveil, elle avait comme un doute sur la question.

Habillée, elle se dit qu'elle devrait dormir. Mais ça devait faire bien deux heures qu'elle s'était endormie dans l'eau du bain, donc elle n'était pas vraiment fatiguée. Elle décida d'aller dans la cuisine pour aller boire un verre d'eau et peut-être aller profiter de l'air (par la fenêtre).

Elle ne s'attendit pas à y croiser son attirante colocataire. Elle était en train de regarder des papiers, stylo en main. Korra l'ignora et alla chercher un verre, se servit de l'eau et but en lui tournant volontairement le dos.

« Ça va ? lui demanda Asami semblant un peu amusée.

- Oui ? Je… Je ne voulais pas te déranger.

- Oh, c'est juste… tu sais… l'entreprise.

- Ça s'annonce mal ?

- Quelque chose comme ça…

- Je suis désolée…

- Toujours pas ta faute. »

Elle regardait les papiers d'un air défait, puis releva la tête vers la femme aux yeux bleus. Elle s'approcha d'elle et Korra sursauta presque, tentant de contrôler son esprit qui déraillait vers de faux souvenirs.

Asami saisit une mèche de ses cheveux.

« Ça te va bien la pince. C'est mignon.

- Oh, ça, je, euh, c'était juste pour… tu sais, prendre le bain… »

Asami gloussa.

« Par Raava, Korra, t'as quoi ce soir ?

- Mais rien !

- Sûre ?

- Évidemment.

- Je te sens un peu fébrile…

- Je viens de me réveiller dans un bain froid…

- Très bonne excuse. Bon… »

La femme aux cheveux de jais se détourna d'elle et sembla se reconcentrer sur les papiers. Elle avait ce regard… et Korra connaissait ce regard… Il fallait qu'elle fasse autre chose ou ça allait lui plomber le moral.

« Je peux faire quelque chose pour toi ? » demanda la femme aux yeux bleus.

Asami se retourna vers elle et sourit. Elle posa ses papiers sur la table à proximité, puis se rapprocha de Korra. Elle la prit alors dans ses bras.

« Qu-Qu'est-ce que tu fais ? s'alarma Korra en sentant se réveiller les braises d'un rêve supposément éteint.

- Tu viens de me demander ce que tu pouvais faire. Eh bien, tu peux faire ça. »

Korra émit une espèce de soupir-grognement-couinement (oui, tout ça à la fois, et ça fait un son remarquable) avant de refermer ses bras dans le dos d'Asami. Elle sentait ses doux cheveux sous ses doigts, elle sentait son parfum et sa chaleur, et elle aimait ça. Puis, Asami se sépara d'elle avec un sourire.

« Voilà, ça va beaucoup mieux ! À demain. Je vais me coucher.

- Bonne nuit, à demain… »

Korra retourna dans sa chambre un peu à la façon d'un zombie. Elle se posa sur son lit et pensa que ça allait être vraiment compliqué si elle se mettait à être aussi tendue à chaque contact physique (et aussi ravie en même temps). Mais non, c'était juste pour ce soir. Surement à cause de la pleine lune. Ça paraissait évident. Rien à voir avec le fait que plus elle connaissait Asami, plus elle voulait la découvrir de toutes les façons possibles et imaginables.


A/N : Alors, ça va, vous êtes pas trop confus ? x) En même temps, c'était un peu le but :p

Bon, j'avoue, le premier chapitre est meilleur, je crois. Comme Korra, j'accuse la lune ! C'est forcément de sa faute !

Bref, j'espère que vous avez passé un bon moment quand même. On se retrouve la semaine prochaine ou celle d'après -) (Eh oui, je suis très présente en ce moment. Un truc de dingue !) Pas forcément pour cette histoire par contre x) Je sais pas du tout où je vais avec ça moi. Je me contente de suivre les cailloux que Grise laisse gentiment pour moi.

Donc, à plus !

Lion

P.S. : Oubliez pas ma review ou je me fâche :p