A/N : Hey !

Trois semaines, donc… . Désoléééééée ! J'ai du mal à rester concentrée sur cette histoire pour être honnête parce que y plein de trucs chiants x) J'espère qu'ils sont moins chiants pour vous que pour moi, mais Future Industries commence à me gaver un peu x) Puis, on va pas se mentir, il fait un temps de merde… Ça motive pas à faire grand-chose à part à rester sous les couvertures. Mais bon, bonne nouvelle, je crois qu'il y a un peu plus de scènes choupinou que ce que j'avais prévu à la base !

Sur ce, bonne lecture et on se revoit à la fin !


La première chose que Korra fit le lendemain matin, ce fut d'aller vérifier l'état de santé de sa colocataire. Elle eut la surprise de ne pas la trouver dans sa chambre. Cette dernière était déjà levée et semblait… travailler ?

« Qu'est-ce que tu es en train de faire exactement ? grommela la jeune femme aux yeux bleus.

- Oh, tu es réveillée ? Bien dormi ?

- Oui. Mais ça m'explique pas pourquoi toi tu es levée.

- Je n'ai plus de fièvre. J'étais juste un peu fatiguée hier, rien de grave.

- Je préfère vérifier… »

Elle se pencha pour poser ses lèvres sur le front d'Asami, qui était assise sur le canapé où étaient éparpillés des papiers et son ordinateur. La femme d'affaires ne put s'empêcher de ricaner.

« Tu as une manière bien à toi de prendre la température…

- Mais ça marche ! Ma mère a tout le temps fait ça… Je pense que tu devrais te reposer encore un peu aujourd'hui.

- Korra, je vais bien. Je n'ai pas envie de rester au lit, ça me rend nerveuse et je m'ennuie. Et au passage, on a un thermomètre… D'ailleurs… »

Elle lui présenta les 37 degrés réglementaires d'un air très satisfait avant de continuer.

« J'avais pris ma température ce matin pour te convaincre. Je peux travailler maintenant ? »

Korra se laissa tomber avec lourdeur sur un coin du canapé qui était libre et soupira.

« Non pas que je puisse t'en empêcher… Je croyais que tu ne pouvais plus rien faire de toute façon ?

- Je suis en train de calculer les coûts pour ce projet de location du manoir… Il faut en estimer le prix, ainsi que l'investissement dont il faudrait en tirer et surtout il faut que je vois si je peux m'engager à le rembourser…

- Je vois… Tu as pensé à un appel aux dons ? »

Asami faillit rire. De façon très cynique. Mais elle se contenta de secouer la tête.

« Ça pourrait nous aider…

- Oui, une fois qu'on aura commencé la vente des produits médicaux pour prouver notre bonne volonté, on aura peut-être nos chances… Mais actuellement… Je ne pense pas.

- Probablement…

- Dis, tu me passes le numéro de téléphone de… Mako et Bolin, c'est ça ?

- Euh, oui, pour quoi faire ?

- Eh bien, je vais avoir besoin de les contacter tôt ou tard pour leur parler de notre offre…

- Je croyais que c'était moi qui devais gérer et que tu n'assumerai aucune responsabilité ? Tu me fais pas confiance ?

- Ce n'est pas ça. Ce sera juste plus direct.

- Comme tu veux… J'ai quelques cours aujourd'hui… si ça fonctionne. Je te laisse, je vais me préparer.

- Ok ! »

Asami regarda Korra disparaître dans sa chambre. Elle continua à fixer la porte fermée un bon moment, pensive. Puis, elle retourna à son travail. Elle n'avait pas besoin que Korra ressorte de sa chambre pour aller prendre son petit-déjeuner et s'inquiète en la voyant regarder dans le vague. De plus, elle devait encore appeler Varrick, qui arrivait dans deux jours, pour régler quelques détails (notamment un délai pour le transport du matériel médical, et il n'allait vraiment pas être content de faire un passage à vide) et s'occuper de ce problème de main d'œuvre. Sa RH avait beau en trouver, elle avait des tas de contrats à signer… Parfois, elle aurait aimé avoir pu conserver un peu plus de hiérarchie… Ça lui aurait évité de gérer ce genre de choses. Mais bon, c'était comme ça…


Les quelques heures de cours de Korra se transformèrent en 30 minutes de cours le matin, après avoir essayé de se connecter pendant 25 minutes, puis avoir subi divers problèmes informatiques. Épuisée par cette logistique incroyablement médiocre, elle avait fini par sauter la dernière heure de cours (elle n'avait pas de son) et été allée tenir compagnie à Asami.

Cette dernière était en train de réfléchir au repas du midi. Korra avait envie de faire un dessert, donc elles se partagèrent les tâches. Malheureusement, elles ne pouvaient pas exactement partager la cuisine.

« Korra… T'as mis de la farine de partout, se plaignit Asami avec un soupir.

- Mais pas du tout ! J'ai fait attention !

- Ah oui ? Et comment tu expliques le fait que je peux te suivre à la trace ?

- Ugh… Pure coïncidence. Tu m'as vu faire.

- Mais bien sûr. »

Asami leva les yeux au ciel, mais Korra l'ignora. Elle était très concentrée sur la décoration de son gâteau. La femme aux yeux verts, qui se contentait de remuer une sauce, la regardait faire, amusée.

Korra était en train de jouer les équilibristes avec deux fourchettes, en plaçant morceau par morceau les parties de ce qui devait être un chien-ours polaire en pâte d'amande. Bien entendu, quand elle arriva à la tête, ce fut encore plus intéressant. Elle y mettait tant de minutie et de délicatesse (alors même que sa tête couverte de farine et de chocolat prouvait que c'était loin d'être son fort) que ça en devenait fascinant. Asami oublia un instant de remuer sa sauce, chose qu'elle remarqua au moment où une bulle explosa et lui brûla la main. Elle grogna et alla mettre sa main sous l'eau froide. Pour sa part, la femme de la tribu de l'Eau ne fut pas déconcentrée, ce qui permit à Asami de la voir finir sa création.

« Un chien-ours polaire, hein ? J'imagine que Naga te manque…

- C'est son anniversaire aujourd'hui… Enfin, l'anniversaire du jour où je l'ai trouvée. Je peux pas croire que je ne peux même pas appeler pour la voir ! »

Elle fit la moue et Asami se sentit un peu coupable. Elle avait l'impression que c'était à cause d'elle et de ses problèmes.

« Tu devrais peut-être essayer d'appeler. Ça fait sûrement partie des exceptions…

- Ce n'est pas une urgence.

- Je suis sûre que ton père pourra comprendre.

- Mouais, je suis pas convaincue. C'est pas dit qu'il décroche… Mais bon, c'est comme ça. Au moins je peux le fêter avec toi ! »

Compatissante, Asami sourit.

« Oui, j'imagine qu'on peut faire ça. Pour la peine, tu peux décider du programme de la soirée. Considère que c'est un cadeau de ma part.

- Mais c'est pas mon anniversaire à moi pourtant, taquina Korra avec un sourire narquois.

- Si tu ne veux pas, tant pis pour toi !

- Je retire !

- Par contre, pas de films d'horreur !

- Mais tu as dit que je pouvais choisir !

- Pas ça !

- Mais t'étais trop mignonne la première fois pourtant !

- J'ai dit non.

- Pfff, t'es tellement pas drôle. Mais c'est pas grave, je t'aime quand même. »

Korra retint son souffle un instant. Oups. Elle savait que c'était une plaisanterie entre amies, que les gens disent ça tout le temps, mais il n'en restait pas moins qu'elle ne voulait pas dire ça. Heureusement, le sourire chaleureux (et un peu moqueur, il fallait l'avouer) d'Asami balayèrent ses peurs glaçantes.

« Chose que j'avais cru comprendre», plaisanta-t-elle.

Elle déposa un baiser sur la joue de Korra alors qu'elle retournait au fourneau, lui demandant de mettre la table en attendant qu'elle finisse de préparer leur repas. La femme aux yeux bleus n'ajouta rien et s'exécuta. Elle ne reprit la parole que pendant leur repas et ce fut pour se plaindre des problèmes informatiques de la matinée. Asami l'écouta attentivement, parfois riant de ses malheurs, parfois compatissant, parfois imaginant des solutions.

Une fois le repas terminé, la femme d'affaires ne tarda pas trop. Elle avait des coups de fil à passer à sa banque, Mako et dernièrement son père (si on l'autorisait). Même si elle était à la tête de l'entreprise, elle prenait soin de tenir son père au courant de ce qui se passait et lui demandait parfois conseil. En ces temps, elle n'aimait pas de crises prendre des décisions toute seule, mais si son père était contre une de ses idées et qu'elle la jugeait nécessaire, elle se passait de son avis également.

Généralement, Hiroshi n'était pas trop pénible puisqu'il se rendait bien compte qu'au vu de ses terribles décisions passées, il n'avait pas vraiment son mot à dire. Il disait toujours ce qu'il pensait et laissait entendre quelles stratégies lui paraissaient les plus efficaces, mais ça n'allait jamais plus loin. Il ne se battait pas ou ne se mettait pas en colère. Il faisait confiance à Asami. Il ne voulait surtout pas se la mettre plus à dos que ce n'était déjà le cas.

Korra, quant à elle, fut laissée avec le rangement de la cuisine. Asami avait plus ou moins laissé entendre que c'était de sa responsabilité de ranger et nettoyer vu le foutoir qu'elle avait mis. Korra ne pouvait pas trop lui en vouloir. De toute façon, elle savait que la femme d'affaires allait être occupée le reste de l'après-midi. Pour sa part, elle n'avait rien d'urgent à faire, si ce n'était essayer de trouver quelqu'un qui avait pu suivre les cours. Encore que, elle n'était même plus sûre que c'était la peine… Ils ne seraient sûrement pas évalués, tous ses cours semblaient compter pour du beurre. Elle essayait de se rappeler dans ses moments-là que c'était important pour son avenir et que c'était quelque chose qui l'intéressait, mais c'était difficile de s'en soucier quand il y avait tant d'autres choses qui la préoccupaient, notamment la situation d'Asami.

C'est pourquoi, une fois ses corvées finies, elle retourna dans sa chambre, s'écrasa sur son lit, zyeuta sa liste de contacts en continuant à se demander si elle devait rattraper les cours, puis abandonna en laissant tomber son téléphone sur le matelas en un long soupir. Elle se mit sur le dos. Elle regarda le plafond. Elle attendit. Elle songeait à proposer de l'aide à Asami. Elle attendit encore.

Puis, comme par magie, son téléphone sonna. Elle se demanda l'ombre d'un instant si ça valait la peine de bouger son bras pour répondre. Elle prit le téléphone dans ses mains et le souleva vaguement pour voir le numéro de l'appelant.

En moins d'une seconde, elle était assise sur son lit et répondait avec un « allô » frénétique.

« Korra ? répondit l'interlocuteur. C'est Papa.

- Oui, je sais, merci. Et ça fait moins de 48 heures… râla-t-elle pour la bonne mesure.

- Tu n'es pas contente de m'avoir ?

- Ça dépend pourquoi tu m'appelles… »

Elle était fâchée et Tonraq le savait. Mais il n'allait pas s'agenouiller et s'excuser comme ça. Il était au moins aussi borné que sa fille. Il ne répondit rien pendant un moment, puis il recommença à parler comme si de rien n'était :

« C'est l'anniversaire de Naga aujourd'hui.

- Je sais. J'aurais voulu la voir, au moins par vidéo. Mais quelqu'un m'a dit de ne pas appeler.

- Je ne suis pas avec elle pour le moment, mais je te rappellerai plus tard pour que vous vous voyiez. Je suis sûre qu'elle sera contente. Tu lui manques beaucoup.

- Humpf. »

Elle ne lâchait pas le morceau…

S'il croyait qu'elle allait baisser sa garde parce qu'il lui parlait de la meilleure amie animale, il se mettait le doigt dans l'œil !

« Écoute, Korra, j'ai été un peu rude, mais tu l'as cherché.

- Je t'ai pas appelé tant que ça.

- Peut-être que j'ai un peu réagi excessivement, mais pour ma défense, j'ai énormément de choses à gérer en ce moment. Particulièrement en ce moment.

- Et Asami pourrait aider avec certaines de ces choses !

- Korra… Je sais que tu tiens à elle et que tu veux juste l'aider mais j'ai fait tout ce que je pouvais. »

Korra se figea. Elle n'aimait pas la fin de cette phrase… Elle avait l'impression d'être face à un médecin qui lui annonçait la mort d'un proche suite à un accident…

« Que veux-tu dire ? »

De l'autre côté du fil, Tonraq fronça les sourcils. Il avait entendu dans le ton de sa fille une inquiétude qu'il ne s'attendait pas à entendre. Est-ce qu'il avait dit quelque chose ?... Puis, il se rappela de son choix de mots et il sourit malicieusement.

« Quoi qu'est-ce qu'il y a ? Je veux dire que j'ai fait de mon mieux auprès du conseil.

- Tu as fait ? Tu ne devrais pas faire de ton mieux ? Tu as abandonné c'est ça ? Tu peux pas faire ça, Papa ! Elle a besoin de ce contrat ! Il y a sûrement encore quelque chose à faire ! On peut pas rester les bras croisés ! »

Elle ne s'arrêta que lorsqu'elle entendit le rire léger et profond de son père au travers de sa panique.

« Quoi ? cracha-t-elle, amèrement. Tu trouves ça drôle peut-être ? Des vies sont en jeu !

- Oui, je sais, répondit-il en reprenant son sérieux. C'est pour cela qu'Asami a décroché le contrat. »

La jeune femme aux yeux bleus fut bouché bée pendant un instant.

« Vraiment ?

- Je suis en plein travail, tu pensais que je t'appelais pour le plaisir ?

- N-Non, mais… C'est génial ! C'est vraiment trop génial ! Je peux le dire à Asami maintenant ? Elle va être tellement soulagée ! Ça pourrait même l'aider avec Varrick !

- Pfff, c'est comme ça que tu remercies ton vieux père ?

- Tu as dit que tu me rappelais plus tard pour Naga de toute façon. Et tu travailles.

- Ahah, effectivement, j'ai dit ça. Accoure donc auprès de ta protégée.

- Huhu. Sérieusement, merci, Papa.

- Pas de problème. Il faut qu'on s'entraide si on veut sauver le plus de gens possibles. Et aider les entreprises, c'est aussi sauver des vies. Tu as bien réfléchi, fille, c'était une bonne idée. À ce soir.

- Oui, à ce soir. »

Korra était touchée par les mots de son père. Elle raccrocha et sourit distraitement pendant un moment. Elle était partagée entre ce calme émouvant que ces derniers mots avaient provoqué et l'intenable excitation qui voulait crier sa victoire. Elle devait absolument parler à Asami !

Elle sortit alors de sa chambre et la découvrit au téléphone. Elle s'attendait à voir sa tête de travail : l'attirail sourcils froncés, lèvres pincées et air passablement irrité. Au contraire, elle la trouva en train de sourire et de rigoler. Elle se demanda avec qui elle était en train de parler. Peut-être qu'elle faisait une pause et qu'elle parlait avec une amie à elle ? Mais Asami n'avait plus vraiment d'amis depuis que son père était en prison… Peut-être qu'un de ses collaborateurs faisait le mariole ? Elle n'en avait jamais entendu parler si c'était le cas.

Ne souhaitant pas déranger la jeune PDG, elle s'assit sur le canapé et attendit. Elle continua de regarder curieusement Asami (essayant de ne pas le faire avec trop d'insistance tout de même) et la surprit à sourire et à rigoler plusieurs fois. Elle n'arrivait même plus à savoir si c'était une conversation d'affaires. Elle avait l'air de parler du manoir… Peut-être que c'était son banquier le mariole.

La PDG finit par raccrocher, après des salutations qui laissaient entendre qu'ils se recontactaient bientôt.

« C'était qui ? demanda Korra, véritablement curieuse.

- C'était ton ami Mako. Il a l'air sympa. »

Korra haussa un sourcil. « Sympa » n'était pas exactement le premier mot qui lui passait par l'esprit quand on lui demandait de caractériser Mako, surtout sur une première impression. Il arrivait bien derrière des mots comme « sérieux », « taciturne », « sévère », voire même « froid ». Après peut-être qu'il avait été « sympa » avec Asami à cause de sa situation mais vu ses capacités sociales… elle avait comme un doute.

« Mako ? T'es sûre que c'était pas Bolin ?

- Oui… Pourquoi ?

- Donc, pas une tendance à dire n'importe quoi et à tout exagérer ?

- Non… Sérieux, qu'est-ce qu'il y a ?

- Non, rien. Je suis juste contente que vous vous entendez bien. »

Ce qui n'était pas vraiment un mensonge, mais elle était plus concernée par le fait que… ça rimait à quoi tout ça ?! Mako n'était pas « sympa », ni « drôle », du moins pas avec elle. Il pouvait l'être. Il le cachait bien… Et quand il était drôle, c'était souvent contre son gré. À quoi il jouait là ? C'était son astuce pour draguer ou quoi ?

Oh bon, il fallait vraiment qu'elle arrête de se torturer l'esprit. Aussi bien, c'était Bolin et Asami s'était trompée. Ça restait la solution la plus probable.

« D'accoooord, répondit la femme aux yeux verts plus que sceptique. Bref, on a convenu d'un jour où on pourrait faire une RDV vidéo avec toute la famille. Je pense qu'on pourra vraiment arriver à savoir ce qu'ils veulent et ce que je suis prête à leur proposer comme ça. J'espère que je pourrai régler ce truc bientôt… J'ai vraiment besoin d'une entrée d'argent… Même avec un tout petit peu je pourrais commencer à mettre la chaine de production en marche… Non pas que ton père ait accepté, même si Varrick arrive très bientôt…

- Tu penses que tu pourrais faire combien de respirateurs par jour d'ailleurs ?

- J'en ai aucune idée. J'imagine que le premier jour sera un test. Je ne suis même pas sûre qu'ils ont fini d'adapter les chaines de production…

- Je crois que tu devrais te concentrer sur ça…

- Mais on a encore le temps, non ?

- Pas vraiment. Mon père m'a appelée. »

À ce point, elle n'arrivait plus à retenir son enthousiasme. Un énorme sourire s'était emparé de son visage et elle s'exclama :

« C'est ok ! Ils veulent notre aide !

- Vraiment ?

- Oui ! On a réussi, Asami ! Maintenant, on peut vraiment sauver Future Industries ! »

Asami rigola.

« C'est peut-être un peu trop tôt pour crier victoire, mais c'est vrai que c'est génial ! Merci, Korra.

- Pas de problème. Je pense que tu seras contactée un plus officiellement sous peu.

- J'imagine oui. Il faudra aussi que je remercie ton père. Vous m'avez vraiment beaucoup aidée tous les deux.

- Tu pourras le remercier ce soir ! Il m'a dit qu'il m'appellerait pour que je puisse voir Naga !

- Si ça ne pose pas de problème, j'imagine que je peux prendre un peu de temps pour ça…

- Bien sûr que non, ça ne pose pas de problème ! »

Asami sourit en réponse à l'enthousiasme de Korra.

« Tu veux que je t'aide avec l'entreprise ? proposa cette dernière avec beaucoup d'entrain.

- Je croyais que tu avais des trucs à faire ?

- Nan, c'est bon, c'est plus important de t'aider !

- Hum… Voyons voir ce que tu peux faire… »

Elle reprit la liste des choses qu'elle devait faire et la parcourut avec Korra penchée sur son épaule. Elle retint un sourire en sentant sa colocataire bouillonner d'impatience. Le problème étant qu'il n'y avait pas beaucoup de choses que Korra pouvait faire…

Elle devait faire le point avec ses employées, et ils seraient un peu plus réceptifs à ses remontrances si elle le faisait en personne. Déjà qu'ils ne la respectaient pas forcément tous alors que c'était elle le PDG, elle n'allait pas demander à Korra de faire cette tâche.

Il y avait encore le problème des postes à pourvoir, mais Korra avait déjà aidé et de toute façon, sa RH était censée avoir fini de trouver du monde pour travailler sur les « gel-mobiles » de Varrick. Censée seulement. Encore un point à faire. Et comme elle ne savait pas de combien de personnes elle aurait besoin et du niveau de qualification requis pour les respirateurs, elle ne pouvait pas non plus demander à Korra de l'aide à ce niveau.

Le problème du manoir semblait majoritairement réglé ou plutôt en suspens. Elle recontacterait probablement Mako plus tard.

Il restait à contacter Varrick pour le tenir au courant de la situation… Chose qu'elle préférait faire elle-même, mais comme techniquement c'était Korra qui lui avait trouvé ce contact, qu'ils se connaissaient et qu'elle était plus ou moins considérée comme son assistante, elle pouvait le faire. À contrecœur, mais aussi avec tendresse lorsqu'elle vit le visage de Korra s'illuminer, elle lui donna sa tâche à faire.

Le reste de l'après-midi se déroula entre appels téléphoniques — heureux ou malheureux — et planification. À dire vrai, la conversation entre Korra et Varrick passa vite d'enthousiasme, à un peu d'affaires, à une conversation amicale. Puis, la femme aux yeux bleus vit le sourcil levé de sa colocataire et elle mit fin à l'appel, un peu gênée. Elle devait aider, pas s'amuser. D'ailleurs, Varrick devait travailler et non s'amuser mais… c'était Varrick et parfois c'était un peu trop facile de plaisanter avec lui et d'oublier les responsabilités.

Finalement, la réunion téléphoniques d'Asami s'éternisa et Korra essaya d'aider avec la main-d'œuvre à trouver. Heureusement, la femme du service des ressources humaines était très gentille et compréhensive (il fallait dire qu'elle avait parlé plusieurs fois avec Korra au téléphone et que ça faisait fort longtemps qu'elle travaillait pour l'entreprise. Elle faisait partie des personnes qui étaient restées malgré le scandale simplement par fidélité). Elle la tint au courant de la situation concernant les gel-mobiles, Korra prit des notes et lui parla des futures demandes de personnel. Elle lui dit qu'ils avaient toujours quelques opérateurs mais qu'en fonction de la quantité de machines qui seraient opérationnelles, elle devrait peut-être rappeler plus de monde. Elles essayèrent aussi de savoir quelles compétences seraient requises, et elles parvinrent à la conclusion que si c'était les mêmes machines avec quelques modifications, il fallait surement le même personnel. Mais peut-être qu'il faudrait des gens pour assembler des respirateurs. Elle dit qu'elle ferait des recherches et raccrocha.

Évidemment, les appels que Korra passaient étaient beaucoup moins longs et complexes que ceux que faisaient Asami. Elle prit donc la liberté d'aller leur faire à manger pour le soir. Bon, elles avaient des restes… Mais il n'y avait pas de mal à essayer de faire plaisir à Asami, pas vrai ? C'était une sorte de… célébration ? Tout n'était pas encore joué, mais ça pourrait lui faire du bien. Elle tenta de la cuisine de la Nation du Feu en espérant que ce ne serait pas un véritable désastre. Désastre ce ne fut pas. En tout cas, au niveau des odeurs. L'état de la cuisine et le goût du plat, c'était une autre histoire. Au niveau de la cuisine, elle avait probablement brûlé plus de fonds de casserole que nécessaire et au niveau du goût… elle était pas très épices, donc elle se réservait la surprise.

Bientôt, elle allait chercher Asami pour une pause bien méritée. Elles discutèrent autour du repas (ce qui était assez pratique pour alléger la sensation d'avoir la bouche en feu, même si ça aurait pu être pire) des diverses conversations qu'elles avaient eues, des projets, et des ajustements à faire.

Ce fut pendant qu'elles faisaient la vaisselle que Tonraq appela sa fille une nouvelle fois, cette fois pour Naga, bien évidemment. Korra se précipita sur le canapé, embarquant Asami avec elle. Cette dernière resta derrière le canapé à regarder par-dessus l'épaule de Korra la petite famille qui se trouvait dans l'écran. Korra lui présenta ses parents : sa mère, Senna, qui semblait très douce, et Tonraq qu'elle connaissait vaguement grâce à leurs nouvelles relations commerciales avec la tribu de l'eau. Elle le remercia allégrement de tous ses efforts et voulut lui assurer qu'elle ferait de son mieux et qu'elle ne les laisserait pas tomber, mais une masse blanche surgit devant la caméra, puis ce fut au tour d'une langue rose.

Asami rit malgré elle.

« Je suppose que c'est Naga ?

- Comment tu as deviné ? plaisanta la fille de la Tribu de l'Eau.

- Elle est aussi envahissante que toi.

- Hé ! »

Asami rit de nouveau, pendant que les parents de Korra essayait de retenir Naga. Ils la tinrent dans leurs bras mais elle aboya et frétilla, contente de voir sa maitresse sur l'écran de l'ordinateur.

« Si ça peut te rassurer, elle semble aussi très mignonne.

- Humpf.

- Elle doit beaucoup t'aimer.

- Bien sûr ! Je suis une super maitresse ! Pas vrai, fille ? »

Naga aboya.

« J'espère que vous lui parlez aussi ! Elle n'est pas bête, elle comprend tout !

- Oui, Korra, tu nous l'as répété assez de fois.

- Elle me manque juste tellement. J'aurais adoré lui faire un câlin pour son anniversaire !

- Avec un peu de chance, tu la verras bientôt. »

La conversation continua ainsi. Asami en écouta une bonne partie, participa un peu surtout quand il s'agissait de parler de Korra, de leur vie à deux ou Republic City, puis elle s'excusa, histoire de leur laisser un peu de temps en famille.

Elle alla vérifier ses mails, travailla encore un peu, puis envoya quelques messages à Mako. Elle lui parla de la location du manoir, évidemment. Elle commença à amorcer l'idée d'un retour de l'investissement en cas d'échec pour tâter le terrain. Elle avait presque l'impression que tout était possible aujourd'hui ! La conversation finit par être un peu plus amicale que professionnelle et elle n'en fut pas mécontente. Après tout, ça la faisait patienter pendant que Korra finissait.

Cette dernière arriva quelques dizaines de minutes plus tard. La jeune PDG était à moitié endormie sur son lit, mais elle se réveilla quand Korra toqua à sa porte.

« Désolée, je t'ai réveillée ?

- Non, je t'attendais.

- Vraiment ?

- Ouais, je parlais un peu avec Mako en attendant. »

Elle regarda son téléphone.

« D'ailleurs, ça fait 15 minutes que je l'ignore parce que je somnole.

- Encore Mako ? »

Korra s'installa sur le lit à côté d'elle.

« C'est quoi ton problème avec Mako ? C'est un de tes potes et on dirait que tu l'aimes pas. Un ex ?

- Absolument pas. C'est juste que de tous mes amis, j'aurais pas cru que tu t'entendrais si bien avec lui.

- « Si bien », c'est peut-être un peu exagéré. Et il est sympa, donc oui je m'entends bien avec lui. C'est pas parce que les gens me fuient comme la peste que je suis anti-sociale…

- Mmmm… »

Asami se mit sur le côté pour mieux observer Korra, qui s'était finalement allongée à côté d'elle.

« Tu es jalouse ? plaisanta-t-elle.

- De quoi ? renâcla Korra, en levant un sourcil.

- Que je m'entende avec un de tes amis.

- Ce serait un petit peu exagéré comme réaction.

- Qui sait… Peut-être que tu me veux pour toi toute seule.

- Je ne suis pas une espèce de psychopathe monomaniaque. »

Asami explosa de rire.

« Quel est le rapport ? Je t'imaginais plus en chevalier blanc qui refuse que sa dame soit sauvée par quiconque d'autre.

- Vraiment ? »

Asami sourit de façon un peu moqueuse en voyant l'air intéressée de Korra, qui avait tourné la tête vers elle.

« Oh, j'ai touché une corde sensible.

- Pas du tout. »

Korra se remit à regarder le plafond, un peu boudeuse. Elle n'aimait pas qu'on se moque d'elle.

« Donc, tu veux pas être mon chevalier en armure ? minauda Asami.

- Tu n'en as pas besoin que je sache.

- Tu me laisses entre les griffes du Seigneur Mako ! Ah ! J'ai le cœur brisé !

- Qu'est-ce que tu peux être agaçante parfois… Je t'ai dit que c'était pas ça…

- Bon, très bien, preux chevalier qui n'est ni un chevalier, ni jaloux, laissez-moi me reposer sur votre précieux abdomen avant notre ultime séparation. »

Et sans plus de cérémonie (car c'était bien assez), Asami posa sa tête sur le ventre de Korra.

« Tu vas t'endormir… râla-t-elle.

- Pas grave… On a déjà dormi ensemble sur le canapé.

- Ce qui était très inconfortable au passage.

- Une chance qu'on soit sur le lit et que ton ventre soit confortable.

- Est-ce qu'on peut au moins aller se préparer pour dormir ?

- J'ai pas envie. Je suis bien là.

- Mais tu vas t'endormir. Allez, je reviens juste après.

- Et tu dors avec moi ?

- Euuuh, je… Si tu veux ? »

Pendant quelques secondes, Asami sembla réfléchir. En tout cas, elle ne dit rien, et comme elle était allongée sur Korra, cette dernière ne put pas voir l'expression de son visage.

« Ça ne me dérange pas, finit-elle par dire. On a déjà dormi ensemble…

- Voilà. Tu me laisses y aller maintenant ? »

Elle releva sa tête et Korra put s'échapper. Elle rejoignit la salle de bain et Asami, malgré toute sa mauvaise volonté, la rejoignit quelques minutes plus tard. Elle fit le strict minimum : dents et maquillage (qu'elle mettait seulement pour faire bonne figure lors des appels vidéos). Elle était plus du matin de toute façon, contrairement à Korra qui avait tendance à s'occuper de sa toilette le soir, chose qui les arrangeait bien pour leur colocation.

« Je t'attends dans ma chambre. À moins que tu préfères dormir dans la tienne.

- Non, ta chambre, c'est bien…

- Cool, à tout de suite. Et tarde pas trop, je vais m'endormir. Et je veux mon oreiller.

- Comment je suis passée de preux chevalier à oreiller exactement ?

- Donc, tu admets que tu veux être mon chevalier en armure ?

- C'est pas du tout ce que j'ai dit.

- Huhu.

- Arrête de te moquer de moi ! »

Asami rit en partant de la salle de bain. Korra soupira un bon coup. Ce n'était pas vraiment parce qu'elle était exaspérée par les blagues d'Asami, seulement… ça rimait à quoi tout ce bazar exactement ?! C'était déjà pas assez compliqué de penser beaucoup trop à Asami, et maintenant ça ?

Elle était probablement juste en train de plaisanter, mais le coup du dormir ensemble, elle ne s'y attendait pas. Peut-être qu'Asami était le genre de personne à faire ça avec ses amis de façon naturelle. Après tout, elle s'était endormie sur elle alors qu'elles commençaient à peine à réellement se connaître. C'était sûrement une de ses bizarreries de citadine de luxe… Non pas qu'elle allait s'en plaindre. Elle s'en réjouissait en secret. Ce qu'elle n'allait jamais admettre puisqu'elle était encore en train de peser le pour et le contre d'une telle action.

Ce n'était pas comme si elle n'avait jamais dormi avec des amis. En fait, elle avait passé pas mal de temps avec Mako et Bolin, même des nuits, et dans des états pas toujours très nets. Elle avait fini par les considérer comme des frères. Mais Asami, c'était une autre histoire… Elle était à peu près sûre qu'elle pourrait développer des sentiments avec des idées pareilles (si ce n'était pas déjà trop tard).

Elle essaya donc de ne pas trop se prendre la tête quand elle rejoignit la femme d'affaires qui était déjà sous les couvertures. Elle pianotait sur son téléphone. Korra dit presque : « encore Mako ? » Mais peu désireuse d'entendre les remarques qui allaient forcément venir, elle ne dit rien et posa lourdement sa tête sur l'oreiller.

Asami releva la tête.

« Prête à dormir maintenant ?

- Yep. Et toi ?

- Je viens d'éteindre mon téléphone. Tu ne me demandes pas si je parlais à Mako ?

- Tu parles avec qui tu veux…

- Tu me fais rire, Korra. »

Elle se positionna contre Korra et cette dernière se tendit un peu. Au lieu de mettre sa tête sur son ventre, elle la mit sur son épaule.

« Je peux dormir comme ça ? demanda-t-elle.

- Hum… si ça ne te dérange pas.

- Non, c'est bien là. »

Elle passa un bras autour du ventre de Korra et l'embrassa sur la joue.

« Bonne nuit. Et encore merci pour tout. J'étais vraiment contente aujourd'hui.

- C'était rien. J'étais vraiment contente aussi.

- Et je suppose que ton cadeau pour l'anniversaire de Naga prendra effet demain.

- Quel cadeau ?

- Choisir le programme de la soirée. Comme on a passé la soirée au téléphone avec tes parents et que je suis fatiguée, on peut faire ça demain.

- Ok. »

Elle déposa un baiser sur les cheveux noirs d'Asami.

« Bonne nuit, 'Sami. »

Il y eut une dernière étreinte, puis le terrain fut donné au silence, à la nuit et à Morphée.


A/N : Alors, la lecture a été bonne ? J'espère ! Laissez une petite review si le cœur vous en dit !

Je sais pas si vous avez remarqué, mais j'ai complètement négligé le fait qu'il pourrait sûrement y avoir un décalage horaire entre Republic City et les Tribus de l'Eau ^^' Donc, si je change d'avis dans les prochains chapitres… ignorez-moi xD

Bref, je pense pouvoir boucler cette histoire en deux trois chapitres. Restez avec moi jusque-là !

À plus !

Lion