A/N : Coucou !

Alors, finalement je suis à l'heure ! Et avec 7000 mots en plus ! Héhé. *fière* Bon, un peu de drama pour ce chapitre, mais je l'avais prévu. Et j'ai essayé de rendre ça assez… léger dans le genre ?... Vous comprendrez en lisant ^^'

Bonne lecture !


Le réveil sonna. Korra était encore drapée autour d'elle et elle aimait ça. Elle aimait avoir son corps chaud contre le sien au réveil. Elle aurait aimé pouvoir espérer que tous les matins soient comme ça.

Elle ne pouvait pas.

« Déjà l'heure ? marmonna Korra.

- Tu peux te rendormir après. C'est samedi.

- Pourquoi tu te lèves alors ?

- Varrick a organisé une conférence de presse chez moi… Et je dois aussi appeler la famille de Mako et Bolin…

- C'est pour ça que tu disais que ça allait être une horrible journée ?

- Je n'aime pas trop la presse… Encore moins quand je vais devoir parler de mon père.

- Ça va bien se passer. Tu veux que je vienne ?

- Non, reste ici. Tu es rentrée tard.

- J'ai dormi avant de venir, tu sais. C'est juste que Tenzin est rentré, donc j'ai décidé de partir.

- Varrick sera là et je n'ai pas envie que tu sois confrontée aux médias. S'ils apprennent que tu es impliquée dans les affaires de Future Industries, qui sait ce qui pourrait t'arriver. Je préfère que tu restes ici. Tu as des choses à faire, non ?

- Je n'ai rien de mieux à faire que de prendre soin de toi. »

Elle avait dit cela de manière parfaitement naturelle. Sa voix n'avait pas oscillée, elle n'essayait pas d'être séductrice, ni particulièrement douce. Elle semblait juste énoncer une évidence comme « le dîner est prêt, viens manger » ou « on a plus de PQ ». Pourtant, cela réussit à faire légèrement frissonner Asami. Elle fut rendue muette pendant quelques secondes.

Malgré la tonalité, c'était plutôt… audacieux. Est-ce que c'était une tentative de flirt ? Elle avait un doute. D'habitude, Korra essayait au moins de faire attention à ce qu'elle disait. Elle ne voulait vraiment pas envoyer les mauvais signaux mais…

« Ça veut dire que j'ai le droit à plus de câlins avant que la journée commence ?

- Tu es une telle enfant… »

Néanmoins, Asami se blottit un peu plus contre Korra, et cette dernière caressa les longs cheveux noirs de la jeune femme. Elle ferma les yeux, hypnotisée par cette douceur. Elle pourrait se rendormir. Elle ne devait pas mais elle avait terriblement envie de se laisser bercer.

Elle sentit un baiser se poser sur son front, puis un sur sa joue. Elle ne voulait pas ouvrir les yeux, elle ne pouvait pas, de peur de voir ces terrifiant yeux bleus.

« Asami, je…

- Il faut vraiment que je me lève.

- Je ne t'en empêche pas.

- Je vais y aller. Tu peux rester.

- Dans ton lit ou à la maison ?

- Tu dois rester à la maison, mais tu peux rester dans mon lit.

- Mmmm. Marché conclu. »

La jeune PDG se dégagea et se leva avec toute la réticence du monde.

« Hey, ce soir, j'ai le droit de choisir le programme de la soirée ? Tu te souviens, mon cadeau.

- J'aurai probablement du travail, ce ne serait du gâchis de l'utiliser.

- C'est pour t'obliger à faire une pause, 'Sami. Tu es épuisée. Tu as besoin de prendre du temps pour toi pour être efficace au boulot.

- Je…

- En plus, si cette conférence va être horrible, autant essayer de te soulager après, pas vrai ?

- On en reparle quand je rentre.

- Ok. Bon courage. J'me rendors… »

Sans plus de cérémonie, Korra se repositionna dans le lit et poussa un gros soupir avant de se rendormir. Asami prit quelques affaires et sortit de sa chambre. Sa journée pouvait commencer.


Elle avait visité l'entrepôt caché avec Varrick. Il avait adoré. Elle moins. Ça lui rappelait de mauvais souvenirs. L'autre chose qui lui rappela des mauvais souvenirs fut l'arrivée des médias, un par un, comme un supplice qui s'étendait dans le temps. Plus elle les voyait arriver, plus elle en était malade. Pourtant, elle avait l'air impeccable à l'extérieur.

Elle jetait de temps en temps des regards à Varrick qui regardait son téléphone, l'air de s'en ficher éperdument. Elle aurait aimé pouvoir faire pareil, mais cette conférence de presse était importante. Décisive. D'où les micros et la technologie que Varrick avait fait installer avant même son arrivée. Elle n'en était que plus malade.

Quand elle pensa avoir atteint sa limite, la conférence commença. Elle voyait une dizaine de points rouges allumés, entre les chaines locales, les chaines internationales et les chaines plus privées ou sur le net. Elle tâcha de ne montrer aucune faiblesse. Comme prévu, Varrick fit une introduction grandiloquente, puis ce fut au tour d'Asami.

« Future Industries est une entreprise de l'avenir. Elle a toujours cherché à être à la pointe de la technologie automobile que ce soit en matière de confort, d'effectivité ou de sécurité. Nos clients sont importants, leur vie est importante, dès lors la qualité de nos produits doit l'être également.

« Je ne vais pas nier que l'entreprise a souffert des actions de son précédent PDG et qu'elle en souffre encore. Mais Hiroshi Sato, ainsi que ses crimes, concernent le passé Future Industries est une entreprise de l'avenir. Et en ces moments troubles où l'avenir est plus qu'incertain, où les gens ont peur et se perdent, nous souhaitons continuer à soutenir tous nos consommateurs de la meilleure façon possible.

« Aujourd'hui, je ne peux décemment pas vous offrir une voiture de qualité : qu'en ferez-vous ? Nous sommes en crise, nous sommes confinés, je ne vais pas vous demander de dépenser de l'argent inutilement pour une voiture dont vous ne pouvez actuellement pas vous servir. Parce que le bien-être de nos clients nous a toujours tenu à cœur, que nous valorisons l'humain avant de valoriser la vente, Future Industries aide et continuera à aider les habitants du monde entier en ce temps de crise.

« Grâce à notre collaboration avec Varrick Global Industries, nous pourrons mettre à disposition plus de gels hydro-alcooliques pour protéger toutes les populations. Nos usines ne tourneront pas inutilement pour des biens qui paraissent quelque peu dérisoires actuellement : elles nous permettront d'apporter plus de matériel au secteur médical, notamment en ce qui concerne les respirateurs.

« Je peux solennellement vous assurer que Future Industries aidera de tout son possible pendant cette crise sanitaire. Moi, Asami Sato, actuelle PDG de Future Industries, je m'assurerai de collaborer au mieux avec les pouvoirs publics des différentes nations afin que tous aient une chance face au virus. Pour l'instant, nous produisons des gels et des respirateurs, mais nous nous plierons aux exigences du contexte actuel. Nous éclairerons le chemin de ce futur trouble et nous vous y emmènerons, que ce soit en voiture ou avec des masques. Je vous demande alors tout aussi solennellement de nous accorder encore une fois votre confiance pour que nous roulions tous vers un avenir radieux. »

Elle allait signaler qu'elle avait fini, mais Varrick ne l'attendit pas pour continuer comme s'ils avaient une conversation décontractée.

« Joli, Asami ! Moi aussi, j'ai quelques annonces pour continuer sur la même lancée ! Comme l'a déjà dit Madame Sato, et comme je le signalais au tout début, Varrick Global Industries collabore pleinement avec Future Industries. Et voici, juste derrière nous, une nouvelle preuve de notre collaboration ! Ce lieu sera un nouveau lieu de production, je vous l'assure !

« Mais ce n'est pas assez ! Pour sceller cette confiance que j'ai en Asami et son entreprise, je vais moi-même investir dans Future Industries. J'ai la conviction que les nations du monde entier se rendront compte de la dévotion et de la volonté d'aider les gens que notre jeune PDG a bien voulu porter. Ce sera tout. Prenez soin de vous ! »

Asami eut un blanc. Il voulait investir dans Future Industries ? De quoi parlait-il ? Investir comme ce qu'il faisait en ce moment ou investir comme acheter des parts ? Non, il avait dit qu'il allait le faire, donc ce n'était pas ce qu'il faisait actuellement. Ce n'était pas juste mettre des moyens à disposition. Pourquoi il ne l'avait pas prévenue ?

Maintenant qu'il avait dit ça à une conférence de presse, tout le monde allait suivre l'affaire et si elle mettait son veto, elle passerait encore pour la méchante. Sauf que les parts du Future Industries ne valaient tellement rien que Varrick pouvait probablement acheter l'entreprise entière et la lui voler ! C'était son plan depuis le début ? Est-ce qu'elle venait de se faire complètement embobiner ? Elle ne pouvait pas perdre Future Industries. Pas maintenant…

Elle se força à mettre ses angoisses de côté quand elle entendit les cris de quelques questions. Il fallait qu'elle y réponde. Varrick arriva à canaliser les médias pour qu'ils ne crient pas tous en même temps, et ainsi la torture commença.

« Madame Sato, que pense votre père de toute cette opération ?

- Mon père n'a pas son mot à dire. Il a renoncé à cela le jour où il a souillé le noble nom de Future Industries en l'associant avec le trafic d'armes.

- Pourtant, on dit que vous lui rendez souvent visite, n'est-ce pas finalement lui qui tire les ficelles ?

- Mon père et moi sommes deux différentes personnes. Je suis le PDG de Future Industries. Si je le vois, cela ne concerne que ma vie personnelle et je ne ferai aucun commentaire à ce sujet.

- N'est-ce pas un peu hypocrite de vouloir sauver des vies après en avoir gâché autant ? »

Elle s'y attendait. Mais ça faisait quand même mal. Elle respira un bon coup en tentant de répondre de façon calme et cordiale.

« Je ne pense pas que ce soit hypocrite. Tout au plus, il s'agit de racheter les erreurs passées, mais là encore, cela sous-entendrait qu'il nous est impossible d'avancer sans le poids de la culpabilité. Future Industries n'a pas à porter ce poids, elle n'est pas coupable des actions d'un seul homme. Les actuels employés de Future Industries ne désirent qu'agir pour le bien de tous, tout comme moi.

- Selon mes sources, la distribution des biens sanitaires produits par Future Industries ne concernerait que la Tribu de l'Eau du Sud. S'il s'agissait vraiment du bien de tous, pourquoi ne pas commencer par distribuer la production sur place, c'est-à-dire à Republic City ? À moins que ce ne soit qu'une manœuvre médiatique, bien entendu. »

Elle avait envie de crier et de s'arracher les cheveux. D'un côté, il n'avait pas vraiment tort mais ce n'était pas comme si elle avait le choix ! S'il n'y avait pas des connards comme lui qui passaient leur vie à l'enfoncer, elle n'en serait pas là. Elle commença à ouvrir la bouche pour répondre, et sûrement pas quelque chose de cordial, mais Varrick prit la relève.

« Les négociations avec Republic City sont en cours. Malheureusement, comme vous le savez, la situation à la Tribu de l'Eau du Sud peut être vraiment précaire à certains endroits. Nous avons souhaité aider en priorité les nations qui sont le plus dans l'urgence et demandeuses. »

Elle commençait à se dire qu'ils allaient la harceler et la faire péter un câble mais l'intervention de Varrick les fit changer de cible. Est-ce qu'il venait de dire que les négociations avec Republic City étaient en cours ? Encore quelque chose dont elle n'était pas au courant visiblement… Elle commençait à avoir mal à la tête, mais elle tâcha de rester impassible.

« Varrick, pourquoi choisir Future Industries, une entreprise visiblement sur le déclin, alors que des puissances réelles telles que Cabbage Corps montrent une réelle volonté de mettre leurs moyens à disposition ?

- Ce n'est pas une question de moyens, mais une question de personnalité. Je sais que Future Industries fera tout son possible et que je peux faire confiance à Asami. Elle veut donner une chance au monde d'aller mieux, donc je veux lui donner une chance aussi.

- Pourtant, on ne peut oublier le nombre d'usines qui ont récemment fermées. On s'attendait à ce que Future Industries mette la clé sous la porte sous peu. N'est-ce pas un peu risqué, voire totalement suicidaire, d'investir quoi que ce soit dans une entreprise vouée à disparaître ?

- Je ne suis pas de cet avis. Mes placements se sont toujours révélés judicieux. »

Cela continua un moment. Il y eut plus d'une incrédulité et quelques insultes qu'Asami essaya de ne pas relever. Pour autant, elle était folle de rage. Quand la conférence de presse se termina, sa rage ne redescendait pas. Elle prit Varrick à part pour lui reparler de cette histoire « d'investissement » et elle comptait bien avoir le fin mot de l'histoire !

« Je peux savoir pourquoi tu as annoncé un truc pareil avant de m'en parler avant ? Investir dans Future Industries ? Quoi, tu veux racheter mon entreprise ?

- Je veux juste te donner un eu plus de marge de manœuvre en achetant des parts.

- Les journalistes ont raison, tu ne gagnes rien en faisant ça sauf le contrôle de mon entreprise. Je te laisserai pas faire !

- Tout doux, on se calme, Madame Sato. J'ai déjà bien assez à gérer, je ne veux pas du contrôle de ton entreprise. Sans compter que Zhu Li me gronderait… »

Elle fronça les sourcils. Zhu Li ? Comme Zhu Li Moon ? La présidente de Republic City ?

« De quoi tu parles ?

- De ma fiancée ! Et je n'ai vraiment pas envie de me fâcher avec elle. »

Elle voulait lui demander le rapport avec leur conversation qui était un peu plus importante que ses affaires de cœur, mais elle avait l'impression qu'elle avait mis le doigt sur quelque chose. Ou peut-être que Varrick lui laissait une ouverture pour la distraire…

« Tu ne parles pas sérieusement de la présidente de Republic City, là ? demanda-t-elle, amèrement.

- Quelle perspicacité ! Je reconnais bien là mon associée et future collaboratrice pour des années à venir !

- Varrick, si c'est une de tes blagues pour détourner mon attention des choses importantes, ce n'est pas drôle.

- Pourquoi je blaguerais ?

- C'est impossible qu'on ne sache pas un truc pareil.

- Je vais te dire un petit secret, annonça-t-il de manière très théâtrale en parlant plus doucement : elle est très douée dans son domaine. Elle a été mon assistante pendant des années et pourtant ce n'est consigné nulle part non plus. »

Elle soupira. Il lui cassait les pieds. Vraiment.

« Admettons. Ça n'a quand même rien à voir avec la présente situation.

- Ça a tout avoir ! J'ai juré de devenir un homme meilleur ! Je vais t'aider tel l'homme meilleur que je suis et non te voler ton entreprise. Marché conclu ?

- Je ne fais pas confiance aux gens si facilement. Surtout après le coup bas que tu viens de me faire.

- Je voulais juste les impressionner. Ça a marché ! »

Elle avait envie de montrer son exaspération, mais elle se retint et resta impassible. Hors de question de se montrer faible devant lui.

Ce fut lui qui montra le premier des signes de découragement. Ses épaules s'affaissèrent et il soupira.

« Tu ne devrais pas faire confiance à Korra, Asami ? »

Elle haussa simplement un sourcil, les bras croisés. Korra ? Qu'est-ce que Korra venait faire là-dedans ?

« Après tout, c'est elle qui m'a amené à toi.

- Je lui fais confiance, assez pour la laisser travailler avec moi. Mais elle t'a peut-être choisi parce que c'était la seule option disponible et nous n'avons pas considéré que tu pouvais être une menace.

- Je ne pense pas que ce soit le cas. Je te laisse en parler avec elle. Je crois que ton rendez-vous de 10h va bientôt commencer. Je n'insisterai pas pour racheter des parts de Future Industries si tu ne veux pas, mais tu sais dans quelle position nous sommes actuellement.

- Oui, je n'ai pas le choix, j'ai bien remarqué.

- Ce n'est pas exactement ce que je voulais dire. »

Il n'ajouta mot et partit sans faiblir sous le regard dur de la femme aux yeux verts. Elle ne se défit de sa posture menaçante que lorsqu'elle fut sûre d'être seule à l'intérieur du manoir. Elle se laissa tomber dans une chaise. Elle devait faire ce rendez-vous, parler du manoir, faire visiter à distance, mais elle se sentait vidée. Toute cette histoire lui avait pompé beaucoup trop d'énergie et lui avait mis un coup au moral.

Ce fut avec mollesse qu'elle connecta son ordinateur. Quelques minutes plus tard, sans qu'elle n'ait eu le temps de souffler, elle fit la connaissance de la famille de Mako et Bolin. Les deux frères étaient sur une partie de son écran, trois autres visages sur une autre partie et une ribambelle d'autres occupaient un gros morceau de l'écran.

Elle se présenta, parla du manoir. La famille parla des attentes et des besoins qu'ils avaient. Elle procéda ensuite à la visite en vidéo de l'endroit avec quelques commentaires, en s'arrêtant en cas de questions ou de besoin de précision et termina sur quelques possibilités qu'elle pensait attrayante. Elle leur parla de la réalité de la situation, en leur disant que cet investissement leur était essentiel, qu'elle était prête à leur rendre si leur plan tombait à l'eau et elle leur annonça qu'ils pourraient même tous travailler sur place une fois que l'entrepôt serait ouvert. Bien entendu, elle les paierait comme des employés normaux (ce qui n'était pas particulièrement un très haut salaire mais considérant qu'ils n'auraient pas du tout de loyer à payer ni de transport…).

Beaucoup furent séduits par l'idée car ils avaient perdu leur travail ou n'en avaient pas. Ils aimaient le manoir. Ils appréciaient Asami et ils appréciaient qu'un foyer leur soit proposé, surtout pour les plus démunis qui se trouvaient déjà à Republic City. Cependant, cela représentait un investissement. Ainsi, après plus de 2h30 d'appel vidéo et de négociations diverses et variées, la famille de la République de la Terre annonça qu'elle devait réfléchir et qu'elle recontacterait Asami sous peu.

Quand ce fut fini, la jeune PDG se sentit un peu soulagée. Voilà une bonne chose de faite. Maintenant, la décision ne lui appartenait pas. Elle ne voulait pas imposer son fardeau à qui que ce soit. Elle ne leur en voudrait pas s'ils refusaient. La situation était précaire. Elle était contente de pouvoir poser des visages sur des noms également.

Elle éteignit son ordinateur et fit un dernier tour du propriétaire. Elle s'arrêta dans sa propre chambre, se posant sur son lit en passant en revue les quelques affaires qu'elle avait laissées ici. Elle faillit s'endormir mais se ravisa.

Il était plus de 13h quand elle rentra. Korra l'attendait presque à la porte, comme un chien qui attendrait son maitre. C'était chou et faillit lui arracher un sourire.

« Tu es rentrée ! Alors, comment ça s'est passé ?

- Épuisant. Quant aux résultats… je suppose qu'on va attendre ce soir que les premiers articles sortent… Et la une de demain.

- Et pour Mako et Bolin ?

- J'attends leur réponse définitive.

- Et ?

- Aucune idée de ce que ça va donner. »

Asami marchait vers sa chambre tout en parlant. Korra la suivait. Chose à laquelle elle n'avait pas fait attention. Elle commença à se déshabiller dès qu'elle entra dans sa chambre, histoire de mettre quelque chose de plus confortable. Elle n'avait rien contre les jupes et les tailleurs — elle aimait même plutôt ça — mais elle préférait mettre quelque chose de plus décontracté chez elle. Sans compter que ça ferait très bizarre qu'elle reste en tenue d'affaires avec Korra à côté, elle aurait l'impression d'être sa patronne.

Elle avait déjà enlevé son haut quand elle remarqua Korra qui la regardait à l'entrée de la chambre. Ça, c'était étrange… Korra lui offrait une occasion toute préparée de la taquiner. Voilà qui pourrait lui remonter le moral.

« Tu es venue pour la vue ? » demanda-t-elle avec un sourire narquois.

Asami n'était pas particulièrement pudique. Elle savait qu'elle était une belle femme et elle en jouait souvent. On lui avait peut-être enlevé beaucoup de choses, mais pas sa beauté. Et plutôt que de la considérer comme un fardeau, elle préférait s'en amuser un peu.

Korra sembla sursauter un petit peu. La jeune femme aux yeux verts s'attendait à la voir gênée et nerveuse d'une seconde à l'autre. Au lieu de cela, la fille du sud marcha vers son lit et s'y assit en ne décrochant pas une seule fois son regard d'elle.

« Eh bien, tu es une jolie femme… Je pense que tout le monde en profiterait. »

Contrôle parfait que ce soit la voix basse et sensuelle ou cet air parfaitement nonchalant qu'elle affichait : la tête haute et son corps basculé en arrière, soutenus par les deux bras tendus. Seul ses poings recroquevillés sur la couverture et un peu trop serrés pour cacher sa nervosité pouvaient la trahir, mais cela, Asami ne le remarqua pas.

Elle se figea et fronça les sourcils. Qu'est-ce qui venait de se passer ? Ce n'était pas du tout ce à quoi elle s'attendait. Est-ce que Korra avait décidé de résister à ses taquineries en la mettant en mauvaise posture ? Mais même si elle la regardait droit dans les yeux, son masque de sérieux l'empêchait de deviner ses intentions.

« Quelle mouche t'a piquée ? demanda-t-elle. Tu essaies de retourner mes blagues contre moi ?

- Peut-être que je dis juste la vérité.

- Je t'ai pas attendue pour savoir que c'est la vérité.

- Tu es beaucoup plus arrogante que ce que je pensais au départ.

- Et tu aimes ça ? »

Asami avait lancé cette remarque dans le courant de la conversation avec un sourire narquois comme à son habitude. Sa réponse la troubla elle-même. Elle était contente d'être en train de mettre son haut : cela cachait sa confusion. Sérieusement, qu'est-ce qu'elle était en train de faire : flirter ? Serait-ce cela le vrai but de Korra ? Non, c'était beaucoup trop manipulateur pour cela…

« J'aime ça. »

Elle marqua une pause. Quand elle croisa le regard un peu confus d'Asami, elle rajouta :

« Mais tu devrais savoir accepter un compliment et dire merci, c'est la moindre des choses.

- Oh, excuse-moi, où sont mes manières ? Je te remercie sincèrement de me reluquer pendant que je me change et de me faire part de tes impressions.

- Tout le plaisir et pour moi.

- Tu parles d'un preux chevalier. Espèce de perverse.

- Hé ! »

Elle attrapa un oreiller et lui jeta dessus. Asami se le prit en pleine tête.

« Tu l'as mérité. »

La jeune femme aux yeux verts lui relança et Korra l'esquiva.

« C'est mon oreiller ! Si tu veux en jeter, t'as qu'à aller chercher les tiens !

- Et en plus d'être arrogante, elle prête même pas ses affaires. Vraiment, je suis déçue.

- Toi ! Tu ne perds rien pour attendre ! »

Soudain, Asami se jeta sur Korra, essayant de l'étouffer avec un coussin qu'elle venait d'attraper. La femme aux yeux bleus rit en se débattant, ce qui n'était pas facile avec Asami au-dessus d'elle. Après une fière bataille, elle annonça son abandon en riant.

« Tu l'as mérité », annonça Asami en enlevant le coussin de sa tête.

D'une certaine façon, elle avait fini sur les genoux de Korra. Et elle n'avait pas fini de s'habiller… Elle avait enlevé sa jupe avant que Korra ne lui lance l'oreiller dessus et après elle s'était laissé embarquer dans ses bêtises. Elle ne le remarqua pas tout de suite.

Elle regardait vers le bas pour croiser les yeux de Korra qui était assise en-dessous d'elle. Ses yeux… Ils avaient quelque chose de particulier. Elle avait déjà vu ce regard. Elle avait peur de ce regard. Quand elle sentit les mains chaudes de Korra sur ses cuisses, elle manqua de sursauter et un bruit étranglé resta bloqué dans sa gorge. Elle était sûre que Korra avait entendu l'inaudible. Tout était dans ses yeux, mais aussi ses mains qui la tenaient à la fois de façon douce et ferme. Elle pouvait presque lâcher prise.

D'un mouvement souple, elle précipita Korra en arrière pour qu'elle tombe sur le lit. Cette dernière accompagna ses mouvements et ses mains se retrouvèrent à effectuer une légère caresse vers l'intérieur de sa cuisse. Le mouvement était à peine perceptible, mais Asami ne pouvait que le remarquer.

Elle prit le coussin et l'écrasa sans retenue sur la tête de Korra avec une main, l'autre soutenance son poids et la gardant à bonne distance.

« Tu devrais faire plus attention à tes défenses.

- Pffft, tu as raison, dit Korra en enlevant le coussin. »

Ses mains avaient quitté ses jambes, ses yeux étaient redevenus clairs et accueillants et elle lui lançait un sourire rieur et chaleureux une fois son visage découvert.

« Je dois aller me démaquiller. »

Elle se releva, attrapa un pantalon au passage et partit en direction de la salle de bain tout en étant convaincue que Korra continuait à la regarder.

« Au fait, on mange quoi ? demanda-t-elle, comme si de rien n'était, bien que son cœur battait un peu plus vite que ce qu'elle aurait souhaité.

- J'ai fait un bouillon ! Au moins ça restait chaud en attendant que tu rentres.

- Tu m'as attendue ?

- C'est triste de manger seul.

- Probablement. »

Korra se disait que ça s'était pas trop mal passé. Elle ne s'était pas attendue à avoir Asami entre ses mains. À vrai dire, elle ne s'était pas attendue à ce qu'elle se change devant elle non plus. Elle l'avait juste suivie pour continuer à discuter, mais elle était restée bloquée à la porte quand elle l'avait vue enlever sa chemise. Et elle n'avait juste pas désiré détourner le regard. Elle aurait dû s'attendre à la réflexion d'Asami mais son esprit était totalement ailleurs…

Cependant, elle était fière de ne pas s'être défilée, même si ça lui avait coûté des efforts monstrueux. C'était toujours plus facile de se laisser tenter par une de leurs conversations faciles et agréables. Elle avait un peu l'impression qu'Asami faisait tout pour la guider dans ce sens-là… Elle aussi, à vrai dire, faisait un peu attention à ce qu'elle disait. Elle essayait de savoir jusqu'où elle pouvait aller. Et même si elle n'était pas particulièrement confiante quand elle essayait de ne pas y aller comme un bourrin, elle finissait par faire tout ce qui lui passait par la tête. Ou plutôt par le corps.

Ses mains s'étaient retrouvées inconsciemment sur les jambes d'Asami. Mais c'était consciemment qu'elle les avait tenues. Elle était aussi tout à fait consciente, quand elle regardait dans ses yeux verts, de l'envie de… plus.

L'embrasser. Elle avait pensé à l'embrasser. L'enlacer. Se coller tout contre son corps, à respirer son odeur et écouter les battements de son cœur. L'attirer. L'attirer contre elle, contre sa peau, plus près du soleil de son désir. Elle s'était laissée intoxiquer.

Mais elle avait dû la laisser filer. Apparemment, Asami n'avait pas les mêmes idées. Elle trouverait une autre opportunité. Elle en créerait une.

« Qu'est-ce que tu fais ? demanda la jeune femme aux yeux verts, de retour à l'entrée de sa chambre. On mange ou quoi ?

- Yep. J'arrive.

- Tu pensais à quelque chose d'important ?

- À ce qu'on va faire ce soir !

- Ah oui, c'est vrai.

- Tu pourrais montrer un peu plus d'enthousiasme ! Après tout, c'est ton cadeau !

- Bien sûr, bien sûr. J'ai faim, dépêche-toi.

- Et en plus, elle est grognon.

- T'as bientôt fini de faire une liste de mes défauts ?

- Mais c'est très amusant !

- Pas pour moi ! »

Korra continua à rire en allant à la cuisine pendant qu'Asami faisait semblant de bouder. En vérité, son manque d'enthousiasme n'était dû qu'à l'anticipation. Elle avait promis cette soirée à Korra mais après ce qui venait de se passer, elle se demandait à quoi elle devait s'attendre. Et elle avait trop de choses à penser pour s'occuper de ça.


Après avoir fini de manger, Asami ne put s'empêcher de travailler. À vrai dire, elle travaillait à moitié. Certes, elle griffonnait un peu sur cette histoire de respirateurs, mais elle ne pouvait s'empêcher de regarder les actualités toutes les dix minutes de peur qu'un article désastreux ne sorte. Elle avait diverses applications de journaux connus ouverts et elle rafraichissait la page internet avec les mots clés « Future Industries — virus — gel & respirateurs » très souvent.

Korra la laissait faire mais guettait de loin. Elle voyait bien qu'elle était nerveuse. Elle aurait aimé qu'elle coupe un peu. Mais visiblement, ce n'était pas prévu au programme… Elle pensa alors à la soirée… Pour être tout à fait honnête, elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'elles pouvaient faire. Regarder un film, jouer à un jeu, parler… Ce qu'elles faisaient à peu près tous les soirs en temps normal. Peut-être que ce serait bien de faire quelque chose de plutôt routinier pour qu'Asami se détende ? Ou peut-être avait-elle besoin de quelque chose d'un peu différent ? Mais quoi ?

Étant bloquée sur la question et son regard revenant sans cesse à la PDG en crise, elle se mit à repenser à ses sentiments et surtout à ce qu'il fallait en faire. Est-ce qu'elle devait profiter de cette soirée pour s'en occuper ? Si oui, devrait-elle lui parler ou agir ? Elle était plutôt du genre à agir, mais les actes s'effacent bien moins facilement que les paroles… Non pas qu'elle ait l'intention de vraiment reculer. Ou peut-être que si ?

Franchement, c'était une torture de penser à ce genre de choses. D'habitude elle ne s'y attardait pas : elle agissait. Sauf qu'elle tenait absolument à ne pas faire quelque chose d'infiniment stupide, donc elle réfléchissait. Et ça prenait un temps monstre et ça n'arrivait à rien, donc elle abandonna.

Elle allait faire comme d'habitude : prendre les choses comme elles venaient. Elle était déjà seule avec Asami la plupart du temps, c'était pas mal comme base ! Et Asami n'était pas stupide, elle devrait comprendre assez rapidement ses intentions. Du moins, elle espérait. Dépassée comme elle l'était par l'entreprise en ce moment, peut-être qu'elle serait complètement à côté de la plaque. Mais bon, le but avant tout c'était de lui changer les idées.

C'était bientôt l'heure de dîner, il était temps qu'elle arrête de travailler et de s'inquiéter. Korra se glissa derrière la chaise d'Asami et posa ses mains sur les siennes — l'une tenait une souris et l'autre rafraichissait la page pour la millième fois.

« Il faut que tu arrêtes », dit Korra dans son oreille.

Pendant un instant, elle crut bien qu'elle n'aurait aucune réaction. Puis, Asami répondit enfin :

« L'heure de ta soirée, je suppose ?

- C'est surtout que je te regarde depuis tout à l'heure et il faut vraiment que tu lâches prise. Relax…

- D'une certaine façon, t'avoir toi qui chuchotes dans mon oreille ne me permet pas vraiment de me détendre.

- Oh vraiment ? Moi qui croyais que tu aimais ça.

- Quand est-ce que j'ai dit un truc pareil ?

- Eh bien, comme t'aimes bien le faire aux autres… »

Korra souffla sur l'oreille d'Asami, puis se recula en un mouvement énergique.

« Ça va ! J'ai déjà dit que j'étais désolée, dit Asami en se retournant.

- M'en fiche. Tu vas payer pour tes crimes, Sato. »

L'ambiance bon enfant tomba comme un soufflé. Les yeux d'Asami s'assombrirent de tristesse et elle laissa tomber son regard au sol.

« Ha… Il faut croire que oui.

- Je suis désolée ! Je… C'est pas du tout ce que je voulais dire ! C'était, tu sais…

- Pour la blague, oui je sais. Il faut croire qu'on est toutes les deux mauvaises à faire des blagues. »

Elle sourit tristement.

« Je suis désolée… Viens manger et arrête de… penser à tout ça…

- À vos ordres, chef de soirée. »

Korra passa tout le repas à être extrêmement délicate et à essayer de se rattraper. Asami finit par se moquer d'elle tellement c'était évident qu'elle était mal à l'aise et ainsi l'ambiance s'améliora. Apparemment, Korra en tant que martyr correspondait plus à leur dynamique habituelle que Asami étant triste et soucieuse. La femme aux yeux bleus apprécia tout de même moyennement être tournée en dérision de la sorte, mais elle pouvait bien faire un effort pour Asami. Un petit effort.

« Korra, qu'est-ce que tu penses de Varrick ? demanda soudainement Asami alors qu'elles étaient en train de débarrasser.

- Pourquoi tu me demandes ça maintenant ? Je veux dire, il est déjà ton partenaire commercial.

- Comme ça.

- Mmm-mm, répondit Korra de manière dubitative. Il est sympa. Un peu excentrique, j'en conviens, mais il a un bon fond en vrai.

- Donc, s'il prévoit de racheter mon entreprise, c'est parce qu'il a un bon fond ?

- Je savais que tu pensais encore au boulot…

- Réponds c'est tout…

- Par pitié, si je te réponds, tu passes à autre chose.

- D'accord, d'accord, mais finis cette conversation.

- Mm… Je ne pense pas que Varrick veuille te causer du tort. Il a dit qu'il voulait prendre le contrôle de Future Industries dans une de ses blagues, c'est ça ? Il a parfois des rêves de grandeur un peu illusoires…

- Non, il a dit qu'il allait investir dans Future Industries pendant la conférence de presse. Donc, il ne peut plus faire marche arrière et moi non plus. Avec les fonds qu'il a, il peut acheter toutes les parts et prendre toutes les décisions ! Notamment me virer !

- Je… ne pense pas que ce soit le but.

- Comment tu peux en être sûre ? C'est un dangereux personnage avec ses idées farfelues ! Et puis, qui investirait dans une entreprise comme la mienne ? Ça n'a aucun sens sauf si c'est pour faire un coup de force ! »

Il semblait que cette question la taraudait depuis un moment… Korra soupira intérieurement. Il fallait absolument qu'elle arrive à la calmer.

Elle prit délicatement les mains d'ivoire dans les siennes et effectua une légère pression pour avoir l'attention de la femme aux yeux verts.

« Calme-toi. Je peux t'assurer que Varrick ne fera rien de la sorte. Il est… comme qui dirait passé par là.

- C'est-à-dire ? »

Korra lâcha les mains d'Asami et alla s'asseoir sur le canapé.

« Viens t'asseoir, dit-elle en tapotant l'espace vacant à côté d'elle.

- Une histoire à faire pleurer les chaumières ? questionna-t-elle en levant un sourcil. »

Néanmoins, elle fit ce qui lui était demandé. Korra reprit une de ses mains sur lesquels elle faisait de petits cercles.

« Qu'est-ce que tu fais ?

- J'essaie de te distraire.

- Je croyais que le deal c'était que tu devais finir cette conversation ?

- Il n'y a pas de mal à essayer de te détendre en même temps.

- Alors, Varrick ?

- Tu es très impatiente ce soir on dirait moi.

- Un autre de mes défauts, je suppose ?

- Peut-être, peut-être pas.

- Korra… Je ne vais pas lâcher l'affaire, donc crache le morceau. Donne-moi une bonne raison de lui faire confiance.

- J'arrive, j'arrive. Pour faire simple, Varrick a trempé dans des affaires un peu louches. Et c'est un peu confidentiel mais… euh, en gros, sans son assistante et mon père, il aurait vraiment mal tourné et ça aurait vraiment mal fini. Je peux pas vraiment te donner de détails… Mais il est passé par là où tu es passée. Il sait ce que c'est de faire bonne figure quand tout va mal, de sauver l'honneur même quand tout semble fini. Je pense qu'il veut vraiment t'aider. En plus, il sait que ce n'est pas ta faute…

- Et le fait qu'il soit redevable à ton père n'a rien à voir dans l'histoire bien sûr…

- C'est pas comme ça ! J'ai juste rencontré Varrick quand j'étais petite et il passait souvent à l'improviste à la maison, donc on se connaît. Mais il te fait pas de traitement de faveur ! C'est juste… un très bon contact. »

Asami soupira et laissa tomber sa tête sur les genoux de Korra.

« Il n'est pas fou, tu sais. Il ne t'aiderait pas s'il n'y avait aucun espoir.

- Qu'est-ce qu'il gagne alors ? Ça doit coûter une fortune de tout déplacer et de tout distribuer. En plus, il fournit le matériel et les produits… »

Korra en profita pour caresser les cheveux de jais avec ses mains, tout en continuant la conversation.

« Varrick a des paquebots partout, tu sais. Je pense qu'une partie sont immobilisés à cause de la situation actuelle, donc il ne veut pas trop perdre à ne pas les utiliser. Et puis, pour lui, c'est l'occasion d'avoir de nouveaux alliés commerciaux. Ne t'inquiète pas, une fois que Future Industries sera remise d'aplomb, tu peux t'attendre à ce qu'il te demande quelques faveurs.

- Ça ne me rassure pas des masses.

- Arrête d'y penser. Tout se passe bien pour l'instant. Si la presse n'est pas contente, on leur prouvera qu'ils ont eu tort de douter et tout ira bien. »

Elle effectua quelques pressions sur le cuir chevelu d'Asami qui gémit légèrement, visiblement appréciatrice des soins qu'on lui prodiguait. Alors, Korra continua encore un peu, observant les yeux verts se fermer et son corps se détendre légèrement, même si on pouvait faire mieux. Elle tâta très légèrement les muscles du cou et des épaules de la PDG de sa main libre. Cette dernière laissa échapper un gloussement, surprise.

« Qu'est-ce que tu fais ?

- Je vérifiais un truc. Tu es très tendue… T'aurais besoin d'un massage.

- Oh ? Et tu te proposes de le faire ?

- Je ferai ce que tu veux.

- Je croyais que le but, c'était qu'on fasse ce que tu voulais ?

- Je veux te faire plaisir… »

Asami se releva de son endroit confortable à contrecœur, mais c'était pour regarder Korra dans les yeux. Elle avait une impression étrange depuis quelque temps…

N'appréciant guère être dévisagée avec tant d'intensité, la fille du sud continua de parler, le regard fuyant :

« Je suis pas la plus mauvaise candidate en plus. J'ai appris un peu de médecine traditionnelle dans le sud, avec maitre Katara ! C'est vraiment une experte ! Bon, moi je n'étais qu'une élève par intermittence, mais je connais quelques trucs.

- Je n'en doute pas une seconde… »

Asami continuait à regarder Korra avec insistance, mais ses yeux ne revenaient jamais vers elle.

« Korra… »

Elle mit une main sur son visage pour qu'elles soient face à face. Elle voulait lui demander si tout allait bien, si elle avait fait quelque chose, s'il s'était passé quelque chose, mais elle avait peur d'entendre la réponse. À la place, elle demanda :

« Ça va ? Je suis peut-être trop absorbée par mes problèmes… Si tu vas pas bien, tu m'en parleras, pas vrai ?

- Bien sûr. »

Elle recouvrit sa main de la sienne. Asami frissonna de manière inattendue. Maudits frissons. Ça arrivait de plus en plus souvent ces temps-ci surtout quand Korra… la regardait comme ça… Oh non, ne me regarde pas comme ça… Elle était faible face à ces yeux bleus tendres et lattés. Elle savait qu'elle s'était fait avoir par ses yeux une seconde trop tard. Ou peut-être une seconde trop tôt. Elle ne sut pas bien trop.

Elle sut juste que lorsque ses yeux commencèrent à se fermer comme ceux de Korra, qu'elle sentit la main à la peau brune couler une caresse de sa main à son avant-bras, et le souffle de Korra sur ses lèvres, elle eut un sursaut de conscience.

« Attends, Korra… Attends. »

Son pouce était dorénavant sur la lèvre de Korra, comme si elle voulait être sûre qu'elle ne pourrait pas l'embrasser. Elle remarqua également, en ouvrant les yeux, la peine dans les yeux bleus. Merde… C'était pas ce qu'elle voulait.

« Je… Je ne sais pas ce qu'il m'a pris. Je suis désolée. »

Elle recommençait à la fuir du regard et elle essayait de se dégager, mais Asami la maintint en place grâce à sa main qu'elle gardait fermement sur le visage à la peau brune.

« Korra, c'est pas grave, essaya-t-elle de la rassurer avec une voix compatissante. Il faut juste que… »

Putain sonnerie de téléphone. Maintenant ?! Elle n'y prêta pas attention. Du moins, elle essaya de ne pas y prêter attention, mais elle savait que c'était un appel perso grâce à la sonnerie. Sachant qu'elle n'avait plus tant de contacts que ça, elle ne put s'empêcher de faire une brève liste des raisons derrière cet appel, dont certaines qu'elle aurait préférées ne pas imaginer, ce qui la coupa dans ce qu'elle était en train de dire. Elle allait continuer à parler malgré le bruit assourdissant de la sonnerie (pourquoi diable l'avait-elle mise si forte ?), mais Korra l'en empêcha.

Elle avait regardé qui était l'appelant et, après une vague grimace, elle prit la main d'Asami qui était sur sa joue et la posa sur le téléphone.

« Tu devrais prendre cet appel. »

Elle se leva ensuite et s'habilla pour sortir dans l'entrée.

« Attends, Korra, il faut qu'on parle !

- Pas besoin, Asami, je vais bien. J'ai juste… pas réfléchi. »

Elle lui lança un sourire. Sourire triste et contraint. Elle n'allait pas bien. Asami le savait. Et elle savait qu'elle aurait dû évoquer le sujet avant, justement pour éviter que ça tourne comme ça, mais… Elle ne l'avait pas fait.

« Qu'est-ce que tu fais ? Où tu vas ? demanda-t-elle, inquiète.

- Je vais juste marcher un peu.

- Mais… le confinement.

- C'est bon, t'inquiète, c'est encore tôt et je ne vais pas très loin.

- Korra…

- À demain. »

Elle ferma la porte derrière elle. Un peu violemment.

Chiotte.

Chiotte, chiotte, chiotte. Et ce putain de téléphone qui n'arrêtait pas de sonner.

« Quoi ?! décrocha-t-elle.

- De mauvais poil, Madame Sato ? »

Ah. Mako… Elle comprenait mieux la réaction de Korra. Il tombait vraiment mal. Elle n'était pas vraiment d'humeur à lui parler non plus.

« Plutôt oui. Tu voulais quoi ?

- Te dire que ma famille accepte ton offre et qu'il faudrait que le manoir soit disponible le plus tôt possible.

- Super. Lundi. Viens lundi au manoir, il faut que m'aide à bouger quelques trucs.

- Ok. Il faut amener des gars ?

- Non, juste toi, ça suffira… Je prépare les papiers.

- Asami, tu vas bien ? Tu m'as l'air… vraiment contrariée…

- C'est… »

Elle soupira.

« Ça pourrait aller mieux… Au fait, si t'as de l'alcool à ne pas en savoir qu'en faire, amène-le lundi.

- Quoi ? Pourquoi ?

- Tu verras bien. À lundi. »

Elle raccrocha. Elle n'avait vraiment pas envie de faire la conversation. La seule avec qui elle voulait avoir une conversation s'était enfuie à vitesse grand V et ne voulait sûrement pas la voir.

Ce samedi était vraiment merdique… Elle avait comme l'impression que son dimanche allait être tout aussi merdique, comme tous les jours qui suivaient si elle ne réglait pas très vite son problème avec Korra. Elle aurait peut-être dû la laisser l'embrasser et avoir cette conversation après. Elle ne voulait juste vraiment pas la blesser… Il fallait croire que c'était raté.


A/N : Petite review ?... Merci pour la lecture !

Trèèèèèès honnêtement, je sais que vous allez me détester pour la scène finale mais… je l'aime bien en fait ^^' En plus, j'ai évité de mettre mes gros sabots, si vous avez remarqué. C'est pas pour me jeter des fleurs, mais dans le genre drama inutile, il y a quand même bien pire que ce que je viens de vous faire.

Sur ce, à la semaine prochaine si je suis à l'heure !

Lion