A/N : Yo !

Alors, je ne sais pas encore si je vais être en retard ou pas… Je devrais aller me coucher, mais voyez-vous, j'ai écrit 4,200 mots aujourd'hui pour finir ce chapitre, et j'étais un peu crevée, du coup je me suis dit que j'allais regarder un film, sauf que j'oublie que je suis hypersensible, donc maintenant j'ai l'estomac en boule.

Je vais donc en profiter pour corriger ce chapitre maintenant que ma tête s'est un peu éclaircie (mais pas mon cœur T.T). Il est 1h30 du matin, bonne chance à moi-même pour la relecture ! (Et si les révisions sont trop conséquentes, vous aurez donc ce chapitre demain soir. Mardi soir quoi. Avec un jour de retard.)

Bonne lecture à vous !


Le lendemain matin, Asami quitta l'appartement tôt le matin. Ou aussi tôt que lui permit son corps fatigué. Heureusement, Korra dormait encore profondément, donc elle n'eut pas à gérer son regard triste qui la suppliait de rester.

La première chose que fit la PDG était d'appeler Varrick. Il était reparti pour la Tribu de l'Eau du sud pour un temps encore indéterminé. Elle espérait qu'il puisse l'aider, même si c'était à distance. Alors, elle attendit une fois, deux fois, trois fois qu'il décroche son téléphone (chose qu'elle avait fait après avoir allumé son propre téléphone et découvert quatre appels manqués et plusieurs autres messages). L'interminable sonnerie finit par prendre fin.

« Si tôt le matin, Asami ?

- Varrick ? Oui, j'ai… plus ou moins une urgence.

- Je t'écoute.

- Voilà, disons que l'un des… actionnaires de Future Industries et toute sa famille est bloqué à la République de la Terre. Il faudrait les rapatrier mais les frontières sont fermées.

- Les frontières sont faites pour être franchies !

- Oui mais… comment ?

- Eh bien, s'ils sont restés coincés par accident et qu'ils doivent rentrer, je ne vois vraiment pas quel est le problème…

- Le problème, c'est que ce ne sont pas des citoyens de Republic City.

- Ah ? Mais ils ont une résidence sur place ?

- Ils doivent habiter à mon manoir familial. Ce sont les locataires.

- Bon, eh bien, ils ont le droit de rentrer chez eux alors !

- Mais Varrick…

- Asami, c'est très simple, il y a trois façons de passer la frontière : un motif familial, un motif de travail et l'illégalité. J'imagine que c'est un motif familial. Et si c'en est pas un, on leur envoie un papier comme quoi ils sont réquisitionnés pour l'entreprise et c'est bouclé.

- Je suppose…

- Je crois que tes petits amis ont juste peur de se faire refouler à la frontière, mais il faut juste une bonne excuse.

- Il faut que j'en reparle avec eux. Ils m'ont demandé d'assurer le transport…

- Ça, c'est plus compliqué en revanche. Si tu penses à aller les chercher par avion ou un truc du genre, ça pourrait paraître un peu trop personnel…

- C'est pour ça que je te demande conseil.

- Tu es sûre que tu es obligée de faire ça, Asami ?

- Je vais rappeler Mako. Je te tiens au courant.

- Très bien.

- Bon, du coup-

- Asami !

- Oui ?...

- Il faut qu'on ouvre une collection de gel ! J'ai pensé varié les odeurs, les textures et les couleurs. En plus, on peut faire plein de variations comme on a plusieurs endroits ! Alors, écoute, si on commençait par le SpiritWater ?

- … Le SpiritWater ? »

Et voilà. Elle savait que ça allait venir. Elle n'aurait pas dû s'inquiéter pour diversifier la production. Varrick était là pour ça. Elle passa ainsi les 30 prochaines minutes à l'écouter déblatérer sur toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, et sur les textures diverses et variées dont certaines assez douteuses… Elle avait comme un doute sur le « vert bave de crapaud » par exemple.

En vérité, elle était assez reconnaissante d'avoir à écouter son bavardage. Cela lui donna le temps d'aller à son bureau et de regarder rapidement quel genre de formulaire elle pouvait imprimer pour faire passer la frontière à la famille de Mako et Bolin. Elle commença même à les remplir. Puis, elle se rendit compte qu'elle n'avait de toute façon pas toutes les informations. Quand Varrick raccrocha, comme la matinée avait un peu avancée, elle se dit qu'elle pouvait peut-être enfin appeler Mako. Il ne répondit pas. Peut-être que comme Korra, il dormait tard… Oh, bon, il rappellerait.

Elle mit les formulaires de côtés, incomplets et sûrement pas en nombre suffisant et commença à pointer une par une les tâches qu'elle aurait à faire dans la journée par ordre d'urgence. Puis, sa journée commença. Elle pensa aussi à noter dans un coin qu'elle aurait probablement besoin de mettre son équipe marketing sur le coup pour l'idée de Varrick… Elle doutait qu'il s'en charge. Peut-être qu'ils se partageraient la tâche…

Peu de temps après, alors qu'elle n'avait pas avancé énormément dans son travail, son téléphone sonna. C'était Mako. Elle lui expliqua ce que Varrick lui avait expliqué et les conclusions auxquelles elle était parvenue.

« J'ai besoin que tu me dises combien de membres de ta famille vont voyager. Les noms, prénoms, adresses, état civil, les dates de voyage, dates et lieu de naissance… Bref, s'ils pouvaient tous m'envoyer une pièce d'identité pour qu'on fasse les papiers… Après ils pourront traverser la frontière. Il doit bien y avoir des trains ou quelque chose comme ça. Peut-être même un avion.

- Ma grand-mère est âgée, Asami…

- Elle devra voyager dans tous les cas, Mako… Il leur faut juste leurs papiers à jour et l'autorisation de Future Industries de circuler. Je ne peux pas faire plus sans me compromettre…

- Je ne suis même pas sûr que tout le monde a des papiers à jour…

- Je n'ai pas le pouvoir de…

- C'est bon, j'ai compris, Asami.

- Je suis désolée, Mako. J'aimerais faire plus, vraiment. Mais je ne peux pas contourner la loi… En temps normal, peut-être qu'on aurait pu trouver une combine, mais Varrick est d'accord avec moi, on ne peut pas trop se permettre d'écarts en ce moment. Je te laisse en parler avec ta famille et tu me tiens au courant, d'accord ?

- Compris. Bonne journée. »

Elle continua à travailler en essayant de ne pas trop s'inquiéter de cette histoire. Elle avait d'autres choses à penser.

Elle était contente : aujourd'hui, il n'y avait apparemment pas de problèmes avec les employés. Tout le monde était présent et sa RH lui avait en avait même trouvé quelques-uns en plus. C'était une bonne journée. Sauf pour tous les papiers et l'administratif qu'elle avait à faire… Non pas qu'elle faisait quelque chose d'autre en ces temps difficiles. Elle avait terriblement envie d'aller traficoter des moteurs comme elle le faisait autre fois, aller faire des tests, pousser les machines à leur maximum…

C'était certainement l'une des choses qu'elle avait le plus aimé de quand son père était encore le PDG. Aujourd'hui, elle se rendait compte que c'était un petit privilège qu'elle avait en tant que fille du patron, mais quand même, ça lui plaisait. Faute de pouvoir être pilote de course, tester les bolides de Future Indutries était une bénédiction. Ça faisait longtemps qu'ils n'avaient plus vraiment de bolides à tester, ceci étant… Ils avaient resserré la production sur les modèles familiaux et courants qui se vendaient bien. Enfin, « bien » était un bien grand mot au vu de l'état de sa production.

Elle espérait pouvoir bientôt recommencer à vraiment innover, avec des biens de luxe. Mais le luxe ne se vend qu'avec le pouvoir de la marque, et pour l'instant elle n'avait pas encore assez de pouvoir.

La sortant de ces pensées nostalgiques qu'elle avait de temps à autre, son téléphone sonna de nouveau. Cette fois, c'était Korra. Elle répondit avec un sourire aux lèvres.

« Allô ?

- Hey. T'es au bureau ?

- Oui. Il faut bien que je travaille de temps à autre.

- T'aurais pu travailler de la maison… Tu sais, télétravail, comme tout le monde.

- Mmmm… J'ai eu le pressentiment que tu allais me distraire. Et de toute façon, il n'y a personne au bureau à part moi. Mon excuse, c'est que c'est pour pouvoir imprimer des papiers. Et de toute façon, c'est moi qui autorise les gens à venir ou pas.

- Les avantages d'être patron, hein ?

- Il faut bien qu'il y en ait quelques-uns.

- Bref, j'allais faire quelques courses. Tu as besoin de quelque chose ?

- Rien ne me vient à l'esprit.

- Ça te dérange si on reste un peu au téléphone ?

- Je te manque déjà ? dit machiavéliquement la femme d'affaires.

- Pour être honnête, un peu oui. Je me sentais un peu seule ce matin. »

Asami entendait Korra s'habiller pour sortir. Elle se serait sûrement sentie seule aussi… C'était un peu le comportement qu'on avait avec un coup d'un soir… Bon, elles, elles allaient se revoir, mais c'était vrai que partir tôt le matin, ça faisait un peu mal.

« Je me rattraperai, promis, dit-elle. Oublie pas ton masque.

- Oui, oui, Madame la patronne. Tu crois que je suis juste une tête en l'air ou quoi ?

- Honnêtement… Oui. »

Elle n'avait pas besoin de la voir pour savoir que Korra boudait. Parfois, c'était une véritable enfant.

« Je ne le suis pas tout le temps, ok ? C'est toi qui me distrais la plupart du temps !

- Bien sûr, oui. »

Elle leva les yeux au ciel.

« Je suis sûre que c'est mon incroyable beauté qui a cet effet, continua-t-elle, tout aussi ironique.

- Mais parfaitement !

- Rien à voir avec le fait que tu es amoureuse de moi et que tu sais juste pas te tenir.

- Tss, je suis sûre que c'est de ta faute. »

Asami rit légèrement. Korra n'admettrait jamais sa défaite. Elle continuait vaguement à travailler pendant que sa petite-amie lui parlait mais elle avançait à la vitesse d'un escargot. Enfin bon, ce n'était pas bien grave. Elle pouvait bien prendre une pause en fin de matinée… Elle devrait se faire un café d'ailleurs…

« Du coup, le problème de Mako ? Tu t'en es occupée ?

- C'est en cours, répondit-elle en se préparant son café.

- Mais encore ?

- Encore jalouse ?

- Hé ! Mais non, ça n'a rien à voir avec de la jalousie ! C'est mon ami aussi, tu sais ! Et je m'inquiète pour mes amis.

- Je vois. Pour faire simple, il a besoin que sa famille passe la frontière au plus vite pour habiter au manoir et je peux faire des attestations pour justifier le déplacements malgré les frontières fermées, mais je ne peux pas aller les chercher ou les faire traverser la frontière s'ils n'ont pas leurs papiers. Ce serait… illégal et beaucoup trop dangereux. S'ils ont besoin d'argent, j'imagine qu'on peut s'arranger, mais je ne peux pas faire plus…

- Je ne pense pas que ce soit une question d'argent.

- De quoi alors ?

- La République de la Terre… Enfin, Ba Sing Se, c'est très spécifique. La famille de Mako habite dans une partie victime de la ségrégation sociale. Même en gardant des économies comme ils l'ont fait, ils ne pouvaient pas en sortir sans changer complètement de ville. Comme certains d'entre eux sont marchants, ils allaient de temps en temps dans d'autres villes, mais trouver un endroit qui puisse tous les accueillir et le peu de temps qu'ils y restaient… Bref, ça fait des années qu'ils cherchent et qu'ils ne trouvent rien. Et le quartier est un peu… tendu. Donc, probablement, avec la crise, ça ne s'est pas arrangé, et c'est pour ça qu'ils sont dans l'urgence de partir.

- Maintenant, je me sens hyper mal…

- Ce n'est pas de ta faute. Ils sont juste… nés au mauvais endroit. Et certains ont réussi à partir de cet endroit, c'est juste que c'était dur pour eux de se disperser et puis les questions d'argent dans les familles, c'est toujours compliqué. Au moins, une fois qu'ils seront là, chacun pourra avoir un nouveau départ et conserver son argent propre. Ils pourront choisir leur vie.

- S'ils arrivent un jour…

- Hum… Tu sais, si c'est un problème de papiers… Il y a un moyen.

- Tu connais des faussaires maintenant ?

- À vrai dire… Oui. Mais c'est pas la question.

- Je commence à me dire que ton réseau de connaissances est très, très vaste… Je ne sais pas si ça doit me conforter ou me faire peur.

- Oh, je t'en prie, Asami. Grâce à toi, j'ai pu rajouter « beau-père trafiquant d'armes » dans la liste. »

Celle-là, elle ne s'y attendait pas. Elle n'était pas très sûre de si elle devait rire ou pleurer alors elle soupira.

« Trop tôt pour la blague ? demanda Korra, un peu hésitante.

- Euh… Non. J'imagine que je l'ai mérité.

- Tu n'as pas mérité quoi que ce soit, dit tendrement sa petite-amie. C'était juste une blague. Tu es censée rire.

- Je m'y habituerai.

- Tu n'as pas besoin si ça te fait souffrir. J'ai juste pensé que tu aimerais bien avoir quelqu'un qui ne porte pas de jugement sur ça…

- Non, j'aime bien. Ça va. J'ai juste… pas l'habitude.

- T'as pas une préférence bizarre pour les nouilles toi ? lança la femme aux yeux bleus, sorti de nulle part. »

Ah. Elle avait oublié que Korra faisait les courses. Elle rit, puis prit une gorgée de son café.

« Je n'ai pas une préférence bizarre pour les nouilles, c'est toi qui choisis n'importe quoi à chaque fois, répondit-elle.

- Sache que les nouilles sont une spécialité du sud, donc je ne peux pas me tromper. Toi en revanche, c'est une autre histoire.

- Ah donc, je n'ai pas le droit d'aimer un certain type de nouilles parce que je viens pas du sud.

- Si, si, mais une fois que tu auras goûté des vraies nouilles. Je vais faire ça pour ce soir, comme ça tu pourras arrêter ton hérésie. »

La PDG rit de nouveau.

« Fais comme tu veux. J'ai hâte de goûter ça.

- Tu m'étonnes.

- Non pas que les courses ne m'intéressent pas, mais tu disais quoi à propos de ce problème de papiers ?

- Ah oui. Eh bien, il suffit que quelqu'un de haut placé te fasse une petite faveur…

- C'est très simple ça. Je veux dire : pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt ? Ah oui, parce que je ne connais personne de haut placé dans la République de la Terre.

- L'ancien Prince Wu et l'actuel président de la République de la Terre sera tout à fait ouvert à te faire cette faveur…

- Je ne le connais pas…

- Bah moi je le connais et il est très sensible aux… jolies femmes…

- Korra… Juste pour que ce soit clair… Tu me demandes de… me prostituer ? Pour des papiers. Pour la famille de Mako et Bolin. Je sais que je leur suis redevable, mais là c'est quand même un peu…

- Quoi, quoi, quoi ? Attends. Deux minutes. J'étais en train de chercher un truc. Te prostituer ? Non, pas du tout ! Je dis juste qu'il suffit de jouer un peu de tes charmes.

- C'est pas un peu cruel ?

- Oh, il mérite.

- Tu me rends curieuse.

- Il drague tout ce qui bouge. Je crois que tout ce qui l'intéresse c'est de pouvoir utiliser son engin une fois dans sa vie.

- Et par engin, tu veux dire…

- Oui, Asami, par engin c'est exactement ce que je veux dire.

- C'est si… flagrant que ça ?

- Tu peux difficilement trouver plus lourdingue.

- Donc, tu es jalouse de Mako mais tu m'envoies droit sur un type comme ça ? Sympa.

- Pour la énième fois, je ne suis pas jalouse de Mako. Et ensuite, je sais qu'il n'y a aucune chance que tu couches avec Wu. Ou que tu te fasses séduire par lui.

- Aucune chance ?

- Si quoi que ce soit arrivait entre Wu et toi, sache que j'irais m'enterrer au fond de la toundra en méditant pendant au moins 10 ans sur mes choix de partenaires de vie. Voire 20 ans.

- À ce point ?

- Imaginons une seule seconde qu'il ne soit pas aussi lourd et qu'il ait appris à draguer, ce dont je doute fortement d'autant plus qu'il ne doit voir personne à cause du confinement. Mais imaginons. Même là, on peut pas dire que sa personnalité soit… M'enfin, bon, sait-on jamais. Et physiquement, je ne pense pas que ce soit ton genre. D'un autre côté, moi j'aime que les femmes, donc comment je pourrais juger ?

- Tu sais que ça ne me rassure pas le moins du monde… En gros, tu me demandes d'aller séduire un vieux dégueulasse pour faire avancer de l'administratif.

- Oh, pas vieux. Il est très, très jeune. Plus jeune que nous, je crois.

- Et il est à la tête d'un pays ?

- Il n'y avait pas d'autre candidat. C'était quand même une monarchie pendant sacrément longtemps. Les gens n'ont pas très bien réussi à faire la transition. Wu ne voulait pas vraiment le pouvoir, mais il s'est dit que ça aiderait pour faire la transition et que ses ministres feraient tout le travail…

- Je vois le genre…

- Avec la crise, il doit être servi.

- J'imagine.

- Il t'aimera encore plus. Comme une intervention divine, tu vois.

- J'aime pas trop ce plan… Mais c'est gentil d'y penser pour moi. Si jamais on est coincé, je sais quoi faire…

- Je t'aiderai.

- C'est… Nan, mais peu importe comment j'y pense, je trouve ça dégueulasse que ma petite-amie essaie de me faire faire un faux rencard avec un type que je connais pas pour des faveurs.

- Haha, j'avoue que c'est particulier. Mais c'est un petit prix à payer pour la situation de Mako et Bolin.

- Je suppose…

- En plus, Wu est vraiment super facile à manipuler.

- Je ne veux même pas imaginer l'état de la corruption là-bas.

- Oh, n'imagine pas. N'imagine vraiment pas. Mais comme je le disais, il a des ministres. Et des conseillers. Puis, il essaie — je dis bien essaie — d'être responsable.

- En parlant d'être responsable, je devrais y retourner. Ça fait un moment qu'on discute, même si ça va assurément m'aider.

- Pas de problème. C'est bientôt l'heure de manger en plus. N'oublie pas de manger, d'accord ?

- Promis.

- Bien. Je t'aime, à ce soir ! Et rappelle-toi, ce sera des bonnes nouilles du sud !

- Ah… Ouais… À-À ce soir. »

Asami froissa son nez. Elle mit son menton sur sa main et ferma les yeux. « Je t'aime, à ce soir »… Comment Korra pouvait-elle être aussi… libre ?... Et vive. Et adorable. Elle était sûre que ce n'était pas gratuit pourtant. La femme aux yeux bleus avait raccroché un peu trop vite à son goût. Elle était sûrement un peu embarrassée ou même blessée de pouvoir dire ces mots sans rien attendre en retour.

Ça embêtait la jeune femme d'affaires. Elle savait que Korra ne mentait pas ou qu'elle ne disait pas ces mots avec légèreté. Et même si leur amour s'approfondirait sûrement encore avec le temps, ils n'en restaient pas moins vrais. Asami aurait aimé pouvoir lui répondre « je t'aime aussi », mais pour l'instant, ça la mettait mal à l'aise. Elle ne voulait pas mettre la moitié de son cœur dans ces mots. Elle voulait pouvoir être aussi sincère que Korra l'était avec elle. Ça paraissait un peu stupide, mais elle avait l'impression que Korra le remarquerait si les mots n'étaient pas assez lourds de leur sens premier. C'était impossible de ne pas remarquer quand on était aussi proches qu'elles l'étaient. Elle ne prendrait pas le risque de la rendre triste.

Bref, encore un peu de boulot, puis le repas du midi, puis du boulot et elle pourrait enfin rentrer.


Quand elle rentra, Korra l'attendait presque devant la porte. En vérité, elle venait de sortir de la cuisine, qui n'était pas très loin de l'entrée.

« Tu es rentrée ! »

Après cela, elle se jeta sur elle et déposa un baiser sur ses lèvres. Il était doux, comme la majorité des baisers de Korra, comme si elle essayait de prendre soin d'elle à chacun d'eux. Alors, quand elle s'éloigna un peu, la jeune femme aux yeux verts la retint avec un « attends » léger, puis passant ses bras derrière son cou, elle l'embrassa un peu plus longuement. Elle estimait qu'elle l'avait mérité après une si longue journée de travail.

« Je suis rentrée, dit-elle. Et tu m'as manqué aussi.

- Je ne t'ai pas dit que tu m'avais manqué. »

Asami la regarda de travers.

« … mais je suis contente que le sentiment soit partagé. »

Pour toute réponse, la femme d'affaires l'embrassa rapidement et rit.

« Je vais me changer. »

Et Korra la suivit.

« Tu as fait ça une fois, donc maintenant tu crois que tu dois me suivre à chaque fois que je me change ?

- Peut-être que je voulais juste discuter cette fois aussi… Mais je dois avouer que plus je te vois te déshabiller, plus j'aime ça.

- J'te jure…

- Et tu peux rien me dire parce que je t'ai déjà vue toute nue et touchée partout. »

Asami lui jeta le haut qu'elle venait d'enlever au visage.

« Ce n'était pas nécessaire de le rappeler.

- Ah, parce que tu t'es enfuie ce matin, tu crois que tu peux faire comme s'il ne s'était rien passé ? »

Korra l'attira sur ses genoux encore une fois et Asami se laissa faire. Elle sentait les mains de Korra dans son dos et son visage contre sa poitrine, et c'était simplement relaxant.

« Pourtant, il y a quelques preuves ici et là… continua la femme aux yeux bleus en embrassant quelques marques laissées sur la poitrine d'Asami de la nuit précédente.

- Je t'ai vraiment manqué ce matin, hein ? dit-elle en mettant une main dans les cheveux bruns.

- Disons que j'étais un peu triste de ne pas me réveiller auprès de toi… Je veux dire, c'est déjà arrivé mais…

- Oui, je sais. C'était différent cette fois.

- Un peu.

- Tu aurais préféré que je te réveille ?

- Je ne sais pas…

- Tu veux qu'on se rattrape maintenant ? On peut s'allonger un peu.

- Je ne suis pas contre, mais les nouilles…

- Ça va brûler ?

- … Si ça ne dure pas longtemps, je suppose que non. »

Alors, elles s'allongèrent. Asami nicha sa tête sous celle de Korra. C'était confortable là. Honnêtement, elle aurait pu s'endormir comme ça. Jusqu'à que Korra commence à tripoter l'attache de son soutien-gorge. Ça, ce n'était pas le but de « s'allonger ».

« Je peux savoir ce que tu fais ? demanda-t-elle calmement, les yeux toujours fermés.

- Eh bien, tu as dit que tu devais te changer… Et je sais que tu les enlèves parfois parce que ça te gêne. Et puis aussi parce que c'est pour se rattraper pour ce matin, tu te rappelles ?

- Fais comme tu veux… »

Elle la laissa la déshabiller et se déshabiller elle-même. Même si elle eut la décence de leur laisser leurs culottes. Tout le long, Asami ne bougea pas et resta allongée, les yeux fermés. Quand Korra se rallongea à côté d'elle, c'était pour la serrer fort contre elle. La jeune femme aux yeux verts ne pouvait pas se plaindre. Elle aimait le sentiment de sa peau tout contre la sienne. Sa chaleur, sa douceur, son odeur même. Elle aimait sa caresse dans ses cheveux. Et elle aimait juste le confort et le calme du moment.

Elles restèrent ainsi enlacées un moment. Moins de temps qu'elles ne l'auraient voulu. Mais Asami se releva au moment où elle sut qu'elle allait s'endormir.

Elles mangèrent et eurent un débat sur les nouilles qui était à la fois absurde et sérieux et elles en rirent beaucoup. Puis, en début de soirée, Mako la rappela pour lui confirmer qu'une partie des membres de sa famille n'avaient pas leurs papiers à jour et que l'administration à la République de la Terre était tellement terrible qu'ils en avaient pour minimum un mois (dans le meilleur des cas), voire plusieurs. Alors, elle soupira et lui parla du plan de Korra pour accélérer les choses.

Les deux femmes en reparlèrent par la suite, considérant plusieurs possibilités, puis même s'il était tard, Asami appela Varrick.

« Excuse-moi de te déranger, Varrick. Tu es occupé ?

- Jamais pour toi, chère Asami.

- Trop aimable. C'est pour le problème de ce matin.

- J'imagine que ce n'est toujours pas réglé ?

- Non, mais on a un plan. Et il pourrait t'être profitable.

- Je suis toute ouïe.

- Tu as dit que tu avais du mal à entrer dans la République de la Terre, pas vrai ? Commercialement parlant.

- Oui… Ils sont terriblement conservateurs…

- Mais Future Industries y était déjà présente.

- Mais encore ?

- Je veux aller chercher la famille de Mako et Bolin là-bas et les ramener ici. Il se trouve qu'on a un problème de papiers d'identité, passeports et ce genre de choses et que je vais devoir parler avec le Président Wu… Peut-être que je pourrais en profiter pour rétablir l'empire qu'avait Future Industries et on pourrait vendre nos gels là-bas ? Mais j'ai besoin que quelqu'un de chez toi m'aide avec la direction de Future Industries pendant que je serai absente si on fait ça.

- C'est audacieux… Mais j'aime l'audace ! C'est pour ça que je t'ai choisie, ma très chère Asami ! Ok, je marche. Fais ce que tu as à faire et dis-moi ce dont tu as besoin. Je ferai le maximum.

- Merci, Varrick.

- Tu as un moyen de transport ?

- Je crois que j'ai… un dirigeable.

- Vraiment ? Je croyais que tu faisais des voitures ?

- Mon père a fait quelques autres choses… Et une très bonne amie m'a conseillé de les mettre à profit. »

Elle jeta un coup d'œil à Korra qui écoutait la conversation. Ses yeux bleus s'illuminèrent et la femme d'affaires sourit.

« Ah ! Je ne sais pas qui est cette amie, mais je trouve que c'est une merveilleuse idée, continua Varrick. Ça me rappelle cette fois où je me suis lancée dans l'industrie du film. Je m'étais malencontreusement retrouvé avec des explosifs à ne pas savoir qu'en faire. Figure-toi qu'on peut faire des effets de malade ! Ça fait de superbes scènes d'action !

- J'avais cru comprendre… »

Ils continuèrent à parler des films pendant un temps puis raccrochèrent. Asami envoya directement un message à Mako qui lui disait qu'elle avait peut-être une solution, qu'elle viendrait chercher personnellement les membres de sa famille, mais qu'il fallait qu'ils tiennent encore quelques jours, voire une bonne semaine le temps qu'elle mette tout en place. Pendant qu'elle pianotait, Korra, qui avait pris Asami sur ses genoux, avait observé son air sérieux, puis s'en était lassé. Elle avait commencé à parsemer son cou de baisers. La femme d'affaires savait où ça allait les mener… Elle essaya tant mieux que mal de finir son message en restant concentrée, puis grogna le prénom de sa bien-aimée.

« Oui ?

- J'essayais de me concentrer.

- Tu as fini ?

- Oui.

- Alors, on peut ? Ou tu es trop fatiguée ? »

Asami poussa Korra contre le canapé et l'embrassa vigoureusement. Elle mit sa main sous ses vêtements et caressa son ventre, sentant un fredonnement d'approbation tout contre ses lèvres. Oh que oui, elles pouvaient. Et elle était à peu près sûre qu'elle se retrouverait encore avec des douleurs à des endroits insoupçonnés le lendemain, mais elle n'en avait pas grand-chose à faire.


A/N : Et voilà pour ce chapitre ! Bon, à la semaine pro, je suppose ? J'aimerais boucler ça en deux chapitres, mais comme vous le savez… j'ai dit la même chose la semaine dernière.

En attendant, j'espère que la lecture a été bonne et laissez plus de reviews ! Grrr, grrr, je vais me fâcher sinon… Comment voulez-vous que je revienne vous écrire des histoires sinon ? Bien entendu, que les personnes qui ont déjà laissé des reviews ne se sentent pas viser. Elles ne sont pas censées avoir l'obligation de poster des reviews à tous les chapitres pour le support moral. Sur ce, je tire ma révérence.

À plus !

Lion