A/N : Coucou !

Je vous ai pas souhaité de bonne année, si ? Bonne année 2022 ! J'espère que les fêtes se sont bien passées pour vous, que la reprise n'a pas été trop difficile et je vous souhaite bien entendu du bonheur, de la santé, tout ça tout ça, pour l'année à venir. Je vous souhaite également beaucoup de Korrasami pour ceux que ça intéresse, haha ! Bref, passons aux choses sérieuses.

Alors, je vous préviens, on a du lourd pour ce chapitre ! C'est un chapitre en accéléré. J'avais vraiment pas envie de m'attarder sur les deux semaines de vacances alors que j'ai plein d'autres choses à vous raconter, donc on a pas mal de sauts dans le temps. J'espère que vous apprécierez quand même !

Bonne lecture !


Le lendemain matin, les deux femmes furent réveillées par des coups à la porte. Le feu était éteint. Korra se leva précipitamment et attrapa quelques habits au passage pour aller ouvrir. Il s'agissait de quelques skieurs et raquetteurs d'un village proche qui voulaient savoir s'ils pouvaient utiliser le chalet pour la journée. Korra leur demanda un moment, leur disant qu'elles avaient prévu de partir. Ils discutèrent un peu, parlant de la tempête de la veille et de la raison pour laquelle elles avaient dormi sur place.

Asami, qui avait senti la présence de Korra s'évaporer comme neige au soleil et sentant que la conversation sonnait la fin de son sommeil, se leva et s'habilla également. Heureusement, cette fois, ses vêtements étaient secs. Korra revint vers elle et finit également de s'habiller, puis elles furent sur le départ. Constatant qu'il était encore tôt et encore toute endormie, Asami se cala confortablement contre Korra pour le retour et somnola légèrement.

Quand elles rentrèrent, Senna fut soulagée de les revoir saines et sauves. Korra fit la discussion avec sa mère pendant qu'Asami baillait. Elle s'échappa un instant et eut la merveilleuse idée d'aller voir son téléphone portable, qu'elle avait laissé dans la chambre de Korra. Elle remarqua des centaines de messages de Varrick et elle aurait eu peur si Varrick n'était pas Varrick. Elle espérait sincèrement que c'était juste une histoire de nouvelle invention… Elle le rappela.

« Asami ! Raava, mais où étais-tu passée ?

- Avec Korra. On est sorties et on s'est fait prendre par une tempête… Je comptais rentrer plus tôt, mais voilà.

- Enfin bref, ce n'est pas important. Ce qui est important, c'est que j'ai plein de trucs de prévus pour toi ! Et ça commence cet après-midi ! Alors bouge tes fesses et viens me retrouver dans mes locaux ! Allez, on s'active !

- Ouais, ouais, j'arrive… »

Elle était trop fatiguée et trop peu énergique pour avoir une réponse quelconque. Elle raccrocha bien vite et se faufila sous la douche. Entre temps, Korra finit sa conversation avec sa mère et la rejoignit.

« Tu pouvais vraiment pas attendre pour prendre ta douche, hein ?

- Quoi, t'as peur de pas pouvoir te retenir devant mon corps de rêve ?

- À d'autres. »

Elle leva les yeux au ciel. Elles se lavèrent, s'aidant pour les endroits difficiles d'accès comme le dos. En fait, Asami savait que Korra aimait beaucoup qu'on lui frotte le dos, donc elle ne lésina pas sur les moyens. Puis, une fois sorties, la femme aux yeux verts se jeta sur le lit de sa compagne sans retenue.

« Ugh, je suis morte… Je peux savoir pourquoi les gens sont venus nous réveiller si tôt ? C'était à peine sept heures !

- Je pense qu'ils voulaient juste profiter de la journée à fond. Et c'est pas toi qui es censée être la lève-tôt ?

- Je sais… Mais je suis fatiguée… »

La femme aux yeux bleus s'allongea à côté d'elle, la prenant dans ses bras.

« Je pense que tu as réellement besoin de vacances, Asami. Avec tes études et la direction de l'entreprise, tu n'en as pas eu depuis que ton père est en prison, non ?

- Ouais… T'as pas tort… Mais j'ai quand même du travail.

- Eh bien… C'est quand ?

- Cet après-midi… Mais Varrick m'a dit de le rejoindre dès que je pouvais…

- C'est encore tôt. Tu peux dormir un peu si tu veux. Il attendra. Et je te réveillerai.

- D'accord. Merci, Korra.

- Pas de quoi. »

Le reste des deux semaines se déroula à peu près de la même façon. Asami essayait de se partager entre les différentes visites imposées par Varrick, qui lui montrait à quel point son royaume était extraordinaire et toutes les possibilités qu'ils avaient maintenant qu'ils étaient deux, et les exigences politiques de Tonraq.

En vérité, celles-ci étaient moindres. Elle était allée rencontrer les différents membres du conseil, il y avait quelques médias pour s'intéresser à la chose et prendre des photos de poignées de main, mais rien d'aussi agressif que ce qu'elle avait connu à Republic City. Pour peu, elle croirait que Korra avait raison ! Elle restait relativement peu à l'aise avec les médias. Il lui faudrait un peu de temps avant de les conquérir et dépasser son expérience négative. Peut-être un jour…

Le reste du temps, elle essayait de le passer avec Korra. Mais il semblait qu'après cette première journée intense, Korra avait décidé de se calmer un peu. Elle faisait les activités un peu extrêmes seule ou elle jouait avec Naga en son absence. Quand elle était là, elle discutait beaucoup avec Asami, parfois l'étreignait pour qu'elle dorme un peu, de temps en temps, elles jouaient à des jeux ou allaient dehors. Bref, elle essayait de faire en sorte qu'elle se détende et ne passe pas tout son temps à travailler à distance, car bien sûr, elle ne voulait laisser Future Industries sans surveillance.

Mais bon, il semblait qu'en cette période estivale, à part les quelques personnes qui ne souhaitaient plus travailler car c'était la période des vacances et qu'ils voulaient profiter de leur famille, tout allait plutôt bien. Yin et certains membres de sa famille ayant la tête sur les épaules et se sentant redevables envers Asami veillaient à ce que tout se passe bien, n'hésitant pas à aller faire la police envers les employés dissidents si ce n'était pas le cas. Le problème étant que les employés les plus dissidents n'étaient pas ceux qui travaillaient sur le gel, les masques ou le transport, mais bien les plus anciens employés de Future Industries.

Asami aurait sincèrement adoré les virer tous autant qu'ils étaient. Ils se sentaient privilégiés parce qu'ils savaient que la jeune femme d'affaires aurait du mal à remplir leur poste. Il ne fallait pas se leurrer, tous les bons avaient fui à grandes enjambées pour se faire embaucher chez Cabbage Corps. Il ne lui restait plus que très peu de fidèles et une grande majorité de bons à rien. Elle avait vraiment du mal à remettre le secteur automobile en marche… Et de son côté, elle avait déjà les mains prises par les inventions de son père ! Elle ne pouvait pas tout faire, aussi extraordinaire fût-elle. Encore moins à distance. C'est pour cela qu'elle essaya de laisser couler, sous-entendant simplement que les conséquences ne sauraient tarder. Elle savait qu'ils ne la croyaient pas cependant… Mais elle n'était pas du genre à aboyer sans mordre.

Puis, un jour, avant le weekend du retour, alors qu'elle rentrait d'une journée épuisante avec Varrick, entre réunion d'affaires, faire connaissance avec des partenaires potentiels et projection des budgets à consacrer pour les prochains mois liés aux possibles investissements (après tout, Future Industries reposait dorénavant sur deux acteurs majoritaires : Varrick et la famille de Yin), Korra vint la trouver avec son enthousiasme habituel. Et enthousiasme habituel voulait probablement dire activité qu'Asami préférait ne pas faire.

« Oui, Korra ? interrogea-t-elle alors qu'elle aurait préféré qu'on la laisse tranquille.

- Je me disais… Tu pars bientôt et tu vas beaucoup me manquer…

- Je sais, tu vas me manquer aussi.

- Tu veux pas qu'on en profite ce weekend ?

- Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ?

- Eh bien, il y a une fête du village demain soir…

- En quel honneur ?

- Une histoire d'Esprit fondateur, je te passe les détails. Pour l'instant.

- Et tu veux qu'on y aille ?

- Oui ! Il y aura des activités et à la nuit tombée, on lance des lanternes dans le ciel ! C'est super joli ! Parfois, il y a des aurores australes aussi.

- Hum… Ok…

- Vraiment ?!

- Oui, oui. Ça me dérange pas qu'on sorte ensemble tant que…

- Je sais, je sais. Tant que je fais attention et que je garde mes distances.

- Voilà.

- Je suis contente quand même. Je voulais vraiment qu'on y aille ensemble. »

Elle sourit et la femme aux yeux verts ne put s'empêcher de déposer un baiser sur ce sourire radieux.

« Je vais prendre une douche.

- Ok ! Je crois qu'on va manger bientôt. Je vais aider ma mère ! »

Le reste de la soirée se déroula calmement. Tonraq et Senna s'étaient vite habitués à Asami, et elle à eux. Ils parlèrent un peu de leur journée, Korra parla de la fête du lendemain. Tonraq et Senna avaient prévu d'y aller également, mais Asami tint à s'assurer que ça ne posait pas problème qu'elle y aille avec Korra. Tonraq ne fit aucune remarque, elle supposa donc que ce n'était pas un problème. De toute façon, elle avait déjà dit qu'elle y allait.

C'est ainsi que la petite famille (sans oublier Naga, qui se joignit joyeusement à eux au bout d'une laisse) sortit le lendemain. Asami était un peu heureuse. Ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas eu l'impression d'appartenir à une famille, véritablement. Après la mort de sa mère, rien n'avait plus été pareil. Son père était un solitaire, ce qui, compte tenu de ses activités, était assez compréhensible… Elle aurait aimé ne pas être sur ses gardes pendant qu'elle sortait avec la famille de Korra. Elle aurait aimé pouvoir tenir la main de celle qu'elle aimait et admirer avec amour son regard pétillant et enchanteur. Au lieu de cela, elle essaya de rester proche, mais pas trop proche. Ça la rendait un peu triste et elle avait l'impression de devenir un peu paranoïaque ces derniers temps, à se méfier de cette impression que quelqu'un pourrait les suivre…

Les préparatifs pour la fête avaient commencé dès le matin, par des décorations, des stands, des installations… L'après-midi, il y avait déjà un peu de monde qui profitait des différentes activités, comme le tir à l'arc, le lancer de couteau, de lance…

La fête était centrée autour des activités de la chasse. Avant, on chassait de véritable gibiers qu'on offrait aux Esprits pour la protection du village. Au fil des années, les animaux vivants avaient été remplacés par des jeux, même si des offrandes étaient encore faites par les chasseurs. Outre la chasse, c'était aussi un lieu pour boire. Dorénavant, les divers petits producteurs de ce côté du monde ou d'autre part venaient faire goûter leur produits artisanaux. Cela venait du fait que les offrandes devaient être arrosées d'alcool pour les Esprits, ce qui se faisait encore mais à moindre dose. Il y avait également d'autres activités un peu moins traditionnelles, amenées par les forains et quelques spectacles de loutre-pingouins.

Comme il y avait de quoi manger, Korra, Asami, Tonraq et Senna sortirent dans l'après-midi et mangèrent sur place. La jeune femme d'affaires fut trainée à un stand de nouilles par Korra qui lui assura que c'était les meilleures nouilles de tous les temps, même meilleures que les siennes. Et pour que Korra admette qu'elle n'était pas bonne dans un domaine, il fallait vraiment y aller.

Puis, la nuit tomba. Les stands étaient illuminés et réchauffaient le cœur des gens. Une aurore australe galopait à travers le ciel, dansant avec ses longs voiles verts et rose. Les activités se poursuivirent ainsi pendant un temps, puis il fut temps d'envoyer dans ce ciel superbe les petites lanternes et leurs bénédictions. Toute heureuse, Korra en ouvrit une qu'elle tendit à Asami. Elle écrivit ensuite un mot qu'elle brûla en même temps d'allumer la lanterne, les yeux fermés et bougeant la bouche sans un son.

« Pourquoi tu l'as brûlé ? Qu'est-ce que c'était ?

- Une tradition. Une prière aux Esprits et des remerciements. Ils recevront le message, ne t'inquiète pas. Ils te protègeront aussi. »

Elle prit la main d'Asami avec douceur, entrecroisant leurs doigts.

« Korra…

- C'est bon, personne ne nous regarde. Tout le monde est occupé avec les lanternes. »

Asami regarda autour d'elle et effectivement, tout le monde était en train d'allumer sa propre lanterne ou de la regarder s'envoler. Elle soupira. Il fallut attendre encore quelques minutes supplémentaires que la lanterne se gonfle d'air chaud, puis enfin, elle s'envola accompagnée de ses congénères. Asami regarda la marée d'étoiles bleues s'enfuir vers le firmament. Car oui, chose étrange, dans le sud, les lanternes étaient bleues, du moins de l'extérieur. Si on les regardait par en dessous, on les voyait oranges à cause du feu. C'était un mélange d'éclats bicolores qui s'envolait lentement dans le ciel tout aussi coloré. Alors qu'elle regardait les lumières s'éloigner, et quelque part se regrouper aussi, elle sentit Korra tirer sur son bras. Elle regarda alors les yeux bleus dans lesquels semblaient se refléter toutes les lumières de la nuit.

« Il y a une dernière tradition.

- Laquelle ? »

Asami regarda néanmoins rapidement autour d'elle et vit quelques couples s'embrasser. Elle espéra l'ombre d'un instant que Korra ne parlait pas de ça, mais quand elle la regarda de nouveau, elle sut qu'elle parlait totalement de ça.

« Personne ne fait attention à nous, rassura-t-elle. Qu'est-ce que tu veux qu'il nous arrive au milieu de tant de gens ? »

Asami fronça le nez, un peu indécise, mais elle ne résista pas quand Korra se mit sur la pointe des pieds et vint poser ses lèvres sur les siennes. Le baiser dura bien quelques secondes, quelques secondes de trop peut-être, mais elle ne voulait pas enlever ce plaisir à Korra ou paraître paranoïaque. Elle ne put le regretter quand elle vit le sourire radieux de sa petite-amie.

« Merci, lui dit-elle néanmoins. Je te promets que tout ira bien. Je le pense vraiment.

- Je suppose que je devrais aussi prier les Esprits pour ça ?

- Ne t'inquiète pas, je m'en occupe. »

Elles se sourirent, puis leurs mains se lâchèrent alors qu'elles regagnaient la maison, non sans avoir regardé un peu plus les lanternes.


Et voilà, c'était l'heure. L'heure de la séparation, et c'était dur. Korra était tristounette. Elle baissait un peu le regard et sa bouche montrait un certain mécontentement.

« C'est que deux semaines », essaya de la rassurer Asami.

En vérité, elle avait envie de se jeter au cou de Korra et de l'embrasser. Énormément. Mais l'aéroport n'était pas franchement l'endroit idéal pour ça. Et même si c'était « que » deux semaines, elles n'avaient jamais été séparées aussi longtemps…

« Je sais, je sais… Tu vas me manquer…

- Tu vas me manquer aussi. Mais on s'appellera, ok ?

- Bien sûr qu'on s'appellera ! Il manquerait plus que ça ! »

Asami rit. Oui, deux semaines, ça n'allait pas les tuer. Ça devrait leur faire du bien, d'ailleurs ! Après tout, elles avaient vécu un confinement ensemble !

Varrick était censé revenir avec elle, mais il avait dit avoir une urgence de dernière minute. La jeune femme d'affaires était donc seule pour rentrer (avec son équipage) et ça l'angoissait un peu… Comme ça l'angoissait de retourner dans son appartement vide… Elle ne montra pas ce malaise, et après quelques adieux de plus à Korra et à Tonraq, qui les avait accompagnées jusqu'ici, elle embarqua.

Elle soupira longuement une fois rentrée dans son appareil, puis ne se laissa pas avoir la tête dans les nuages. Elle avait un pilotage à effectuer !


Quelques heures plus tard, elle était (malheureusement) rentrée chez elle. Elle mit ses affaires dans sa chambre et alluma directement une station radio pour avoir du bruit. Elle avait beaucoup fait ça avant Korra… Elle en avait encore plus besoin dorénavant. Elle en profita pour ranger tout ce qu'elle avait besoin de ranger, puis pour aller prendre une douche histoire de se nettoyer de ce voyage. Elle se mit directement en pyjama et regarda ses emails et ses messages.

Elle avait envoyé un message à Korra comme quoi elle était bien arrivée. Cette dernière lui avait répondu : « Contente que tu sois bien arrivée. Tu me manques déjà. » avec un chien qui avait les oreilles baissées et des larmes aux yeux. Elles s'envoyèrent quelques textos supplémentaires, puis le téléphone d'Asami sonna. Elle connaissait ce numéro…

« Papa. Comment vas-tu ?

- Bien. Et toi ? Ça fait longtemps que je ne t'ai pas eu au téléphone.

- J'ai été très occupée.

- Quand est-ce que tu vas venir me voir ? Les visites sont de nouveau autorisées, tu sais.

- Depuis quand ?

- Quelques semaines… À peu près en même temps que la réouverture des frontières.

- Ah… Oui, j'étais au pôle sud…

- Qu'est-ce que tu faisais là-bas ?

- Mon boulot.

- Je vois… »

Hiroshi ne chercha pas à en savoir plus. Il avait appris à respecter scrupuleusement les limites de sa fille.

« Alors… quand est-ce que tu viendras ? répéta-t-il. Je me sens vraiment seul ici. Je voudrais voir à quel point ma petite fille a grandi.

- Eh bien, j'ai passé l'âge de grandir, Papa. »

Hiroshi rit.

« Bien sûr, ma chérie.

- Mmmm… Je ne sais pas… J'essaierai la semaine prochaine, j'imagine ?

- D'accord. Tout se passe bien avec l'entreprise ? Tu ne te surmènes pas trop au moins ?

- Non, non, tout va bien… Hum… Papa ? Tu n'aurais pas des idées géniales de voitures ?

- Tu as du mal à trouver de nouvelles idées ?

- Non, c'est juste que je n'ai pas le temps de m'occuper de ça et les ingénieurs qui restent se croient invincibles, donc ils ne font rien de très productif…

- Je vois…

- Je sais que tu vaux plusieurs ingénieurs à toi tout seul, donc si tu veux bien travailler pour moi… Je te mettrai de l'argent sur ton compte de prison ! Et, je ne sais pas, ce que tu veux ? »

Hiroshi rit de nouveau.

« Regardez-moi ma petite fille devenue une femme d'affaires. Il va falloir affiner ton jeu, chérie, et prévoir les avantages de tes clients à l'avance.

- Je n'ai pas eu le temps, je t'ai proposé ça comme ça… »

Il rit une nouvelle fois.

« Très bien, très bien. C'est d'accord. Je vais voir ce que je peux faire d'ici la semaine prochaine.

- Merci, Papa. Je te vois la semaine prochaine alors, d'accord ?

- D'accord, Asami. Passe une bonne soirée.

- Merci. Toi aussi. »

Ensuite… Ensuite, même si elle n'avait pas mangé, Asami jugea qu'il était l'heure d'aller se coucher. Elle était contente d'avoir parlé avec son père. Elle aurait peut-être dû lui dire pour Korra… Non, elle ne pouvait pas faire ça au téléphone. C'était pour cela qu'elle n'avait encore rien dit. Peut-être le weekend prochain… Même si son père l'avait beaucoup déçue, elle l'aimait encore et elle aurait aimé qu'il accepte et soutienne sa relation avec Korra. Et s'il la reniait… Au point où elle en était, elle n'était plus à ça près, mais ça la ferait quand même drôlement souffrir. Surtout qu'elle ne pourrait compter sur Korra pour la soutenir… Peut-être qu'elle devrait attendre qu'elle rentre… voire même la présenter à son père.

Elle n'était sûre de rien, sauf du fait que la présence de Korra lui manquait cruellement. Ainsi, au lieu de s'installer dans son lit, elle alla dans la chambre de Korra et se réfugia parmi ses couvertures, étreignant son coussin comme si c'était elle. Et c'est ainsi qu'elle réussit à s'endormir.


Mais le sommeil fut court et la journée qui suivit plutôt problématique. Elle fut réveillée par son téléphone.

Varrick.

Pourquoi diable se réveillait-il toujours aux aurores ?!

« Asami Sato… répondit-elle, endormie.

- Asami, dit Varrick, le ton un peu plus solennel que d'habitude. Tu as regardé les infos ?

- Non pourquoi ?

- Regarde et rappelle-moi. »

Et il raccrocha. Mais qu'est-ce que ?!... Elle avait presque envie d'aller retourner se coucher parce que d'où on osait la réveiller de la sorte pour ne rien lui dire ?!

Le problème, c'était justement qu'on l'appelait si tôt le matin et que Varrick avait l'air drôlement sérieux. Ce n'était clairement pas dans ses habitudes. Dès qu'Asami avait entendu le ton de sa voix, elle s'était dit que c'était quelque chose de grave. Ça l'avait réveillé un peu trop brusquement, son cœur avait subitement accéléré, et même si elle le voulait elle ne pourrait se rendormir. Chiotte.

Alors, les yeux à peine entrouverts, elle déverrouilla son téléphone et regarda les dernières nouvelles du journal le plus connu qu'elle trouva. Et là, elle écarquilla les yeux. Son pire cauchemar… en première page. Génial.

« Asami Sato, femme d'affaires ou femme fatale ?

Depuis quelque temps, tout le monde a les yeux rivés sur Future Industries. Future Industries, l'entreprise de l'avenir et de l'espoir qui nous sortirait de la crise, selon sa PDG, la tristement célèbre Asami Sato, fille du trafiquant d'armes Hiroshi Sato.

Quelle brillante remontée ! se disait-on, alors que cette dernière s'assurait un contrat juteux avec Varrick Global Industries et la Tribu de l'Eau du sud en échange de gel et de respirateurs. Pourtant, il y avait de quoi être méfiant dès le début. Pourquoi Varrick Global Industries, une entreprise en plein essor, irait s'associer à une entreprise sur le bord de la faillite, dirigée par une PDG ruinée ? Pourquoi la Tribu de l'Eau du sud alors que Future Industries a toujours été basée à Republic City, avec quelques filiales dans la République de la Terre et dans la Nation du Feu ? Pourquoi tant d'avantages et de confiance pour une jeune femme, écrasée par les responsabilités d'une entreprise dont elle n'a gagné le contrôle que par l'emprisonnement de son criminel de père ? Est-ce qu'Asami Sato serait une extraordinaire femme d'affaires ou serait-elle la digne fille de son père ?

Aujourd'hui, il nous semble avoir la réponse. Asami Sato n'est pas tant une femme d'affaires qu'une femme fatale qui n'a peur de rien pour sauvegarder ses intérêts. On la voit ici embrassant la fille d'un imminent membre du conseil de la Tribu de l'Eau du sud. Plutôt qu'une stratégie industrielle, c'est une stratégie de séduction de ses collaborateurs que la jeune femme d'affaires met en place ! Et quelle virtuose ! »

Ugh… Et ce n'était qu'un article parmi tant d'autres. Il détaillait ensuite la situation de Korra et s'interrogeait sur comment elle avait fini « dans les griffes » d'Asami. Il y avait effectivement une photo d'elles deux s'embrassant… le jour des lanternes. D'ailleurs, ils avaient probablement choisi ce cliché parce qu'Asami n'avait pas l'air particulièrement ravie. Elle n'avait pas encore décidé à ce moment-là si elle devait laisser faire Korra ou pas.

Elle jeta son téléphone sur le lit et se massa le visage. La journée allait être longue… Elle espérait seulement que Korra allait bien… Pourvu que ça ne retombe que sur elle cette histoire…

Elle rappela Varrick.

« J'ai vu. C'est quoi le plan ?

- Parce que tu penses que j'ai un plan ! »

Varrick avait toujours un plan. Elle voyait mal comment il ne pouvait pas en avoir sur ce coup-là. Elle feignit l'ignorance.

« Si tu n'as pas de plan, pourquoi tu m'appelles de si bon matin ?

- Pour être sûr que tu regardes les infos et que tu te prépares pour l'armée de journalistes qui va fondre sur toi dès que tu vas aller travailler !

- Je ne vais pas leur répondre.

- Je m'en doutais un peu. Je vais arranger une réunion avec Tonraq aujourd'hui. Je te rappelle plus tard. »

Et il raccrocha de nouveau. Asami était tentée de rester dans son lit pour la journée. Enfin, celui de Korra. Ne pouvait-elle pas se terrer sous les couvertures et attendre que la tempête passe ?

Elle avait un autre problème cependant. Son père. Elle n'avait pas hâte que ça lui remonte aux oreilles. Oh bon, elle allait faire l'autruche pour l'instant, elle avait autre chose à penser. Elle alla se préparer pour la journée et envoya un message à Korra : « Regarde les infos. Il faut qu'on s'appelle ce soir. Transmets mes excuses à ton père. »

Aussi étonnant que ça puisse paraître, Korra répondit quelques minutes plus tard : « J'ai vu. Varrick a fait un tapage pas possible ce matin. Je suis désolée. »

Asami : « Ce n'est pas de ta faute… Abandonne-moi juste pas maintenant. »

Korra : « Bien sûr que non. Par contre, je t'abandonne pour la matinée. Je retourne me coucher. Trop tôôôôôôt ! »

Asami : « Dors bien ! Je t'aime. »

Korra : « ❤️ »

Bon, au moins, c'était ça de fait… Elles étaient dans le même bateau. Asami ne savait pas si elle devait en être ravie ou être nerveuse. Elle essaya de ne pas trop y penser et d'arriver au travail sans encombre. Puis, elle vit la marée de journalistes à l'entrée et elle faillit repartir. Mais non, la tête haute, Asami ! Courage, tu peux le faire !

Alors, elle sortit de sa voiture, telle une chatte en colère, et traversa les micros et les caméras comme si de rien n'était. Elle entendit quelques : « Madame Sato ! », « Une déclaration concernant votre collaboration avec la Tribu de l'Eau du sud ! », « Un mot sur votre relation avec Korra Nirvelli ! » Puis, il y en eut une qui l'énerva vraiment : « Madame Sato, est-ce une vraie relation ou un nouveau coup de pub pour Future Industries ? »

Non, mais il se prenait pour qui celui-ci ? Il croyait que c'était par plaisir qu'elle endurait tout cela ? Alors, elle s'arrêta dans sa marche et se retourna.

« Je vais juste dire une seule chose. »

Silence. Attention complète.

« Oui, Korra est ma compagne et je ne dirai pas un mot de plus sans son consentement. Or, comme vous pouvez le voir, nous ne sommes pas ensemble pour le moment, donc je n'ai rien à ajouter. »

Aussitôt qu'elle eut dit ça, une rafale de questions lui assassina les tympans. Elle continua son chemin et entra dans ses bureaux. Au moins, aucun journaliste ne pouvait entrer. Ce qui ne voulait pas dire que son problème ne resta pas collé à ses basques. Elle eut droit à un regard compatissant de la RH, qui se doutait quand même bien de quelque chose vu tout le temps qu'elle avait passé avec Korra. Certains de ses employés lui jetèrent carrément des regards méprisants ou faisaient des messes basses quand elle ne regardait pas (du moins, elle avait l'air de ne pas prêter attention), et d'autres esquivaient son regard. Ils pensaient quoi ? Qu'elle allait les ensorceler peut-être ?!

Bref, elle fut si énervée qu'elle rentra tôt chez elle, esquivant encore une fois les journalistes (et s'assurant qu'aucun ne l'ait suivi), et appela Korra.

« Hey, répondit-elle. Comment était ta journée ?

- Devine.

- Pas terrible.

- Bingo.

- Asami, je…

- Ne t'excuse pas.

- Ben, tu m'avais prévenue mais je ne t'ai pas écoutée…

- Je sais mais… c'est trop tard maintenant de toute façon. Je voudrais tellement que tu sois là…

- Moi aussi… Tu veux que je rentre ? Je prends le premier avion, s'il faut.

- Non, Korra. Profite de ta famille. Tu ne peux le faire qu'une fois par an, c'est important.

- Je sais, mais si tu vas pas bien, tu passes en priorité, Asami.

- Je vais bien, je vais bien.

- Tu es sûre ?

- Oui. Je te promets que je te dirai si ça ne va pas. Je sais que je peux compter sur toi.

- N'oublie pas ! »

Asami rit. Ah, ça la calmait d'entendre la voix de Korra… Elle commençait à être légèrement de meilleure humeur.

« Je n'oublie pas ! Comment était ta journée ? »

Pour la distraire, Korra parla de tout ce qu'elle avait fait, ce qui comprenait de la cuisine avec Senna et beaucoup de bazar, une adorable Naga et des concours de course sur des loutres-pingouins avec de vieux amis. Asami imaginait tout cela en l'écoutant et elle se réjouissait de ce que Korra vivait. Ça lui faisait du bien de la voir joueuse et enthousiaste.

Puis, elle entendit la grosse voix de Tonraq demandant si c'était Asami au téléphone. Korra confirma et il ne répondit rien.

« Il est en colère ? demanda la jeune femme d'affaires, inquiète.

- Nah, c'est bon. Pour l'instant, il n'a pas eu trop de problèmes, moi non plus, donc ça va.

- Tant mieux. Ah, et Korra ?

- Oui ?

- J'ai confirmé aux journalistes qu'on était ensemble, désolée…

- Pourquoi tu t'excuses ? C'est la vérité.

- Je sais, mais c'était peut-être pas une bonne stratégie…

- Asami, je m'en fiche de la stratégie. Je serai avec toi tout du long, ok ?

- Ok. J'ai hâte que tu rentres…

- Moi aussi. »

Elles continuèrent ainsi à discuter, mangeant même en restant au téléphone et ne raccrochèrent que lorsqu'il était temps d'aller se coucher. Après la journée éprouvante qu'elle avait passé, entendre la voix de Korra lui avait fait tellement de bien qu'elle se disait qu'elle s'était vraiment inquiétée pour rien et qu'il n'y avait pas de raison qu'elles ne puissent traverser ça ensemble. Mais pour cela, il ne fallait plus qu'elle regarde trop la presse et qu'elle fasse abstraction de tout sauf de Korra. Si elle se concentrait sur leur relation, ça irait, pas vrai ? S'aimer parfois, c'était assez. Du moins, elle l'espérait sincèrement.

Et c'est sur ses douces pensées qu'elle s'endormit.


Quelques jours plus tard, elle dut de déjà déroger à sa règle, après un nouvel appel de Varrick. Et cette fois, c'était vraiment sérieux. Elle appela Korra rapidement.

« Asami…

- Korra, passe-moi ton père, s'il te plait.

- Je…

- Korra.

- D'accord, d'accord, mais on parle après, tu raccroches pas !

- Promis. »

Il y eut un bruit, le téléphone changea de main, et une grosse voix envahit le son du téléphone.

« Tonraq.

- Je suppose que Varrick vous a aussi informé ?

- En effet.

- Je suis tellement désolée, Tonraq. Si j'avais pu… Je n'aurais pas dû…

- Asami. Tu n'es pas responsable de ce qui arrive.

- Je sais mais…

- On est tous les deux sur le même bateau, il va falloir se serrer les coudes.

- Est-ce que… Est-ce que vous voulez que je rompe avec Korra ?... Est-ce que ça aiderait ? »

Elle détestait avoir à poser cette question, sa voix restait coincée dans sa gorge, mais vu la merde incommensurable dans laquelle ils étaient, elle se devait de la poser.

« Eh bien, je pense que ce serait contre-productif. Ça paraîtrait très suspect. Vous devez à tout prix apparaître unies si on veut éviter que ça prenne de l'ampleur. »

C'était ce qu'elle s'était dit aussi. Mais elle avait besoin de confirmer que ce n'était pas juste un espoir illusoire.

« Bien. Est-ce que je peux faire quelque chose ?

- Honnêtement, essaie juste de ne pas trop t'en faire. Varrick et moi-même avions prévu ce cas de figure, on va se débrouiller. Cependant, s'il y a quelque chose qui sort de l'ordinaire, préviens-moi immédiatement.

- Comme quoi ?

- Tes comptes. Fais attention à tes comptes, Asami.

- Quoi ?

- Ce n'est qu'un soupçon, mais je crois bien qu'on essaie de nous piéger… Et je crois même savoir qui. Ce n'est pas le moment de baisser sa garde.

- D'accord mais…

- Je ne peux pas te donner plus d'infos pour le moment, Asami. Il vaut mieux que tu ne sois pas impliquée. Protège-toi. Si je tombe, je veux que tu sois là pour ma fille, c'est compris ?

- Oui.

- Je te repasse Korra, elle arrête pas de roder comme un requin. »

Si elle n'était pas aussi stressée, elle aurait ri. À peine Korra eut-elle repris le téléphone qu'elle lui lança :

« Je reviens.

- Korra, avec tout ce qui arrive avec ton père…

- C'est exactement pour ça que je reviens ! Je te laisse pas toute seule ! Mon père va s'en sortir, ne t'inquiète pas. Il n'a pas besoin de moi. Mais on va se battre toutes les deux. Ensemble, compris ?

- Tu es bien sûre de toi ?

- Oui. Varrick a dit qu'il devait revenir en urgence également. Et tu viendras me chercher à l'aéroport.

- Korra, je ne sais pas si c'est une bonne idée…

- Fais-moi confiance.

- Tu as un plan, je suppose ?

- À peu près le même que mon père. Si on veut éviter une véritable enquête, il faut juste qu'on prouve qu'on est intègres et unies. »

Asami soupira. C'était triste que leur seule option soit la communication et de s'exposer au regard de tous. Mais elle devait au moins faire ça pour que personne ne finisse en prison. Si elle pouvait mettre la main sur celui qui avait lancé l'idée de corruption et éveillé la curiosité de la police, elle !... Elle ne savait pas de quoi elle serait capable. Elle ne pouvait pas se permettre d'entrer dans des procédures judiciaires, d'avoir ses comptes gelés ou elle ne savait trop quoi. Elle était vraiment terrifiée à l'idée que les informations de Varrick se concrétisent et qu'il y ait une véritable enquête. C'est pourquoi elle fut très conciliante.

« Très bien, je viendrai te chercher… Dis-moi quand tu arrives.

- Je te le dirai. Et Asami ?

- Oui ?

- Je t'aime.

- Je t'aime aussi.

- Tout va bien se passer.

- Ouais… J'espère. »

Elle avait failli demander à Korra si elle l'attendrait jusqu'à qu'elle sorte de prison, mais il fallait avoir foi en l'avenir apparemment. Elle n'ajouta rien et se prépara pour le boulot. Plus qu'une longue journée, c'était de longues semaines qui s'annonçaient. La première chose qu'elle fit, c'est d'embaucher un expert-comptable qui vérifierait ses comptes en temps réel. Elle ne finirait pas comme son père. Elle n'irait pas en prison. Parce que contrairement à lui, elle était innocente. Elle n'avait plus qu'à espérer que sa réputation ne pèse pas trop dans la balance…


A/N : Alors, comment avez-vous trouvé cette petite intensification de la tension à la fin ? Moi, j'aime bien ^^'

Petites infos de fin de chapitre :

- Petite place à Naga dans ce chapitre, je m'en veux un peu ^^'

- Le nom de famille de Korra c'est un prénom en fait qui veut dire « enfant de l'eau » dans les peuples nord-amérindiens, donc j'ai trouvé ça assez adapté… C'est juste que ça faisait trop bizarre si elle n'avait pas de nom de famille surtout dans les prochains chapitres.

- Je n'ai pas la moindre idée de ce qu'ils ont foutu avec les prisons en vrai. Vous savez que y a genre aucune info sur internet ? Trop pénible !

- J'étais en train de me dire… Il n'y a pas une alternance nuit/jour comme chez nous normalement au pôle sud ^^' Mais oublions cela un instant puisque, comme je le disais, personne n'habite au pôle sud normalement x) La géographie de LoK est à la fois très pratique et pas du tout x) (D'ailleurs, ne parlons toujours pas du décalage horaire xD)

- Je tiens à vous préciser que ça fait deux chapitres que j'essaie d'écrire la même scène mais ça rentre pas dans ces chapitres qui sont 15 fois trop longs !

- Dites, le fandom de LoK (côté francophone) est un peu mort en fait ^^' (Je regardais les dernières nouveautés et le nombres de vues, etc.) Je suis très contente d'avoir mes lecteurs à moi (enfin, les habitués de mes histoires qui me laissent des reviews, quoi) mais je trouve ça un peu triste… J'ai pas l'impression que mes histoires soient particulièrement plus mauvaises qu'en 2018, pourtant, on est pas sur les mêmes retours quoi… Après, peut-être que je vous ai laissés et soulés avec mes absences aussi ^^' Bref.

Merci pour la lecture et à plus !

Lion