A/N : Coucou !
Je vais vous faire une confidence : j'avais prévu de poster plus tôt mais j'aime pas trop ce chapitre, donc j'ai trainé des pieds ^^'
Sinon, pour les infos : pas de Korra cette fois (disons que c'était prévu mais que ça n'a pas fonctionné) mais on retrouve un personnage qui revient souvent dans mes histoires.
Sur ce, on se retrouve à la fin, et bonne lecture !
Asami tapait du pied, au dehors de sa voiture. Elle était garée dans le parking souterrain de l'aéroport. Elle était stressée et elle était partie en avance pour venir chercher Korra. L'info avait fuité. Enfin, en tout cas, les gens savaient que la fille du sud revenait à Republic City. Et s'ils savaient ça, il y avait forcément des journalistes qui avaient l'heure du vol. Elle avait prévu de les contourner. Elle trouvait ça ridicule. D'un autre côté, elle n'en était que plus nerveuse.
Si elle avait été une fumeuse, elle aurait fumé actuellement. L'idée de fumer quelque chose d'un peu plus fort que de la cigarette lui paraissait également très séduisante. Mais elle savait qu'elle n'était pas comme ça et qu'elle y pensait juste pour se réconforter. De toute façon, elle n'avait même pas les moyens de faire une bêtise pareille.
Ça faisait à peine cinq minutes qu'elle était arrivée et elle était déjà à moitié folle de stress. Elle était vraiment ravie que Korra revienne. Elle se sentait vraiment seule dans l'appartement, elle se sentait même assez désespérée dans son soutien, mais d'un autre côté, savoir Korra à la Tribu de l'Eau du sud la rassurait énormément. Elle avait l'impression qu'elle était protégée là-bas, entourée des gens qu'elle aime. Alors qu'à Republic City… elle ne savait pas encore à quel point ça allait être dur pour elles et elle ne tenait pas vraiment à le savoir.
Elle avait dit à Korra qu'elle l'attendrait dans le parking. Elle lui avait envoyé un texto. Bien entendu, Korra ne lui avait pas encore répondu. (Elle devait encore être dans l'avion normalement.)
Asami était partagée. D'un côté, elle ne tenait pas à faire face à une bande de journalistes. D'un autre côté, laisser Korra seule à devoir éventuellement les affronter… Ça la mettait dans une rage folle d'imaginer une chose pareille ! Peut-être qu'elle devrait se mettre en quête d'une entrée qui lui serait accessible ? Elle soupira et se mit en marche. Était-ce une bonne idée de sortir de ce parking ?
Quand elle ouvrit une des portes de sortie et qu'elle se retrouva face à une caméra, elle se dit que, vraiment, c'était une mauvaise idée. Mais elle ne réagit pas vraiment pour deux raisons : il y avait une seule caméra et la fille qui se tenait devant lui souriait brillamment. Elle avait une vague impression de la connaître, c'était étrange… Et pourtant, impossible de la replacer, avec ces courts cheveux noirs, ses yeux verts et sa peau olive !
« Mais qu'est-ce que… marmonna-t-elle, avec un mouvement de recul.
- Ah, enfin ! Vous avez failli me faire attendre, Madame Sato.
- Comment est-ce que vous saviez que j'étais là ?
- J'ai de très bonnes sources. »
La femme d'affaires trouvait ça très douteux. Elle avait rapidement calculé les probabilités qu'un journaliste tombe sur elle comme ça et elles étaient presque nulles. Le parking souterrain n'était pas vraiment petit, elle aurait pu prendre n'importe quelle sortie ! Est-ce qu'un de ces connards avait mis un traqueur sur sa voiture ?
« Vos sources ont beau être bonnes, je ne parle pas avec les journalistes. Allez-vous-en.
- Je veux vous interviewer.
- Ils disent tous ça… Je n'en ai pas envie.
- Je veux vous aider. Vous et Korra. »
Tiens, on lui avait rarement faite. En fait si, quand elle était encore jeune et naïve et essayait de s'en sortir par tous les moyens. Et on ne pouvait pas exactement dire que ça s'était bien passé.
« Ah ! Elle est bien bonne celle-là, dit-elle sarcastiquement, les bras croisés. Vous pensez vraiment que je suis assez naïve pour tomber dans le panneau ?
- Allez, Asami… pria l'autre femme avec douceur.
- Ne m'appelez pas par mon prénom. Vous vous prenez pour qui ?
- Tu te souviens vraiment pas de moi ? »
Asami fronça les sourcils. Elle avait très envie de répondre un très irrité « je devrais ? » mais elle savait bien qu'elle l'avait déjà vue quelque part… La grande question, c'était : ami ou ennemi ? Était-ce bien sage de baisser sa garde et de confirmer les dires de la journalistes ou allait-elle tomber dans un piège ? Bon, on ne pouvait pas dire qu'elle lui avait mené la vie dure… pour l'instant.
« À vrai dire… J'ai l'impression qu'on s'est déjà vues, mais je ne sais pas où. Aussi bien, vous faites partie des journalistes que j'ai rencontrés il y a quelques années, dans ce cas…
- Wow, wow, wow, tout doux. J'étais même pas journaliste à cette époque !
- Bon, très bien, convainquez-moi. Où est-ce qu'on s'est vues ?
- Asami, c'est moi, Opal ! »
Opal… Effectivement, ce nom lui disait vaguement quelque chose… Mais ça ne l'aidait pas à resituer. Voyant la mine confuse de son interlocutrice, l'autre femme leva les yeux au ciel et ajouta :
« Oh Raava, tu avais meilleure mémoire que ça à l'époque. On s'est rencontrées plusieurs fois à la République de la Terre. Zaofu ! Les soirées chiantes d'affaires entre ma famille et ton père !
- Ah… Oui, Opal… Effectivement. Excuse-moi. J'ai tendance à oublier cette partie-là de ma vie.
- Et les bonnes manières. T'étais vachement plus cordiale à l'époque.
- Merci, grogna-t-elle. Beaucoup de choses sont arrivées. Et je hais les journalistes.
- Et c'est qu'elle mord en plus !
- Bon, si c'est tout, j'ai d'autres choses à faire. C'était sympa de t'avoir revue. »
Elle essaya de passer furtivement mais Opal lui bloqua le chemin.
« Hé ! Je veux quand même t'interviewer !
- C'est pas parce qu'on se connaissait avant que je vais dire oui. Je ne tiens pas à ce qu'on torde mes mots dans tous les sens et que ça porte préjudice à mes partenaires commerciaux.
- Je ne veux pas que tu parles de ça. Je veux que tu parles de ta relation avec Korra.
- Pour quoi faire ? Pour me faire dire que je la manipule ? Non merci.
- Ma parole, t'as vraiment aucune confiance en moi !
- Je hais les journalistes.
- Oui, c'est bon, j'ai compris. Mais je suis ton amie !
- Étais.
- Suis toujours. Ok, ça fait un moment qu'on s'est pas vues, mais pour ma défense, j'habite pas à côté de la porte. Je sais que t'as vécu des choses pas faciles et si j'avais pu, je t'aurais soutenue. Mais tu sais comment est ma mère, ultra protectrice, tout ça tout ça… Elle m'a laissé quitter le nid à plus vingt ans ! Tu te rends compte ?! »
Asami soupira. En vérité, maintenant qu'elle avait resitué le contexte, elle se souvenait d'Opal. Elles avaient passé longtemps à discuter pendant ces fameuses soirées mortellement ennuyeuses. Asami se plaignait parfois de son père un peu trop absent, mais elle l'admirait et voulait marcher dans ses pas. Opal admirait aussi sa famille, mais au contraire, elle les trouvait un peu trop présents et elle voulait tracer sa propre voie. Il semblait qu'elle avait réussi. La jeune PDG était contente pour elle. Vraiment. Et elle ne lui en voulait pas vraiment de ne pas avoir été là pendant ces quelques années difficiles. C'était compliqué à distance avec leurs situations…
« Je suis contente que tu aies réussi à partir comme tu le voulais. »
Elle hésita un instant, grimaçant un peu. Elle espérait ne pas être en train de faire une bourde.
« Pourquoi tu veux que je te parle de ma relation avec Korra, alors ? »
Le visage d'Opal s'illumina. Enfin, elle pouvait voir par-dessus le mur ! Plus qu'à le franchir. Et elle savait qu'elle pouvait convaincre Asami. Après tout, elle voulait réellement l'aider.
« Je sais pas si tu te rends compte à quel point vous êtes géniales.
- Hein ?
- Je veux dire, une PDG d'entreprise et la fille d'un politicien ! Vous avez des positions importantes. C'est important de montrer ça aux jeunes d'aujourd'hui, qu'on peut aimer qui on veut et quand même réussir dans la vie. »
Asami n'était pas sûre qu'elle aurait dit que sa vie était « réussie ». À choisir, elle aurait même plutôt dit le contraire, mais elle comprenait l'idée.
« Donc, si je comprends bien, résuma-t-elle, tu veux que m'engage dans un combat LGBT ? Depuis quand t'es là-dedans toi en plus ?
- Je suis journaliste, je m'intéresse à un tas de trucs, je voyage, je connais un tas de gens. Puis, je savais pour toi et mon frère est très, très gay. »
Elle pointa derrière elle et Asami suivit la direction indiquée. Huan était effectivement derrière la caméra. Il s'offusqua avec un « HÉ ! » mais n'engagea pas la conversation. Il n'avait jamais été très bavard, ni très… présent, si ce n'était à travers l'art. C'est pourquoi Asami ne l'avait pas remarqué.
« Écoute, Opal, bien que je trouve la démarche remarquable, je n'ai pas le temps pour ça et encore moins l'envie. J'ai déjà bien assez de choses à gérer sans avoir à y rajouter un combat pour d'autres gens…
- Mais Asami, c'est une opportunité !
- Dans quel sens ?
- Penses-y cinq secondes. Déjà, je peux te garantir que je ne déformerai pas tes propos. Ce sera filmé et on diffusera tel quel, sauf pour quelques remodelage si nécessaire. Mais remodelage comme une phrase mal dite ou si tu as besoin d'une pause ! Rien d'autre ! Ensuite, ce sera pour un journal en ligne soutenu par l'entièreté de Zaofu, on peut largement contrebalancer tout le négatif de ce qui se dit en ce moment. On peut et on veut t'aider Asami. On veut juste que tu parles d'amour. Pas de ton père, pas des rumeurs, pas de politique, ni d'économie. Je ne sais pas quelle stratégie vous avez adoptée avec Korra, mais vous devez montrer que vous vous aimez, non ? En tout cas, c'est ce que tu as commencé à faire… »
Erf, effectivement, même si c'était plus une impulsion qu'autre chose, elle avait dessinée leur stratégie future. Enfin, une partie parce que ça n'allait clairement pas suffire. Peut-être que ça pourrait sauver un tout petit peu la réputation d'Asami, mais la corruption pouvait justement très bien se faire grâce à l'amour. Beaucoup grâce à l'argent mais aussi grâce à l'amour. Cependant… elle ne supportait vraiment pas qu'on remette son amour pour Korra en question. Elle préférait largement qu'on pense que Korra et sa famille aurait essayé de l'aider par amour plutôt que pour des raisons financières. C'était beaucoup plus romantique.
…
Elle avait vraiment envie de lever les yeux au ciel à cause de sa propre pensée. Qu'est-ce que le romantisme venait faire dans des procédures judiciaires exactement ?
Elle regarda sa montre. Korra n'arriverait pas avant bien vingt minutes… Peut-être que si elle arrivait en retard elle ne lui en voudrait pas si c'était pour leur situation ? Mais était-ce bien sage ? Opal était gentille, et elle n'avait aucune raison de ne pas lui faire confiance, mis à part qu'elle était journaliste. Mais elle n'était pas une journaliste pour Republic City. À priori, elle n'avait aucun intérêt à la démonter… Et c'était son amie…
« Combien de temps ? demanda-t-elle.
- Autant que tu veux. Si mes infos sont bonnes, on a bien une vingtaine de minutes.
- C'est effrayant, tu sais.
- Eh bien, ma tante est chef de la police ici pour rappel…
- J'aurais dû m'en douter…
- Tu es d'accord ?
- Opal, je te préviens, si tu ne tiens pas tes promesses je…
- Oui, je sais. Mais tu peux me faire confiance. Je ne te trahirai pas. »
Alors, Asami soupira, s'avouant vaincue. Opal cria un « Génial ! » et elle ordonna à Huan d'installer tout ce qu'il y avait à installer pour l'interview (un peu de lumière et régler les caméras et les micro). Pendant ce temps, la jeune femme d'affaires envoya un message à Korra pour lui dire de l'attendre si elle ne la trouvait pas et qu'elle lui expliquerait plus tard. Elle se fit vaguement briefer sur le déroulé de l'interview par Opal, puis elles s'installèrent.
« Tu es prête ? » demanda la journaliste.
Finalement, elles avaient bougé jusqu'à une espèce de camionnette qui appartenait à la famille Beifong. Plus que de transporter du matériel journalistique, il y avait un décor de salon à l'intérieur pour accueillir les interviews. Les Beifong avaient toujours été très doués pour métamorphoser l'usage des choses à leur avantage. Asami hocha nerveusement la tête.
« Je peux te tutoyer dans l'interview ?
- Comme tu veux.
- Bon, on est parti. Ces derniers jours ont été un peu mouvementés. Outre la pandémie qui reste dans un coin de la tête de tout le monde, une relation entre deux femmes occupant des positions importantes dans les sphères économiques et sociales de notre société a fait couler beaucoup d'encre. Je parle bien entendu du couple entre Asami Sato et Korra Nirvelli. Aujourd'hui, Asami a bien voulu nous parler un peu de la relation qui les unit. Merci beaucoup. »
Opal lui adressa un sourire sincère, sourire qu'Asami aurait bien rendu mais elle n'était pas très à l'aise avec la situation. Et quand elle n'était pas à l'aise avec la situation, son masque de femme d'affaires prenait le dessus. Le hic, c'est que ça n'allait pas vraiment avec le sujet abordé.
« Je sais que tu n'es pas très à l'aise pour en parler, donc on va y aller pas à pas.
- Je n'aime pas beaucoup parler de ma vie privée, répondit-elle mécaniquement.
- Alors pourquoi le faire aujourd'hui ?
- Parce que je ne veux pas que Korra souffre à cause de moi. Je ne peux pas la laisser entendre ce qu'ils disent sur nous.
- D'accord. Est-ce qu'on peut remonter un peu en arrière ? Comment vous vous êtes rencontrées ? »
Asami grogna, sortant un peu du cadre de l'interview.
« Je suis obligée de parler de ça ? demanda-t-elle normalement à Opal, sachant qu'elle couperait au montage.
- Pourquoi, c'est honteux ?
- Non, ça relève de notre vie privée…
- Tout ce que tu dis relève de votre vie privée. Au pire, dis-le et on coupera au montage si ça te plait pas. Je t'enverrai la vidéo avant la diffusion, ok ? Juste, fais comme si on discutait tranquillement sans la caméra. »
Asami soupira.
« Très bien. On est colocataires.
- Sérieux ?
- Quoi ? C'est si surprenant ?
- Je m'attendais plus à un truc du genre une rencontre à une soirée politique ou que sais-je. Comme toi et moi.
- Non, non, c'est tout à fait banal. C'est la seule qui a été assez folle pour habiter avec la fille d'un trafiquant d'armes, bien qu'elle n'ait pas été au courant de l'affaire, ce qui explique le fait que ça n'ait posé aucun problème.
- Elle ne savait pas ?
- Non.
- Mais comment ça se fait ? Elle est rigolote votre histoire, commenta-t-elle, intéressée.
- Quand je lui ai demandé, elle m'a répondu « pôle sud ». Je crois que c'est juste qu'elle ne retient que ce qui l'intéresse. Elle a retenu des trucs assez dingues sur mon entreprise après, beaucoup de chiffres et ce genre de choses, mais c'est parce que c'était important.
- Je vois. Tu connais ma prochaine question : comment vous vous êtes mises ensemble ?
- C'est à cause du confinement. J'ai entendu dire que ça avait brisé des couples, pour nous ça a été tout l'inverse. Ça nous a donné l'opportunité de nous connaître davantage. Pour être tout à fait honnête, la pandémie était un gros soucis pour moi, que ce soit au niveau personnel ou professionnel. Korra m'a beaucoup soutenue pendant cette période. Je lui en suis très reconnaissante. Et je suis juste… tombée amoureuse d'elle accidentellement.
- Accidentellement ?
- J'aurais préféré qu'on reste amies. Je ne voulais pas ce genre de vie pour elle… Mais on a voulu essayé quand même. Je suppose qu'on a pas vraiment pu s'en empêcher. »
Elle sourit à la fois malicieusement et tristement. Oui, tout serait tellement plus simple si elles n'avaient pas essayé. Et pourtant, Asami savait que malgré la situation, elles étaient toutes les deux plus heureuses ensemble que séparées.
« Tête de mule comme tu es, je me demande ce qui t'a fait changer d'avis…
- Je ne suis pas une tête de mule !
- Tu plaisantes ou quoi ? J'ai rarement rencontré aussi butée que toi !
- Korra est plus butée…
- Ah, donc tu as rencontré ton maître. »
Asami leva les yeux au ciel.
« Si tu veux…
- Question plus sérieuse, pour la caméra : qu'est-ce qui t'a plu chez elle ? Pas sa situation sociale, je suppose ?
- Je ne savais même pas qu'elle était la fille d'un politique initialement ! D'ailleurs, j'ai même eu du mal à comprendre pourquoi elle se retrouvait à faire une colocation avec moi…
- Vous jouiez à qui connaît le moins l'autre ou quoi ? »
Asami rit.
« Je trouve ça pas si mal. Au moins, on a pu se connaître en tant que personnes avant tout… Donc, ce qui me plait chez elle, hein ? »
Opal hocha la tête.
« Hum… Il y a beaucoup de choses. Elle est incapable de cacher ses émotions, donc je sais que je peux lui faire confiance et qu'elle est honnête avec moi. Elle ne me juge pas par rapport à ce qui s'est passé avec mon père. C'est quelqu'un de foncièrement bon qui veut aider les gens. Elle est dévouée, gentille et me fait beaucoup rire, et je pourrais continuer comme ça pendant un sacré bout de temps, donc question suivante ? »
Opal gloussa. Elle songea à taquiner Asami avec des questions plus charnelles, puis se dit qu'elle allait les garder pour le jour où elles iraient boire un thé. Elle avait hâte de voir sa tête. Elle n'avait pas souvenir qu'Asami soit particulièrement prude, en fait. Dans le passé, elle parlait facilement de ses relations, et vraiment de tous les aspects de la relation si elle était d'humeur. Mais elle semblait tellement plus réservée dorénavant… Quoique réservée n'était pas le mot. Elle était méfiante, donc elle avait probablement du mal à se confier et à parler de tout et de rien comme avant.
« Ok, ok, céda-t-elle. Qu'est-ce qui te plait pas chez elle alors ?
- Elle ne m'écoute jamais… Et c'est une tête de mule.
- Comme quoi, qui se ressemble s'assemble…
- T'as pas fini avec ça ?
- Je dis juste moi. Vous avez des projets ?
- Des projets… »
Eh bien, Korra avait dit qu'elle avait pour projet de l'épouser, mais elle ne mettrait pas ça dans la catégorie « projets ». Pas actuels en tout cas. Elles en avaient pour un petit moment avec tous leurs problèmes avant d'arriver éventuellement à ce point-là. Et ça lui paraissait juste… merveilleusement lointain.
« Mis à part s'en sortir, pas vraiment… On s'est projeté quelques fois, mais généralement on vit avec ce qu'on a sur le moment… Korra doit terminer ses études, je dois m'occuper de Future Industries, et je pense que traverser ce qu'on est en train de traverser sera une épreuve. Je veux juste qu'on s'en sorte…
- Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, comme on dit.
- J'espère sincèrement. Je ne veux pas la perdre.
- Est-ce que je peux me permettre de demander, au vu du sujet, si le regard de la société a un quelconque lien avec cette peur ? »
Asami savait qu'Opal posait cette question pour la bonne mesure et pour qu'elle parle de son orientation sexuelle et de comment elle la vivait, puisqu'émission LGBT oblige, mais elle ne put s'empêcher d'hausser un sourcil.
« Honnêtement, j'ai de bien plus gros problèmes que des abrutis qui pensent que deux femmes qui s'aiment, c'est contre-nature. Ça ne joue pas, et ça n'a jamais joué, dans notre relation.
- Même au début ? On aurait pu s'attendre à une forme de rejet de la part d'une de vous deux par peur que cette relation soit un jour dévoilée.
- J'admets que j'ai eu peur de ça, mais j'ai commencé à avoir peur après qu'on se soit mis ensemble. Ça ne m'a jamais traversé l'esprit avant. Et Korra s'en fiche complètement. Et encore une fois, ça n'avait strictement rien à voir avec le fait qu'on soit deux femmes. C'était purement par rapport aux circonstances.
- Doit-on en déduire que vous êtes toutes les deux parfaitement à l'aise avec votre orientation sexuelle ? Tu peux me parler un peu plus de ce sujet et de comment tu l'as découvert et vécu jusqu'à présent ? »
Asami savait qu'Opal connaissait aussi la réponse à cette question. Elle ne comptait pas élaborer plus que cela, même si elle comprenait que certaines personnes aient besoin de ces réponses.
« Je crois que j'ai toujours été relativement à l'aise avec mon orientation sexuelle. Ça m'est venu assez naturellement et, même si pendant longtemps je n'ai pas essayé d'avoir des relations avec des femmes, je n'ai pas cherché à renier cette partie de moi pour autant. Ce n'était juste pas très opportun, à l'époque. Il y a bien eu quelques flirts, mais je suis sortie majoritairement avec des hommes. Mais bon, quand Korra est arrivée, ce n'était pas non plus : « le vent du changement ! » J'étais attirée par elle et j'ai juste essayé de voir où ça nous mènerait. Et, je ne veux pas parler pour elle, mais je suis à peu près sûre qu'elle est parfaitement à l'aise avec son orientation sexuelle. »
Opal hocha la tête.
« Je pense que ce sera notre dernière question, mais comment c'est perçu par votre entourage ?
- Notre entourage… Hum… Eh bien, les parents de Korra étaient un peu inquiets mais pour les mêmes raisons que moi, donc je comprends vraiment. Rien à voir avec le fait qu'on soit deux femmes. Et mon père… Je ne lui en ai pas encore parlé.
- Alors que c'est public ?
- Eh bien, il a dû avoir vent de quelque chose et il m'a appelé mais… je n'ai pas répondu. »
Et c'était vrai. Elle avait reçu un appel sur son portable la veille mais c'était pas exactement comme ça qu'elle comptait lui annoncer et elle n'avait vraiment pas envie de se faire engueuler par téléphone ou commencer une dispute, et il y avait tellement de choses qui l'inquiétaient ces derniers temps qu'elle avait juste fait la sourde oreille. Elle le voyait à la fin de la semaine de toute façon.
« Il est contre ? »
Et à ça aussi, Opal connaissait la réponse. C'était juste pour parler des difficultés d'une relation homosexuelle.
« Je ne sais pas encore… Mais j'ai beaucoup de choses à gérer et, par le passé, il ne m'a pas semblé très… enthousiaste à l'idée. Même s'il ne s'est jamais opposé directement. Il a juste laissé entendre que ça ne lui plaisait pas trop et a pu interférer dans certaines de mes relations avec des filles de mon âge… Je suppose qu'il était inquiet. C'était peut-être une histoire de réputation aussi, avec une génération de moins… »
Un peu ironique étant donné que c'est lui qui a mis un vrai coup à notre réputation, pensa-t-elle. Opal sembla remarquer ce qui se tramait dans la tête de son amie. Elle enchaîna avec les remerciements de rigueur, puis fit signe à Huan de couper la caméra. Ensuite, elle reprit la conversation avec la jeune femme d'affaires :
« Tu lui en veux pas mal, hein ?
- Plus tant que ça. Mais il a quand même fait de ma vie un véritable enfer, donc s'il s'oppose à ma relation avec Korra, c'est vraiment le cadet de mes soucis.
- Pas ça… Je parlais de votre relation père-fille, reprit Opal. Je sais à quel point tu aimais ton père… Tu lui fais de nouveau confiance ?
- Il essaie de se racheter… Et même s'il était en prison, c'était la seule personne sur qui je pouvais compter… Donc, oui, je lui fais confiance…
- Je vois… Asami… Je suis désolée de ne pas avoir pu être là pour toi.
- C'est pas grave. Ça aurait entaché la réputation de ta famille. De toute façon, vous êtes des dommages collatéraux de l'enquête. C'est moi qui devrais m'excuser. »
Opal se leva et passa ses bras autour du cou de la jeune femme d'affaires.
« Tu n'as pas besoin de t'excuser. Zaofu n'était pas impliquée, ça n'a duré que très peu de temps pour nous. Mais toi, depuis tout ce temps, tu as dû te débrouiller toute seule…
- Je ne suis plus seule. »
Opal se remit à une distance raisonnable et la regarda avec une intensité enthousiaste.
« C'est clair ! Et pas seulement Korra ! Je serai là aussi ! Enfin, dès que je serais dans le coin. Mais comme je viens souvent, je m'inviterais chez vous de temps en temps.
- Trop aimable de ta part.
- Tu fais la dure, mais je suis sûre que je t'ai manqué !
- Je ne peux pas dire le contraire. Mais c'est pas l'envie qui manque.
- Ha ! Traitresse ! »
Opal et Asami se sourirent, comme deux amies qui venaient enfin de se retrouver.
« Bon, aussi plaisante que soit cette conversation, je pense que je vais y aller. Korra ne devrait plus tarder.
- Ouais, je te tiens au courant pour la vidéo ! J'écrirai un article sympa avec, ne t'inquiète pas. Je te demanderai peut-être des infos complémentaires par contre. Tu me passes ton numéro ? Tu l'as changé, non ? »
Oui, elle l'avait changé pour diverses raisons, dont une principale : l'anonymat. Elle donna donc son numéro à Opal et sortit du camion. Elle allait lui dire une dernière fois au revoir mais la journaliste la devança.
« À tout à l'heure !
- Tout à l'heure ?
- Korra t'expliquera.
- Deux minutes… Tu connais Korra aussi ?
- Yep. Mais je l'ai vue moins souvent que toi. Elle est sympa. Je suis contente que vous vous soyez trouvées.
- Laisse-moi deviner, elle t'a envoyée ?
- Il y a un peu de ça, mais pas totalement non plus. Disons que nos objectifs s'alignaient.
- Hein, hein… Maintenant j'ai peur. Qu'est-ce qu'elle manigance encore ? La plupart des idées qu'elle m'a données étaient bonnes, mais elles étaient aussi très… extrêmes.
- Hum… De ce que j'ai pu constater de votre relation pendant l'interview, je pense que ça va te plaire.
- Tu sais même ce qu'elle va faire ?
- Eh bien, je parlais avec Varrick au téléphone…
- Varrick ? Ok, maintenant, j'ai vraiment peur. »
Si Varrick était impliqué, ça n'annonçait rien de bon. Opal explosa de rire devant la mine froissée de la femme d'affaires.
« Mais non, tu verras, la rassura-t-elle avec douceur. Va juste rejoindre ta belle.
- Ça a l'air tellement culcul dit comme ça…
- Tu préfères : « va rejoindre la femme de ta vie » ?
- Eh bien… Elle pourrait bien l'être. »
Asami sourit à personne en particulier, en disant ces mots de manière pensive. Puis, elle fit un dernier geste de la main à Opal avant de sortir du parking.
La journaliste resta là, calée contre la porte du wagon, un vague sourire aux lèvres.
« Et c'est moi qui suis culcul… Ces deux-là. J'ai hâte de voir ce que ça va donner. Huan, on bouge ! Direction le manoir Sato, et que ça saute !
- Ouais, ouais, deux minutes. Tu peux pas conduire pour une fois ?
- Nope. »
A/N : J'aime bien la fin en vrai. Elle a de l'énergie. Vous ne pensez pas ? Tiens, et si vous me le disiez dans une review ! :p
Bon, sinon, c'est le grand retour d'Opal ! Ma tête a un problème, je crois. « Oh, tiens, j'ai besoin d'un personnage pour tel élément… Mmmm… Opal sera parfaite pour ça. » x)
Le coup de l'interview LGBT (oui, je sais qu'on dit LGBTQIA+, mais c'est beaucoup trop long à mon humble avis…), c'était vraiment pas prévu au programme, et on pourrait croire que c'est juste moi qui m'amuse, mais en fait, c'était vraiment galère à mettre en place. Et c'est le seul médiateur que j'ai trouvé pour qu'Asami puisse consentir à se réconcilier avec les journalistes ^^' Donc, ce chapitre est important pour le développement des personnages ! Bref, j'ai réécrit des morceaux, j'espère que ce sera un peu plus fluide et moins mécanique que la version d'origine.
Alors, petits points pour les chapitres suivants et la suite de l'aventure.
- Je reprends les cours lundi, donc je vais probablement avoir moins de temps pour écrire, et surtout je vais être crevée. J'ai deux chapitres d'avance, donc normalement vous devriez avoir un chapitre pour les deux prochaines semaines sauf si la correction est trop longue et pas très motivante (ce que je crains pour le chapitre suivant, qui est super cool, mais aussi chiant que celui-ci au niveau de la mise en place).
- Je comptais finir Confinées au chapitre 20, mais vous me connaissez… J'imagine une fin, et quand j'arrive à la fin, je me dis qu'il y a encore plein de trous et que je peux pas vous laisser là. En vrai, l'histoire serait très mauvaise avec la fin que j'avais prévue originellement. Donc, si je m'en sors telle une virtuose de la concision, on devrait finir vers le chapitre 23. Si ce n'est pas le cas et que je suis la limace habituelle, on part sur un petit 25, voire plus. Attendez-vous à des rebondissements, du drame et des petites explorations mentales bien sympathiques :D
Sur ce, à plus !
Lion
Réponse reviews guest (ah ! ça faisait si longtemps que je n'avais pas écrit ça !) :
Fanmangas : Coucou !
Oh, ça fait un moment qu'on s'est pas vues ! (À peu près sûre que j'ai déjà vu ton pseudo.) C'est gentil de prendre le temps de laisser une review pour une fois. Je suis ravie d'apprendre que tu suis l'histoire depuis le début et qu'il y a donc encore des lecteurs dans le coin, haha ^^' Effectivement, la communauté francophone de LoK ne doit pas être totalement morte… Ha, je resterais peut-être dans le coin encore un peu. On verra comment ça se goupille.
En attendant, je suis contente que tu aimes le concept. J'espère que tu continueras à lire jusqu'à la fin et que tu me laisseras à nouveau une petite review à ce moment-là, si le cœur t'en dit !
À plus !
Lion
