A/N : Coucou, les amis !
Je vous laisse lire et on se voit pour les infos à la fin.
Bonne lecture !
Asami se gara. Elles étaient arrivées à la prison où était son père. Elle se sentait nerveuse et assez désemparée. Elle avait mis du waterproof. Elle ne faisait vraiment pas confiance à sa résistance aux larmes en ce moment.
C'était samedi. Son père l'avait appelée une deuxième fois après la conférence de presse. Elle n'avait toujours pas répondu, se justifiant à elle-même par le travail et le fait qu'elle allait le voir bientôt. En effet, la conférence de presse avait eu un accueil… mitigé.
Bien entendu, il y avait ceux qui avaient pris ça pour un joli spectacle bien préparé et criaient au complot et au blasphème à cause de la dénaturation des rites du sud. Il y avait ceux qui n'en avaient que faire et restaient fixés sur le problème des relations commerciales et diplomatiques, car peu importait leur relation finalement s'il y avait anguille sous roche. Et il y avait ceux qui les soutenaient, ce qui n'était pas exactement la majorité. Opal avait fait un travail merveilleux en sortant l'interview d'Asami et en la mettant en lien avec la déclaration mutuelle d'elle et Korra. Son réseau était assez puissant, donc elle avait pu convaincre quelques autres journalistes d'aller dans son sens et, surtout, elle comptait sur l'impression de fiabilité et de puissance du clan Beifong. Mais ça ne faisait pas tout.
Pour l'instant, l'enquête n'avait pas encore été déclenchée, c'était au moins ça de gagné. Tonraq et Varrick ne lui avaient pas donné de nouvelles spécifiques concernant ce qu'ils faisaient derrière son dos, et pour être tout à fait honnête, elle n'avait pas cherché à en savoir davantage. Elle s'était simplement occupée de Future Industries. Korra essayait de l'aider un peu pendant son temps libre et elle gérait tout ce qui était médiatique. Enfin, gérer était un bien grand mot. Asami se contentait de lui transférer les demandes d'interviews et choses du genre qui envahissaient sa boite aux lettres (voire son adresse mail) professionnelle et Korra répondait par la négative avec une jolie formule de politesse. Bref, elles avaient été occupées par les retombées de leur relation et leurs devoirs habituels.
Le weekend était arrivé bien vite. Trop vite peut-être pour Asami. Des fois, elle aimerait bien qu'il y ait moins de drame dans sa vie. Elle n'avait vraiment pas envie que son père en rajoute.
« Bon, on a qu'à y aller.
- Tu devrais te détendre, chantonna Korra.
- Ça va.
- C'est pas parce que tu as l'air d'aller que ça va. Je commence à te connaître, tu sais. Tu n'as rien dit du trajet. Je sais que tu es en mode « contrôle total ». »
Asami soupira. Elle détestait quand Korra avait raison.
« On y va ou pas ? répéta-t-elle.
- Oui, oui, on y va, madame.
- Je comprends pas comment, toi, tu peux ne pas être nerveuse.
- Tu le fais bien assez pour nous deux. »
Asami la regarda de travers et Korra sourit malicieusement. En réalité, elle était nerveuse. Et voir Asami l'être autant ne l'aidait pas vraiment. Elle se demandait à quoi s'attendre. Néanmoins, elle était moins nerveuse que sa compagne et tout aussi douée qu'elle pour le cacher. Elle verrait bien de toute façon. Ça ne servait à rien qu'elle se prenne la tête.
Alors, elles sortirent toutes deux de la voiture et se dirigèrent vers l'établissement pénitentiaire. Après avoir passé les contrôles obligatoires, elles furent amenées à une table et, là, elles attendirent que le prisonnier vienne les rejoindre. Asami était rigide et regardait toutes les cinq secondes la porte par laquelle elle savait qu'il allait arriver, tant et si bien que Korra finit par mettre sa main sur son avant-bras en signe de soutien. Elle le pressa une fois pour attirer son attention.
« Asami, s'il te plait, détends-toi. Tout va bien se passer. Tu me stresses à flipper comme ça.
- Honnêtement, j'aimerais bien que tu aies une bonne impression de mon père malgré… les circonstances… mais j'ai aucune idée de ce qui nous attend.
- Ça peut pas être pire que des articles de presse, si ?
- Je n'en suis pas vraiment sûre… »
Elle mit sa main sur celle à la peau brune et la caressa un peu. Puis, elle vit son père derrière la porte et elle préféra lâcher Korra. Cette dernière sembla comprendre la démarche, puisqu'elle enleva aussi sa main de son bras et se tint tranquille. À ce moment précis, elle se demanda ce qu'il faudrait qu'elle fasse. Alors, elle se contenta d'imiter Asami. Quand la femme aux yeux verts se leva, elle se leva aussi. Est-ce qu'elle devrait s'incliner en guise de salutation ? Lui serrer la main ? Est-ce qu'ils avaient le droit de se serrer la main ?
Elle n'eut pas besoin de la réponse à cette question car Hiroshi, après avoir jeté un bref coup d'œil à Korra, avait focalisé son attention sur sa fille, qui, un peu méfiante, avait gardé ses distances. Parfois, elle l'étreignait mais aujourd'hui, elle ne s'en sentait pas la force.
« Papa.
- Asami. Je suis content de te voir. »
Puis, il s'assit, très calmement. Bon, visiblement, il était ouvert à la conversation… Les deux femmes s'assirent aussi, face à lui. Korra prit un peu plus le temps de l'observer pendant cette brève interaction. En fait, il ne faisait pas très peur. Elle ne savait pas vraiment à quoi elle s'attendait. Elle n'avait pas exactement tenté de regarder à quoi ressemblait le père d'Asami, bien qu'elle ait dû remarquer quelques photos au manoir. Mais maintenant qu'elle l'avait en face d'elle, il avait l'air beaucoup plus âgé. Et… gentil ? Honnêtement, elle en venait à se demander pourquoi Asami s'en faisait autant tellement il semblait ouvert et bienveillant avec ses cheveux blancs et son air mélancolique. Puis, il intercepta son regard et la regarda droit dans les yeux pendant plusieurs secondes et elle se figea.
« Tu ne nous présentes pas ? demanda-t-il à Asami, tout en continuant à fixer Korra.
- Je… Si, dit la femme d'affaires en se reprenant. Korra, voici mon père. Papa, voici Korra.
- J'ai beaucoup entendu parlé de vous, déclara-t-il. Pas par Asami elle-même, cependant. Elle semble avoir oublié que les infos passent en prison aussi.
- Papa…
- Ah, et qu'on peut téléphoner. Ou peut-être qu'elle a oublié comment répondre au téléphone, qu'en sais-je ?
- Je suis désolée, grogna-t-elle. »
À ce point-là, il replaça son attention sur sa fille. Il soupira simplement.
« Je ne suis pas en position de t'en vouloir mais j'ai été un peu blessé, Asami. Maintenant, ce que je voudrais savoir c'est si tu as évité cette conversation parce que vous avez menti à la presse ou parce que tu avais peur de moi.
- On a pas menti, informa Korra. »
Il la regarda et hocha la tête, puis regarda de nouveau sa fille.
« Tu me confirmes ça ? lui demanda-t-il.
- Oui. Ça fait plusieurs mois qu'on est ensemble. »
Asami regardait obstinément ses mains, qu'elle avait croisées sur la table, les sourcils froncés. Elle se sentait un peu coupable, comme une petite fille grondée, mais elle ne savait pas vraiment quelle bêtise elle avait faite et si c'était grave… Hiroshi observa la gestuelle de sa fille pendant quelques secondes, puis tira ses conclusions.
« Je suppose que ça répond à ma question… Tu avais peur de m'en parler. J'imagine que si votre relation n'était pas devenue publique, tu m'aurais rien dit du tout.
- J'attendais juste le bon moment…
- Vraiment ?
- Je ne savais pas comment amener le sujet de toute façon ! Dans mon souvenir, t'étais pas tellement ouvert sur la question ! »
Elle avait levé les yeux verts son père, menaçante. Oh, ça y est, elle était en colère… Qu'est-ce que ça l'énervait quand elle faisait ça ! Mais depuis qu'il était en prison, c'était toujours la même chose. Ils pouvaient avoir une gentille petite conversation et des moments père-fille géniaux, mais d'un autre côté, elle s'énervait parfois assez vite quand elle se sentait menacée. Elle savait que c'était parce que son père l'avait trahie et qu'elle lui en voulait toujours d'une certaine façon, mais elle avait quand même du mal à se contrôler parfois. Elle soupira et mis sa tête dans ses mains.
« Je suis désolée, ce n'est pas ce que je voulais dire… »
En fait, c'était parfaitement ce qu'elle voulait dire. Elle se sentait prise au dépourvu étant donné que son père semblait davantage lui en vouloir pour son silence que pour le fait qu'elle sortait avec femme. Et ça l'irritait profondément parce que ce n'était pas comme si elle n'avait pas voulu lui en parler ! C'était juste trop compliqué et ça lui faisait peur.
Elle sentit la main de Korra dans son cou, effectuer une sorte de caresse apaisante. Alors, elle releva la tête vers son père, cherchant à savoir ce qu'il ressentait et ce qu'elle devait dire. Elle le vit la mine triste. Maintenant elle s'en voulait un peu d'avoir haussé le ton…
« Je ne vais pas te mentir et te dire que l'idée de te voir avec une femme m'enchante, Asami. Mais avant que tu te mettes en colère et mal interpréter ce que je te dis, sache que c'était simplement pour te protéger. Ce n'était pas tant le fait que tu sois avec une femme qui me dérangeait, c'était simplement le fait que ta vie risquait d'être plus compliquée.
- C'est vrai qu'elle est terriblement simple avec mon père en prison.
- Je suis désolé, Asami. Je sais que je t'ai fait souffrir par mes actions, plus que tu n'aurais souffert des retombées d'une relation homosexuelle. Et de ce que j'ai compris, votre relation souffre plus à cause de mes crimes que du fait que vous soyez deux femmes et crois bien que j'en suis désolé. Mais est-ce qu'on pourrait oublier ça l'ombre d'un instant ? Je suis juste content que tu aies trouvé quelqu'un et que tu sois venue me la présenter. »
Asami se contenta de se laisser tomber contre le dossier de sa chaise et de croiser les bras. Elle n'avait pas grand-chose à ajouter, en fait. Elle avait l'impression que si elle disait un mot de plus, ce serait davantage des reproches qu'autre chose. Et quoi ? Ça l'aurait tué de lui expliquer ça quand elle était jeune et de lui laisser faire son choix au lieu de lui laisser entendre par ses actions que ce n'était pas bien, qu'il ne fallait pas, qu'il ne l'aimerait plus ? C'est vrai que ça l'avait drôlement aidée, tiens !
« C'est marrant, j'ai jamais réussi à la faire véritablement bouder, dit Korra.
- Je ne boude pas.
- Oh si, tu boudes, chérie.
- Je ne !... Oh, peu importe. »
Korra la poussa malicieusement et gloussa. Hiroshi sourit discrètement en les regardant. Elles semblaient bien s'entendre, ça lui faisait plaisir.
« Monsieur Sato, reprit Korra, je suis vraiment très heureuse de faire votre connaissance. Je peux voir que vous aimez beaucoup votre fille et je peux vous assurer que je prendrai bien soin d'elle.
- Appelle-moi Hiroshi, Korra. Et tu peux me tutoyer. Je n'ai pas vraiment compris cette histoire de rituel, mais il semblerait que tu sois plus ou moins ma belle-fille. Pas tant de formalités entre membres d'une même famille. »
Korra sourit grandement.
« C'était juste une promesse envers Asami. Mais je ne vais pas m'arrêter là. Je la laisse juste respirer un peu.
- Je compte sur toi pour me tenir au courant.
- Bien sûr !
- D'ailleurs, tu veux des enfants, Korra ?
- Hum, je…
- Wowowow ! interrompit Asami, en entendant la tournure de la conversation. »
Ok, elle était contente que Korra et son père fassent connaissance et elle trouvait même presque qu'ils s'entendaient trop bien, mais il n'y avait pas besoin de parler autant de l'avenir ! Et surtout pas de trucs dont elles n'avaient encore absolument pas parlés.
« C'est quoi ces questions ? rouspéta-t-elle.
- Eh bien, je veux des petits enfants un jour. Ça m'intéresse. Je veux savoir si je pourrai voir plein de petites Asami courir de partout.
- Oh, je veux voir ça aussi… commenta doucement Korra.
- On en est pas encore là ! souligna en même temps Asami, sans même entendre la remarque de sa compagne.
- Vous venez de vous marier, souligna Hiroshi.
- Ça fait juste quelques mois qu'on est ensemble ! Et c'était symboliquement. On est pas mariées.
- Pas encore mariées, corrigea Korra. »
Asami leva les yeux au ciel.
« Tu devrais vraiment arrêter avec ça.
- Vous voyez pourquoi je dis que je la laisse respirer ? dit Korra à Hiroshi.
- Oh, je vois tout à fait. Je veux quand même la réponse à ma question.
- Oui, répondit Korra.
- Non ! répondit Asami. »
Korra se tourna vers la jeune femme aux yeux verts.
« Tu veux pas d'enfants ? demanda-t-elle.
- Non, je ne voulais pas que tu répondes à la question. Et je ne sais pas. Toi, t'en veux ? Ok, laisse tomber. On peut en reparler à la maison, s'il te plait ?
- Comme tu veux. »
En fait, Korra était assez reconnaissante qu'Asami consente à en parler, même si c'était plus tard, même si elle évitait la conversation ou oubliait. Ça voulait dire qu'elles avançaient, qu'elles commençaient à arrêter de vivre exclusivement dans le présent ou dans l'angoisse du passé et qu'elles commençaient à s'ouvrir à l'espoir de l'avenir. C'était sympa.
Voyant qu'il avait des options de conversation plutôt limitées, Hiroshi fit glisser quelques feuilles vers sa fille avec un mouvement de la tête.
« Tu devrais y jeter un œil. »
Asami haussa un sourcil, confuse.
« C'est ce que tu m'as demandé », précisa-t-il.
La jeune femme d'affaires se souvint en effet de la raison première de sa visite. Intéressée, elle se mit immédiatement à feuilleter les croquis de son père. Au bout de quelques secondes, elle se mit à soupirer.
« Pourquoi j'ai pas des gens aussi compétents ? Je ne comprends même pas pourquoi tu les as embauché. »
Hiroshi rit face à la mine boudeuse de sa fille.
« Ils étaient sûrement différents à l'époque. Et puis, j'étais très occupé. »
Et tout le monde savait par quoi il était occupé.
« Même si tes croquis et tes idées sont très bonnes, je ne sais pas où je vais trouver le temps de bosser dessus… Oh, je vais te faire un versement au passage !
- Ce n'est pas pressé.
- Tout travail mérite salaire, il me semble.
- Eh bien, si tu insistes. Je veux juste t'aider, ainsi que Future Industries. Tu sais que tu peux venir me voir dès que tu sens que tu en as besoin. »
Il avait son regard doux et bienveillant. Ouais, c'était son papa qu'elle aimait devant elle, celui qu'elle admirait, qu'elle trouvait extraordinaire, qu'elle croyait invincible. Alors, un peu comme une enfant avec sa voix et son corps d'adulte, elle se contenta de dire un discret :
« Merci, Papa. »
Korra était sincèrement impressionnée. Elle appréciait Hiroshi. Elle était contente de ne pas avoir cherché à savoir qui il avait été, parce que l'homme qu'il était devenu après ses erreurs et en acceptant la prison paraissait être quelqu'un de bien. En tout cas, il l'était avec sa fille. Et Korra pouvait bien voir que les deux, mêmes s'ils étaient parfois en désaccord et que la situation actuelle parasitait leur relation, étaient très proches et s'aimaient profondément. Ça lui rappelait un peu son propre père et combien elle s'accrochait à lui étant gamine, à vouloir l'égaler et le surpasser, à être forte. Une ancre sécurisante. Elle était attendrie.
Korra et Asami restèrent encore un peu à parler de tout, sauf des sujets trop gênants. Certes, elles parlèrent un peu de leur relation, Asami parla également un peu de Future Industries, mais c'était juste une conversation normale.
« Je comprends que tu sois occupée, Asami, mais essaie quand même de lever le pied, s'inquiéta le père. Je ne comprends même pas ce qui peut te prendre tout ce temps.
- C'est de la faute de Korra.
- Comment ça ma faute ? Je te dis tout le temps de lever le pied ! En plus, je serais ravie de passer plus de temps avec toi !
- C'est qui qui voulait des gants de massage chauffants ?
- C'était pour toi ! Et puis, en plus, c'était juste une idée. T'es pas obligée de le faire. »
Hiroshi était plutôt confus. Il avait du mal à voir le rapport avec l'entreprise.
« C'est quoi cette histoire de gants chauffant ? demanda l'ex-PDG.
- Eh bien, Korra s'est dit que ce serait une bonne idée de… changer l'utilisation de certaines de tes… inventions.
- Oh… »
Il ne s'attendait pas exactement à ça. Il espérait même peut-être que ça tombe aux oubliettes.
« Au fond, ce n'est pas une mauvaise idée. Hum… Si tu as besoin de plans sur le fonctionnement… ce genre de choses… »
Il n'était pas exactement à l'aise avec l'idée que sa petite fille aille trifouiller dans son passé macabre, mais si ça lui était utile…
« Je pense que je m'en suis à peu près sortie à ce niveau-là. C'est juste compliqué de… changer l'utilisation.
- Hum… Je comprends. Tu devrais peut-être demander à quelqu'un… d'imaginatif. Et puis, certains ne sont peut-être pas forcément à changer mais à améliorer. J'avais fait un bon bouclier.
- Oui, je suppose…
- À moins que tu veuilles en faire des jouets pour enfant. Histoire que mes petits enfants en profitent plus tard. »
Asami le regarda de travers tandis Korra explosa de rire.
Puis, le temps avança et il fut temps de partir.
« N'hésite pas à revenir, surtout, Korra ! J'ai pas mal de temps libre, plaisanta Hiroshi au moment de se dire au revoir.
- Oh, je reviendrai ! Je veux des histoires d'Asami petite.
- Haha, j'en ai un tas. »
Asami, qui avait déjà pris son père dans ses bras, attendit Korra un peu plus loin en entendant la conversation derrière. Elle l'accueillit avec un sourcil haussé que la jeune femme remarqua bien vite.
« Quoi ?
- Tu plaisantes j'espère ?
- Eh ?
- Revenir voir mon père ?
- Quoi ? Il est sympa. Pour un trafiquant d'armes.
- Oui, bah, ça c'est précisément le problème, si tu veux mon avis, râla la PDG.
- Je m'en fiche. Je t'avais dit qu'il me manquait un trafiquant d'armes dans mes connaissances.
- Oh, par pitié, Korra. On est dans une prison. Si tu pouvais éviter les blagues suspectes, ça m'arrangerait. On a déjà bien assez de problèmes comme ça.
- Je reviendrai quand même, chantonna-t-elle pour narguer sa compagne pendant qu'elles se dirigeaient vers la voiture. »
Asami se contenta de soupirer et entra dans sa voiture. Korra entra après elle.
« N'empêche, ton père est franchement sympa. Comme quoi, il n'y avait pas besoin d'autant s'inquiéter !
- Oui, enfin, il a quand même souligné que dans d'autres circonstances, ça lui aurait moyennement plu notre relation.
- Oui, mais actuellement, c'est l'un de nos plus grands fans ! Je veux dire, il veut des petits-enfants…
- Oh, je suis à peu près sûre que ça n'a rien à voir avec toi ça.
- T'es dure en affaires.
- Je suis PDG.
- Je suis à peu près sûre que ça n'a rien à voir avec le comportement que tu as vis à vis de ton père. Je vais pas te juger si tu dis que tu l'aimes, tu sais.
- Évidemment que je l'aime, c'est mon père. C'est juste pas la peine de souligner toutes les bonnes actions qu'il a faites.
- Je suis juste contente que ça se soit bien passé. Et crois pas que j'ai oublié que tu m'as promis une conversation.
- On est pas encore à la maison. Et franchement, je ne crois pas qu'elle soit nécessaire.
- Pourquoi pas ?
- T'as même pas fini tes études, à quoi ça sert de se projeter ?
- C'est juste pour savoir si on est sur la même longueur d'ondes.
- T'aurais peut-être dû penser à ça avant qu'on se « marie », même si c'est symbolique.
- C'est pas exactement le contraire de ce que tu viens de dire ?
- Je ne !... Bref. »
Korra n'ajouta rien de plus. Elle comprenait qu'Asami soit irritable à cause de sa conversation avec son père. Même si ça s'était bien passé, elle se protégeait parce que son père était très important pour elle et que le faire connaître à Korra, c'était dévoiler une grande partie de son intimité et de son identité, remplie par une vingtaine d'années d'amour paternel, mais aussi de trahison et d'anxiété. Elle se contenterait d'attendre qu'elle digère toutes les infos.
Quand elles rentrèrent, Asami alla regarder les croquis de son père un peu plus précisément et Korra appela ses parents pour avoir des nouvelles et en donner des siennes. Elle leur dit que tout s'était bien passé avec Hiroshi et il n'y avait aucun avancement de leur part concernant leur situation. C'était assez anxiogène de rester dans le flou comme ça. Aucune enquête n'était encore lancée, il y avait seulement des soupçons, et du jour au lendemain, tout pouvait basculer.
Plus tard dans la journée, Asami revint auprès de Korra, qui jouait à son téléphone sur le canapé.
« Tu me fais une place ? » demanda-t-elle.
La jeune femme aux yeux bleus leva ses jambes et la PDG put s'installer sur le canapé. Korra repositionna ses jambes, puis elle finit par lâcher son téléphone.
« Tu veux parler maintenant ? »
Asami soupira.
« Je suis désolée… Je n'aime pas trop qu'on parle de mon père, ou qu'on voit mon père, ou tout ce qui a un rapport avec mon père. Je l'aime mais… notre relation est tellement plus compliquée depuis qu'il est en prison… Je sais qu'il veut bien faire mais parfois ça me rend juste folle de rage.
- Je comprends.
- Hmmm… Mais je suis vraiment soulagée que ça se soit bien passé. Au moins une chose pour laquelle on aura pas trop à s'inquiéter.
- En parlant de ça, tu devrais embaucher un informaticien.
- Quoi ?
- Euh, c'est juste pendant que j'y pense. Je parlais avec mon père et on se demandait le niveau de ta sécurité informatique et tout ça…
- J'ai déjà embauché un expert-comptable, ça a quelque chose à voir ?
- Ouiiiii, peut-être… Je ne sais pas. En tout cas, il faudrait qu'on fasse attention.
- Je sais que ton père soupçonne quelque chose, bien que j'ignore quoi, mais ça m'énerve un peu que tu saches et pas moi.
- Oh, je ne sais rien non plus. Je te fais juste passer le mot. Et j'ai appris que faire confiance à mon père et à Varrick, c'était souvent la meilleure chose à faire. D'ailleurs, ils vont en embaucher un aussi, donc je connais quelqu'un… »
Asami soupira.
« Comme tu veux… Je vous fais confiance. Je te laisse gérer…
- Je m'en occupe ! »
Pour toute réponse, Asami s'allongea sur Korra, mettant sa tête sur son ventre. La femme aux yeux bleus passa une main dans les cheveux de jais.
« Et concernant ton père, je ne sais pas quoi te dire… Je comprends que tu sois sur la défensive et si tu ne veux pas que j'aille le voir, j'irai pas le voir. Mais je pense que c'est bien qu'on fasse connaissance et puis il me semble un peu seul… Je veux dire, c'est pas comme si on allait pouvoir aller manger chez lui les dimanches, aller boire un café quelque part ou faire une quelconque sortie familiale.
- Je suppose… Tu fais comme tu veux. Si tu veux aller voir mon père, vas-y. Mais préviens-moi, s'il te plait. Ça fait un peu bizarre… Il n'y a que moi qui vais le voir. Et son avocat.
- Mmmm… Eh bien, entre membres d'une même famille, c'est normal, non ?
- Je suppose. »
Quelques secondes passèrent comme ça, en silence.
« Tu veux faire quelque chose ? proposa Korra.
- Tu voudrais vraiment fonder une famille avec moi ? »
Elle était à peu près sûre que ce n'était pas la réponse à sa question. Puis, Asami releva ses yeux verts perçants vers elle et elle en fut encore plus convaincue.
« Pourquoi pas ? Je me suis déjà engagée auprès de toi, je t'ai dit que je t'épouserai et je le ferai. Et pour ce qui est des enfants… C'est pas comme si j'en ressentais un énorme besoin maintenant, mais je sais juste que je voudrais des enfants ?... Je ne sais pas trop comment t'expliquer ça.
- Non, je comprends. Je ne sais pas si je pourrais, c'est tout… Je n'en ai jamais vraiment ressenti le besoin, mais j'ai perdu ma mère jeune… Et j'ai en quelque sorte perdu mon père il n'y a pas si longtemps. On peut pas dire que ça fait rêver.
- Je comprends. On a le temps de toute façon.
- Ah, ça pour avoir le temps… Je te préviens, si ça arrive un jour, ce sera pas avant dix ans !
- C'est long !
- On est beaucoup trop jeunes ! Et pareil pour ton histoire de mariage. Hors de question que je me marie avant mes vingt-cinq ans.
- Je ne sais même pas à quoi c'est censé correspondre cet âge.
- À ce que j'estime être convenable. »
Korra rit devant la logique de sa petite-amie. Est-ce qu'elle avait vraiment besoin de mettre des échéances à tout pour ne pas se faire prendre par surprise ? Oh bon, elle l'aimait comme ça.
« Bon, je pense que je pourrai attendre deux ans. Même si ce sera au prix de nombreux efforts.
- T'as plutôt intérêt. »
Puis, satisfaite, la femme aux yeux verts se recroquevilla de nouveau contre le ventre de sa bien-aimée.
« Hé, Asami.
- Mmmm…
- Si avant ces dix ans, tu commences à avoir une envie d'enfants, tu me le diras, d'accord ? Juste pour je sache. On ne sera pas obligées de s'y mettre tout de suite. Peut-être que je ne serai pas prête, hein !
- Mmmm… D'accord, je te dirai. Je veux juste… Je veux juste que tout aille bien à ce moment-là.
- Je comprends. Tu voudrais qu'ils grandissent en sécurité.
- Oui… »
Au moins, elle n'était pas fermée à l'idée. Honnêtement, Korra était à peu près sûre qu'elle pourrait continuer à aimer Asami même si elle ne voulait jamais d'enfants. Elle préférait juste savoir quelles étaient ses positions. C'est plus facile d'avancer dans la vie quand on sait où l'on va. Il y avait beaucoup de choses qu'elles ne savaient pas. Elles ne savaient pas si elles allaient pouvoir continuer à travailler, si Future Industries allait survivre, si elles allaient garder leur liberté même. Mieux valait alors s'assurer des choses qu'elles savaient. Elles savaient qu'elles avaient des sentiments l'une pour l'autre, qu'elles étaient bien ensemble et qu'elles pouvaient considérer un avenir à deux. Et quand on y pense, c'est déjà pas si mal.
A/N : Merci pour la lecture ! Review ?
En relisant le chapitre, je me suis dit qu'il était un peu rapide au niveau du rythme… Mais c'est peut-être parce que j'ai l'habitude de m'étendre… Vous me direz ce que vous en pensez.
Le prochain chapitre n'est toujours pas fini ^^' Peut-être que j'arriverai à la finir dans la journée… Soit je poste la semaine prochaine, mais c'est pas sûr que j'arrive à poster vite après, soit on se tente dans deux semaines. Si vous avez un avis, dis-le-moi et sinon je ferai en fonction de mon niveau de fatigue et ma motivation. (Il devrait rester deux ou trois chapitres, normalement, donc je vais essayer de me mettre un coup de pied aux fesses.)
Bon weekend et à plus !
Lion
