A/N : Coucou !
Alors, on accélère encore un peu le rythme avec ce chapitre. Il va se passer plein de choses ! (Enfin, par rapport à d'habitude en tout cas.)
Bonne lecture !
Le lundi, Asami dût aller travailler. Korra décida alors de s'occuper de cette histoire d'informaticien. Elle n'était pas vraiment sûre de ce contre quoi elles se battaient, mais elle se disait que le plus tôt serait probablement le mieux, d'autant plus avec tout le bruit qu'elles faisaient en ce moment. Elles étaient des cibles parfaites. Si un scandale éclatait, ça enrichirait la polémique et ça prendrait tout de suite des proportions démesurées. Il fallait se protéger au mieux pour calmer le jeu.
Elle appela donc son contact.
« Korra Nirvelli, un plaisir, vraiment, répondit la jeune femme à l'autre bout du fil.
- Intéressant. Tu avais déjà enregistré mon numéro ?
- Eh bien, j'en ai profité la dernière fois qu'on a communiqué. Que puis-je faire pour toi ?
- Je doute que tu ne sois pas déjà au courant, Opal.
- Eh bien, il se peut que je sois déjà informée, mais en même temps, il s'agit de mon frère. Ça aurait été compliqué si ce n'était pas le cas.
- Il peut travailler pour Asami ou pas ?
- Il travaille pour ton père et Varrick, je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas travailler avec Asami. Après, il a peut-être besoin d'être poussé un petit peu… Il paraît que les salaires de Future Industries sont plutôt bas en ce moment. Pour un consultant en plus… »
Korra leva les yeux au ciel. Quelle comédie elle lui faisait… Comme si l'argent avait quelque chose à voir là-dedans, vraiment…
« Qu'est-ce que tu veux cette fois ?
- L'exclusivité, bien évidemment. Ça m'énerve parce que je ne sais pas dans quoi vous trempez mais je sais que quelque chose se trame. Je pourrais même te donner quelques informations mais comme je te donne déjà accès au plus brillant hacker de tous les temps, je pense que je vais garder ces informations pour moi.
- Je n'en ai pas besoin pour l'instant de toute façon. Et j'ai encore moins besoin de me faire extorquer par une journaliste, plaisanta-t-elle, sournoisement.
- Je crois que ta compagne t'influence un peu trop. Si tu te mets toi aussi à avoir peur des journalistes, vous allez rendre mon travail compliqué, les filles ! »
Korra rit. Elle aimait bien Opal. C'était une chic fille. Elle paraissait honnête et douce au premier abord, ça la rendait facilement approchable. Mais elle avait un sacré caractère sous le capot !
« Je trouve que je te l'ai bien simplifié pour ma part. Bon, tu en parles à Bataar Junior ? Dis-lui de me contacter. Je n'ai pas envie d'embêter Asami avec ça.
- Oh, tu es en charge des opérations ? Mais quel beau petit couple vous faites à vous partager les tâches.
- Oh, la ferme.
- Je veux être invitée au mariage !
- C'est une faveur que tu me demandes ? Parce que si c'est le cas, il me faudra quelque chose en échange… »
Opal rit aussi.
« C'est pas grave. J'irai soudoyer ta femme. Elle acceptera sans rien me demander en échange, elle.
- C'est vraiment l'hôpital qui se fout de la charité.
- Oh, au passage, ça n'a strictement rien à voir, mais si tu as une petite envie de faire une vidéo comme celle d'Asami, on a des internautes qui sont intéressés ! Je serai dans le coin encore un petit moment, je pense. Et puis, sinon on peut caler une date.
- Je vais y penser. Je vais d'abord essayer de soutenir Asami un maximum, si tu permets.
- Bien sûr, bien sûr. Occupe-toi bien d'elle. Et t'as intérêt, parce que c'est mon amie !
- C'était le plan.
- Bien, bien, bien. Sur ce, je reviens vers toi dès que j'ai parlé à Bataar ! J'ai du travail, donc à plus tard !
- À plus tard, Opal. »
Bien entendu, Bataar avait déjà eu vent de l'affaire et attendait d'être contacté par Future Industries. Korra aurait pu l'appeler directement mais elle avait oublié de demander son numéro à son père, et comme il était hors de question qu'elle le rappelle spécialement pour ça, elle s'était dit que ce serait tout aussi bien de passer par Opal.
En fin de journée, ce fut bouclé et le lendemain, tous les accès informatiques de Future Industries lui furent donnés. Il aurait pu facilement passer outre tous les pare-feux mais autant passer par le côté légal, même si ça trainait un peu plus. Il surveilla tout ce qui avait besoin d'être surveillé à distance, depuis Zaofu.
Cela se révéla judicieux en quelques jours à peine. Ce jour-là, Korra attendit Asami près de la porte et l'accueillit avec un sourire, ce que la femme d'affaires trouva infiniment douteux.
« Hey !
- Salut… répondit-elle, méfiante.
- Comment était ta journée ?
- Ça allait…
- Génial ! Reste pas dans l'entrée ! »
Eh bien, je n'y serais pas restée si tu ne te comportais pas aussi bizarrement, pensa Asami. Mais elle ne dit rien et se déchargea de ses affaires. Elle prit des nouvelles de sa compagne et tint à l'aider pour le repas du soir, mais Korra l'obligea à ne rien faire. La jeune PDG fronça les sourcils et joua sur son téléphone en attendant que Korra veuille bien arrêter de s'agiter.
« Ok, qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-elle, les bras croisés avec un air de défi sur le visage, une fois qu'elles s'étaient toutes les deux installées à table.
Comme ça, elle était sûre que sa compagne n'allait pas se défiler, même si elle avait l'impression que Korra voulait lui dire quelque chose. La question, c'était quoi. Et vu toutes ses précautions, elle craignait une mauvaise nouvelle…
« Je… hum… De quoi tu veux parler ?
- Tu pourrais au moins avoir l'air crédible en posant cette question.
- J'essayais de te mettre un peu plus à l'aise et d'amener les sujet doucement.
- C'est raté. Accouche.
- Ok, panique pas. Tu sais qu'on a embauché un informaticien ?
- Oui ?...
- Il a intercepté une attaque sur Future Industries.
- Pardon ?
- Mais il s'est rien passé ! Tout est en ordre. Je me suis juste dit que c'était mieux que tu le saches. Et il ne se passera rien, il surveille aussi.
- Et ton père ?
- Mon père ?
- Il a été attaqué aussi ?
- Je n'ai pas eu de nouvelles, donc je ne sais pas.
- Je comprends pas… Pourquoi ? Il n'y a rien à retirer d'une attaque envers Future Industries… À la limite, la concurrence, mais… ils nous craignent vraiment pas en ce moment…
- Je suis pas sûre que ce soit en lien direct avec Future Industries.
- Quoi alors ? Avec nous ?
- Possible…
- Ça n'aurait aucun sens… »
Korra haussa les épaules. Si elle devait deviner, elle dirait que Future Industries était surtout le maillon faible, et, qu'en l'attaquant, c'étaient d'autres personnes qu'on essayait de toucher, notamment son père et Varrick. Asami devait s'être posée la question également mais elle avait trop l'habitude d'être persécutée pour croire que ce n'était pas par rapport à elle.
« La prochaine fois que tu as une mauvaise nouvelle à m'annoncer, reprit cette dernière, ne prends pas autant de précautions. Ça me rend plus nerveuse qu'autre chose.
- Au moins, ça t'a bien préparée. Tu as pris les choses très calmement.
- Ça, c'est parce que j'ai toute confiance en la famille Beifong et en les talents de Bataar Junior.
- Je t'ai dit qui j'avais embauché ?
- J'ai signé les papiers. Et j'ai discuté un peu avec Opal.
- Oh, vraiment ? De quoi ?
- On rattrapait un peu le temps perdu. »
Korra sourit. C'était une bonne chose, ça. Une très bonne chose même. Asami méritait des amis sur qui elle pouvait compter.
Les jeunes femmes continuèrent de discuter et n'évoquèrent plus le sujet de l'attaque informatique sur Future Industries. Elles savaient qu'elles devaient contacter Tonraq et Varrick au plus vite et qu'il leur faudrait décider s'il fallait impliquer la police ou pas. Mais qu'est-ce que la police pouvait faire ? Et la justice n'était-elle pas un peu contre eux ces temps-ci ? Ne tenant pas à ajouter à leurs soucis, toutes ces questions et inquiétudes se turent au sein de leur foyer.
Encore quelques jours passèrent, entre inquiétude confuse et quotidien réconfortant. Puis, Korra reçut un appel de son père qui n'annonçait rien de bon.
« Salut, Papa.
- Salut, Fille. Asami est avec toi ?
- Non, elle travaille. Pourquoi ?
- Varrick devrait bientôt l'appeler. On a de mauvaises nouvelles. L'enquête est lancée. »
Le sang de Korra se glaça. Puis, il bouillit. Tout compte fait, elle était enragée. Contre qui, elle ne savait pas, mais elle était tellement en colère que ça arrive. Après tout ce qu'ils avaient fait ! Et surtout, pas fait ! Parce qu'ils n'avaient rien fait dans cette histoire !
« De quoi on est accusés ?
- Eh bien, « on » n'est pas exactement exact. Je suis majoritairement visé.
- Quoi ? Comment ça ?
- Je pense qu'originellement, on voulait nous poursuivre pour corruption, ce qui aurait mis Future Industries en danger. Mais il semblerait qu'on soit davantage parti sur du favoritisme et des conflits d'intérêt… »
Elle n'était pas sûre de tout comprendre. Dans tous les cas, son père était impliqué et Asami aussi, ce qui suffisait à la mettre terriblement en colère. Que le délit soit plus ou moins grand, ça, elle en avait rien à faire ! Ça leur mettrait un coup et ça suffisait à être dévastateur ! Même s'ils étaient innocentés, dans l'esprit populaire, il y aurait toujours cette forme de suspicion sceptique présente dans tous les grands scandales politiques, où la manipulation, la tricherie et la ruse semblaient être les mots d'ordre. Finalement, elle n'y tint plus.
« Papa… Qui est « on » ?
- Je ne te le dirai pas.
- Papa !
- Korra, je sais que tu as de bonnes intentions mais je ne veux pas que tu prennes de décision inconsidérée.
- Mais !...
- Pas de « mais ». On va le mettre hors d'état de nuire.
- Ce ne sera pas suffisant ! Ce qu'il vient de faire, c'est irréparable !
- Qu'est-ce que tu suggères alors ? La vengeance ?
- Non !... Juste… Lui faire avouer ses torts !
- Il n'y a que lors d'un procès neutre et équitable qu'on peut avoir ça, si on veut laver nos noms. Tout va bien se passer. »
La jeune femme grommela quelque chose d'inaudible, ayant envie de frapper quelque chose. Est-ce que les salles de sport étaient ouvertes ?
« Korra ? l'interpela son père.
- Quoi ? grogna-t-elle.
- Je sais que tu es en colère mais n'oublie pas la première concernée dans cette histoire. »
C'était vrai ça. Elle ne savait pas dans quel état elle allait retrouver Asami. Pour sa part, la colère avait très vite remplacé le choc initial et la baisse de moral, mais elle n'était pas sûre que ce soit aussi facile pour la femme d'affaires, d'autant plus qu'elle était particulièrement fragile ces derniers temps avec tout ce qui leur était arrivé.
« Je ne vais pas l'oublier. J'ai promis que je serai là pour elle peu importe ce qui se passerait.
- Bien. Essaie de te canaliser en attendant.
- Je ne suis pas une enfant !
- Ce n'est pas ce que je dis, soupira Tonraq. Bref, j'ai du travail, on se rappelle plus tard. Je t'appelais juste pour te prévenir. Je sais à quel point ça va être difficile pour Asami.
- Ouais. À plus, Papa. »
Une fois qu'elle eut raccroché, Korra s'écroula sur le canapé en soupirant. Elle laissa sa tête tomber en arrière et regarda le plafond. Puis, elle se releva, prit ses affaires, décidée, et sortit.
Après plusieurs minutes de transport en commun et un crochet dans un petit restaurant de quartier, elle arriva sur le lieu de travail de sa compagne. Bien entendu, il y avait déjà des journalistes qui trainaient autour. Elle ne fit pas attention à eux et entra dans le bâtiment. Elle se fit bien interpeler mais un simple regard suffit pour qu'ils ne l'approchent pas. Elle monta les étages et arriva au bureau d'Asami. Elle avait envie d'entrer sans avoir la délicatesse de toquer (en fait, elle avait plutôt envie de détruire toutes les portes qui se trouvaient sur son passage), mais essaya de se détendre pour faire face à la femme d'affaires. Après quelques longues inspirations (technique issue d'un cours auquel Tenzin l'avait forcée à assister avec ses enfants pour la « paix intérieure »), elle entra dans la pièce.
Asami était à son bureau et quelque peu surprise de la voir.
« Korra ? Qu'est-ce que tu fais là ?
- Je passais voir comment tu allais.
- Je vais bien.
- Vraiment ?
- Oui. »
Korra la fixa. Elle savait qu'Asami était au courant. Pourtant, elle faisait comme si rien ne s'était passé. Mais voilà, elle faisait « comme si » et il y avait des limites aux faux-semblants.
« Je pensais qu'on aurait pu manger ensemble, dit la femme aux yeux bleus en posant le sac de nourriture sur le bureau et en s'installant dans une des chaises qui se trouvaient à proximité.
- Je suis occupée…
- Tu as besoin de manger, comme tout le monde.
- Je sais, mais… pas maintenant.
- Quand alors ?
- Plus tard. Mais tu peux manger, si tu veux.
- N'importe quoi, cracha-t-elle. »
Elle s'était relevée et avait ses mains sur le bureau, menaçante. La colère avait repris le dessus. Elle ne devrait pas se déchainer sur Asami, mais actuellement, son attitude la mettait hors d'elle.
« Arrête de faire comme si tout allait bien !
- Je ne vois pas de quoi tu parles, répondit la jeune PDG, vexée.
- Mon père m'a appelée et je sais que Varrick t'a appelée, donc je sais que tu sais de quoi je parle. Et quoi ? Tu vas prétendre que tout va bien ? Tu crois vraiment que je vais gober ça ?
- Il y a un temps pour tout et, actuellement, je travaille.
- Je me fous que tu travailles ! Tu ne peux même pas manger ! »
Originellement, elle pensait ramener Asami à l'appartement pour la journée. Elle devrait être plutôt contente qu'elle ne se soit pas écroulée et qu'elle continue à être forte malgré les circonstances mais elle se sentait trahie. Elle avait l'impression de buter contre un masque et ça l'énervait profondément qu'elle lui mente, même si c'était pour faire bonne figure. Peut-être qu'elle était énervée parce qu'elle était inquiète et qu'Asami faisait sa tête de mule, peut-être qu'elle était énervée par rapport à toute cette histoire. En fait, elle ne savait plus vraiment où elle en était.
« Si tu es venue ici juste pour faire une scène et me crier dessus, tu peux y aller, Korra », déclara simplement la femme aux yeux verts, froidement.
Et ce fut la goutte d'eau. Ou un électrochoc. Ou peut-être les deux en même temps. Asami ne lui avait jamais parlé sur ce ton. Quand elle était en colère, ça se sentait dans sa voix, mais là, elle était blanche, indifférente, glaciale. Alors, la femme aux yeux bleus recula, son regard encore dur.
« Très bien. On se voit à la maison alors. Ne rentre pas trop tard.
- Je vais essayer.
- Et mange. »
Asami ne répondit rien. Korra n'insista pas. Elle avait déjà tourné le dos et partit. Elle essaya de ne pas claquer la porte en sortant mais se rata. Elle retourna à l'appartement, se changea, et alla à la salle de sport. Là, elle passa plusieurs heures à se défouler, jusqu'à ce que son estomac crie famine. Elle n'avait rien mangé depuis le matin, si ce n'était quelques barres protéinées. Sa dispute avec Asami lui avait coupé l'appétit.
Elle se laissa tomber sur un banc, lasse, puis commença à dénouer les bandages autour de ses mains. Elle passa un certain moment à regarder dans le vide, puis prit ses affaires et partit. Elle prendrait une douche chez elle. Elle n'habitait pas très loin. Puis, Asami ne devait même pas encore être rentrée.
Du moins, c'était ce qu'elle se disait, car quand elle passa la porte de l'appartement, la jeune PDG lisait tranquillement sur le canapé.
« Je me demandais où tu étais, commenta-t-elle, en entendant Korra passer l'entrée.
- Salle de sport. Tu es rentrée tôt.
- Eh bien, tu me l'as ordonné. »
Korra se raidit. En effet, elle avait dû faire quelque chose comme ça… La colère était descendue pour l'instant et elle se sentait plus minable qu'autre chose. Alors, elle avait la tête baissée et les épaules affaissées.
« Je suis désolée », s'excusa-t-elle.
Ce n'était pas souvent qu'elle offrait des excuses, mais celles-ci étaient plus que sincères.
Asami se leva et fit quelques pas vers elle.
« C'est pas grave, dit-elle, calmement. Viens par là. »
Korra ne se fit pas priée, et comme une enfant coupable d'une bêtise, elle fit ce qu'on lui ordonna sans rechigner. Puis, elle sentit deux bras l'entourer et un corps pressé contre le sien. Elle releva la tête, tout ça pour se retrouver le nez dans une tanière de cheveux de jais.
« Qu'est-ce que tu fais ?... Je suis pleine de transpi, arrête !
- C'est pas grave. »
Elles restèrent comme ça un moment. Korra n'osa pas étreindre la jeune femme aux cheveux de jais. Puis, Asami s'éloigna et la regarda dans les yeux.
« Je suis là pour toi aussi.
- Je sais… »
Mais honnêtement, elle ne savait pas où cette conversation allait. Elle avait merdé. Pourquoi elle avait le droit à un câlin ? Perplexe, elle regardait sa petite-amie dans les yeux, ne décelant que de la tendresse à son égard.
« Tu veux parler de pourquoi tu es en colère ou tu veux juste passer à autre chose ?
- Comment ça pourquoi ? Tu sais pourquoi ! D'ailleurs, je ne comprends pas pourquoi, toi, tu n'es pas en colère ! »
Oh, elle recommençait, non ? Elle ne savait pas pourquoi elle était tellement à fleur de peau à vrai dire. Pourquoi Asami avait ramené ça sur le tapis ? Elles étaient bien parti pour résoudre leur dispute… Alors que maintenant, Korra était à la fois passablement irritée et prise d'une culpabilité latente.
À vrai dire, si Asami n'était pas en colère, c'était pour une raison très simple : elle n'avait aucune raison de l'être ! Son cerveau avait plus ou moins fait un rejet en bloc de la situation. Ça lui paraissait assez irréel. Elle en venait même à se demander si ce n'était pas une blague de Varrick. Et pourtant, elle savait que si elle ouvrait n'importe quel journal, c'était la vérité. Elle savait rationnellement que c'était en train de se passer et qu'elle allait probablement être dans une merde incommensurable dans pas très longtemps, pourtant… ça n'existait pas encore. Enfin, elle était bien consciente que Korra ne pétait pas un câble pour le plaisir, mais elle ne pouvait pas être autant affectée qu'elle pour le moment, voilà tout.
« Je ne pense pas que ce soit la question », répondit Asami.
Korra était encore plus confuse. De quoi il était question alors ? Du beau temps ?!
La jeune femme d'affaires se rendit bien compte qu'elle ne faisait que rendre sa compagne plus furax (et elle ne tenait pas particulièrement à ce que ça empire, parce qu'elle était à peu près sûre qu'elle allait finir par s'énerver également). Elle ne pouvait pas déblatérer de l'optimisme à tout épreuve comme Korra pouvait le faire. Alors, elle se contenta de caresser sa joue, tout en disant :
« Je sais ce que c'est de se sentir impuissant quand les gens qu'on aime doivent faire face au système judiciaire. Je sais. Et c'est encore plus dur pour toi, parce que deux personnes que tu aimes sont en danger. »
Korra ferma juste les yeux, exhalant un souffle chaud et tortueux.
« Tu devrais aller prendre une douche, conseilla la femme aux yeux verts. On peut en reparler après. »
Korra hocha la tête. Elle revint quelques minutes plus tard, propre et un peu plus calme. Elle rejoint sa compagne qui avait repris sa lecture sur le canapé et l'entoura de ses bras.
« Sérieusement, pourquoi tu n'es pas en colère ? » demanda-t-elle.
Asami ne répondit pas tout de suite. Elle posa son livre et réfléchit un peu, car elle ne comprenait pas bien elle-même.
« Je ne sais pas trop… On s'y attendait un peu mais ce sont… des mots. J'ai eu l'habitude des fouilles, des perquisitions, des rendez-vous, mais… pour l'instant, il n'y a rien. Ça me fait un peu bizarre.
- Tu sais que c'est juste parce que l'enquête vient d'être lancée, pas vrai ?
- Je sais… Peut-être que je réaliserai à ce moment-là. Peut-être que je le prendrai très calmement, plaisanta-t-elle, ironiquement. »
Korra avait envie de grogner pour montrer que ça ne la faisait pas rire mais elle ne dit rien et se contenta de continuer d'étreindre Asami. Certainement, elle avait peur, oui… Avant, elle pouvait dire que tout irait bien, qu'elles allaient s'en sortir, parce qu'avant ça ne tenait qu'à elles, qu'à la solidité de leurs sentiments et de leur couple.
Mais avec le lancement de l'enquête, elle avait eu l'impression d'avoir été un peu bête. Cette fois, elles étaient vraiment menacées, son père aussi, et elle ne pouvait rien faire. Elle ne pouvait que tolérer, supporter, subir cette injustice. Asami avait raison. Elle se sentait impuissante. Et elle avait eu peur, chose qu'elle n'avait pas une fois ressenti précédemment. Bien entendu, elle avait eu peur plus d'une fois pour Asami, parce qu'elle avait peur qu'elle soit malheureuse, qu'elle soit malade d'inquiétude ou qu'elle perde Future Industries. Mais ce n'était pas la même menace. On parlait d'une menace judiciaire et sociale ! Elle pouvait perdre tellement plus !
« Je suis désolée que tu doives passer deux fois par là, Asami, murmura-t-elle tristement. Je suis tellement désolée…
- Hey, c'est pas grave. Ce n'est pas de ta faute. C'est comme ça, c'est tout… On savait qu'on allait avoir des problèmes dès le départ…
- Ouais… Mais tu avais tort…
- Concernant ?
- Ce n'est pas Future Industries le problème, c'est ma famille… C'est pour ça que je suis désolée… »
Pour toute réponse, Asami fredonna en passant sa main dans les cheveux bruns.
« Je ne pense pas que ça serve à quelque chose de se jeter la faute à l'un et à l'autre, de toute façon.
- Peut-être… Mais je suis quand même contente.
- Pourquoi ? »
Korra releva la tête et vint se planter sur les genoux d'Asami. Elle posa son front contre celui à la peau pale et, les yeux fermés, les mains sur l'arrière de son cou, elle murmura :
« Parce que si c'est ma famille qu'on vise, tu ne risques rien… »
La jeune femme aux yeux verts fredonna encore une fois. Elle mit ses bras autour de la taille de sa compagne et déposa un baiser sur ses lèvres.
« Je préfèrerais qu'on s'en sorte tous ensemble, tu sais. Mais je suis contente que tu me dises ça. »
Bien évidemment, Korra préférait également cette option. Mais elle avait fait son choix quand elle avait décidé de faire cette conférence de presse. En fait, elles avaient plusieurs options : elles auraient pu rompre, elles auraient pu faire profil bas, mais elles avaient choisi — ou plutôt, Korra avait choisi de façon assez unilatérale — d'afficher leur relation.
En fait, elle en avait vaguement parlé avec ses parents et ils avaient été d'accord pour sauver Asami en priorité. Techniquement, afficher leur relation ne pouvait que être mauvais parce que ça donnait des possibilités d'attaquer, mais c'était sans prendre en compte les facteurs émotionnels. Si on les prenait en compte, ça protégeait la jeune femme d'affaires au moins pour ce qui était de la manipulation et de la corruption, ce qui faisait que les charges retombaient automatiquement sur Tonraq.
Ça ne voulait pas dire que Future Industries était protégée, ça ne voulait pas dire qu'Asami ne serait pas attaquée pour diverses raisons, et ça ne voulait pas non plus dire qu'elle serait exempte de sanctions. Ça voulait seulement dire qu'elle paraissait un peu moins manipulatrice qu'opportuniste et qu'elle risquait moins gros.
Tout l'inverse du politicien du sud, en somme… Une fois la relation affirmée, plus question d'être une victime, mais bien un acteur dans les magouilles ! Mais Tonraq avait accepté cette situation. Il tenait à protéger sa fille et sa compagne. Elles étaient encore jeunes, elles avaient la vie devant elles. Et celle d'Asami avait déjà été bien entamée par des décisions de justices…
« C'était le but de la conférence de presse, tu sais… Que ça aille bien pour toi. Mon père savait quelles seraient les conséquences. Il les aurait pas acceptées sans un plan. J'espère en tout cas… »
Asami fredonna. Elle ne savait pas quoi répondre. Elle était touchée, vraiment. Un peu perdue, mais touchée. Elle ne pensait pas que Korra avait pensé à tout ça. Elle se sentait aimée et protégée et, au fond, c'était peut-être pour ça qu'elle n'était pas en train de paniquer au moindre problème.
« Merci, déclara-t-elle. Vous êtes vraiment extraordinaires, toi et ta famille… Dis-moi si je peux faire quoi que ce soit pour aider.
- Promis. »
Elle scella cette promesse d'un baiser.
« Besoin d'un peu de contact physique pour le moment ? proposa la femme aux yeux verts.
- Comme ça, c'est bien.
- Ok. »
Alors, elles passèrent un moment comme ça, l'une dans les bras de l'autre, sur le canapé, à partager quelques baisers affectueux, sans trop parler. Et cela, jusqu'à que le soleil commence à décliner.
A/N : Merci pour la lecture ! Pensez à laisser une review si le cœur vous en dit !
Bon, moi je vous dirais bien à la semaine prochaine, mais je ne suis pas convaincue que j'arrive à finir le chapitre. Je suis un petit peu fatiguée ces derniers temps pour tout vous dire. Enfin, je fais au mieux. Vous devriez avoir le chapitre dans un mois maximum, c'est promis.
Et sinon, j'ai pas plus d'infos que ça. Donc, à plus !
Lion
