A/N : Coucou, les amis !
Ah, désolée pour le retard, mais j'ai des circonstances atténuantes ! Pour tout vous dire, j'étais vraiment pas bien il y a deux semaines (les joies des angoisses imprévisibles), et ça m'a tellement affaiblie que j'ai chopé le Covid ensuite (c'était vraiment ma semaine). Vous inquiétez pas, j'ai pas eu grand-chose. Là, je suis majoritairement rétablie. J'ai juste plus trop la force de faire grand-chose… Je veux dire, la force mentale.
Mais bon, j'en ai marre de mettre cette histoire en pause, donc envers et contre tout, voici un nouveau chapitre !
Bonne lecture !
Les jours continuèrent à passer, cette fois avec le poids d'une enquête en supplément. La bonne nouvelle, c'était qu'il n'y avait pas d'attaques informatiques. Les médias étaient aussi tendres qu'à l'accoutumée. Asami n'était pas trop perturbée dans sa vie quotidienne. Les forces de l'ordre demandèrent l'accès à ses comptes, à certains éléments de l'entreprise et un peu de son temps. Elle coopéra. Si elle pouvait au moins montrer qu'elle était de bonne foi… Bien entendu, elle vérifia au préalable, suivant les conseils de Varrick, Korra, Tonraq, Opal (bref, tout le monde) et son propre bon sens, qu'il n'y avait pas de choses étranges dans les éléments qu'elle remettait à la police. Elle avait compris qu'il semblerait qu'on essayait de la piéger, alors autant faire attention.
C'était Tonraq qui avait le plus de difficultés. Ce n'était pas que l'enquête avançait à grands pas ou qu'il y avait de quelconques éléments à trouver, mais les enquêteurs semblaient décidés à prendre leur temps et à être particulièrement pointilleux sur les éléments les plus microscopiques possibles, si bien qu'il finit par se demander si le but n'était pas tout simplement de le faire tourner en bourrique. Il soupçonnait que c'était pour lui mettre un coup au moral et il ne comptait pas se laisser abattre si facilement, bien que ce soit assez énergivore et déprimant de s'occuper de cette triste affaire. Heureusement, il avait un avocat…
Les deux jeunes femmes prenaient souvent de ses nouvelles, même si elles essayaient de ne pas appeler trop souvent, histoire de ne pas déranger et épuiser Tonraq plus qu'il ne l'était déjà et aussi pour ne pas avoir l'air suspectes. C'est pendant l'un de ces appels que le politicien conseilla à la jeune femme d'affaires de quand même prendre un avocat. Elle grimaça et dit qu'elle allait y réfléchir. Korra tiqua mais ne dit rien. Elle n'avait pas envie de causer une scène en face de son père. Alors, elle attendit la fin de l'appel.
« Pourquoi tu ne veux pas prendre un avocat ? demanda-t-elle, directement.
- Je n'en ai pas besoin. On a rien fait.
- Mon père n'a rien fait non plus, mais il a pris un avocat.
- Écoute, Varrick m'a déjà suggéré l'idée mais j'ai refusé.
- Mais pourquoi ?
- Je n'ai pas envie d'avoir l'air coupable. Et encore moins de perdre du temps et de l'argent.
- Si c'est une histoire d'argent, je peux aider.
- Quoi ?
- Je vais prendre un travail et je t'aiderai à payer les frais d'avocat ! »
Asami fronça les sourcils. Elle avait envie de répéter « quoi ? » mais ça n'allait pas faire avancer la conversation.
« Il en est hors de question, refusa-t-elle.
- Je pensais travailler de toute façon, tu sais. C'est en partie pour ça que j'avais prévu de revenir à Républic City. Ça ne me dérange pas.
- Korra, c'est non. Et je ne changerai pas d'avis à ce sujet.
- Pourquoi ? Je t'ai dit que j'avais prévu de travailler…
- Pour tes études ! Pour pouvoir vivre ton année universitaire tranquillement sans devoir trop compter sur tes parents, pas pour payer des frais d'avocat ! Si je prends un avocat, je me débrouillerai toute seule et il est hors de question que tu m'aides.
- Je ne comprends pas. J'essaie d'aider !
- Tu ne peux pas faire ça !
- Pourquoi ? Je croyais qu'on était censées être là l'une pour l'autre !
- Oui ! Mais pas comme ça ! Je veux bien qu'on s'épaule émotionnellement. Mais il est hors de question que tu m'aides financièrement.
- Je vois pas vraiment la différence. Aider, c'est aider.
- La différence, c'est que c'est… pas correct ! On ne peut pas faire ça, toi et moi. Je ne tiens pas à avoir plus de dettes que ce que j'ai déjà…
- De quelles dettes tu parles ? Je te propose de l'aide, c'est tout.
- Oh, bien sûr, et je vais l'accepter sans broncher.
- Bah oui !
- Korra, si ça faisait dix ans qu'on était mariées, à la limite, on s'organiserait entre nous, on aurait un compte commun ou bref. Mais on est pas dans cette situation. Je ne peux pas juste te prendre de ton argent comme si c'était le mien. »
Korra avait la mine boudeuse. Vraiment, elle ne comprenait rien à cette conversation. Alors, elle grommela :
« C'est toi qui veux pas te marier après…
- Je crois pas que ce soit le problème là ?...
- « Puisse ma famille être la tienne, ton clan et le mien ne faire qu'un, et nos tribus se réunir autour de notre union »… J'aurais dû rajouter « mon argent est ton argent ». »
Asami leva les yeux au ciel.
« J'en reviens pas que tu es en train de me faire un caprice parce que je refuse de t'extorquer de l'argent.
- Encore une fois, c'est de l'aide et c'est volontaire.
- Korra. Le sujet est clos. »
La jeune femme laissa échapper un « humpf ! » mais ne continua pas la conversation. Elle savait qu'Asami n'allait pas changer d'avis. Elle savait aussi qu'elles se prenaient la tête à cause de la situation, chose qui leur arrivait un peu trop souvent ces derniers temps sur des broutilles diverses et variées, et qu'il fallait mieux lâcher le morceau.
« Promets-moi au moins que tu vas réfléchir à cette histoire d'avocat et que tu en prendras un si ça se complique.
- Évidemment.
- Et s'il y a vraiment un problème d'argent, par pitié, parle m'en et si je peux aider…
- Korra… avertit Asami.
- Ça va, j'ai compris que tu ne veux pas d'aide ! Mais on sait jamais ! De toute façon, si tu fais ta tête de mule alors que c'est grave, je me fiche de ton avis. »
La femme d'affaires soupira.
« Comme tu veux », déclara-t-elle.
Voilà, un point partout. Elles pouvaient passer à autre chose.
En fait, elles ne s'en sortaient pas si mal. Korra avait pris pour habitude d'aller à la salle de sport pour se vider la tête et être moins tendue de manière générale. De toute façon, elle ne voyait pas tellement l'enquête avancer, donc elle était moins directement touchée par l'affaire. Elle avait fini par s'habituer un peu, après le choc initial. Quant à Asami, elle s'habituait aussi mais de façon un peu plus stressante.
Les premières intrusions et notifications lui avaient fait peur mais elle avait essayé d'être le plus efficace possible et de mettre sa peur de côté. À chaque fois que l'enquête resurgissait dans sa vie professionnelle, elle frémissait mais elle ne se laissait pas abattre. Elle paraissait prendre la chose relativement calmement. Elle arrivait parfois même à se convaincre qu'elle ne faisait strictement aucun lien entre elle et son père et qu'au fond, ce n'était qu'une vaste blague. Mais à l'intérieur, la pression s'accumulait, si bien qu'une nuit, elle se réveilla en sursaut, haletante et tremblante.
Elle passa une main sur son visage pale. Visiblement, sa tête était encore là, donc on ne l'avait pas exécutée… Pourtant, elle restait terrifiée, son cœur battant beaucoup trop vite pour qu'elle se rendorme. Alors, un peu vaseuse, elle se redressa et sortit du lit. Korra dormait, elle ne voulait pas la déranger. Elle alla dans la cuisine, se prépara un thé, puis s'installa sur le canapé, la tête et le corps recouvert d'un plaid. Elle s'était recroquevillée sur elle-même et essayait de se calmer, en buvant son thé en silence. Elle se dit qu'elle devrait mettre un film ou au moins s'occuper l'esprit mais elle resta bloquée avec ses pensées.
« Qu'est-ce que tu fais ? » lui demanda une voix ensommeillée.
Asami sursauta, interrompue dans ces pensées, et elle se renversa du thé dessus.
« Désolée », s'excusa Korra.
Elle avait vu Asami tressaillir. Elle avait surtout entendu les clapotis de l'eau giclant sur le sol. Elle lui dit de ne pas bouger et revint avec une éponge et des essuie-tout. Elle nettoya tout le bazar, remarquant que la jeune femme regardait dans le vague. Une fois que tout était propre, dont la main d'Asami qui n'avait pas été épargnée, elle s'installa à côté d'elle sur le canapé.
« Pourquoi tu ne dors pas ? Tu travailles demain. »
La femme aux yeux verts regarda sa tasse et grimaça légèrement.
« Tu ne veux pas me le dire ? » demanda Korra.
Honnêtement, c'était le milieu de la nuit, si Asami ne voulait pas parler, elle n'allait pas lui tirer les vers du nez ou faire une crise : elle irait tout bonnement se recoucher.
« J'essayais juste de me calmer un peu, répondit la jeune femme d'affaires. J'ai fait un cauchemar. Rien de bien méchant.
- À cause de l'enquête ?
- Je suppose, oui…
- Mmmm… J'imagine que t'as pas très envie d'en parler. Tu préfères que je te laisse seule ?
- Non… Je ne voulais juste pas te réveiller. »
Alors, elle posa sa tête sur l'épaule de la jeune femme aux yeux bleus et continua à regarder dans le vague. Korra caressa ses cheveux.
« Tu veux faire quelque chose ? demanda-t-elle. On pourrait… aller se recoucher, prendre un bain, regarder quelque chose… »
De toute façon, elle n'était pas pressée. Ce n'est pas comme si elle avait vraiment besoin de se lever le lendemain. Asami par contre… Peut-être qu'elle devrait la convaincre de prendre sa journée ?
« Je ne sais pas trop… répondit la femme aux yeux verts.
- D'accord. »
Alors, elles restèrent comme ça et Asami finit son thé. En silence.
« Tu as envie de dormir maintenant ?
- J'aimerais bien… Toujours ok pour un bain au milieu de la nuit ?
- Je vais le faire couler. »
Elle se leva pour aller à la salle de bain, mais fut retenue par une main qui attrapa la sienne. Korra se retourna vers Asami, tout ça pour remarquer qu'elle se levait aussi, gardant sa main dans la sienne. Elle paraissait si minuscule à regarder le sol comme une petite fille hésitante. Korra fondit (bien qu'une petite voix au fond d'elle comprenait qu'Asami s'accrochait sûrement autant à elle parce que ça n'allait pas). Elle entrelaça ses doigts avec ceux de la main à la peau d'ivoire, puis se dirigea dans la salle de bain, la femme aux yeux verts la suivant bien sagement. Elle ne lui lâcha la main que lorsqu'elles durent se déshabiller.
Puis, une fois que l'eau eut rempli la baignoire, Asami se cala contre Korra et mit son menton sur ses genoux. Deux bras vinrent l'entourer et la serrer fort, et honnêtement, dans ces moments-là, elle ne pouvait être plus reconnaissante que Korra soit rentrée dans sa vie.
« Tu es sûre que tu ne veux pas en parler ? demanda cette dernière, inquiète de l'état de sa compagne.
- Je devrais, non ?
- Peut-être que ça aiderait.
- Je sais… »
Mais elle n'ajouta rien de plus et Korra n'avait pas le cœur d'insister, donc elle se contenta d'étreindre la jeune femme aux yeux verts et de la caresser doucement.
« J'étais contente de retrouver ma tête accrochée à mon corps en me réveillant… J'ai pas particulièrement apprécié être soumise à la guillotine.
- C'est ce qui s'est passé dans ton rêve ?
- Mmmm… On me pourchassait… parce que j'étais apparemment coupable de quelque chose. Et j'avais beau m'enfuir, il y avait toujours des policiers partout, donc je changeais de direction. Et tu as essayé de m'aider à un moment, une histoire d'invention extraordinaire entre Varrick et mon père… Bref, ça n'a pas marché, on nous a retrouvées, et on nous a séparées et quelqu'un est arrivé avec son espèce de guillotine portable pour finir le travail. C'est clairement pas portable une guillotine… râla-t-elle.
- C'était juste un cauchemar, dit Korra en déposant un baiser sur son épaule. Tu es en sécurité à la maison.
- Je sais. Ce n'est pas vraiment ça qui m'empêche de dormir. Je veux dire, c'est dur de me débarrasser de la sensation d'angoisse du cauchemar, mais ce… n'est pas le problème.
- C'est quoi alors ?
- J'arrête pas de me demander… Et si on avait vraiment fait quelque chose de mal ?
- On a rien fait de mal.
- Et s'ils pensent que c'est le cas ?
- Ils auront tort.
- Mais ils peuvent trouver plein de facteurs qui diraient le contraire, comme la fois où tu arrêtais pas d'appeler ton père, le fait qu'on est ensemble et même Wu !
- Wu ? Qu'est-ce qu'il vient faire là-dedans ?
- Imagine il a vent de ce qu'il passe et il se dit qu'on s'est bien foutu de sa gueule et qu'il se met à raconter ce qui s'est passé !
- Wow, non, je t'arrête tout de suite. C'est pas du tout son genre. Je pense qu'il est passé à autre chose depuis qu'on l'a vu. Plusieurs fois.
- C'est presque vexant dit comme ça… râla-t-elle. »
Korra ne put empêcher un rire aux tonalités basses de s'échapper de sa gorge. Elle serra un peu plus Asami contre elle pour cette brillante phrase, et son accès de bouderie et de mignonnerie.
« Tu ne devrais pas essayer de trouver tous les éléments qui pourraient nous incriminer. Ça va te faire angoisser.
- Comment on fait pour les contrer si on est pas au courant qu'on va se faire attaquer avec !
- On fait confiance à un avocat ?
- Korra…
- Asami… Je sais que l'enquête, c'est grave et que ça nous inquiète toutes les deux, mais… j'essaie de me rassurer en me disant qu'on est encore accusées de rien. Et on est coupables de rien. Donc, pour l'instant, tout va bien. Tant qu'on s'occupe des retombées, je veux dire.
- Tu penses vraiment que ton père et Varrick font quelque chose ? Je veux dire, quelque chose qui va nous sortir de là ?
- J'en suis sûre. »
Puis, le silence retomba. Mais il ne dura que quelques instants. Quelques instants pendant lesquels la jeune PDG jouait avec son reflet troublé par les trainées laissées par ses doigts sur la surface de l'eau.
« Je suis terrifiée à l'idée de finir comme mon père… finit-elle par avouer.
- Tu n'es pas ton père. Tu n'as rien fait de mal.
- Je sais mais… Au-delà des conséquences, pour Future Industries, pour nous, c'est juste… C'est pire. C'est comme si tout se répétait. Je me sens… piégée. Condamnée. Je ne suis même pas sûre… »
Elle s'arrêta de parler. Korra était curieuse, mais elle se demandait si elle ne la forçait pas un peu trop à se livrer. Elle finit tout de même par lui demander la fin de sa phrase. Alors, Asami murmura furtivement :
« Je ne suis pas sûre que je puisse le supporter… »
Encore une fois, Korra l'étreignit. Elle comprenait réellement qu'Asami se sente un peu désespérée, mais honnêtement, elle avait envie de pleurer et ça lui faisait un peu peur. Elle ne pouvait pas lui dire ou lui montrer, parce qu'elle savait que la jeune femme aux yeux verts lui dirait que ce n'était rien. Est-ce qu'elle devait dire quelque chose ? Faire quelque chose ? Honnêtement, elle n'en savait rien. Elle ne savait plus rien de ce qui concernait cette situation.
« Tu ne vas pas aller en prison, dit-elle de façon quasi inconsciente, sans savoir si c'était elle-même ou Asami qu'elle essayait de rassurer. Tu n'iras pas en prison. Même si des charges sont retenues, il y a pratiquement aucune chance que ça finisse comme ça. Ce n'est pas ce genre d'affaires…
- Peut-être… Et après ?
- Après… On pourrait tout recommencer autre part…
- Vraiment ?
- Eh bien, tu restes une ingénieure de génie. Et moi… je trouverai bien quelque chose… Si ça finit mal pour Future Industries, on a qu'à partir de Republic City, d'accord ?
- Je n'ai jamais vécu autre part…
- On pourrait visiter plein de trucs, tu ne crois pas ?
- On peut le faire aussi en habitant ici.
- Mmmm… On pourrait oui. Où est-ce que tu voudrais aller ? »
Alors, plutôt que de parler encore une fois du sujet de leurs inquiétudes, elles se laissèrent aller à leurs fantaisies et imaginèrent un futur rempli de nouvelles possibilités. Elles étaient toutes les deux terriblement conscientes qu'elles avaient une épée de Damoclès au-dessus de la tête. À tout moment, tout pouvait s'arrêter. Mais ce n'est que lorsque tout s'arrête qu'on peut prendre un nouveau départ, et peut-être échapper à la fatalité des choses. Alors, il était peut-être temps de le contempler, ce nouveau départ, afin de ne pas se laisser abattre, même si, au fond, aucune d'elles deux n'étaient vraiment sûre de vouloir le prendre…
Asami grogna en se réveillant. Il y avait quelque chose d'étrange… mais elle ne savait pas vraiment quoi. Elle remarqua simplement deux yeux bleus qui fixaient son visage.
« Ne va pas au travail aujourd'hui, lui demanda Korra, en continuant à la fixer avec détermination.
- Quoi ?... »
Honnêtement, elle était en train de se demander si elle n'était pas en train de rêver. Elle était complètement perdue et ce n'était pas normal de se réveiller avec sa compagne qui avait le visage sur ses deux bras, en une position confortable pour attendre le réveil de quelqu'un.
« Quelle heure c'est ? demanda-t-elle, difficilement, se rendant compte que sa voix ne suivait pas forcément.
- Plus de dix heures…
- Quoi ? répéta-t-elle, encore plus confuse. Mais… et le réveil ?
- Je l'ai arrêté pendant la nuit. Tu arrêtais pas de bouger et de transpirer. Je crois que tu as de la fièvre. Reste à la maison. S'il te plait. »
Ah. C'était probablement la raison pour laquelle elle se sentait si pâteuse et poisseuse. Peut-être qu'elle était malade. C'était vraiment pas le moment d'être malade, pourtant. Vraiment pas. Et surtout pas de ça. Si elle avait réussi à se relever, elle serait retombée dramatiquement sur son lit, mais elle se contenta de râler.
« J'ai pas le temps d'être malade…
- Je ne suis pas sûre que tu aies le choix, chérie. Et je crois qu'on va devoir aller faire un test…
- Noooon… refusa-t-elle pour la bonne mesure.
- Je vais prendre ta température avant. T'as quoi comme autres symptômes ? »
Elle était déjà partie chercher un thermomètre pendant qu'elle posait la question.
« Hum… Je sais pas trop… Je suis fatiguée, j'ai mal à la gorge… Ça pourrait être n'importe quoi. En plus, je suis restée éveillée cette nuit donc ça aide pas.
- Mmmm… De toute façon, même si c'est pas ça et que tu as de la fièvre, je ne te laisse pas aller travailler.
- T'es pire qu'une mère.
- Et toi, pire qu'une enfant. »
Les deux femmes se dévisagèrent avec un air de défi, puis la femme d'affaires soupira et prit le thermomètre que sa compagne lui tendait pour prendre sa température. Quelques secondes plus tard, l'appareil confirma ce que Korra avait annoncé.
« Fais chier, grommela Asami.
- Bon… Je suppose que c'est isolement pour toi. Et donc pour moi…
- Pour si peu !
- Ben, on sait pas ce que tu as… Il faut aller faire un test. Aussi bien c'est rien. Apparemment, on peut aller à la pharmacie du coin.
- Sérieusement… »
Ce n'était pas qu'elle ne voulait pas respecter dûment les règles mais elle avait d'autres choses à penser et c'était vraiment pas le moment. Suivant les conseils de Korra, et s'abandonnant à son déni de la réalité, elle préféra rester au lit. La femme aux yeux bleus se chargea de prévenir son travail, ce qui n'était pas très professionnel, mais Asami détourna le regard. Fièvre oblige ! Du moins, c'était ce qu'elle se disait pour supporter l'idée de devoir se faire enfoncer un bâton dans le nez.
Chose qu'elles firent dans l'après-midi. Après avoir gentiment rempli les papiers et patiemment attendu les résultats (ce qui se résumait à ses plaisanteries ou du flirt sur les masques), la femme d'affaires fut déclarée positive. Cela voulait dire deux choses : les symptômes allaient probablement empirer et pas de travail pendant au moins une semaine. L'enfer quoi.
Son moral, qui était déjà bas, dégringola davantage. La femme aux yeux bleus tenta de la rassurer comme elle pouvait (malgré son inquiétude, inquiétude probablement amplifiée par ce qui se disait plutôt que causée par le réel état d'Asami). Pour seule réponse, la PDG lui demanda si c'était mieux qu'elles vivent séparément dans l'appartement, c'est-à-dire avec un masque et en désinfectant tout.
Korra refusa vigoureusement. Avec ce que vivait Asami, elle pouvait bien endurer un foutu virus ! Elle n'était pas particulièrement rassurée à cause du nombre de décès au compteur, mais elle avait toujours été en bonne santé, donc elle essayait de se dire que ça ne serait pas bien grave si elle l'attrapait aussi. De plus, elle savait que sa compagne avait besoin de beaucoup de soutien en ce moment (elle aussi, d'ailleurs) et elle ne comptait pas de passer de contact physique !
Et c'est ainsi que Korra accueillit un petit intrus et fut très vite interrompue dans sa recherche de travail. Pendant un instant, elle remit en question sa précédente décision pour la simple et bonne raison que ce fut un K.O. total.
Outre la fièvre, quelques maux de gorge et une toux qui arriva quelques jours plus tard, Asami n'eut pas tellement de symptômes graves. Elle était fatiguée, elle en avait marre de se moucher, et elle avait occasionnellement des maux de tête, mais globalement ça allait. Korra ne fut pas aussi chanceuse. La fièvre était montée bien plus haut, elle n'avait aucune énergie, quasiment pas d'appétit et ses quintes de toux la rendaient folle. Elle passait donc ses journées à dormir, quand elle n'était pas réveillée par une douleur quelconque.
Un jour, alors qu'elle se réveillait d'une sieste (ou était-ce la nuit ?), elle entendit Asami au téléphone. Et elle comprit très vite que cette dernière travaillait alors qu'elle était censée de reposer, histoire de pouvoir guérir quoi ! Korra se leva malgré tous ses maux et ses courbatures et se traina jusqu'au salon où se trouvait sa compagne.
« Je peux savoir ce que tu fais ? » grommela-t-elle, de mauvaise humeur.
Elle dit à la personne au bout du fil qu'elle rappellerait plus tard, puis tourna son attention envers Korra.
« Je recrute un assistant. Histoire que quelqu'un gère un peu mes affaires pendant mon absence. Je sais que Varrick s'en occupe un peu pendant mon rétablissement, mais je ne compte pas le laisser faire. »
Ce n'était pas comme si elle pouvait être totalement absente de toute façon… Elle comptait bien retourner au travail au plus vite. D'ailleurs, si elle n'était pas forcée d'être isolée, elle y serait retournée.
« Et toi ? continua-t-elle. Tu as enfin un peu d'énergie ? »
Korra fut prise d'une quinte de toux qu'elle eut du mal à comprimer. Asami alla lui chercher un mouchoir qu'elle lui tendit.
« Je suppose que non… commenta-t-elle.
- Argh, je déteste ce truc ! J'en ai marre !
- Tu veux un thé ? Des vapeurs chaudes ça devrait te faire du bien, tu sais… On doit avoir des huiles essentielles quelque part pour aider…
- Ça va, ça va ! »
Malgré ses grognements, Asami prépara un thé qu'elle posa devant son nez, pendant que Korra restait abattue sur la table de la cuisine.
« Merci… »
Ça ne l'empêcha pas de se moucher et de tousser, mais au moins, ça la réchauffa un peu et ça lui fit du bien à la gorge.
« Comment ça se fait que tu aies l'air d'aller si bien toi ?
- Mmmm… Je l'ai depuis plus longtemps que toi ?
- C'est pas une excuse ! T'as eu de la fièvre pendant à peine trois jours et tu tousses presque plus !
- Un coup de chance, j'imagine. »
Korra lui jeta un regard noir.
« Actuellement, je te déteste. »
Asami se contenta de sourire. Elle savait que Korra n'était pas sérieuse. Elle fut d'ailleurs bien discréditée par l'éternuement qui suivit sa déclaration. Elle se moucha pour la énième fois de la journée, puis demanda d'une voix nasillarde :
« Et cet assistant, du coup ?
- Je croyais que je ne devais pas travailler, donc pas parler de travail ?
- Ben… C'est un peu notre seul contact avec l'extérieur en ce moment et… je demande, c'est tout ! »
La PDG gloussa et décida de répondre à la question.
« Je pense que j'ai trouvé quelqu'un.
- Oh, tu as déjà posté une annonce !
- Non. Mais j'ai regardé quelques profils. J'attends de voir s'il va me rappeler…
- T'es allée à la pêche aux assistants ? Sans entretien ?
- Il avait une bonne tête.
- Et puis quoi encore ? On dirait quelque chose que moi, je dirais. Et là, tu me répondrais que ce n'est absolument pas sérieux. »
Asami sourit.
« On dirait que tu me connais bien…
- Il serait temps… Et puis, s'il n'avait qu'une bonne tête, je m'en ferais pour l'avenir de notre couple.
- Jalouse ?
- Non, je suis sûre qu'il a un tas de qualités professionnelles. »
Évidemment, Korra avait bien deviné. Mais Asami s'amusait quand même de la conversation. Elle aimait l'idée que Korra s'inquiète de leur relation, même si cette fois ce n'était pas très sérieux. Elle se sentait aimée et ça lui faisait du bien. Alors, elle embrassa sa bien-aimée sur la joue, et au diable les microbes !
« T'es mignonne. Je t'aime.
- Oh, je suppose que tu as de la fièvre aujourd'hui, non ? »
Asami leva les yeux au ciel et lui infligea une pichenette sur le front en signe de représailles.
« Pour répondre à ta question, sa meilleure qualité pour l'instant, c'est qu'il est jeune et que c'est une page blanche. J'ai besoin de quelqu'un de confiance qui puisse me suivre dans la durée. Et pas quelqu'un de plus âgé que moi, parce qu'ils m'énervent à faire comme s'ils savaient mieux que moi.
- Je suppose que tes relations avec tes cadres ne s'améliorent pas ?
- Non. Et dernière chose appréciable, outre ses études qui me semblent assez correctes, c'est quelqu'un qui n'est pas fermé aux formations complémentaires, ce qui veut dire que c'est quelqu'un qui pourra apprendre et s'adapter. Ça suffit pour un entretien et une période d'essai. Après, il faudra voir l'efficacité et la réactivité, mais on ne peut pas prévoir ces choses-là.
- Je vois… Enfin, c'est toi la PDG, donc… Je peux pas dire grand-chose.
- Tu penses que c'est une mauvaise idée ?
- Non, mais faudrait pas que tu passes trop de temps à le former, c'est tout…
- Eh bien, je comptais t'utiliser en attendant, blagua la femme aux yeux verts. »
Korra la regarda de travers, dubitative.
« Moi, ça me va ! Mais une certaine PDG est pénible et ne veut pas trop que je m'immisce dans ses affaires. »
Asami secoua la tête en souriant. Elle s'approcha de Korra pour lui donner un baiser, mais celle-ci la retint pour éviter de lui tousser dessus.
« C'est un peu dégoutant, commenta la jeune femme d'affaires.
- Oui, bah, je suis malade ! La faute à qui en plus ? T'aurais pu le garder !
- Je suis désolée. »
Elle déposa un baiser sur son front et sur ses joues en tant qu'excuses, bien que ces dernières n'étaient pas nécessaires. Korra la prit dans ses bras et elles restèrent un peu comme ça, malgré la fièvre.
« Tu veux faire quelque chose ?
- Je risque de me rendormir…
- C'est pas grave…
- Bon, on peut regarder un truc alors… J'ai pas vraiment l'énergie de faire quoi que ce soit d'autre…
- Ça me va. »
Elle tint pendant environ la moitié du film, puis retomba dans un sommeil tortueux. Elle avait fini par s'endormir sur les jambes d'Asami, qui lui caressait les cheveux tendrement. Cette dernière faisait de son mieux pour ne pas trop bouger, et cela comprenait éviter la toux intempestive. Au bout de quelques minutes, elle regardait systématiquement Korra.
À vrai dire, elle était assez inquiète pour elle… Elle n'avait pas une forme extrêmement grave, elle devrait s'en sortir, mais ça l'inquiétait quand même de voir sa petite boule d'énergie personnelle si diminuée à cause d'une simple maladie. Mais ce n'était pas comme si elle pouvait faire quelque chose. Elle pouvait juste veiller sur elle. Enfin, jusqu'à qu'elle retourne au travail… Peut-être qu'elle devrait prolonger son congé ? Ce n'était absolument pas raisonnable, mais était-ce plus raisonnable de laisser Korra seule ?
Elle ne savait pas, et dans l'attente de la réponse, elle alla préparer de quoi manger et réveilla Korra pour qu'elle se nourrisse, bien qu'elle n'en avait guère envie, puis alla la border, comme une enfant. Elle finit par s'endormir également, bien que c'était encore tôt.
Le lendemain, quand elle se réveilla, il était un peu tard. Comme tous les jours, en ce moment, elle avait terriblement mal dormi (à cause de leurs toux mutuelles, notamment) et n'avait pas réussi à se lever. Et comme tous les matins, elle priait pour qu'il n'y ait pas de cas de force majeure. Alors, elle paniqua un peu quand elle vit les nombreuses notifications sur son téléphone. Qu'est-ce qui se passait ? Tout le monde essayait de la contacter, que ce soit Varrick, Tonraq, Yin, ses propres employés… Et même son téléphone avait décidé de la bombarder d'alertes sur certains sujets ! Il semblerait que Future Industries ait été impliquée dans un autre scandale ! Mais quoi encore ?
Elle écouta les messages vocaux qu'elle avait, lut les autres et regarda rapidement quelques articles de presse, confuse. Qu'est-ce qui s'était passé derrière son dos ?
« Me dis pas que t'es encore en train de travailler, grommela Korra, se réveillant. On est au lit.
- Je crois qu'on est tirées d'affaires…
- De quoi tu parles ?
- L'enquête est suspendue, ou arrêtée et… j'ai pas tout compris.
- Quoi ?
- Je crois que ton père et Varrick ont beaucoup de choses à nous expliquer.
- Urgh… Si j'étais pas malade, j'irais leur mettre une déculottée moi-même… J'espère qu'ils vont enfin cracher le morceau.
- Eh bien, j'avoue que je suis curieuse également… »
En fait, elle était tellement curieuse qu'elle en oubliait tout sentiment de soulagement. Mais elle ne comprenait pas. Elle avait besoin de comprendre pour y croire. Était-ce un autre piège ? Une erreur ? Après tout ce qui s'était passé, la justice renonçait ? Ça n'avait pas de sens. L'enquête n'était même pas terminée. Ou peut-être que si ? Malheureusement, les médias ne disaient rien. Mais peut-être qu'Opal, elle, savait…
Pendant qu'elle calculait le meilleur moyen de comprendre ce qui s'était passé, Korra prit sa main dans la sienne. Elle fit quelques cercles sur le dos de la peau d'ivoire pour attirer son attention.
« Hé… dit-elle doucement avec un sourire. Tout va bien se passer maintenant, c'est promis. Tu peux être tranquille. »
Même si la jeune PDG n'était pas convaincue, elle sourit légèrement, puis déposa un baiser sur la joue à la peau brune.
« Soigne-toi et après je serai vraiment tranquille.
- Chiche. »
A/N : Alors, qu'en pensez-vous ?
Désolée pour le léger cliffhanger mais ça fait deux semaines que je me triture les méninges pour trouver comment introduire ce truc. Donc, voilà, comme ça.
Le petit virus n'était pas prévu au planning maiiiiiis il était pas prévu dans mon planning non plus et il s'est bien tapé l'incruste. Je me suis dit que j'avais le droit d'utiliser mon expérience personnelle :D (Et puis, je savais vraiment pas comment introduire ma fin, voilà xD)
Pensez à votre petite lionne et laissez une review :) Je vais tenter de finir en deux chapitres… Je ne promets rien. J'ai pas encore commencé, mais le prochain chapitre devrait se centrer un peu plus sur Tonraq et Varrick ?... On verra.
À plus !
Lion
