A/N : Coucou !

Pas grand-chose à dire pour cette fois. Pas beaucoup de reviews pour le chapitre précédent, hein. Mais bon, c'est pas grave, c'est la fin de cette histoire et je sais que je traine. J'essaie de finir pour fin février max ! Je vais d'ailleurs aller écrire là. Laissez une review à la fin si le cœur vous en dit !

Bonne lecture !


La Guerre à nos portes ? Interruption des négociations entre le Tribu de l'Eau du nord et du sud

Suite aux récentes décisions militaires et économiques du dirigeant du sud concernant la Tribu de l'Eau du sud, Unalaq Nirvelli, les pourparlers se déroulant depuis plusieurs semaines à Republic City ont été suspendus. En effet, le sud n'était plus jugé en capacité de s'exprimer librement à cause du nouvel encadrement du nord. Les deux dirigeants des Tribus de l'Eau sont retournés dans leurs pays respectifs, les relations plus tendues que jamais.

La médiation de Republic City ayant échoué, la présidente Zhu Li Moon a déclaré qu'il était du devoir de Republic City de soutenir le sud fasse à cette invasion et que tous les moyens seraient mis en œuvre. Doit-on se préparer à une guerre frontale ? La question est sur toutes les lèvres, bien qu'il s'agisse pour l'instant seulement d'un soutien financier.

En attendant, les originaires des Tribus de l'Eau manifestent ce jeudi en soutien à la Tribu de l'Eau du sud. On s'attend à voir apparaître quelques personnalités notables, figures de proue du mouvement. Les autorités ont estimé qu'il y aurait quelques milliers de personnes ce jeudi à traverser les rues drapeaux à la main […]


« Korra, tu es sûre que tu ne veux pas que je vienne ?

- Non, ça va bien se passer.

- D'accord mais… »

La jeune femme aux yeux bleus se pencha pour embrasser sa compagne. Cette dernière soupira.

« Sois prudente.

- Mmm. Travaille bien. Fais attention à pas froisser Zhu Li, Varrick pourrait t'en vouloir.

- J'espère que cette réunion va bien se passer… J'ai vraiment pas envie de voir la sale tête du PDG de Cabbage Corps. »

Korra rit.

« T'as vraiment une dent contre cette entreprise. T'es au courant qu'ils font la plupart des transports en commun de cette ville, non ?

- Le nombre de fois où ils se sont mis dans les pattes de mon père… Ils sont même pas fairplays ! »

Korra se contenta de rire légèrement une nouvelle fois.

« Zhu Li sera de ton côté. Officieusement. Ils seront obligés d'être fairplays. Bon, allez, je file. À toute !

- À tout à l'heure, oui… »

Asami laissa Korra partir, à son plus grand désarroi, et continua de se préparer pour aller travailler. Elle n'avait rien contre les manifestations, elle était même pour, mais avec le climat anxiogène qu'il y avait, elle avait peur pour Korra. Les diasporas du nord et du sud semblaient unies, mais il y aurait probablement quelques partisans d'Unalaq qui sèmeraient la pagaille et l'encadrement de la police ne serait peut-être pas suffisant.

D'ailleurs, Korra étant la fille de son père, et en plus sa compagne à elle, elle risquait d'être prise pour cible, comme bouc émissaire ou symbole, et elle espérait vraiment que rien ne lui arriverait.

Cependant, elle avait ses propres problèmes et elle savait que c'était inutile de s'inquiéter, donc elle se contenta d'aller au boulot. Elle attendit impatiemment et nerveusement sa réunion qui avait lieu en fin de matinée. C'était pour cela qu'elle ne pouvait pas vraiment aller avec Korra. Elle ne savait pas quand ça allait se finir et la manifestation avait lieu en début d'après-midi.

En attendant, elle rendit visite à ses deux nouveaux ingénieurs. C'était deux jeunes. L'un d'eux était dans la même promo qu'elle. Ce n'était pas le meilleur. Apparemment, il l'avait toujours admiré de loin mais avait été craintif à cause des circonstances (elle suspectait qu'il avait eu le béguin pour elle à un moment). L'autre était de la République de la Terre. Sa famille était pauvre et il cherchait désespérément une opportunité pour les aider, il avait donc sauté sur l'occasion.

Asami les payait un peu mieux que ce qu'elle pouvait se permettre, c'était pour ça qu'elle n'en avait pris que deux. Pourtant, ils n'avaient clairement pas le niveau. Ils avaient terriblement besoin de supervision. Certes, ils avaient à peu près le même âge qu'elle mais elle avait plus d'expérience car elle avait assisté son père à de nombreuses reprises et elle avait été forcée à reprendre les rênes de l'entreprise et à apprendre plus vite.

Ces derniers temps, elle passait la majorité de son temps à passer derrière eux et à les former. Heureusement, elle n'était pas seule. Elle n'avait pas non plus viré tous ses ingénieurs. Disons qu'elle en avait viré la majorité. Il lui en restait notamment un, âgé, qui lui avait toujours été fidèle, bien que discret. Il avait été très fidèle à son père et n'avait pas compris ses décisions. Il avait conclu à une erreur et avait décidé de protéger Asami comme sa fille, lui qui n'avait pas d'enfant. En échange de la formation des deux jeunes, la jeune PDG lui avait donné une prime, qu'elle ne pouvait pas trop se permettre non plus, mais elle avait moins de cinq ingénieurs, donc elle faisait avec les moyens du bord. Elle se disait que si elle arrivait à les garder et qu'ils relançaient les nouveautés, peut-être qu'elle pourrait renforcer l'équipe par la suite.

Finalement, après des heures à encourager mais aussi corriger leur erreurs et à leur expliquer (puis également de donner des instructions à Dave pour la suite), elle partit à la rencontre de Madame la Présidente et de son ennemi juré. Elle arriva la dernière. Certains avaient apparemment plus de temps que d'autres. Lau Gan-Lan la regarda à peine alors qu'elle se positionnait à côté de lui, face à Zhu Li qui avait les bras croisés sur la table et les regardait sérieusement.

« Bien. Puisque Madame Sato est arrivée, nous pouvons commencer », annonça-t-elle.

Elle prit soin de les saluer et de les remercier pour leur venue. Puis, elle parla de la situation des Tribus de l'Eau, la tête ailleurs. Les deux PDG se demandèrent ce que cela avait à voir avec leur business.

« … Ainsi, vous savez que Republic City a promis d'aider le sud, qui manque terriblement de moyens. Malheureusement, nous ne pouvons déployer les Forces Unies tout de suite car il n'y a pas eu de réelle agression, bien que je me doute qu'il doit y en avoir dans l'ombre… »

Elle parut pensive.

« Par conséquent, le seul soutien que nous pouvons donner est un soutien militaire. »

Elle s'arrêta là et regarda intensément Asami. Cette dernière se figea. Elle espérait qu'elle n'était pas en train de comprendre ce que qu'elle comprenait…

« Vous voulez qu'on leur fournisse des… véhicules militaires ? tenta-t-elle pour se rassurer.

- Non. Je veux que vous produisiez de véritables armes.

- Mais on est… principalement des compagnies automobiles… Je ne peux pas, Zhu Li. Pas maintenant. Pas alors que je viens enfin de me sortir de ce bourbier. On a des entreprises d'armement. Et ce n'est pas moi !

- Je ne vais pas te mentir, Asami, les entreprises d'armement sont majoritairement délocalisées à la République de la Terre qui, malgré ses aspects démocratiques, soutient l'impérialisme du nord. Republic City en elle-même n'a aucun moyen de se défendre, pas sans un armement neuf. Les armes les plus neuves que nous ayons sont celles qui ont été confisquées à Future Industries…

- Non. Je refuse. Il faudra m'y obliger. »

Zhu Li allait objecter, mais le président de Cabbage Corps prit la parole.

« Je ne vois pas pourquoi je suis là. Je n'ai jamais produit d'armes et je ne compte pas mettre en danger la réputation de mon entreprise.

- Vous êtes là parce que vos deux entreprises font partie des plus grandes entreprises de Republic City et que malgré vos différends, vous avez de nombreux points communs. Vous pouvez donc collaborer tous les deux à l'effort de guerre. Il s'agit d'aider la nation et l'équilibre du monde. On a besoin que tout le monde s'y mette, comme lors de la pandémie.

- Ce n'est pas pareil ! s'emporta la jeune PDG. Ça renvoie à d'autres choses !

- Et quand tu as réinventé les armes de ton père, non ?

- C'était différent ! »

Plutôt que de continuer le débat infructueux, Zhu Li lança une proposition.

« Pour toute la durée de la guerre et du besoin de réarmement, je ferai sortir Hiroshi Sato de prison. Il sera un employé de l'État et travaillera avec vos deux entreprises. C'est à prendre ou à laisser. »

Asami serra les dents et les poings. Elle savait que Zhu Li était dure en affaire, mais elle était généralement humaine. Ça c'était du chantage pur et dur ! Comment osait-elle utiliser son père ?

« Je ne vois pas ce que j'ai à y gagner, reprit le président de Cabbage Corps. Mon père n'est pas en prison, moi. »

La Présidente se concentra davantage sur lui pendant un moment. Elle lui présenta les avantages économiques, en termes de réputation et lui promit un certain contrat qu'elle faisait trainer depuis longtemps concernant une ligne de tram. Il accepta d'y réfléchir (après tout il n'était pas le seul actionnaire) et annonça qu'il devait être ailleurs.

Asami resta là, plantée, à ne plus trop savoir quoi dire ou quoi faire.

« Asami… tenta Zhu Li, un peu plus douce.

- Stop. Laisse-moi réfléchir. »

Alors, elle attendit.

« Tu ferais vraiment sortir mon père pour ça ? demanda-t-elle au bout de quelques secondes. Juste pour nous avoir dans le coup ?

- Pour t'avoir dans le coup. Je sais que ça rassurerait Varrick. Et Tonraq aussi. Ce n'est pas pour te sortir le coup de la belle famille, mais…

- Oui, je sais. Ça concerne Korra… »

Elle soupira.

« Je vais y réfléchir, concéda-t-elle. Future Industries sera présente pour l'effort de guerre, mais seulement et vraiment seulement si Cabbage Corps l'est aussi sous les mêmes conditions. J'imagine que d'autres entreprises se joindront à nous, bien évidemment.

- Bien évidemment. »

Asami hocha la tête. Elle ne foncerait pas tête baissée là-dedans. Elle devrait encore s'en justifier. Mais bon, c'était une demande officielle du gouvernement. Peut-être que ça pourrait l'aider dans sa quête de revalorisation. Si l'histoire avec son père ne se retourne pas en sa défaveur.

« Et mon père ? Quelles conditions ?

- Maison surveillée, bracelet électronique et escorte s'il doit se déplacer. Les réunions ne se feront jamais avec toi seule, mais toujours avec au moins un représentant de Cabbage Corps et du gouvernement. Je suis désolée, Asami, je ne peux pas faire mieux.

- Non, comme ça, c'est bien… C'est pour le mieux. »

Elle avait l'air pensive, et la Présidente la regardait peinée. Elle se sentait un peu coupable de devoir en arriver là. Elle se promit d'aider Future Industries le plus qu'elle pourrait après cela. Puis, le téléphone d'Asami sonna. Zhu Li l'autorisa à répondre.

« Bonjour, suis-je bien sur le téléphone d'Asami Sato ?

- Oui. En quoi puis-je vous aider ?

- C'est l'hôpital des Grands Esprits à l'appareil. On vous appelle car… »

Le visage d'Asami changea. Elle s'excusa auprès de Zhu Li et partit en vitesse, laissant cette dernière se demander ce qui avait bien pu se passer.


Une Manifestation pour la paix qui laisse des traces de violence

Aujourd'hui, alors qu'une manifestation pour l'indépendance du sud impulsée par plusieurs figures importantes des Tribus de l'Eau avait lieu, la situation tourna aigre.

En effet, suite à l'interruption des pourparlers à cause notamment du contrôle militaire imposé au sud par le nord, le monde est fébrile. Republic City a fermement condamné les actions du dirigeant du nord, tout comme la Nation du Feu, bien que celle-ci ce soit montrée plus modérée, mais le nord ne change pas de position. Les tensions montent. Doit-on se préparer à une guerre ?

En tout cas, le paysage géo-politique ne s'éclaircit pas le moins du monde alors que, cet après-midi lors d'une manifestation pacifiste, des personnes encore non-identifiées ont fait preuve de violence. Ils ont particulièrement visé les personnalités du sud menant le mouvement, mais aussi celles du nord les traitant de « traitres ». Malgré le peu de déclarations de la part de la police et l'aspect pour le moins récent des évènements, on peut faire l'hypothèse qu'il s'agirait d'extrémistes de la Tribu de l'Eau du nord.

On compte parmi les victimes […]


« Comment ça je ne peux pas la voir ?! Vous vous foutez de moi ?

- Madame… »

Cela faisait bien cinq minutes qu'elle se battait avec la secrétaire à l'entrée de l'hôpital et elle la voyait se ratatiner au fur et à mesure. Tant mieux ! Non mais pour qui se prenaient-ils ? Elle était Asami Sato, nom d'un chien ! Pour une fois que sa réputation lui servait à quelque chose…

Elle allait de nouveau ouvrir la bouche, ses yeux menaçant sérieusement de quitter ses orbites quand elle fut interpelée. Elle se retourna et croisa le regard de la cheffe de la police. C'était bien sa veine ça… Voir la femme qui avait jeté son père en prison. Non pas qu'elle lui en veuille vraiment mais ça la mettait mal à l'aise.

« Cheffe Lin Beifong », salua-t-elle percevant une ombre de soulagement dans le coin de son œil.

Elle avait envie de laisser échapper son dédain mais elle se retint. Elle se concentra plutôt sur son interlocutrice. Peut-être que si elle la manipulait on la laisserait entrer ?

« Tu es au courant que s'ils ne te laissent pas la voir c'est parce qu'ils n'ont pas fini de s'occuper d'elle ?

- D'accord, mais j'aimerais au moins savoir ce qu'elle a. »

Tout en disant cela avec amertume, elle jeta un regard noir à la secrétaire qui se cacha derrière son bureau. Lin soupira.

« Allez, viens, ordonna-t-elle avec sa voix râleuse. On va prendre un café.

- Mais…

- Korra va s'en sortir. Quand je l'ai vue, elle avait juste une blessure mineure à la tête. Avec quelques points de suture ça devrait le faire. »

La jeune PDG soupira sans pour autant se sentir soulagée. Elle se sentirait soulagée quand elle pourrait voir Korra. Ce qui n'était pas le cas maintenant, elle avait bien compris. Elle se retourna quand même vers la secrétaire qui payait pas de mine et lui tendit une carte.

« Vous m'appelez dès qu'elle est installée. C'est bien clair ? » demanda-t-elle, menaçante.

Elle eut le droit à un hochement de tête et tourna les talons, passant à côté de la cheffe de la police sans dire un mot.

La femme de la police ne s'en offusqua pas et prit sa suite. Son but était surtout d'éloigner Asami de là avant qu'elle fasse un carnage. Elle cédait à la demande stupide de Korra qui s'était doutée que sa compagne n'allait pas très bien prendre la chose. Non pas qu'elle était là pour accomplir les moindres demandes des politiques des gens qu'elle croisait. C'était une faveur. Et une petite rédemption. Parce qu'elle se sentait quand même un peu coupable de pas avoir pu protéger tout le monde comme elle était censée le faire. Mais ça, personne ne le saurait.

Elle finit par s'installer à une table dans un coin pour les pauses de l'hôpital avec la jeune héritière.

« Alors ? Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda cette dernière.

Elle n'attendit même pas la réponse et alla se chercher un café à la machine. Corsé. Elle devrait prendre un thé. Pour se calmer. Mais elle n'en avait plus rien à faire.

Lin en bonne enquêtrice remarqua le dosage et se dit qu'elle devrait peut-être lui dire de prendre du déca pour qu'elle reste un minimum calme, mais elle renonça en voyant à quel point Asami était tendue.

« Il semblerait que l'influence d'Unalaq s'étende même au sein de la police de Republic City.

- Quoi ?! s'étrangla la femme aux cheveux de jais, en se retournant brusquement le regard dur.

- L'enquête n'est pas encore terminée. Il semblerait que certains des nôtres aient été impliqués mais que d'autres portaient des uniformes sans être de la police. »

Elle soupira.

« En tout cas, on a pas fini d'en entendre parler.

- Et pour Korra ?

- Je dois encore prendre sa déposition, mais il semblerait qu'elle se soit interposée pour protéger quelqu'un. »

Asami but une gorgée de son café, les sourcils froncés.

« C'est tout elle », grogna-t-elle.

Lin n'ajouta rien et la femme d'affaires non plus. Elle regarda simplement dans sa tasse quand elle ne la buvait pas, attendant impatiemment de pouvoir aller voir sa compagne. Puis, au bout d'un certain temps, et après quelques tasses de café supplémentaires, une infirmière vint les voir pour les informer du numéro de la chambre.

Immédiatement, Asami était partie, à grandes foulées, dans cette direction, suivie de près par Lin. Arrivée à destination, la jeune femme d'affaires s'arrêta. Elle ferma les yeux un instant, la main prête à frapper à la porte, et respira un bon coup.

« On hésite maintenant ? demanda Lin.

- Non. Mais je vais essayer de pas trop l'engueuler… »

La cheffe de la police faillit sourire. Faillit seulement. À vrai dire, elle aurait bien engueulé Korra elle-même pour s'être mise en danger de la sorte.

Asami finit par frapper et ouvrir la porte. Elle se précipita à l'intérieur et remarqua Korra en train de toucher les points de suture à sa blessure à la tête en grimaçant. Elle se planta devant elle, le visage très fermé, et attendit.

« Hey… »

Asami haussa simplement un sourcil.

« Je suis désolée, ok ? Je sais que je t'avais promis d'être prudente… »

Arrêtant de jouer à la dure, la femme aux yeux verts s'écroula sur le lit et posa sa tête contre la poitrine de Korra.

« Ne me refais plus jamais ça… dit-elle, doucement.

- C'est qu'une petite blessure, Asami. C'est pas grave. »

Elle releva la tête et son regard verts perçant plongea dans celui de sa compagne.

« Ça aurait pu être grave ! La prochaine fois que t'essaies de jouer les héros, fais en sorte de te faire mal au bras ou je sais pas moi ! Est-ce que t'as la moindre idée de… de… »

La femme aux yeux bleus posa une main sur son visage, un regard profond sur son visage.

« Je sais. Je ne voulais vraiment pas t'inquiéter. »

Elle l'embrassa sur la joue et Asami soupira. Voyant que leur petite dispute de couple prenait fin (du moins elle ne souhaitait pas la voir s'éterniser), Lin se permit de se racler la gorge.

« Si vous voulez bien reprendre tout ça plus tard, il y en a qui ont du travail. »

Asami s'éloigna un peu mais garda la main de Korra dans la sienne pendant que cette dernière répondait aux questions. Elle apprit ainsi que Korra n'avait pas été si imprudente que ça (même si trop à son goût) : elle avait voulu protéger quelqu'un d'un projectile mais en s'interposant, on lui avait donné un violent coup dans les côtes, ce qui l'avait précipitée contre ledit projectile au lieu de l'éviter. Elle eut du mal à décrire les agresseurs car ils portaient des cagoules et des vêtements de policiers ou des vêtements complètement noirs.

Une fois qu'elle eut fini de prendre sa déposition, Lin partit, les laissant seules. Asami avait le regard dans le vague, alors Korra pressa une fois sa main.

« À quoi tu penses ? demanda-t-elle.

- Je vais le faire.

- Quoi ?

- Fournir des armes au sud. Si Unalaq n'est pas fair play, il faut qu'on soit prêts… Prêts à la guerre. »


Résistance du sud face à l'occupation arbitraire du nord : le début d'une guerre aux dimensions internationales

C'est une suite d'événement qui fait peur. D'abord cette occupation étrange du sud sous couvert de la pandémie, puis la suspension des pourparlers, et maintenant une résistance de la population qui s'amplifie. Soutenue par les Représentants du sud et par l'armée, c'est le début d'une guerre civile.

La communauté internationale retient son souffle. Elle a majoritairement condamnée des décisions d'Unalaq et soutenu le sud, mais sans réel investissement. La République de la Terre souhaite se tenir en retrait, n'étant pas exactement un exemple concernant la liberté de ses territoires. La Nation du Feu étant la plus pacifiste des nations, elle retient tout engagement dans un conflit extérieur à elle. Seule Republic City semble prendre les armes, ou plutôt les donner.

En effet, Zhu Li Moon exclut un déploiement de l'armée pour le moment, un fort pourcentage de la population ne souhaitant pas que les leurs meurent pour un combat qui n'est pas le leur. Néanmoins, dans ce soudage, il y a un huitième d'originaires du sud (et autres universalistes) qui sont déçus du manque d'implication des puissances mondiales. La Présidente ne peut ignorer la nature cosmopolite et médiatrice de Republic City. Ainsi, elle ne ferme pas les yeux sur la gravité des évènements mais veut porter une « assistance adaptée » au pays envahi.

Pour cela, elle met les entreprises de Republic City au service du sud. Elle compte fournir denrées, premières nécessités et, surtout, des armes. Ainsi, les grosses industries sont intimées de changer une partie de leur production en production d'armement. Parmi ces industries, Cabbage Corps et la tristement célèbre Future Industries. Malgré leurs différends les deux entreprises ont déclaré agir seulement selon les ordres du gouvernement. Quand interrogée plus particulièrement sur les liens personnels entre Future Industries et la Tribu de l'Eau du sud, sa PDG a répété qu'il s'agissait seulement de participer à un effort de guerre pour protéger la paix.

À ce jour, nous manquons encore de détails concernant la production d'armes. Est-ce que seules ces deux entreprises vont être impliquées ? Quelles armes produire ? Comment vont-elles être acheminées ? Un voile opaque pèse encore sur ces décisions de la Présidente Moon, à se demander s'il nous réserverait pas encore quelques surprises…


« Papa ? Papa ! Je suis là !

- Asami ? Mais par où tu es passée ?

- Pas par l'entrée.

- Je m'en doute… »

Depuis quelques jours, Hiroshi était en résidence surveillé. Il avait un bracelet électronique à la cheville et était gardé vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Zhu Li avait révélé qu'il était la pièce maîtresse de son projet de fabrication d'armes. Ça n'avait pas exactement fait des heureux… C'était pourquoi son lieu de résidence était censé être secret. Censé seulement.

En à peine quelques heures, l'information avait fuité. Lin était très vite remontée à un flic qui avait perdu sa fille lors de l'insurrection menée par les Equalists. Elle avait été séduite par les paroles du leader et était morte au combat, par l'une des propres armes d'Hiroshi. Il lui en voulait doublement : pour avoir donné de la puissance à ce mouvement et pour avoir fait les armes qui avaient tué son enfant. Et il n'était pas le seul…

C'était pour quoi depuis plusieurs jours, il y avait des protestations en bas du bâtiment où l'ex PDG logeait et qu'Asami devait user de ruse pour passer. Disons qu'elle était pas mal dans le collimateur depuis qu'on avait appris la sortie de son père de prison.

« Je devrais sûrement retourner en prison. On pourrait juste étendre les droits de visite et…

- Papa, non !

- Je n'ai pas le droit d'être là, Asami… Je suis très content de te voir mais ces pauvres gens… »

Sa fille se tut un instant. Elle jeta vaguement un regard par la fenêtre et écouta surtout le boucan qu'on entendait traverser les murs. Elle soupira.

« Je sais. Mais… c'est une question de sécurité, tu sais ? Ta sécurité, parce qu'on ne sait pas ce que la Tribu de l'Eau du nord pourrait te faire si tu étais en prison, et aussi la sécurité des plans. C'est pas vraiment de la courtoisie…

- Mmmm… »

Asami n'ajouta rien. Elle savait cela inutile. En fait, elle avait peur pour son père. Elle ne savait pas ce qu'il ferait. La dernière fois qu'il avait été confronté à une foule en colère (et qui voulait sa mort), il était plein de haine et de rage on venait de l'arrêter. Mais ses quelques années de prison l'avaient changé. Même si Asami restait parfois amère de son précédent comportement, elle savait que ce n'était plus le même homme : il était vrai, il cherchait le repentir et il tenait à être bon. Aussi bien ne savait-elle plus trop ce qu'il serait capable de faire pour apaiser la foule.

Cependant, elle chassa sa mine inquiète et parla avec lui de la production d'armes, notamment des problèmes chez Cabbage Corps qui avait un mal fou à s'adapter. Ils prirent le temps d'avoir quelques conversations plus personnelles au milieu des conversations de travail, puis Asami repartit, toujours invisible des yeux des manifestants.


Sud en bataille, sud en résistance

Alors qu'une guerre longue et pénible s'annonçait, les nations retenaient leur souffle. Puis, la guerre fut vite terminée, ou c'est du moins l'apparence que cette drôle de paix a.

Alors que la population fut prise en otage, les forces armées ont été vite immobilisées malgré les renforts en armement. Rapidement, il y a eu des prisonniers, des fusillades et des villages sont partis en fumée. L'occupation, déjà bien trop installée, est totale.

Malgré cela, la population du sud ne se soumet pas. Contrairement aux ordres des dirigeants qui ont levé le drapeau blanc, la population lutte grâce à des sabotages et des attentats en tout genre. Les soldats qui n'ont pas été faits prisonniers ont disparu, tout comme certains leaders de la résistance, tel Tonraq Nirvelli. La guerre, maintenant, ressemble à une guerre civile, qui s'insinue de façon insidieuse dans toutes les sphères de la vie de la population de la Tribu de l'Eau du sud, alors que cette nouvelle résistance nait dans l'ombre de l'occupation.

Les dirigeants du monde entier veulent de plus en plus soutenir le sud, mais comment donner des provisions et des armes à une armée fantôme ? Est-ce que les armées vont enfin se lever pour la défense de la paix et contre l'impérialisme du nord ? Rien n'est moins sûr, et pourtant, la situation semble plus désespérée que jamais…


« Korra, c'est du suicide ! Tu peux pas m'écouter et être raisonnable pour une fois dans ta vie !

- Je dois y aller. C'est là qu'est ma place !

- Ta place ? Quelle place ? Ta place dans le cimetière ? »

Honnêtement, elles ne savaient plus depuis combien de temps elles se disputaient. Et pourtant, Asami savait que quand Korra était venue la voir avec cet air grave, elle n'allait pas aimer ça. Mais retourner au pôle sud ? Elle était complètement dingue !

« Mon peuple a besoin de moi, Asami. De toute façon, tu ne comprendrais pas.

- Oh, mais si, je comprends très bien. Mais ce même peuple est opprimé et surveillé. Tu comptes te battre comment ?! Tu comptes y aller comment ?!

- Je trouverai un moyen !

- Tu crois qu'ils sont pas assez à mourir ? Pas assez sur des millions à se battre ? Qu'est-ce que ça ferait une personne de plus ou de moins ?

- Ça fait que j'ai des responsabilités ! Je dois être là-bas !

- Mais pourquoi ? C'est tout ce que je te demande ! Pourquoi !

- Parce… »

Elle ferma les yeux et mit un poing sur le cœur.

« Parce que je dois aller là où mon cœur me dit d'aller. Ce n'est pas parce que ma famille est là-bas ou parce que c'est ma maison. Pas seulement. C'est la bonne chose à faire. C'est ce que je dois faire. »

Elle rouvrit les yeux, déterminée, et fixa les deux orbes vertes. Face à elle, Asami ne répondit rien. Son visage était simplement contorsionné par la douleur et la tristesse, et des larmes menaçaient d'exploser en dehors de ses yeux. Puis, au bout de quelques secondes d'une immense tension, la femme aux yeux verts desserra les poings qu'elle avait contracté le long de son corps raide et dit simplement, froidement :

« Fais ce que tu veux. Ça ne me concerne plus. Je dois aller voir mon père. »

En deux grandes enjambées, elle avait pris son manteau et avait claqué la porte, ne laissant à Korra que le temps de laisser échapper un maigre :

« 'Sami… »

Puis, elle resta figée là, ne sachant plus trop quoi faire. Elle savait que sa compagne n'allait pas prendre la chose bien, mais elle aurait aimé qu'elles se quittent de façon un peu plus sereine. Après tout, elle ne serait plus là quand elle reviendrait…

Alors, elle soupira simplement, espérant qu'Asami allait bien voir son père (qu'elle n'avait aucune raison d'aller voir puisqu'elle l'avait déjà vu trois heures ce jour-ci).

« Ne fais pas quelque chose de stupide… »

Puis, elle prit ses affaires qu'elle avait préparées, laissa une note derrière elle, éteignit les lumières de l'appartement, mit son manteau, jeta un dernier coup d'œil à l'appartement alors qu'elle était sur le seuil de la porte, puis ferma la porte à clé.

Elle laissa la clé à proximité de l'entrée au cas où Asami n'aurait pas pris les siennes en partant si précipitamment, puis disparut dans les rues de Republic City. Elle ne réapparaîtrait plus avant de nombreux, nombreux mois…


Immigration de masse : que faire des nouveaux réfugiés de guerre clandestins de la Tribu de l'Eau du sud ?

Depuis que la guerre ouverte est terminée et que la résistance s'est mise en place, de plus en plus de réfugiés parviennent aux autres nations. Le Royaume de la Terre, dont les frontières sont poreuses, ont laissé entrer des centaines de personnes, voire des milliers. Le compte n'est pas encore certain et les chiffres ne cessent d'augmenter.

Parmi ces populations, des hommes, des femmes, des enfants, tous des civiles qui craignent le règne par la terreur d'Unalaq. Ils ont souvent été victimes ou ont vu des actes d'une violence effroyable. Les méfaits, cachés, de la puissance autoritaire sont de plus en plus révélés au grand jour. Face à cela, la chronique s'effare, les populations se bouleversent et les gouvernements réagissent. Le Seigneur du Feu, Izumi, a parlé « d'abominations sanglantes », la République de la Terre s'est réunie autour du terme « crime de guerre » de façon un peu trop conventionnelle, et la Présidente a parlé « d'actes illégitimes qui forcent à la consternation ».

Republic City fut l'une des nations à recueillir le plus de réfugiés grâce à sa nature cosmopolite. Les originaires du sud vivant dans la métropole ont pris en charge leurs compatriotes et ont été d'une grande aide dans la gestion de la crise, même s'il ne faut pas oublier le rôle des autres habitants de Republic City qui ont été eux aussi généreux face à la détresse de cette population.

Que faire maintenant ? Que ce soit en termes de logement, de nourriture, d'éducation ou de travail, tout s'annonce compliqué. On pourrait s'attendre à une folie du nord qui étendrait son impérialisme pour récupérer ces populations, ou peut-être juste une autre crise…


« Zhu Li, tu dois l'arrêter. Fais sauter son passeport ou je sais pas moi ! »

Débarquer dans le bureau de la Présidente en plein milieu de la journée pour une raison aussi personnelle ne lui ressemblait pas du tout. Mais elle était à court d'options. Elle avait essayé de se vider la tête en se baladant un peu à voiture, mais elle savait que Korra ne lui avait pas dit ça pour rien et que sa décision était prise. Autrement dit, il ne lui restait plus beaucoup de temps pour l'empêcher de faire une énorme connerie.

Zhu Li congédia son secrétaire qui était resté là au début de l'interaction et elle lui intima de limiter l'accès à cette pièce le temps de la discussion. Puis, elle posa calmement ses mains l'une sur l'autre sur son bureau et répondit simplement :

« C'est impossible.

- Bien sûr que c'est possible ! rétorqua-t-elle, furieuse, en abattant ses mains sur le bureau. Tu es la Présidente ! Et tu vas pas me dire qu'avec Varrick, tu n'as pas appris tout un tas de combines.

- Asami, soupira-t-elle, ce n'est pas que je ne veux pas t'aider, c'est que je ne peux pas t'aider. Ils ont prévu tout ça entre eux et ils ne vont pas utiliser des moyens conventionnels. On ne peut rien faire. C'est ainsi.

- Varrick y va aussi ?!

- Oui.

- Et tu ne fais rien pour l'en empêcher ?!

- C'est inutile. Tout ce que j'aurais dit n'aurait servi à rien. Tout ce que je peux faire, c'est l'encourager, en acceptant de rester ici à le soutenir.

- Mais… »

Elle ne comprenait pas. Elle ne voulait pas comprendre ! Elle tremblait, comme pour rejeter tout ça. Elle serra les poings. Pourquoi rien n'allait ?

Zhu Li se leva de sa chaise, fit le tour de son bureau, et posa une main réconfortante sur l'épaule de la femme aux yeux verts.

« Asami… Je sais que ça doit être dur pour toi, mais… c'est déjà trop tard. Tu peux juste l'accepter et attendre son retour. »

Alors, encore tremblante et ses poings contractés, elle se mit à sangloter. Deux grosses perles d'eau tombèrent sur le bois du bureau, éclatées. Asami fermait les yeux, l'entièreté du visage contractée, sa mâchoire allait comme se briser elle-même. Mais elle ne sentait pas la douleur face à sa rage et à son chagrin.

« Non… pleura-t-elle. Elle ne peut pas… Elle m'avait promis… Elle m'avait promis ! Pourquoi elle est partie ?! Pourquoi ?!

- Shht… »

Zhu Li, avec toute la tendresse du monde, prit la jeune femme dans ses bras (une fois qu'elle eut accepté de se laisser un tout petit peu réconforter). Et sûrement parce qu'elle traversait également la même épreuve, elle resta là en silence à la tenir entre ses bras, comme si elles se comprenaient assez simplement dans cette étreinte. Puis, sûrement pour se rassurer elle-même aussi, elle murmura dans son oreille :

« Ils vont revenir. Sains et saufs, tu verras. Il faut garder espoir. »

Elle entendit de nouveau les bruits des larmes, de la respiration agitée entre deux hoquets qui s'entrechoquent. Une peine qui avait du mal à se libérer.

« Je l'aime tellement… »

Elle parvint miraculeusement à déchiffrer ces mots mouillés parmi les pleurs.

« Je sais, ma puce. Je sais. »

Moi aussi, je l'aime tellement, pensa-t-elle en référence à son mari. Mais ils étaient tous les deux partis accomplir une mission qui les dépassaient, visiblement. Non pas qu'elle était particulièrement d'accord avec cette mission, parce que comme Asami, elle y voyait trop de risques pour trop peu de résultats. Mais elle avait arrêté de contester les décisions folles de Varrick il y avait bien longtemps, car généralement – généralement – elles avaient un sens. Au moins ils étaient tous ensemble et ils se couvriraient les uns les autres…

Au bout d'un certain temps à câliner Asami pour qu'elle se calme, les larmes se firent plus discrètes, et une boite de mouchoirs plus tard, elle adoptait de nouveau un comportement plus habituel, et par plus habituel il fallait entendre plus professionnel. Elle mit un masque de courtoisie, s'excusa pour son impertinence envers Madame la Présidente, puis finit par partir sans demander son reste (bien qu'elle remercia quand même Zhu Li pour sa patience au passage). Cette dernière essaya bien de la retenir un peu, mais c'était peine perdue.

Asami retourna chez elle. Elle arriva en trombe à son appartement, tout ça pour remarquer qu'elle n'avait pas les clés. Elle râla mais les trouva bien vite près de la porte. Elle s'arrêta pour les contempler un instant quand elle les remarqua. Elle savait qui les avait posées là et aussi ce que ça signifiait.

Alors, mollement, elle mit la clé dans la serrure et la tourna, espérant presque que la porte ne se rouvre pas, comme si ça allait changer quelque chose. Et la porte s'ouvrit. Il faisait sombre. C'était un jour maussade qui ne laissait pas entrer la lumière, alors elle appuya sur les interrupteurs pour illuminer les pièces et n'y trouver qu'une nouvelle forme de vide. Elle retint ses larmes, posa ses affaires, referma la porte à clés, et voilà. C'était fini.

Elle parcourut vaguement l'appartement, tombant sur la note de Korra.

« Asami,

Je suis désolée de la tournure des évènements. Je savais que ma décision ne te plairait pas, mais je devais le faire. J'espère que tu comprendras. Je me suis permis de t'emprunter quelques documents de Future Industries, tu sais lesquels.

Je reviens aussi vite que possible. Prends soin de toi. Je t'aime,

Korra.

P.S. : Mange sainement même si je ne suis pas là. »

En fait, elle n'était même plus sûre d'avoir la force de pleurer. Elle se sentait juste vidée. Elle abandonnait pour aujourd'hui. Il y avait trop de choses. Elle ne voulait pas les affronter maintenant.

Elle rejoignit sa chambre et se coucha sans réussir à dormir. Au lieu de cela, elle ne put s'empêcher d'imaginer les pires scénarios. Super. Elle allait en faire des sacrés cauchemars pour changer…

« Papa avait raison. On a pas eu assez de temps… »


A/N : J'espère que ça vous a plus ! Le prochain chapitre va être cool, vous verrez.

À plus !

Lion