A/N : Hellooo !
J'espère que vous êtes prêts, parce qu'on va y aller fort avec ce chapitre. Attendez-vous à un changement de ton et à un rythme… haletant ! Je suis assez fière de moi.
Je vous donne les nouvelles à la fin !
Bonne lecture !
À son bureau, elle soupira. Elle gardait une main sur le front et un coude sur la table, soutenant sa tête, pendant qu'elle écrivait. Ça commençait à faire un moment qu'elle avait cette migraine. Peut-être qu'elle devrait rentrer.
Dans le silence de la pièce, elle entendit quelques coups discrets sur la porte. Elle ferma juste les yeux, essayant de retenir les pulsations à l'intérieur de son crâne. Puis, la personne qui avait frappé passa timidement sa tête dans l'ouverture de la porte.
« Asami ? Je vais rentrer, ça va aller pour toi ?
- Oui, oui. Merci, Lu, à demain. »
Il afficha une mine inquiète mais ne fit aucun commentaire. Depuis que Korra était partie, la santé de son patron était pour le moins… fébrile. Elle avait perdu un peu de poids, son teint était un peu plus blafard, et ses habitudes néfastes ne faisaient qu'être plus présentes, ce qui n'aidait en rien son état. Elle avait enchainé les rhumes et les douleurs diverses et variées pendant un temps, mais elle était quand même venue travailler ce qui avait fait trainer les choses en longueur et c'était un cercle vicieux, vraiment. Néanmoins, ça faisait un moment qu'il avait abandonné l'idée de l'aider. Au moins il serait là pour appeler les pompiers ou le SAMU s'il y avait un gros problème.
« Bonne soirée, finit-il juste par dire à regret.
- Bonne soirée, répondit-elle. »
Elle entendit encore un peu de bruit le temps que Lu parte, puis ce fut le silence. Elle se laissa tomber sur son bureau et mit sa tête entre ses bras. Ugh… Il fallait vraiment qu'elle rentre… Elle avait prévu de voir son père, chose qu'elle faisait beaucoup en ce moment car elle ne tenait pas particulièrement à rentrer chez elle. Parfois elle dormait là-bas ou même à son bureau, et elle savait qu'elle devait se ressaisir mais, honnêtement, elle n'en avait aucune envie.
Au bout de quelques minutes, pendant lesquelles elle dut s'assoupir subrepticement, elle décida de partir. Elle prit ses affaires, appela un taxi au vu de son état et rentra simplement chez elle. Elle prit à peine le temps de se débarbouiller et plongea sous ses couvertures. Et elle dormit…
… jusqu'au milieu de la nuit, où elle se réveilla brusquement, haletante. Elle grogna, tâcha de reprendre son souffle et eut simplement envie de se taper la tête. Ça lui arrivait assez souvent, autre raison pour laquelle elle dormait peu. Parfois, elle avait des cauchemars, parfois elle se réveillait juste avec ce sentiment d'angoisse, rattaché ou non à une situation. Enfin, ça avait souvent un rapport avec Korra…
Quand elle se sentit un peu plus sereine, bien qu'assez en colère, elle se remit sur son lit, un coussin derrière son dos, puis alluma sa lampe de chevet. Elle ouvrit le petit tiroir du meuble en-dessous et en sortit une lettre. Elle l'ouvrit et déplia le papier à l'intérieur.
« Chère Asami,
J'espère que malgré les circonstances dans lesquels nous nous sommes quittées, tu voudras bien accepter cette lettre. Je voulais simplement te dire que je suis arrivée à destination et je suis dans un endroit sûr. Cela fait quelques jours et je m'habitue à ce nouvel environnement petit à petit. J'ai encore beaucoup de choses à apprendre et je dois trouver ma place dans cette organisation millimétrée. Mon père veut me protéger, j'imagine que ça te rassurera. Je ne suis pas « censée » aller près de l'ennemi… Ouais, tu me connais, je ne vais pas forcément rester sage dans mon coin à ne rien faire.
Je sais que tu dois te sentir assez mal et assez triste, mais persévère. Je suis sûre qu'on va se revoir, je ne sais juste pas dans combien de temps. Je continuerai à t'envoyer des nouvelles d'une façon ou d'une autre. Et je surveille les tabloïds pour avoir de tes nouvelles ! Attends, on sait jamais, tu pourrais me faire une infidélité !
En vérité, c'est dur, je savais que ça allait être dur, mais j'aurais aimé que tu sois à mes côtés. Ne pas pouvoir te voir, t'entendre, savoir comment tu te débrouilles, c'est compliqué. Mais j'ai trop peur que mon oncle s'en prenne à toi en essayant de savoir où on est, c'est mieux comme ça. Tu ne vas pas pouvoir me répondre, et j'en suis désolée. Mais tu es probablement consciente de ce que ça implique, Mme l'intelligente.
Ce sera tout. J'espère que cette lettre arrivera bien à destination, je ne vais pas pouvoir en écrire beaucoup avec la surveillance intensive qu'il y a.
Je t'aime, Asami. N'oublie pas. Moi, je ne vais pas oublier.
Prends soin de toi,
K. »
C'était la première lettre de Korra et, on pourrait dire, la seule. Elle avait reçu d'autres nouvelles, mais ce n'était pas des lettres à proprement parler. Elle lui demandait parfois comment ça allait, bien qu'elle sache qu'elle n'aurait aucune réponse pour le bien de sa sécurité. La majorité des autres messages étaient simplement là pour la rassurer et lui dire qu'elle était toujours en vie. Elle en avait reçu deux en près de cinq mois après cette première lettre.
La jeune PDG la relisait tous les soirs avant d'aller dormir. Parfois, elle pleurait un peu, mais ça lui était globalement passé au bout de quelques semaines. Elle avait repris le cours de sa vie. C'était une vie un peu terne parfois, mais c'était sa vie quand même. Et aussi stupide que ce soit pour elle, elle attendrait Korra, parce qu'elle voulait croire qu'elle allait lui revenir.
Elle ne lui avait pas exactement pardonné. Elle était encore très en colère par rapport à sa décision, et même si elle faisait son possible pour comprendre, elle avait beaucoup de mal à l'accepter. Bien qu'elle trouvât que Korra était une sacrée imbécile, elle l'aimait, elle et son grand cœur. Asami savait que lorsque sa compagne rentrerait (si elle rentrait), tout ne serait pas rose. Il faudrait reparler de ce qui s'était passé, il faudrait se réaccorder, elles auraient probablement toutes les deux changé, et peut-être même que leur couple volerait en éclat. Mais pour que ça n'arrive pas, il fallait lui donner le bénéfice du doute, et c'est tout ce qu'Asami pouvait faire pour l'instant.
Délicatement, elle replia le papier et remit la lettre dans le tiroir avec tous les autres petits messages. Elle regarda l'heure : 3 heures. Elle se leva et, faute d'avoir mangé le soir en rentrant, elle se prépara de quoi manger. Peut-être qu'elle arriverait à se rendormir comme ça. Vers 4 heures, elle sentit la fatigue revenir alors qu'elle lisait un peu. Elle se rendormit.
Elle n'avait pas mis de réveil. De toute façon, elle se réveillait souvent toute seule, que ce soit à cause d'un cauchemar ou juste par automatisme, donc si elle dormait un peu plus, ce n'était pas très grave. En tout cas, elle espérait qu'elle pourrait dormir et ne pas voir une nouvelle déclinaison de la possible mort de Korra… Elle espérait vraiment qu'elle irait bien.
Bientôt… Encore un petit peu… Bientôt…
Des formes sombres étaient cachées derrière un talus. Dans quelques secondes, minutes tout au plus, un train allait passer. Il y avait dedans des prisonniers de la résistance. Quand c'était des armes ou du matériel, c'était plus facile : il suffisait de faire sauter le train grâce à un drone. Mais là, il s'agissait des leurs. Bien entendu, le train était très surveillé, ce qui en faisait une mission à haut risque.
Et pourtant, ils étaient là, cachés parmi la forêt entre arbres et rochers. Ils n'avaient pas beaucoup de temps : le train aller passer à une vitesse éclair. Faute de pouvoir l'attaquer à un des arrêts à cause d'une trop grande présence militaire, il fallait le faire pendant qu'il roulait, et pour cela, il fallait arrêter le train ! Rien que le trouver avait été un calvaire.
Encore un petit p- Maintenant !
Un sifflement retentit. À ce moment, un chien-ours polaire se mit au travers de la voie. Puis, il attendit. Ce ne fut que lorsque le train allait le percuter qu'il détala en vitesse. Le chauffeur, alarmé par la bête, avait provoqué le freinage d'urgence. Tout le monde était secoué. Pas le temps d'attendre qu'ils se ressaisissent. Le chien-ours polaire revient tout à coup et percute le wagon du conducteur, le faisant tomber. Un nouveau sifflement : le combat est engagé.
Les soldats de l'oppresseurs sont de sortie, certains gardent les portes, la tête d'un prisonnier au bout de leur canon, et des mystérieuses balles les fauchent. Ils tirent, vers les arbres, vers les rochers, mais ils sont à contre-jour, c'est le coucher du soleil : ils ne voient rien.
Mais ils continuent de lutter, ils sortent l'artillerie lourde : des grenades, des explosifs, des bombes incendiaires, tout ce qui peut toucher le plus grand nombre d'ennemis. Ils tirent. Et cette fois ils entendent les cris de leurs assaillants. Bien, ils pouvaient lutter : ils les auraient tous, jusqu'au dernier. Ils étaient forcément moins qu'eux et eux étaient protégés par la carcasse du train.
Puis, un nouveau sifflement. Mais personne ne vit la bête blanche attaquer. Elle était… partie. Battaient-ils en retraite ?
Quelques minutes plus tard, on leur prouva que ce n'était pas le cas. La bête blanche était de retour, les crocs saillants, une armure sur le dos et chevauchée par une cavalière masquée et en armure également. C'était lui : l'Avatar. En tout cas, c'est comme ça que les gens du sud l'appelaient en référence à une vieille légende sur un sauveur de l'humanité. Les soldats du nord l'appelaient « le Démon Blanc » parce qu'il était le seul à avoir une armure blanche avec quelques rayures bleues en lien avec le drapeau du sud. C'était mauvais. Ce combattant prenait rarement part aux actions, mais quand il le faisait, leur défaite était presque assurée.
Alors, quand quelqu'un cria « le démon ! » tous les tirs furent troublés un instant et une partie se concentrèrent plutôt sur la figure masquée. Cette dernière, s'attendant à ce problème, avait pris d'assaut la première porte du train. Elle s'était glissée à l'intérieur et profitant de l'effet de surprise avait abattu tous les gardes dans un ensemble de gestes maitrisés. Plus qu'à délivrer les prisonniers.
Elle se jeta devant le premier. C'étaient des chaines. Ils étaient tous reliés les uns aux autres et ils étaient attachés au sol. Super. Il lui fallait la clé ! Elle regarda autour mais les ennemis avaient pris soin de laisser les clés au départ et à l'arrivée du train pour ces cas-là. Faire sauter toutes les serrures allaient prendre une plombe !
« Qu'est-ce que tu fais ici ?! s'alarma le premier prisonnier. Je t'avais dit de rester cachée !
- Vraiment ? Maintenant ?
- Korra, je plaisante pas. Pars tout de suite d'ici !
- Pas avant d'avoir délivré tout le monde.
- Korra !... »
Il n'eut pas le temps d'ajouter quelque chose qu'une explosion retentit à l'extérieur. Une explosion proche. Un peu trop proche. Le soldat avait mal visé, mais il essayait probablement de faire sauter le premier wagon. Une deuxième grenade avait été lancée et tout le monde retint son souffle. Si elle explosait dans le wagon, ils étaient tous morts.
Mais elle n'atteignit pas le wagon. D'un coup, un membre de la résistance venant de l'extérieur s'interposa et mit un coup dans la grenade, la renvoyant à l'agresseur.
« Korra, qu'est-ce que tu fous ?! Tu peux pas venir dans un wagon sans quelqu'un pour te couvrir !
- Je…
- Le bouclier ! »
Alors, la jeune femme lui lança un objet qui ressemblait à une espèce de tringle avec trois couches de métal et d'alliage et le membre de la résistance, le planta devant la porte. Il bougea ensuite les panneaux coulissants, bloquant l'entrée. Le train était un train modifié spécifiquement pour supporter une attaque, donc les balles et autres explosifs ne pourraient pas rentrer à travers les toutes petites meurtrières.
Ils n'eurent pas le temps de dire ouf que les ennemis remarquèrent leur incapacité à pouvoir les toucher en passant par la porte et décidèrent de débouler par la porte entre les wagons. Le membre de la résistance les tua immédiatement avec des balles bien placées. Il se précipita de ce côté et bloqua à la porte.
« Et t'avais même pas bloqué les autres entrées ?! »
Korra grogna. Elle avait oublié. C'est pas comme s'il pouvait la toucher avec leurs balles, à moins qu'elles soient à bout portant. Là, ça pourrait éventuellement fracturer son armure. Elle ne dit rien et se concentra plutôt les serrures. Elle ne pouvait pas tirer dedans, ils n'avaient pas assez de balles et de toute façon ça risquait de ricocher ou d'endommager le mécanisme, et même si elle arrivait à dénouer leurs mains, ils resteraient bloqués par la chaine au sol. Et impossible de trouver comment ouvrir cette chaine-là !
Elle grogna une nouvelle fois. Asami allait la tuer. Elle savait que cette combinaison n'était pas au point… Plusieurs mois en arrière, quand la jeune ingénieure travaillait sur le prototype qu'elle était en train de porter, elle s'était concentrée sur le casque. Elle avait voulu intégrer une vision thermique, une vision infrarouge et une vision par rayons x. Et disons que la vision par rayons x n'était pas très bonne pour la santé. Mais si c'était juste… une fois, ça devrait aller ?
Elle entendit une nouvelle explosion. Cette fois elle était sur la coque du wagon. Ils voulaient entrer. Il n'y avait pas de temps à perdre.
« Merde, merde, merde… » entendit-elle son coéquipier marmonner alors qu'il trifouillait toutes les serrures en espérant trouver comment tous les libérer.
Korra arrêta d'essayer de penser. Il fallait survivre maintenant. Plus tard ce serait autre chose. Elle activa la vision par rayons x. Il lui fallut un temps pour s'acclimater à ce qu'elle voyait, puis elle suivit la chaine dans le sol du regard. C'était dessous, c'était forcément dessous. Elle ne voyait aucune serrure. Il fallait faire péter le sol. Le métal était trop dense pour qu'elle y voit à travers. Là ! Une trappe cachée ! C'était invisible à l'œil nu, mais le métal était d'une couleur différente avec les rayons x.
Elle se précipita à cet endroit et fit coulisser la trappe. Elle plongea la tête à l'intérieur et cette fois elle vit le mécanisme. Ok, à priori, avec la vision à rayons x, elle devrait pouvoir ouvrir la serrure. Elle sortit deux fines lames de derrière ses talons et poussa les crans un à un pour ouvrir la serrure. Après plusieurs minutes où elle sua abondamment et dut recommencer à cause des explosions qui lui faisaient lâcher sa prise, la serrure était enfin ouverte.
« On dégage ! » lança-t-elle.
Elle coupa la vision à rayons x, déplaça le bouclier pour qu'il les protège de projectiles venant de la direction des autres wagons, puis siffla Naga. La chienne ours polaire, qui était allée arracher quelques bras, revint au signal de sa maitresse.
« Protège les prisonniers », ordonna-t-elle.
Naga aboya une fois. Korra déploya un bouclier sur le côté du chien-ours polaire et lui fit tenir dans sa bouche. Naga était certes protégée par une armure comme elle, mais ce n'était pas le cas des prisonniers. Sans compter que le bouclier était très lourd, ils auraient probablement du mal à le porter avec leur condition physique affaiblie.
Les prisonniers se mirent derrière Naga par groupe de quatre et traversèrent le champ de bataille pour rejoindre la forêt et s'enfuir. Les ennemis ne pourraient pas passer. Ils avaient déjà arrêté de leur envoyer des projectiles, ou ça se faisait plus rare, tellement ils étaient acculés par leurs forces cachées par le contre-jour. Mais elle savait que certains étaient juste cachés à l'intérieur du train et avaient appelés des renforts. Il fallait faire vite et disparaître. Il y avait encore cinq wagons remplis des leurs !
« Et maintenant ? demanda son coéquipier.
- On passe au deuxième wagon par l'intérieur.
- Bon plan, cheffe.
- Korra, entendit-elle de derrière.
- Pas maintenant, Papa. Enfuis-toi avec les autres. »
Il allait ajouter quelque chose, mais les chaines à ses poignets ne le rendraient pas très crédible. Alors il hocha la tête et partit quand Naga revint.
Pendant ce temps, Korra rentra sans cérémonie dans le deuxième wagon. La porte vers l'extérieur était refermée : bien. Ça leur évitait d'avoir à déplacer le bouclier alors que tout le monde n'était pas encore parti. Après la porte restait l'endroit le plus sensible de la coque, donc ça restait dangereux. Ils avaient déjà abattu les gardes, donc c'était pratique aussi. Cette fois, ils ne firent pas la même erreur et commencèrent par bloquer la porte qui menait aux autres wagons.
Et ce fut pareil que le wagon précédent : Korra ouvrit la trappe, elle débloqua le mécanisme grâce aux mouvements qu'elle avait mémorisés de celui d'avant et elle invita les prisonniers à rejoindre le premier wagon pour sortir. Pendant ce temps-là, son coéquipier couvrait les issues et regardait comment se passait l'évacuation. Quand les prisonniers s'étaient réfugiés dans le wagon du devant, ils ouvrirent la porte et passèrent au troisième wagon. Les armes étaient déjà braquées sur eux, ils étaient beaucoup plus nombreux, au moins six, la porte était fermée et des prisonniers étaient utilisés comme otages, un canon au bout de la tempe.
Ils se cachèrent derrière les parois à côté de la porte et se regardèrent. Ils allaient probablement leur lancer un explosif au bout d'un temps. Ils savaient qu'ils ne pourraient pas le renvoyer. Il leur fallait un plan. Vite !
Mais le « au bout d'un temps » s'avéra plus court que ce qu'ils pensaient. Quand Korra vit la grenade, elle ne réfléchit pas. Elle enleva son casque et se jeta sur l'explosif. Au bout de quelques secondes qui lui parurent interminables, elle se vit projetée contre le plafond du train et retomba lourdement, le souffle coupé. Elle était sonnée. Elle savait qu'elle devait bouger mais sa tête était lourde et pleine de brouillard. Son regard hagard cherchait quelque chose sur lequel se fixer, comme si ça allait l'aider à reprendre un peu ses esprits. Et puis, un sifflement, un brouhaha, et le son revint. Ugh, et un casque en moins…
Quand elle releva la tête, elle vit son coéquipier qui se tenait le bras, plusieurs filets de sang coulant sur sa main. Il s'était pris une balle et grimaçait. Bordel.
« Kyle…
- Ça va. Il faut qu'on se grouille.
- Je sais. »
À peine disait-elle cela qu'elle entendit Naga hurler comme un loup à la lune. Bien, tous les prisonniers avaient traversé. D'un coup, Kyle alla vers la porte.
« Qu'est-ce que tu fais ?!
- J'ai un mauvais pressentiment. Sortons d'ici et faisons l'état de nos forces.
- On a pas le temps pour ça !
- Ils se foutent de la vie des prisonniers, ils vont continuer à nous tirer dessus et nous jeter des explosifs. Tu n'as plus ton casque !
- Je… »
Une nouvelle grenade venait d'arriver à leurs pieds. C'est pas vrai !
« Dehors ! » cria-t-elle.
Ils ouvrirent la porte et sortirent tous les deux du train, en plein dans le champ de bataille, et se glissèrent sous la carcasse métallique pour se protéger. Quand la grenade eut explosé et qu'ils retrouvèrent leurs sens, Korra siffla Naga qui vint les protéger et les rapatrier de l'autre côté. Elle se faufila vers l'arrière, où une jeune femme avec des lunettes améliorées pour une meilleure vision de loin se trouvait, une radio à la main.
« État ? exigea-t-elle.
- On a perdu un quart de nos hommes. Les ennemis se sont repliés et attaquent seulement quand on essaie d'avancer. Le dernier wagon n'a plus de soldats à l'intérieur. On a intercepté une communication radio. Il nous reste moins de vingt minutes pour libérer tout le monde et disparaître.
- Les prisonniers des deux premiers wagons ?
- Escortés par cinq de nos hommes. En chemin vers le lieu de repli. Tonraq est bien avec eux.
- Ok.
- On fait quoi, cheffe ? demanda Kyle. On devrait peut-être partir. On a récupéré pas mal de monde.
- Non. On peut au moins s'occuper du dernier wagon. Je vais traverser avec Naga.
- Korra, tu n'as plus de casque. C'est trop dangereux.
- Vous allez me couvrir. Combien dans le quatrième wagon ?
- Ils ne sont plus que deux, dit l'informatrice.
- Ça fait deux wagons que je peux libérer. Ok. Chargez-vous des deux autres. Dans quinze minutes, tout le monde est parti, peu importe l'état de la bataille.
- Bien reçu, acquiesça l'informatrice.
- Je viens avec toi, s'imposa Kyle.
- Non, tu es blessé. Tu vas me ralentir. »
Puis, elle appela Naga en un claquement de langue. Elle monta sur l'animal et se pencha un maximum sur elle pour protéger sa tête. Elle pouvait le faire.
« Yip, yip ! »
Et le chien-ours polaire fonça. Elle ressortit de leur camp en un saut et se dirigea directement vers le dernier wagon. Elle ne s'arrêta même pas. Korra sauta dedans et bloqua la porte pour que le wagon avant ne l'attaque pas. De toute façon, de ce qu'elle entendait, ils avaient d'autres problèmes. Ils avaient riposté en voyant Korra avancer et Naga avait pris leurs bras dans sa gueule et les avaient trainés dehors. Korra ne perdit pas de temps à essayer de comprendre ce qui se passait. Elle se dirigea vers la trappe et ouvrit la serrure. Ensuite, elle siffla de nouveau Naga et les prisonniers commencèrent à partir.
Korra bougea et se déplaça pour aller au wagon suivant, mais ils avaient bloqué la porte. Évidemment… S'ils n'étaient plus que deux et qu'ils se protégeaient, ça paraissait logique… Alors, elle sortit, se glissa sous Naga, puis sous le train et rampa vers la porte du cinquième wagon. La porte était ouverte, il y avait des soldats morts à l'entrée. Elle espérait que c'était les soldats du wagon. Alors, elle passa rapidement sa tête dans l'ouverture et ne vit que des prisonniers, le regard plein d'espoir quand ils la virent elle. Alors, elle sauta dans le compartiment, vérifia que la porte était bien bloquée, et enleva la chaine qui les clouait au sol. Puis, comme précédemment, elle les invita à rejoindre les autres prisonniers pour évacuer avec Naga.
Bon. Plus que deux. Elle pourrait aller regarder… Si le troisième wagon avait encore six soldats, le quatrième ne pouvait pas en contenir autant… si ? Si elle avait encore son casque, elle pourrait utiliser sa vision thermique…
Comme le quatrième wagon, le troisième était sur la défensive. Toutes les entrées étaient bloquées. Korra passa la tête en dehors du wagon dans lequel elle se trouvait pour avoir un aperçu de ce qui se passait. Ses coéquipiers étaient sur l'offensive mais les balles ne faisaient que ricocher contre la surface de l'appareil. Quelques explosifs avaient été lancés mais n'avaient été guère efficaces. La coque avait bien subi quelques dommages, mais il faudrait une artillerie plus lourde pour la transpercer. Ce n'était pas qu'ils n'avaient pas d'artillerie plus lourde, c'était que c'était trop risqué pour les personnes qui se trouvaient à l'intérieur.
Peut-être par le toit ? Non, s'ils passaient par le toit, ils n'auraient pas le temps d'entrer qu'ils seraient déjà fusillés par les ennemis. Korra grimaça. Elle regarda l'heure une dernière fois. En réalité, ils avaient besoin de cette avance pour s'échapper. S'ils partaient maintenant…
La jeune femme entendit un aboiement. Elle se retourna et vit que tous les prisonniers avaient traversé. Elle hocha la tête vers Naga et sauta sur elle. Instantanément, la chienne-ourse polaire partit. Korra traversa ses troupes en annonçant la fin de la mission. Plan de repli en cours. Elle rejoignit Kyle et celle qui observait la bataille.
« On part, déclara-t-elle. Je veux les prisonniers en trois groupes, tous vers le nord. Je pars vers l'est. On se retrouve à la base.
- Korra, intervint Kyle. Tu ne peux pas faire ça… Tonraq…
- Je suis plus visible que vous et Unalaq veut ma peau de toute façon.
- Prends au moins quelques hommes avec toi. Je peux venir.
- Kyle, on en a déjà parlé et tu es blessé. On a pas le temps pour les discussions. On doit profiter des quelques minutes d'avance qu'on a. »
Même si on a pas pu sauver certains des nôtres, pensa-t-elle. Elle écarta cette pensée pour se concentrer. Elle aurait tout le loisir de se sentir coupable quand le reste des leurs serait sain et sauf.
Elle siffla.
Tout le monde se mit en mouvement. Quelques tireurs restèrent sur place, moins d'une dizaine : ils tiraient et lançaient des explosifs pour cacher leur retraite. Ils devraient s'enfuir bien plus vite que les autres. Les prisonniers étaient en mouvement vers le nord, vers différents points de ralliement qu'ils avaient préparé juste avant prévus pour les soins d'urgence ou tout autre difficulté logistique. Ils avaient réussi à avoir quelques chevautruches pour les gens qui ne pouvaient pas avancer bien vite, mais les chevautruches devaient être libérés à partir des points de ralliement. Il fallait y arriver le plus vite possible et repartir presqu'aussitôt. Du moins, c'était le plan. La base était à trois jours à pied, au vu du nombre de précautions qu'il fallait pour s'y rendre. De toute façon, ce n'était qu'une base temporaire, puisque la leur avait été prise d'assaut quelques semaines plus tôt.
Pendant ce temps-là, Korra servait de leurre, ainsi que les quelques hommes restés derrière. Ils partaient dans des directions à la fois semblables et opposés. Le but était d'appâter l'ennemi, de lui donner du grain à moudre, puis de disparaître. Il fallait être encore plus prudent, vérifier que les différentes pistes menaient bien à des impasses avant de pouvoir rentrer. C'était long, dangereux et flippant. Mais que quelques personnes se fassent possiblement capturer alors qu'ils venaient d'en libérer des dizaines, est-ce que ça valait le coup ? Oui, certainement.
Pour sa part, Korra y croyait fermement. C'était pour ça qu'elle était penchée sur Naga, qui traversait la steppe à toute vitesse. Les arbres n'étaient pas assez denses pour les camoufler, surtout pas avec une chienne ourse-polaire qui, comme sa cavalière, était toute en armure blanche éclatante. Ils auraient pu essayer de se dissimuler aussi, mais Naga était massive dans tous les cas, autant utiliser ça à leur avantage. Il fallait juste qu'elles arrivent à atteindre la toundra. Peu de soldats s'y aventureraient et elles seraient presque invisibles, avec un peu de chance, il y aurait peut-être même une petite tempête. Mais c'était quand même à plusieurs heures de l'endroit où elles étaient et la nuit tombait. Ce qui était tout à leur avantage pour s'enfuir mais… la fatigue ne leur permettrait probablement pas d'arriver jusqu'à destination en une fois. Surtout à ce rythme.
Naga zigzaguait à travers les arbres, elle sautait par-dessus de gros rochers. Korra filait vers le nord, mais seulement pour un petit moment. Elle faisait semblant de suivre un chemin camouflé qui la détournerait ensuite vers l'est. Peut-être qu'ils auraient de la chance. Peut-être qu'on ne les poursuivrait pas.
Cet espoir fut de courte durée. Déjà, elle entendait des bruits métalliques derrière elle, des bruits de feuilles qui sont écartées, des bruits de feuilles qui brulent, d'animaux qui fuient, d'air brassé par un hélicoptère. Jackpot. L'hélicoptère. Korra porta sa main vers sa tête. Ah oui… Elle n'avait plus de casque. Heureusement qu'elle avait une deuxième radio sur elle. Elle l'activa.
« À tous ceux qui servent de leurres, attaquez l'hélicoptère. Il faut qu'ils aient l'impression qu'ils nous menacent. »
Et elle n'allait pas être exempte de son ordre. Elle conduisit Naga vers une butte un peu surélevée et appuya sur une zone à l'extérieur de sa cuisse droite. Un compartiment s'ouvrit et elle put prendre un tout petit pistolet. Elle n'aimait généralement pas utiliser les armes à feu. Elle avait bien plus de couteaux et autres jouets cachés à divers endroits et elle privilégiait la force de ses poings, mais parfois il fallait des projectiles.
Elle tira la première. Elle réussit à percer la fenêtre de l'hélicoptère. Quelques secondes plus tard, d'autres tirs, des tirs amis, la rejoignirent. Ils étaient tous à peu près au même niveau qu'elle, soit dans la même ligne, soit un peu derrière, ce qui donnait l'impression d'un groupe uni. La petite mascarade ne dura pas très longtemps, car bientôt, l'hélicoptère riposta. Ses coéquipiers étaient cachés par les arbres et les buissons, donc ils avaient moins de chances d'être touchés. C'est pour cela qu'elle partit bien avant. Ils allaient la prendre en chasse, c'était sûr.
Elle sentit l'adrénaline emplir son corps, un sentiment entre la peur panique et la satisfaction euphorique de pouvoir accomplir sa mission. Et Naga avançait, toujours impitoyable et courageuse, les bruits de balles les suivant, la chienne-ourse polaire bondissant sous les feuillages comme si elle pouvait se téléporter de quelques mètres à chaque fois, rendant la mitraillette ennemie venant d'en-haut, majoritairement inefficace. Puis, les tirs cessèrent, ceux qui la visaient en tout cas. Ils étaient plus en arrière, sûrement pour essayer de faucher ses coéquipiers. Ils étaient pris en sandwichs entre l'hélicoptère qui bloquait leur avancée et les renforts armés qui venaient du train. Elle priait de tout son cœur pour qu'ils s'en sortent.
Malgré elle, elle jeta quand même un regard en arrière. Quelque chose… Quelque chose troublait son champ de vision, elle ne saurait dire quoi. Et quand elle put regarder en arrière, elle sut. Elle vit un grand mur de flammes s'élever. Ils brulaient vraiment toute la forêt ! Ils n'allaient pas vraiment les poursuivre. Ils allaient faire en sorte qu'ils s'étouffent, ou les mener à leur propre mort en laissant une seule voie de libre. Avec Naga, elle pourrait probablement les devancer, mais ceux qui la couvraient… ne pourraient pas. Les ennemis n'avaient pas encore réalisé que les prisonniers étaient déjà trop avancés, la dizaine de minutes qu'ils avaient eu d'avance leur avait probablement sauvé la mise. Du moins, les deux premiers groupes…
Elle ne pouvait pas les laisser mourir. Elle regarda l'hélicoptère, regarda autour d'elle, regarda le mur de flammes.
« Premier groupe, situation, exigea-t-elle par la radio.
- Point de ralliement atteint. En cours d'acheminement vers la base.
- Bien reçu. Deuxième groupe, situation.
- Idem.
- Bien reçu. Troisième groupe, situation.
- Point de ralliement atteint pour les premiers, mais on a un peu chaud aux fesses. »
Fais chier !
« Leurres ? »
Certains ne répondirent pas. Ils s'étaient probablement fait avoir. Certains étaient en train de tousser et d'autres couraient frénétiquement, se dirigeant vers la seule voie qu'ils voyaient en dehors des flammes. Ils devaient être quatre. C'était décidé.
« Naga, j'espère que tu es en forme, fille, parce qu'on va faire un truc dingue. »
La chienne-ourse polaire aboya simplement. Une minute plus tard, Korra l'emmenait à un nouvel endroit surélevé. Le plus haut qu'elle ait trouvé, à vrai dire. Dans la nuit qui commençait véritablement à tomber et avec l'iridescence des flammes, on voyait mieux l'hélicoptère militaire avec ses phares et ses légers clignotements. Korra attendit, elle trépignait, tapie à plusieurs mètres de la falaise. Elle attendit…
« Maintenant ! »
Elle fit avancer Naga, à pleine vitesse. L'hélicoptère volait bas pour essayer de les repérer et de les tuer. C'était sa plus grosse erreur. Naga avança jusqu'au bord de la falaise et, arrivée au bout, elle prit appui sur ses quatre pattes pour se propulser en l'air, les deux pattes avant prêtes à attraper n'importe quoi. Korra elle-même s'apprêtait à sauter du dos de Naga.
Ça passe ou ça casse…
Et elle sauta, s'invitant à l'intérieur de l'hélicoptère, qui avait la porte ouverte, un homme tenant la mitraillette qui assassinait les siens. Il y eut trois secondes de confusion où ils se demandèrent ce qui étaient train de se passer, trois secondes qui suffirent à Korra pour s'accrocher fermement avec ses bras à une barre en métal dans l'hélicoptère. Puis, le choc. Naga, comme prévu, s'était accrochée au train d'atterrissage de l'hélicoptère, les faisant pencher dangereusement avec son poids. L'homme de la mitraillette tomba par la porte latérale, un autre glissa sur le sol et tomba également, et le troisième s'accrocha comme Korra, mais c'était sans compter cette dernière qui profita de l'impulsion de l'hélicoptère qui penchait, se soutint avec ses biceps et se retourna pour donner un coup de pied derrière la nuque du gars qui tomba également en dehors de l'engin. Il y en avait un quatrième qui était dans le cul de l'appareil et qui s'assomma tout seul, sa tête tapant contre le mur, il n'était donc plus une menace.
Il restait encore le pilote et le copilote. Le pilote était trop occupé à redresser l'appareil pour s'occuper d'elle, par contre le copilote… Il avait une arme à la main, s'était retourné dans son siège et visait la tête de Naga.
« Naga ! » cria Korra.
Mais c'était trop tard. La chienne-ourse polaire ne pouvait pas bouger de toute façon. Alors, la jeune femme se jeta entre la balle et sa meilleure amie. Elle la toucha sur l'épaule, ricocha contre son armure. Oui, ça c'était le but, le problème, c'était qu'elle allait tomber également, et elle n'était pas sûre que son armure puisse la protéger d'une chute aussi grande. Elle tendit les bras, tenta de s'accrocher au train d'atterrissage, mais le pilote réussit à redresser l'appareil et elle rata sa prise de quelques millimètres. Si elle n'était pas gonflée à l'adrénaline, elle aurait pali. C'était fini.
Mais elle ne tomba pas. Une mâchoire ferme s'était refermée sur son avant-bras.
« Naga ! » s'exclama-t-elle, à moitié entre la joie et la terreur.
L'animal sembla comprendre car elle jeta Korra dans le cockpit, ce qui intercepta une autre balle. La jeune femme fondit sur sa proie, toutes griffes dehors. Elle passa ses jambes autour du cou du copilote et serra jusqu'à qu'il s'étouffe. Elle récupéra son arme avant qu'il puisse lui tirer dans les jambes, ses bras cognèrent et griffèrent inefficacement contre son armure. Puis, au bout d'un moment, sa tête tomba mollement en avant, comme le reste de son corps.
Korra n'avait pas perdu de temps. Elle avait pointé l'arme à feu sur la tête du pilote.
« Atterris », lui avait-elle ordonné.
Mais l'homme, voyant qu'il n'avait de toute façon pas grande chance de survie et préférant ne pas trahir son camp, braqua le manche dans le côté opposé, le côté où Naga était suspendue, comptant bien embarquer ses ennemis avec lui.
« Put- »
Korra ne finit même pas son mot. Elle se pencha sur le manche, bloquant la virée sur le côté et le redressant. S'ils continuaient à exercer de telles forces contraires, il allait casser ! Du coup, la femme aux yeux bleus donna un coup de coude renforcé dans le nez du gars, qui s'évanouit immédiatement.
Super. Et comment elle allait piloter ça maintenant ? Elle n'était pas comme Asami à !... Elle grogna. Pas le temps de penser à Asami maintenant. Elle devait trouver comment utiliser cet appareil à son avantage. Elle lui avait dit qu'elle reviendrait en vie. Elle avait promis. Elle n'allait pas se crasher. Et pour ne pas se crasher, il suffisait de ne pas atterrir.
C'était simple. Elle était déjà en vol, c'était comme une voiture qui roulait déjà sur une autoroute vide, il suffisait de tourner le volant. Euh, le manche dans ce cas. Il fallait qu'elle trouve un endroit sans arbre pour poser Naga… Ensuite, elle irait ramasser les autres. Un endroit, préférablement sur sa droite, parce qu'aller sur la gauche avec un poids sur la droite était singulièrement compliqué. Elle regarda les environs, regrettant cette fois sa vision nocturne.
Au bout de plusieurs dizaines de secondes qui lui parurent être une éternité, elle trouva une clairière relativement éloignée du brasier, elle s'en approcha et tâcha de réduire tout doucement l'altitude en baissant le manche tout en restant sur sa gauche. Puis, quand elle fut assez près du sol, Naga sauta. Elle partit se cacher alors que sa maitresse repartit, demandant à chacun sa position pour assistance.
Certains ne répondaient plus. Ne pas s'en occuper pour l'instant. Se focaliser sur ceux qui étaient en vie. Elle retourna en l'air, se dirigeant vers les flammes. Bon… Elle avait un petit souci… Elle était seule. Et elle avait besoin que l'échelle de secours soit jetée. Si elle touchait pas le manche, l'hélico allait probablement rester sur place pendant une dizaine de secondes… non ?
Ayant un choix limité d'options, elle opta pour cette dernière. En quelques secondes, l'appareil commençait déjà à pencher, mais elle en reprit vite le contrôle avec un soupir de soulagement. Elle réactiva sa radio pour trouver les autres. Elle balaya des zones et les attrapa au passage. Vraiment, ralentir assez pour qu'ils puissent monter à l'échelle de secours était délicat. Elle avait plus d'une fois faillit se prendre un arbre, évité à la dernière minute. Et de un, et de deux, et de trois. Elle n'allait pas pouvoir faire bien mieux pour les leurres. L'un d'eux avait récupéré un de leurs hommes inconscients, donc ils étaient techniquement quatre.
Une fois que cela fut fait, Korra leur laissa le contrôle de l'appareil (elle avait par chance ramassé un ancien pilote !). Elle leur ordonna d'aider les prisonniers qui étaient en difficulté, puis d'abandonner l'appareil. L'important c'était de sortir les leurs des flammes.
Ensuite, elle partit, avec la ferme attention de finir sa propre mission : continuer à guider les ennemis loin d'eux. Elle retrouva Naga au bout d'une dizaine de minutes et elles se remirent en route, doucement et sur leurs gardes. Il fallait qu'elles commencent à penser à trouver un endroit où faire une pause. Le brasier était derrière elles, assez loin pour qu'elles prennent n'importe quelle direction sauf le sud. L'armée ennemie ne pourrait pas passer dans les flammes et elle les avait ratés grâce au sauvetage express de Korra. Leur appareil de localisation et pour les mitrailler était passé dans leurs mains. Tout était en leur faveur.
Puis, elle l'entendit. Un son qui secoua tout son être. Elle se retourna quand même, le sang glacé, une lumière macabre éclairant son visage couvert de cendres et se reflétant dans ses pupilles. Les bouts de métal volaient et venaient s'écraser durement contre le sol, avec le bruit saccadé de l'air tranché selon de multiples angles allant de l'horizontale à la verticale, et d'un moteur cahotant.
Ils avaient tiré sur l'hélicoptère. Probablement un drone. Il s'était écrasé en une boule de feu incandescente. Et les passagers… Les passagers.
Tout était de sa faute.
Elle toussa. Elle ne savait plus si elle avait mal à la gorge à cause de la fumée, de sa respiration erratique ou de cris qu'elle n'aurait même pas entendus. Mais elle toussa, penchée sur un côté du dos de Naga, à deux doigts de vomir, les yeux embués de larmes.
Elle devait aller voir. Non, c'était trop tard. Mais elle devait… elle devait vérifier.
Seulement, là, soudainement vidée, son corps comme un pantin donc les fils servaient seulement à lui imposer des secousses, elle ne sut dire à Naga de retourner en arrière. La chienne-ourse polaire n'aurait de toute façon pas écouté. Voyant la détresse de sa maitresse, elle avait augmenté la cadence. Elle fuyait, au loin, en direction du froid polaire, loin des flammes, là où elles seraient en sécurité.
« Non, sanglota quand même la cavalière. Non… »
Mais seuls ces mots rauques sortaient de sa bouche, accompagnés quelques gémissements et sanglots étouffés.
La bataille était finie.
A/N : Review ? Je sais que c'est un peu mort, mais j'exige quand même une review au vu de ce magnifique chapitre. Ma foi, il manquait peut-être un peu de réalisme mais pour le reste, je le trouve franchement sympa. Attendez le suivant, mouahahahaha.
Donc, les nouvelles de Lion :
- Confinées s'arrêtera au chapitre 29 ou 30 selon toute vraisemblance. J'ai déjà écrit la fin (un peu différente de ce à quoi vous êtes habitués, mais personnellement je trouve que c'est une bonne fin), il me reste 30 pages à publier.
- J'ai d'autres histoires à finir, j'en suis bien consciente. Je le ferai… un de ces quatre. Honnêtement, vous n'avez pas la moindre idée d'à quel point j'écris en ce moment. C'est juste que je fais de mon mieux pour écrire mon propre roman tout en finissant mes missions dans ce fandom… qui se tait, pour ne pas dire autre chose. Et je finirai toutes mes histoires même si ça me prend encore 10 ans de toute façon, juste parce que je me suis tellement amusée à les imaginer que je veux les écrire. Et puis, il y a la vie à côté. Enfin, vous savez ce que c'est.
- Ah, et j'essaie de déplacer toutes les histoires sur Wattpad, ce qui est un travail monstrueux que j'entreprends avec très peu de sérieux, mais bon. Vous restez ma priorité sur FFnet :)
- Ce qu'i suivre ? Très bonne question ! Eh bien, pour l'instant, finir ce que j'ai commencé à la Korrasami Week 2022, peut-être une petite surprise qui vous rappellera peut-être La Trace du destin puisque ces deux histoires ont originellement été créées à la même période, et éventuellement Tombée du Ciel dans l'hypothèse où je finis tout ça avant l'année prochaine.
J'affine tout ça et on en reparle à la toute fin de Confinées avec les quelques fantômes qui hantent encore le LoK francophones. Ah, prochain chapitre la semaine prochaine ;)
À plus !
Lion
