Bonjour à tous !
Me revoilà après avoir posté les 7 premiers chapitres de cette fanfiction ! Je voulais voir ce que ça donnerait et je vois que le début a plu alors je vous poste la suite.
Sachez que cette fanfiction est terminée, épilogue comprit ! Vous aurez donc forcément la fin :D
N'hésitez pas à me dire ce que vous pensez des chapitres et pardonnez-moi pour les fautes de grammaire, de syntaxe et d'orthographe !
Au plaisir de vous lire,
Bonne lecture !
Chapitre VIII : mars 1999 :
"J'espère que Ron ne fera pas de gaffe ce soir !"
Hermione écoutait Harry en haut-parleur tout en tentant de remplacer quelques mèches rebelles devant son miroir. Son dîner avec Ron était ce soir, elle voulait faire bonne impression et lui montrer qu'elle faisait le maximum pour lui plaire. Ron et elle étaient sur la bonne voie pour retrouver un semblant d'intimité, ce n'était pas le moment de relâcher ses efforts. Hermione avait hâte de se retrouver seule avec lui même si elle était un peu anxieuse. Cela faisait longtemps que ça n'était pas arrivé, elle ne savait pas vraiment à quoi s'attendre. Mais si elle avait bien compris les signes, tous les deux étaient dans une logique de séduction mutuelle, ce qui sortait Hermione des sentiers battus. Les derniers mois avaient été très mouvementés et en même temps très similaires les uns aux autres.
"Oh Harry s'il-te-plaît, ne nous porte pas la poisse ! Ron a déjà fait beaucoup d'efforts ces derniers temps, j'ai confiance en lui."
Harry se moqua un peu d'elle en pensant à Ron et à sa maladresse légendaire. Il était content que ses deux meilleurs amis se récupèrent afin de mettre les choses au clair ou plutôt de reprendre là où ils s'étaient arrêtés. Hermione écoutait la conversation pour finir de se préparer. Elle avait décidé de sortir le grand jeu, elle s'était donc maquillée pour l'occasion et avait choisi une jolie robe. Elle se parfuma puis attrapa une veste et son sac à main avant de transplaner. Elle retrouve Ron au magasin de Georges. Le jumeau Weasley leur souhaita une bonne soirée et Ron et elle transplanèrent à l'abri des regards dans une ruelle moulée pour rejoindre le restaurant qu'elle avait choisi. Une fois installée, Hermione entama la conversation pour mettre à l'aise son ami.
"Georges avait l'air bien !"
"Oh… avec lui c'est un jour sur deux… aujourd'hui tout allait bien, hier c'était moins ça…"
"ça lui passera ! Fort heureusement il t'a toi !"
Ron semble heureux d'entendre ça. Il avait l'impression d'avoir un rôle important dans sa famille pour une fois. Il avait naturellement endossé le rôle de soutien auprès de son frère et depuis, il avait l'impression d'être plus fort même si voir Georges dans cet état lui rappelait tous les jours que lui aussi avait perdu un frère.
"Je suis quand même content de pouvoir m'évader un peu avec toi. Le soir c'est assez morose à la maison et la journée je suis au magasin…"
"Est-ce-que les affaires t'intéressent au moins ?"
"Eh bien je n'y aurais pas cru mais je pense y avoir pris goût finalement. Je m'y vois bien encore quelques années… en tout cas je ne me vois pas reprendre une formation quelconque aujourd'hui. Après tout, je gagne bien ma vie pour l'instant et mes journées sur le chemin de traverse sont plutôt plaisantes quand mon frère ne décide pas de faire n'importe quoi. Et toi ? quels sont tes projets maintenant ?"
La question qui fâche. Avec les derniers événements, Hermione n'avait pas vraiment pris le temps d'y réfléchir. Le ministère les avait grandement récompensé pour leur effort de guerre et Hermione avait de quoi subsister encore au moins une année. Mais il fallait vraiment qu'elle prenne le temps de peser le pour et le contre.
"J'en suis toujours au même point… la politique ou l'enseignement, comment choisir ?"
"Eh bien fais les deux !"
"Les deux ? Comment veux-tu ? ce sont deux carrières très prenantes, la charge de travail est énorme… je ne voudrais pas faire les choses n'importe comment…"
"Je suis sûr que tu pourrais exceller dans cinq carrières en même temps mais je te comprends… et puis tu n'auras plus de temps pour nous si tu faisais ça…"
"Dans quelle carrière me vois-tu davantage ?"
"Oh Hermione, cette question est périlleuse !"
"S'il-te-plaît, j'ai besoin d'aide cette fois… je veux ton avis !"
"Bon… mais il ne faudra pas m'en vouloir si tu te plantes un jour ! Promis ?"
"Promis !"
"Eh bien… je pense que la politique te permettrait de t'épanouir davantage. Tu as toujours voulu défendre les opprimés, je pense que ce serait l'occasion de le faire."
Hermione eut en tête l'image des Malefoy. Elle secoua la tête pour les chasser de son esprit ne voulant pas penser à eux sur son temps libre. Mais Ron avait tellement raison. Même si elle n'entrait pas en politique, c'est une cause qu'elle défendrait. Pourquoi ne le ferait-elle pas de façon officielle et pleinement engagée ? Elle remercia Ron d'avoir donné son avis et le serveur arriva au même moment pour prendre leur commande. Quand le plat de résistance fut servi et que Ron et Hermione eurent fait le tour des conversations banales, Ron sauta à pieds joints sur la raison de leur dîner.
"Je te trouve très jolie ce soir !"
"Et pas les autres soirs ?"
Ron rougit, un peu décontenancé devant la réflexion de la jeune fille mais Hermione posa une main sur la sienne et le rassura en expliquant qu'elle se moquait de lui. Ron reprit son souffle et ils rirent de bon cœur, leurs mains encore conjointes. Le jeune homme ne put s'empêcher de dire à quel point elle lui avait manqué. Les deux adolescents ne s'étaient jamais quittés mais leur relation avait évolué, Hermione comprenait par là que c'était leur relation amoureuse qui lui avait manqué et non pas leur amitié, qui elle ne s'était d'ailleurs jamais dissipée. Les problèmes avaient pris le dessus sur leurs sentiments et ils n'étaient plus assez disponibles l'un et l'autre pour s'engager pleinement dans une relation de couple. Mais Ron pensait que c'était le bon moment, il se sentait mieux dans sa tête, et il avait pris le temps d'y réfléchir, l'idée avait mûri et maintenant, ils étaient là, tous les deux.
"Hermione ! Comme on se retrouve ! Décidément, nous ne risquons pas de nous quitter vous et moi !"
Mme Williams avec quatre autres personne se tenait devant elle. Elle devina que c'était son fils, sa belle-fille et ses deux petits-enfants. Ce fut confirmé car Mme Williams présenta Hermione à sa famille. Son fils et sa famille semblait tout aussi gentils que la vieille dame. L'attention se tourna ensuite vers Ron, qu'Hermione présenta rapidement. Mme Williams s'approcha d'elle et lui chuchota : "vous avez du succès Miss Granger… le jeune Malefoy et maintenant lui ? comment allez-vous gérer tout cela ?". Oh c'est vrai, son ancienne voisine était persuadée qu'elle et Drago étaient ensemble.
"Oh non, en fait, c'est un malentendu… Drago et moi ne sommes pas du tout ensemble !"
Ron sursauta presque en entendant cela. Il ne pouvait pas vraiment s'y attendre. Il savait qu'Hermione aidait les Malefoy ces derniers temps mais delà à envisager ce genre de choses… non, au secours, il ne pouvait pas. Mme Williams fut très surprise également et lança à Ron qu'il devait bien faire attention à elle car à son avis, Drago n'était pas insensible aux charmes de la jeune femme. Hermione se rassit sur sa chaise et tenta de ne pas surréagir et de ne surtout pas rougir. Mme Williams salua ensuite les deux amis et partit s'installer avec sa famille à quelques tables d'eux. Ron se tourna alors vers Hermione et explosa presque de rire.
"Eh bien ! Malefoy sensible à tes charmes ? J'aurais tout entendu…"
Bizarrement, cette réflexion piqua au vif Hermione. Certes ils ne s'entendaient pas, mais delà à être aveugles quand même pas. Elle-même pouvait objectivement trouver Drago… en y réfléchissant, elle n'y avait pas songé sérieusement. Le trouvait-elle attirant ? En tout cas, elle était capable de plaire à plus de monde que Ron ne semblait le penser à son avis. Elle ne montra pas sa déception et expliqua à Ron pourquoi Mme Williams en était venue à cette conclusion. Ron continuait de rire ce qui l'agaça légèrement. Elle se revoyait en quatrième année avec Ron, quand celui-ci était persuadé que personne ne voulait l'inviter au bal, c'était tout aussi blessant. Finalement, le dessert fut servi et Hermione en profita pour changer de sujet. Elle avait fini par oublier la maladresse du jeune Weasley et la complicité entre eux avait repris sa place. Si bien qu'à la fin du repas, Ron et elle quittèrent le restaurant main dans la main. Ils se baladaient dans les ruelles sans rien dire quand Ron s'arrêta un instant pour finalement embrasser Hermione. Elle fut surprise sur le coup puis se laissa aller à la tendresse du baiser. Elle se souvint alors du tout premier, dans la chambre des secrets, trempés jusqu'aux os. Ils étaient heureux de s'être enfin retrouvés.
"Mme Williams est une femme adorable, tu ne trouves pas ?"
Drago leva les yeux au-dessus de son journal pour regarder sa mère. Il sentait venir la conversation fâcheuse. Narcissa et lui n'avaient pas encore débattu au sujet de la maison. Il allait bientôt devoir faire face à sa mère et ses grandes lubies.
"Je suppose oui. En dehors de sa tendance à vouloir absolument me voir avec la Miss-Je-Sais-Tout, elle était charmante, oui."
Narcissa se remémora les scènes dans sa tête et ne put s'empêcher de trouver ça drôle. Cela ne plut pas à Drago qui répliqua :
"Quand j'y pense, ma propre mère me pensait capable d'une telle chose alors une parfaite inconnue…"
"Oh Drago je t'en prie ! Quand je vous ai surpris tous les deux, vous sembliez tellement mal à l'aise que j'ai pensé à cela tout de suite, c'est tout, tu ne vas pas m'en vouloir toute ta vie pour si peu…"
"Si peu ? Si ça avait été vrai, j'ose à peine imaginer votre tête !"
Narcissa ne répondit pas de suite, comme si elle réfléchissait à cette éventualité. Drago ne s'attendait pas à cette réaction. Il pensait qu'elle bondirait de son fauteuil, mais non, sa chère mère prenait le temps d'imaginer le pire, comme si tout était normal.
"Vous n'y pensez pas sérieusement tout de même ?! Je disais ça comme ça mais ne perdez pas votre temps à l'envisager, c'est tout bonnement impossible."
Drago faillit renchérir quand il crut presque voir un soupçon de déception sur le visage de sa mère, mais celle-ci demanda, très sérieusement :
"Pourquoi impossible ?"
Cette fois-ci, elle perdait vraiment la tête. Drago jeta son journal et s'emporta :
"Oh je ne sais pas… parce qu'elle et moi, on se déteste depuis le premier jour où nous nous sommes rencontrés, ou peut-être encore parce que pendant presque 7 ans, nous nous sommes dits les pires insultes, ou que sais-je encore ? peut-être parce que je suis un MANGEMORT."
"Drago je t'en prie stop… ne dis pas ça…"
Son fils se leva et montra les cicatrices laissées par la marque des ténèbres. Narcissa osa à peine regarder les blessures de Drago. Elle se leva et attrapa le bras de son fils pour baisser sa manche afin de ne plus voir l'horreur. Narcissa essuya quelques larmes sur son visage, sans s'en rendre compte, Drago pleurait. Sa mère éprouva une immense tristesse face à la détresse dans les yeux de son fils unique. Elle attrapa fermement son visage entre ses deux mains et le ramena vers la lumière.
"Ce n'est pas toi Drago, ne te laisse pas définir par cette chose, horrible soit-elle. Moi, je sais qui tu es, tu es mon fils, et je te connais mieux que personne, tu n'es pas une mauvaise personne… tu as simplement fait des choix, pour survivre."
Elle le prit enfin dans ses bras et Drago se sentit soulagé tout à coup. La chaleur maternelle, ses paroles réconfortantes, il comprit qu'il en avait encore besoin. Il n'arrivait pas à bouger pour la serrer contre elle, ce n'était pas vraiment naturel pour lui, mais il ne se dégagea pas de son emprise pour autant. Il prit ce qu'il y avait à prendre pour se sentir mieux. Sa mère avait raison en partie, il n'avait pas vraiment voulu que tout cela lui arrive mais il avait choisi la facilité pour survivre, auprès de sa famille. Après, pouvait-il vraiment croire qu'il était quelqu'un de bien ? c'était moins sûr. Quand il repensait à Hermione, il savait bien que personne ne l'avait poussé à lui mener la vie dure toutes ces années, de même pour les autres. Il devait simplement suivre la ligne de conduite que son père lui avait appris et sauver les apparences dans son milieu social. C'était comme ça que cela fonctionnait, et c'était tout, il avait suivi bêtement à la lettre ses modèles. Il se sentit soudain très mal, si toute cette guerre lui avait bien appris une chose, c'était le poids de la culpabilité. Il pensa alors que ce fardeau reposerait sur ses épaules toute sa vie. Narcissa s'écarta de lui doucement et sourit tristement à son fils. Elle allait pour se servir un verre d'eau quand Drago lança, sans préambule :
"Tu tiens vraiment à aller vivre là-bas ?"
"Le meilleur nous y attend, j'en suis sûre Drago."
"Dans ce cas, tu ne devrais pas attendre pour lui annoncer que nous achetons sa maison, on ne sait jamais, quelqu'un pourrait nous passer devant…"
Narcissa fut tellement émue qu'au lieu de prendre de l'eau, elle fit apparaître une bouteille de champagne et deux flûtes pour trinquer avec son fils.
Quelques jours plus tard, Ron et Hermione regardait un film dans le salon des parents de la jeune fille. Ils essayaient de se voir le plus souvent possible mais Ron continuait de passer beaucoup de temps avec sa famille. Hermione comprenait sa difficulté à s'évader complètement de la maison familiale et cela lui permettait de garder une grande liberté. Ils se retrouvaient le temps d'une soirée, ou parfois pour déjeuner sur le chemin de traverse ou encore au magasin pour donner un coup de main. Avec tout ça, ils s'étaient vus presque tous les jours depuis leur dîner. Harry avait été très heureux d'apprendre la nouvelle. Ron lui avait fait un débrief pendant plus d'une heure et Harry l'avait rapporté à Hermione qui avait trouvé cela adorable bien sûr. Aujourd'hui, ils avaient choisi de rester à ne rien faire de spécial. Hermione faisait petit à petit découvrir les objets moldus tels que la télévision, ou encore le téléphone portable. Ron les connaissait un peu grâce à son père mais les voir fonctionner était légèrement différent. La scène du dénouement venait de commencer quand ils entendirent des petits coups résonner derrière la porte. Hermione n'attendait pourtant personne. Elle regarda par le juda de la porte et sursauta presque. Ron prit peur et lui demanda précipitamment ce qu'il se passait. Elle chuchota : "Narcissa Malefoy". Elle se recoiffa négligemment et ouvrit la porte à la volée. Elle n'avait vu que Narcissa à travers le Juda mais finalement, Drago se tenait un peu plus loin, accompagné de Blaise Zabini.
"Mme Malefoy ! Comment allez-vous ?"
Ron, qui s'était mis en retrait, trouva la scène très étrange mais n'intervint pas. Narcissa répondit, un peu gênée :
"Pardon de vous importuner de la sorte… je ne savais pas que vous aviez de la visite… j'ai été prise de court par Mme Williams. Elle tenait à ce que nous nous rencontrions aujourd'hui, mais elle m'a prévenue il y a seulement une heure… c'était trop peu pour vous envoyer un hibou…"
Hermione ne comprenait pas vraiment le rapport avec elle mais fit un grand sourire à Mme Malefoy. Elle l'invita à entrer, elle, Drago et Blaise. Drago ne lui adressa qu'un simple signe de tête et Blaise prit le temps de la saluer, gentiment. Ce garçon avait toujours été plus sympathique que les autres.
"Vous connaissez Blaise j'imagine ? C'est un bon ami de la famille, il tenait à voir notre nouvelle maison, pour pouvoir nous rendre visite régulièrement !"
"Bien, bien ! Vous voulez une tasse de thé ?"
Ron, qui s'était éclipsé, apparu à cet instant. Il n'avait pas vraiment envie de les voir chez Hermione, mais il n'avait pas vraiment son mot à dire. Et puis, il soutenait sa petite-amie dans cette mission qu'elle s'était donnée. L'ambiance était électrique mais heureusement pour Hermione, Ron fut très cordial, surtout avec Narcissa Malefoy. Quant à Drago et Blaise, il leur fit un simple signe de tête.
"Oh non, nous vous remercions mais nous n'avons pas le temps. Si je suis passée chez vous avant d'aller signer c'est parce que j'aimerais que vous nous accompagnez à ce rendez-vous… Je suis désolée de vous demander ça mais je ne serais vraiment sereine que si vous êtes là... "
Ainsi donc était la raison de leur venue. Hermione, qui n'avait pas vraiment prévu de sortir, regarda un instant sa tenue. Drago la vit faire et eut envie de lui dire que même si elle portait un tailleur élégant, ça ne changerait rien. Il se retint, ne voulant pas créer de dispute avec Weasley. Hermione ne pouvait pas refuser, Narcissa était tellement gentille elle avait placer sa confiance en elle. Elle se chaussa et demanda à Ron de les accompagner pour ne pas qu'il soit seul. Drago leva les yeux au ciel discrètement. C'est ainsi qu'ils se dirigèrent vers la future résidence des Malefoy. Sur le trajet, Drago glissa à l'oreille d'Hermione : "le rouquin finalement ?". Ron aperçut l'échange entre les deux. Malefoy avait presque l'air de s'amuser à susurrer des choses à l'oreille de sa petite-amie. Il espérait que ce ne soit pas trop long et qu'ils rentrent vite avec Hermione. Cette dernière poussa légèrement Drago avec le coude et répondit à la provocation du jeune Malefoy par une autre provocation :
"C'est de vivre dans un quartier moldu qui te donne autant d'inspiration ?"
La mine de Drago se renfrogna. Il ne la chercherait plus pour aujourd'hui estima Hermione. Le petit groupe arriva enfin chez Mme Williams qui l'attendait de pieds fermes. Elle expliqua qu'elle désirait faire ses valises pour partir en croisière dans deux jours, ce qui la pressait légèrement. Tout le monde fit comme si ça n'avait dérangé personne puis Hermione et Narcissa s'installèrent près de Mme Williams pour lire et signer tous les papiers. Mme Williams proposa à Drago de faire visiter la maison à ses amis. Ron était très mal à l'aise mais personne ne voulait entrer dans de grandes explications alors il suivit Drago et Blaise. Drago décida de montrer sa chambre en premier lieu qui se trouverait à l'étage. Il avait choisi la chambre qui donnait sur la rue passante, celle qui était complètement vide.
"Cela va beaucoup te changer par rapport au manoir…"
"Ne m'en parle pas Blaise."
"Certains vivent dans des taudis, cette maison serait presque un palace pour eux, tu ne devrais pas te plaindre Malefoy."
Ron n'avait pas pu se retenir. Les entendre se plaindre alors que d'autres mouraient de faim. Ils avaient vécu dans une maison en si mauvais état que le vent traversait les planches en bois qui servaient de murs. Il remerciait la vie qu'aujourd'hui, il ne vive plus ainsi, mais il n'oubliait pas d'où il venait pour autant. Drago ne savait pas très bien comment réagir. D'ordinaire, il l'aurait assassiné avec une réplique bien placée mais il se contenta d'ajouter :
"Et puis je le mérite bien non ?"
Drago s'échappa aussitôt de la pièce pour aller se calmer plus loin. Blaise regarda Ron tristement.
"Excuse-nous... On ne pensait pas à mal en disant ça…"
Ron se radoucit face au serpentard. Il ne semblait pas aussi con que les autres d'après lui. Il fit un geste de la main pour faire comprendre à Blaise que ce n'était rien. L'atmosphère plus douce poussa Blaise à être plus taquin avec le jeune Weasley.
"Alors ? toi et Granger c'est ça ?"
"Il semblerait oui…"
"C'était prévisible, c'était soit toi, soit Potter de toute manière !"
Ron grimaça devant la remarque de Zabini, lui qui avait toujours eu l'impression d'être en compétition avec son meilleur ami. Ils rejoignirent Drago dans une autre pièce.
"Hermione et Harry n'ont jamais été plus que des amis…"
"De quoi est-ce-que vous parlez tous les deux ?"
"Je disais que sa relation avec Granger était prévisible, c'était lui ou Potter !"
"Mais non pas du tout ! Jamais de la vie !"
"D'extérieur, c'était difficile de savoir de qui elle voulait vraiment Weasley."
"Eh bien peut-être Malefoy mais moi je vous le dis, c'était moi ou rien."
"Rien ? J'avais aussi entendu parlé de McLaggen ? et même Krum !"
"Oh Blaise tu es dur là… il semblerait qu'elle aie fait son choix maintenant."
Ron eut presque l'impression que Drago le défendait et tentait de calmer la conversation. D'habitude, Malefoy aurait retourné le couteau dans la plaie jusqu'à être enfin satisfait du mal qu'il faisait. Cependant, Ron comprenait que les deux serpentards ne disaient pas ça pour être méchants, juste pour le taquiner sans doute. Lui savait la vérité, c'est tout ce qui comptait finalement. Les garçons se mirent à rire ensemble. Hermione arriva au même moment et quelle fut sa surprise de les voir ainsi tous les trois. Ses yeux avaient du mal à se faire à la scène mais au moins, elle était certaine de ne pas les voir se battre. Ils s'arrêtèrent quand ils se rendirent compte de sa présence. "Qu'est-ce que les hommes sont pudiques !" pensa Hermione. Elle s'adressa à Drago :
"ça y est, tu es officiellement chez toi." Blaise lui donna une tape dans le dos, pour le féliciter mais aussi pour lui donner une dose de courage. "Elles m'envoient pour vous prévenir que nous partons."
La petite bande retrouva les deux femmes, en pleine conversation. Mme Williams leur sourit et Narcissa agita les clés de la maison sous les yeux de tous. Elle s'approcha doucement de son fils et l'enlaça rapidement. Hermione trouva la scène touchante mais bien trop courte à son goût. Les Malefoy ne semblaient pas vraiment démonstratifs. Mme Williams salua tout le monde et prit congé. Ron se sentit soudain de trop, comme s'il prenait conscience de ce qu'il était en train de se passer. Que faisait-il au beau milieu du salon des Malefoy ? Certes, il avait plus de recul que son frère Georges, pour autant, il souffrait encore d'avoir perdu un membre de sa famille, et il n'oubliait pas la part de culpabilité des Malefoy dans toute cette histoire. Il pensait d'ailleurs qu'il ne passerait jamais au-dessus de tout ça même s'il essayait comme Hermione de pardonner et d'avancer. Cette famille était un poison aux yeux de Ron. Il se dirigea lentement vers la porte d'entrée et interpella Hermione.
"Bon… il est temps de partir pour nous non ?"
Le silence se fit dans la pièce. Blaise ne comprit pas vraiment ce qui poussait le jeune Weasley à partir. Il pensait juste qu'il avait très envie de se retrouver seul avec Hermione. Blaise donna donc un coup de coude discret à Drago comme pour lui signifier "il ne perd pas de temps celui-ci". Drago, lui, n'avait pas vu les choses sous cet angle et avait la nette impression que Ron n'avait plus très envie d'être en leur compagnie. Narcissa intervint :
"Mais vous n'allez pas partir si vite ? c'est grâce à Miss Granger que nous sommes ici, j'aimerais que vous fêtiez la nouvelle avec nous… Mr Weasley, joignez-vous à nous !"
Ron ne put s'empêcher d'en vouloir à Hermione. Oui, Mme Malefoy avait raison, c'était à cause d'elle qu'ils habitaient désormais juste en face de chez elle. Le regard suppliant d'Hermione n'arrangea rien à l'humeur de son petit-ami. Elle ne voulait pas vraiment partir comme une voleuse. Narcissa était fière et elle ne voulait pas lui gâcher sa journée. Drago, qui commençait à ruminer contre Weasley, s'adoucit en voyant la réaction de son ennemie de toujours. Finalement, c'était celle à qui il avait le plus mener la vie dure qui ne voyait pas d'objection à passer plus de temps avec lui et sa mère.
"Laisse-les partir, nous les avons déjà ennuyés chez eux sans les prévenir… nous pourrions fêter ça un autre jour ? qu'en dis-tu Granger ?"
Narcissa sembla enchantée de la proposition de son fils. Il avait tant fait d'efforts ces derniers temps. Rien ne pouvait pas la rendre plus heureuse. Elle se tourna vers Hermione, impatiente d'avoir sa réponse. Ron, quant à lui, bouillait en son fort intérieur. Il vivait cela comme une provocation de la part du jeune Malefoy. Il soupira discrètement et attendit la réponse d'Hermione légèrement sonnée par la demande de Drago.
"J'en serais ravie, vraiment. J'attendrais votre invitation, cela me permettra d'être plus présentable et de vous apportez un petit cadeau de bienvenue !"
Narcissa s'approcha vivement d'elle et lui attrapa les mains pour lui témoigner sa gratitude. Elle ajouta qu'elle voulait voir Hermione arriver les mains vides la prochaine fois, étant donné tous les services qu'elle lui avait rendu. Ils se saluèrent puis Hermione suivit Ron, jusqu'à chez elle. Ils avaient rejoint la maison d'Hermione dans le plus grand silence, et Hermione comprit que quelque chose tracassait son petit-ami. Une fois la porte d'entrée refermée derrière eux, elle ne tarda pas à mettre carte sur table.
"Quelque chose ne va pas Ron ?"
"Non rien… laisse tomber… ça passera !"
"Mais enfin ne joue pas à ça, dis-moi ce qu'il y a !"
"Je ne joue pas Hermione. Mais toi, à quoi tu joues au juste ?"
"Pardon ?"
Et Ron lui balança à la figure qu'il ne comprenait pas vraiment cette soudaine gentillesse envers une famille de Mangemorts. Il lui fit également comprendre qu'il ne souhaitait pas qu'elle se rende chez eux, ni qu'elle ait une quelconque relation avec eux. Hermione était outrée. Elle pensait pourtant que Ron la soutenait. Elle comprenait que la situation était compliquée à gérer pour lui, mais elle ne lui demandait pas d'en faire autant pour la famille Malefoy, simplement de la laisser faire ce qu'elle voulait. La colère envahit Ron lorsqu'elle lui expliqua qu'elle continuerait d'apporter son aide à Drago et sa mère, quoiqu'il en pense. Il mit sur le tapis les atrocités qu'ils avaient commises ainsi que la mort de son frère. Hermione se sentit affreusement triste en repensant à Fred, mais la réaction de Ron la dépassait. Après tout il savait qu'elle leur avait tendu la main. Simplement, le fait d'y assister avait sans doute fait réaliser à Ron l'ampleur de la situation.
"Tu sais bien qu'ils ne sont pas responsables de sa mort Ron…"
"Ils ont aidé les responsables Hermione, c'est tout comme ! Et toi tu acceptes de sabrer le champagne avec eux ? Sans moi ! Je ne peux pas accepter cela… s'il-te-plaît, promets-moi que tu ne les verras plus…"
"Mais enfin Ron, je ne peux pas te promettre une telle chose, ils vont habiter en face de chez moi, comment veux-tu que je coupe tous liens avec eux ?"
"Promets-le moi ou toi et moi c'est terminé."
Comment osait-il la contradre de la sorte ? Elle l'avait tellement attendu, elle ne pouvait décemment pas choisir les Malefoy face à son amour de toujours. Elle était soufflée par la demande de Ron, si ça n'avait pas été lui, elle l'envoyait aurait pu paître depuis longtemps. L'amour poussait vraiment à faire de grands compromis. Elle espère quand même au fond d'elle que Ron se raisonne avec le temps et qu'il revienne sur ses exigences envers elle. Pour ne pas risquer de le perdre, elle promit au jeune Weasley qu'elle éviterait tout contact avec eux et afin de le rassurer davantage, elle mentit en prétextant que de toute manière, ils n'avaient plus besoin d'elle et qu'elle trouver une excuse pour ne pas se présenter à leur invitation.
