Chapitre IX : avril 1999 :

Une semaine avait passé depuis l'altercation entre Hermione et Ron. La jeune femme s'était difficilement remise du comportement de son petit-ami mais n'avait pas remis le sujet sur le tapis, de peur de déclencher une nouvelle tempête. Cependant, elle avait besoin de trouver du réconfort auprès de quelqu'un, afin de se rassurer elle-même. Elle en était venue à penser que c'était elle qui ne faisait pas les bons choix et qui était complètement irraisonnée. À défaut de pouvoir en parler avec Ron, elle avait choisi de se confier à Harry. Mais celui-ci était comme la Suisse, incapable de prendre partie. Il les défendait tous les deux et comprenait chacun des arguments. Pouvoir en discuter avec son meilleur ami avait tout de même soulagé Hermione même si celui-ci ne demanderait pas à Ron de revoir son jugement. Respecter la promesse qu'elle avait faite à Ron avait été aisée depuis car elle n'avait pas eu de nouvelle de la famille Malefoy. Elle avait jeté quelques coups d'oeil à la maison en face mais il semblerait qu'ils n'avaient pas encore déménagé, ce qui laissait un peu de répit à Hermione pour pouvoir solutionner ses problèmes sans avoir à mentir à Ron. Mais elle savait que ce ne saurait tarder.

Le manoir commençait à se vider peu à peu depuis l'annonce de la mise en vente du domaine. Narcissa avait décidé de mettre en vente certains meubles, tableaux et œuvres d'art de sa maison. Elle savait que tout ne rentrerait pas dans sa nouvelle maison, alors autant se faire de l'argent et donner une seconde vie à ses objets de valeur. Narcissa les affectionnait presque tous mais elle n'avait plus le temps d'être sentimentale. Elle avait gardé quelques rares biens qu'elle imaginait déjà dans son nouveau chez elle. Elle aurait aimé que le manoir reste dans la famille ou dans son entourage mais personne ne souhaitait vraiment être associé à la maison du diable. Malgré cela, Narcissa ne pourrait pas recommencer une nouvelle vie avec son fils si le manoir ne se vendait pas. Elle avait demandé à ses contacts de répandre la nouvelle en espérant qu'un acheteur se manifeste.

Drago, quant à lui, était méconnaissable. Il avait réussi à assimiler et à accepter la situation qui se présentait à lui. Et ne pas avoir à se battre était beaucoup plus facile qu'il ne l'avait envisagé. C'est pourtant ce qu'on lui avait toujours appris à faire, se battre pour avoir ce qu'il voulait, pour gagner le respect des autres, pour s'imposer socialement, pour ne pas décevoir ses proches, pour rester en vie. Mais aujourd'hui, il avait enfin compris que les choses avaient changé et que ce n'était plus ce qu'on attendait de lui. Drago savait que l'heure était à la remise en question de sa propre existence. Qu'est-ce qui était normal ou non ? continuer d'être un parfait connard avec tous ceux qui ne voudraient pas le suivre ou bien se faire discret et accepter de vivre plus librement, loin de tous les carcans, en ayant le cœur plus léger et les épaules moins douloureuses. En effet, il avait toujours eu de nombreuses responsabilités, plus ou moins importantes, qui avaient forgé sa personnalité. Mais à l'heure actuelle, tout ça n'avait plus tellement de raison d'être. Drago n'avait plus que sa mère, il devait en prendre soin et ne pas la mettre dans tous ses états sans aucune raison valable. Alors il suivrait le mouvement, peu importait le prix à payer tant que sa mère retrouvait le sourire. Narcissa appréciait grandement le changement d'humeur de Drago. Lui qui avait habituellement tendance à noircir les choses et à les prendre sous leur plus mauvais angle, était devenu plus souriant, les traits du visage plus relâchés, et plus optimiste quant à leur avenir. Sa mère pensait intérieurement qu'Hermione Granger avait participé à ce changement. En effet, le fait qu'elle leur ait tendu la main, et ce qu'il s'était passé la dernière fois avec Ron Weasley avait sans aucun doute conforté Drago dans le fait qu'ils pouvaient réellement compter sur elle. Il avait enfin en face de lui quelqu'un qui était là, non pas parce qu'elle en était obligée, ni parce qu'elle y trouvait un intérêt, elle était là parce qu'elle le voulait. Ses yeux n'avaient pas pu mentir, ils étaient trop honnêtes pour cela, il avait vu dans son regard qu'elle acceptait volontiers leur invitation, sans condition. Blaise faisait aussi partie de ces gens là, qui donnent sans retour, et qui ne seraient pas là s'ils ne le désiraient pas. Et il était son meilleur ami, alors maintenant, qu'est-ce qui pouvait l'empêcher d'apprécier Granger ou du moins de la considérer un minimum ? Ils ne seraient jamais amis mais au moins, ils pourraient avoir des relations cordiales quand il le faudrait. Il avait longtemps pensé que la supériorité du sang existait, mais le réveil avait été brutal et il savait désormais que tout cela était désuet.

Une semaine avait encore passé sans encombre pour Hermione, elle pressentait que le calme n'allait pas durer mais elle préféra ignorer sa petite voix intérieure, d'un naturel plutôt optimiste. Il fallait profiter du fait qu'elle n'avait pas de soucis notable pour le moment. Ron et elle passaient la journée ensemble et rejoindraient Harry et Ginny au square Grimmaurd pour la soirée. Tout commençait à rentrer dans l'ordre pour le quatuor. C'était sans compter sur une lettre de la part de Narcissa qui s'engouffra sous la porte d'entrée d'Hermione. Heureusement, elle fut plus vive que Ron et l'aperçut en premier. Elle savait que le facteur moldu était déjà passé dans la matinée, la lettre n'avait vu être déposée que par un hibou. Elle recevait naturellement beaucoup de courrier car elle était désormais reconnue comme grande héroïne de guerre. Beaucoup de jeunes filles lui envoyaient des lettres pour lui témoigner leur reconnaissance et leur admiration. Elles la citaient même parfois comme un exemple à suivre. Cela ne déplaisait pas à Hermione même si cette soudaine notoriété l'effrayait souvent. Mais Hermione avait reconnu le sceau des Malefoy en un clin d'œil, elle craignait que Ron l'interprète mal et lui en veuille. Elle plia donc l'enveloppe en deux et la glissa dans sa poche de jean.

"Alors, tu as reçu une lettre ?""

"Oh oui, rien d'important… Mme Williams me demande de ses nouvelles!"

Et un mensonge, un ! Mais Hermione ne pouvait s'empêcher de croire qu'elle faisait ça pour le bien de son couple. Rien ne servait d'envenimer les choses et de créer une dispute sans nom. Ron ne chercha pas à en savoir plus et retourna dans le salon. Hermione prétexta qu'elle allait aux toilettes pour pouvoir lire la lettre de Narcissa Malefoy.

"Chère Miss Granger,

Sachez que nous avons trouvé un acheteur pour le Manoir. Dans un mois, il sera habité par une autre famille que la nôtre. J'aimerais cependant pouvoir emménager rapidement dans notre nouvelle demeure. Pourrions-vous convenir d'une entrevue afin de me faire une liste détaillée de tous les appareils dont nous avons besoin pour vivre dans cette maison ? Je sais que nous vous demandons beaucoup. Croyez en ma gratitude la plus profonde.

Au plaisir de vous revoir,

"

Les choses se compliquaient pour Hermione. Elle aurait pu écrire cette liste sur un bout de parchemin et l'envoyer par hibou aux Malefoy mais elle savait pertinemment que Narcissa le prendrait comme un affront. Elle devrait donc mentir à Ron et ne pas le voir un jour prochain afin d'aller aider les Malefoy à aménager convenablement leur nouvelle maison. "Ce que Ron ne savait pas, ne pouvait pas lui faire de mal" pensa-t-elle pour se convaincre elle-même. Elle rangea la lettre de Narcissa dans le placard des toilettes, entre les produits d'entretien et les rouleaux de papiers. "Si Narcissa savait ça !" se dit Hermione. Elle rejoint Ron dans le salon et se répéta de ne pas oublier de répondre à Mme Malefoy demain, lorsqu'elle serait seule.

Plus tard dans la journée, Hermione et Ron avaient retrouvé le square Grimmaurd. Hermione sauta presque sur l'occasion de parler à Harry en privé lorsque Ginny et Ron se chamaillèrent à propos de celui qui possédaient la meilleure chambre lorsqu'ils étaient enfants. Elle raconta à Harry ce que lui avait demandé Narcissa. Elle lui rappela également la réaction de Ron concernant les Malefoy et lui demanda donc de remplir cette mission à sa place.

"Oh Hermione… très sincèrement je crois que tu as tissé plus de liens avec eux que moi… ce sera extrêmement gênant, pour eux comme pour moi, tu imagines !"

"Je t'en prie Harry, je veux éviter de mentir à Ron…"

"Mais tu ne vas pas pouvoir éviter cela longtemps. Comment feras-tu quand tu les verras constamment puisqu'ils habiteront juste en face de chez toi ?"

"Je sais… mais j'espère que d'ici là, Ron sera plus compréhensif…"

"Tu te fourres le doigts dans le l'œil."

Son meilleur ami n'avait pas tort, jamais Ron ne changerait d'avis sur les Malefoy, elle en était presque persuadée. Elle avait soudain l'impression d'avoir fait une grosse bêtise et de ne pas réussir à sortir la tête de l'eau. Pourtant, elle avait toujours suivi son instinct dans cette affaire et, on l'avait même soutenue parfois, sans jamais lui faire comprendre qu'elle allait trop loin. Maintenant, même si Harry n'était pas vraiment contre elle, il ne l'aidait pas non plus à se sortir de la panade. Quant à Ron, c'était encore pire. Elle avait tout fait pour se racheter auprès des Malefoy, les amadouer pour qu'ils se sentent acceptés, au moins par elle, et même si personne ne croyait que ça comptait pour eux, Hermione était certaine que Narcissa et même Drago avaient un peu évolué ces derniers temps. Elle ne voulait pas gâcher un si beau changement, et peut-être une occasion de montrer que la guerre appartenait au passé et qu'elle avait eu des effets positifs sur l'avenir du monde sorcier. Harry lui conseilla d'avouer à Ron qu'elle ne pourrait pas tenir sa promesse. Il la mis en garde sur la réaction de leur ami s'il apprenait quelque chose qui se passerait dans son dos. Elle fut soulagée quand Harry ajouta :

"Mais Ron n'aurait pas dû te faire promettre une telle chose… ils vont habiter la maison voisine à la tienne, comment veux-tu les éviter pour toujours ?"

Hermione ne put répondre car Ginny et Ron avaient vraisemblablement arrêter de se disputer. Au moins, Harry comprenait que les demandes de Ron étaient irréalisables, elle n'était pas folle. Mais Ron lui en voulait aussi sûrement pour avoir fait venir les Malefoy jusqu'à chez elle, et ça, elle n'y pouvait plus rien. Ron travaillait tôt au magasin le lendemain, alors lui et Hermione rentrèrent chez elle pour passer la nuit ensemble. Ron tomba comme une pierre contre l'oreiller. Quant à elle, ce fut plus compliqué de trouver le sommeil. Elle était partagée entre dire la vérité et éviter une dispute inévitable. Harry avait raison, Ron entrerait dans une colère monstre s'il apprenait qu'elle lui avait menti, mais il entrerait aussi dans une colère monstre si elle lui avouait qu'elle ne pouvait pas laisser tomber les Malefoy, elle s'était engagée auprès d'eux. Mais son couple serait en danger si elle ne choisissait pas clairement d'arrêter de côtoyer cette famille. Ron était son premier amour, et elle l'avait attendu des années avant qu'il n'ose tenter quoique ce soit avec elle. Voilà qu'un nouvel obstacle se présentait devant eux. Hermione commençait à se dire qu'ils étaient maudits. Décidément, quelqu'un ne voulait pas les voir ensemble.

9h00. Hermione ouvrit difficilement les yeux, elle n'avait pas beaucoup dormi, trop hantée par ses propres pensées. Ron était déjà parti depuis plus d'une heure. Elle prit un énorme petit-déjeuner afin de récupérer des forces avant de se jeter sous la douche. Avec tout ça, elle devrait retrouver un semblant d'humanité sur son visage, du moins, c'est ce qu'elle espérait. Ses inquiétudes lui revinrent en pleine tête lorsqu'elle découvrit qui venait de toquer à sa porte. Drago Malefoy se trouvait, seul, devant sa porte. La pression dans son corps monta le temps d'un éclair. Elle avait trop peur que Ron ne débarque par surprise et ne voit Drago devant sa porte. En effet, lorsque Georges maitrisait la situation, cela lui arrivait de prendre sa journée pour toutes les fois où il ne pouvait le faire à cause de son frère. Elle attrapa Drago par le bras et le traîna presque à l'intérieur de chez elle pour que personne ne le remarque.

"Eh doucement ! qu'est-ce-qu'il te prend Granger ?!"

Comment expliquer à Malefoy que son petit-ami ne voulait plus qu'elle le côtoie, lui et sa mère, parce qu'ils avaient d'horribles choses durant des années. Elle ne pouvait concrètement pas dire ça à Drago, alors elle trouva l'excuse la plus bidon du monde :

"Ron est jaloux de toi ! Il ne veut plus que je te vois !"

Malefoy fronça les sourcils et leva les mains au ciel.

"Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à croire qu'un truc pourrait se passer entre nous ? c'est incroyable !"

Soudain, Hermione eut presque l'impression d'entendre Ron : "Malefoy sensible à tes charmes ?". Elle se souvint de ce que cette réflexion avait provoqué chez elle. Elle retrouva cette sensation le temps d'un instant puis regagna ses esprits.

"J'ai essayé de lui faire comprendre qu'il n'a pas à s'inquiéter mais, il est buté qu'est-ce-que j'y peux ? Enfin bref, tu comprendras que je ne puisse pas vraiment te recevoir sans être prévenue à l'avance maintenant."

"Weasley a vraiment un gros problème. C'est pour ça qu'il voulait vite s'en aller le jour de la signature pour la maison ?"

Hermione repensa à ce jour et se refit la scène dans sa tête. Son mensonge pouvait aussi passer pour excuser le comportement de Ron.

"Tout à fait. Nous avions croisé Mme Williams au restaurant quelques jours auparavant, et elle avait insinué qu'il se passait quelque chose entre toi et moi, devant Ron. Imagine, depuis il se fait des films, cette femme sait se montrer convaincante…"

Elle en faisait des tonnes mais elle ne mentait que partiellement. En réalité, Ron n'avait pas montré la moindre jalousie envers Drago, au contraire, il avait clairement dit que c'était improbable, Hermione était si peu désirable à ses yeux.

"C'est ridicule mais bon. Visiblement, il n'y a que pour nous que ça parait fou !"

Drago ne se rendait pas vraiment compte de la réflexion qu'il venait de faire à Hermione. C'était simplement pour plaisanter mais la portée était quelque peu "charmeuse" lorsque c'était dit à voix haute. Hermione préféra ne rien répondre et lui changea immédiatement de sujet afin de casser le silence pesant qui s'était installé entre eux deux.

"Enfin bon, je te préviendrais la prochaine fois. C'est ma mère qui m'envoie, elle s'inquiétait de ne pas avoir de tes nouvelles après la lettre qu'elle t'avait envoyée…"

Les Malefoy ne laissaient rien au hasard, et étaient extrêmement insistants pensa Hermione. Elle avait une vie et n'était pas à leur service, il faudrait qu'elle soit claire là-dessus. Elle installa Drago dans le salon et lui servit du thé. La scène était étrange mais après tout, ils n'étaient plus à cela près. Hermione se rappela de l'endroit où elle avait caché la lettre de Narcissa et ne put s'empêcher de rougir. Elle approcha sa tasse de thé près d'elle pour faire croire à une montée de chaleur due à l'eau bouillante.

"J'étais très occupée hier, je comptais lui répondre ce matin. Pourquoi est-ce qu'elle t'a envoyé toi exactement ?"

Drago regretta que son interlocutrice soit si vive d'esprit. En effet, sa mère ne l'avait pas vraiment envoyé, il s'était proposé d'y aller. Et il sentait qu'Hermione se méfiait. Il savait reconnaître la méfiance chez les autres, il l'avait toujours eu en face de lui. Mais Hermione était un adversaire de taille, il décida donc de jouer carte sur table.

"En fait je me suis proposé. Je tenais à tester ta fiabilité."

"Ma fiabilité, vraiment ?"

"Ma mère semble te donner pleine confiance, j'ai le droit d'assurer ses arrières en me montrant plus vigilant…"

Hermione rit nerveusement et posa sa tasse de thé. Les deux se battaient presque du regard, mais elle ne baisserait cependant pas les yeux devant lui, il pouvait toujours courir.

"Drago, Drago… tu peux bien penser ce que tu veux de moi, j'ai appris à ne pas y prêter attention toutes ces années... "

"Drago", elle recommençait à jouer avec ses nerfs. Comment faisait-elle pour être si agaçante ? Certaines personnes le laissaient de marbre, malgré l'animosité qu'elles avaient pour lui, mais elle, elle le ferait bien sortir de ses gonds. Son air supérieur, son côté rebelle… un cocktail explosif. Il tentait de contenir sa hargne, il ne voulait plus dépasser les limites. Mais elle n'était pas du genre à lâcher l'affaire.

"Tu as l'air confronté à un dilemme intérieur… je me trompe ? Je pensais que tu t'étais légèrement amélioré ces derniers temps… mais c'est une façade si je comprends bien ?"

Il reprit le contrôle sur ses émotions. C'était plus fort que lui, se jouer d'elle était une véritable passion, il ne pouvait pas abandonner cette habitude si facilement, qui l'empêchait de goûter à la satisfaction de pouvoir la rendre folle encore une fois ? Il répondit avec un petit sourire narquois et un haussement de sourcils dont il avait le secret :

"Tu sembles déçue… je me trompe ?"

Drago Malefoy est un crétin, c'est un CRÉTIN ! Comment pouvait-il être agréable seulement 2% du temps ? Elle ne devait pas lui montrer que ce sourire narquois et ce regard victorieux avaient raison d'elle. Elle décida donc de ne plus jouer.

"Je suis extrêmement déçue et la vérité c'est que, j'avais de l'espoir pour toi, je pensais que tu pourrais changer, quelle idiote…"

Elle se réinstalla confortablement dans son fauteuil en tentant de paraître la plus sereine possible. Drago fut piqué au vif, la remarque le toucha plus qu'il ne voulait bien l'admettre et il ne put s'empêcher de répliquer :

"Et maintenant ? c'est fini ? tu parles au passé..."

Hermione ne s'attendait pas vraiment à cette réaction et elle comprit enfin ce dont Drago Malefoy avait le plus manqué : de la reconnaissance et de la confiance.

"J'ai blessé ta mère une fois, et j'ai tout de suite regretté mon geste. Je ne refais jamais deux fois la même erreur…"

"Tu auras à faire à moi dans le cas contraire…"

"Ne me menace pas. Je sais ce que j'ai à faire, tu vas devoir me faire confiance, tu n'as pas le choix."

"Je ne comprends pas quel intérêt tu trouves à faire tout cela…"

Drago cherchait des réponses, pour pouvoir contrôler la situation, la contrôler elle, mais jamais il ne pourrait, elle était libre et elle n'était pas facilement manipulable.

"Tu ne connais personne autour de toi qui agit sans intérêt Drago ?"

"Si bien sûr, mais ce sont mes amis. Et, nous ne sommes pas amis toi et moi."

"Nous n'avons pas besoin d'être amis pour se faire confiance. Mais je pense que nous avons encore besoin de temps toi et moi pour nous…"

"Apprivoiser…"

"Exactement…"

Un silence pesant s'installa entre eux sans qu'ils ne puissent se quitter du regard. L'intensité de cet échange enroula Hermione d'un voile doux et chaleureux, quant à Drago, il puisait dans les yeux de la jeune femme toute la bienveillance qu'il pouvait y trouver. Mais ce moment fut interrompu par le bruit de la porte d'entrée.

"Hermione, je suis rentré plus tôt ! Georges était en pleine forme ! Hermione ? où es-tu ?"

Hermione et Drago se levèrent brusquement de leurs fauteuils. Heureusement pour elle, le jeune serpentard était perspicace et avait vite compris qu'il devait filer en douce. Il sortit sa baguette, en un instant, la table basse était débarrassée de sa tasse de thé et après un dernier sourire pour Hermione, il s'évapora devant ses yeux. Juste à temps. Ron entrait dans le salon une seconde après.